Billets tagués ‘Heritage Foundation’

2008/02/24 16:45

Mea Culpa: (Antagoniste != Cato) && (Kwebek != Heritage)

Il y a quelques mois, alors que je me familiarisait encore avec la sphère d’ici, j’ai écrit un billet intitullé Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? » dans lequel j’ai plutôt gratuitement affirmé ceci:

Car entre Antagoniste.net qui me sert du CATO Institute réchauffé et Kuebek qui me sert du Heritage Foundation de mauvais aloi (…) Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir quitté la blogosphère américaine.

Aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de réviser ce jugement plutôt sommaire qui n’était pas sans sa propre dose de mauvais aloi de ma part.

Bien que son raisonnement semble plutôt ancré dans une variante d’objectivisme randien primaire, David l’Antagoniste est un ultra-partisan dont la cohérence idéologique est constament sacrifiée sur l’autel du combat rhétorique. Je l’admire quand-même beaucoup, dans son genre, il est le meilleur des environs. Pour chaque trahison opportuniste à la pureté idéologique de son coté du spectre, David sera prêt, statistiques et références au bout des doigts, à nous démontrer l’imminente sagesse de la chose. Eussé-je cette initiative… [soupir]

Mais cela n’a pas grand-chose à voir avec le courant idéologique représenté par le très non-partisan et plutôt pacifiste Cato Institute. Il y a huit ans, il était encore souvent associé aux parti républicain mais les politiques néo-conservatrices de l’administration Bush et l’affaissement de la direction du parti en chambre aux impératifs de la droite chrétienne en ont fait le premier des grands courants idéologiques de la droite américaine à dire bastà à la coalition. Déjà en 2004, la fissure était claire.

En fait, c’est surtout là que la comparaison perd sa validité. La démarche du Cato Institute s’inscrit en complète opposition aux politiques néo-conservatrices qui prône la légitimité de la coercition et de la force au nom de la liberté et du pluralisme (la vérité et son contraire) et au “conservatisme de la grandeur nationale” (National Greatness conservatism) représenté par John McCain. (Je dois d’ailleurs dire que je commence à être plutôt séduit par une nouvelle génération d’intellectuels au sein de ce mouvement qui semble enfin pousser la réfexion plus loin… dans une direction plus responsable et mature que l’utopie libertarienne simpliste qu’on me présentait il y a 15 ans… et ça me plait).

Et maintenant (et surtout) Kuebek. J’ignore qui est derrière ce blogue… je ne sais pas si c’est le type au cigare qui se présentait dans sa première incarnation ou s’il s’agit d’un jeune boutonneux à la plume agile… mais là aussi, on est, en fait, loin du Heritage Foundation (quoi que pas aussi loin que l’exemple précédent). Le Heritage Foundation est un think-tank paléo-conservateur à la Pat Buchanan, honorable, travaillant, attaché à un schème de valeurs traditionnelles cohérent et sage… mais ne brillant pas particulièrement lorsqu’il s’agit de défendre ses thèse dans les sphères platoniciennes de l’académie.

L’auteur derrière Kuebek, par contre, est à mon avis, un authentique intellectuel conservateur. Un intellectuel se doit de toujours questionner et remmettre en question la “sagesse conventionnelle” qui semble tous nous guider… et de le faire à l’aide d’arguments rhétoriques cohérents et bien ficelés en ramenant les concepts à leur essence. C’est sombre… c’est parfois hautain… mais c’est fondé sur un regard lucide… et il y a là une façon d’éclairer les choses… autrement… qu’il est toujours bon de considérer lorsqu’on tente de contempler la vérité (activité autant louable qu’impossible).

Je le lis et j’ai une autre comparaison qui me reviens constament à l’esprit quand je pense aux écrits anglo-saxons que j’apprécie, une qui, cette fois-ci, fait acte de sincère compliment.

J’ai trouvé mon WFB.


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2008/02/23 22:04

Jacques Brassard est un néo-con!?

Ah ben… je l’avais pas vu évoluer, celle là… Ça l’air que l’ancien ministre péquiste Jacques Brassard qui n’a jamais eu la langue dans sa poche s’est donné comme mission ces dernières années de combattre le réflexe anti-Bush primaire des québécois.

Son plus récent effort est en étalage chez l’Antagoniste.

