Billets tagués ‘liberté’

2008/08/09 15:31

Ma première muse « de droite »

Cette portion de ma bibliothèque est dédiée surtout à des ouvrages que j’ai lus (ou relus) ces dernières années et qui m’ont influencés ou que je considère importants (il en manque plusieurs que j’ai prêtés ou qui sont hors-champ). Elle en contient un de quelqu’un qui a ouvert la porte au jeune progressiste grano que mon environnement familial et social m’imposait de devenir et lui a ouvert l’esprit à une autre façon de voir le monde. Cette personne est la première responsable de ce que j’appelle aujourd’hui mes sensibilités libertariennes (de droite). Pouvez-vous deviner de qui je parle?

Si vous avez nommé Ayn Rand, eh bien… vous vous trompez. (Hi hi hi! J’ai un peu fait exprès avec le titre et en poussant sur le féminin dans le paragraphe précédent.) Mais c’est quand-même d’elle dont je veux vous parler pour l’instant.

Atlas Shrugged est le “roman” d’Ayn Rand qui forme supposément le traité central de la pensée objectiviste dont se targuent tant de libertariens puristes (J’ai lu ce livre et ça a changé ma vie, entend-on si souvent). Je l’ai donc acheté il y a quelques années alors que je cherchais à explorer de façon plus pointue les différents courants idéologiques qui animent la droite américaine…

Confession: Je ne l’ai pas encore terminé, je n’en suis qu’aux deux tiers… et ce, depuis plus de trois ans.

Mais malgré cela, je peux, en toute confiance, vous affirmer ce qui suit le plus sincèrement du monde: Ayn Rand sucks.

Je pourrais me lancer dans une longue tirade, vous dire à quel point l’univers qu’elle construit est peu plausible et que l’argument philosophique pèse si lourd dans la structure narrative et est si cousu de fil blanc que cela rend le roman d’un ennui insupportable. Et que juste au niveau de la putain de langue anglaise… Grrr! Bon, je m’arrête car je commence déjà à m’emporter. Je cède plutôt la parole au policier de la série animée South Park dont les auteurs, pourtant eux aussi renommés pour leurs “sensibilités libertariennes”, ont du avoir une expérience semblable à la mienne.

D’abord, une petite mise en situation de l’extrait: Quelqu’un viole en série les poulets des environs et… oui, c’est ça, j’ai bien dis les poulets. …et laisse des indices dont la clé ne se trouve qu’en lisant des livres. L’agent Barbrady doit alors avouer qu’il est analphabète et demande l’aide des quatre ti-culs qui l’assistent dans son enquête et lui enseignent à lire. Rocamboles et boule de gomme, le policier apprend à lire et attrape le coupable. La ville lui lance un défilé et lui demande de prononcer un discours:

Mes amis, si vous êtes curieux au sujet de l’objectivisme, il y a des tonnes de ressources sur Internet qui vous en expliqueront les fondements sans être obligé de vous taper ce qui doit être le roman le plus pénible à lire de toute l’histoire de la langue anglaise. Croyez-moi, j’ai lu une traduction victorienne de Dostoïevsky qui était moins pénible!

Ayn Rand

Quant à la “philosophie” objectiviste comme telle, elle touche à des vérités fondamentales sur la plan de la liberté individuelle et fournit des outils d’analyse utiles et encore très répandus dans la “droite économique”, mais comme philosophie globale… on repassera. Quelques bonnes intuitions, certes, mais de là à en faire un système de pensée complet et fermé… Pfff…

Si vous êtes un de ces illuminés qui s’est convaincu qu’il ou elle est l’archétype de l’Übermensch nietzschéen, l’objectivisme est pour vous, c’est votre utopie. Mais pour le reste de l’humanité, elle n’évoque à mes yeux que misère et malheur… et son application dans l’absolu m’apparaît comme le meilleur moyen de se garantir une révolution bolchévique.

Mais Alain, me demandez-vous, si ce n’est pas Ayn Rand, qui est donc cet auteur que tu tiens si responsable de tes étranges délires de droite? Eh bien, il s’agit en fait de l’auteur de science-fiction américain Robert A. Heinlein (1907-1988) dont j’ai dévoré l’oeuvre presque toute entière entre l’âge de 14 et 18 ans. (Ce qui nous replace dans les années 80)… Je vous en reparlerai, un de ces quatre. Tout ceci n’était vraiment qu’un prétexte pour livrer une attaque parfaitement gratuite sur l’objectivisme randien motivé par mon insécurité et désir de m’assurer que les fortes sympathies libertariennes exprimées dans ce blogue ne soient pas associées à cette niche extrême du mouvement qui m’inspire un dégoût plus viscéral (je l’avoue) qu’objectif.

[Oui, mais tu ne t'aide pas, en t'associant à un personnage comme Heinlein sans t'expliquer... Il y en a qui feront leurs propres recherches et ils t'associeront à une frange encore plus étrange et marginale. Heinlein était... pour le moins dire... excentrique, tu le sais bien.] …me dit la petite voix dans ma tête. Oui, mais Heinlein n’a jamais eu la prétention d’être autre chose qu’un vulgaire auteur de fiction populaire et se défendait bien d’être un penseur, un philosophe ou un exemple. Et j’ai seulement dis qu’il m’avait influencé, pas que j’adhérais à la frange capotée qu’on lui associe parfois au sein du mouvement libertarien…

Comme j’ai dis, je vous en reparlerai.

En attendant, j’ai trouvé une mention (plus ou moins) respectable de son influence dans cette excellente “chronologie de la pensée libertarienne” produite par la publication de gauche Mother Jones:

1966: Sci-fi writer Robert A. Heinlein releases The Moon Is a Harsh Mistress, a libertarian retelling of the American Revolution set on the big cheese. The narrator, a polyandrous computer programmer who rebels against a meddling and incompetent Lunar Authority, appeals to the experimental, fiercely independent mentality of Silicon Valley’s emerging generation of techno-libertarian hippies.

Hmm… techno-libertarian hippie?… j’peux vivre avec ça.

PS: Félicitations à tous ceux qui ont bien deviné dès le départ, vous m’impressionnez. Mais j’avoue que j’ai de la peine à vous croire… j’exige des preuves de votre raisonnement! ;)


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2008/05/22 18:38

Bon coup de la journée

Je passe outre le fait que la résolution libérale concernant le crucifix à l’assemblée nationale relève du plus pur calcul politique… la tactique est aussi dégoutante  de cynisme qu’elle est redoutable dans son efficacité.

Autrement, un premier ministre, contrairement aux chefs des partis d’opposition, se doit d’être rassembleur et non partisan dans son message en une telle occasion. J’ai suivi le débat dans “l’arêne” aujourd’hui et je dois admettre que Charest passe le test haut la main.

Le moment fort pour moi fut la réplique de Charest en chambre aujourd’hui. Le rituel, semble-t-il, est qu’après sa déclaration initiale suivie d’une déclaration de chacun des partis d’opposition, le premier ministre a un “droit de réplique” qui lui donne le dernier mot. Charest nous montre ici qu’il est un politicien (et homme d’état) en haute forme ces jours-ci:

“Espace de liberté”… ces mots sont comme de la musique à mes oreilles.

