Billets tagués ‘médias’

2008/02/23 15:24

La prime virale

La politique ne se joue plus comme avant. Internet change la donne. On en a eu un apperçu en 2004 avec le phénomène Howard Dean… des levées de fonds sans précédent… composées de petites contributions spontanées venant de gens de toutes les strates qui viennent visiter le site du candidat et y faire un contribution de leur propre gré, parce qu’ils y croient… un enthousiasme communicateur que l’on qualifie aujourd’hui de viral. À l’époque de Dean, la pénétration de la culture Internet dans la société était encore telle que le phénomène était réservé à une poignée de “early adopters”… encore à ses premiers pas, il n’avait pas encore la masse critique nécéssaire pour soutenir une longue campagne. Le journaliste Tim Russert à son émission d’aujoud’hui: “En 2004, quand je suis allé en Iowa et que j’ai vu tous ces jeunes deaniacs avec leurs tuques oranges, très peu d’entre eux était de l’Iowa. Ces jeunes avaient été expédiés à partir d’autres états [pour venir travailler sur sa campagne]. Cette année, je suis retourné en Iowa et les jeunes qui faisaient tourner la campagne Obama étaient tous des jeunes du terroir.”

Je postule aujourd’hui qu’Internet cré un nouveau phénomène puissant et incontournable en politique électorale, la prime à l’enthousiasme… ou la prime virale. (Il y a surement un meilleur nom, mais ça ne me viens pas. Je suis ouvert aux suggestions… n’importe quoi qui ne contient pas “2.0″ dedans, c’est trop facile et ça sera dépassé d’ici deux ans.)

Cette prime ne se gagne pas à coups de politiques compréhensives dans son programme ou à la façon de l’ère des grands médias, en parlant la langue de clip et en tapant à répétion sur les même sept où huit mots clés qui définissent l’essentiel de son message tel que distillé par la firme de marketing. Ces éléments demeurent tout de même essentiels à la victoire, nous sommes encore dans un monde de grands médias… et ça va prendre encore un renouvellement de génération avant que la culture webisée pénètre complètement et qu’on commence à en saisir l’ampleur des effets et des possibilités. Mais au matin du 21e siècle, si un candidat veut arriver à profiter de l’énorme avantage que procure cette prime, il doit arriver à conjuguer ces techniques avec l’ingrédient essentiel qui permet d’y acceder: Capturer l’imaginaire de l’électeur… faire appel à la partie de son âme qui le poussera à vouloir participer… à vouloir contribuer… ne serait-ce qu’en cliquant sur un lien de plus.

Cela donne un certain avantage aux campagnes idéalistes (de tout accabit) qu’elles n’avaient pas avant. Autrefois, cet idéalisme, cet appel à l’élan de l’âme finissait toujours par s’écraser contre la redoutable efficacité de l’inévitable machinerie cynique d’un système de diffision d’information de masse hyper concentré. Mais aujourd’hui, grâce à la puissance et la facilité d’accès d’un simple clic, grâce à cette toute nouvelle façon de diffuser l’information qui laisse tout passer et qui permet la coalescence de toutes les sensibilitées, cet élan de l’âme trouve un exutoir, un endroit pour s’organiser… se définir… un endroit pour prendre forme lui donnant une masse critique telle qu’il est ignoré par “la machine” à ses propres risques. Le candidat qui réussit à faire appel à cet élan détient un avantage redoutable sur celui qui ne l’a pas… tout machiné soit-il.

Ceci dit, la prime virale à elle seule ne suffit pas. Le problème des républicains cette année est que de leur coté, elle a été entièrement capturée par Ron Paul qui ne possède ni programme compréhensif (responsable) ni la capacité de jouer le jeu encore nécéssaire des grands médias, mais qui a réussi à toucher la corde sensible de la valeur qui conjugue le plus noble élan de l’âme des sympathisans républicains: La liberté. Tant que le parti républicain d’aujourd’hui ne se réconcilie pas avec cette valeur et ce qu’elle signifie au 21e siecle, sa part possible de la prime demeurera orpheline. 

Mais si l’on réussit, comme l’a fait Barack Obama, à conjuguer programme et habileté à faire la clip avec la capacité de faire vibrer les cordes sensibles de l’âme de ”la frange branchée” de la population, on devient très difficile à battre.

Comment saisir qu’un candidat n’a pas capturé la prime? Je vous laisse sur une réflexion de la journaliste Norah O’Donnell que j’ai entendue à la télé aujourd’hui:

“Ça m’a frappé que dans ses discours, Hillary Clinton répètait encore: “…et visitez mon site web à www.hillaryclinton.com…” et je me suis dit: Ça fait vraiment an 2000, ça. Qui aujourd’hui, s’il veut obtenir plus d’information sur le candidat, a encore besoin de se faire dire comment faire?”

Cette réflexion fut inspirée par ceci:


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2008/02/23 12:56

Citation du jour

“You don’t count out a Clinton until the last of the final credits rolls up the screen.”
- Eugene Robinson du Washinton Post, à l’émission Tim Russert, expliquant pourquoi les médias n’ont pas encore déclarés que Clinton était finie.

C’est vrai. On en est au générique, n’est-ce pas?


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2008/02/10 22:37

Obama prends le Maine

Un concours de plus aujourd’hui. Le Maine (24 délégués)

Obama 59%
Clinton 41%

Comme d’habitude, impossible de connaître la division exacte des délégués pour l’instant. l’AP nous estimes ça à 13 pour Obama et 8 pour Clinton, avec 3 encore à décider.

