Billets tagués ‘Trudeauisme’

2007/10/30 20:26

Hier soir à la commission

Juste pour mettre les choses en perspective, voici, en rafale, les témoignages de la première demi-heure à la commission hier.

C’est rendu à la petite madame qui voudrait que tout le monde s’habille pareil que j’ai perdu les pédales.

Je ne veux pas les mettre sur YouTube.

Mais ça vous aidera à comprendre pourquoi ça a tellement fait de bruit.

Et pourquoi ma réaction fut si extrème.

Ne vous en faîtes pas, le Trudeau en moi a été exorcisé.


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2007/10/29 23:19

Désolé

00:07 : Il y a plein de commentaires dans les 48 dernières heures auquels je n’ai pas encore répondu…

Je voulais le faire ce soir… mais les témoignages que j’ai entendus à la commission BT plus tôt m’ont vraiment trop affectés… j’ai pété une coche… je ne vois pas très clair…

Pfff! Pour que je commence à m’identifier à Trudeau… j’pense qu’il est temps que j’me schédule une session avec mon psy.

Continuer la lecture…Merci à Sam. Ton blogue est une grande découverte pour moi.

Mouafek… Vraiment, merci pour le lien vers l’autre converstation sur l’Imam Koné
http://www.dailymotion.com/videos/relevance/search/imam+kon%C3%A9/1
J’apprécie ton travail aussi… Bravo!

radiCarl, bienvenue chez moi. Je te réponds sous peu… tsé le traumatisme de Kuebek?… je le partage. Pas exactement pour les mêmes raisons mais tout de même… toute idée de réglementer (ou pire, de légiférer) la blogosphère me fait carrément paniquer! Mais tout ça ira à plus tard… comme j’explique… je ne suis pas de saine humeur ce soir… et ça sortirait tout croche. Respectueusement.

Renart, ton amitié m’est précieuse malgré nos différences d’approches.

Bonne nuit tout le monde… le dernier épisode de Heroes vient de rentrer sur mon BitTorrent… Je vais me dégourdir l’esprit avec un peu de pur divertissement… et après …dodo.

A+

PS J’aime quand même profondément mon peuple, c’est juste qu’il me déprime des fois…

Ça serait probablement pire si j’étais américain.


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2007/10/29 19:57

Intégrisme

20:58 : Je me dois de souligner, en vue de mon dernier billet, que j’ai aussi entendu pas mal (trop) de discours intégriste catho ce soir à la commission BT.

Moi, le seul discours intégriste que j’entends ces temps-ci (qu’il soit laïque ou religieux) viens de « nous. »

Ma conclusion : Je viens d’un peuple fondamentalement intégriste.

Je m’apprète à dire quelque chose de très, très grave pour moi, (presque hérétique) car une part énorme de ma démarche se construit en opposition à ses idées et à son projet, mais…

Continuer la lecture…

…je commence à comprendre Trudeau.
C’est grave à ce point là.


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2007/09/03 10:53

Du nationalisme canadien-français au projet souverainiste: quelle continuité?

Voici un autre article qui évoque à merveille un des axes de réflexion de ce blogue… Il était une fois, il y avait un sentiment et un mouvement nationaliste qui réunissait toute la francophonie nord-américaine qui se définissait alors comme nation «canadienne-française.» Mais dans les années 60, ce mouvement, trop empreint de concepts mal-adaptés à la modernité du 20e siècle, s’est fractionné et a donné naissance, dans son effort de revouvellement, au nationalisme civique et territorial québécois dans ces deux formes ennemies: fédéraliste et souverainiste. L’ironie est que le nationalisme canadien-anglais moderne et antagoniste des deux variantes québécoises puise aussi la majeure part de ses sources dans ce même nationalisme canadien-français d’avant les années 60!

Du nationalisme canadien-français au projet souverainiste: quelle continuité?

Guy Rocher, Professeur au département de sociologie et chercheur au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montréal

Le Devoir, 16 avril 2007

On l’a souvent dit: la Révolution tranquille n’est pas advenue subitement en 1960; elle avait été préparée par différentes voies et diverses voix au cours des années qui l’ont précédée. Dans la même veine de pensée, il faut reconnaître que le projet souverainiste n’est pas, lui non plus, apparu par hasard et sans passé dans l’espace public québécois des années 50 et 60: il avait été préparé, et depuis bien plus longtemps que la Révolution tranquille. Il puise une partie de ses racines dans le nationalisme canadien-français de la première moitié du XXe siècle.

