“Mac is back. But Huck is not f*cked.”
-Stephen Colbert résumant la soirée d’hier pour les Républicains
Billets tagués ‘parti républicain’
2008/02/06 23:41
Citation du jour
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2008/02/06 14:16
CNN vs MSNBC


Hier, je vous recommandais de suivre la soirée des primaires sur MSNBC plutôt que CNN. Après avoir lu ce billet de Stéphane W, où il nous rapelle à quel point CNN dedmeure LA référence pour tous les autres services de télé dans le monde, j’ai cru bon d’approfondir les raisons de ma préférence pour la petite chaîne rivale.
Outre le fait que CNN demeure le leader en ce qui a trait au rodage technique et à la capacité d’en mettre plein la vue au téléspectateur avec tous les effets spéciaux, les studios tapissés d’écran hyper-géants et le sérieux du contenu, la différence principale entre les deux chaînes tient à le teneur de l’équipe.
CNN est une chaîne journalistique qui tente de réunir les plus grands talents dans le monde de l’information. Le verni de sérieux et de neutralité journalistique (à la Bernard Derome) de ses chefs d’antenne fait parti de sa marque de commerce et elle y tient (une exception: Lou Dobbs).
Comme j’ai déjà expliqué, MSNBC est le fruit d’une alliance visant à mettre en commun les ressources télé de NBC News avec le savoir et les ressources Internet de MSN en se donnant le défi de brouiller la frontière entre la télé et Internet. Je qualifierais le résultat comme ceci:
L’info continue à l’heure de la blogosphère.
MSNBC, tout comme FOX News, le troisième joueur principal dans l’univers américain de l’info continue, brouille davantage la distinction entre l’information et l’opinion à laquelle CNN tient mordicus. Sauf que contrairement à FOX qui fait exclusivement dans la droite réactionnaire et la propagande Bush-Cheneyenne, MSNBC réunit des voix de tous les coins du spectre dans des discussions plus franches qu’à CNN mais plus honnêtes qu’à Fox, où tout le monde a sa place… un ton plus en ligne avec celui de l’Internet.
Comment ont-ils réussi? En formant une équipe qui mélange des journalistes à la CNN avec des anciens insiders mordus de politique… des passionnés qui aiment vraiment ça… (comme moi) et ça parrait.
Quelques exemples:
Chris Matthews: Une des deux têtes d’affiches principales du réseau. Matthews sort tout droit de l’ère Kennedy, ancien membre du Peace Corps, il fut un speechwriter pour Jimmy Carter puis le chef de cabinet de Tip O’Neill, le Speaker (Démocrate) de la chambre des représentant sous l’ère Reagan. Aujourd’hui, Il est l’animateur de Hardball, l’émission référence (souvent parodié à Saturday Night Live) de l’univers politique où la langue de bois est interdite. Son amour du franc-parler n’a d’égal que son amour du grand jeu de la politique et de ceux et celles qui ont le courage de s’y mouiller… son style agressif fonctionne parce que le plaisir visible qu’il prend à faire son travail est contagieux et que le profond respect qu’il porte aux politiciens des deux cotés est si visiblement sincère qu’il se fait tout pardonner. (Quoi que recemment la blogosphère de gauche s’est prise d’une sérieuse dent contre lui parcequ’il aurait fait des commentaires sexistes au sujet d’Hillary Clinton. À tel point qu’il fut forcé de “s’excuser”. En ce qui me concerne, il demeure le meilleur.)
Joe Scarborough: Un autre sympa qui ne fait pas dans la langue de bois. Ancien journaliste de Floride, Joe s’est lancé en politique (du coté Républicain) dans les années 90 et qui a été porté au congrès par la Gingrich Revolution qui redonna la chambre à son parti et escalada l’hystérie partisane de l’époque Clinton. Trop intègre (et grande gueule) pour une longue carrière en politique, Joe a gagné mon estime en 2004 alors que ses analyses et prédictions “sans illusions” n’avaient cesse de s’averer plus vraies que toutes les autres.
