Billets tagués ‘Immigration’

2008/08/12 02:36

Ah, pis une autre affaire, à part de d’ça…

L’autre aspect qui me révolte dans toute la discussion entourant cette tragédie, c’est cette notion que tout ceci relève d’un problème “d’intégration” des “immigrants”. Et que la solution passe par de meilleures “politiques d’intégration”.

C’est l’idée qui m’a tant révolté dans le second billet que j’ai cité ce matin [J'en traite dans un billet plus posé que je ne cesse de promettre (et qui avance)] qui vient d’un blogue “de droite”… Mais voilà que j’apprend, via son commentaire chez l’ami Renart, que notre dangereux pyromane polémique “de gauche” favori soutiens la même thèse dans un billet ou il semble s’être surpassé dans l’ampleur de l’incendie qu’il allume… Si on s’en fie aux dires de Renart, car pour ma part, je suis tombé sur les premières lignes plus tôt, chez Opinions Canada, et j’ai décidé que c’était mieux pour ma santé de ne pas y aller… But apparently, the little mofo did it again, didn’t he?

Donc à gauche comme à droite, on se rabbat sur cette notion stupide.

[Soupir]

Eh, oh, les amis, çe qui se passe à Montréal-Nord n’a rien à voir avec les questions identitaires ou avec la foutue question nationale! C’est d’abord un problème urbain de gouvernance urbaine qui doît relever d’une administration et d’une solution urbaine. [À la limite, ça ne regarde que les montréalais. (Mais tous les montréalais.) Les régions et les banlieusards n'ont pas vraiment à s'en mêler.]

Et cela n’a surtout rien à voir avec un problême d’intégration culturelle d’une population en particulier ou d’une autre. Comme si une absorbtion plus rapide de notre culture nationale mettait qui que ce soit à l’abri de phénomènes comme dimanche dernier.

Parce qu’évidemment, on a pas ça, nous, dans notre belle culture à nous, de la misère et de la pauvreté… on a pas ça, nous, des populations de jeunes sans perspectives et désabusés de l’avenir… et surtout, surtout, nous, on a pas de ça.

Comme si c’était “une meilleure intégration des immigrants” (comme l’entendent ceux qui le clame) qui allait influencer quoi que soit là dedans.

Faites moi rire.


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2007/12/06 21:05

J’insiste

J’ai écrit plusieurs choses que je réservais pour cet espace-ci dans les commentaires d’un billet de Renart sur UHEC.

C’est parfois un peu tout croche… et certains points continueront d’être répétés (de façon plus éloquente, j’espère) ici dans des billets à venir (un jour)…

Mais plusieurs de mes idées sur l’avenir du français et sur le sempiternel débat sur la souveraineté s’y trouvent.

Allez y faire un tour.


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2007/12/04 19:34

Le débat d’aujourd’hui

…est chez Un homme en colère


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2007/11/30 23:53

Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Mes impressions sont ici.

YouTube - Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Finalement il n’a rien dit que je n’ai pas trouvé raisonnable… Et en plus, je dois avouer que je le trouve assez sympathique. Je me sens obligé de le rayer de ma liste de radi-cathos.


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2007/11/23 14:36

L’Église et nous

Je vous invite à faire un tour du coté de chez l’ami Renart qui à publié un court billet sur la plus récente sortie du cardinal Ouellet. Billet qui à mené à une discussion fort intéressante dans les commentaires qui montre bien la variété des réactions face à ce “mea culpa” inattendu du cardinal. On voit d’ailleurs que malgré l’indifférence feinte par certains laïcs endurcis, la question touche à quelque chose de sensible chez “nous” qui est loin d’être réglé ou établi.

Je me suis heurté à une drôle de notion lors de la discussion, que l’Église catholique n’avait pas vraiment progressé depuis 1960. J’ai trouvé ça un peu gros.

Puis ce matin, je suis tombé sur l’excellente chronique de Christian Rioux du Devoir à ce sujet. Comme il le fait souvent, M. Rioux exprime mieux que moi un aspect important de ma pensée et comme je ne peux mettre un lien vers le texte puisqu’il se trouve du coté payant du site du Devoir, je me permet de le reproduire ici car je tiens à la partager. (Il faudra bien un jour ou l’autre que Le Devoir, à l’instar du New York Times, se mette à l’heure de la blogosphère)

Des catholiques qui s’ignorent
Christian Rioux
Édition du vendredi 23 novembre 2007Vue de l’étranger, la polémique qui entoure ce qu’il faut bien appeler la confession de Mgr Ouellet apparaît étonnante. Difficile d’imaginer en France ou en Allemagne un tel émoi autour de la repentance, somme toute assez normale, d’un responsable religieux. L’affaire semble d’autant plus étrange que cela fait déjà un certain nombre d’années que l’Église catholique a entrepris de s’appliquer à elle-même la médecine qu’elle avait réservée autrefois à ses seuls fidèles.

Au lieu de regarder la déclaration de l’archevêque de Québec à la lumière des événements récents, peut-être faudrait-il…

Continuer la lecture…

l’inscrire dans l’histoire de l’Église. Certes, l’agitation permanente qui caractérise les médias rend difficile à comprendre des évolutions aussi lentes. L’Église ne vit pas tout à fait dans le même temps que nous, et c’est tant mieux. Lorsqu’un chef catholique parle, il porte deux millénaires d’histoire sur ses épaules, alors que nous avons parfois de la difficulté à nous rappeler le nom de notre grand-mère.***

C’est peut-être en 1994 que le pas majeur a été franchi. Dans sa lettre apostolique, Jean-Paul II avait alors souligné qu’il était juste que, «le deuxième millénaire du christianisme arrivant à son terme, l’Église prenne en charge avec une conscience plus vive le péché de ses enfants». Plus tard, il précisait que, «lorsque les fautes sont confirmées par une investigation historique sérieuse, l’Église ressent le devoir de reconnaître celles de ses membres et d’en demander pardon à Dieu». Il s’agit, disait-il, «de répondre à une impérative exigence de Vérité».

Depuis, on ne compte plus les repentances. Jean-Paul II a d’abord scellé la réconciliation avec les juifs en se recueillant à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Puis il s’est excusé pour les erreurs passées: croisades, inquisitions, colonisation. Pour une institution qui se prétendait infaillible depuis 1870, il s’agissait d’une vraie révolution.

Depuis, les déclarations n’ont pas cessé. En 1995, c’est encore Jean-Paul II qui présente ses excuses pour l’oppression dont les femmes ont été victimes dans le passé. Le pape estime que le mouvement féministe a été «substantiellement positif» même s’il a sa part d’erreurs. Trop peu pour certains, mais pas à l’échelle d’une institution millénaire.

Dans chaque pays, cette nouvelle attitude a pris des formes particulières. En France, au moment de commémorer la déportation de centaines de juifs vers Auschwitz, l’évêque de Saint-Denis lit la déclaration de repentance de l’Église de France à l’égard des victimes du régime de Vichy. En 1992, l’évêque Charles G. Palmer-Buckle du Ghana s’excuse du rôle joué par les Africains dans le commerce des esclaves en direction des Amériques.

En 2002, le cardinal du plus grand diocèse américain, Roger Mahony, de Los Angeles, ne tarde pas à présenter ses excuses aux fidèles pour le scandale des prêtres pédophiles. Il est suivi par quelque 300 évêques et cardinaux réunis à Dallas, qui demandent pardon. Trois ans plus tard, le cardinal Daly fait la même chose en Irlande, un pays où 90 % de la population est catholique, le plus souvent pratiquante. La chose aurait été inimaginable dix ans plus tôt.

