La discussion se poursuit (de façon civilisée) chez l’ami Renart.
Billets tagués ‘Québec’
2008/02/25 13:00
Tous des traîtres!
Bon.
Il faut que je lache le morceau… C’est malsain.
Le débat houleux continue… Louis vient insulter et se mettre à dos ses lecteurs jusque sur mon site.
Je suis un homme qui est à peu près incapable de violence physique (je suis super gentil). Mais je dois avouer que de me faire traiter de “traître” à la nation que j’aime et dont l’épanouissement me tient à coeur plus que tout est tout simplement trop pour moi. Cela dépasse les bornes de l’acceptable… De me faire lancer l’accusation par un petit fascho en puissance qui s’ignore et qui est incapable de reconnaître le tort qu’il fait à ses concitoyens avec son fiel me donne seulement envie de lui mettre mon poing dans la figure.
Vous voyez mon problème, je ne suis plus rationnel, je traite un gauchiste de fascho et je parle de poing dans la figure! (La pulsion de violence qui m’anime m’est très désagréable)
J’ai pourtant essayé de le prendre par le calme et les idées… essayé de comprendre ce qui anime sa réflexion… mais c’est impossible pour moi de discuter tout en me faisant traiter de traître à une cause qui m’est chère.
Traître.
Traître à sa propre collectivité.
C’est selon moi un terme qu’on ne lance pas à la légère… comme meurtrier ou violeur d’enfants. C’est peut-être mon coté américain, peut-être est-ce parce qu’on pourrait aisément appeller ce que je ressens pour ma nation du patriotisme, mais cette accusation me semble l’une des plus grave qui soit. Je l’ai tolérée dans son billet… on a tous droit à nos coups d’éclat rhétoriques… mais de me la faire servir directement, c’est trop.
…
Le problème avec Louis, c’est que se retrouvant dans une pièce avec trois autres gars qui sont prêts à se battre pour la même cause que lui, il trouve moyen de les accuser tous les trois d’être des traîtres à la nation parce qu’ils dérogent de son idée de ce que doit être l’étroit et unique chemin vers la terre promise… Désolé Louis, mais à quoi bon ton chemin si tu le remontes seul et ne peux y ammener ton peuple? Déjà, tu trouves le moyen de te mettre à dos trois gars qui sont convaincus de l’importance de ta cause… Et tu crois que c’est comme ça que tu créera le sentiment de solidarité nécessaire à son succès entre des millions de québécois infiniment plus frileux que nous? Si tu nous perd, nous, fiers nationalistes, qu’en sera-t-il des autres?
Non, je déclare l’approche de Louis nocive à l’avenir de ma nation car il ne sait que créer la discorde et le ressentiment au sein de ses propres troupes pendant que les obstacles réels à la cause continuent d’augmenter. Il est un empêcheur. Une nuisance. Il fait partie, comme Alliance Québec et B’Nai Brith de l’autre coté, de ceux qui répendent le poison et la merde qui nous figent en combat mortel perpetuel et nous empêchent d’avancer. Je ne suis plus capable d’entrevoir qu’il ait quelque chose de constructif à contribuer. (En espérant trouver un autre apôtre de la coercition linguistique avec qui je peux débattre… calmement)
…
Je n’enleverai pas son site de ma blogoliste, puisque j’apprécie énormement les autres blogueurs qui y publient… Ce qui fait encore d’UHEC (malgré la participation de Louis) un carrefour important de notre sphère.
Il me semble qu’il n’était pas si pire avant, mais Louis est devenu pour moi l’équivalent gauchiste de feu Élodie G. Martin. Un troll en puissance. Je ne le lis plus. Perte de temps. Et à moins qu’il ne s’adresse directement à moi (et encore) je ne parlerai plus de lui ni de ses textes.
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2008/02/25 01:37
Touchy, touchy…
Hm.
C’est la première fois que ça m’arrive depuis que je visite son site, mais il semble que cette fois-ci, Louis m’a mis dans sa liste de “traîtres à la nation” et mon commentaire est tombé dans la liste de modération ou ne sera pas publié… ou peut-être est-ce parce que j’y ai glissé une phrase anglaise et qu’il a configuré son truc pour ne pas laisser passer d’anglais… Ce que je sais, c’est qu’avant (plus tôt, aujourd’hui) mes commentaires y étaient publiés instantanément.
Enfin.
Je republie ici ma réponse à une conversation que je ne croyais pas voir dégénerer de la sorte. (Les détails sont ici)
Louis,
Tu me blesses.
