Billets tagués ‘gauchisme’

2008/02/23 22:04

Jacques Brassard est un néo-con!?

Ah ben… je l’avais pas vu évoluer, celle là… Ça l’air que l’ancien ministre péquiste Jacques Brassard qui n’a jamais eu la langue dans sa poche s’est donné comme mission ces dernières années de combattre le réflexe anti-Bush primaire des québécois.

Son plus récent effort est en étalage chez l’Antagoniste.

Bon. Moi, je n’ai pas de problème à l’idée de combattre l’anti-américanisme primaire de mes concitoyens, il m’horripile aussi. Je n’ai pas de problème non-plus à mettre toutes les bémoles du monde en parlant des républicains (et même, parfois, de l’administration Bush) et à combattre leur démonisation systématique et grossière qui coule si facilement chez nous et qui, si elle était dirigée envers un groupe ethnique, releverait du plus pur racisme. J’ai moi-même déjà eu des sympathie républicaines… j’aurais voté systématiquement pour le parti de Reagan… j’appuyais Bush père en 88, j’aurais probablement voté Perrot en 92… mais j’appuie sytématiquement les démocrates depuis 96*. Bill Clinton m’a convaincu que les démocrates étaient réconciliés avec le libre-marché, mais surtout, j’ai été trop effrayé par la montée de la droite religieuse chez les républicains. Comme plusieurs ex-républicains je pourrais dire que ce n’est pas moi qui a quitté les républicains, ce sont les républicains qui m’ont quitté.

J’aime profondément les États-Unis d’Amérique. Je ne suis pas gêné de le dire, l’amour que je porte pour cette culture n’a d’égal que celui que je porte pour la mienne qui lui ressemble plus qu’elle ne l’admet. Et j’affirme sans ambages que la déclaration d’índépendance et le préambule à la constitution forment le plus important document politique de l’histoire de l’humanité à ce jour.

C’est de cet amour et cette conviction qu’est puisé ma profonde colère envers l’administration Bush… et l’intense anxiété que je ressens pour chaque minute de pouvoir qui lui reste. L’administration Bush est un concentré des pires éléments et factions des administartions Nixon, Ford, Reagan et Bush père… (a kind of perfect storm) et ils ont transfiguré la constitution et l’esprit qui animait ceux qui l’ont écrite en créant une présidence impériale ayant l’autorité de suspendre les droits d’habeas corpus pour quiconque elle soupçonne “d’intentions terroristes”… Ils ont, en somme, créé un “crime de la pensée” sans recours judiciaire!

“Freedom is the freedom to say that two plus two make four. If that is granted, all else follows”
- George Orwell, 1984

Ajoutez à ça l’autorisation explicite d’actes de torture et une guerre étrangère non-existentielle et on s’approche dangereusement de tout ce contre quoi cette nation fut fondée.

“The means of defense against foreign danger historically have become the instruments of tyranny at home.”
-James Madison

C’est vrai qu’on a l’anti-américanisme et le réflexe go-gauchisant facile, ici au Québec. Pas mal trop à mon goût à moi aussi. Mais en reprenant aveuglément chez-nous, les thèses d’une idéologie dont les huit dernières années racontent l’histoire de son tragique chant du cygne et de son discrédit le plus abjecte, M. Brassard continue le tort irréparable qu’elle a fait, toute bien intentionnées et nobles soit ses intentions, à la réputation (et surtout à l’âme) de ce pays…

Je continue à ne pas comprendre que notre droite naissante semble incapable d’assimiler les leçons des échecs de ses modèles américains.

Au début, quand j’ai démarré ce blogue et que je me familiarisait avec le coté droit de notre sphère, j’ai assez gratuitement comparé Antagoniste.net à du Cato Insttute réchauffé et Kwebek au très conservateur Heritage Foundation. C’était avant de mieux les connaître… j’avais aussi ajouté à la blague que je m’attendais à tout moment de voir un néo-con apparaître pour me servir du AEI.

Je ne pensais juste pas que ce serait Jacques Brassard!

-

*J’ai flirté avec l’idée de reconsidérer les républicains de George W. Bush au début de la campagne de 2000… pendant 0,023 secondes.


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2008/02/23 01:36

“Save the Planet: Kill Yourself”

Kwebek sur “Le quotidien le plus branché sur le monde”

Moi, je n’ai aucun problème qu’on tape sur l’esprit gauchisant de notre temps… quand c’est bien dit comme ça.

Je suis si content qu’il ait décidé de s’y remettre.


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2008/02/22 19:38

Gauche floue

J’en suis encore à me replonger dans la sphère d’ici après mon séjour américain et je viens d’avoir un petit coup de coeur pour ce blogue. (Désolé Yvan, je n’y suis pas allé avant. My loss.)