J’avoue être très étonné de constater à quel point mes sympathies penchent de plus en plus vers le PLQ depuis un bout de temps… ça ne s’était pas produit depuis 1993!


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2008/05/19 21:09

Les patriotes ne sont pas morts pour la “nation québécoise”

Aujourd’hui, c’est la “fête des patriotes”. Une réponse enfantine de la “nation québécoise” qui boude le fait que le congé d’aujourd’hui provient en fait d’une tradition qui célèbre la naissance de la reine Victoria.

Queen Victoria

En instituant cette fête, la “nation québécoise”, cette construction née dans les années soixante d’un désir de renouveau et d’affranchissement si fort qu’elle exige une révision identitaire, cache mal son insécurité existentielle et démontre plutôt son immaturité. (Si on voulait vraiment donner aux patriotes la place qui leur revient dans notre paysage mythique, on ferait du 15 février une fête de recueillement national au même titre que le 24 juin en est une de célébration et de joie… et on laisserait cette journée-ci aux traditions britanniques)

Mais puisqu’il est question de nos braves patriotes aujourd’hui… et de leur appropriation par les tenants d’une idéologie historique qui se sent obligé de défigurer ses racines pour se donner la permission d’exister, je me permets une petite montée de lait qui me ronge le coeur depuis quelques années.

Chevalier de Lorimier

Le 14 février 1839, à la veille d’être pendu, le patriote François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier écrit son “testament politique”. Un des documents politiques les plus importants et éloquents de notre histoire… qui encore aujourd’hui fait vibrer tous les souverainistes et autres révolutionnaires de salon de notre petite nation.

Le texte intégral de la lettre est ici.

Faute d’être dûment enseigné dans nos écoles, ce texte est tout de même transmis dans la culture populaire à travers les oeuvres de certains poètes incendiaires de la nouvelle nation qui crient toujours si fort son nouveau nom qu’on croirait qu’ils veulent à tout prix nous faire oublier l’ancien… celui dont s’affublait les pères de leurs pères… et leurs pères avant eux qui se sont battus (ou non) aux côtés des compatriotes de Chevalier de Lorimier.

Je pense en particulier à La complainte des hivers rouges de Roland Lepage (1974) et, plus récemment, au film 15 février 1839 de l’inimitable Pierre Falardeau (2001). Ces deux oeuvres reprennent presque mot pour mot plusieurs passages de la fameuse lettre de Chevalier de Lorimier…

Je dis presque parce qu’on peut être certain que le passage suivant, tiré de la lettre, ne s’y retrouve pas et sera toujours gommé par ceux qui s’acharnent à faire de nos patriotes des “héros de la nation québécoise”…

Le sang et les larmes versés sur l’autel de la liberté arrosent aujourd’hui les racines de l’arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas.

Pourtant, il me semble que c’est là un des passages les plus révélateur, sinon de ce qui motivait nos patriotes, du moins de la dichotomie qui semble exister entre ce qu’ils étaient vraiment et le mythe que nous avons créé autour d’eux pour supporter notre idée moderne d’une “nation québécoise” qui n’aurait eu aucun sens à leur yeux.

Drapeau patriote (le tricolore canadien)Pensez-y… cet homme qui, à la veille de son exécution, sait qu’il écrit ce qui sera considéré comme le testament final de son mouvement… qui prend la peine de l’écrire par volonté qu’un tel testament soit remis à la postérité… Drapeau patrioteCet homme, lorsque vient le temps de mentionner la bannière sous laquelle il meurt, ne nous parle pas du tricolore canadien… ou d’une drôle de bannière avec un poisson et des feuilles d’érable… ou d’un castor… ou tout autre symbole appartenant alors à sa “race” française.

Non.

Drapeau patriote (les deux étoiles)Cet homme, qui tient à ce qu’on comprenne au nom de quel idéal il meurt nous dit qu’il meurt au nom d’un “drapeau marqué des deux étoiles des Canadas“. Symbole, oublié depuis, représentant deux états libres, mais unis, Betsy Ross Sews the First Amarican Flagl’un anglais (le haut-canada), l’autre français (le bas-canada), ayant déclarés leur indépendance de l’empire et frayant, main dans la main, le chemin du destin emprunté par les peuples libres. Le tout dans une logique symbolique les destinant éventuellement à s’unir à la grande expérience d’union démocratique naissante déjà entamée par 13 colonies voisines…

Pauvre Chevalier… il a pris tant de peine à faire comprendre qu’il mourrait pour avoir voulu libérer les siens du joug de Londres dans un contexte d’union “des deux étoiles des Canadas”…

Mon pauvre Chevalier… le destin rit de toi, mon pote. Si tu savais à quel point tes “héritiers” s’en foutent. Aujourd’hui, ils ont appris à avoir honte du nom de canadien que tu portais fièrement comme étant celui de ton peuple… ils ont appris à cracher sur les symboles qui ralliaient tes frères; le castor; la feuille d’érable; tout en croyant reprendre ton flambeau… les uns ignorants… les autres hypocrites… si tu savais à quel point ils s’en foutent de savoir ce qui t’animait vraiment…

Ils sont trop occupés à se redéfinir dans une identité fragile qui veut tant fuir la honte de ses origines qu’elle s’est déconnectée de ses racines et ne sait plus se nommer

Ils sont trop occupés à s’oublier pour pouvoir célébrer l’idéal pour lequel est mort un vrai patriote.

À la tienne, mon Chevalier.


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2008/02/24 16:45

Mea Culpa: (Antagoniste != Cato) && (Kwebek != Heritage)

Il y a quelques mois, alors que je me familiarisait encore avec la sphère d’ici, j’ai écrit un billet intitullé Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? » dans lequel j’ai plutôt gratuitement affirmé ceci:

Car entre Antagoniste.net qui me sert du CATO Institute réchauffé et Kuebek qui me sert du Heritage Foundation de mauvais aloi (…) Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir quitté la blogosphère américaine.

Aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de réviser ce jugement plutôt sommaire qui n’était pas sans sa propre dose de mauvais aloi de ma part.

Bien que son raisonnement semble plutôt ancré dans une variante d’objectivisme randien primaire, David l’Antagoniste est un ultra-partisan dont la cohérence idéologique est constament sacrifiée sur l’autel du combat rhétorique. Je l’admire quand-même beaucoup, dans son genre, il est le meilleur des environs. Pour chaque trahison opportuniste à la pureté idéologique de son coté du spectre, David sera prêt, statistiques et références au bout des doigts, à nous démontrer l’imminente sagesse de la chose. Eussé-je cette initiative… [soupir]

Mais cela n’a pas grand-chose à voir avec le courant idéologique représenté par le très non-partisan et plutôt pacifiste Cato Institute. Il y a huit ans, il était encore souvent associé aux parti républicain mais les politiques néo-conservatrices de l’administration Bush et l’affaissement de la direction du parti en chambre aux impératifs de la droite chrétienne en ont fait le premier des grands courants idéologiques de la droite américaine à dire bastà à la coalition. Déjà en 2004, la fissure était claire.