“Enfantin” est à peu près la seule et la pire attaque personnelle qui puisse sortir de mon clavier. Autrement, je crois que j’ai toujours été poli ici et ne me suis attaqué qu’aux idées.
D’ailleurs, (j’aurais dû être plus précis, mais) je ne traitais pas le contenu de ton billet d’enfantin, mais plutôt le fait que tu bloquais les commentaires des gens que tu y défiais. Je me serais, à la limite, attendu à me faire répondre qu’ils étaient d’une telle vulgarité ou impertinence que tu ne pouvais faire autrement…
Enfin.
…
Tu dis:Mon billet est tout ce qu’il y a de plus rationnel et modéré
Voyons voir:
Après une première phrase de mise en situation (biaisée, mais ça, nous le sommes tous) qui dévoile immédiatement à ceux qui ont suivi la progression de ce blogue que tu t’es fait une opinion sans vraiment aller au fond des choses (encore là, qui n’a pas péché? …mais il faut au moins être conscient qu’on est en terrain délicat), après une seule phrase, dis-je, tu lances immédiatement:
Il va sans dire que je n’ai pas plus de respect pour quelqu’un qui prétend défendre le français en anglais que j’en ai pour un pays qui en bombarde un autre au nom de la paix ou pour un violeur qui viole au nom de la virginité.
Je m’arrète immédiatement.
Ce que tu viens de faire ici, c’est mettre des gens (ou plutôt quelqu’un, mais plusieurs, comme moi et mon lecteur, se sentent visés) qui ont au plus profond d’eux assez de passion pour la cause du français, de l’indépendance nationale… ces causes qui te ravagent le fond de l’âme… qu’ils ont mis les énergies nécéssaires pour démarrer un site (tu sais ce que ça implique) et remplir une niche de plus, mettre en place un mégaphone de plus pour la cause… à un endroit où il n’y en avait pas… chose que tu as réussi, que je commence à comprendre que je ne réussirai jamais à mon goût et qu’AngryFrenchGuy a réussi aussi, à sa façon. Tu prend ces gens donc… et tu les mets dans la même catégories que les assoifés de guerres et les violeurs de ce monde.
“Il va sans dire”
Non Louis, on est pas dans la modération. Ni dans la rationalité.
…
C’est drôle… j’ai pour mon dire que pour que le français rayonne en Amérique… pour que le Québec devienne indépendant, il faut rassembler le plus de monde possible autour de l’idée.
Except that with guys like you by my side, I’m not sure what I’m fighting for anymore.
Moi, Louis, je ne suis pas comme AngryFrenchGuy, je ne suis pas seulement francophone, je suis les deux, la preuve vivante que toute les forces d’assimilation du monde, même un respect pour la force assimilatrice, ne peuvent rien contre la volonté de prolongement d’une identité.
Quelqu’un comme moi a-t-il une place dans ta nation?
I guess not.
…
Louis peut parfois être un blogueur admirable, il a le don de “mettre le doigt sur le bobo”. Mais plus souvent qu’autrement, à la manière des médecins du XVIIe siècle, ses interventions font davantage saigner qu’elles ne guérissent.
Et parfois, je me demande si le monde ne s’en porterait mieux s’il cultivait son jardin plutôt que de pratiquer la médecine.
…
Ajout: Le langage que j’ai trouvé blessant semble avoir été nettoyé de son commentaire (entre autre, “torchon” est devenu “n’importe quoi”)… J’ai réagi avant qu’il n’ait terminé d’éditer, c’a l’air.
Mais ma réponse n’y est toujours pas.
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2008/02/24 16:45
Mea Culpa: (Antagoniste != Cato) && (Kwebek != Heritage)
Il y a quelques mois, alors que je me familiarisait encore avec la sphère d’ici, j’ai écrit un billet intitullé Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? » dans lequel j’ai plutôt gratuitement affirmé ceci:
Car entre Antagoniste.net qui me sert du CATO Institute réchauffé et Kuebek qui me sert du Heritage Foundation de mauvais aloi (…) Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir quitté la blogosphère américaine.
Aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de réviser ce jugement plutôt sommaire qui n’était pas sans sa propre dose de mauvais aloi de ma part.