Et dire que certains trouvent que ce n’est pas assez!

***

Une fois ce contexte défini, avouons qu’il y a de quoi s’étonner du caractère épidermique de certaines réactions aux propos de Mgr Ouellet. Les souffrances endurées par les Québécois dans les années 50 n’arrivent quand même pas à la cheville de celles des juifs, des Africains ou des Espagnols de l’époque franquiste. Et si l’Église québécoise a des excuses à faire, on peut aussi juger que, sans elle, nous ne serions pas là pour en parler.

Ces réactions spontanées sont évidemment dues à l’importance qu’a occupée l’Église au Québec. Un peu comme en Pologne et en Irlande. Mais elles manifestent aussi une relation avec la foi qui n’est pas véritablement apaisée. Comment qualifier autrement des propos qui osent traiter l’Église de «cadavre qui grouille encore»?

Si les réactions sont si vives, c’est peut-être que nous tentons éperdument de nous définir hors de la religion alors qu’elle fait encore partie de nous. Parmi les pays que je connais, le Québec est en effet un de ceux qui débordent le plus de ferveur religieuse. Mais nos églises sont vides, direz-vous.

Et pourtant, je connais peu de sociétés où le sentiment religieux pénètre autant les débats de société. Le Québec n’a plus l’armée de missionnaires qu’il a longtemps déployée sur tous les continents, mais celle-ci a été remplacée par des bataillons d’ONG chargées de répandre la bonne parole à travers le monde. Nous ne faisons plus de pèlerinages, mais l’incantation écologiste adopte parfois les mêmes intonations. Nous ne pratiquons plus la confession, mais le discours expiatoire sur ce que nous avons été atteint des proportions abyssales.

Les cours de religion sont sur le point de disparaître. Belle affaire, puisqu’ils reviennent par une autre porte sous le déguisement d’un enseignement éthique qui s’annonce d’un moralisme à faire pâlir les vieux frères des écoles chrétiennes. Certains Québécois ont beau feindre l’indifférence à l’égard de l’Église, ils sont les premiers à revendiquer comme un droit syndical l’ordination des femmes. Même la ministre de la Condition féminine se mêle d’un débat considéré dans les États laïques comme une affaire strictement religieuse. Nous dira-t-elle demain comment choisir les imams et les moines bouddhistes? On n’imagine pas un ministre français s’ingérant de la sorte dans des affaires qui ne le concernent pas. D’ailleurs, qui a remarqué que la lettre de Mgr Ouellet s’adressait aux croyants?

Les Québécois ont beau fuir la religion, celle-ci semble les poursuivre dans tous les recoins de leur être. Il n’y a pas de pire catholique que celui qui s’ignore.

***

crioux@ledevoir.com
Source: Des catholiques qui s’ignorent

Un jour, il faudra bien que les Québécois apprennent à s’apprivoiser eux-même, si nous voulons que les “autres” nous apprivoisent à leur tour.


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2007/11/21 23:59

Melting pot, salade ou poutine?

Je suis en train de scruter la couverture médiatique de la soirée d’hier à la commission Bouchard-Taylor et je suis assez amusé de voir que le J de M m’a (anonymement) cité alors que j’ai spontanément lancé quelque chose tout haut en réponse à un mot d’esprit que faisait M. Bouchard… (Je ne pensais pas l’avoir dit si fort que ça, mais il faut dire que j’étais assis pas mal près des journalistes)

C’est de cette façon imagée qu’un des participants au premier forum des citoyens deMontréal a résumé sa pensée sur la diversité culturelle.«Le monde change rapidement et la société québécoise doit s’adapter. Voulonsnous être un melting-pot ou un bol de salade? Je pense que c’est mieux d’avoir de la laitue, des tomates, des olives et du parmesan», a affirmé Ehab Abouheif, enseignant à l’Université McGill d’origine égypto-palestinienne.

Cette analogie a fait sourire le commissaire Gérard Bouchard, qui a demandé à la foule si on pouvait, au lieu de la salade, être une poutine, car c’est un plat plus québécois. «Il n’y a pas assez d’ingrédients», a crié un participant.

Heh.

Il faut dire aussi que je n’ai jamais été un grand amateur de poutine.

L’article en entier met l’accent sur d’autres moment qui m’on fait sourire hier.

Dont celui-ci:

«Je suis ici depuis peu et, jusqu’ici, il y a deux choses qui me dérangent. La semaine dernière, la Ville de Montréal a remorqué ma voiture et il n’y a pas assez de matchs de foot à la télévision», a blagué Abderrahman Khila.

Et ceci:

André Martens, un immigrant belge installé au Québec depuis 40 ans, a rappelé aux commissaires que les nouveaux arrivants ne quittaient pas leur pays d’origine de gaieté de coeur. «On ne doit pas perdre notre curiosité. Présentement, on est prêts à aller à Marrakech pour boire du thé et manger du couscous, mais on n’est pas prêts à aller dans le Petit Maghreb. Pourtant, le thé sent aussi bon.»

Coup de chapeau à la journaliste qui a très bien résumé, à mon avis, l’atmosphère de la soirée.

…et je l’avoue, ça me surprend du J de M.

Oui, c’est vrai, je suis snob là-dessus.


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2007/11/20 23:59

Mon deux minutes à la commission Bouchard-Taylor

Les habitués de ce blogue savent déjà l’amour farouche que je porte pour Côte-Des-Neiges, mon cartier de résidence où j’ai aussi planté mes racines à l’âge de neuf ans, suite à une enfance assez bohème. Ils savent aussi à quel point je me sens interpellé par toute la question des “accomodements raisonnables,” ainsi que la propension que j’ai à prendre la défense des nouveaux adhérants à notre société et de vanter les succès de l’intégration des jeunes… sans pour autant, loin de là, nier ou avoir honte de mes origines et de mon identité “canadienne-française” dont ce blogue se veut, en partie, un outil de promotion et d’affirmation.

Je ne pouvais donc pas me permettre de ne pas être présent ce soir, alors que cette commission était de passage litéralement à deux rues de chez moi.

Mais deux minutes… Pfff! J’ai assez regardé (et publié) de témoignages à la commission pour comprendre le jeu… et qu’il me serait impossible de tout dire ce que j’avais sur le coeur. De toute façon, j’ai ce blogue pour ça et je ne me suis pas gêné pour me déverser par le passé.

Mais ici, je savais que la seule façon de m’en tirer indèmne était de m’en tenir à pas plus d’une ou deux idées principales et c’est ce que j’ai (maladroitement) tenté de faire.

Voici le résultat:

Commission Bouchard-Taylor: Faites confiance aux jeunes

Eh oui. Glp! C’est moi.


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2007/11/04 23:14

Petite pétition va loin

La pétition « Québécois dits “de souche” contre l’intolérance » dont le troisième point pause problème à l’ami Renart et dont la polémique qui s’en est suivi m’inspire tant de billets sur le thème de la langue ces derniers temps, vient de recevoir un des meilleurs coups de pub qu’on peut avoir au Québec.

Je partage les réserves de Renart concernant le troisième point de la pétition. Mais c’est le message principal qui s’en dégage qui compte. Personne ne se souviendra du point trois… seulement de ce que Dany décrit dans ce clip.


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2007/11/04 15:47

Les accommodements linguistiques selon François

Je vais vous raconter une histoire.

Il s’agit d’une histoire vraie, seuls les noms ont été changés.

C’est l’histoire de François, une jeune informaticien de grand génie qui n’en peut plus de pâtir dans sa France natale. Après ses études, il s’est déniché un boulot stable dans les télécoms. Il développe des algorithmes de gestion de switches qui, à leur tour, contrôlent le flot des informations de communications de toutes sortes. Ce qui, croyez moi les amis, n’est pas un boulot pour les idiots.