En fait, c’est surtout là que la comparaison perd sa validité. La démarche du Cato Institute s’inscrit en complète opposition aux politiques néo-conservatrices qui prône la légitimité de la coercition et de la force au nom de la liberté et du pluralisme (la vérité et son contraire) et au “conservatisme de la grandeur nationale” (National Greatness conservatism) représenté par John McCain. (Je dois d’ailleurs dire que je commence à être plutôt séduit par une nouvelle génération d’intellectuels au sein de ce mouvement qui semble enfin pousser la réfexion plus loin… dans une direction plus responsable et mature que l’utopie libertarienne simpliste qu’on me présentait il y a 15 ans… et ça me plait).

Et maintenant (et surtout) Kuebek. J’ignore qui est derrière ce blogue… je ne sais pas si c’est le type au cigare qui se présentait dans sa première incarnation ou s’il s’agit d’un jeune boutonneux à la plume agile… mais là aussi, on est, en fait, loin du Heritage Foundation (quoi que pas aussi loin que l’exemple précédent). Le Heritage Foundation est un think-tank paléo-conservateur à la Pat Buchanan, honorable, travaillant, attaché à un schème de valeurs traditionnelles cohérent et sage… mais ne brillant pas particulièrement lorsqu’il s’agit de défendre ses thèse dans les sphères platoniciennes de l’académie.

L’auteur derrière Kuebek, par contre, est à mon avis, un authentique intellectuel conservateur. Un intellectuel se doit de toujours questionner et remmettre en question la “sagesse conventionnelle” qui semble tous nous guider… et de le faire à l’aide d’arguments rhétoriques cohérents et bien ficelés en ramenant les concepts à leur essence. C’est sombre… c’est parfois hautain… mais c’est fondé sur un regard lucide… et il y a là une façon d’éclairer les choses… autrement… qu’il est toujours bon de considérer lorsqu’on tente de contempler la vérité (activité autant louable qu’impossible).

Je le lis et j’ai une autre comparaison qui me reviens constament à l’esprit quand je pense aux écrits anglo-saxons que j’apprécie, une qui, cette fois-ci, fait acte de sincère compliment.

J’ai trouvé mon WFB.


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2008/02/23 15:24

La prime virale

La politique ne se joue plus comme avant. Internet change la donne. On en a eu un apperçu en 2004 avec le phénomène Howard Dean… des levées de fonds sans précédent… composées de petites contributions spontanées venant de gens de toutes les strates qui viennent visiter le site du candidat et y faire un contribution de leur propre gré, parce qu’ils y croient… un enthousiasme communicateur que l’on qualifie aujourd’hui de viral. À l’époque de Dean, la pénétration de la culture Internet dans la société était encore telle que le phénomène était réservé à une poignée de “early adopters”… encore à ses premiers pas, il n’avait pas encore la masse critique nécéssaire pour soutenir une longue campagne. Le journaliste Tim Russert à son émission d’aujoud’hui: “En 2004, quand je suis allé en Iowa et que j’ai vu tous ces jeunes deaniacs avec leurs tuques oranges, très peu d’entre eux était de l’Iowa. Ces jeunes avaient été expédiés à partir d’autres états [pour venir travailler sur sa campagne]. Cette année, je suis retourné en Iowa et les jeunes qui faisaient tourner la campagne Obama étaient tous des jeunes du terroir.”

Je postule aujourd’hui qu’Internet cré un nouveau phénomène puissant et incontournable en politique électorale, la prime à l’enthousiasme… ou la prime virale. (Il y a surement un meilleur nom, mais ça ne me viens pas. Je suis ouvert aux suggestions… n’importe quoi qui ne contient pas “2.0″ dedans, c’est trop facile et ça sera dépassé d’ici deux ans.)

Cette prime ne se gagne pas à coups de politiques compréhensives dans son programme ou à la façon de l’ère des grands médias, en parlant la langue de clip et en tapant à répétion sur les même sept où huit mots clés qui définissent l’essentiel de son message tel que distillé par la firme de marketing. Ces éléments demeurent tout de même essentiels à la victoire, nous sommes encore dans un monde de grands médias… et ça va prendre encore un renouvellement de génération avant que la culture webisée pénètre complètement et qu’on commence à en saisir l’ampleur des effets et des possibilités. Mais au matin du 21e siècle, si un candidat veut arriver à profiter de l’énorme avantage que procure cette prime, il doit arriver à conjuguer ces techniques avec l’ingrédient essentiel qui permet d’y acceder: Capturer l’imaginaire de l’électeur… faire appel à la partie de son âme qui le poussera à vouloir participer… à vouloir contribuer… ne serait-ce qu’en cliquant sur un lien de plus.

Cela donne un certain avantage aux campagnes idéalistes (de tout accabit) qu’elles n’avaient pas avant. Autrefois, cet idéalisme, cet appel à l’élan de l’âme finissait toujours par s’écraser contre la redoutable efficacité de l’inévitable machinerie cynique d’un système de diffision d’information de masse hyper concentré. Mais aujourd’hui, grâce à la puissance et la facilité d’accès d’un simple clic, grâce à cette toute nouvelle façon de diffuser l’information qui laisse tout passer et qui permet la coalescence de toutes les sensibilitées, cet élan de l’âme trouve un exutoir, un endroit pour s’organiser… se définir… un endroit pour prendre forme lui donnant une masse critique telle qu’il est ignoré par “la machine” à ses propres risques. Le candidat qui réussit à faire appel à cet élan détient un avantage redoutable sur celui qui ne l’a pas… tout machiné soit-il.

Ceci dit, la prime virale à elle seule ne suffit pas. Le problème des républicains cette année est que de leur coté, elle a été entièrement capturée par Ron Paul qui ne possède ni programme compréhensif (responsable) ni la capacité de jouer le jeu encore nécéssaire des grands médias, mais qui a réussi à toucher la corde sensible de la valeur qui conjugue le plus noble élan de l’âme des sympathisans républicains: La liberté. Tant que le parti républicain d’aujourd’hui ne se réconcilie pas avec cette valeur et ce qu’elle signifie au 21e siecle, sa part possible de la prime demeurera orpheline. 

Mais si l’on réussit, comme l’a fait Barack Obama, à conjuguer programme et habileté à faire la clip avec la capacité de faire vibrer les cordes sensibles de l’âme de ”la frange branchée” de la population, on devient très difficile à battre.

Comment saisir qu’un candidat n’a pas capturé la prime? Je vous laisse sur une réflexion de la journaliste Norah O’Donnell que j’ai entendue à la télé aujourd’hui:

“Ça m’a frappé que dans ses discours, Hillary Clinton répètait encore: “…et visitez mon site web à www.hillaryclinton.com…” et je me suis dit: Ça fait vraiment an 2000, ça. Qui aujourd’hui, s’il veut obtenir plus d’information sur le candidat, a encore besoin de se faire dire comment faire?”

Cette réflexion fut inspirée par ceci:


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2008/02/19 00:40

Le phénomène Ron Paul

Je reproduis ici un commentaire que j’ai laissé en réponse au toujours cinglant Antagoniste dans mon billet précédent et qui s’est avéré plus long que prévu (comme c’est souvent le cas). Il représente bien mon opinion de cet amusant petit candidat qui surfe sur une vague qu’il a aidé à déclencher, mais qui le dépasse de loin:

Ron PaulJ’aime bien Ron Paul… je le trouve sympa, il rappelle aux républicains ce qu’étaient autrefois leurs “valeurs fonadamentales” …ce même esprit qui m’a séduit dans les années 80… avant qu’ils ne deviennent le parti de la bible et la présidence impériale.

