Billets tagués ‘politique’

2008/01/08 21:04

Obama: Où est la vague?

21:05

Avec 30% des votes comptés Hillary Clinton mène par 4 points. 40% vs 36% pour Obama.

Que s’est-il passé? Les journalistes sont complètement désorientés… la réalité ne suit pas le script qu’ils ont préparé toute la journée… ce n’est pas ce que leurs exit polls leur indiquaient.

Les résidents du New Hampshire sont notoires pour leur tendance à ne pas suivre le scénario qu’on leur impose. Ont-ils décidés de le faire de nouveau?

L’echo d’un sentiment que je n’ai pas eu depuis la générale de 2004 quand tous les médias croyait à une victoire de Kerry, mais que dès que les résultats commençait à rentrer, la réalité de la victoire de Bush devenait de plus en plus clair…

J’ai le coeur dans la gorge.

Ajout (21:20): Un lecteur de Sullivan me donne de l’espoir.


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2008/01/08 12:31

Si la tendance se maintient…

Le New Hampshire vote aujourd’hui. Je vous laisse faire vos propres prédictions.

Les Démocrates:

Les Républicains:

La course démocrate devient de plus en plus prévisible… le méga-train Obama ne peut plus être arreté, les démocrates commence tous à comprendre que le moment est venu d’embarquer à bord du train ou de se faire écraser.

La course républicaine est beaucoup plus intéressante et volatile… McCain est réssucité des morts… Romney refuse de mourrir… et Huckabee (qui a récemment pris la tête à l’échelle nationale) les attend tous les deux au détour de la Caroline du Sud. Ma grande joie à date? La chute libre de Giuliani. Dieu soit béni, quoi qu’il arrive ce sera la fin de l’ère Bush et du règne des néocons.

Au départ, en théorie, la candidature de Giuliani était supposé être faite sur mesure pour le New Hampshire, un état plutôt républicain, mais à saveur plus libertarienne que la base du heartland (leur devise est Live Free or Die). Ils lui ont préféré McCain le franc-tireur. Giuliani est en chute libre partout. C’est fini pour lui, il est un mort-vivant.

Mon plus grand souhait pour ce soir? Voir Giuliani arriver 5e, derrière Ron Paul (un autre candidat phénomène important, même s’il n’a aucune chance). Ce sera symbolique, ils ont eu plusieurs prises de becs lors des débats et ce sera une victoire morale pour Paul.

Go Ron Paul!


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2008/01/07 21:24

Stewart et Colbert de retour ce soir

Il était temps. Après trois mois d’absence et avec la frénésie électorale actuelle qui bat son plein, je commençais à me sentir désorienté… je perds mon cynisme et me laisse emporter par l’Obamamania! Vivement le retour de nos deux fous du rois! Réussiront-ils à me guérir de tout cet optimisme?

Quoi qu’il en soit, il sera intéressant de voir ce qu’il vont faire de leurs émissions respectives qui, en temps normal, dépendent fortement de leurs équipes de scénaristes qui sont, pour l’instant, toujours en grève.

Selon l’AP:

That, of course, is the challenge facing “The Daily Show with Jon Stewart” and “The Colbert Report,” which have been out of production since the writers strike began nine weeks ago, and are now resuming with their writers still off the job.

While both Comedy Cental late-night series have always largely been scripted, that would now violate strike rules of the Writers Guild of America. Even Stewart and Colbert, as guild members, are apparently barred from writing anything.

But helping fill each half-hour, as usual, will be interview segments.

J’ai particulièrement hâte de voir Colbert (qui, dit-on, arbore une “barbe de gréviste“) car son invité est un des principaux pioniers de la blogosphère, Andrew Sullivan, dont je suis un très grand fan. Je le cite souvent comme mon maître à bloguer et quelqu’un qui a beaucoup influencé ma pensée.

Son dernier livre The Conservative Soul est maintenent disponible en format poche (pas cher!)

Can’t wait.


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2008/01/07 20:47

Qui l’eut cru? Hillary est humaine.

Un rare moment d’humanité de la part d’une candidate habituellement trop programmée:

Certains, plus cyniques, diront qu’il s’agit d’un moment programmé, que ses conseillers ont décidé qu’il faut l’humaniser, etc. Je n’en crois rien. Le rythme éffréné et le stress auquel se soumettent ces candidats est positivement inhumain, la plupart d’entre-nous n’y survivrait pas sans y laisser sinon notre santé physique, certainement notre santé mentale.