Mais François étouffe. La perspective d’évoluer dans ce monde sclérosé, fermé, sans perspective d’avancement, où l’excellence ne sert à rien car tout est réglé par l’ancienneté et où tout le monde est plus intéressé à protéger ses privilèges qu’à accomplir quoi que ce soit, le déprime. François est cent fois meilleur que ses collègues… et il le sait. Il a des idées, au niveau de ce qu’il fait, qui améliorerait grandement le flot des coms. Mais lorsqu’il les présente à ses patrons, il se fait dire de ne pas insister, il a peut-être raison, mais « il ne faut pas trop bousculer les choses… ça dérange. » François n’en peut plus. Il se dit que le seul endroit ou ses talents seront reconnus à leur juste valeur est en Amérique. Mais seulement, voilà, François ne parle ni ne comprend un seul mot d’anglais.

Un seul espoir s’offre à lui, le Québec.

Continuer la lecture…

On dit qu’au Québec, c’est comme en Amérique, que les gens y sont plus libres qu’en France, que l’excellence y est récompensée et qu’une fois qu’on s’habitue à leur drôle d’accent, on s’aperçoit qu’ils parlent français. Et il ne faut pas s’imaginer qu’ils sont toujours dans leurs petits villages, à vivre avec les indiens. Il s’agit d’une société nord-américaine moderne, où tout se passe en français… Génial!
N’écoutant que son courage, François prend la grande décision. Il quitte son boulot, plie bagages et s’envole pour Montréal.Une fois à Montréal, François n’en revient pas, nous sommes encore à l’époque de la bulle DotCom et les offres d’emploi pour un informaticien avec ses qualifications pleuvent de partout. C’était vraiment pas comme ça en France, qu’il se dit. Mais entrevue après entrevue, (ou entretien, comme il dit) c’est la même histoire.

Son CV et son expertise sont impressionnants, (comme je vous l’ai dit, le boulot qu’il faisait en France impressionne ceux qui connaissent ça) sauf qu’à chaque fois, la personne (le plus souvent une dame du département des ressources humaines de l’entreprise) entièrement francophone “pure laine” qui mène l’entretien, achoppe invariablement sur la même question. François ne parle pas anglais et ça, c’est un problème. Un problème au point qu’on ne peut lui accorder l’emploi malgré ses qualifications.

[Note de l'auteur: Je suis moi-même informaticien et je dois dire que je comprends très bien la situation... C'est presque inévitable ici qu'un informaticien du calibre de François soit appelé à collaborer de très près avec divers partenaires et clients unilingues anglophones partout en Amérique du Nord. Une connaissance fonctionnelle de l'anglais est un atout essentiel et ça, c'est une réalité qu'aucune loi québécoise ne peut changer.]

François est complètement découragé. On lui a menti. C’est faux de dire que tout se passe en français ici, puisqu’on ne peut pas se trouver de boulot si on ne parle pas anglais. François veut bien apprendre l’anglais, mais s’il ne se déniche pas un job bientôt, il devra retourner en France… où il devra faire face à tous ceux qui ont ri de lui, ou qui lui ont dit qu’il était taré de tout abandonner pour se lancer dans une telle aventure. Il ne veut vraiment pas retourner, mais il n’aura bientôt plus le choix, car il n’est pas venu jusqu’ici pour laver de la vaisselle…

François est au bout du rouleau. La source est tarie. Un dernier entretien et après… il ne veut pas y penser. La dame qui lui a parlé au téléphone ne semblait pas avoir pas d’accent. C’est bon signe, espère-t-il. Quelqu’un du pays, peut-être? La boîte où il doit se présenter est à un autre endroit que ceux auxquels il s’était accoutumé dans sa chasse aux entretiens. L’adresse complète dans le courriel n’indique pas Montréal, mais Westmount. Il se demande bien ce que ça signifie.

Arrivé dans la boîte, le dame qui l’accueille est bien celle à qui il a parlé, mais elle n’est pas française. C’est une Québécoise d’origine iranienne dont la famille a quitté l’Iran lors de la révolution islamique lorsqu’elle était jeune pour vivre quelques années en Algérie avant de venir s’installer ici pour de bon. Aujourd’hui, elle parle quatre langues, le perse, l’arabe, le français et l’anglais… et c’est sans compter les dialectes!

Elle le met à son aise. Mais sitôt, elle lui explique que l’entretien sera mené par deux des propriétaires de l’entreprise et que…

Début de l’entretien. François a devant lui Bill, un anglophone de Westmount qui a passé la majeure partie de sa vie adulte aux États-Unis et qui ne comprend pas le français, et Gabriel, un Chinois de Hong Kong qui est venu ici étudier à McGill il y a plusieurs années et qui est resté. Gabriel est plus accoutumé au français que Bill, il le comprend mieux qu’il ne le laisse entendre, mais il a peine à placer un mot devant l’autre lorsqu’il s’agit de le parler. Encore plus décourageant pour François, il vient de comprendre qu’il est tombé sur une petite boîte où tout se passe presque uniquement en anglais… malgré la présence de quelques francophones. Je suis cuit, se dit-il.

Mais rapidement, grâce à la bonne volonté de tous, une communication s’établit à l’aide de signes, de quelques mots clés et d’un tableau blanc. Gabriel parle en anglais, lentement, en qualifiant ce qu’il peut par les mots français qu’il connaît, alors que François fait de même, mais à l’inverse. Heureusement, il découvre qu’il a devant lui pas seulement des entrepreneurs, mais des informaticiens de haut calibre qui réussissent à lui présenter des problèmes qui le font vraiment réfléchir. Mais lui, réussit, à l’aide du tableau, à leur démontrer comment il résoudrait chaque problème et malgré la barrière de langue, tous se comprennent, car tous connaissent le langage des algorithmes. Bill et Gabriel saisissent vite qu’ils ont devant eux un petit génie, un penseur informatique hors-pair, et l’embauchent sur-le-champ.

Depuis ce temps, François travaille de très près avec Gabriel, les deux continuent à s’améliorer dans la langue de l’autre. Et lorsqu’il s’agit de collaborer avec des anglos, Gabriel est présent pour aider François qui lui, s’est avéré fort utile lorsqu’il fut question de convaincre de nouveaux partenaires francophones.

Aujourd’hui, François est heureux. Ses talents sont reconnus à leur juste valeur et son nom circule dans plusieurs milieux unilingues anglophones qui, j’en suis certain, seraient prêts à l’embaucher malgré la barrière de langue.

Fin de l’histoire.

——————————————–

C’est ironique, n’est-ce pas, qu’un cousin français vienne ici se chercher du boulot et que le seul endroit qui accepte de l’embaucher soit une petite boîte unilingue anglophone de Westmount?

Ça donne à réfléchir. Non?



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2007/11/02 14:45

Présence du Français: Agir d’une position de force

Ce billet est inspiré et fait suite à la discussion qui a lieu sur le blogue de Renart L’éveillé, dans un billet où il nous explique pourquoi il ne peut pas signer la lettre ouverte « Québécois dits “de souche” contre l’intolérance »

La polémique tourne autour du point trois de la lettre qui s’oppose à l’idée d’un test de Français pour l’obtention d’une citoyenneté québécoise.

Je tiens à dire que je supporte cette idée et que mes problèmes avec le projet de loi 196 se situent ailleurs. J’ai expliqué ma position ici et dans les commentaires du billet de Renart.