Les victoires d’hier étaient attendues par tout le monde et n’ont pas changé le script des médias. (Celui qui dit qu’ils sont nez à nez et que ça va continuer comme ça.) Celle d’aujourd’hui aussi était attendue sauf que la marge surprend, on croyait (et les courses précédentes ont démontré) que Clinton était plus forte que cela dans le Nord-Est. Voilà qui suggère des modifs au script; le buzz va recommencer en faveur d’Obama.

Y a-t-il momentum?


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2008/02/10 19:18

Le mystérieux système de primaires démocrate (ou la maison qui rend fou)

Ce matin, j’ai voulu vous offrir, cher lecteurs, l’information de la meilleure qualité possible, alors j’ai cherché à trouver le décompte de délégués le plus précis et compréhensif qui soit, afin de vous faire part de l’état réel de la course à l’investiture démocrate à la suite des concours d’hier.

Au bout de deux heures de recherches et vérifications assidues, non seulement je n’étais guerre plus avancé, mais j’avais complètement perdu confiance en la validité des chiffres que je vous ai déjà cité.

Mes amis, si vous cherchez à comprendre pourquoi il n’y a pas deux organismes médiatiques qui vous présentent les mêmes chiffres quand au décompte de délégués accumulés après toutes ces élections, de grâce… oubliez ça! Vous vous y penchez à vos risques et périls… croyez-moi, j’en reviens… quiconque s’aventure à essayer de comprendre dans le détail le système d’attribution des délégués du parti Démocrate met en péril sa santé mentale… Vous connaissez la maison qui rend fou dans Les 12 travaux d’Astérix? Même effet:

Non, sérieusement les amis, si vous tenez vraiment à vous exercer l’esprit, prenez un crayon et un papier et essayer de calculer la 32 512e décimale du chiffre pi. C’est plus facile… et plus éclairant.

Et surtout qu’intrépide blogueur que je suis, j’ai fait le travail pour vous. Les parts de santé mentale que j’y ai laissé sont non négligeables, mais j’ai l’habitude.

La raison principale pour laquelle personne ne peut donner de chiffres précis est que cinq jours plus tard, il est encore impossible de savoir à qui une bonne portion des délégués en jeu dans les 24 concours de mardi dernier ont été attribués!!! Par exemple, au Colorado (55 délégués) nous savons qu’Obama en a 19 contre 9 pour Clinton, mais il en reste encore 27 qui ne sont pas encore attribué. C’est comme ça dans une demi-douzaine d’états. Les explications sont aussi diverses et uniques que les états en question… Chaque état a ses propres règles à l’intérieur de paramètres nationaux aussi flexibles qu’il sont compliqués. Le tout étant le résultat d’un système dans lequel on a tellement pris l’habitude d’identifier le gagnant dans les premières étapes et qui à été tellement modifié en fonction du fait qu’il ne se rend jamais au bout depuis 40 ans qu’il n’est tout simplement pas équipé pour une lutte sérrée et dynamique comme celle-ci. Soudainement, les organisations de différents états se retrouvent à dépoussierer et appliquer des règles qui, au fil du temps, était devenues complètement académiques à ce stade-ci de la course. Le résultat n’est pas toujours clair, même pour ceux qui l’applique.

L’autre confusion viens du fait que presque tous les médias n’isolent pas les délégués commis acquis à chaque candidat et incluent dans leurs totaux une estrimation de l’appui du candidat parmi les superdélégués… Selon moi, c’est tout à fait irresponsable… j’élaborerai davantage la-dessus dans ma série de billets intitulés: Le cauchemar de Howard Dean qui commence ici. La chose à reteneir pour l’instant est que, quoiqu’on vous dise, la seule donnée qui compte dans la dymamique actuelle est le nombre de délégués commis (pledged delegates) acquis par chaque candidat. Ce que le médias nous présente sont des informations qui seraient utiles si nous étions, comme c’est le cas depuis 40 ans, devant une course déterminé par le momentum… Mais cette fois, ça semble ne pas être le cas et là, plus personne se sait comment lire une vrai chasse aux délégués.

Pour ce qui est de savoir qui est en tête, voici les chiffres bruts au moment où je vous écrit: Parmi les 34 courses qui ont déjà eu lieu, Obama a récolté 936 délégués et Clinton en a obtenu 896. Il reste encore 128 délégués qui n’ont pas été attribués. Tout le monde s’entend pour dire qu’une fois qu’il le seront, Obama aura une avance se situant entre 50 et 60 délégués sur sa rivale. Ensuite, il reste encore 1 257 délégués à aller chercher répartis sur 22 courses d’ici le début juin.

Ça en prend 2 025 pour décrocher la victoire.

Avantage: Obama (mais on est vraiment pas sorti du bois)


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2008/02/09 16:56

L’art de dire n’importe quoi 2

Il me semble que quand on se prétend journaliste ou commentateur professionnel. On est sensé faire un petit effort pour rapporter les faits tels qu’ils sont au lieu de remplir les trous avec les fantasmes de son esprit. …Même dans son blogue.

Le journaliste de MSNBC qui a fait la bourde en question a été suspendu. Il n’a pas “perdu son emploi” comme le prétends, sans vérifier, M. Martineau.


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2008/02/09 16:16

MSNBC se met dans la m… avec les Clinton

Ah non.