Certains, plus cyniques, diront qu’il s’agit d’un moment programmé, que ses conseillers ont décidé qu’il faut l’humaniser, etc. Je n’en crois rien. Le rythme éffréné et le stress auquel se soumettent ces candidats est positivement inhumain, la plupart d’entre-nous n’y survivrait pas sans y laisser sinon notre santé physique, certainement notre santé mentale.


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2007/12/14 14:05

Le sens de la répartie

J’aime beaucoup Barack Obama. Mais je dois avouer que depuis le début de cette course, il ne m’impressionnnait pas souvent. Il nous promettait “une autre façon de faire de la politique”, une façon moins négative. Sauf qu’en tant qu’amateur de longue date du jeu politique, je me demandais si cet homme était capable de “go for the jugular” (viser la gorge de ses adversaires). C’est bien beau de dire qu’on veut mettre l’accent sur l’espoir, mais malgré tout, la politique est aussi un sport de contact. Il faut savoir quand “fesser” sur l’adversaire. (Jean Chrétien est un bon exemple d’un politicien qui avait ce “killer instinct” et savait s’en servir)

Hier, lors du dernier débat avant les “caucuses” de l’Iowa, il a finalement sauté sur une opportunité et nous a livré un moment qui entrera certainement dans les annales des grand moments de débats télévisés. Attendez vous à le revoir, avec les extraits du genre Reagan qui dit à Carter: “There you go again Mr President” …ou encore Lloyd Bensen qui dit à Dan Quayle après qu’il se soit comparé à un jeune JFK: “I knew Jack Kennedy, I worked closely with Jack Kennedy. Mr Vice-President, you’re no Jack Kennedy”

Lors du débat d’hier, la modératrice demande à Obama comment il peut représenter le changement alors que son organisation compte tant d’anciens conseillers de Bill Clinton en affaires étrangères.

Regardez la suite:

Beautiful! En fait, c’est Hillary qui lui a tendu la perche… mais je suis si content qu’il l’ait saisie.


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2007/12/13 10:21

Mon intellectuelle américaine préférée

Trop à droite pour la gauche, trop à gauche pour la droite, trop radicale pour le centre (My kind of thinker!), Camille Paglia, nous livre son survol mensuel de l’actualité politique et culturelle américaine. Délicieux, comme toujours.

Si vous ne lisez qu’une chronique américaine par mois, je vous conseille Paglia.

Intro:

Is there a lamer duck than George W. Bush? Bumbling and fumbling even more than usual in his inability to finesse the embarrassing release of an intelligence report on Iran’s stand-down of its nuclear program four years ago, Bush has seemed moody and unnerved by his marginalization in the news, which is swamped by sharp primary skirmishes in both parties.

With Vice President Dick Cheney, our Styrofoam iron chancellor, having been rushed to the hospital the prior week for yet another heart scare, the U.S. government seemed to have an ominous vacuum at the top. But America’s enemies shouldn’t relax: Nothing is more dangerous than the reflexive lashing out of a regime in decline. Iran is still a mighty big target for an inept administration desperate for a legacy. Never mind the innocent Iranian civilians who will be slaughtered in a “surgical” aerial bombardment. Nameless, faceless, they don’t matter in the White House craps game of high-stakes Mideast strategy.

Continuez la lecture.


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2007/12/12 11:04

Complètement brûlé

C’est l’état de la crédibilité de l’administration américaine actuelle… à tel point qu’il ne peuvent même plus faire quelque chose de bien.

Tom Friedman, dans sa chronique du New York Times d’aujourd’hui:

Some things are true even if George Bush believes them, but good luck getting anyone to buy that anymore.

Il ne faudrait pas trop que le président se mette à avancer des bonnes idées dans l’année qu’il lui reste, ce serait la meilleure façon de les discréditer.


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2007/12/10 13:56

Quand les philosophes s’attaquent

Pour les intellos:

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2007/12/07 14:31

Changement de cap… ou note concernant la présence de l’anglais dans ce blogue

Je m’apperçois que je commence à publier de plus en plus de liens vers des trucs anglophones… Et cela trahit quelque peu la « mission » originale que j’ai voulu donner à ce blogue. Je suis surtout sensible au fait que cela cadre mal aux yeux de certains avec l’image de promotion et de valorisation du français en Amérique que se donne Le Petit Émerillon.

