Billets tagués ‘Margaret Thatcher’

2008/08/06 21:10

Le nationalisme québécois cache-t-il un complexe de colonisé?

marche québec français

Il y a quelques jours, Vincent Geloso touchait à un des nombreux aspects qui m’exaspèrent au sujet de l’orthodoxie nationaliste québécoise ces temps-ci dans un billet intitulé Idées de droite et identité:

Un ami m’a dit que les jeunes libéraux ont été traités de «néolibéraux et d’antinationalistes». Cette idée qu’être libéral (dans le sens classique)implique une haine de l’identité Québécoise est vastement répandu. Néanmoins, je ne vois pas nécessairement d’opposition entre les deux.

Après tout, l’ADQ a obtenu 41 siéges en 2007 en associant liberté économique et affirmation identitaire. Comme si une société confiante passait par moins d’État et plus d’entrepreneurs laissés libres.

Il poursuit en proposant que la droite économique infuse son discours de notions identitaires à la manière du “capitalisme populaire” de Thatcher dans les années 80. Hmmm… Je me souviens des années 80… on peut certainement se plaindre d’une certaine sclérose institutionnelle québécoise aujourd’hui, mais nous sommes tout de même très loin de l’économie britannique hyper-planifiée d’avant l’époque Thatcher. Si Vincent souhaite qu’un tel discours résonne ici, il ferait mieux de rejoindre les rangs des gauchistes qu’il oppose. L’étatisme québécois a encore beaucoup de chemin à faire avant d’écoeurer le peuple autant que celui de la Grande Bretagne des années 70 qui a produit Thatcher.

Mais là n’est pas mon propos.

Je me suis moi aussi souvent demandé d’où peut bien venir cette étrange notion adoptée des gardiens de l’orthodoxie identitaire québécoise qui dicte que le libéralisme économique serait corrosif à notre fibre nationale et qu’il faut donc faire intervenir l’état à chaque étape pour la protéger.

Contrairement à mes amis militants de la “droite économique”, je suis quand-même ouvert à l’idée que l’état a un rôle important à jouer sur plusieurs plans, dont celui de nourrir (et non protéger) notre fibre identitaire collective, sauf que l’opposition au désir individuel d’améliorer son sort sur le plan matériel n’a rien à y voir, bien au contraire!

D’ailleurs, je commence plutôt à me poser la question de la façon suivante:

Entre le bonze nationaliste d’aujourd’hui qui prétend que le Québecois francophone n’ira nulle part (sinon à sa perte) sans se soumettre à un État maternel omniprésent qui seul peut le protéger des sinistres néolibéraux mondialisants et le chanoine catholique des années trente qui prétend que le Canadien-français n’ira nulle part (sinon à sa perte) sans se soumettre à une Église paternelle omniprésente qui seule peut le protéger des sinistres négociants anglais…

Quelle différence?

Et entre ces deux premiers (qui pourtant ne cessent de nous casser les oreilles en parsemant leurs discours d’éloges à la grandeur et la noblesse du peuple francophone) et l’individu francophone (comme Vincent, par exemple) qui croit que le peuple dont lui et ses compatriotes sont issus lui a fourni les outils, la capacité et les avantages nécessaire pour compétitionner dans l’arène des grands et soutirer plus que sa juste part du butin…

Qui est le plus fier de son identité?

Et qui souffre encore d’un complexe de colonisé?


La photo est d’ici


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2007/10/17 22:59

Suis-je « de droite? »

J’avoue que depuis que l’intrépide Capitaine Virgil a dit qu’il ne me croyais pas lorsque je dis que je suis « de droite, » (en fait, je ne crois pas que j’aie déjà dis ça comme ça, j’essaie toujours de nuancer) cela m’a un peu piqué et me pousse à vouloir polir mes « épaulettes » de droite afin qu’elles paraissent mieux.

Comme cela transparait dans le commentaire que je lui ai laissé.

Citation: [Est-ce prétentieux de se citer soi-même?]

Bien qu’élevé par des hippies granos [et] pionniers du genre, moi, à la fin des années 80, j’étais partisan et admirateur (je suis toujours admirateur) de Reagan, Bush (père), Thatcher, Mulroney et Bourassa… et j’étais branché sur un certain courant idéologique américain libertarien[, capitaliste] et vaguement anticlérical dont le meilleur représentant auquel je peux penser est l’économiste Milton Friedman. J’ai beaucoup cheminé depuis, je suis aujourd’hui plus partisan d’une certaine approche conservatrice que j’entends définir plus en détail au fil du temps, mais ces idéologies de droite demeurent mon point de départ.

Je parle souvent d’un cheminement conservateur… où d’une approche conservatrice… mais je n’explique pas souvent ce que je veux dire par là.

Avant de commencer à en parler plus en détail… chose que je ferai très, très sporadiquement au fil du temps, je vous livre deux des références principales qui sous-tendent ma pensée à ce niveau. (Ce sont loin d’êtres les seules)

Tout d’abord, si je me réclame d’une tendance conservatrice, c’est celle du conservatisme burkeien. Edmund Burke (entrée beaucoup plus détaillée en Anglais) est un homme politique et philosophe irlandais du 18e siècle, à l’époque des révolutions américaines et française et est souvent considéré comme le père du conservatisme anglo-américain.

Voici une citation de lui que j’ai trouvée sur wikipé français:

Les bonnes manières sont plus importantes que les lois et c’est d’elles que les lois dépendent en grande partie

…Je ne peux m’empêcher de penser à une petite conversation que j’ai eue récemment sur UHEC.

Voici aussi deux billets d’Andrew Sullivan (encore une fois en Anglais, désolé) qui donnent une idée de la saveur de sa pensée, ici et ici.

Parlant de M. Sullivan, il est justement la deuxième (mais surtout la plus importante) source de ma pensée conservatrice.

Voici comment il est décrit (au moment où j’écris) dans wikipé anglais:

Sullivan is known for his unusual personal-political identity (HIV-positive, gay, self-described conservative often at odds with other conservatives, practising Roman Catholic, and a non-U.S. citizen who focuses on American political life).

Son livre The Conservative Soul: How We Lost It and How to Get It Back est autant une élaboration de sa philosophie conservatrice qu’une attaque dévastatrice contre l’administration Bush qu’il accuse d’avoir trahi les principes même du conservatisme et d’en avoir sali le nom. Je le recommande fortement pour quiconque veut comprendre autant la critique de droite de l’administration présente que la sagesse qui sous-tend certains aspects de la pensée conservatrice nord-américaine incluant celle sur laquelle est fondée le parti de Stephen Harper.

Il est justement sorti en format poche hier dans les librairies anglophones, (pure coïncidence, je viens de m’en apercevoir en visitant son site pour les fins de ce billet) c’est pas cher les livre anglais en format poche.

Je vous recommande aussi son blogue.

En plus d’être un (parmi plusieurs) de mes maîtres-à-penser, M. Sullivan est, comme je l’ai déjà dit, mon principal maître-à-bloguer.


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