Me qualifiant moi-même d’une certaine “droite floue”, c’est difficile de ne pas être séduit.

Il ne publie pas souvent, mais c’est de la qualité.

Et surtout, c’est très difficile pour moi de ne pas tomber pour des slogans comme:

Bien des erreurs sont nées d’une vérité dont on abuse. (Voltaire)

Et sur le site jumeau anglophone:

Doubt is not a pleasant condition, but certainty is an absurd one. (Voltaire)

C’est l’essence de ce que j’appelerais mon conservatisme du doute.


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2008/02/11 20:26

La droite de chez nous

Un très estimé lecteur a fait un commentaire aujourd’hui qui a finalement mis en mots une réflexion qui me ronrone dans le fond du crâne depuis que j’observe (non sans espoir) la montée de cette nouvelle droite conservatrice de chez nous que d’aucuns ne soupçonnaient l’existence il n’y a de ça que cinq ans dans le paradis social-démocrate que l’on croyait (à tord) faire notre distinction.

Il s’agit de M. Bergeron, un américain résident de la Californie qui répond au Dissident, ce (nouveau?) blogueur de chez nous qui tire nettement à droite.

Ronald Reagan est mort, [le] conservatisme a échoué, le parti républicain est divisé. Les gens les boudent, parce qu’ils n’ont pas d’idées nouvelles à répondre à nos besoins et nos problèmes c’est toujours la même chanson: moins de gouvernement (sauf dans le bodoir), moins de taxes pour les riches (alors que le fardeau remue aux travailleurs de la classe moyenne), plus de dépenses militaires pour les guerres glorieuses, plus de moralisation à faire Jésus vouloir vomir, pour le reste vous êtes seuls, “you’re on your own!”

Puis en terminant, il fait référence au fait que notre ami Dissident semble s’être approprié certains des symboles de Batman:

Mathieu, je crois pas que vous ne trouverez pas un plus grand libéral (au sens américain) que Bruce Wayne, c’est l’exemplar sans pareil du “Limousine Liberal.” I’m sure the irony is not lost on you, since you call yourself the “Dissident”, even though your side is currently in power, both in Canada and here in the US. Bush isn’t gone yet.

Ce n’est pas sans un certain plaisir et soulagement que j’ai constaté que nous avions une droite (plus ou moins) cohérente dans ma nation. Qu’une certaine alliance était possible de ce coté du paysage entre le pôle de Calgary et celui de Québec (qui se découvre à peine) afin de contrer l’hégemonie étatiste et centralisatrice du parti qui prétend définir l’âme même du pays depuis 1967. C’est vrai qu’aujourd’hui, la droite vit une certaine heure de gloire ici… et on a nettement l’impression qu’on en est encore qu’au début.

It’s Morning in the Great White North.

Pour ma part, je suis loin de m’en désoler. J’ai passé ma vie dans une société qui penchait universellement à gauche, pendant qu’on se divisait entre souverainistes et fédéralistes… Ce n’est pas sain. Les éléments bénéfiques des courants de droite (il y en a) n’ont pas encore assez eu la chance de faire effet à mon goût sur ma société. Pour quelqu’un qui se targuait d’anarcho-capitaliste en 1987 (j’étais jeune, j’ai beaucoup évolué depuis, mais quand-même), je regarde la montée de la droite politique et je dis: Y était temps!

Sauf qu’en tant qu’amateur de la politique américaine, je partage entièrement l’analyse de mon lecteur. La droite conservatrice américaine est épuisée… dogmatique… finie.

Elle est dûe pour une bonne traversée du désert.

Je regarde notre droite à nous se péter les bretelles… ces gens semblent encore tout à fait inconscients des nombreux endroits où le projet américain sur lequel ils fondent leur démarche a complètement échoué. Je les voit partout répéter les mêmes erreurs et semer le même poison corrosif qui a fini, à force de contact, par s’introduire jusque dans l’âme du mouvement américain qui s’en servait. Jusqu’a ce qu’il devienne la caricature grossière et tristement réelle que nous décrit M. Bergeron.

Les conservateurs (petit c) d’ici se sentirons bien seuls dans le monde ante Bush… et ils ne dureront pas longtemps s’ils persistent à émuler un mouvement moribond plutôt que d’adapter leur idéologie (et surtout leur approche) au 21e siécle et à un monde qui s’apprête à s’axer nettement sur le progressisme.


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2008/02/11 02:16

La gogauche d’Obama

…et la mauvaise foi de la droite.