Bon. Moi, je n’ai pas de problème à l’idée de combattre l’anti-américanisme primaire de mes concitoyens, il m’horripile aussi. Je n’ai pas de problème non-plus à mettre toutes les bémoles du monde en parlant des républicains (et même, parfois, de l’administration Bush) et à combattre leur démonisation systématique et grossière qui coule si facilement chez nous et qui, si elle était dirigée envers un groupe ethnique, releverait du plus pur racisme. J’ai moi-même déjà eu des sympathie républicaines… j’aurais voté systématiquement pour le parti de Reagan… j’appuyais Bush père en 88, j’aurais probablement voté Perrot en 92… mais j’appuie sytématiquement les démocrates depuis 96*. Bill Clinton m’a convaincu que les démocrates étaient réconciliés avec le libre-marché, mais surtout, j’ai été trop effrayé par la montée de la droite religieuse chez les républicains. Comme plusieurs ex-républicains je pourrais dire que ce n’est pas moi qui a quitté les républicains, ce sont les républicains qui m’ont quitté.

J’aime profondément les États-Unis d’Amérique. Je ne suis pas gêné de le dire, l’amour que je porte pour cette culture n’a d’égal que celui que je porte pour la mienne qui lui ressemble plus qu’elle ne l’admet. Et j’affirme sans ambages que la déclaration d’índépendance et le préambule à la constitution forment le plus important document politique de l’histoire de l’humanité à ce jour.

C’est de cet amour et cette conviction qu’est puisé ma profonde colère envers l’administration Bush… et l’intense anxiété que je ressens pour chaque minute de pouvoir qui lui reste. L’administration Bush est un concentré des pires éléments et factions des administartions Nixon, Ford, Reagan et Bush père… (a kind of perfect storm) et ils ont transfiguré la constitution et l’esprit qui animait ceux qui l’ont écrite en créant une présidence impériale ayant l’autorité de suspendre les droits d’habeas corpus pour quiconque elle soupçonne “d’intentions terroristes”… Ils ont, en somme, créé un “crime de la pensée” sans recours judiciaire!

“Freedom is the freedom to say that two plus two make four. If that is granted, all else follows”
- George Orwell, 1984

Ajoutez à ça l’autorisation explicite d’actes de torture et une guerre étrangère non-existentielle et on s’approche dangereusement de tout ce contre quoi cette nation fut fondée.

“The means of defense against foreign danger historically have become the instruments of tyranny at home.”
-James Madison

C’est vrai qu’on a l’anti-américanisme et le réflexe go-gauchisant facile, ici au Québec. Pas mal trop à mon goût à moi aussi. Mais en reprenant aveuglément chez-nous, les thèses d’une idéologie dont les huit dernières années racontent l’histoire de son tragique chant du cygne et de son discrédit le plus abjecte, M. Brassard continue le tort irréparable qu’elle a fait, toute bien intentionnées et nobles soit ses intentions, à la réputation (et surtout à l’âme) de ce pays…

Je continue à ne pas comprendre que notre droite naissante semble incapable d’assimiler les leçons des échecs de ses modèles américains.

Au début, quand j’ai démarré ce blogue et que je me familiarisait avec le coté droit de notre sphère, j’ai assez gratuitement comparé Antagoniste.net à du Cato Insttute réchauffé et Kwebek au très conservateur Heritage Foundation. C’était avant de mieux les connaître… j’avais aussi ajouté à la blague que je m’attendais à tout moment de voir un néo-con apparaître pour me servir du AEI.

Je ne pensais juste pas que ce serait Jacques Brassard!

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*J’ai flirté avec l’idée de reconsidérer les républicains de George W. Bush au début de la campagne de 2000… pendant 0,023 secondes.


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2007/10/20 20:31

Le discours poubelle

Décidément ce ne sont pas toujours les billets qu’on pense qui font écho…

Il y a peu de temps, je posais la question de façon un peu cavalière et sans penser qu’elle aurait d’echo : Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? »

Dans ce billet je reprochais à certains blogues de droite de nous livrer du réchauffé d’idéologie états-unienne et aux blogues proprement partisans adéquistes de faire dans le populisme aveugle.

le défunt Kwebek, que j’avais comparé au Heritage Foundation le think tank « paleo-conservateur » états-unien, avait repris mon billet en citant la partie où je parlais de lui sans vraiment s’en défendre dans un billet intitulé : « Kwebek = Heritage Foundation. » Puis, il ferma son site peu de temps après. (Je ne fais pas de lien)

Du côté gauche de la sphère, Capitaine Virgil fut inspiré à livrer sa pensée sur le manque de volonté de réflexion et d’échanges qui semble être plus prévalent du côté droit en posant la question : « Y a-t-il une droite intellectuellement rigoureuse dans la blogosphère québécoise ? »

Mais voilà que du côté droit de la sphère se pointe justement un blogueur sérieux, intéressé au dialogue et qui, déplorant lui aussi la qualité du discours qui existe des deux côtés de notre sphère, mais qui semble prédominer à droite, en appel à un discours d’une plus grande qualité.