Mais quand-même, j’ai toujours dit qu’il n’était pas à prendre au sérieux. (gold standard… pff… why not go back to the stone age?) Et une présidence Ron Paul serait, concrètement, un pur désastre. (Quoi que si on y pense bien… sa vision minimaliste du rôle du président donnerait une présidence tellement faible qu’il ne parviendrait pas à accomplir la moindre portion de son plan pour démanteler le gouvernement fédéral. Nous aurions, à toute fins pratiques, quatre années de rule by congress, tout le pouvoir retomberait entre les mains des deux cahmbres législatives… C’est ce que les pères fondateurs avaient originalement en tête, mais serait-ce une bonne chose?

Je pose sincèrement la question.

Mais tout ça est académique. Dieu merci, il n’a aucune chance (he’s just too weird).

Sauf que le phénomène qu’il représente n’est pas rien. Toute l’énergie de droite libertarienne latente qui subrebtissement s’accumule (et continue à évoluer) sur Internet (et dont tu fais nettement partie, à ta façon) s’est soudainement canalisé autour de ce drôle de petit bonhomme qui crie liberté sur toute les tribunes…

Ron Paul, n’est qu’un phénomène passager… mais ce qui s’est passé autour de sa candidature est, selon moi, le début de quelque chose qui est appelé à évoluer… je trouve cela fascinant.

C’est ironique… à l’époque où je me considérais libertarien, le mot était encore rarement prononcé en dehors des cercles de sciences politiques américains et même là, il évoquait des images de conférences de moonbats amateurs et marginaux (ce qui n’est pas entièrement faux) et n’était pas très pris au sérieux. Moi-même, il m’arrivait rarement de m’y référer pour décrire ma philosophie politique qui pourtant, à l’époque, y correspondait presqu’en tout point.

Je ne suis plus un pur “anarcho-capitaliste”, comme j’aimais le dire à l’époque… et ce, depuis longtemps (on ne peut pas faire abstraction de l’importance du capital social et ça, c’est une toute autre paire de manches) sauf que je suis vraiment émereveillé de voir le chemin qu’ont fait les idées et …la sensibilité libertariennes dans les 30 à 40 dernières années… et à quel point Internet s’est révélé central à cette expansion.

…Même si ce n’est pas encore completement réglé au niveau de l’image (voir Ron Paul et ses partisans).

Je ne sais pas où tout ça s’en va, mais je crois que ça ne fait que commencer.

Et en attendant, cet amusant petit bonhomme qui réussit à amasser des fonds digne d’un frontrunner est vraiment amusant à voir aller et réchauffe le coeur de cet ancien incondionnel de la liberté individuelle et de la magie des marchés.

Alors je dis:

Go Ron Paul!

…et vive la liberté!


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2008/02/18 13:02

Ron Paul: Candidat des pin-ups

Vive la liberté!

Looking for something to hang on the wall that says you’re politically savvy, freedom-loving, and have great taste in hot women? Want to pick up a unique gift for the holidays for some one who has everything, except a great pin-up calendar filled with Ron Paul quotes and prominent female Ron Paul activists? This is it!

…aussi sur MySpace.


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2007/12/21 13:58

Chômage

Le bout du rouleau…

Fini.

La compagnie pour laquelle je travaille agonise…

Elle ne peut plus me payer… elle ne peut même plus me garantir ce qu’elle me doit déjà. C’est fini. Mise-à-pied “temporaire”. Heh, et l’ironie du fait que tout ça se passe à ce moment-ci de l’année n’échappe à personne. [Christmas is going to be a Bob Cratchit affair for me this year...]

C’est la fin d’une époque pour moi. Onze années consécutives sans assistance gouvernementale quelconque. Et que de chemin parcouru!…

Il y a 12 ans, je vivais de l’assistance sociale. Un jeune homme sans perspectives, ayant abandonné toute prétention de la carrière d’acteur dont il avait rêvé et dans laquelle il s’était brievement investi. Le mieux que je trouvais, pour gagner ma vie, était de faire des appels pour les maisons de sondage. Boulot précaire et crève-faim s’il en est un.

Puis est arrivé l’économie du savoir.

Grâce à toutes sortes de concours de circonstances, certains dûrement arrachés, d’autres relevant de la chance la plus improbable (je crois que c’est ce qu’on appelle la vie)… la venue de l’économie du savoir a permi à un p’tit smatte sans diplôme comme moi de s’enseigner à maitriser cette nouvelle technologie et à se hisser, au fil des opportunités, du rang des 20% les plus pauvres de notre société à celui des 20% les plus riches. [Sautez pas au plafond. Le bas de la tranche du premier 20%, c'est pas rien, j'avoue, mais c'est pas la fin du monde non-plus... Dubuc a raison de dire que le Québec pourrait et devrait faire mieux.]

Et que d’aventures à naviguer ce nouveau monde!… je me souviens, à l’époque de la bulle “DotCom”… il y avait tant d’argent! …tant d’argent!… tant d’opportunités… J’ai pu voir et vivre le capitalisme sous tous ses angles, du “start-up” aux hautes sphères corporatives …mon chemin m’a même brièvemment ammené à travailler pour Michèle Courchesne, alors qu’elle était VP Marketing chez Cognicase, une “grosse” boîte informatique de l’époque, depuis avalée par CGI.

Tout ça pour aboutir, il y a environs 5 ans, dans une situation de rêve. Un boulot dans une petite boîte de recherche ayant une idée révolutionnaire repoussant les frontières de la science informatique… le genre d’idée qui (si elle fonctionne) va changer le monde mais qui demande toujours davantage de recherche et développement (donc de financement) pour mener à terme… C’est là où, pour la première fois, on me paye entièrement non seulement pour mon expertise en bases de données, mais surtout (et c’est important pour moi, n’ayant aucun diplome) pour mes connaissances en tant que programmeur. Pour eux, le fait que j’ai appris par moi-même est un plus! C’est depuis ce temps là que je me dis informaticien.

Mais voilà, c’est fini.

Le dollar américain qui fait tourner mon industrie ne vaut plus grand chose. [Truth is, a good part of my personal revenue for the last 5 years was (indirectly) coming from U.S. taxpayers] Et l’économie qu’il représente, après 7 ans de la folie Bush, tourne maintenant à sec. Pouf! Crack! Il n’y a plus d’argent!

Les cours d’eau vitaux à l’écosystème capitaliste dans lequel les petites entitées comme nous survivent sont maintenant à sec… et les plus vulnérables commencent à tomber. Ce n’est pas fini…

Je ne me plaint pas. Bien que je sois en deuil de ma “situation de rêve” (qui de toute façon, n’en était plus vraiment une depuis déjà 6 mois), je regarde en arrière et je ne peut qu’être émerveillé et me dire: “Woo-wee! What a ride!!!”.

Vive le capitalisme!

On me dit que le marché place encore beaucoup de valeur sur mes connaissances, mon expertise et mon expérience… j’ai bien hâte de voir.

De toute façon, ce n’est pas ça qui est important:






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2007/11/22 19:10

Cri du coeur

Je ne veux pas vivre dans une société laïque…
Je veux vivre dans une société libre!!!