Notre ami le Dissident porte notre attention sur cet exercice du National Journal qui consiste à comparer les votes des différents sénateurs afin de les placer sur une échèle idéologique allant de libérale à conservatrice. Il se régale que le choix du sénateur le plus libéral tombe cette année sur nul autre que la coqueluche de l’heure, Barack Obama.

Et il se targue de noter, comme le font tous les faiseurs d’echo de la droite qui aime à le citer, que le National Journal est une publication “non-partisane”.

Personellement, je ne peux m’empêcher de trouver ça quand-même drôle qu’il y a quatre ans, cette publication “non-partisane” avait comme par hasard remis le même prix à nul autre que… John Kerry.

Avouez que ça adonnait bien, non?

Ah oui, et devinez qui arrive deuxième cette année… Eh oui, Hillary Clinton. Facile, hein? [Erratum: Oups, j'ai lu en diagonale, elle arrive 16e.]

Moi, si j’étais Bernie Sanders, le sénateur socialiste (non, je ne vous niaise pas) du Vermont, je les poursuivrais pour vol de réputation.

Quand-même, c’est pas sérieux leur truc.


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2007/12/13 10:21

Mon intellectuelle américaine préférée

Trop à droite pour la gauche, trop à gauche pour la droite, trop radicale pour le centre (My kind of thinker!), Camille Paglia, nous livre son survol mensuel de l’actualité politique et culturelle américaine. Délicieux, comme toujours.

Si vous ne lisez qu’une chronique américaine par mois, je vous conseille Paglia.

Intro:

Is there a lamer duck than George W. Bush? Bumbling and fumbling even more than usual in his inability to finesse the embarrassing release of an intelligence report on Iran’s stand-down of its nuclear program four years ago, Bush has seemed moody and unnerved by his marginalization in the news, which is swamped by sharp primary skirmishes in both parties.

With Vice President Dick Cheney, our Styrofoam iron chancellor, having been rushed to the hospital the prior week for yet another heart scare, the U.S. government seemed to have an ominous vacuum at the top. But America’s enemies shouldn’t relax: Nothing is more dangerous than the reflexive lashing out of a regime in decline. Iran is still a mighty big target for an inept administration desperate for a legacy. Never mind the innocent Iranian civilians who will be slaughtered in a “surgical” aerial bombardment. Nameless, faceless, they don’t matter in the White House craps game of high-stakes Mideast strategy.

Continuez la lecture.


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2007/12/01 22:30

Ma lettre au cardinal Ouellet

…tarde à sortir, je le sais.

…et elle ne sera pas dans ce billet.

En fait, les habitués doivent s’y attendre maintenant… si je vous promets quelque chose et que ça n’arrive pas dans les 24 heures suivantes, les chances sont que ça n’arrivera pas. Et lorsque je vous annonce que je diminue mon rythme de publication, attendez-vous à le voir augmenter. Je crois vous avoir déjà parlé de ma relation tendue avec la discipline personnelle.

J’avais de grands plans avec cette lettre… Fort de mes récents « succès » dans les médias, je planifiais, en plus de l’envoyer au cardinal et de la publier ici, de l’envoyer aussi aux journaux… qui sait?

Mais pour que tout ça ait une chance de fonctionner, il aurait fallu que je l’aie pondue lundi ou mardi et envoyée sitôt. Là, on commence à passer la limite du cycle de 7 Jours (Bonne Semaine!) décrété par les impératifs corporatifs de notre petit univers pour presser le citron d’un évènement médiatique avant de passer au prochain sujet chaud. (Encore mieux si ça peut démarrer le dimanche soir à TLMEP, avec trois jours de pré-avis… Ça, on aime ça!)

Enfin… Voilà déjà deux jours que la petite bannière en-haut qui annonce la venue de cette lettre n’est plus qu’une charade pour m’éviter à avoir à répondre à vos commentaires pendant que je lis et écris ce qui me chante. (Surtout que là, je suis complètement freaked-out depuis que le Mistral a soufflé chez moi… [Ok, enough with the puns! It's not that imaginative.])

Ce qui m’a stoppé dans mes tracks, comme disait Shakespeare, c’est cette discussion que j’ai eue (et que j’ai laissée sans réponse, ce qui est assez impoli de ma part) avec Suzanne, une radi-catho à tendance sédévacantiste (que j’aime ce mot depuis que je le connais) qui tient un blogue pro-« culture de la vie » et que j’ai croisée via le blogue de Philippe David. Disons que cette expérience a eu pour effet de refroidir mes ardeurs à l’idée d’explorer les possibilités de rapprochement avec l’Église. Avant de pouvoir continuer, je dois me réconcilier avec le fait que cette dame, malgré ce qu’elle en dit, ne représente pas l’attitude actuelle de l’institution, mais bien un courant qui souhaiterait retourner au moeurs, rites et dogmes d’avant Vatican II. C’est justement une de celles qui l’est trop, comme dit le maire Jean Tremblay, et qui lui tape sur les nerfs.