Mon réseau d’infos politiques préféré s’est mis dans la m… jeudi soir dernier, peu après 18h00, lorsque David Shuster (pauvre David) commenta une histoire sur le rôle de Chelsea Clinton dans la campagne de sa mère en posant la question de la façon suivante:

“…but doesn’t it seem like Chelsea’s sort of being pimped out in some weird sort of way?”

Ai-je besoin de traduire?

J’avoue que j’écoutais (d’une oreille distraite) MSNBC en direct au moment où c’est arrivé et qu’en ce qui me concerne, je n’ai pas bronché. Ça ne m’est pas passé par l’esprit une seule seconde que je venais d’entendre quelque chose d’inacceptable ou controversé. Rien de plus qu’une façon imagée de poser une question tout-à-fait légitime. (Vidéo ici)

Ce n’est que le lendemain soir à minuit, après avoir passé la journée à ne pas porter attention aux nouvelles, que je décide de me taper la reprise de Countdown, question de savoir ce que j’ai manqué, et que je tombe sur ceci:

Maintenant, j’apprend que la campagne Clinton menace de boycotter le réseau MSNBC. (et même peut-être NBC News au complet!)

Glp! J’espère que ça va se résorber… je ne veux pas être obligé de me tourner vers CNN (beurk!) pour entendre le spin des têtes parlantes clintoniennes!

Mais surtout, pauvre David… il est vraiment le bouc émissaire dans cette histoire. Malgré son explication du lendemain matin et ses excuses officielles 24 heures après l’incident, la campagne Clinton n’a pas laché prise et il fut “suspendu de ses fonction” peu après avoir livré ses excuses en ondes.

Le problème est que David Shuster est sensé faire parti du coté “journalistes sérieux” de l’équipe de MSNBC. C’est ce qui permet aux Clinton (aux Clintons?) de s’en prendre au réseau en entier. Sauf qu’au moment de poser la question, il remplaçait l’animateur Tucker Carslon à l’émission qui porte son nom. Tucker est un chroniqueur coloré, reconnu pour son style irrévérencieux et ses opinions faisant nettement dans la droite libertarienne. Si Tucker avait été présent, il est fort probable qu’il aurait posé la question de la même façon (je parie d’ailleurs que la question était scripté par son équipe), sauf que venant de lui ça aurait tout simplement passé dans le beurre.

À tout le moins, la controverse aurait été les Clinton contre Tucker Carlson et non les Clinton contre MSNBC… et Tucker sait se défendre. Sauf que là, il reste silencieux et laisse son collègue Shuster avec le balon.

Pauvre David… il s’est jeté sur son épée au nom de l’équipe… en espérant que tout ça soit vite oublié.


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2008/02/08 23:33

Pourquoi les journalistes adorent McCain

Selon Will Wilkinson, c’est une histoire d’ados.


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2008/02/06 14:16

CNN vs MSNBC

Hier, je vous recommandais de suivre la soirée des primaires sur MSNBC plutôt que CNN. Après avoir lu ce billet de Stéphane W, où il nous rapelle à quel point CNN dedmeure LA référence pour tous les autres services de télé dans le monde, j’ai cru bon d’approfondir les raisons de ma préférence pour la petite chaîne rivale.

Outre le fait que CNN demeure le leader en ce qui a trait au rodage technique et à la capacité d’en mettre plein la vue au téléspectateur avec tous les effets spéciaux, les studios tapissés d’écran hyper-géants et le sérieux du contenu, la différence principale entre les deux chaînes tient à le teneur de l’équipe.

CNN est une chaîne journalistique qui tente de réunir les plus grands talents dans le monde de l’information. Le verni de sérieux et de neutralité journalistique (à la Bernard Derome) de ses chefs d’antenne fait parti de sa marque de commerce et elle y tient (une exception: Lou Dobbs).

Comme j’ai déjà expliqué, MSNBC est le fruit d’une alliance visant à mettre en commun les ressources télé de NBC News avec le savoir et les ressources Internet de MSN en se donnant le défi de brouiller la frontière entre la télé et Internet. Je qualifierais le résultat comme ceci:
L’info continue à l’heure de la blogosphère.

MSNBC, tout comme FOX News, le troisième joueur principal dans l’univers américain de l’info continue, brouille davantage la distinction entre l’information et l’opinion à laquelle CNN tient mordicus. Sauf que contrairement à FOX qui fait exclusivement dans la droite réactionnaire et la propagande Bush-Cheneyenne, MSNBC réunit des voix de tous les coins du spectre dans des discussions plus franches qu’à CNN mais plus honnêtes qu’à Fox, où tout le monde a sa place… un ton plus en ligne avec celui de l’Internet.

Comment ont-ils réussi? En formant une équipe qui mélange des journalistes à la CNN avec des anciens insiders mordus de politique… des passionnés qui aiment vraiment ça… (comme moi) et ça parrait.

Quelques exemples:

Chris Matthews: Une des deux têtes d’affiches principales du réseau. Matthews sort tout droit de l’ère Kennedy, ancien membre du Peace Corps, il fut un speechwriter pour Jimmy Carter puis le chef de cabinet de Tip O’Neill, le Speaker (Démocrate) de la chambre des représentant sous l’ère Reagan. Aujourd’hui, Il est l’animateur de Hardball, l’émission référence (souvent parodié à Saturday Night Live) de l’univers politique où la langue de bois est interdite. Son amour du franc-parler n’a d’égal que son amour du grand jeu de la politique et de ceux et celles qui ont le courage de s’y mouiller… son style agressif fonctionne parce que le plaisir visible qu’il prend à faire son travail est contagieux et que le profond respect qu’il porte aux politiciens des deux cotés est si visiblement sincère qu’il se fait tout pardonner. (Quoi que recemment la blogosphère de gauche s’est prise d’une sérieuse dent contre lui parcequ’il aurait fait des commentaires sexistes au sujet d’Hillary Clinton. À tel point qu’il fut forcé de “s’excuser”. En ce qui me concerne, il demeure le meilleur.)