Je ne suis pas un historien du nationalisme canadien-français. Mais il a été l’univers politique que j’ai habité durant la première partie de ma vie. Et j’en garde un vif souvenir, parfois assez différent de ce que je lis aujourd’hui à son sujet. C’est adolescent, étudiant dans un des collèges classiques de l’époque, que j’ai connu et pratiqué ce nationalisme, sans doute comme un certain nombre d’autres individus de ma génération.

Ce nationalisme canadien-français que j’ai connu était au moins aussi canadien que canadien-français. Il était porté et inspiré par un projet canadien, par l’image d’un Canada à venir que nous espérions voir un jour se réaliser. Ce Canada rêvé serait avant tout composé de deux peuples fondateurs: le français de la première colonie et l’anglais de la conquête. Entre ces deux peuples, un contrat avait été conclu, croyions-nous, avec la Confédération canadienne, qui était censée reconnaître l’égalité de l’un et de l’autre. Cette vision allait finalement un jour, selon ce qu’on pouvait espérer, remplacer la présente domination de l’anglais, associée à l’appartenance du Canada à l’Empire britannique. Logique avec cette position, ce nationalisme canadien-français prônait l’indépendance du Canada, sa séparation d’avec l’Empire ou le Commonwealth.

Il s’agissait donc d’un projet essentiellement souverainiste et indépendantiste du pays canadien à venir. Ce Canada nouveau, il fallait activement travailler à son avènement. C’est ce que nous faisions en réclamant que disparaissent les symboles du colonialisme britannique, pour les remplacer par les signes annonciateurs d’un Canada libre et indépendant. Par exemple, nous demandions qu’un drapeau canadien vienne remplacer l’Union Jack, ou le drapeau de la marine marchande qui tenait lieu de drapeau canadien, et qu’un hymne national se substitue au God Save the King britannique.

Un Canada bilingue

Une autre condition apparaissait logiquement essentielle à la réalisation de ce projet: que ce Canada des deux peuples fondateurs se reconnaisse comme bilingue. Les campagnes pour la bilinguisation du Canada prenaient deux voies complémentaires. La première consistait à réclamer que l’administration fédérale soit entièrement bilingue: je me souviens avoir écrit de nombreuses lettres pour exiger de la part de tel ou tel ministère, et surtout de ce qui s’appelait alors le Dominion Bureau of Statistics, des documents en français et une réponse en français. À cette époque, nous pouvions écrire sans frais de poste à toute instance du gouvernement fédéral: nous ne nous gênions pas pour en profiter largement. La seconde campagne était menée en faveur de la reconnaissance d’écoles françaises hors du Québec, notamment en Ontario, au Manitoba et au Nouveau-Brunswick. L’anglicisation par l’école — entre autres — des Canadiens-Français des autres provinces canadiennes nous paraissait scandaleuse et pouvait être pour l’avenir le plus grand obstacle à la réalisation du projet d’un Canada égalitaire.

Tel que je l’ai connu, ce nationalisme canadien-français n’était donc pas que canadien-français. Il était à la fois canadien et canadien-français: il était le porteur du projet d’un Canada décolonisé et de l’espoir du statut égalitaire qu’y occuperaient les Canadiens français. Par ailleurs, ce nationalisme canadien-français n’avait aucune teinte d’antisémitisme. Je me souviens, par exemple, que dès qu’il circula parmi nous, nos professeurs dénoncèrent vivement le Protocole des sages de Sion comme un faux, d’inspiration antisémite. Par ailleurs, ce nationalisme s’accompagnait d’un catholicisme conservateur. Nous appuyions Franco dans la guerre espagnole et vénérions Pétain. Le conservatisme social cohabitait avec le nationalisme sans que, dans nos esprits, l’un soit essentiel à l’autre.

Les rejetons du nationalisme

Le nationalisme canadien-français a sans doute été le mouvement politique le plus important, le plus puissant du Québec du début du XXe siècle, sinon avant. Et il est toujours vivant, tout en se transformant comme tout ce qui est vivant. Il compte plusieurs rejetons: j’en identifie quatre. Il a d’abord été un des principaux facteurs de l’éclosion et de l’expansion du nationalisme canadien, maintenant triomphaliste. Le rêve canadien-français d’un Canada indépendant s’est réalisé, sans doute en lien avec d’autres facteurs, notamment l’antiaméricanisme puissant qui régna dans une partie de l’intelligentsia canadienne-anglaise des années 60 et 70.