Mais bon. Ça a ruiné mon élan.

Et bien que j’aimerais explorer avec elle la cohérence de son attachement farouche aux doctrines de l’Église combiné à son rejet, ou du moins sa déception, face à « l’Esprit de Vatican II » qui est reflété dans la doctrine moderne (I think) et qu’elle se doit donc de suivre selon ses propres principes: « Si on croit que l’Église a la parole de la Vie, on la suit, malgré la difficulté de comprendre certaines doctrines, parce qu’on croit qu’elle est protegé de l’Esprit saint par l’erreur doctrinale,[sic] et qu’elle est chargé de prêcher la vérité de Dieu. » J’ai eu ce type de discussion avec des fondamentalistes de toutes les variétés dans ma vie et ce n’est vraiment plus cet aspect des choses qui m’intéresse.

En fait, mon intérêt et mon ouverture actuelle face à l’Église et à la religion en général me viennent de deux sources très distinctes, je crois.

La première étant la réaction extrême que j’ai eue récemment face à toute l’intolérance patente du discours laïcisant à la commission BT. Je le répète, les seules personnes que j’entends exprimer le désir de vouloir dire aux autres comment vivre dans toute cette histoire sont les laïcs. Les religieux ne revendiquent qu’un espace de liberté suffisant pour être heureux sans trop déranger les autres. Cette intolérance face à la croyance religieuse est tellement répandue dans la culture ambiante qu’il est permis, sans que personne ne bronche, de dire des choses sur les croyants qu’il est interdit de dire à propos de tout autre groupe.

Quelle différence entre:

« Je n’ai rien contre la religion, mais ça ne devrait pas sortir de la maison et/ou de l’église/temple/mosquée/etc., on n’en veut pas sur la place publique. »

Et:

« J’ai rien contre les homosexuels, tant que ça reste derrière des portes closes. Le reste, j’veux pas l’savoir. J’veux pas les voir s’embrasser pis s’tenir la main dans la rue. »

Pour moi, il n’y a aucune différence entre ces deux attitudes.

Pourtant, dans la société bien pensante dans laquelle j’évolue, il est permis d’exprimer cette première opinion et de passer pour un être éclairé, tandis que la deuxième nous condamne à être perçu (à juste titre) comme un cro-magnon homophobe et intolérant.

J’ai toujours accusé les homophobes d’avoir peur de leur propres désirs homosexuels. Maintenant, j’accuse les laïcisants de la place publique d’avoir peur de leur propre soif de Dieu.

…Mais je m’éloigne de mon propos.

Ce que j’essaie de dire est que dans de telles circonstances, j’ai tendance à beaucoup (trop) m’identifier avec celui que je perçois comme injustement persécuté. J’aimerais pouvoir le dire en français, mais ça sort pas, I’m a classic bleeding-heart liberal in that sense. Sauf que ce sentiment est éphémère et s’évapore rapidement au contact de quelqu’un comme Suzanne.

La deuxième (et plus profonde) source de mon ouverture est plus difficile à expliquer.

Elle vient en grande partie du fait que mon cheminement spirituel, incluant toutes les recherches que j’ai faites ces dernières annéees sur les origines historiques et l’évolution des différentes religions (surtout le christianisme et l’Islam), m’a récemment mené à un endroit à l’intérieur de moi où le paradoxe apparent de la phrase suivante: « Il n’est pas nécéssaire de croire en Dieu pour croire en Dieu » semble s’évaporer.

Je sais que ça semble ésotérique… ça m’apparaît si clair et si simple, mais en même temps, je n’ai pas l’impression que je pourrais l’expliquer comme il faut en moins de 20 pages. Alors je n’insiste pas.

Sauf pour dire que depuis ce temps, c’est comme s’il m’était permi de « croire en Dieu » sans abdiquer la moindre parcelle de mon adhésion à la pensée critique et rationelle, non plus qu’à la méthode scientifique et la cosmologie qui s’en dégage.

Délire? Vue de l’esprit? Je ne sais pas.

Mais savoir si c’est « vraiment vrai » n’est pas la question.

C’est utile.


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2007/11/02 14:45

Présence du Français: Agir d’une position de force

Ce billet est inspiré et fait suite à la discussion qui a lieu sur le blogue de Renart L’éveillé, dans un billet où il nous explique pourquoi il ne peut pas signer la lettre ouverte « Québécois dits “de souche” contre l’intolérance »

La polémique tourne autour du point trois de la lettre qui s’oppose à l’idée d’un test de Français pour l’obtention d’une citoyenneté québécoise.