Joe Scarborough: Un autre sympa qui ne fait pas dans la langue de bois. Ancien journaliste de Floride, Joe s’est lancé en politique (du coté Républicain) dans les années 90 et qui a été porté au congrès par la Gingrich Revolution qui redonna la chambre à son parti et escalada l’hystérie partisane de l’époque Clinton. Trop intègre (et grande gueule) pour une longue carrière en politique, Joe a gagné mon estime en 2004 alors que ses analyses et prédictions “sans illusions” n’avaient cesse de s’averer plus vraies que toutes les autres.

Keith Olbermann: L’autre tête d’affiche du réseau, Olbermann n’est pas un ancien politicien, mais est tout de même une sorte de transfuge dans le monde de l’information. Keith Olbermann s’est fait un nom comme journaliste sportif au style érudit, acerbe et incisif… avec tout un sens du punch! MSNBC l’a engagé en faisant le pari que son style était idéal pour le ton que la chaîne voulait donner à l’actualité. Ça fonctionne parce que le mec n’est clairement pas un deux de pique… et quand il fait dans le puéril, il y donne une dimension second et troisième degré qui fait sourir le téléspéctateur averti. Il s’est imposé autant comme la réponse de l’inteligentia de gauche à Bill O’Reilly, sa tête de turc préféré, que comme la version “real news” de Jon Stewart. Avec Countdown, sa revue quotidienne de l’acualité, il s’est gagné, depuis 2004, une estime sans pareille dans la blogosphère gauchiste (à la Daily Kos) en reprennant plusieurs de leurs causes à son émission alors que personne d’autre dans les grands médias ne voulaient en parler (comme les controverses électorales de 2004 en Ohio) et en ne lachant pas prise contre l’administration Bush. Aujourd’hui, il est un des “intouchables” du panthéon de la blogogauche. (Ce qui lui donne une certaine marge de manoeuvre face à ses patrons.)

Le choix entre CNN et MSNBC se résume, selon moi, comme suit:
Si vous voulez votre actualité politique livré par des professionnels de l’info s’adressant à M. et Mme. Tout-le-monde, allez chez CNN. Si, par contre, vous préférez votre actualité politique livré par des mordus de politique s’adressant aux mordus de politique, MSNBC est pour vous.

Demandez aux autres mordus et insiders de la politique américaine comme Michel C. Auger ou John Parisella quelle chaîne ils regardent.

Avant de terminer je veux vous livrer un exemple du style souvent plus informel qui fait le charme de la chaîne.

Au printemps dernier, baucoup d’encre coulait dans l’univers des classes bavardes pour reprocher aux chaînes d’info continues de consacrer tant de temps d’antenne aux histoires à la Britney Spears/Paris Hilton… la blague du moment était qu’il n’y avait plus de différence entre E!, le réseau dédié au vedettes, et CNN. À l’époque, MSNBC n’était pas tellement mieux que son compétiteur. La situation s’est résorbé depuis… en partie à cause de l’importance des élections, mais aussi en réaction à un certain ras-le-bol du public. Mais si on peut identifier un évennement qui a commencé à faire renverser la vapeur, il s’est produit à MSNBC alors que Mika Brzezinski la co-animatrice (que j’avoue trouver très hot) de Joe Scarborough se révolte un matin:

Oooooh… My kind of woman!


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2008/02/06 10:59

Supermardi: La couverture médiatique

Selon Stéphane W.

Bonne lecture.


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2008/02/05 22:00

He Lives!!!

Malgré la très forte volonté des médias de l’exclure du portrait et d’avoir une lutte à deux, le candidat évangélique hétéroclite populiste Mike Huckabee (seul candidat approuvé par Chuck Norris! …et dont j’ai déjà parlé ici et ici) semble avoir performé beaucoup mieux que ce que tout le monde prédisait. Ils sont tous d’accord pour dire qu’il n’a toujours aucune chance de gagner, mais il ne pourra plus si facilement être ignorer. Il est maintenent le candidat du Sud.

Il est tombé dans mon estime récemment avec certains commentaires sur le drapeau sudiste, sujet controversé et symbolique en Caroline du Sud… En plus du fait que son programme est, dans les détails, complètement farfelu. Mais j’avoue qu’il continue à me fasciner. Cet homme réussit à imposer sa présence sur la scène nationale avec un budget qui ne représente qu’une fraction de ce que ses adversaires dépensent. Même Ron Paul ramasse plus d’argent que lui!

Je ne suis pas clair, encore, sur ce que ça signifie, mais ça n’est clairement pas rien.


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2008/02/05 17:50

La meilleure soirée d’élection en ville…

…est chez

MSNBC

J’ai découvert ce réseau de cable américain lors des présidetielles de 2004 (où il a éttoffé sa réputation comme le rendez-vous des vrais mordus de la politique)

Malheureusement, dans le marché québécois, il n’est encore disponnible que chez Vidéotron et encore là, seulement sur le service numérique (Illico).