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2007/11/20 23:59

Mon deux minutes à la commission Bouchard-Taylor

Les habitués de ce blogue savent déjà l’amour farouche que je porte pour Côte-Des-Neiges, mon cartier de résidence où j’ai aussi planté mes racines à l’âge de neuf ans, suite à une enfance assez bohème. Ils savent aussi à quel point je me sens interpellé par toute la question des “accomodements raisonnables,” ainsi que la propension que j’ai à prendre la défense des nouveaux adhérants à notre société et de vanter les succès de l’intégration des jeunes… sans pour autant, loin de là, nier ou avoir honte de mes origines et de mon identité “canadienne-française” dont ce blogue se veut, en partie, un outil de promotion et d’affirmation.

Je ne pouvais donc pas me permettre de ne pas être présent ce soir, alors que cette commission était de passage litéralement à deux rues de chez moi.

Mais deux minutes… Pfff! J’ai assez regardé (et publié) de témoignages à la commission pour comprendre le jeu… et qu’il me serait impossible de tout dire ce que j’avais sur le coeur. De toute façon, j’ai ce blogue pour ça et je ne me suis pas gêné pour me déverser par le passé.

Mais ici, je savais que la seule façon de m’en tirer indèmne était de m’en tenir à pas plus d’une ou deux idées principales et c’est ce que j’ai (maladroitement) tenté de faire.

Voici le résultat:

Commission Bouchard-Taylor: Faites confiance aux jeunes

Eh oui. Glp! C’est moi.


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2007/10/30 22:44

Hier soir à la commission: Mes coups de chapeau

Mes deux seules fleurs dans les champs d’intolérance qu’étaient les témoignages que j’ai vu hier (lundi) à la commission BT.

D’abord un homme anglophone natif de Québec nous rappelle que les valeurs québécoises et les valeurs musulmanes sont, au fond, les mêmes.

Puis, une historienne nous parle de l’importance de pouvoir s’afficher pleinement tel qu’on est sur la place publique… et sur le sens du mot accueil

 

YouTube - Bouchard-Taylor: Valeurs québécoises et islamique (liberté)

 

YouTube - Commission Bouchard-Taylor: S’afficher sur la place publique

Les deux mots que je retiens: Liberté et épanouissement


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2007/10/29 19:12

Chus pus capable

19:53 : Je suis en train de me taper la commission BT à Québec en direct à la télé.

J’ai honte

J’ai honte

Je suis loin d’être un multiculturaliste… Mais je refuse de vivre dans une société qui ne veut pas être pluraliste.

L’intégrisme laïque démontré par trop de mes concitoyens m’écoeure.

Chus pus capable.

J’en suis aux larmes…

Je vous laisse sur ce billet que j’ai écrit il y a peu de temps qui exprime mon dégoût et ma déprime actuelle face au profond manque de confiance de mon peuple.

Chus pus capable.


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2007/10/11 16:02

Le dûr chemin de la marginalité.

Ce billet est une réponse à un billet de mon ami Renart Léveillé qui fait écho à certaines choses que j’ai dites ici et m’a beaucoup donné à réfléchir. [Merci Renart.]

Je crois pouvoir dégager deux axes de réflexion bien distincts qui m’interpellent dans son billet le premier étant lorsqu’il demande: « quelle est la différence entre un homme-sandwich qui publicise un produit de consommation et quelqu’un qui affiche sa religion par un vêtement symbolique? » Mais je sens qu’au fond, nous ne sommes pas si loin l’un de l’autre là-dessus et qu’il a bien compris l’idée (outre la question ci-dessus) que j’essayais d’exprimer lorsqu’il dit: « Je me demande bien quel serait le résultat d’un sondage sur la question des hommes aux cheveux longs… » [En effet, mon ami, il n'y a pas si longtemps, j'aurai ri à l'idée... mais vraiment, aujourd'hui... si la question avait été posé au même échantillon, lors du même sondage, dans le contexte actuel?... Je ne sais plus... et je crains que nous serions surpris] Mais bien que la question en soi, celle de comparer le signe religieux arboré sur sa personne à l’homme-sandwich qui publicise un produit de consommation m’interpelle, je la mettrai de coté pour m’adresser à ce que je crois être le vif du sujet.

Renart prends à parti un passage particulier de mon billet où je trace un paralèlle équivalent entre « l’Hassidique » et « le Marginal. » et, en effet, moi d’ajouter plutôt gratuitement pour ce second archétype: « gauchistes … qui rejettent le système marchand qui … leur permet d’exister. » et que j’associe tour à tour à la simplicité volontaire, au freeganisme, etc…

Il me reproche alors de:

…mélanger les choses. Je crois surtout qu’il faut éviter de diaboliser la gauche en la vidant de tout son sens pratique. Donc, je ne crois pas que la simplicité volontaire est un chemin direct vers l’assistance sociale et pire, l’itinérance. Aussi, je ne crois pas que le rejet du système marchand s’accompagne obligatoirement d’une volonté de scission avec la société pour ceux qui la rejettent. Et je ne peux pas m’empêcher de dire que ce propos me fait joyeusement penser à ceux qui pensent que de prendre une bouffée de marijuana mène automatiquement au crack…

[Ha ha! Bien dit! ...Euh, mais c'est de moi qu'il parle, là. Ouch! Non, je ne veux pas être associé à ceux-là. :))]

Maître Renart, a du visou. Et il vise juste.

Et il a un peu raison de dire que je mélange les choses. Mais juste un peu.

Avant de continuer, je tiens à dire que je regrette entièrement l’inclusion du concept de simplicité volontaire dans ma caricature du cas type de marginalité idéaliste que je met, en effet, sur un pied d’égalité avec celle du Juif ultra-orthodoxe. Et surtout de l’association qui en résulte avec l’image du marginal qui me demande mon aide lorsque ses idéaux ne suffisent plus à la tâche.

La simplicité volontaire est une approche que je trouve tout-à-fait raisonnable, saine et désirable face à un monde où la logique marchande prends de plus en plus, dans nos vies, une place qui devrait être réservée à la spiritualité et à la métaphysique (et à l’art libre aussi) et je n’aurais pas dû la mettre sur le même pied que les autres idéologies et pratiques plus extrêmes que je citais. Je cherchais un concept plus francophone pour compenser le fait que je ne trouvais pas de termes Français pour le freeganism et le dumpster diving.

Mon billet était quand-même écrit sous l’effet de la colère et de l’amertume et j’avoue que j’y suis allé à (très) gros traits dans mes descriptions et analogies. Et un peu maladroitement peut-être… car mon intention n’était pas du tout d’intimer « que la simplicité volontaire [ou même les autres pratiques que j'ai citées sont] un chemin direct vers l’assistance sociale et pire, l’itinérance. » (Je vois bien, en me relisant, que c’est plutôt ce que j’ai fait. Mais là n’était pas mon intention) Au contraire, je crois absolument qu’il est (et qu’il doit être) possible de vivre pleinement selon ces approches, idéologies et modes de vie si on le choisit.

Je dis seulement que c’est difficile. Et que la société ambiante n’a pas à s’en accommoder tant et aussi longtemps que le principe ne commence à faire consensus au sein d’une pluralité suffisante.