Je tiens à dire que je supporte cette idée et que mes problèmes avec le projet de loi 196 se situent ailleurs. J’ai expliqué ma position ici et dans les commentaires du billet de Renart.

Je ne cherche plus à convaincre Renart de signer la lettre. (Je relis le point trois et je suis assez inconfortable avec le fait que j’y ai associé mon nom. Mais je l’ai fait pour l’ensemble du propos)

Sauf que la discussion m’a poussé à vouloir clarifier mes positions sur la question de la langue. Surtout après ces deux commentaires de Renart:

Dans le fond, tout ce que je dis, c’est qu’il ne faut pas baisser les bras et j’ai l’impression que vous essayez de m’en convaincre…

Et:

encore, à vous lire, ça me donne une autre bonne raison d’être borné, juste pour faire contrepoids. Si la majorité des francophones se disent qu’il n’y a pas de problème, quand il y en aura un sérieux, il sera trop tard… J’ai même l’impression qu’il est déjà trop tard : pour la majorité, vouloir protéger le français est considéré comme raciste, xénophobe et intolérant. C’est comme ça que je me sens jugé de votre part.

Je livre ma réponse dans ce billet qui est écrit sous forme de lettre à Renart, mais qui se veut aussi une lettre ouverte à tous ceux qui ont la “défense” du Français à coeur.

———————————————

Renart,

Je suis loin de vouloir te convaincre de baisser les bras. Bien au contraire.

Contrairement à toi et à Eric, le concept de citoyenneté québécoise en est un auquel je réfléchis déjà depuis un bout de temps et qui me tenait à coeur bien avant qu’il soit question de ce projet de loi particulier. Ce concept fait partie de mes nombreuses idées de progression hyper-gradualiste pour l’épanouissement de notre nation vers une souveraineté de facto dont la reconnaissance formelle ne deviendra alors qu’une formalité. Ma démarche en critiquant certaines dispositions de la loi dans sa forme actuelle et en dénonçant le mauvais timing de sa présentation en est une qui vise à sauver ce concept de la surenchère politique actuelle qui risque de le stigmatiser pour de bon. C’est parce que je veux son succès que je souhaite qu’il soit retiré et repensé.

De plus, je tiens à dire que le rayonnement du Français en Amérique est la cause qui me tient le plus à coeur. C’est la motivation numéro un derrière mon blogue. Le conflit linguistique est le combat de toute une vie pour moi.

Je te dirais même qu’ayant grandi (depuis l’âge de 9 ans) dans Côte-Des-Neiges et N.D.G. (aux frontières du West Island) j’ai passé presque toute ma vie à vivre et à évoluer sur les lignes de front de ce conflit.

J’irais encore plus loin en te disant que mes racines franco-ontariennes font de la lutte pour le français quelque chose qui est inscrit dans mon sang. (Les Québécois se “sentent” minoritaires et menacés dans leur identité, mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est que d’être vraiment minoritaires et de ressentir une volonté explicite et agressive d’assimilation de la part d’une culture dominante qui détient absolument TOUS les leviers du pouvoir)

Ma conscience de la dimension générationelle du conflit commence dès ma tendre enfance, alors que mon arrière grand-mère nous racontait comment, en 1918, elle et ses comparses ont renvoyé, poêle de fonte et rouleau-à-pâte à la main, l’inspecteur du gouvernement ontarien qui voulait s’assurer que l’enseignement ne soit pas dispensé “illégalement” en Français dans l’école de la paroisse.

À mon école secondaire (Saint-Luc) à quelques blocs de Montréal-West, là où commence le West-Island, où seulement 15% de la population étudiante était née au Canada (ce qui, dans ce coin de l’île, n’en fait pas tous des “de souche”) la question de l’avenir du Français en était une de tous les jours… de chaque instant.

Mon bilinguisme profond (je pense et rêve dans les deux langues) fait aussi de la lutte pour la prédominance du Français, un conflit qui se joue tous les jours au plus profond de mon âme.

Alors crois moi lorsque je te dis que j’ai le feu sacré lorsqu’il s’agit de me battre pour l’épanouissement du Français.

Et que je tiens autant (sinon plus) que toi à faire en sorte d’augmenter le poids du Français à Montréal comme partout ailleurs en Amérique où c’est possible. (Et il y a beaucoup à faire de ce côté.)

Mais, en effet, j’ai la prétention de croire que tout ce que j’ai énuméré plus tôt, mes origines, mon parcours, mes circonstances particulières… (combiné à un sens aiguisé de l’Histoire motivé d’abord par la question qui nous préoccupe)…me donnent une perspective et une profondeur d’analyse quand aux moyens qui sont propices à produire les meilleurs résultats ainsi qu’aux pièges à éviter dans cette entreprise.