…
Bien que son raisonnement semble plutôt ancré dans une variante d’objectivisme randien primaire, David l’Antagoniste est un ultra-partisan dont la cohérence idéologique est constament sacrifiée sur l’autel du combat rhétorique. Je l’admire quand-même beaucoup, dans son genre, il est le meilleur des environs. Pour chaque trahison opportuniste à la pureté idéologique de son coté du spectre, David sera prêt, statistiques et références au bout des doigts, à nous démontrer l’imminente sagesse de la chose. Eussé-je cette initiative… [soupir]
Mais cela n’a pas grand-chose à voir avec le courant idéologique représenté par le très non-partisan et plutôt pacifiste Cato Institute. Il y a huit ans, il était encore souvent associé aux parti républicain mais les politiques néo-conservatrices de l’administration Bush et l’affaissement de la direction du parti en chambre aux impératifs de la droite chrétienne en ont fait le premier des grands courants idéologiques de la droite américaine à dire bastà à la coalition. Déjà en 2004, la fissure était claire.
En fait, c’est surtout là que la comparaison perd sa validité. La démarche du Cato Institute s’inscrit en complète opposition aux politiques néo-conservatrices qui prône la légitimité de la coercition et de la force au nom de la liberté et du pluralisme (la vérité et son contraire) et au “conservatisme de la grandeur nationale” (National Greatness conservatism) représenté par John McCain. (Je dois d’ailleurs dire que je commence à être plutôt séduit par une nouvelle génération d’intellectuels au sein de ce mouvement qui semble enfin pousser la réfexion plus loin… dans une direction plus responsable et mature que l’utopie libertarienne simpliste qu’on me présentait il y a 15 ans… et ça me plait).
…
Et maintenant (et surtout) Kuebek. J’ignore qui est derrière ce blogue… je ne sais pas si c’est le type au cigare qui se présentait dans sa première incarnation ou s’il s’agit d’un jeune boutonneux à la plume agile… mais là aussi, on est, en fait, loin du Heritage Foundation (quoi que pas aussi loin que l’exemple précédent). Le Heritage Foundation est un think-tank paléo-conservateur à la Pat Buchanan, honorable, travaillant, attaché à un schème de valeurs traditionnelles cohérent et sage… mais ne brillant pas particulièrement lorsqu’il s’agit de défendre ses thèse dans les sphères platoniciennes de l’académie.
L’auteur derrière Kuebek, par contre, est à mon avis, un authentique intellectuel conservateur. Un intellectuel se doit de toujours questionner et remmettre en question la “sagesse conventionnelle” qui semble tous nous guider… et de le faire à l’aide d’arguments rhétoriques cohérents et bien ficelés en ramenant les concepts à leur essence. C’est sombre… c’est parfois hautain… mais c’est fondé sur un regard lucide… et il y a là une façon d’éclairer les choses… autrement… qu’il est toujours bon de considérer lorsqu’on tente de contempler la vérité (activité autant louable qu’impossible).
Je le lis et j’ai une autre comparaison qui me reviens constament à l’esprit quand je pense aux écrits anglo-saxons que j’apprécie, une qui, cette fois-ci, fait acte de sincère compliment.
J’ai trouvé mon WFB.
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2008/02/23 22:04
Jacques Brassard est un néo-con!?
Ah ben… je l’avais pas vu évoluer, celle là… Ça l’air que l’ancien ministre péquiste Jacques Brassard qui n’a jamais eu la langue dans sa poche s’est donné comme mission ces dernières années de combattre le réflexe anti-Bush primaire des québécois.
Son plus récent effort est en étalage chez l’Antagoniste.
Bon. Moi, je n’ai pas de problème à l’idée de combattre l’anti-américanisme primaire de mes concitoyens, il m’horripile aussi. Je n’ai pas de problème non-plus à mettre toutes les bémoles du monde en parlant des républicains (et même, parfois, de l’administration Bush) et à combattre leur démonisation systématique et grossière qui coule si facilement chez nous et qui, si elle était dirigée envers un groupe ethnique, releverait du plus pur racisme. J’ai moi-même déjà eu des sympathie républicaines… j’aurais voté systématiquement pour le parti de Reagan… j’appuyais Bush père en 88, j’aurais probablement voté Perrot en 92… mais j’appuie sytématiquement les démocrates depuis 96*. Bill Clinton m’a convaincu que les démocrates étaient réconciliés avec le libre-marché, mais surtout, j’ai été trop effrayé par la montée de la droite religieuse chez les républicains. Comme plusieurs ex-républicains je pourrais dire que ce n’est pas moi qui a quitté les républicains, ce sont les républicains qui m’ont quitté.