Je connais des gens qui font des choix semblables …et réussissent. Ils ont mon respect et surtout mon admiration, d’abord parce que je me sais moi-même incapable de vivre de tels choix, au quotidien, avec une telle rigueur et une telle discipline, mais surtout parce que leur démarche n’implique pas d’exiger ou de revendiquer que « la Société » at large adopte leurs pratiques (mêmes s’ils le souhaitent) ou même qu’elle s’en accommode. Eux, sont tellement convaincus d’avoir pris le bon chemin, qu’ils le vivent simplement, quotidiennement, difficilement, en subsistant tant bien que mal presqu’exclusivement de leur petite économie communautaire parallèle… se disant que de toute façon, bientôt, tout le monde vivra comme eux. Ce qui ne les empêche pas de vanter leur mode de vie à quiconque veut l’entendre… faisant petit à petit de nouveaux adeptes. Et provoquant chez moi, (et ceux comme moi) même si je trouve qu’ils y vont quand-même un peu fort, de sérieuses remises en questions de mes propres pratiques dans mon propre quotidien d’homme qui a fait le choix de jouer le jeu de l’insidieuse société de consommation.

Le cas du Juif orthodoxe est pour moi, identique au précédant de la façon suivante: Bien que ce qu’il tient à vivre au quotidien ne m’emballe pas du tout. Lui aussi, ainsi que son épouse, j’insiste, [certaines diront qu'en tant qu'homme je n'a pas le droit d'insister là-dessus, ont-elles raison?] sont convaincus d’être dans le droit chemin. Eux aussi font des choix difficiles pour pouvoir vivre simplement, quotidiennement, une quête spirituelle centenaire qui est centrale à leur identité. [Je sais que ce n'est pas évident pour nous de le concevoir ainsi, je partage cette difficulté, mais c'est bien de quoi il s'agit.] Et eux non-plus n’exige pas de la société at large qu’elle adopte leurs pratiques. Même si eux aussi souhaiterait qu’on se calme un peu avec notre poursuite effrenné cette société de consommation qui nous mène à notre perte (morale et spirituelle de leur point de vue.) Et je me dois de respecter cela puisque, même si je trouve qu’ils y vont un peu fort, je revendique moi-même le droit de poursuivre ma propre quête spirituelle, dans mon quotidien sans que qui que se soit s’en mêle si je n’en ai pas envie.

Un et l’autre ont choisis, parce qu’ils rejettent des pans entiers de l’ensemble des « valeurs et institutions qui inspirent l’adhésion du plus grand nombre, » de vivre en marge de la société. L’un inspire mon respect car j’admire les valeurs au nom duquel il agit, l’autre obtient ma tolérance, vu les sérieux problèmes que j’ai avec la misogynie et l’insularité de sa spiritualité. Mais que j’aime ou j’aime pas, je me dois de défendre sauvagement l’espace de sécurité et de liberté qui leur permet de vivre ainsi car je le revendique pour moi-même. Je revendique le droit de vivre pleinement, selon mes convictions à moi, même si elles ne cadrent pas entièrement avec celles de la majorité. (Dans l’harmonie et le respect d’autrui, évidemment) Il me semble que là-dessus, mes amis « gauchistes » et moi pouvons nous entendre, non? Ne revendiquent-ils tous pas à leur façon en tant qu’individus, tout comme moi, le droit de ne pas marcher dans le même sens que la masse?

Mais l’autre chose que j’essayais d’exprimer dans ce paragraphe c’est ce qui ce passe lorsque les groupes et les individus qui font le choix de la marginalité commencent à exiger que la société s’accommodent de leurs modes de vie plutôt que le contraire. Ainsi que la nature du sentiment individuel (que je ressens comme tout le monde) qui sous-tend ce « refus global » de les accommoder. Je voulais démontrer que moi aussi, je comprends que « le sens des accommodements est un gouffre sans fond. » Mais ma cible, avec mon exemple caricatural du « militant de gauche freeganistique » ne visait pas tant le militant politique réfléchie d’une gauche responsable que je crois indispensable à l’évolution d’une société équilibrée que ceux, et il y en a plusieurs, tout militant de gauche le moindrement peu honnête vous le dira (en privé du moins, après quelques verres dans l’nez) qui scandent tous les slogans par besoin de sentiment d’appartenance sans vraiment avoir réfléchi aux implications réelles de ce qu’ils prônent et encore moins, à l’instar du premier groupe que j’ai mentionné, d’en vivre les conséquences.

Je ne me fais toutefois pas d’illusions, la droite militante possède son lot de ces individus. Je ne suis pas de ceux qui croient que c’est un phénomène uniquement de gauche. J’ai choisi, ici, l’exemple de la gauche parce que, n’en déplaise à Renart, la vaste majorité des individus de notre société sont (encore) incapables de se départir (en partie avec bonne raison) de la croyance que l’abandon de notre système de croissance actuel serait un désastre terrible et planétaire qui mènerait à la plus grande misère pour le plus grand nombre. Et pour eux, comme pour une partie de moi, ce que certains militants de gauche prônent nous semblent aussi farfelu que l’idée que Dieu a ordonné aux hommes de ne pas se raser et aux femmes de marcher derrière.

Dernière note avant de complètement passer pour un droitiste enragé:

C’est vrai que je suis de ceux qui croient (pour moi il s’agit d’une réalité) que la sécurité, la liberté, l’extraordinaire privilège (par rapport à mes ancêtres) que j’ai à m’exprimer ainsi (et d’être lu) dépendent tous intimement du « succès » de notre système de croissance actuel. Et que son abandon imprudent serait désastreux.

Mais je suis loin d’être insensible à l’autre coté de l’argument évoqué dans la note pessimiste sur laquelle Renart termine son billet: « je ne crois pas que notre bonne Terre va s’accommoder très longtemps de nous… » Je reconnais entièrement que ce que je nomme le « succès » de ce système est aussi en train de nous mener droit vers un terrible désastre planétaire. Voyant de terribles désastres de chaque coté qui doivent être navigués avec finesse et sobriété si nous espérons nous en sortir, je n’ai aucune patience avec ceux de ma mouvance qui nient le désastre écologique à venir et que sa cause est justement le système (et son rythme) que nous prônons tous. Mais j’ai aussi beaucoup de difficulté avec ceux qui, au nom de l’urgence du désastre écologique qu’ils voient clairement poindre, refusent de comprendre qu’une transition hors de notre système de croissance se fait vraiment à grand risque et péril et ne peut être implanté que très, très, très, et j’insiste, très prudemment, sans quoi nous risquons aussi un grand désastre à l’échelle planétaire qui en plus de plonger l’humanité dans la misère, risque de nous enlever les moyens d’agir pour contrer le premier désastre dont la mécanique infernale est déjà enclenchée! Ceux là de chaque coté, pour moi, n’ont pas de solution réelle à apporter.

Mais à ceux qui comme moi, reconnaissent le double tranchant de l’épée de Damoclès qui frôle nos cheveux, à ceux là, quelle que soit leur mouvance d’origine, je dis: Mes amis, mettons nous au travail, l’heure est grave et il faut nous pencher sur les solutions.