Je ne prétends pas du tout posséder toutes les bonnes réponses, mais je suis convaincu d’avoir mis le doigt sur la bonne façon de se poser la question… que je formulerais comme suit: « Quels sont les moyens d’imposer le Français de façon à ce que ceux qui se le font imposer n’ai pas du tout l’impression de se le faire imposer et si possible qu’ils aient même l’impression de l’avoir demandé eux mêmes? » … Hmmm… je n’y avais jamais pensé comme ça avant, mais une autre façon de le dire serait que les meilleurs moyens à utiliser pour augmenter la présence du Français dans le “marché” linguistique sont ceux du néo-libéralisme tel que conçu par la gauche!

Bon. Je crois que je viens peut-être de me tirer dans le pied avec une partie de mon auditoire… Revenez! Je ne fais que de l’esprit.

Je reviens à mon propos.

Tu comprendras que mon approche consiste à trouver les moyens de maximiser les résultats tout en minimisant le plus possible (et c’est très important) le ressentiment de toute part. Car c’est là justement que se trouve le principal piège à éviter.

Aussi légitime que soit notre cause… Aussi sincère que soit notre approche… aussitôt que nous voyons poindre du ressentiment, du braquage de positions, etc… de l’autre côté, il faut à tout prix éviter de se laisser aller à notre propre ressentiment, tout justifié soit-il. Sinon on se retrouvent dans la situation que j’ai décrite plus tôt dans un autre commentaire où tout le monde a raison, plus personne ne bouge, la gangrène s’installe et plutôt que de s’approcher de notre objectif nous nous en éloignons, car il faudra nettoyer la gangrène avant de pouvoir à nouveau progresser.

Ah, mais pourquoi diable est-ce tout le temps nous et pas les autres qui devont rester sensible? et flexible? et gentil? et compréhensif? etc… etc…

Plusieurs raisons. D’abord, parce qu’en situation de braquage mutuel, la flexibilité nous donne l’avantage de pouvoir toujours redéfinir le terrain à notre avantage.

Mais surtout, parce que nous sommes les plus forts.

Le braquage de position est une stratégie utile (parfois nécessaire) seulement lorsqu’on est en position de faiblesse. Elle est très dangereuse et le plus souvent contre-productive lorsqu’utilisée d’une position de force, c’est-à-dire là où nous sommes en mesure d’imposer nos volontés à l’autre. Dès que nous nous trouvons dans cette situation, il faut être extrêmement habile et prudent. Celui qui, d’une position de force se braque et impose à l’autre partie ses volontés, se donne une victoire immédiate, mais illusoire et empoisonnée. Car il aura créé du ressentiment chez l’autre qui, s’il n’y est pas extrêmement sensible, reviendra lui exploser dans la figure et détruire les gains acquis. Le degré de noblesse et de justification légitime derrière l’initiative de la partie forte ne changera en rien le montant de ressentiment créé par son imposition. Pire, plus le sentiment de légitimité est fort, plus il court le risque de nous aveugler au ressentiment qu’il génère. (voir États-Unis d’Amérique)

Mais je sens déjà ta frustration… Nous ne sommes justement pas dans une position de force! Nous baignons dans une mer anglo-saxonne, collé à la capitale mondiale de l’hégémon marchand, globalisant et anglicisant qui domine notre ère, nous n’avons pas le choix que de nous braquer à un moment donné ou l’autre, te dis-tu.

En effet, c’est complexe. Il faut comprendre que notre situation particulière fait que nous avons les deux rôles et que la légitimité de notre cause (et surtout de notre ressentiment) fait qu’on tend à se mélanger de tactique selon la cible.

Du point de vue du citoyen non francophone, nous sommes les plus forts car nous avons entre nos mains l’instrument législatif. Il nous incombe alors, surtout lorsqu’on est sur le terrain sensible des questions identitaires, dont la langue fait partie, d’être ferme et catégorique dans l’élaboration de nos objectifs, mais infiniment sensible, flexible et surtout, agile dans les moyens qu’on utilise pour y arriver.

Alors, j’espère que tu comprends que ma critique n’est pas envers ton élan à vouloir défendre le Français. Bien que je préfère parler de promotion, de rayonnement et d’épanouissement que de “défense”, je suis avec toi à 100% là-dessus. Ma critique est seulement envers certaines tactiques que tu prônes pour y arriver et le fait que tu sembles laisser la légitimité de ton ressentiment guider ta stratégie et t’aveugler aux obstacles que ça produit sur le terrain. Tu tombes dans le piège du fort qui se braque.