Keith Olbermann: L’autre tête d’affiche du réseau, Olbermann n’est pas un ancien politicien, mais est tout de même une sorte de transfuge dans le monde de l’information. Keith Olbermann s’est fait un nom comme journaliste sportif au style érudit, acerbe et incisif… avec tout un sens du punch! MSNBC l’a engagé en faisant le pari que son style était idéal pour le ton que la chaîne voulait donner à l’actualité. Ça fonctionne parce que le mec n’est clairement pas un deux de pique… et quand il fait dans le puéril, il y donne une dimension second et troisième degré qui fait sourir le téléspéctateur averti. Il s’est imposé autant comme la réponse de l’inteligentia de gauche à Bill O’Reilly, sa tête de turc préféré, que comme la version “real news” de Jon Stewart. Avec Countdown, sa revue quotidienne de l’acualité, il s’est gagné, depuis 2004, une estime sans pareille dans la blogosphère gauchiste (à la Daily Kos) en reprennant plusieurs de leurs causes à son émission alors que personne d’autre dans les grands médias ne voulaient en parler (comme les controverses électorales de 2004 en Ohio) et en ne lachant pas prise contre l’administration Bush. Aujourd’hui, il est un des “intouchables” du panthéon de la blogogauche. (Ce qui lui donne une certaine marge de manoeuvre face à ses patrons.)
…
Le choix entre CNN et MSNBC se résume, selon moi, comme suit:
Si vous voulez votre actualité politique livré par des professionnels de l’info s’adressant à M. et Mme. Tout-le-monde, allez chez CNN. Si, par contre, vous préférez votre actualité politique livré par des mordus de politique s’adressant aux mordus de politique, MSNBC est pour vous.
Demandez aux autres mordus et insiders de la politique américaine comme Michel C. Auger ou John Parisella quelle chaîne ils regardent.
…
Avant de terminer je veux vous livrer un exemple du style souvent plus informel qui fait le charme de la chaîne.
Au printemps dernier, baucoup d’encre coulait dans l’univers des classes bavardes pour reprocher aux chaînes d’info continues de consacrer tant de temps d’antenne aux histoires à la Britney Spears/Paris Hilton… la blague du moment était qu’il n’y avait plus de différence entre E!, le réseau dédié au vedettes, et CNN. À l’époque, MSNBC n’était pas tellement mieux que son compétiteur. La situation s’est résorbé depuis… en partie à cause de l’importance des élections, mais aussi en réaction à un certain ras-le-bol du public. Mais si on peut identifier un évennement qui a commencé à faire renverser la vapeur, il s’est produit à MSNBC alors que Mika Brzezinski la co-animatrice (que j’avoue trouver très hot) de Joe Scarborough se révolte un matin:
Oooooh… My kind of woman!
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2008/02/05 22:00
He Lives!!!
Malgré la très forte volonté des médias de l’exclure du portrait et d’avoir une lutte à deux, le candidat évangélique hétéroclite populiste Mike Huckabee (seul candidat approuvé par Chuck Norris! …et dont j’ai déjà parlé ici et ici) semble avoir performé beaucoup mieux que ce que tout le monde prédisait. Ils sont tous d’accord pour dire qu’il n’a toujours aucune chance de gagner, mais il ne pourra plus si facilement être ignorer. Il est maintenent le candidat du Sud.
Il est tombé dans mon estime récemment avec certains commentaires sur le drapeau sudiste, sujet controversé et symbolique en Caroline du Sud… En plus du fait que son programme est, dans les détails, complètement farfelu. Mais j’avoue qu’il continue à me fasciner. Cet homme réussit à imposer sa présence sur la scène nationale avec un budget qui ne représente qu’une fraction de ce que ses adversaires dépensent. Même Ron Paul ramasse plus d’argent que lui!
Je ne suis pas clair, encore, sur ce que ça signifie, mais ça n’est clairement pas rien.
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2008/01/08 12:31
Si la tendance se maintient…
Le New Hampshire vote aujourd’hui. Je vous laisse faire vos propres prédictions.
Les Démocrates:

Les Républicains:

…
La course démocrate devient de plus en plus prévisible… le méga-train Obama ne peut plus être arreté, les démocrates commence tous à comprendre que le moment est venu d’embarquer à bord du train ou de se faire écraser.