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2007/10/10 14:02

Soixante-Cinq pour Cent

C’est pas des farces, les amis, je suis vraiment, vraiment découragé.

Je ne pensais sérieusement pas qu’on en était .

Que « Quelque 90% des personnes sondées rejettent l’idée de leçons de natation particulières pour les filles, ou encore la possibilité de voter le visage voilé, » je comprends, je suis d’accord. Sauf que je n’ai aucun problème avec la première chose dans un contexte privé (Là où une piscine offre la possibilité de louer du temps à l’usage exclusif de groupes ou d’associations privées, est-ce de mes affaires s’il s’agit d’un groupe formé uniquement de femmes et de filles?) et la seconde va de soi… Bien que j’insiste pour répéter: Aucune demande du genre n’a encore jamais été présentée. Aucune.

Que « La même proportion de répondants s’oppose à la demande des hassidim d’obtenir un évaluateur masculin pour un examen de conduite à la Société d’assurance automobile du Québec, » là aussi, je suis complètement dans la mouvance. Je vous confesse même le léger plaisir mesquin que je ressens à l’idée de l’Hassidim borné dont la « performance » est soudainement soumise au jugement d’une femme qui a l’autorité de lui dire qu’il « n’a pas les talents nécessaires » si c’est le cas. Le « raisonnement » qui me passe par la tête dans ce cas-ci est, j’imagine, semblable à celui de la moyenne de mes compatriotes: Tu as choisi de vivre selon des règles strictes et anciennes qui te viennent de Dieu, M. Hassidim? Très bien. C’est ton droit (et celui de ton épouse.) Mais n’oublies pas que tu vis dans une société qui a fait des choix différents. Et lorsque tu as affaire à l’appareil d’État de cette société, c’est à toi de t’accommoder. Sauf que j’ai la même attitude envers les jeunes gauchistes marginaux et idéalistes qui rejettent le système marchand qui, selon moi, leur permet d’exister: Vas-y avec ta simplicité volontaire et ton dumpster diving freeganistique, tu as mon respect, car tu vis tes convictions (tout comme l’Hassidim,) mais ne viens pas ensuite me dire que tu as faim et que je dois contribuer davantage de mon pécule pour ton bien-être. La société a fait des choix différents et si tu veux y vivre en marge, très bien, mais accommode-toi.

Mais je ne fais ici que défendre un « droit » que je me réserve moi-même; celui de vivre ma vie comme je l’entends, de ne pas adhérer entièrement à ce que « la Société » m’impose comme mode de vie. Ceci dit, je reconnais entièrement la nécessité pour « la Société » de se donner des valeurs et des institutions qui inspirent l’adhésion du plus grand nombre. C’est là un des ingrédients essentiels à ce qu’elle puisse créer un espace de sécurité et de liberté suffisant pour que j’aie (tout comme l’Hassidim, tout comme le Marginal) le luxe de choisir les valeurs personnelles selon lesquelles j’entends mener ma vie. C’est pourquoi je ne demande aucunement à ce qu’elle m’accommode sur les points où je choisis de ne pas suivre la masse. C’est mon choix et je suis prêt à en assumer les conséquences.

Pour moi, cet espace de sécurité et de liberté est l’élément le plus précieux de la société dans laquelle je vis (ça et le fait de vivre en français) et toute pensée politique que je puisse avoir, aussi ambivalente et paradoxale puisse-t-elle paraître parfois, est fondé sur la recherche de l’équilibre entre le maintien de cet espace de sécurité et de liberté qui m’est si précieux et la solidité des assises sociétaires que je crois nécessaire à son existence (et le fait de pouvoir faire tout ça en Français.) Je suppose que cela fait de moi une sorte de conservateur.

Ah, et puis, putain!

Oups. J’veux dire:

Criss!

C’est pas une valeur québécoise, ça? Le fait de pouvoir vivre comme on l’entend? Le droit de choisir comment je vais vivre ma vie, de faire à ma tête, selon ma conscience?

D’un peuple descendant d’individus courageux qui, non content de leur sort, ont tout risqué pour venir coloniser une terre froide et cruelle… parce qu’ils voulaient une terre bien à eux… où ils pourraient élever leurs enfants et « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui a produit ces coureurs-des-bois qui ont eu la sagesse de ne pas se borner à leur mode de vie d’origine, mais de choisir une palette de valeurs métissé et adapté à leur nouveau milieu afin de mieux « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui s’est servi de l’Église lorsqu’il avait besoin d’une institution qui lui permettait de « vivre comme il l’entend » alors qu’un Empire tentait par tous les moyens de l’assimiler… mais qui, lors de ses soirées de fêtes, chantait « swingue la bacaisse dans l’fond …d’la boîte à bois » dès que le curé avait le dos tourné…

D’un peuple qui s’est servi de l’État lorsqu’il avait besoin d’institutions lui permettant de « vivre comme il l’entend » alors qu’une Église devenue trop misogyne et xénophobe tentait par tous les moyens de le figer dans l’Histoire… Mais qui demeure un champion du travail et de l’économie « au noir… »

D’un peuple qui lorsque tenté par un post-nationalisme bilingue, multiculturel et pan-canadien illusoire dans lequel il se serait fondu, a su dire: Non. Nous entendons vivre notre liberté en français.

N’est-ce pas de ce peuple que je descends?

N’est-ce pas de ce peuple, de ces traditions, de cette lutte que je tiens ma soif de liberté et cet air frondeur sitôt qu’on se mêle de comment j’ai choisi de vivre ma vie… que ça vienne de l’Évêque, du Ministre ou du Grand Marchand?

Ou est-ce que je nous confonds avec les amerloches?

Est-ce ce peuple qui, maintenant qu’il profite de ses grandes victoires et des immenses progrès qu’il a fait sur tous ces fronts, [Mise à-part la Sainte-Souveraineté, quelqu'un peut-il honnêtement plaider qu'aujourd'hui, le Québec n'est pas « aux Québécois? » Et je vous mets au défi de trouver une autre petite (dans le sens numérique) nation conquise par un empire dans toute l'histoire récente qui s'en soit tirée aussi bien que nous et dont les individus jouisse autant de la liberté de vivre selon sa conscience que la nôtre. Il faut qu'on s'en rende compte, les amis, nous sommes la seule nation du genre à être aussi pleinement intégrée dans la société occidentale qui domine la planète tout en ayant autant gardé notre caractère propre... Nous sommes, à toutes fins pratiques, maîtres chez nous. Nous ne sommes plus les Victimes, nous sommes les Dominants!] maintenant qu’il se retrouve dans la position dominante… qu’il possède pleinement (ok, presque pleinement) tous les moyens de son épanouissement sauf celui, et c’est critique, de conserver son rapport démographique à ses voisins… maintenant que ce peuple, à défaut de se donner les moyens de faire un maudit gros paquet de bébés, a amèrement besoin de tous ces immigrants francophones de bonne volonté pour poursuivre le rêve d’une Grande Nation francophone en Amérique… maintenant que pour la première fois, c’est lui qui est en position de décider pour les autres, il se retourne de bord et adopte les comportements contre lesquels il s’est toujours défendu au nom du droit de vivre comme il l’entend.