Il s’agit de l’excellent blogueur affilié à la droite (mais qui vient de faire son « coming out » radio-canadien) Jonathan Hamel, auteur du blogue La Sphère des Idées J.H. qui nous livre cette réflexion dans un billet intitulé : De la réflexion svp…

Citation de choix:

…plus que jamais, je deviens farouchement hostile à tout ce qui ressemble à du blogue trash, le genre qui se complait dans les insultes, qui reproduit ad vitam eternam des photos de leur adversaire politique et qui livre tout leur blogue à de la critique ponctuelle et continuelle. Ces blogues réactionnaires autant à gauche qu’à droite deviennent des instruments de propagande haineuse qui minent nécessairement les fondements d’une réflexion honnête sur les enjeux politiques et sociaux.

J’en profite pour reproduire une partie de la réponse que je lui ai laissé (moins les horribles fautes)

Je ne crois pas qu’il soit possible de se débarrasser du « discours poubelle » dans la blogosphère (ou même dans la société) … Il a d’ailleurs son utilité en tant que baromètre des bas instincts qui grouillent au fond de chaque tendance. (et donc au fond de nous tous) L’idée, que je crois qui fait défaut dans notre région de la sphère, est de faire une distinction plus marquée entre ceux qui font systématiquement et gratuitement dans ce type de discours et ceux qui sont plus intéressés à un débat évolutif où même à promouvoir une idée ou une idéologie spécifique. Même si ces deux derniers peuvent aussi tomber dans ce premier type de discours à l’occasion. Le blogue n’est pas qu’un espace de réflexion sérieuse (même si c’en est un excellent) C’est aussi un espace de réaction instantanée… de « montées de lait » …où il arrive que des vérités plus profondes soient exprimées côte à côte avec des propos regrettables (et souvent regrettés) … C’est de bonne guerre comme on dit, et c’est en partie ce qui distingue le blogue du discours d’opinion journalistique …et qui en fait son intérêt.Pour ma part, je ne consulte à peu près pas les blogues qui ne rencontrent pas mes critères personnels de niveau de discours (Qui a le temps? Il y en a tant de bons!) donc je n’en parle pas sur mon blogue. Je suis convaincu que l’apparente popularité de certains « blogues poubelles » serait grandement réduite si certains blogues (surtout à gauche) supposés plus raisonnables pouvait arrêter de tomber dans le piège en les dénonçant incessamment. …ainsi moussant leur popularité et encourageants leurs auteurs à escalader leurs pitreries.

C’est bien quand même de voir qu’il y en a à droite qui sont ouverts à la réflexion sérieuse et à défendre leurs idées avec autre chose qu’un jeu enfantin de tac au tac. Ça en prend, si on veut éviter le discours qui ne prêche qu’aux convaincus dont a peur Cap. Virgil.

Jonathan, en plus de me faire des compliments qui courent le risque de m’enfler dangereusement la tête, non mais c’est gentil quand même, semble aussi avoir presque deviné la réelle inspiration derrière le choix du Nom : « Le Petit Émerillon » et ce, de façon intuitive. Ça mérite un coup de chapeau.


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2007/10/12 04:40

Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? »

Bien que j’insiste pour me qualifier de non-partisan, il est vrai que j’arrive ici avec plusieurs idées que l’on peut aisément qualifier de conservatrices (un terme avec lequel je suis assez confortable à condition de pouvoir en expliquer les nuances) ou même de droite, (un terme avec lequel je suis moins confortable car il évoque très mal la nature de ma pensée qui inclue en fait plusieurs éléments que les puristes de droite trouvent parfaitement hérétiques)

Mais j’arrive ici (de l’espace virtuel anglo-saxon) parce que je cherche à commencer et approfondir une réflexion proprement québécoise de mes idées.

Je note le lien suivant qui m’a été suggéré par Renart Léveillé pour m’aider à comprendre sa position en faveur de la décroissance. Je n’ai pas encore eu le temps de m’y pencher en détail, et bien que j’avoue que le terme m’effraye et que je suis quand-même un peu familier avec le concept général, j’insiste pour dire que je ne suis pas (complètement) fermé à l’idée.

Mais surtoût, je suis content de voir que des gens se penchent pour voir comment le concept peut s’appliquer dans le contexte québécois, et ç’en est là le principal intérêt pour moi.

Mais n’y a-t-il que la gauche qui fait cette réflexion?

Car entre Antagoniste.net qui me sert du CATO Institute réchauffé et Kuebek qui me sert du Heritage Foundation de mauvais aloi (je m’atttend à tout moment à voir apparaitre un néocon qui me servira du AEI) Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir quitté la blogosphère américaine.

Les blogueurs adéquistes ne sont guerre mieux, eux qui ne font que dans le populisme électoral le plus crasse et qui ne cherchent qu’à scorer à la joute rhétorique.

N’y a-t-il aucun penseur sérieux de la droite dans ma nation? N’y a-t-il personne qui élabore une réelle pensée conservatrice proprement québécoise?


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