Le rêve nationaliste canadien-français d’un grand Canada assez accueillant pour nous accommoder, celui de ma jeunesse, a survécu et survit toujours: c’est le deuxième rejeton. On le retrouve chez les Québécois francophones qui se disent à la fois «fédéralistes» et «autonomistes», promoteurs des intérêts du Québec, tenants du caractère distinct, voire de l’autonomie de «la Belle Province».

La Révolution tranquille et ses suites ont été un troisième rejeton du nationalisme canadien-français: menée sous le signe du «maître chez nous», elle disait clairement l’aspiration longtemps contenue de la prise en charge de l’économie du Québec à la fois par un État québécois fort, par une jeune bourgeoisie qui découvrait ses ambitions et ses potentialités et par un syndicalisme militant.

Enfin, le projet souverainiste, apparu au moment où éclate la Révolution tranquille, fut et demeure un héritier du nationalisme canadien-français qui l’a préparé. Il a pu paraître lui tourner le dos, comme aujourd’hui encore, mais il est indubitable qu’il s’en est nourri. Quand, à ses débuts, il proclamait «le Québec aux Québécois», il voulait dire «le Québec aux Canadiens français».

Mais surtout, le mouvement souverainiste a progressivement rallié un nombre croissant de militants de toutes origines qui prenaient progressivement conscience que le rêve canadien-français du Canada s’avérait définitivement illusoire. Dans le Canada en voie de réaliser son indépendance, les Canadiens-français perdaient sans cesse du terrain: le thème des deux peuples fondateurs était à jamais rejeté, le biculturalisme remplacé par le multiculturalisme, les pouvoirs centralisateurs du gouvernement fédéral renforcés, les «cadeaux» fédéraux toujours et plus que jamais attendus. Avec l’apport de l’immigration, la minorisation des Canadiens français dans ce nouveau Canada était inéluctable, et d’autant plus inacceptable qu’elle signifie à plus ou moins long terme une évidente perte de pouvoir politique tandis que se profile à l’horizon la menace d’une extinction en douceur.

Jusqu’à l’indépendance

C’est une telle analyse qui menait à ce qui est apparu la seule solution logique: faire du Québec le pays qui remplacera le rêve canadien; échanger le statut indéfiniment minoritaire au sein du Canada pour celui de majoritaire dans un Québec indépendant. Une partie de l’énergie combative du nationalisme canadien-français en faveur d’un nouveau Canada s’est redéployée dans le jeune projet indépendantiste québécois.

Le mouvement indépendantiste a eu beaucoup à faire pour se dégager de l’étiquette ethnique qu’on n’a cessé de lui accoler. Il a donc eu tendance, et de plus en plus, à prendre ses distances du «vieux» nationalisme canadien-français, comme s’il lui fallait en récuser l’héritage. Et pourtant, la filiation est bien évidente, à la condition de ne pas voir dans le souverainisme d’hier et d’aujourd’hui un clone du nationalisme canadien-français. En adoptant le Québec comme pays, le souverainisme a ouvert la notion du Québécois d’une manière que l’on dit «inclusive»; la survie du français ne passe plus par le bilinguisme canadien mais par la Charte de la langue française.

Il faut le reconnaître: le projet de l’indépendance du Québec n’a de sens que s’il est fondé dans la continuité avec ce passé, encore bien récent, et sur lui. Ce n’est pas dans le reniement de ce passé, auquel on reconnaît les ambiguïtés de son temps, qu’il peut trouver son épanouissement. La clé de voûte d’un Québec souverain est d’abord la tradition française enracinée et adaptée au Québec, enrichie par la dynamique des interactions qu’elle a connue dans le passé et continue de connaître avec toutes les autres cultures qui l’accompagnent et s’y associent.

Je suis à la recherche des éléments ou des bases autour desquels pourrait se former un nouveau sentiment d’appartenance, un mouvement d’affirmation, un nationalisme même, qui réunirait toute la francophonie nord-américaine. Car je crois que dans le paysage mouvant de la mondialisation et de la démocratisation de l’information que nous annonce l’avenir, dans ce monde ou l’État perd de plus en plus son rôle en tant que pôle central de l’identité collective, il est impératif de réunir la nation francophone d’Amérique autour d’une idée commune de son destin qui transcende la simple notion de souveraineté de l’État québécois.

C’est là, à mon avis, que se trouve la clé, non pas de la survivance de cette nation, mais de son épanouissement.


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2007/08/31 13:17

C’est pas parceque c’est légitime d’en parler qu’il faut nécéssairement aller de l’avant et l’implanter

Je note la chronique de Christian Rioux dans Le Devoir d’aujourd’hui (version Web disponnible qu’aux abonnés… abonnez-vous.) portant sur l’obsession actuelle qu’ont les Québécois, celle de l’ouverture.