J’aime profondément les États-Unis d’Amérique. Je ne suis pas gêné de le dire, l’amour que je porte pour cette culture n’a d’égal que celui que je porte pour la mienne qui lui ressemble plus qu’elle ne l’admet. Et j’affirme sans ambages que la déclaration d’índépendance et le préambule à la constitution forment le plus important document politique de l’histoire de l’humanité à ce jour.
C’est de cet amour et cette conviction qu’est puisé ma profonde colère envers l’administration Bush… et l’intense anxiété que je ressens pour chaque minute de pouvoir qui lui reste. L’administration Bush est un concentré des pires éléments et factions des administartions Nixon, Ford, Reagan et Bush père… (a kind of perfect storm) et ils ont transfiguré la constitution et l’esprit qui animait ceux qui l’ont écrite en créant une présidence impériale ayant l’autorité de suspendre les droits d’habeas corpus pour quiconque elle soupçonne “d’intentions terroristes”… Ils ont, en somme, créé un “crime de la pensée” sans recours judiciaire!
“Freedom is the freedom to say that two plus two make four. If that is granted, all else follows”
- George Orwell, 1984
Ajoutez à ça l’autorisation explicite d’actes de torture et une guerre étrangère non-existentielle et on s’approche dangereusement de tout ce contre quoi cette nation fut fondée.
“The means of defense against foreign danger historically have become the instruments of tyranny at home.”
-James Madison
…
C’est vrai qu’on a l’anti-américanisme et le réflexe go-gauchisant facile, ici au Québec. Pas mal trop à mon goût à moi aussi. Mais en reprenant aveuglément chez-nous, les thèses d’une idéologie dont les huit dernières années racontent l’histoire de son tragique chant du cygne et de son discrédit le plus abjecte, M. Brassard continue le tort irréparable qu’elle a fait, toute bien intentionnées et nobles soit ses intentions, à la réputation (et surtout à l’âme) de ce pays…
Je continue à ne pas comprendre que notre droite naissante semble incapable d’assimiler les leçons des échecs de ses modèles américains.
…
Au début, quand j’ai démarré ce blogue et que je me familiarisait avec le coté droit de notre sphère, j’ai assez gratuitement comparé Antagoniste.net à du Cato Insttute réchauffé et Kwebek au très conservateur Heritage Foundation. C’était avant de mieux les connaître… j’avais aussi ajouté à la blague que je m’attendais à tout moment de voir un néo-con apparaître pour me servir du AEI.
Je ne pensais juste pas que ce serait Jacques Brassard!
-
*J’ai flirté avec l’idée de reconsidérer les républicains de George W. Bush au début de la campagne de 2000… pendant 0,023 secondes.
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2008/02/22 14:18
Do The Tabarnak (prise 2)
Toujours à l’affût des nouvelles tendences (lire chanceux malgré lui), Le Petit Émerillon vous présentait, au début décembre, un apperçu de ce tout dernier phénomène destiné à enflammer les pistes de danse hip-hop du monde entier: Le Tabarnak.
Eh bien:

Et elle a maintenant son site Web: letabarnak.tv.
…
Et vous, savez-vous sur quel pied danser?
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2008/02/20 13:13
Un Français à Québec
Vues d’un étudiant de Strasbourg en stage à l’université Laval sur la vie dans l’Amérique française.
Tout à fait fascinant.
…
Il parait que le Figaro a décidé de nous taper dessus depuis un bout de temps… (Je suis trop occupé par l’info américaine pour être au courant)…
Je ne sais pas ce qu’a le Figaro comme rapport avec la province de Québec, mais les articles - négatifs - s’accumulent.
Après avoir traité du plateau du Mont-Royal de Montréal comme le dernier lieu de résistance des francophones à l’invasion des méchants et horribles anglophones, voilà que le quotidien nous offre ses commentaires sur le niveau de langue des élèves. L’article est disponible ici …
Mais je note le commentaire perspicace du blogueur:
Le journal continue à taper sur les Québécois et je songe à l’analyse que faisait un de mes amis sur le précédent article du Figaro, à savoir que ces écrits reflètent plus les peurs que nous avons pour nous-mêmes que la véritable situation du Québec. En gros, l’article est destiné à un public bien français qui sera ravi de s’imaginer que MEME au Québec la langue française souffre et le lecteur de penser: “Au moins, la France n’est pas la seule dans cette situation!”
Heh.
Comme quoi, quand on s’compare…
…
Un blogue à découvrir.