Je ne cherche plus à convaincre Renart de signer la lettre. (Je relis le point trois et je suis assez inconfortable avec le fait que j’y ai associé mon nom. Mais je l’ai fait pour l’ensemble du propos)

Sauf que la discussion m’a poussé à vouloir clarifier mes positions sur la question de la langue. Surtout après ces deux commentaires de Renart:

Dans le fond, tout ce que je dis, c’est qu’il ne faut pas baisser les bras et j’ai l’impression que vous essayez de m’en convaincre…

Et:

encore, à vous lire, ça me donne une autre bonne raison d’être borné, juste pour faire contrepoids. Si la majorité des francophones se disent qu’il n’y a pas de problème, quand il y en aura un sérieux, il sera trop tard… J’ai même l’impression qu’il est déjà trop tard : pour la majorité, vouloir protéger le français est considéré comme raciste, xénophobe et intolérant. C’est comme ça que je me sens jugé de votre part.

Je livre ma réponse dans ce billet qui est écrit sous forme de lettre à Renart, mais qui se veut aussi une lettre ouverte à tous ceux qui ont la “défense” du Français à coeur.

———————————————

Renart,

Je suis loin de vouloir te convaincre de baisser les bras. Bien au contraire.

Contrairement à toi et à Eric, le concept de citoyenneté québécoise en est un auquel je réfléchis déjà depuis un bout de temps et qui me tenait à coeur bien avant qu’il soit question de ce projet de loi particulier. Ce concept fait partie de mes nombreuses idées de progression hyper-gradualiste pour l’épanouissement de notre nation vers une souveraineté de facto dont la reconnaissance formelle ne deviendra alors qu’une formalité. Ma démarche en critiquant certaines dispositions de la loi dans sa forme actuelle et en dénonçant le mauvais timing de sa présentation en est une qui vise à sauver ce concept de la surenchère politique actuelle qui risque de le stigmatiser pour de bon. C’est parce que je veux son succès que je souhaite qu’il soit retiré et repensé.

De plus, je tiens à dire que le rayonnement du Français en Amérique est la cause qui me tient le plus à coeur. C’est la motivation numéro un derrière mon blogue. Le conflit linguistique est le combat de toute une vie pour moi.

Je te dirais même qu’ayant grandi (depuis l’âge de 9 ans) dans Côte-Des-Neiges et N.D.G. (aux frontières du West Island) j’ai passé presque toute ma vie à vivre et à évoluer sur les lignes de front de ce conflit.

J’irais encore plus loin en te disant que mes racines franco-ontariennes font de la lutte pour le français quelque chose qui est inscrit dans mon sang. (Les Québécois se “sentent” minoritaires et menacés dans leur identité, mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est que d’être vraiment minoritaires et de ressentir une volonté explicite et agressive d’assimilation de la part d’une culture dominante qui détient absolument TOUS les leviers du pouvoir)

Ma conscience de la dimension générationelle du conflit commence dès ma tendre enfance, alors que mon arrière grand-mère nous racontait comment, en 1918, elle et ses comparses ont renvoyé, poêle de fonte et rouleau-à-pâte à la main, l’inspecteur du gouvernement ontarien qui voulait s’assurer que l’enseignement ne soit pas dispensé “illégalement” en Français dans l’école de la paroisse.

À mon école secondaire (Saint-Luc) à quelques blocs de Montréal-West, là où commence le West-Island, où seulement 15% de la population étudiante était née au Canada (ce qui, dans ce coin de l’île, n’en fait pas tous des “de souche”) la question de l’avenir du Français en était une de tous les jours… de chaque instant.

Mon bilinguisme profond (je pense et rêve dans les deux langues) fait aussi de la lutte pour la prédominance du Français, un conflit qui se joue tous les jours au plus profond de mon âme.

Alors crois moi lorsque je te dis que j’ai le feu sacré lorsqu’il s’agit de me battre pour l’épanouissement du Français.

Et que je tiens autant (sinon plus) que toi à faire en sorte d’augmenter le poids du Français à Montréal comme partout ailleurs en Amérique où c’est possible. (Et il y a beaucoup à faire de ce côté.)

Mais, en effet, j’ai la prétention de croire que tout ce que j’ai énuméré plus tôt, mes origines, mon parcours, mes circonstances particulières… (combiné à un sens aiguisé de l’Histoire motivé d’abord par la question qui nous préoccupe)…me donnent une perspective et une profondeur d’analyse quand aux moyens qui sont propices à produire les meilleurs résultats ainsi qu’aux pièges à éviter dans cette entreprise.

Je ne prétends pas du tout posséder toutes les bonnes réponses, mais je suis convaincu d’avoir mis le doigt sur la bonne façon de se poser la question… que je formulerais comme suit: « Quels sont les moyens d’imposer le Français de façon à ce que ceux qui se le font imposer n’ai pas du tout l’impression de se le faire imposer et si possible qu’ils aient même l’impression de l’avoir demandé eux mêmes? » … Hmmm… je n’y avais jamais pensé comme ça avant, mais une autre façon de le dire serait que les meilleurs moyens à utiliser pour augmenter la présence du Français dans le “marché” linguistique sont ceux du néo-libéralisme tel que conçu par la gauche!

Bon. Je crois que je viens peut-être de me tirer dans le pied avec une partie de mon auditoire… Revenez! Je ne fais que de l’esprit.

Je reviens à mon propos.

Tu comprendras que mon approche consiste à trouver les moyens de maximiser les résultats tout en minimisant le plus possible (et c’est très important) le ressentiment de toute part. Car c’est là justement que se trouve le principal piège à éviter.

Aussi légitime que soit notre cause… Aussi sincère que soit notre approche… aussitôt que nous voyons poindre du ressentiment, du braquage de positions, etc… de l’autre côté, il faut à tout prix éviter de se laisser aller à notre propre ressentiment, tout justifié soit-il. Sinon on se retrouvent dans la situation que j’ai décrite plus tôt dans un autre commentaire où tout le monde a raison, plus personne ne bouge, la gangrène s’installe et plutôt que de s’approcher de notre objectif nous nous en éloignons, car il faudra nettoyer la gangrène avant de pouvoir à nouveau progresser.

Ah, mais pourquoi diable est-ce tout le temps nous et pas les autres qui devont rester sensible? et flexible? et gentil? et compréhensif? etc… etc…

Plusieurs raisons. D’abord, parce qu’en situation de braquage mutuel, la flexibilité nous donne l’avantage de pouvoir toujours redéfinir le terrain à notre avantage.

Mais surtout, parce que nous sommes les plus forts.

Le braquage de position est une stratégie utile (parfois nécessaire) seulement lorsqu’on est en position de faiblesse. Elle est très dangereuse et le plus souvent contre-productive lorsqu’utilisée d’une position de force, c’est-à-dire là où nous sommes en mesure d’imposer nos volontés à l’autre. Dès que nous nous trouvons dans cette situation, il faut être extrêmement habile et prudent. Celui qui, d’une position de force se braque et impose à l’autre partie ses volontés, se donne une victoire immédiate, mais illusoire et empoisonnée. Car il aura créé du ressentiment chez l’autre qui, s’il n’y est pas extrêmement sensible, reviendra lui exploser dans la figure et détruire les gains acquis. Le degré de noblesse et de justification légitime derrière l’initiative de la partie forte ne changera en rien le montant de ressentiment créé par son imposition. Pire, plus le sentiment de légitimité est fort, plus il court le risque de nous aveugler au ressentiment qu’il génère. (voir États-Unis d’Amérique)

Mais je sens déjà ta frustration… Nous ne sommes justement pas dans une position de force! Nous baignons dans une mer anglo-saxonne, collé à la capitale mondiale de l’hégémon marchand, globalisant et anglicisant qui domine notre ère, nous n’avons pas le choix que de nous braquer à un moment donné ou l’autre, te dis-tu.