[Un jour, il faudra que quelqu'un m'explique comment il se fait que MSNBC qui est le produit d'une alliance entre le réseau NBC et MSN (Microsoft) n'est pas disponnible via le service de télé de Bell qui possède une alliance avec MSN pour son portail Sympatico. Et la convergence dans tout ça? ...En tout cas, c'est la seule chose qui me garde chez Vidéotron]

Mais heureusement, MSNBC s’est aussi donné la mission d’être un pont entre le monde de la télé et celui de l’Internet et ils offrent leur feed direct sur leur site. Une bien meilleure qualité que ce que nous offre RDI.

Si vous êtes confortable avec la langue de Shakespeare et que vous planifiez vous tapez les primaires ce soir, je vous le recommande fortement. C’est vraiment, à mon avis, une coche au dessus de CNN (dans le contenu).

PS: Ne soyez pas surpris si vous tombez sur un étrange reportage pas rapport… soyez patient, c’est ce qu’il font quand le coté télé passe en pause publicitaire.


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2007/11/24 13:08

La première étoile de la soirée…

…m’a été accordé par Rima Elkouri de La Presse dans sa chronique de ce matin sur le premier forum public de la commission Bouchard-Taylor à Montréal qui s’est tenu mardi dernier dans «le très multiethnique quartier Côte-des-Neiges».

Voici comment elle termine son papier:

Il y a eu aussi ce jeune homme, Alain Berger, qui s’est décrit comme un Québécois de racine canadienne-française vivant dans Côte-des-Neiges. Il a demandé ce qui était arrivé à la culture d’ouverture dont il croyait être l’héritier avant de suggérer aux commissaires d’accorder plus de poids à la parole des jeunes, bien différente de celle de leurs aînés qui ont mené un combat pour se libérer du joug de l’Église. «L’inquiétude exprimée par rapport aux accommodements, surtout par la génération qui me précède, j’aimerais y répondre en disant : votre combat est fait. Maintenant, nous, on va s’occuper de l’intégration. On a une façon de faire qui est accommodante, justement.»Je pense que ce jeune homme a mis le doigt sur un élément-clé souvent éclipsé dans ce débat. Plus qu’une guerre de mots opposant le «Nous» au «Eux», le conflit est surtout générationnel au sein même du Nous majoritaire. C’est la seule chose qui me rassure dans ce débat qui tourne en rond.

Je lui accorde la première étoile de la soirée, ex aequo, disons, avec le monsieur du Bangladesh qui n’a jamais lapidé sa femme.

Ma prestation est ici.

Je suis plus que flaté.

Sauf que si on ajoute ça à cet article de Stéphane Baillargeon du Devoir… Continuer la lecture…pour quelqu’un comme moi qui souffre déjà de façon naturelle du syndrôme de la tête enflée, ça commence à devenir dangereux…Mais narcissisme à part, je lève mon chapeau à la chroniqueuse qui, à mon avis, transmet très bien l’atmosphère généralement «bon enfant» de la soirée, malgré «quelques discours troublants».Puis ce passage est un bijou:

Comme partout ailleurs, les gens se présentaient en disant leur nom, un nom à traits d’union ou pas, qui remonte parfois jusqu’en 1534. Et, comme partout ailleurs, on notait la même tendance à trembler en tenant sa feuille d’une main et le micro de l’autre. Nous n’avons pas, ici plus qu’ailleurs, peur des étrangers. Mais pour ce qui est de la peur de prendre la parole en public, il semble y avoir consensus.

Elle retiens plusieurs des même moments forts que Valérie Dufour du JdM dont j’ai déjà souligné l’article.

Un de mes préférés:

Un immigré qui vit ici depuis peu a dit qu’il n’y avait que deux choses qui le dérangeaient au Québec: «La semaine dernière, la Ville de Montréal a remorqué ma voiture. Et il n’y a pas assez de matches de foot à la télé.» Sur un ton plus sérieux, il a ensuite réclamé que seuls les accommodements qui ne coûtent rien à la majorité soient accordés.

Et celui-ci:

…on a surtout eu droit à des plaidoyers d’ouverture et à quelques éclats de rire. Un homme originaire du Bangladesh a commencé son discours en déclarant: «Je voudrais dire que je n’ai jamais lapidé ma femme.» Il est ensuite passé à l’anglais pour inviter les immigrés à apprendre comme lui le français.

Je suis vraiment content de voir que l’atmosphère et le sentiment général de la soirée ait été souligné dans les trois principaux journaux. Ça fait contraste à cet article de Lia Lévesque de la Presse Canadienne qui a été repris un peu partout, dont Cyberpresse et Canoë… et qui ne met l’accent presque entièrement que sur les aspects négatifs de la soirée.

Et surtout, ça fait contraste la couverture de The Gazette qui n’ont mis l’accent que sur la xénophobie et le conflit linguistique.

Je ne dis pas que ce conflit est inexistant ou qu’il n’en fut pas question, mais ça n’était vraiment pas le thème de la soirée. Je reprends là-dessus Mme. (Mlle?) Elkouri qui souligne ceci:

Les médias ontariens parlent davantage de nos controverses ethniques que des leurs. C’est sans doute moins compromettant. Mais comme le soulignait le conseiller municipal Marvin Rotrand, qui a pris la parole au forum public de Côte-des-Neiges, il ne faudrait surtout pas croire tout ce qu’on raconte. «Vous lisez des grands titres sur le Québec. Ça ne reflète pas le Québec», a-t-il dit en s’adressant à ses compatriotes anglophones. Il a été applaudi. Mais a-t-il été entendu par ceux à qui il lançait ce message? Je n’ai vu ses propos repris par aucun journal anglophone le lendemain.