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2008/02/19 13:30
Le Canada et la D.U.I. du Kosovo
Ça semble être un des sujets chaud de notre sphère…
J’avoue être pas mal déconnecté de l’actualité canadienne et fédérale ces jours-ci, et je n’ai aucune idée comment les choses se tramment à Ottawa… mais je suis très curieux de voir ce qui va se passer.
Le Canada reconnaîtra-t-il la déclaration unilatérale d’indépendence du Kosovo? Et si oui, qu’advient-il du concept en jurisprudence canadienne? (J’ai hâte de voir les pirouettes et acrobaties de nos politiciens sur le sujet.)
…
Bien que non réfractaire à la souveraineté du Québec, j’ai depuis longtemps de sérieuses réserves quant à l’idée d’y accéder via une DUI. Comme feu René Lévesque, je préfèrerais continuer à évoluer à l’intéreur du cadre légalisto-constitutionnel de tradition britanique… (je sais que mon sentiment est loin d’être partagé, mais ma préférence serait pour un Québec souverain qui conserve la couronne britanique comme chef d’état et son attachement au commonwealth)
Tout ça est bien beau… sauf qu’il semble que l’Histoire soit entrain de tracer un autre chemin.
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2008/02/11 20:26
La droite de chez nous
Un très estimé lecteur a fait un commentaire aujourd’hui qui a finalement mis en mots une réflexion qui me ronrone dans le fond du crâne depuis que j’observe (non sans espoir) la montée de cette nouvelle droite conservatrice de chez nous que d’aucuns ne soupçonnaient l’existence il n’y a de ça que cinq ans dans le paradis social-démocrate que l’on croyait (à tord) faire notre distinction.
Il s’agit de M. Bergeron, un américain résident de la Californie qui répond au Dissident, ce (nouveau?) blogueur de chez nous qui tire nettement à droite.
Ronald Reagan est mort, [le] conservatisme a échoué, le parti républicain est divisé. Les gens les boudent, parce qu’ils n’ont pas d’idées nouvelles à répondre à nos besoins et nos problèmes c’est toujours la même chanson: moins de gouvernement (sauf dans le bodoir), moins de taxes pour les riches (alors que le fardeau remue aux travailleurs de la classe moyenne), plus de dépenses militaires pour les guerres glorieuses, plus de moralisation à faire Jésus vouloir vomir, pour le reste vous êtes seuls, “you’re on your own!”
Puis en terminant, il fait référence au fait que notre ami Dissident semble s’être approprié certains des symboles de Batman:
Mathieu, je crois pas que vous ne trouverez pas un plus grand libéral (au sens américain) que Bruce Wayne, c’est l’exemplar sans pareil du “Limousine Liberal.” I’m sure the irony is not lost on you, since you call yourself the “Dissident”, even though your side is currently in power, both in Canada and here in the US. Bush isn’t gone yet.
…
Ce n’est pas sans un certain plaisir et soulagement que j’ai constaté que nous avions une droite (plus ou moins) cohérente dans ma nation. Qu’une certaine alliance était possible de ce coté du paysage entre le pôle de Calgary et celui de Québec (qui se découvre à peine) afin de contrer l’hégemonie étatiste et centralisatrice du parti qui prétend définir l’âme même du pays depuis 1967. C’est vrai qu’aujourd’hui, la droite vit une certaine heure de gloire ici… et on a nettement l’impression qu’on en est encore qu’au début.
It’s Morning in the Great White North.
Pour ma part, je suis loin de m’en désoler. J’ai passé ma vie dans une société qui penchait universellement à gauche, pendant qu’on se divisait entre souverainistes et fédéralistes… Ce n’est pas sain. Les éléments bénéfiques des courants de droite (il y en a) n’ont pas encore assez eu la chance de faire effet à mon goût sur ma société. Pour quelqu’un qui se targuait d’anarcho-capitaliste en 1987 (j’étais jeune, j’ai beaucoup évolué depuis, mais quand-même), je regarde la montée de la droite politique et je dis: Y était temps!
Sauf qu’en tant qu’amateur de la politique américaine, je partage entièrement l’analyse de mon lecteur. La droite conservatrice américaine est épuisée… dogmatique… finie.
Elle est dûe pour une bonne traversée du désert.
Je regarde notre droite à nous se péter les bretelles… ces gens semblent encore tout à fait inconscients des nombreux endroits où le projet américain sur lequel ils fondent leur démarche a complètement échoué. Je les voit partout répéter les mêmes erreurs et semer le même poison corrosif qui a fini, à force de contact, par s’introduire jusque dans l’âme du mouvement américain qui s’en servait. Jusqu’a ce qu’il devienne la caricature grossière et tristement réelle que nous décrit M. Bergeron.