Il faut comprendre que je suis 100% francophone, mais je suis aussi 99,7% anglophone.

J’ai ouvert ce blogue, il y a plus de trois mois, en grande partie parce qu’après m’être amusé à exposer sur Internet la partie anglophone de mon esprit pendant un bon moment, mon coté francophone commencait à s’agiter de plus en plus… Il avait lui aussi plein de choses à dire (surtout avec les récents changements de paradygmes au niveau de la politique canadienne et québécoise) et il n’avait pas envie de les dire en anglais… surtout que la minuscule quantité de lecteurs qui visitait mon site (surtout des filles, rencontrées sur MySpace, du Canada, des U.S.A. et d’ailleurs qui aimaient ce que j’avais à dire sur les femmes… et moi de répondre à la demande) n’avait ni le contexte pour comprendre ce que j’avais à dire là-dessus, ni l’intérêt.

J’ai donc démarré ce blogue au départ avec l’intention de le réserver exclusivement à mes “réflexions sur l’état de cette nation francophone d’Amérique à laquelle j’appartiens” tout en continuant à déverser le reste de mon esprit dans mon blogue anglophone… Mais, vous savez, moi et la discipline personnelle… Pfff.

Trois mois plus tard, je me retrouve à administer un blogue francophone qui est lu et où participent une variété de gens aux idées diverses qui provoquent et stimulent ma réflexion et je suis complètement accro. (Je dois d’ailleurs me questionner sur le montant croissant de temps que cette activité est en train de me bouffer… A guy’s also gotta have a life at some point!)

Pendant ce temps, mon site anglophone amasse la poussière et le coté anglophone de mon esprit cherche des échapatoirs.

J’ai donc décidé d’officialiser un léger changement de cap pour Le Petit Émerillon. Disons qu’en plus de sa mission principale de promouvoir une identité francophone nord-américaine forte et de se pencher sur les débats de la société francophone, il se donne une sous-mission… Celle d’ouvrir aussi une fenêtre donnant dans l’univers anglophone qui nous entoure… un univers qu’il faut aussi apprendre à apprivoiser si nous voulons y tailler notre place habilement.

Je ne me gênerai donc plus pour vous parler de politique américaine et mettre des liens vers du matériel anglophone portant sur les aspects qui m’intéressent de la pensée anglo-saxonne mondiale (lire, surtout américaine) et son évolution.

[Note: Plus de profondeur sur ce "changement de cap" dans le prochain billet: Pourquoi "Le Petit Émerillon". J'ai décidé de morceller... ]


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2007/12/05 16:32

Les coups bas d’Hillary

La campagne d’Hillary Clinton commence à faire dans la grosse marde sale contre Barack Obama qui continue à prendre du poil de la bête en Iowa.

C’est un blogueur qui fait éclater le scandale:

Over the past week or so, I have received two of the most hateful hit pieces on Obama parroting right wing talking points. One was forwarded to me from a Clinton county chair. The other was from a person who claimed to be a former Obama supporter, but a little work with Google revealed she had been posting pro-Clinton comments for several months on websites covering the campaign.
They both repeat the Obama/Osama crap, andand the “madrassa” charges. And there is the conclusion that Obama is a mole whose intention is to make a Muslim revolution in the US.

Blogosphère 1, Organisations corrompues 0.


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2007/11/12 20:47

L’art du discours politique

Des nouvelles de l’autre coté de mon cerveau…

Il y a une vieille tradition en politique américaine, du coté Démocrate, de tenir un souper bénéfice annuel à travers le pays afin d’amasser des fonds pour les associations locales du Parti Démocrate. On nomme cette journée (tenu à une date plus ou moins arbitraire à chaque année) Jefferson-Jackson Day En l’honneur de deux grands présidents démocrates de l’aube de la république, Andrew Jackson et Thomas Jefferson.

Mais une fois tous les quatre ans, en Iowa, quelque temps avant les Iowa Caucuses, l’étrange processus démocratique par lequel l’état, avant tous les autres, choisi lequel des candidats à la presidence il appuiera, le souper bénéfice de la capitale, Des Moines, est un gigantesque évenement qui réunit tous les candidats démocrates qui doivent tour à tour faire un discours.