Marvin Rotrand est un politicien municipal très connu et aimé dans la communauté anglophone montréalaise. Il fête, cette année, 25 années consécutives comme élu municipal, un exploit. Mais même The Montreal Gazette n’a pas voulu citer son message d’ouverture envers les francophones.

Shame on you, Montreal Gazette.


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2007/11/21 23:59

Melting pot, salade ou poutine?

Je suis en train de scruter la couverture médiatique de la soirée d’hier à la commission Bouchard-Taylor et je suis assez amusé de voir que le J de M m’a (anonymement) cité alors que j’ai spontanément lancé quelque chose tout haut en réponse à un mot d’esprit que faisait M. Bouchard… (Je ne pensais pas l’avoir dit si fort que ça, mais il faut dire que j’étais assis pas mal près des journalistes)

C’est de cette façon imagée qu’un des participants au premier forum des citoyens deMontréal a résumé sa pensée sur la diversité culturelle.«Le monde change rapidement et la société québécoise doit s’adapter. Voulonsnous être un melting-pot ou un bol de salade? Je pense que c’est mieux d’avoir de la laitue, des tomates, des olives et du parmesan», a affirmé Ehab Abouheif, enseignant à l’Université McGill d’origine égypto-palestinienne.

Cette analogie a fait sourire le commissaire Gérard Bouchard, qui a demandé à la foule si on pouvait, au lieu de la salade, être une poutine, car c’est un plat plus québécois. «Il n’y a pas assez d’ingrédients», a crié un participant.

Heh.

Il faut dire aussi que je n’ai jamais été un grand amateur de poutine.

L’article en entier met l’accent sur d’autres moment qui m’on fait sourire hier.

Dont celui-ci:

«Je suis ici depuis peu et, jusqu’ici, il y a deux choses qui me dérangent. La semaine dernière, la Ville de Montréal a remorqué ma voiture et il n’y a pas assez de matchs de foot à la télévision», a blagué Abderrahman Khila.

Et ceci:

André Martens, un immigrant belge installé au Québec depuis 40 ans, a rappelé aux commissaires que les nouveaux arrivants ne quittaient pas leur pays d’origine de gaieté de coeur. «On ne doit pas perdre notre curiosité. Présentement, on est prêts à aller à Marrakech pour boire du thé et manger du couscous, mais on n’est pas prêts à aller dans le Petit Maghreb. Pourtant, le thé sent aussi bon.»

Coup de chapeau à la journaliste qui a très bien résumé, à mon avis, l’atmosphère de la soirée.

…et je l’avoue, ça me surprend du J de M.

Oui, c’est vrai, je suis snob là-dessus.


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2007/11/12 18:10

Politique et intégrité

Je vous ai laissé un peu en suspens depuis vendredi soir. En fait, la journée de samedi était beaucoup trop intéressante pour que j’aie le temps de vous écrire. Puis, quand est venu le temps de réfléchir à ce que je pourrais bien vous dire d’intéressant sur ce qui s’est passé à ce congrès, autre que de répéter ce qu’en ont dit les médias, je me suis rendu compte que les seules choses vraiment intéressantes que j’avais envie de vous dire étaient des anecdotes de coulisse et des impressions qui seraient inévitablement reprises (et trafiquées) par les médias sous l’angle: “Un militant révèle que…” ou “Un militant critique le parti…” ou quelque chose du genre.

Continuer la lecture…
J’avoue avoir été tenté par l’idée du trafic que ça aurait pu apporter à mon blogue, mais je m’en voudrais d’aider les médias à taper injustement sur un maire et un parti qui, selon moi, ne le méritent pas.Autrement, je pourrais vous dire plein de bonnes choses sur ce parti… qu’il commence enfin à avoir une certaine maturité… qu’on a enfin l’impression qu’il appartient à ses militants… que la commission des jeunes prends enfin sa place… et que les vieux en sont heureux.Je pourrais vous dire que je crois que nous avons en place la meilleure administration municipale de l’histoire moderne… que je trouve que Gérald Tremblay est l’homme qu’il faut pour mener la métropole à bon port. Je pourrais vous dire plein de choses du genre et je serais sincère.

Mais en tant que militant, quelle crédibilité puis-je avoir?

Je suis incapable de vous en parler sans me censurer dans l’intérêt du parti et cela me coupe d’un sens d’intégrité qui semble être essentiel à ma capacité d’écrire (publiquement).

Je n’ai pas encore réussi à résoudre ce conflit interne…

Mais ça m’empêche de bloguer.

J’ai donc décidé de ne pas en parler et de passer à autres choses.


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2007/11/07 19:47

C’est noël!

19:46 : En fait, je suis surpris que ça ait pris tant de temps, mais je viens d’être frappé par ma première pub de noël. Une pub américaine à MSNBC …pour des ordis Dell. Ironiquement, je vous écrit d’un portable Dell.

Youpi! C’est l’ouverture du festival annuel de la consommation!!!


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2007/10/05 11:19

Comment?

Wow! On est plus des « separatists, » on est des « secessionists » maintenant?

Oh, please… c’mon guys. You’re not helping.

Oups! J’ai-tu dis « on » moi là?