Parce qu’en disant ceci:

65% des gens pensent que les petites musulmanes ne devraient pas pouvoir porter leur foulard à l’école

…c’est ce qu’a fait mon peuple.

Pardonnez la référence très anglo-saxonne mais… j’ai l’impression d’être dans Animal Farm!

Parce qu’ici, contrairement aux cas cités plus haut, il ne s’agit pas du tout, mais alors là, pas du tout que « la Société » (et ses institutions) n’aie à accommoder qui que se soit. Il s’agit, à toutes fins pratiques, d’une minorité de gens de bonne volonté, dans la grande majorité déjà francophone, (!) qui sont entièrement prêts à participer à bâtir une nation francophone en Amérique ou les gens peuvent vivre librement, harmonieusement, selon leur conscience (en Français!) qui sont (dans la très, très grande majorité) prêts à s’accommoder soi-même et qui, pour s’accommoder à vivre aussi pleinement selon nos normes tout en conservant, un tant soit peu, un petit morceau de leur identité propre, ont des filles et des femmes qui choisissent de porter un bout de tissu sur la tête, c’est un choix personnel, qui n’exige absolument rien de notre part en tant que culture dominante, et elles sont prêtes à assumer la signification sociale de leur geste. Tout autant que la petite punk qui se fout des boucles d’oreilles où elle n’en a pas et se teint les cheveux de couleurs impossibles.

Pis nous, après avoir bûché pendant quatre siècles… contre l’hiver… contre le courtisan français qui s’foutait d’notre gueule… contre le soldat anglais… contre l’Empire Brittanique qui voulait nous assimiler par force d’armes ou de lois… contre l’Église quand elle a voulu nous imposer une identité dans laquelle on ne se reconnaissait plus… et toujours contre l’hiver… et aujourd’hui contre l’Hégémon américain et globalisant qui est, en partie, animé d’une quête de liberté semblable à la nôtre mais à qui nous disons: Non. Nous voulons vivre notre liberté comme nous l’entendons. Et en Français!… Nous, on se retourne de bord et on dit à ceux qui nous suivent, à ceux dont nous avons besoin pour la poursuite de ce rêve, et en particulier à un petit nombre qui, croyez-moi, plus que les autres, sont prêts à mettre la grande expertise de survie identitaire de leur culture au service de la nôtre et de notre rêve d’un espace francophone en Amérique… mais nous en échange, on leur dit: Non. On aime pas comment vous vivez. …non, pire: On aime pas comment vous vous accommodez à vivre chez-nous. Si vous voulez vivre parmi nous, non seulement notre société ne s’en accommodera pas, (ce qui est normal, dans les limites du raisonnable) mais on va vous dire comment vivre! La liberté de vivre ensemble, mais chacun selon sa conscience, comme il l’entend (et en français) que nous exigeons pour nous n’est pas pour vous, à moins de vous assimiler!

Ceci n’est pas mon peuple. Pas celui pour lequel j’étais prêt à me battre. C’est pas des farces, je ne m’y reconnais plus. Si le pourcentage avait été 30% ou 40%, j’aurais trouvé ça assez normal, société pluraliste oblige, et suffisant pour au moins ouvrir un débat. À 48%-50%, je me serais inquiété, j’aurais sonné l’alarme. Mais vraiment, 65%… je suis complètement sidéré.

J’ai honte.

J’ai honte d’un peuple qui est incapable de se rendre compte de la place privilégiée qu’il occupe dans le monde et qui semble incapable de s’assumer en tant que culture dominante. Un peuple si peureux, si frileux qu’il est prêt, parce qu’encore obsédé par une survie qu’il a largement conquise, à nier à ses meilleurs alliés, plus petits que lui, ce même espace de liberté pour lequel il s’est toujours battu.

Mon peuple est-il fondamentalement totalitaire?… intégriste? N’a-t-il plus de dignité.

Au fond, c’est de ma faute. Je me faisais des illusions dans mon petit oasis de Côte-Des-Neiges parmi tous ces nouveaux arrivants pleins de bonne volonté. Je croyais que j’étais d’un peuple fier et confiant. Mais c’était eux que je voyais.

Saviez-vous que malgré le fait que mon arrondissement soit parmi un de ceux qui sont le plus en proie à la pauvreté, (matérielle) il est deuxième parmi ceux qui sont le moins en proie à la criminalité. Oui, oui, j’ai bien dit: Côte-Des-Neiges/Notre-Dame-De-Grâce, l’arrondissement à la plus grande concentration d’immigrants et de pauvreté à Montréal (donc au Québec) est le deuxième plus « sécuritaire » de la ville. (Ma source est orale, mais elle est sûre) Autre fait à noter, les endroits où pauvreté rime avec criminalité à Montréal aujourd’hui, sont surtout ceux où la pauvreté est celle des gens de mon peuple… je devrais ajouter: et des Anglos (de souche) et des Amérindiens.

Pourtant, pas chez les immigrants (parmi lesquels j’ai la chance de vivre.)

Cette fierté, cette dignité, cette soif de liberté et de paix (et d’entraide), cette volonté de s’accommoder soi-même des travers de la vie… qui appartenait à mes ancêtres, je ne la reconnais plus chez mon peuple aujourd’hui.

Mais je la vois tous les jours autour de moi. Chez ces Philippins qui, malgré la grande pauvreté de beaucoup d’entre eux, mettent chacun leurs meilleurs atours et marchent fièrement lorsqu’ils vont vers l’église le dimanche. Chez la jeune Africaine mono-parentale qui travaille si fort pour si peu et qui malgré le fait que parfois elle ne peut servir qu’un bol de riz à son fils pour souper, continue sans relâche à l’entraîner à être poli, studieux et bien élevé. Chez l’Arabe qui mange un festin bien mérité au soleil, dans le parc, entouré de sa famille. Chez le Péruvien qui travaille deux jobs pour que ses enfants aient une meilleure vie.

Aujourd’hui, mon peuple, c’est eux.


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2007/10/07 20:40

Pourquoi on vient chez-nous

Extrait d’un livre à l’intention des nouveaux arrivants publié « par ordre du Gouvernement de la Province de Québec »

…en 1870!

La conquête de l’aisance, qui en Europe représente les travaux réunis d’une famille pendant plusieurs générations, est la plupart du temps ici l’oeuvre d’un seul individu. Demandez à ce négociant, dont la fortune vous éblouit, à quelle époque remontent les opérations commerciales de la maison qu’il dirige, il vous répondra qu’il y a 15 ans, 20 ans, 30 ans peut-être il est arrivé au Canada sans protection aucune, ne comptant pour sa subsistance que sur le travail du lendemain. Il s’est livré au travail et il est il est parvenu où vous le voyez aujourd’hui.

La Province de Québec et l’Émigration Européenne, page 3

J’ai vécu presque toute ma vie parmi les nouveaux adhérents à notre société et je peux vous dire que c’est ce même rêve qui les anime encore aujourd’hui. Et bien que ce qui est dit dans la citation est moins vrai aujourd’hui que ce l’était à la fin du XIXe siècle, c’est encore vrai pour plusieurs d’entre eux… et toujours beaucoup plus vrai ici qu’ailleurs dans le monde.

Et ça, c’est un aspect de notre société qui est précieux.


Coup de chapeau à Abdul-Rahim pour la découverte.


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