L’évenenement réunissant 9000 personnes se tenait samedi dernier et depuis, tout le monde ne cesse de parler du discours de Barack Obama qui, semble-t-il, a volé la soirée.

À date, le candidat (mon favori) décevait lors des débats… pendant que Hillary Clinton impressionait sérieusement. Et jusqu’au dernier débat, où elle s’en est plutôt mal tirée, le narratif médiatique ambiant était que sa place comme candidate à la présidence était assurée. Chose qui se vérifiait dans les sondages.

Mais depuis le dernier débat, Mme Clinton semble perdre du terrain au profit d’Obama en Iowa et au New Hampshire, les deux premiers états à se prononcer dans le processus et donc traditionellement les plus importants.

La campagne de M. Obama, qui jusqu’à récemment trainait de la patte derrière Mme Clinton, n’ont cesse de dire que cette course est comme un marathon et que leur candidat conserve ses forces…

Je crois qu’il vient de se lancer dans un sérieux sprint.

M. Obama, recrue plutôt inconnue lorsqu’il donna ce discours si mémorable au congrès d’investiture de John Kerry en 2004, fut depuis entrevu comme un candidat potentiel sur la force de ce seul discours et du message incarné par celui qui l’a livré.

Samedi soir, il a rappelé à ses partisans (et à tout le monde, je crois) ce qu’ils ont vu en lui:



YouTube - Barack Obama’s Speech at the Jefferson Jackson Dinner

Quel discours! Il me semble que ma génération n’a pas encore connu de politicien aussi inspirant… je croyais que c’était quelque chose d’une autre époque… Décidément, M. Obama est taillé pour les grandes foules.

En souhaitant qu’il sache exploiter ce nouveau momentum.


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2007/11/12 18:10

Politique et intégrité

Je vous ai laissé un peu en suspens depuis vendredi soir. En fait, la journée de samedi était beaucoup trop intéressante pour que j’aie le temps de vous écrire. Puis, quand est venu le temps de réfléchir à ce que je pourrais bien vous dire d’intéressant sur ce qui s’est passé à ce congrès, autre que de répéter ce qu’en ont dit les médias, je me suis rendu compte que les seules choses vraiment intéressantes que j’avais envie de vous dire étaient des anecdotes de coulisse et des impressions qui seraient inévitablement reprises (et trafiquées) par les médias sous l’angle: “Un militant révèle que…” ou “Un militant critique le parti…” ou quelque chose du genre.

Continuer la lecture…
J’avoue avoir été tenté par l’idée du trafic que ça aurait pu apporter à mon blogue, mais je m’en voudrais d’aider les médias à taper injustement sur un maire et un parti qui, selon moi, ne le méritent pas.Autrement, je pourrais vous dire plein de bonnes choses sur ce parti… qu’il commence enfin à avoir une certaine maturité… qu’on a enfin l’impression qu’il appartient à ses militants… que la commission des jeunes prends enfin sa place… et que les vieux en sont heureux.Je pourrais vous dire que je crois que nous avons en place la meilleure administration municipale de l’histoire moderne… que je trouve que Gérald Tremblay est l’homme qu’il faut pour mener la métropole à bon port. Je pourrais vous dire plein de choses du genre et je serais sincère.

Mais en tant que militant, quelle crédibilité puis-je avoir?

Je suis incapable de vous en parler sans me censurer dans l’intérêt du parti et cela me coupe d’un sens d’intégrité qui semble être essentiel à ma capacité d’écrire (publiquement).

Je n’ai pas encore réussi à résoudre ce conflit interne…

Mais ça m’empêche de bloguer.

J’ai donc décidé de ne pas en parler et de passer à autres choses.


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2007/11/09 19:00

En direct du congrès

19:06 : Je n’ai pas vraiment le temps de vous parler… on se demande où je suis. J’ai trouvé une connection gratuite (à condition de passer par une pub initiale) mais je dois aller à l’autre bout de l’édifice pour y accéder. [soupir] À quand le jour où l’idée d’installer une connection internet sans-fil spécialement pour les congressistes ira de soit? Enfin…

Si j’ai le temps je vous livrerai mes impressions…

Je retourne… c’est silencieux tout d’un coup… je crois que ça commence.


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2007/11/09 16:01

Congrès Union-Montréal

Je serai au congrès d’Union-Montréal toute la soirée et toute la journée demain. Je ne pourrai donc pas m’adonner à bloguer à mon rythme habituel. Peut-être vous enverrais-je quelques missives en direct du congrès, si j’ai accès à une connection sans-fil décente… sinon, je vous en parlerai dimanche.