Il pose d’abbord une très bonne question: «Mais d’où vient donc cette peur maladive qui tenaille les Québécois de passer pour de pauvres épais pas assez ouverts?» En effet.

Et bien que le ton de la chronique heurte quelque peu mes sensibilités bien-pensantes de gauche, je suis, en gros, d’accord avec l’ensemble de son propos.

Surtout ici:

Ce qui agace le plus, c’est que nos prêcheurs dissimulent mal leur intention de se dédouaner en ce qui a trait aux prétendues fautes de leurs ancêtres. Dans leur bouche, le mot «ouverture» — qui, en latin, signifie «trou, espace béant» — résonne le plus souvent comme un acte d’accusation contre tout ce qui a précédé Expo 67. Comme si, avant cette date, tout n’était qu’ignorance et préjugés au pays du Québec.Mais qui furent donc ces êtres «fermés» qui nous ont enfantés? Veut-on parler de ces anciens Canadiens qui accueillirent les Irlandais fuyant la famine? Veut-on désigner ces Canadiens français qui ont vu passer à Montréal plus d’immigrants que n’en verront jamais ceux qu’on désigne comme les «enfants de la loi 101»? S’agit-il de ceux qui ont fondé une nation métisse au Manitoba ou qui ont accueilli les réfugiés juifs après la guerre? Ou de ce million de Québécois partis vivre et fonder des familles aux États-Unis? À moins qu’on ne désigne ces coureurs des bois dont les jésuites se méfiaient comme la peste tant ils s’ensauvageaient auprès des autochtones? Comme si les Québécois avaient des leçons de multiethnisme à recevoir de quelqu’un!

Bien dit. Il est plus que temps qu’on éclaire le mythe de notre prétendu «ferméture» et «ignorance» d’avant la révolution tranquille, mythe souvent entretenu autant par les tenants du nationalisme souverainiste québécois que par ceux du nationalisme canadien trudeauiste, et qu’on se réapproprie cette part de notre identité que ces deux mouvements opposés mais jumeaux et enfants renégats d’une même mère, le nationalisme canadien-français, contribuent à dénigrer.

J’ai aussi bien aimé ceci:
(les italiques sont de moi)

On peut aussi, sans être un arriéré, ne pas vouloir vivre dans une société où chaque communauté culturelle cultive sa propre identité. D’ailleurs, ce multiethnisme est le plus souvent un miroir aux alouettes, pour ne pas dire une idéologie qui s’est développée dans le monde anglo-saxon, là où la pression de l’intégration est un rouleau compresseur si puissant que la sacralisation des identités n’y change rien.

Voilà aussi une vérité qui mériterait d’être répétée plus souvent.

M. Rioux, dans sa chronique, défend le droit des sociétés à déterminer ou freiner leur niveaux d’immigration sans pour autant que cela en fasse des «repères de racistes et de xénophobes.» Il parle des «réactions de vierges offensées aux récents propos de Mario Dumont au sujet de l’immigration.»

Soit. Je suis bien d’accord que toute société doit être en mesure de déterminer le nombre d’immigrants qu’elle veut recevoir «sans devoir subir l’opprobre des donneurs de leçons multiethniques.» Et c’est bien vrai que tout ce que M. Dumont a dit (et il a bien raison de le dire) est que l’impératif économique ne peut pas être le seul élément qui détermine cette question.

Mais quand-même, l’impératif économique ne peut pas non-plus être évacué de l’équation. Il me semble qu’il soit tout aussi essentiel à l’essor d’une nation francophone en Amérique que l’impératif de la langue. Et il me semble évident qu’une diminution de l’immigration qui ne serait pas accompagnée d’une augmentation correspondante dans la natalité (chez les francophones) ne ferait que semer les germes sinon d’un désastre, du moins d’un grand risque d’affaiblissement économique pour l’état québécois.

C’est pourquoi je continue de croire que l’accent devrait plutôt être mis sur les critères d’admissibilité et que le débat devrait surtout porter sur les effort que nous mettons à intégrer les nouveaux adhérants à notre société…

Je veux bien qu’il ne soit pas illégitime de discuter de «diminuer» ou «geler» les niveaux d’immigration, mais tant que je n’entend personne me parler de la nécéssité d’augmenter la natalité francophone (en proposant des pistes de solutions), je ne marche pas.

J’ai beau chercher, mais je n’entends pas (encore) assez ce discours au sein de la collectivité francophone pour me sentir confortable à même discuter d’une baisse dans les niveaux d’immigration au Québec.


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