Billets tagués ‘South Park’

2008/08/09 15:31

Ma première muse « de droite »

Cette portion de ma bibliothèque est dédiée surtout à des ouvrages que j’ai lus (ou relus) ces dernières années et qui m’ont influencés ou que je considère importants (il en manque plusieurs que j’ai prêtés ou qui sont hors-champ). Elle en contient un de quelqu’un qui a ouvert la porte au jeune progressiste grano que mon environnement familial et social m’imposait de devenir et lui a ouvert l’esprit à une autre façon de voir le monde. Cette personne est la première responsable de ce que j’appelle aujourd’hui mes sensibilités libertariennes (de droite). Pouvez-vous deviner de qui je parle?

Si vous avez nommé Ayn Rand, eh bien… vous vous trompez. (Hi hi hi! J’ai un peu fait exprès avec le titre et en poussant sur le féminin dans le paragraphe précédent.) Mais c’est quand-même d’elle dont je veux vous parler pour l’instant.

Atlas Shrugged est le “roman” d’Ayn Rand qui forme supposément le traité central de la pensée objectiviste dont se targuent tant de libertariens puristes (J’ai lu ce livre et ça a changé ma vie, entend-on si souvent). Je l’ai donc acheté il y a quelques années alors que je cherchais à explorer de façon plus pointue les différents courants idéologiques qui animent la droite américaine…

Confession: Je ne l’ai pas encore terminé, je n’en suis qu’aux deux tiers… et ce, depuis plus de trois ans.

Mais malgré cela, je peux, en toute confiance, vous affirmer ce qui suit le plus sincèrement du monde: Ayn Rand sucks.

Je pourrais me lancer dans une longue tirade, vous dire à quel point l’univers qu’elle construit est peu plausible et que l’argument philosophique pèse si lourd dans la structure narrative et est si cousu de fil blanc que cela rend le roman d’un ennui insupportable. Et que juste au niveau de la putain de langue anglaise… Grrr! Bon, je m’arrête car je commence déjà à m’emporter. Je cède plutôt la parole au policier de la série animée South Park dont les auteurs, pourtant eux aussi renommés pour leurs “sensibilités libertariennes”, ont du avoir une expérience semblable à la mienne.

D’abord, une petite mise en situation de l’extrait: Quelqu’un viole en série les poulets des environs et… oui, c’est ça, j’ai bien dis les poulets. …et laisse des indices dont la clé ne se trouve qu’en lisant des livres. L’agent Barbrady doit alors avouer qu’il est analphabète et demande l’aide des quatre ti-culs qui l’assistent dans son enquête et lui enseignent à lire. Rocamboles et boule de gomme, le policier apprend à lire et attrape le coupable. La ville lui lance un défilé et lui demande de prononcer un discours:

Mes amis, si vous êtes curieux au sujet de l’objectivisme, il y a des tonnes de ressources sur Internet qui vous en expliqueront les fondements sans être obligé de vous taper ce qui doit être le roman le plus pénible à lire de toute l’histoire de la langue anglaise. Croyez-moi, j’ai lu une traduction victorienne de Dostoïevsky qui était moins pénible!

Ayn Rand

Quant à la “philosophie” objectiviste comme telle, elle touche à des vérités fondamentales sur la plan de la liberté individuelle et fournit des outils d’analyse utiles et encore très répandus dans la “droite économique”, mais comme philosophie globale… on repassera. Quelques bonnes intuitions, certes, mais de là à en faire un système de pensée complet et fermé… Pfff…

Si vous êtes un de ces illuminés qui s’est convaincu qu’il ou elle est l’archétype de l’Übermensch nietzschéen, l’objectivisme est pour vous, c’est votre utopie. Mais pour le reste de l’humanité, elle n’évoque à mes yeux que misère et malheur… et son application dans l’absolu m’apparaît comme le meilleur moyen de se garantir une révolution bolchévique.

Mais Alain, me demandez-vous, si ce n’est pas Ayn Rand, qui est donc cet auteur que tu tiens si responsable de tes étranges délires de droite? Eh bien, il s’agit en fait de l’auteur de science-fiction américain Robert A. Heinlein (1907-1988) dont j’ai dévoré l’oeuvre presque toute entière entre l’âge de 14 et 18 ans. (Ce qui nous replace dans les années 80)… Je vous en reparlerai, un de ces quatre. Tout ceci n’était vraiment qu’un prétexte pour livrer une attaque parfaitement gratuite sur l’objectivisme randien motivé par mon insécurité et désir de m’assurer que les fortes sympathies libertariennes exprimées dans ce blogue ne soient pas associées à cette niche extrême du mouvement qui m’inspire un dégoût plus viscéral (je l’avoue) qu’objectif.