À bientôt.


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2007/11/02 14:45

Présence du Français: Agir d’une position de force

Ce billet est inspiré et fait suite à la discussion qui a lieu sur le blogue de Renart L’éveillé, dans un billet où il nous explique pourquoi il ne peut pas signer la lettre ouverte « Québécois dits “de souche” contre l’intolérance »

La polémique tourne autour du point trois de la lettre qui s’oppose à l’idée d’un test de Français pour l’obtention d’une citoyenneté québécoise.

Je tiens à dire que je supporte cette idée et que mes problèmes avec le projet de loi 196 se situent ailleurs. J’ai expliqué ma position ici et dans les commentaires du billet de Renart.

Je ne cherche plus à convaincre Renart de signer la lettre. (Je relis le point trois et je suis assez inconfortable avec le fait que j’y ai associé mon nom. Mais je l’ai fait pour l’ensemble du propos)

Sauf que la discussion m’a poussé à vouloir clarifier mes positions sur la question de la langue. Surtout après ces deux commentaires de Renart:

Dans le fond, tout ce que je dis, c’est qu’il ne faut pas baisser les bras et j’ai l’impression que vous essayez de m’en convaincre…

Et:

encore, à vous lire, ça me donne une autre bonne raison d’être borné, juste pour faire contrepoids. Si la majorité des francophones se disent qu’il n’y a pas de problème, quand il y en aura un sérieux, il sera trop tard… J’ai même l’impression qu’il est déjà trop tard : pour la majorité, vouloir protéger le français est considéré comme raciste, xénophobe et intolérant. C’est comme ça que je me sens jugé de votre part.

Je livre ma réponse dans ce billet qui est écrit sous forme de lettre à Renart, mais qui se veut aussi une lettre ouverte à tous ceux qui ont la “défense” du Français à coeur.

———————————————

Renart,

Je suis loin de vouloir te convaincre de baisser les bras. Bien au contraire.

Contrairement à toi et à Eric, le concept de citoyenneté québécoise en est un auquel je réfléchis déjà depuis un bout de temps et qui me tenait à coeur bien avant qu’il soit question de ce projet de loi particulier. Ce concept fait partie de mes nombreuses idées de progression hyper-gradualiste pour l’épanouissement de notre nation vers une souveraineté de facto dont la reconnaissance formelle ne deviendra alors qu’une formalité. Ma démarche en critiquant certaines dispositions de la loi dans sa forme actuelle et en dénonçant le mauvais timing de sa présentation en est une qui vise à sauver ce concept de la surenchère politique actuelle qui risque de le stigmatiser pour de bon. C’est parce que je veux son succès que je souhaite qu’il soit retiré et repensé.

De plus, je tiens à dire que le rayonnement du Français en Amérique est la cause qui me tient le plus à coeur. C’est la motivation numéro un derrière mon blogue. Le conflit linguistique est le combat de toute une vie pour moi.

Je te dirais même qu’ayant grandi (depuis l’âge de 9 ans) dans Côte-Des-Neiges et N.D.G. (aux frontières du West Island) j’ai passé presque toute ma vie à vivre et à évoluer sur les lignes de front de ce conflit.

J’irais encore plus loin en te disant que mes racines franco-ontariennes font de la lutte pour le français quelque chose qui est inscrit dans mon sang. (Les Québécois se “sentent” minoritaires et menacés dans leur identité, mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est que d’être vraiment minoritaires et de ressentir une volonté explicite et agressive d’assimilation de la part d’une culture dominante qui détient absolument TOUS les leviers du pouvoir)

Ma conscience de la dimension générationelle du conflit commence dès ma tendre enfance, alors que mon arrière grand-mère nous racontait comment, en 1918, elle et ses comparses ont renvoyé, poêle de fonte et rouleau-à-pâte à la main, l’inspecteur du gouvernement ontarien qui voulait s’assurer que l’enseignement ne soit pas dispensé “illégalement” en Français dans l’école de la paroisse.

À mon école secondaire (Saint-Luc) à quelques blocs de Montréal-West, là où commence le West-Island, où seulement 15% de la population étudiante était née au Canada (ce qui, dans ce coin de l’île, n’en fait pas tous des “de souche”) la question de l’avenir du Français en était une de tous les jours… de chaque instant.