Mon acharnement vient du fait que de mon point de vue, se braquer sur nos positions lorsque nous créons trop de ressentiment chez ceux sur qui nous avons la main haute, nous fait reculer au lieu d’avancer et rend les avancées futures encore plus difficile. Je m’acharne parce que je le perçois comme faisant du tord à la cause qui m’est la plus chère: La consolidation et l’épanouissement du fait Français en Amérique du Nord.

Qu’est-ce que je propose, alors, tu demandes?

Il n’y a pas de remède miracle, il faut multiplier les initiatives, mesurer sobrement les résultats, rester vigilants, encourager ce qui fonctionne, modifier ce qui produit du ressentiment de façon à le contourner ou mieux encore, à le détourner à notre avantage… insister sur ce qui rassemble, aplanir ce qui divise, toujours être prêt à modifier notre approche selon les circonstances et surtout, surtout ne jamais se braquer et dire que nous sommes intraitables (même lorsque nous le sommes) Il faut, en somme, agir comme une culture dominante consciente du pouvoir qu’elle détient et sensible au ressentiment inévitable qu’elle génère par le simple fait de sa dominance.

J’ai toujours cru que la culture francophone d’Amérique, grâce à ce double statut réel d’être à la fois culture dominante à un niveau de réalité et dominé à un autre, était l’une des mieux placées au monde pour vraiment bien comprendre ce jeu des cultures et qu’elle pourrait ainsi ainsi se tailler une place de choix dans l’étrange échiquier culturel que nous annonce le processus aplanissant de mondialisation économique et de démocratisation de l’information en cours aujourd’hui.

Mais pour cela, il faut qu’elle apprenne à apprivoiser son pouvoir réel et à l’utiliser habilement. Il faut qu’on arrête de penser et d’agir en dominé quand on joue sur le plan dominant.

J’irais même plus loin, ce n’est qu’en adoptant les stratégies d’une culture qui est en position de force (même lorsque nous ne le sommes pas vraiment) que nous réussirons à nous affranchir de ce qui reste de notre position de faiblesse réelle. Et être en position de force signifie ne pas se laisser aller à la peur (même lorsqu’il y a bonne raison) et comprendre que le dernier mot nous appartiens et que nous pouvons donc nous permettre d’être magnanimes pour arriver à nos fins.

Agir en dominant ne veut pas dire, par-contre, de répéter les erreurs des autres cultures dominantes. Je lève les yeux au ciel à chaque fois que j’entend un nationaliste dire quelque chose du genre: « Pourqoi on prendrait pas exemple sur le Canada Anglais? Eux se sont pas gênés pour nous imposer tel ou tel truc. Pourquoi nous on pourrait pas faire la même chose à l’intérieur de notre espace à nous? » Hé! Ho! Le nationaliste… toi, aujourd’hui, est-ce que tu ressens une loyauté quelconque envers le Canada Anglais? Non? C’est donc que ça pas vraiment marché leur affaire… Pis tu veux qu’on fasse la même chose? Trouvez l’erreur.

C’est vrai qu’au fond nous ne partageons pas exactement la même analyse des dangers et des solutions. Pour ma part, après avoir passé une vie à naviguer le cas de Montréal, je trouve que la situation ici est plus ou moins “sous contrôle.” Il faut rester vigilant et il y a beaucoup à faire pour accélérer la cadence… mais je crois sincèrement que nous sommes sur la bonne voie. Je suis beaucoup plus préoccupé par le sort du Français à l’extérieur de nos frontières et j’aimerais beaucoup convaincre mes concitoyens québécois qu’il nous appartient à nous de nous en occuper. Plus le Français rayonne ailleurs en Amérique, plus il sera en sécurité ici.

En terminant, j’espère que tu auras compris que je ne suis pas de ceux qui prétendent simplement que tout va bien et qu’on a qu’à laisser les choses aller d’elle-même. Que mon but n’est pas de te faire baisser les bras, mais seulement de te faire changer de perspective dans ton analyse et de stratégie pour atteindre les buts que nous partageons.

Quand au fait qu’on te fait sentir comme un xénophobe raciste à chaque fois que tu parles de défendre ta culture…

Welcome to the wonderful world of dominant cultures, my friend. Get used to it, we just can’t win on that one. It’s best to just be gracious about it. After all, we are on top.