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2007/10/01 20:31

Citation de la semaine

Denis Bolduc à Tout le monde en parle:

Monsieur Péladeau, père, il disait: « Mon ti-gars, fais-moi faire de l’argent, clisse, pis tu vas en faire. » Le fils, lui, il a plutôt tendance à partir avec la malette et le cash.

En effet, Le père était le genre de capitaliste que j’aime… Le fils, pas tellement.

Le clip:

L’entrevue en entier est ici ici.


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2007/10/01 19:38

MédiaMatinQuébec à Tout le monde en parle

MediaMatin Québec : Ce blogue appuie!

L’entrevue entière de Denis Bolduc…

…parcequ’il faut que tout le monde en parle.

[Mise-à-jour (3 octobre): Google Video a retiré l'extrait de l'entrevue intégrale suite (j'imagine) à une plainte de Radio-Canisse... À ce que je sache, ils ne font ça que lorsque le propriétaire légitime des droits d'auteurs loge une plainte en bonne et dû forme. Je ne comprends pourtant pas, en quoi la diffusion de cet extrait sur internet peut-il les priver de revenu?... ont ils l'intention de vendre des dvd de l'émission? Même à ça, n'ont ils pas compris qu'on leur fait de la pub gratuite? sheesh!

L'entrevue intégrale est maintenant sur YouTube, en deux parties. Voyons voir combien de temps cela durera. Sinon, elle peut être téléchargée à partir de mes propres serveurs.]


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2007/10/01 12:49

L’affaire Élodie G.-Martin: Mise-au-point de Radio-Can

Ça l’air que je ne suis pas le seul a avoir « acheté » l’identité d’ÉGM…

Mais je suis heureux de voir que la réflexion lancée par Tetoine ai été cité par M. Schnob. Elle est vraiment importante… et j’espère qu’elle fera son bout de chemin et que toute cette histoire aura contribué à créer un espace de discussion plus civilisé.


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2007/09/30 22:59

Les dessous …du Web 2.0 (suite)

Appelez-moi naïf mais moi, je me plaisais à croire qu’Élodie G.-Martin était vraiment une « fille de droite » pro-adéquiste et anti-péquiste engagée… Bon, il est vrai que je n’avais pas encore eu le temps de faire autre chose que de « fureter » son blogue… J’en suis encore à mes premiers pas dans la blogosphère québécoise et donc n’avais aucune idée des soupçons qui couraient autour de la nature réelle de son identité. …Mais j’avais tout de même hâte de m’attaquer plus sérieusement à son blogue. (Ce pourquoi je déplore sa disparition)

En tant qu’(ex)adepte de la blogosphère politique américaine et anglo-saxonne qui essayait de s’immiscer dans celle de mon coin et d’en identifier les joueurs principaux, j’avais tout de suite noté le blogue d’ÉGM comme étant un des « bons. » Comprenez-moi, je suis loin de dire que ce type de blogue représente un idéal à suivre (comme j’espère que le mien le démontre) mais dans le grand espace de la libre-expression qu’est ce phénomène que l’on nomme « blogosphère, » il avait certainement sa place. Il faut tout de même admettre que le type de moyen d’expression qu’est le blogue se porte plutôt bien au discours du type « franc-tireur, » …comme en témoigne le succès des blogues les plus populaires.

Et un(e) auteur(e) qui peut, du même souffle, me faire rire aux éclats et me faire enrager est une denrée rare… que j’apprécie énormément. Même s’il (elle) dépasse parfois des bornes que je considère personnellement infranchissables.

Il faut aussi admettre que la capacité de M. Morin à mobiliser la rage de toute l’hémisphère gauche de l’agora virtuel contre lui n’est pas à négliger… voilà un autre signe d’un blogueur de talent (dans cette niche particulière.)

Bon. Fin des fleurs.

Le pot maintenant:

Comme j’ai dit plus tôt, je n’avais aucune raison, lorsque je jetais un coup d’oeil à son blogue, de croire que la blogueuse en question était autre chose que comme elle se présentait: Une travailleure autonome de Montréal ultra-militante (au point d’en être incohérente) qui adorait talonner et vilipender ses ennemis péquistes et gauchistes avec un verbe acerbe et méchant qui frôlait (et parfois défonçait franchement) les limites de l’acceptable. Et en tant que tel, je l’appréciais.

Je l’avoue, au début, lorsque j’ai eu vent de toute cette histoire, (c’est d’abord le blogue d’ÉGM lui-même qui m’a pointé l’article du Devoir, vendredi matin) je trépignais comme un enfant le matin de noël. J’avais vraiment hâte de voir la blogueuse à la langue qui pique gérer cette controverse…

Mais plus j’ai lu les billets, (qui se succédaient plus vite que ma capacité à les absorber) plus j’ai appris sur le fond de l’histoire et sur la réelle identité de cette « blogueuse » qui me divertissait tant, (en bonne partie parce que j’aimais l’idée qu’une fille se cachait derrière un blog aussi combatif) plus je me suis senti trahi.

(Je dois aussi avouer qu’une bonne part de ce que j’ai lu depuis que la controverse a éclatée, me porte à croire que si j’avais eu la chance de lire ce blogue plus en détail, depuis plus longtemps, je serais peut-être parmi ceux qui célèbrent aujourd’hui son départ)

Mais bon. Le pseudo est de bonne guerre depuis longtemps, en publication. Et j’en était, à la fin de la journée, à commencer à écrire un billet à saveur satirique où je pleurais la perte de mes illusions tout en enjoignant M. Morin à s’assumer en tant que « blogueuse. »

sauf que le retrait total du blogue, en soirée, m’a complètement fait perdre mon sens de l’humour.