Mon bilinguisme profond (je pense et rêve dans les deux langues) fait aussi de la lutte pour la prédominance du Français, un conflit qui se joue tous les jours au plus profond de mon âme.

Alors crois moi lorsque je te dis que j’ai le feu sacré lorsqu’il s’agit de me battre pour l’épanouissement du Français.

Et que je tiens autant (sinon plus) que toi à faire en sorte d’augmenter le poids du Français à Montréal comme partout ailleurs en Amérique où c’est possible. (Et il y a beaucoup à faire de ce côté.)

Mais, en effet, j’ai la prétention de croire que tout ce que j’ai énuméré plus tôt, mes origines, mon parcours, mes circonstances particulières… (combiné à un sens aiguisé de l’Histoire motivé d’abord par la question qui nous préoccupe)…me donnent une perspective et une profondeur d’analyse quand aux moyens qui sont propices à produire les meilleurs résultats ainsi qu’aux pièges à éviter dans cette entreprise.

Je ne prétends pas du tout posséder toutes les bonnes réponses, mais je suis convaincu d’avoir mis le doigt sur la bonne façon de se poser la question… que je formulerais comme suit: « Quels sont les moyens d’imposer le Français de façon à ce que ceux qui se le font imposer n’ai pas du tout l’impression de se le faire imposer et si possible qu’ils aient même l’impression de l’avoir demandé eux mêmes? » … Hmmm… je n’y avais jamais pensé comme ça avant, mais une autre façon de le dire serait que les meilleurs moyens à utiliser pour augmenter la présence du Français dans le “marché” linguistique sont ceux du néo-libéralisme tel que conçu par la gauche!

Bon. Je crois que je viens peut-être de me tirer dans le pied avec une partie de mon auditoire… Revenez! Je ne fais que de l’esprit.

Je reviens à mon propos.

Tu comprendras que mon approche consiste à trouver les moyens de maximiser les résultats tout en minimisant le plus possible (et c’est très important) le ressentiment de toute part. Car c’est là justement que se trouve le principal piège à éviter.

Aussi légitime que soit notre cause… Aussi sincère que soit notre approche… aussitôt que nous voyons poindre du ressentiment, du braquage de positions, etc… de l’autre côté, il faut à tout prix éviter de se laisser aller à notre propre ressentiment, tout justifié soit-il. Sinon on se retrouvent dans la situation que j’ai décrite plus tôt dans un autre commentaire où tout le monde a raison, plus personne ne bouge, la gangrène s’installe et plutôt que de s’approcher de notre objectif nous nous en éloignons, car il faudra nettoyer la gangrène avant de pouvoir à nouveau progresser.

Ah, mais pourquoi diable est-ce tout le temps nous et pas les autres qui devont rester sensible? et flexible? et gentil? et compréhensif? etc… etc…

Plusieurs raisons. D’abord, parce qu’en situation de braquage mutuel, la flexibilité nous donne l’avantage de pouvoir toujours redéfinir le terrain à notre avantage.

Mais surtout, parce que nous sommes les plus forts.

Le braquage de position est une stratégie utile (parfois nécessaire) seulement lorsqu’on est en position de faiblesse. Elle est très dangereuse et le plus souvent contre-productive lorsqu’utilisée d’une position de force, c’est-à-dire là où nous sommes en mesure d’imposer nos volontés à l’autre. Dès que nous nous trouvons dans cette situation, il faut être extrêmement habile et prudent. Celui qui, d’une position de force se braque et impose à l’autre partie ses volontés, se donne une victoire immédiate, mais illusoire et empoisonnée. Car il aura créé du ressentiment chez l’autre qui, s’il n’y est pas extrêmement sensible, reviendra lui exploser dans la figure et détruire les gains acquis. Le degré de noblesse et de justification légitime derrière l’initiative de la partie forte ne changera en rien le montant de ressentiment créé par son imposition. Pire, plus le sentiment de légitimité est fort, plus il court le risque de nous aveugler au ressentiment qu’il génère. (voir États-Unis d’Amérique)

Mais je sens déjà ta frustration… Nous ne sommes justement pas dans une position de force! Nous baignons dans une mer anglo-saxonne, collé à la capitale mondiale de l’hégémon marchand, globalisant et anglicisant qui domine notre ère, nous n’avons pas le choix que de nous braquer à un moment donné ou l’autre, te dis-tu.