En effet, c’est complexe. Il faut comprendre que notre situation particulière fait que nous avons les deux rôles et que la légitimité de notre cause (et surtout de notre ressentiment) fait qu’on tend à se mélanger de tactique selon la cible.

Du point de vue du citoyen non francophone, nous sommes les plus forts car nous avons entre nos mains l’instrument législatif. Il nous incombe alors, surtout lorsqu’on est sur le terrain sensible des questions identitaires, dont la langue fait partie, d’être ferme et catégorique dans l’élaboration de nos objectifs, mais infiniment sensible, flexible et surtout, agile dans les moyens qu’on utilise pour y arriver.

Alors, j’espère que tu comprends que ma critique n’est pas envers ton élan à vouloir défendre le Français. Bien que je préfère parler de promotion, de rayonnement et d’épanouissement que de “défense”, je suis avec toi à 100% là-dessus. Ma critique est seulement envers certaines tactiques que tu prônes pour y arriver et le fait que tu sembles laisser la légitimité de ton ressentiment guider ta stratégie et t’aveugler aux obstacles que ça produit sur le terrain. Tu tombes dans le piège du fort qui se braque.

Mon acharnement vient du fait que de mon point de vue, se braquer sur nos positions lorsque nous créons trop de ressentiment chez ceux sur qui nous avons la main haute, nous fait reculer au lieu d’avancer et rend les avancées futures encore plus difficile. Je m’acharne parce que je le perçois comme faisant du tord à la cause qui m’est la plus chère: La consolidation et l’épanouissement du fait Français en Amérique du Nord.

Qu’est-ce que je propose, alors, tu demandes?

Il n’y a pas de remède miracle, il faut multiplier les initiatives, mesurer sobrement les résultats, rester vigilants, encourager ce qui fonctionne, modifier ce qui produit du ressentiment de façon à le contourner ou mieux encore, à le détourner à notre avantage… insister sur ce qui rassemble, aplanir ce qui divise, toujours être prêt à modifier notre approche selon les circonstances et surtout, surtout ne jamais se braquer et dire que nous sommes intraitables (même lorsque nous le sommes) Il faut, en somme, agir comme une culture dominante consciente du pouvoir qu’elle détient et sensible au ressentiment inévitable qu’elle génère par le simple fait de sa dominance.

J’ai toujours cru que la culture francophone d’Amérique, grâce à ce double statut réel d’être à la fois culture dominante à un niveau de réalité et dominé à un autre, était l’une des mieux placées au monde pour vraiment bien comprendre ce jeu des cultures et qu’elle pourrait ainsi ainsi se tailler une place de choix dans l’étrange échiquier culturel que nous annonce le processus aplanissant de mondialisation économique et de démocratisation de l’information en cours aujourd’hui.

Mais pour cela, il faut qu’elle apprenne à apprivoiser son pouvoir réel et à l’utiliser habilement. Il faut qu’on arrête de penser et d’agir en dominé quand on joue sur le plan dominant.

J’irais même plus loin, ce n’est qu’en adoptant les stratégies d’une culture qui est en position de force (même lorsque nous ne le sommes pas vraiment) que nous réussirons à nous affranchir de ce qui reste de notre position de faiblesse réelle. Et être en position de force signifie ne pas se laisser aller à la peur (même lorsqu’il y a bonne raison) et comprendre que le dernier mot nous appartiens et que nous pouvons donc nous permettre d’être magnanimes pour arriver à nos fins.

Agir en dominant ne veut pas dire, par-contre, de répéter les erreurs des autres cultures dominantes. Je lève les yeux au ciel à chaque fois que j’entend un nationaliste dire quelque chose du genre: « Pourqoi on prendrait pas exemple sur le Canada Anglais? Eux se sont pas gênés pour nous imposer tel ou tel truc. Pourquoi nous on pourrait pas faire la même chose à l’intérieur de notre espace à nous? » Hé! Ho! Le nationaliste… toi, aujourd’hui, est-ce que tu ressens une loyauté quelconque envers le Canada Anglais? Non? C’est donc que ça pas vraiment marché leur affaire… Pis tu veux qu’on fasse la même chose? Trouvez l’erreur.

C’est vrai qu’au fond nous ne partageons pas exactement la même analyse des dangers et des solutions. Pour ma part, après avoir passé une vie à naviguer le cas de Montréal, je trouve que la situation ici est plus ou moins “sous contrôle.” Il faut rester vigilant et il y a beaucoup à faire pour accélérer la cadence… mais je crois sincèrement que nous sommes sur la bonne voie. Je suis beaucoup plus préoccupé par le sort du Français à l’extérieur de nos frontières et j’aimerais beaucoup convaincre mes concitoyens québécois qu’il nous appartient à nous de nous en occuper. Plus le Français rayonne ailleurs en Amérique, plus il sera en sécurité ici.

En terminant, j’espère que tu auras compris que je ne suis pas de ceux qui prétendent simplement que tout va bien et qu’on a qu’à laisser les choses aller d’elle-même. Que mon but n’est pas de te faire baisser les bras, mais seulement de te faire changer de perspective dans ton analyse et de stratégie pour atteindre les buts que nous partageons.

Quand au fait qu’on te fait sentir comme un xénophobe raciste à chaque fois que tu parles de défendre ta culture…

Welcome to the wonderful world of dominant cultures, my friend. Get used to it, we just can’t win on that one. It’s best to just be gracious about it. After all, we are on top.


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2007/10/31 14:17

Pourquoi j’ai signé la pétition « Québécois dits "de souche" contre l’intolérance » malgré certaines sérieuses réserves

J’ai appris l’existence de cette pétition grâce à un billet de Renart L’éveillé où il nous explique pourquoi il ne peut la signer malgré sa grande tolérance naturelle (en faveur de laquelle je témoigne volontiers).

La pétition est ici.

J’avoue que le libéllé du point numéro trois, tel qu’originalement écrit et raporté par Renart m’aurait aussi posé problème et m’aurait empêché d’y apposer mon nom. La révision, qui n’est toujours pas assez pour Renart, me pose encore problème mais a été assez diluée pour que je puisse m’y joindre.

À condition de pouvoir y enregistrer mes dissidences particulières, ce qui fut fait.

Je reproduis ici le commentaire qui
Continuer la lecture…
accompagne ma signature:

Je signe malgré mes réserves à certains aspects du texte parce qu’en tant que Québécois “de souche” ayant passé la majeure partie de ma vie à Côte-Des-Neiges à vivre parmi les immigrants, je suis profondément choqué et blessé par l’intolérance démontrée par trop de mes concitoyens.Par contre, mes réserves sont que j’appuie le principe d’une citoyenneté québécoise qui soit liée à la connaissance ou la volonté d’aprentissage du Français. Mais étant de nature profondément accommodante, je serais beaucoup plus inclusif dans sa présentation et flexible son application. Et je suis d’accord pour dire que le projet, tel présenté par le PQ, est d’une maladroitesse et d’une insensibilité malheureuse (presqu’absurde) en faisant une exigeance légale (la connaissance du Français pour se présenter à un poste électif) d’un principe qui est déjà très bien établi dans les us et coutumes, qui ne pose problême à personne et qui n’avais donc nullement besoin d’être codifié de la sorte. C’est vrai que cela présume injustement d’un manque de volonté qui n’existe tout simplement pas au sein des nouveaux adhérants à notre société. Bien au contraire…

Et je suis très d’accord pour dire que d’introduire ce projet de loi à ce moment-ci, dans sa forme actuelle, en pleine session de défoulement, relève d’une irresponsabilité étonnante.