J’ai soudainement compris (ce que plusieurs savaient déjà) que j’avais vraiment affaire à quelqu’un qui se cachait derrière une fausse identité pour dire des bêtise que l’auteur réel n’avais pas le courage d’assumer.

Pire, j’en ai tiré la même conclusion que Claude Villeneuve: Ce blogue n’était pas que l’affaire personnelle de M. Morin, mais avait l’approbation de son parti qui a « tiré la plogue » dès que les « vrai » médias ont commencé à fouiner de trop près.

J’ai instantanément perdu tout le respect que j’avais pour ce blogueur.

C’est une chose de se donner un pseudo ou une identité (ou même une personnalité) Web qui facilite ou complémente ce que l’on a à dire, surtout si c’est piquant. C’en est une toute autre que de se cacher derrière un écran d’ordi pour insulter les gens avec la certitude qu’on ne peut pas nous retracer et avec l’intention de fuir avant que ça nous rattrape. La première est un signe d’esprit, la seconde… les seuls mots qui me viennent à l’esprit sont: lâcheté abjecte et ver de terre.

Cela m’a lancé dans une longue réflexion sur tout ce phénomène du Web 2.0, dont l’expression ultime est la tenue d’un blogue personnel mais qui inclut aussi tout le phénomène du réseautage et du communautaire virtuel du genre Lavalife, MySpace, YouTube, etc… Et surtout sur le rôle qu’y joue l’anonymat.

Réflexion que j’avais l’intention de vous livrer ici… maintenant. Mais ceci est un blogue, pas un bouquin. Et j’ai l’impression de m’être déjà assez éternisé comme ça.

Je devrai donc vous tenir en haleine un peu plus longtemps au sujet de mes « grandes » réflexions blogologiques.

Avant de terminer, je vous laisse sur ceci:

Je me suis amusé, cet après-midi, à faire le tour des 30 ou 40 blogues politiques québécois les plus lus, pour voir combien était tenu par des gens qui affichaient clairement leur identité. Voici les résultats:

55% des blogueurs politiques s’identifient clairement ou démontre une volonté claire de faire ce qu’il font au grand jour, même s’ils n’affichent pas leur nom complet.

L’autre 45% se cachent derrière des identités opaques ou démontre un réel désir à cacher qui ils sont.

Ces « anonymes » se retrouvent partout le long de la courbe idéologique… droite, gauche, souverainistes et autres en possèdent chacun leur lot.

Non, la principale distinction entre les « publiques » et les « anonymes » est que les premiers font le plus souvent dans la réflexion sérieuse, et les seconds dans l’insulte, la menace et/ou la puérilité.

C’est à ces seconds que je m’adresse:

Le fait que votre réelle identité se sache vous empêcherait-il de continuer à bloguer comme vous le faites? Si la réponse est non, vous avez mon respect et je défendrai toujours votre droit d’expression même si ce que vous dîtes me pue au nez.
Mais si la réponse est oui, vous n’avez pas d’affaires dans le débat, vous êtes de simples « trolls » qui se font passer pour des blogueurs.

Et ici je pense particulièrement à Anti-Souverainiste. Plusieurs croient que tu es aussi Pierre Morin, si c’est le cas, tu as déjà perdu mon respect et je perds mon temps… Mais sinon je te défie de continuer tes activités au grand jour. Je continue à dire que la blogosphère a de la place pour des gens comme toi qui font ce que tu fais sans se cacher… Mais derrière ton masque, tu n’est qu’un vulgaire graffiteur de gros mots.

Mais je ne peut faire la leçon au pire anonyme de la droite sans aussi faire des remontrances aux pires « agents masqués » de la gauche: La gang de Reactionism Watch.

Hey, les boys! Je sais que le discours radical fait parti du « trip » révolutionnaire pis tout l’bataclan… Mais, en tant que personne modérée que les gens de gauche ont tendance à considérer comme de centre-droite (même si les gens de droite me considèrent plutôt à gauche) je me sens très concerné lorsque je lis un slogan comme celui-ci:

Centre-droite jusqu’à l’extrême-droite, nous vous surveillerons jusqu’à votre pulvérisation totale de la province de Québec

J’aurais moins de misère avec la violence sous-jacente de cette phrase si j’avais l’impression, même virtuelle, de voir le visage de ceux qui la scandent.

Oui, oui, je sais, vous êtes paranos et avez peur d’être fichés par la police et/ou les services secrets… Mais ce que je dis pour la blogosphère s’applique pour la vraie vie aussi. Quand on a le courage de ses convictions, on agit à visage découvert… et si ça veut dire être harcelé ou arrêté injustement par les autorités, ben c’est comme ça qu’on dénonce l’injustice de l’oppresseur, en faisant éclater son oppression au grand jour. En le faisant dans l’ombre, derrière un masque, avec la fuite dans l’âme, on se réduit à être perçus comme de simples casseurs criminels qui font peur à ceux qu’ils prétendent vouloir libérer.

Bon ça l’air que je me suis un peu laissé aller… et que je vous ai livré (sous-forme de montée de lait) une bonne part de l’analyse que je vous promettais pour plus tard…

Je sais, je viens de faire justement ce que je reproche aux autres… je me suis laissé aller à lancer des noms et des insultes…

Sauf que moi, je n’ai rien dit à qui que ce soit que je ne leur répéterais pas en personne.

Et je m’appelle Alain Berger.


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