En effet, c’est complexe. Il faut comprendre que notre situation particulière fait que nous avons les deux rôles et que la légitimité de notre cause (et surtout de notre ressentiment) fait qu’on tend à se mélanger de tactique selon la cible.

Du point de vue du citoyen non francophone, nous sommes les plus forts car nous avons entre nos mains l’instrument législatif. Il nous incombe alors, surtout lorsqu’on est sur le terrain sensible des questions identitaires, dont la langue fait partie, d’être ferme et catégorique dans l’élaboration de nos objectifs, mais infiniment sensible, flexible et surtout, agile dans les moyens qu’on utilise pour y arriver.

Alors, j’espère que tu comprends que ma critique n’est pas envers ton élan à vouloir défendre le Français. Bien que je préfère parler de promotion, de rayonnement et d’épanouissement que de “défense”, je suis avec toi à 100% là-dessus. Ma critique est seulement envers certaines tactiques que tu prônes pour y arriver et le fait que tu sembles laisser la légitimité de ton ressentiment guider ta stratégie et t’aveugler aux obstacles que ça produit sur le terrain. Tu tombes dans le piège du fort qui se braque.

Mon acharnement vient du fait que de mon point de vue, se braquer sur nos positions lorsque nous créons trop de ressentiment chez ceux sur qui nous avons la main haute, nous fait reculer au lieu d’avancer et rend les avancées futures encore plus difficile. Je m’acharne parce que je le perçois comme faisant du tord à la cause qui m’est la plus chère: La consolidation et l’épanouissement du fait Français en Amérique du Nord.

Qu’est-ce que je propose, alors, tu demandes?

Il n’y a pas de remède miracle, il faut multiplier les initiatives, mesurer sobrement les résultats, rester vigilants, encourager ce qui fonctionne, modifier ce qui produit du ressentiment de façon à le contourner ou mieux encore, à le détourner à notre avantage… insister sur ce qui rassemble, aplanir ce qui divise, toujours être prêt à modifier notre approche selon les circonstances et surtout, surtout ne jamais se braquer et dire que nous sommes intraitables (même lorsque nous le sommes) Il faut, en somme, agir comme une culture dominante consciente du pouvoir qu’elle détient et sensible au ressentiment inévitable qu’elle génère par le simple fait de sa dominance.

J’ai toujours cru que la culture francophone d’Amérique, grâce à ce double statut réel d’être à la fois culture dominante à un niveau de réalité et dominé à un autre, était l’une des mieux placées au monde pour vraiment bien comprendre ce jeu des cultures et qu’elle pourrait ainsi ainsi se tailler une place de choix dans l’étrange échiquier culturel que nous annonce le processus aplanissant de mondialisation économique et de démocratisation de l’information en cours aujourd’hui.

Mais pour cela, il faut qu’elle apprenne à apprivoiser son pouvoir réel et à l’utiliser habilement. Il faut qu’on arrête de penser et d’agir en dominé quand on joue sur le plan dominant.

J’irais même plus loin, ce n’est qu’en adoptant les stratégies d’une culture qui est en position de force (même lorsque nous ne le sommes pas vraiment) que nous réussirons à nous affranchir de ce qui reste de notre position de faiblesse réelle. Et être en position de force signifie ne pas se laisser aller à la peur (même lorsqu’il y a bonne raison) et comprendre que le dernier mot nous appartiens et que nous pouvons donc nous permettre d’être magnanimes pour arriver à nos fins.

Agir en dominant ne veut pas dire, par-contre, de répéter les erreurs des autres cultures dominantes. Je lève les yeux au ciel à chaque fois que j’entend un nationaliste dire quelque chose du genre: « Pourqoi on prendrait pas exemple sur le Canada Anglais? Eux se sont pas gênés pour nous imposer tel ou tel truc. Pourquoi nous on pourrait pas faire la même chose à l’intérieur de notre espace à nous? » Hé! Ho! Le nationaliste… toi, aujourd’hui, est-ce que tu ressens une loyauté quelconque envers le Canada Anglais? Non? C’est donc que ça pas vraiment marché leur affaire… Pis tu veux qu’on fasse la même chose? Trouvez l’erreur.