De plus, bien que je suis loin d’aller aussi loin que Bock-Coté dans mon analyse… je ne suis pas prêt à condamner son discours aussi catégoriquement. Je crois qu’il existe un espace raisonnable de discussion où ses positions sont légitimes et méritent d’avoir voix au chapître (et non de dominer la discussion).

Ayant dûement inscrit mes dissidences particulières au libéllé, je signe avec enthousiasme cette pétition car il faut se prémunir contre l’intolérance aveugle quelle que soit son origine.

Alain Berger, Québécois d’origine “canayenne”


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2007/10/31 00:14

Bouchard-Taylor: Témoignage attachant d’une jeune musulmane

Mon second vrai coup de coeur parmi tous les témoignages que j’ai vu. Et je ne suis pas le seul à avoir eu un tel élan… elle a reçu, je crois, les applaudissement les plus chaleureux de la soirée… et de tout de que j’ai vu à la commission. Vraiment, ce soir (mardi) était un contraste net avec la soirée d’hier.

Cette jeune Québécoise d’origine marocaine a 14 ans et elle exprime plus efficacement que moi ce que j’ai envie de dire:

 

YouTube - Commission Bouchard-Taylor: Tolérance

Oui, oui …est ben cute. Pis elle a besoin d’apprendre à prononcer quiconque… dyslexie?


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2007/10/30 22:44

Hier soir à la commission: Mes coups de chapeau

Mes deux seules fleurs dans les champs d’intolérance qu’étaient les témoignages que j’ai vu hier (lundi) à la commission BT.

D’abord un homme anglophone natif de Québec nous rappelle que les valeurs québécoises et les valeurs musulmanes sont, au fond, les mêmes.

Puis, une historienne nous parle de l’importance de pouvoir s’afficher pleinement tel qu’on est sur la place publique… et sur le sens du mot accueil

 

YouTube - Bouchard-Taylor: Valeurs québécoises et islamique (liberté)

 

YouTube - Commission Bouchard-Taylor: S’afficher sur la place publique

Les deux mots que je retiens: Liberté et épanouissement


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2007/10/30 13:58

Éviter l’exemple de la France.

Je commence par un coup de chapeau à Mouafek (alias giguini) qui a repris les extraits de l’entrevue de l’Imam Koné sur DailyMotion, un autre site de partage de vidéos « fréquenté par plusieurs musulmans » les discussions qu’on y trouve sont encore plus intéressantes que celles sur YouTube.

J’en reproduis ici un extrait quiContinuer la lecture… a attiré mon attention.

salamislam

Salam Aleykoum!
Merci de nous avoir mis cette vidéo! Je viens de France, et je suis très surprise de voir un imam dans un plateau télé, c’est pas comme en France,c’est rare.
j’imagine qu’au Canada, les gens sont tolérants vis à vis des musulmans,
en tout cas machAllah l’imam, c’est un bon comportement de musulman!
Salam Aleykoum,
qu’ALLAH vous protège, Amine

giguini

Comme l’Imam dit dans la video,apres le 11 septembre il n ya plus de tolerance vis a vis des musulmans au Canada, tu es un arabe donc tu es musulman donc tu es terroriste, les medias ici,au canada, invite souvent des imams controversés et extremiste dont un,ils en parlent dans cette video,Imam jaziri(http://fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_Jaziri) qui a donné une mauvaise impression sur nous les musulmans,et suite a plusieurs mail ils ont decidé,enfin,d’inviter un Imam qui represente mieux les musulmans au Canada et partout dans le monde

salamislam

Après le 11 septembre, de partout il n’y a plus de tolérance vis à vis des musulmans,
mais dans ces vidéo (les 3parties) on sent vraiment que les gens respectent cette imam, ils sont gentils avec lui, il écoutent quand il parle, ils interrompt pas, et surtout l’imam répond bien à toutes les questions,
alors que d’habitude, quand un musulman est invité à la tv française, il n’y a pas du tout ce climat de respect, tu parle, je te coupe tout de suite la parole…
Bref, c’est que je remarque personnellement comme différence entre la France et le Canada,

giguini

tu as raison,les gens ici sont respectueux

Je vous le dis les amis… ceux de mes compatriotes qui voient la France comme un exemple à suivre en matière d’intégration et de laïcité me font peur, vous avez pas idée.


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2007/10/23 21:10

Commission Bouchard-Taylor: L’obligation de vivre ensemble

Mon premier vrai coup de coeur parmi tous les témoignages à la commission que j’aie vu.

Citation de choix:

Je me présente, Gaetan Bouchard, je suis Métis d’ascendence Huronne-Ouandatte-Française et euh… je pense que mes ancêtres provenaient du Kenya, il y a quelques millions d’années.

Son témoignage complet (la conclusion en vaut la peine):

YouTube - Commission Bouchard-Taylor: L’obligation de vivre ensemble


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2007/10/23 18:11

L’Imam Omar Koné à Tout le monde en parle

Un coté de l’Islam qu’on ne voit pas assez… [soupir] pourtant c’en est un qui est infiniment plus représentatif.

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (1 de 3)

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (2 de 3)

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (3 de 3)

Ajout: (28 février 2008) Suite à une plainte de La Société Radio-Canada, tous les extraits de Tout le monde en parle (édition québécoise) ont été retiré de YouTube. Par contre l’entreuvue est toujours disponnible sur le site DailyMotion.com


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2007/10/10 14:02

Soixante-Cinq pour Cent

C’est pas des farces, les amis, je suis vraiment, vraiment découragé.

Je ne pensais sérieusement pas qu’on en était .

Que « Quelque 90% des personnes sondées rejettent l’idée de leçons de natation particulières pour les filles, ou encore la possibilité de voter le visage voilé, » je comprends, je suis d’accord. Sauf que je n’ai aucun problème avec la première chose dans un contexte privé (Là où une piscine offre la possibilité de louer du temps à l’usage exclusif de groupes ou d’associations privées, est-ce de mes affaires s’il s’agit d’un groupe formé uniquement de femmes et de filles?) et la seconde va de soi… Bien que j’insiste pour répéter: Aucune demande du genre n’a encore jamais été présentée. Aucune.

Que « La même proportion de répondants s’oppose à la demande des hassidim d’obtenir un évaluateur masculin pour un examen de conduite à la Société d’assurance automobile du Québec, » là aussi, je suis complètement dans la mouvance. Je vous confesse même le léger plaisir mesquin que je ressens à l’idée de l’Hassidim borné dont la « performance » est soudainement soumise au jugement d’une femme qui a l’autorité de lui dire qu’il « n’a pas les talents nécessaires » si c’est le cas. Le « raisonnement » qui me passe par la tête dans ce cas-ci est, j’imagine, semblable à celui de la moyenne de mes compatriotes: Tu as choisi de vivre selon des règles strictes et anciennes qui te viennent de Dieu, M. Hassidim? Très bien. C’est ton droit (et celui de ton épouse.) Mais n’oublies pas que tu vis dans une société qui a fait des choix différents. Et lorsque tu as affaire à l’appareil d’État de cette société, c’est à toi de t’accommoder. Sauf que j’ai la même attitude envers les jeunes gauchistes marginaux et idéalistes qui rejettent le système marchand qui, selon moi, leur permet d’exister: Vas-y avec ta simplicité volontaire et ton dumpster diving freeganistique, tu as mon respect, car tu vis tes convictions (tout comme l’Hassidim,) mais ne viens pas ensuite me dire que tu as faim et que je dois contribuer davantage de mon pécule pour ton bien-être. La société a fait des choix différents et si tu veux y vivre en marge, très bien, mais accommode-toi.