Les conservateurs (petit c) d’ici se sentirons bien seuls dans le monde ante Bush… et ils ne dureront pas longtemps s’ils persistent à émuler un mouvement moribond plutôt que d’adapter leur idéologie (et surtout leur approche) au 21e siécle et à un monde qui s’apprête à s’axer nettement sur le progressisme.
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2007/12/25 20:46
God Save the Queen
Le 50e message télévisé de Noël de notre Souveraine:
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2007/12/11 23:59
Bouchard-Taylor: Témoignage personnel de Jean Dorion
Je lui ai déjà levé mon chapeau hier, après avoir vu le reportage de RDI sur son témoignage.
Je me suis ensuite tapé la rediffusion intégrale de la journée à Vox (télé-communautaire) pendant la nuit pour attraper sa présentation.
Le témoignage personnel qu’il a livré après la présentation du mémoire de la SSJB est mon troisième et plus grand coup de coeur de tout ce que j’ai vu à cette commission.
Merci M. Dorion. Pour faire echo à M. Bouchard, ce type de témoignage vaut bien des expertises. Et le débat en cours a besoin de beaucoup plus de témoignages de ce genre.
…
La présentation du mémoire est ici.
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2007/12/11 09:21
Dany Laferrière: nationalisme et identité
Selon Dany Laferrière, de retour de Haïti, les Haïtiens suivent attentivement notre débat sur les accommodements et sont plus sympathiques à la “majorité québécoise” qu’à leurs propres ressortissants…
Toujours fascinant ce Dany.
Je me réclame davantage de l’oiseau que de l’hippopotame.
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2007/12/10 22:11
Coup de chapeau: La SSJB à Bouchard-Taylor
Titre du fil de presse: La SSJB déplore le sensationnalisme, propre à alimenter l’islamophobie.
J’avoue être très agréablement surpris par ce que je viens d’entendre au Téléjournal de RDI sur la présentation du mémoire de la Société Saint-Jean-Baptiste par son président Jean Dorion qui a aussi livré un témoignage très personnel et émotif (larme à l’oeil) où il avoue avoir eu de grands sentiments de méfiance envers les musulmans qu’il regrette aujourd’hui… Il a ensuite défendu le droit des femmes musulmanes à porter le hidjab.
Je lui lève mon chapeau.

Mais le résumé du mémoire ici m’impressionne aussi, je ne m’attendais vraiment pas à entendre tant d’échos de mes positons dans celles de la SSJB.
Sans pour autant — loin de là — endosser chacune des causes qu’a défendues le juriste Julius Grey, nous partageons sa conviction que, sur dix personnes qui demandent aujourd’hui un accommodement, neuf auront des enfants qui diront un jour : Je n’ai plus besoin d’accommodements pour vivre au Québec. Faisons confiance au temps et aux échanges que la tolérance facilitera. Tout comme les Québécois ont beaucoup changé et changeront encore, les descendants d’immigrants changeront eux aussi.
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2007/12/07 14:31
Changement de cap… ou note concernant la présence de l’anglais dans ce blogue
Je m’apperçois que je commence à publier de plus en plus de liens vers des trucs anglophones… Et cela trahit quelque peu la « mission » originale que j’ai voulu donner à ce blogue. Je suis surtout sensible au fait que cela cadre mal aux yeux de certains avec l’image de promotion et de valorisation du français en Amérique que se donne Le Petit Émerillon.
Il faut comprendre que je suis 100% francophone, mais je suis aussi 99,7% anglophone.
J’ai ouvert ce blogue, il y a plus de trois mois, en grande partie parce qu’après m’être amusé à exposer sur Internet la partie anglophone de mon esprit pendant un bon moment, mon coté francophone commencait à s’agiter de plus en plus… Il avait lui aussi plein de choses à dire (surtout avec les récents changements de paradygmes au niveau de la politique canadienne et québécoise) et il n’avait pas envie de les dire en anglais… surtout que la minuscule quantité de lecteurs qui visitait mon site (surtout des filles, rencontrées sur MySpace, du Canada, des U.S.A. et d’ailleurs qui aimaient ce que j’avais à dire sur les femmes… et moi de répondre à la demande) n’avait ni le contexte pour comprendre ce que j’avais à dire là-dessus, ni l’intérêt.