La course républicaine est beaucoup plus intéressante et volatile… McCain est réssucité des morts… Romney refuse de mourrir… et Huckabee (qui a récemment pris la tête à l’échelle nationale) les attend tous les deux au détour de la Caroline du Sud. Ma grande joie à date? La chute libre de Giuliani. Dieu soit béni, quoi qu’il arrive ce sera la fin de l’ère Bush et du règne des néocons.
Au départ, en théorie, la candidature de Giuliani était supposé être faite sur mesure pour le New Hampshire, un état plutôt républicain, mais à saveur plus libertarienne que la base du heartland (leur devise est Live Free or Die). Ils lui ont préféré McCain le franc-tireur. Giuliani est en chute libre partout. C’est fini pour lui, il est un mort-vivant.
Mon plus grand souhait pour ce soir? Voir Giuliani arriver 5e, derrière Ron Paul (un autre candidat phénomène important, même s’il n’a aucune chance). Ce sera symbolique, ils ont eu plusieurs prises de becs lors des débats et ce sera une victoire morale pour Paul.
Go Ron Paul!
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2008/01/04 19:19
Espoir
Hier soir, en Iowa, un état rural (et blanc) du midwest, les premiers citoyens américains ont pu se prononcer sur le choix d’un candidat présidentiel pour l’élection de novembre prochain. Les membres des deux partis politiques américains ont clairement rejeté le cynisme et le calcul politique des 30 dernières années et ont plutôt choisi l’espoir.
…
LE RÉPUBLICAIN:
Il se passe quelque chose avec ce que je crois qu’on aura de plus en plus de difficulté à appeller la “droite” religieuse aux États-Unis… une nouvelle génération se lève et veut parler davantage de pauvreté et de solitarité que de ce qui se passe dans les chambres à coucher des américains. Mike Huckabee, je crois, est en phase avec ce nouveau courant.
J’y vois une cause d’inquiétude pour l’aspect éminament religieux de la chose, mais aussi (et surtout) une cause d’espoir de par le fait que c’est au moins l’aspect positif de la religion qui est mis de l’avant.
Mais par dessus tout, j’y vois un pied de nez de la base envers une élite qui les manipulent cyniquement depuis des années et ça, ça me donne de l’espoir.
Go Mike!
…
LE DÉMOCRATE:
…
Wow! Je n’hésite pas à le dire, c’est le Kennedy de ma génération. Cet homme au parcours improbable a affronté la machine électorale la plus redoutable de l’histoire récente, celle des Clinton, et a gagné en défiant les instincts des meilleurs analystes (et les miens) qui l’empressaient de “passer à l’attaque” alors qu’il trainait loin derrière Hillary dans les sondages. M. Obama a préféré continuer à se concentrer sur son message d’espoir et d’unité et a laissé les Clintons se pendre avec leur propre corde. Il y a quelque chose chez Obama, au delà de la stratégie, qui semble le rendre invincible aux coups-bas de ses adversaires. Barack Obama nous prommettait une nouvelle façon de faire de la politique… contre les attentes des “vieux pros” qui se sont déjà brulés à ce genre d’exercice idéaliste et des cyniques qui les ont battu par le passé, il a livré la livré la marchandise.
Ce genre de mouvement, idéaliste, appelant au changement et s’appuyant sur les jeunes tend à s’écraser parce que le moment du vote venu, les jeunes ne sortent pas.
Cette fois, pour Obama, ils sont sorti comme jamais.
Pourquoi? Car il représente réellement la meilleure chance qu’a l’Amérique de tourner la page sur les “guerres culturelles” qui polarisent et empoisonnent l’arène politique depuis les années soixante et de finalement passer à autre chose.
La “Republican attack machine” est prète et tournera à plein gaz (provenant probablement de pétrole alaskais) contre Hillary Clinton… Il est beaucoup moins clair qu’elle sache quoi faire contre Obama. Il semble que dans son cas, l’enthousiasme n’y est tout simplement pas. (Voir la chronique de David Brooks dans le New York Times d’aujourd’hui)
Le cynique en moi continue de douter et de craindre, mais mon idéaliste intérieur est en amour.
Go Barack!