Mais je ne fais ici que défendre un « droit » que je me réserve moi-même; celui de vivre ma vie comme je l’entends, de ne pas adhérer entièrement à ce que « la Société » m’impose comme mode de vie. Ceci dit, je reconnais entièrement la nécessité pour « la Société » de se donner des valeurs et des institutions qui inspirent l’adhésion du plus grand nombre. C’est là un des ingrédients essentiels à ce qu’elle puisse créer un espace de sécurité et de liberté suffisant pour que j’aie (tout comme l’Hassidim, tout comme le Marginal) le luxe de choisir les valeurs personnelles selon lesquelles j’entends mener ma vie. C’est pourquoi je ne demande aucunement à ce qu’elle m’accommode sur les points où je choisis de ne pas suivre la masse. C’est mon choix et je suis prêt à en assumer les conséquences.

Pour moi, cet espace de sécurité et de liberté est l’élément le plus précieux de la société dans laquelle je vis (ça et le fait de vivre en français) et toute pensée politique que je puisse avoir, aussi ambivalente et paradoxale puisse-t-elle paraître parfois, est fondé sur la recherche de l’équilibre entre le maintien de cet espace de sécurité et de liberté qui m’est si précieux et la solidité des assises sociétaires que je crois nécessaire à son existence (et le fait de pouvoir faire tout ça en Français.) Je suppose que cela fait de moi une sorte de conservateur.

Ah, et puis, putain!

Oups. J’veux dire:

Criss!

C’est pas une valeur québécoise, ça? Le fait de pouvoir vivre comme on l’entend? Le droit de choisir comment je vais vivre ma vie, de faire à ma tête, selon ma conscience?

D’un peuple descendant d’individus courageux qui, non content de leur sort, ont tout risqué pour venir coloniser une terre froide et cruelle… parce qu’ils voulaient une terre bien à eux… où ils pourraient élever leurs enfants et « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui a produit ces coureurs-des-bois qui ont eu la sagesse de ne pas se borner à leur mode de vie d’origine, mais de choisir une palette de valeurs métissé et adapté à leur nouveau milieu afin de mieux « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui s’est servi de l’Église lorsqu’il avait besoin d’une institution qui lui permettait de « vivre comme il l’entend » alors qu’un Empire tentait par tous les moyens de l’assimiler… mais qui, lors de ses soirées de fêtes, chantait « swingue la bacaisse dans l’fond …d’la boîte à bois » dès que le curé avait le dos tourné…

D’un peuple qui s’est servi de l’État lorsqu’il avait besoin d’institutions lui permettant de « vivre comme il l’entend » alors qu’une Église devenue trop misogyne et xénophobe tentait par tous les moyens de le figer dans l’Histoire… Mais qui demeure un champion du travail et de l’économie « au noir… »

D’un peuple qui lorsque tenté par un post-nationalisme bilingue, multiculturel et pan-canadien illusoire dans lequel il se serait fondu, a su dire: Non. Nous entendons vivre notre liberté en français.

N’est-ce pas de ce peuple que je descends?

N’est-ce pas de ce peuple, de ces traditions, de cette lutte que je tiens ma soif de liberté et cet air frondeur sitôt qu’on se mêle de comment j’ai choisi de vivre ma vie… que ça vienne de l’Évêque, du Ministre ou du Grand Marchand?

Ou est-ce que je nous confonds avec les amerloches?

Est-ce ce peuple qui, maintenant qu’il profite de ses grandes victoires et des immenses progrès qu’il a fait sur tous ces fronts, [Mise à-part la Sainte-Souveraineté, quelqu'un peut-il honnêtement plaider qu'aujourd'hui, le Québec n'est pas « aux Québécois? » Et je vous mets au défi de trouver une autre petite (dans le sens numérique) nation conquise par un empire dans toute l'histoire récente qui s'en soit tirée aussi bien que nous et dont les individus jouisse autant de la liberté de vivre selon sa conscience que la nôtre. Il faut qu'on s'en rende compte, les amis, nous sommes la seule nation du genre à être aussi pleinement intégrée dans la société occidentale qui domine la planète tout en ayant autant gardé notre caractère propre... Nous sommes, à toutes fins pratiques, maîtres chez nous. Nous ne sommes plus les Victimes, nous sommes les Dominants!] maintenant qu’il se retrouve dans la position dominante… qu’il possède pleinement (ok, presque pleinement) tous les moyens de son épanouissement sauf celui, et c’est critique, de conserver son rapport démographique à ses voisins… maintenant que ce peuple, à défaut de se donner les moyens de faire un maudit gros paquet de bébés, a amèrement besoin de tous ces immigrants francophones de bonne volonté pour poursuivre le rêve d’une Grande Nation francophone en Amérique… maintenant que pour la première fois, c’est lui qui est en position de décider pour les autres, il se retourne de bord et adopte les comportements contre lesquels il s’est toujours défendu au nom du droit de vivre comme il l’entend.

Parce qu’en disant ceci:

65% des gens pensent que les petites musulmanes ne devraient pas pouvoir porter leur foulard à l’école

…c’est ce qu’a fait mon peuple.

Pardonnez la référence très anglo-saxonne mais… j’ai l’impression d’être dans Animal Farm!

Parce qu’ici, contrairement aux cas cités plus haut, il ne s’agit pas du tout, mais alors là, pas du tout que « la Société » (et ses institutions) n’aie à accommoder qui que se soit. Il s’agit, à toutes fins pratiques, d’une minorité de gens de bonne volonté, dans la grande majorité déjà francophone, (!) qui sont entièrement prêts à participer à bâtir une nation francophone en Amérique ou les gens peuvent vivre librement, harmonieusement, selon leur conscience (en Français!) qui sont (dans la très, très grande majorité) prêts à s’accommoder soi-même et qui, pour s’accommoder à vivre aussi pleinement selon nos normes tout en conservant, un tant soit peu, un petit morceau de leur identité propre, ont des filles et des femmes qui choisissent de porter un bout de tissu sur la tête, c’est un choix personnel, qui n’exige absolument rien de notre part en tant que culture dominante, et elles sont prêtes à assumer la signification sociale de leur geste. Tout autant que la petite punk qui se fout des boucles d’oreilles où elle n’en a pas et se teint les cheveux de couleurs impossibles.

Pis nous, après avoir bûché pendant quatre siècles… contre l’hiver… contre le courtisan français qui s’foutait d’notre gueule… contre le soldat anglais… contre l’Empire Brittanique qui voulait nous assimiler par force d’armes ou de lois… contre l’Église quand elle a voulu nous imposer une identité dans laquelle on ne se reconnaissait plus… et toujours contre l’hiver… et aujourd’hui contre l’Hégémon américain et globalisant qui est, en partie, animé d’une quête de liberté semblable à la nôtre mais à qui nous disons: Non. Nous voulons vivre notre liberté comme nous l’entendons. Et en Français!… Nous, on se retourne de bord et on dit à ceux qui nous suivent, à ceux dont nous avons besoin pour la poursuite de ce rêve, et en particulier à un petit nombre qui, croyez-moi, plus que les autres, sont prêts à mettre la grande expertise de survie identitaire de leur culture au service de la nôtre et de notre rêve d’un espace francophone en Amérique… mais nous en échange, on leur dit: Non. On aime pas comment vous vivez. …non, pire: On aime pas comment vous vous accommodez à vivre chez-nous. Si vous voulez vivre parmi nous, non seulement notre société ne s’en accommodera pas, (ce qui est normal, dans les limites du raisonnable) mais on va vous dire comment vivre! La liberté de vivre ensemble, mais chacun selon sa conscience, comme il l’entend (et en français) que nous exigeons pour nous n’est pas pour vous, à moins de vous assimiler!