C’est vrai qu’au fond nous ne partageons pas exactement la même analyse des dangers et des solutions. Pour ma part, après avoir passé une vie à naviguer le cas de Montréal, je trouve que la situation ici est plus ou moins “sous contrôle.” Il faut rester vigilant et il y a beaucoup à faire pour accélérer la cadence… mais je crois sincèrement que nous sommes sur la bonne voie. Je suis beaucoup plus préoccupé par le sort du Français à l’extérieur de nos frontières et j’aimerais beaucoup convaincre mes concitoyens québécois qu’il nous appartient à nous de nous en occuper. Plus le Français rayonne ailleurs en Amérique, plus il sera en sécurité ici.

En terminant, j’espère que tu auras compris que je ne suis pas de ceux qui prétendent simplement que tout va bien et qu’on a qu’à laisser les choses aller d’elle-même. Que mon but n’est pas de te faire baisser les bras, mais seulement de te faire changer de perspective dans ton analyse et de stratégie pour atteindre les buts que nous partageons.

Quand au fait qu’on te fait sentir comme un xénophobe raciste à chaque fois que tu parles de défendre ta culture…

Welcome to the wonderful world of dominant cultures, my friend. Get used to it, we just can’t win on that one. It’s best to just be gracious about it. After all, we are on top.


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2007/10/29 11:32

Une autre sarkozerie

Le reportage intégral de 60 Minutes diffusé hier où l’on voit Sarko quitter le plateau (et mettre en pièce son attaché de presse) est ici.

Ils ont quand même réussi à en faire un portrait intéressant de cet homme d’État qui, pour le moins dire, sort de l’ordinaire…

Ça fait longtemps qu’on en a pas eu un aussi entier et imprévisible… On dirait un genre de mélange entre Churchill et Trudeau… mais en (beaucoup) plus immature.


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2007/10/18 22:59

Ça me passe par la tête, comme ça…

À 36 ans, je commence à penser que je suis parmis les « vieux » dans notre petite sphère de discussion…


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2007/10/18 19:33

Les blogues… un potentiel encore embryonnaire

Le plus intègre de nos blogueurs partisans, David Chrétien, nous a livré, il y a peu de temps, sur son blogue « personnel, » (je ne savais pas qu’il en avait un) un papier d’une grande qualité sur la force et l’importance des blogues.

Citation de choix:

En plus, le blogue sert de lieu d’échanges et de discussions politiques qui se font maintenant plus rare dans la société. Il ne se fait plus, depuis longtemps, des échanges en lien avec la politique sur les balcons d’églises, des assemblées de cuisines. Celles-ci se déroulent donc ailleurs, dont pour la plupart, sur les blogues et sur les forums de discussions.

J’espère que le chef de son parti l’a lu. M. Dumont a raison de dire que la vrai politique se joue encore « sur le terrain. » Mais la chose à comprendre est qu’Internet est une nouvelle composante (réelle) du terrain qui est appelé à prendre de plus en plus d’importance… et que le changement se fait à un rythme tel en rapport aux échéances électorales que de ne pas y porter une attention particulière à ce stade-ci de son évolution est assez suicidaire pour toute organisation politique qui veut durer.


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2007/10/13 19:33

Entre deux chaises

Je dis souvent que je suis ni à gauche ni à droite. Eh bien, voici un test qui le prouve.

Suite à une discussion stimulante avec Renart Léveillé provoqué par ce billet qui s’est poursuivie sur son blogue, puis dans les commentaires de ma réponse, Il exprime la curiosité de voir où je me situe sur le graphique de political compass.

Alors voici. Lorsque je réponds au test alors que ma tête est encore dans la dynamique d’expliquer mes positions à Renart (et à Sgt Scott), qui sont, comme presque tous les blogueurs que je respecte, des gens nettement à gauche de moi, j’obtient ceci:

Economic Left/Right: 0.50
Social Libertarian/Authoritarian: -3.49

Mais si je me « calme le pompon » un peu et que je respire… quelques heures plus tard, j’obtiens ceci:

Economic Left/Right: -0.25
Social Libertarian/Authoritarian: -2.87

Chose interessante, mon coté gauche est plus autoritaire que mon coté droit… ce qui cadre assez bien avec ma conception des choses.


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2007/10/05 11:04

Coincés!

Youpi! On va avoir des élections!

J’aime ça moi, des élections…

(Auncun lien avec mon billet d’hier)


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