J’ai donc démarré ce blogue au départ avec l’intention de le réserver exclusivement à mes “réflexions sur l’état de cette nation francophone d’Amérique à laquelle j’appartiens” tout en continuant à déverser le reste de mon esprit dans mon blogue anglophone… Mais, vous savez, moi et la discipline personnelle… Pfff.
Trois mois plus tard, je me retrouve à administer un blogue francophone qui est lu et où participent une variété de gens aux idées diverses qui provoquent et stimulent ma réflexion et je suis complètement accro. (Je dois d’ailleurs me questionner sur le montant croissant de temps que cette activité est en train de me bouffer… A guy’s also gotta have a life at some point!)
Pendant ce temps, mon site anglophone amasse la poussière et le coté anglophone de mon esprit cherche des échapatoirs.
J’ai donc décidé d’officialiser un léger changement de cap pour Le Petit Émerillon. Disons qu’en plus de sa mission principale de promouvoir une identité francophone nord-américaine forte et de se pencher sur les débats de la société francophone, il se donne une sous-mission… Celle d’ouvrir aussi une fenêtre donnant dans l’univers anglophone qui nous entoure… un univers qu’il faut aussi apprendre à apprivoiser si nous voulons y tailler notre place habilement.
Je ne me gênerai donc plus pour vous parler de politique américaine et mettre des liens vers du matériel anglophone portant sur les aspects qui m’intéressent de la pensée anglo-saxonne mondiale (lire, surtout américaine) et son évolution.
…
[Note: Plus de profondeur sur ce "changement de cap" dans le prochain billet: Pourquoi "Le Petit Émerillon". J'ai décidé de morceller... ]
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2007/12/06 21:05
J’insiste
J’ai écrit plusieurs choses que je réservais pour cet espace-ci dans les commentaires d’un billet de Renart sur UHEC.
C’est parfois un peu tout croche… et certains points continueront d’être répétés (de façon plus éloquente, j’espère) ici dans des billets à venir (un jour)…
Mais plusieurs de mes idées sur l’avenir du français et sur le sempiternel débat sur la souveraineté s’y trouvent.
Allez y faire un tour.
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2007/12/05 14:18
La santé du français
…se porte plutôt bien, merci, selon ces deux auteurs en entrevue à Bazzo.tv il y a peu de temps:
YouTube - Bazzo.tv : La grande aventure de la langue française
La discussion se poursuit chez UHEC.
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2007/12/01 22:30
Ma lettre au cardinal Ouellet
…tarde à sortir, je le sais.
…et elle ne sera pas dans ce billet.
En fait, les habitués doivent s’y attendre maintenant… si je vous promets quelque chose et que ça n’arrive pas dans les 24 heures suivantes, les chances sont que ça n’arrivera pas. Et lorsque je vous annonce que je diminue mon rythme de publication, attendez-vous à le voir augmenter. Je crois vous avoir déjà parlé de ma relation tendue avec la discipline personnelle.
…
J’avais de grands plans avec cette lettre… Fort de mes récents « succès » dans les médias, je planifiais, en plus de l’envoyer au cardinal et de la publier ici, de l’envoyer aussi aux journaux… qui sait?
Mais pour que tout ça ait une chance de fonctionner, il aurait fallu que je l’aie pondue lundi ou mardi et envoyée sitôt. Là, on commence à passer la limite du cycle de 7 Jours (Bonne Semaine!) décrété par les impératifs corporatifs de notre petit univers pour presser le citron d’un évènement médiatique avant de passer au prochain sujet chaud. (Encore mieux si ça peut démarrer le dimanche soir à TLMEP, avec trois jours de pré-avis… Ça, on aime ça!)
Enfin… Voilà déjà deux jours que la petite bannière en-haut qui annonce la venue de cette lettre n’est plus qu’une charade pour m’éviter à avoir à répondre à vos commentaires pendant que je lis et écris ce qui me chante. (Surtout que là, je suis complètement freaked-out depuis que le Mistral a soufflé chez moi… [Ok, enough with the puns! It's not that imaginative.])
Ce qui m’a stoppé dans mes tracks, comme disait Shakespeare, c’est cette discussion que j’ai eue (et que j’ai laissée sans réponse, ce qui est assez impoli de ma part) avec Suzanne, une radi-catho à tendance sédévacantiste (que j’aime ce mot depuis que je le connais) qui tient un blogue pro-« culture de la vie » et que j’ai croisée via le blogue de Philippe David. Disons que cette expérience a eu pour effet de refroidir mes ardeurs à l’idée d’explorer les possibilités de rapprochement avec l’Église. Avant de pouvoir continuer, je dois me réconcilier avec le fait que cette dame, malgré ce qu’elle en dit, ne représente pas l’attitude actuelle de l’institution, mais bien un courant qui souhaiterait retourner au moeurs, rites et dogmes d’avant Vatican II. C’est justement une de celles qui l’est trop, comme dit le maire Jean Tremblay, et qui lui tape sur les nerfs.