Ceci n’est pas mon peuple. Pas celui pour lequel j’étais prêt à me battre. C’est pas des farces, je ne m’y reconnais plus. Si le pourcentage avait été 30% ou 40%, j’aurais trouvé ça assez normal, société pluraliste oblige, et suffisant pour au moins ouvrir un débat. À 48%-50%, je me serais inquiété, j’aurais sonné l’alarme. Mais vraiment, 65%… je suis complètement sidéré.

J’ai honte.

J’ai honte d’un peuple qui est incapable de se rendre compte de la place privilégiée qu’il occupe dans le monde et qui semble incapable de s’assumer en tant que culture dominante. Un peuple si peureux, si frileux qu’il est prêt, parce qu’encore obsédé par une survie qu’il a largement conquise, à nier à ses meilleurs alliés, plus petits que lui, ce même espace de liberté pour lequel il s’est toujours battu.

Mon peuple est-il fondamentalement totalitaire?… intégriste? N’a-t-il plus de dignité.

Au fond, c’est de ma faute. Je me faisais des illusions dans mon petit oasis de Côte-Des-Neiges parmi tous ces nouveaux arrivants pleins de bonne volonté. Je croyais que j’étais d’un peuple fier et confiant. Mais c’était eux que je voyais.

Saviez-vous que malgré le fait que mon arrondissement soit parmi un de ceux qui sont le plus en proie à la pauvreté, (matérielle) il est deuxième parmi ceux qui sont le moins en proie à la criminalité. Oui, oui, j’ai bien dit: Côte-Des-Neiges/Notre-Dame-De-Grâce, l’arrondissement à la plus grande concentration d’immigrants et de pauvreté à Montréal (donc au Québec) est le deuxième plus « sécuritaire » de la ville. (Ma source est orale, mais elle est sûre) Autre fait à noter, les endroits où pauvreté rime avec criminalité à Montréal aujourd’hui, sont surtout ceux où la pauvreté est celle des gens de mon peuple… je devrais ajouter: et des Anglos (de souche) et des Amérindiens.

Pourtant, pas chez les immigrants (parmi lesquels j’ai la chance de vivre.)

Cette fierté, cette dignité, cette soif de liberté et de paix (et d’entraide), cette volonté de s’accommoder soi-même des travers de la vie… qui appartenait à mes ancêtres, je ne la reconnais plus chez mon peuple aujourd’hui.

Mais je la vois tous les jours autour de moi. Chez ces Philippins qui, malgré la grande pauvreté de beaucoup d’entre eux, mettent chacun leurs meilleurs atours et marchent fièrement lorsqu’ils vont vers l’église le dimanche. Chez la jeune Africaine mono-parentale qui travaille si fort pour si peu et qui malgré le fait que parfois elle ne peut servir qu’un bol de riz à son fils pour souper, continue sans relâche à l’entraîner à être poli, studieux et bien élevé. Chez l’Arabe qui mange un festin bien mérité au soleil, dans le parc, entouré de sa famille. Chez le Péruvien qui travaille deux jobs pour que ses enfants aient une meilleure vie.

Aujourd’hui, mon peuple, c’est eux.


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2007/10/09 15:15

Les Québécois rejettent tous les accommodements

…nous dit le dernier sondage SOM commandé par La Presse et Le Soleil

65% des gens pensent que les petites musulmanes ne devraient pas pouvoir porter leur foulard à l’école.

‘Stie qu’j’suis découragé.

Coup de chapeau (déprimé) à la montée de lait de Patrick Lagacée.


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2007/10/07 20:40

Pourquoi on vient chez-nous

Extrait d’un livre à l’intention des nouveaux arrivants publié « par ordre du Gouvernement de la Province de Québec »

…en 1870!

La conquête de l’aisance, qui en Europe représente les travaux réunis d’une famille pendant plusieurs générations, est la plupart du temps ici l’oeuvre d’un seul individu. Demandez à ce négociant, dont la fortune vous éblouit, à quelle époque remontent les opérations commerciales de la maison qu’il dirige, il vous répondra qu’il y a 15 ans, 20 ans, 30 ans peut-être il est arrivé au Canada sans protection aucune, ne comptant pour sa subsistance que sur le travail du lendemain. Il s’est livré au travail et il est il est parvenu où vous le voyez aujourd’hui.

La Province de Québec et l’Émigration Européenne, page 3

J’ai vécu presque toute ma vie parmi les nouveaux adhérents à notre société et je peux vous dire que c’est ce même rêve qui les anime encore aujourd’hui. Et bien que ce qui est dit dans la citation est moins vrai aujourd’hui que ce l’était à la fin du XIXe siècle, c’est encore vrai pour plusieurs d’entre eux… et toujours beaucoup plus vrai ici qu’ailleurs dans le monde.

Et ça, c’est un aspect de notre société qui est précieux.


Coup de chapeau à Abdul-Rahim pour la découverte.


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2007/10/05 14:24

Le voile de la peur

Hé les amis!

J’ai une petite question pour vous.

Combien de fois, dans votre vie, avez-vous vu, en personne… pas à la télé ou en photo mais dans la vraie de vraie vie, une femme au visage voilé?

Vous savez ce que je veux dire.

Je parle de ceci:

Parce que moi, pendant toutes les quinze années de ma vie que j’ai habité le cartier Côte-Des-Neiges (le coeur de l’immigration au Québec, s’il y en a un) je peux vous dire honnêtement ça ne m’est arrivé que trois fois.

Trois fois en quinze ans!

Je l’avoue, à chaque occasion, cela m’a rendu profondément mal-à-l’aise… j’irais même jusqu’à dire que ça m’a un peu choqué. Et c’est à ces moments que j’ai pu voir si j’étais vraiment tolérant. Parce que, mes amis, c’est ça la tolérance, c’est quand on n’aime pas quelque chose… quand quelque chose nous choque… et qu’on décide, au nom du respect des différences, de le tolérer.

Moi, de façon générale, les gens qui ne sont pas comme moi, qui ne pensent pas comme moi, je ne les tolère pas, je les accepte… sans ambages… je n’ai pas grand mérite, je suis tout simplement fait comme ça, je ne sais pas comment faire autrement.

Ce n’est qu’à ces trois occasions que j’ai vraiment eu à me poser la question si j’étais capable de faire preuve de tolérance.

Mais quand même… trois fois en quinze ans!

Je constate l’hystérie collective autour de moi ces jours-ci entourant toutes ces questions dites « d’accommodements raisonnables, » (un pauvre petit concept de droit qui est présentement en train de subir tout le poids d’une crise identitaire qui dépasse largement son application)

…et je ne peux que me poser la question suivante:

Avons nous si peu confiance en notre société, en l’attrait de notre culture, que nous nous sentions menacés pas une infime minorité de gens qui revendique le droit à la différence?

[Ajout: Je devrais préciser. Il s'agit d'une période de beaucoup plus que quinze ans. Je suis arrivé à CDN à l'age de 11 ans. J'y habite toujours. Cela fait donc 25 ans. Je n'ai pas compté les 10 ans (dont seulent trois hors de l'île) où j'habitait ailleurs à Montréal. Il aurait donc été tout aussi vrai de dire: Trois fois en 25 ans!]

[Re-ajout: Je n'avais aucune idée, en nommant ce billet ainsi, qu'il y avait un livre du même nom qui était sorti un an plus tôt... je ne l'ai découvert que quelques semaines plus tard en voyant ce reportage.]


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