[Oui, mais tu ne t'aide pas, en t'associant à un personnage comme Heinlein sans t'expliquer... Il y en a qui feront leurs propres recherches et ils t'associeront à une frange encore plus étrange et marginale. Heinlein était... pour le moins dire... excentrique, tu le sais bien.] …me dit la petite voix dans ma tête. Oui, mais Heinlein n’a jamais eu la prétention d’être autre chose qu’un vulgaire auteur de fiction populaire et se défendait bien d’être un penseur, un philosophe ou un exemple. Et j’ai seulement dis qu’il m’avait influencé, pas que j’adhérais à la frange capotée qu’on lui associe parfois au sein du mouvement libertarien…

Comme j’ai dis, je vous en reparlerai.

En attendant, j’ai trouvé une mention (plus ou moins) respectable de son influence dans cette excellente “chronologie de la pensée libertarienne” produite par la publication de gauche Mother Jones:

1966: Sci-fi writer Robert A. Heinlein releases The Moon Is a Harsh Mistress, a libertarian retelling of the American Revolution set on the big cheese. The narrator, a polyandrous computer programmer who rebels against a meddling and incompetent Lunar Authority, appeals to the experimental, fiercely independent mentality of Silicon Valley’s emerging generation of techno-libertarian hippies.

Hmm… techno-libertarian hippie?… j’peux vivre avec ça.

PS: Félicitations à tous ceux qui ont bien deviné dès le départ, vous m’impressionnez. Mais j’avoue que j’ai de la peine à vous croire… j’exige des preuves de votre raisonnement! ;)


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2008/02/04 18:25

Tout le monde en parle et YouTube

Comme mes lecteurs (s’il m’en reste) ainsi que mes amis Facebook s’en sont apperçus, j’avais plus ou moins disparu du cyberespace ces dernières semaines… Ça m’arrive à l’occasion. Et ce ne sera pas la dernière fois. Quoi qu’il soit rare que je m’absente aussi longtemps.

Mais voilà. Je reviens de mes “vacances” pour reprendre mes activités et lorsque j’essaie d’accéder à ma page YouTube je rencontre ceci.

Argh! (Comme disait Shakespeare) Tous mes vidéos… tous mes extraits de la commission Bouchard-Taylor!… les heures et les heures que j’ai mis à éditer, réencoder et mettre en ligne tous ces extraits… les “relations” que j’avais développé avec d’autres utilisateurs qui appréciais mon contenu…

Tout ça… Pfuit! Envolé.

Je me répète: Argh!

Je fouille dans mes courriels et je m’apperçois que la dernière chose que j’aie reçu de YouTube sont trois messages quasi-identiques… je vous donne le premier:

YouTube | Broadcast Yourself™

Dear Member:

This is to notify you that we have removed or disabled access to the following material as a result of a third-party notification by Société Radio-Canada claiming that this material is infringing:

Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (1 de 3): http://www.youtube.com/watch?v=4WcL393hIAA

Please Note: Repeat incidents of copyright infringement will result in the deletion of your account and all videos uploaded to that account. In order to prevent this from happening, please delete any videos to which you do not own the rights, and refrain from uploading additional videos that infringe on the copyrights of others. For more information about YouTube’s copyright policy, please read the Copyright Tips guide.

If you elect to send us a counter notice, please go to our Help Center to access the instructions.

Be aware that there may be adverse legal consequences in your country if you make a false or bad faith allegation of copyright infringement by using this process.

Sincerely,
YouTube, Inc.

Copyright © 2007 YouTube, Inc.

Les autres messages sont identiques mais concerne les deux autres extraits de l’entrevue.

Je note que je n’ai rien reçu m’avisant de la “suspension” de mon compte

Une recherche sur le site avec les mots “tout le monde en parle” donne ceci.

Tout plein d’extraits de l’émission originale française, mais plus aucun extrait de notre version “grand messe” bien à nous, animé par notre sainte bitche nationale.

Merde!

Bon. Moi, je n’ai rien contre le concept de droits d’auteur. Mais dans ce cas çi, je ne comprends tout simplement pas le problème.

En quoi est-ce que la publication de ces extraits sur Internet peut elle faire un tort quelconque au propriétaite des droits d’auteurs? Il ne s’agit pas ici d’une oeuvre écrite, mais plutôt de contenu d’actualité et d’intérêt publique qui devrait tomber sous le l’égide de la politique du fair use. Mais même sans ça, je ne vois pas en quoi le propriétaire des droits d’auteurs est lésé. S’il a l’intention de vendre des DVD de son émission, je prétends que l’enthousiasme des internautes à en publier des extraits intéressants ne fera que générer de l’intrêt et mousser ses recettes. (N’ont-ils pas encore compris?)

Je comprendrais si, comme le font maintenant les américains (Viacom, qui avait intenté la fameuse poursuite d’un milliard contre YouTube, a beau être agressive en ce qui concerne la défense des ses droits d’auteurs, elle a le mérite d’avoir rendu son contenu populaire, comme le Daily Show et South Park, disponnible via ses propres sites web) Je disais donc que je comprendrais si l’émission était disponnible sur le web, je serais alors entrain de lui piquer du traffic qui, dans son cas, lui rapporte des bidous. Et ça, je respecte! Moi, je veux que les créateurs tirent le maximum de leur travail.