Mais bon. Ça a ruiné mon élan.
Et bien que j’aimerais explorer avec elle la cohérence de son attachement farouche aux doctrines de l’Église combiné à son rejet, ou du moins sa déception, face à « l’Esprit de Vatican II » qui est reflété dans la doctrine moderne (I think) et qu’elle se doit donc de suivre selon ses propres principes: « Si on croit que l’Église a la parole de la Vie, on la suit, malgré la difficulté de comprendre certaines doctrines, parce qu’on croit qu’elle est protegé de l’Esprit saint par l’erreur doctrinale,[sic] et qu’elle est chargé de prêcher la vérité de Dieu. » J’ai eu ce type de discussion avec des fondamentalistes de toutes les variétés dans ma vie et ce n’est vraiment plus cet aspect des choses qui m’intéresse.
…
En fait, mon intérêt et mon ouverture actuelle face à l’Église et à la religion en général me viennent de deux sources très distinctes, je crois.
La première étant la réaction extrême que j’ai eue récemment face à toute l’intolérance patente du discours laïcisant à la commission BT. Je le répète, les seules personnes que j’entends exprimer le désir de vouloir dire aux autres comment vivre dans toute cette histoire sont les laïcs. Les religieux ne revendiquent qu’un espace de liberté suffisant pour être heureux sans trop déranger les autres. Cette intolérance face à la croyance religieuse est tellement répandue dans la culture ambiante qu’il est permis, sans que personne ne bronche, de dire des choses sur les croyants qu’il est interdit de dire à propos de tout autre groupe.
Quelle différence entre:
« Je n’ai rien contre la religion, mais ça ne devrait pas sortir de la maison et/ou de l’église/temple/mosquée/etc., on n’en veut pas sur la place publique. »
Et:
« J’ai rien contre les homosexuels, tant que ça reste derrière des portes closes. Le reste, j’veux pas l’savoir. J’veux pas les voir s’embrasser pis s’tenir la main dans la rue. »
Pour moi, il n’y a aucune différence entre ces deux attitudes.
Pourtant, dans la société bien pensante dans laquelle j’évolue, il est permis d’exprimer cette première opinion et de passer pour un être éclairé, tandis que la deuxième nous condamne à être perçu (à juste titre) comme un cro-magnon homophobe et intolérant.
J’ai toujours accusé les homophobes d’avoir peur de leur propres désirs homosexuels. Maintenant, j’accuse les laïcisants de la place publique d’avoir peur de leur propre soif de Dieu.
…Mais je m’éloigne de mon propos.
Ce que j’essaie de dire est que dans de telles circonstances, j’ai tendance à beaucoup (trop) m’identifier avec celui que je perçois comme injustement persécuté. J’aimerais pouvoir le dire en français, mais ça sort pas, I’m a classic bleeding-heart liberal in that sense. Sauf que ce sentiment est éphémère et s’évapore rapidement au contact de quelqu’un comme Suzanne.
…
La deuxième (et plus profonde) source de mon ouverture est plus difficile à expliquer.
Elle vient en grande partie du fait que mon cheminement spirituel, incluant toutes les recherches que j’ai faites ces dernières annéees sur les origines historiques et l’évolution des différentes religions (surtout le christianisme et l’Islam), m’a récemment mené à un endroit à l’intérieur de moi où le paradoxe apparent de la phrase suivante: « Il n’est pas nécéssaire de croire en Dieu pour croire en Dieu » semble s’évaporer.
Je sais que ça semble ésotérique… ça m’apparaît si clair et si simple, mais en même temps, je n’ai pas l’impression que je pourrais l’expliquer comme il faut en moins de 20 pages. Alors je n’insiste pas.
Sauf pour dire que depuis ce temps, c’est comme s’il m’était permi de « croire en Dieu » sans abdiquer la moindre parcelle de mon adhésion à la pensée critique et rationelle, non plus qu’à la méthode scientifique et la cosmologie qui s’en dégage.
Délire? Vue de l’esprit? Je ne sais pas.
Mais savoir si c’est « vraiment vrai » n’est pas la question.
C’est utile.