Mais ce n’est pas le cas. L’émission n’est pas disponnible sur le web (à ce que je sache) et personne n’en tire de revenu une fois sa diffusion. Alors je pose sincèrement la question: En quoi est-ce que la publication d’extraits d’émission comme Tout le monde en parle sur YouTube pose t-il préjudice au propriétaire des droits d’auteurs?

Ajout: Après avoir longuement navigué les méandres de la section d’aide de YouTube, (Il veulent vraiment s’assurer que le problème n’est pas couvert par une de leur pages avant de nous laisser communiquer avec eux), j’ai finalement trouvé un endroit ou on peut plaider notre cause lors d’une “suspension” de compte… le hic, c’est qu’on a que 350 caractères pour le faire.

Voici le message que je leur ai envoyé:

I am back from a 6 week vacation of online activity to find my account has been suspended. I am an honest user concerned only with newsworthy public domain content. Any copyright violation on my part was unintentional. I always try to play by the rules. Having put lots of work into this account, I am hoping it can be reactivated. Thank you.

On verra bien.


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2007/10/26 22:25

Séjour américain

Bon. Je suis de retour.

Voilà une semaine que je vous néglige chers lecteurs et compatriotes blogueurs… désolé… plusieurs raisons expliquent ma baisse d’activité. Principalement, l’appel de la “vraie vie” et du travail qui ont grandement diminué le temps que j’ai pu allouer à mes activités blogosphériques, mais aussi un besoin de décrocher quelque peu et nourrir les autres côtés de ma personnalité dont le côté anglophone et américanophile… Je suis donc retourné frayer dans mes anciennes sources.

Parlant de d’ça, je vous reviens avec deux recommandations.

D’abord, la chronique de David Brooks du New York Times de ce matin. Il y parle de notre nouvelle tendance à sous-contracter des fonctions de nos cerveaux à la technologie… en tant que façon d’atteindre le nirvana! Il ironise, bien sûr.

Ensuite, Bloggingheads.tv, le rendez-vous des blogueurs d’élite et intellectuels américains, nous offrait cette semaine un diavlogue passionnant entre Robert Wright, auteur renommé et co-fondateur du site, et Will Wilkinson, auteur du blogue The Fly Bottle et analyste politique au Cato Institute, le principal think tank de la droite libertarienne aux États-Unis. Une discussion tout-à-fait enrichissante sur les tenants, aboutissants, variantes, subtilités et éventail de principes sous-jacents du mouvement libertarien. (Bon, ok, je sais que ça fait beaucoup de liens, le truc principal dont je parle est ici.)

Parlant de libertariens, les gars de South Park nous en livre un gros morceau ces temps-ci… Une trilogie épique dont le troisième épisode ne sera diffusé que la semaine prochaine. Attendez, je vous raconte… c’est trop bon.

Alors, les p’tits culs de South Park se retrouvent, par un processus trop long à vous expliquer [Is there even a word for leprechaun in French?], dans l’univers de l’imaginaire collectif… un monde peuplé de tous les personnages que l’humanité a imaginés depuis l’aube des temps, d’Anubis à Ronald McDonald. Sauf qu’à ce moment…
Téléchargez ce clip et vous allez comprendre.
Atention! Images graphiques! Amateurs de Ronald McDonald s’abstenir.

Le génie du gag nous est révélé quelques scènes plus tard dans ce clip.
Avis: Si vous ne téléchargez qu’un seul clip, je vous recommande celui-ci.

Aux adeptes de la technologie BitTorrent je vous recommande d’aller faire un tour du côté de chez MrTwig et télécharger les épisodes complets. (s11e10 et s11e11)

Bon. Ok. Ça fait trois recommandations.

Pendant ce temps, je n’ai porté qu’une attention distraite sur ce qui se passait ici. Je note que le PQ est en train de brûler une bonne idée avec son projet de loi sur la citoyenneté. En ira-t-il de même pour celui sur une constitution du Québec? J’en reparlerai lorsque j’aurai eu plus de temps pour m’y pencher. Tout ce que je peux dire pour l’instant, c’est que le PQ lance ces idées beaucoup trop vite, bien trop tôt. En plein milieu des audiences publiques de la commission Bouchard-Taylor, non mais tsé… C’est comme les Libéraux avec leur projet de loi sur la primauté de l’égalité des sexes… Hey! Wô les moteurs! On peut-tu attendre que la commission fasse son travail et que la poussière retombe un peu?

Bon je vous laisse, je dois aller me replonger dans notre sphère locale et lire ce que mes compatriotes ont eu à dire ces derniers temps.

Et j’ai un billet que j’ai promis et que j’ai commencé qu’il faudrait bien que je finisse un jour.


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