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2007/10/20 20:31

Le discours poubelle

Décidément ce ne sont pas toujours les billets qu’on pense qui font écho…

Il y a peu de temps, je posais la question de façon un peu cavalière et sans penser qu’elle aurait d’echo : Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? »

Dans ce billet je reprochais à certains blogues de droite de nous livrer du réchauffé d’idéologie états-unienne et aux blogues proprement partisans adéquistes de faire dans le populisme aveugle.

le défunt Kwebek, que j’avais comparé au Heritage Foundation le think tank « paleo-conservateur » états-unien, avait repris mon billet en citant la partie où je parlais de lui sans vraiment s’en défendre dans un billet intitulé : « Kwebek = Heritage Foundation. » Puis, il ferma son site peu de temps après. (Je ne fais pas de lien)

Du côté gauche de la sphère, Capitaine Virgil fut inspiré à livrer sa pensée sur le manque de volonté de réflexion et d’échanges qui semble être plus prévalent du côté droit en posant la question : « Y a-t-il une droite intellectuellement rigoureuse dans la blogosphère québécoise ? »

Mais voilà que du côté droit de la sphère se pointe justement un blogueur sérieux, intéressé au dialogue et qui, déplorant lui aussi la qualité du discours qui existe des deux côtés de notre sphère, mais qui semble prédominer à droite, en appel à un discours d’une plus grande qualité.

Il s’agit de l’excellent blogueur affilié à la droite (mais qui vient de faire son « coming out » radio-canadien) Jonathan Hamel, auteur du blogue La Sphère des Idées J.H. qui nous livre cette réflexion dans un billet intitulé : De la réflexion svp…

Citation de choix:

…plus que jamais, je deviens farouchement hostile à tout ce qui ressemble à du blogue trash, le genre qui se complait dans les insultes, qui reproduit ad vitam eternam des photos de leur adversaire politique et qui livre tout leur blogue à de la critique ponctuelle et continuelle. Ces blogues réactionnaires autant à gauche qu’à droite deviennent des instruments de propagande haineuse qui minent nécessairement les fondements d’une réflexion honnête sur les enjeux politiques et sociaux.

J’en profite pour reproduire une partie de la réponse que je lui ai laissé (moins les horribles fautes)

Je ne crois pas qu’il soit possible de se débarrasser du « discours poubelle » dans la blogosphère (ou même dans la société) … Il a d’ailleurs son utilité en tant que baromètre des bas instincts qui grouillent au fond de chaque tendance. (et donc au fond de nous tous) L’idée, que je crois qui fait défaut dans notre région de la sphère, est de faire une distinction plus marquée entre ceux qui font systématiquement et gratuitement dans ce type de discours et ceux qui sont plus intéressés à un débat évolutif où même à promouvoir une idée ou une idéologie spécifique. Même si ces deux derniers peuvent aussi tomber dans ce premier type de discours à l’occasion. Le blogue n’est pas qu’un espace de réflexion sérieuse (même si c’en est un excellent) C’est aussi un espace de réaction instantanée… de « montées de lait » …où il arrive que des vérités plus profondes soient exprimées côte à côte avec des propos regrettables (et souvent regrettés) … C’est de bonne guerre comme on dit, et c’est en partie ce qui distingue le blogue du discours d’opinion journalistique …et qui en fait son intérêt.Pour ma part, je ne consulte à peu près pas les blogues qui ne rencontrent pas mes critères personnels de niveau de discours (Qui a le temps? Il y en a tant de bons!) donc je n’en parle pas sur mon blogue. Je suis convaincu que l’apparente popularité de certains « blogues poubelles » serait grandement réduite si certains blogues (surtout à gauche) supposés plus raisonnables pouvait arrêter de tomber dans le piège en les dénonçant incessamment. …ainsi moussant leur popularité et encourageants leurs auteurs à escalader leurs pitreries.

C’est bien quand même de voir qu’il y en a à droite qui sont ouverts à la réflexion sérieuse et à défendre leurs idées avec autre chose qu’un jeu enfantin de tac au tac. Ça en prend, si on veut éviter le discours qui ne prêche qu’aux convaincus dont a peur Cap. Virgil.

Jonathan, en plus de me faire des compliments qui courent le risque de m’enfler dangereusement la tête, non mais c’est gentil quand même, semble aussi avoir presque deviné la réelle inspiration derrière le choix du Nom : « Le Petit Émerillon » et ce, de façon intuitive. Ça mérite un coup de chapeau.


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2007/10/17 22:59

Suis-je « de droite? »

J’avoue que depuis que l’intrépide Capitaine Virgil a dit qu’il ne me croyais pas lorsque je dis que je suis « de droite, » (en fait, je ne crois pas que j’aie déjà dis ça comme ça, j’essaie toujours de nuancer) cela m’a un peu piqué et me pousse à vouloir polir mes « épaulettes » de droite afin qu’elles paraissent mieux.

Comme cela transparait dans le commentaire que je lui ai laissé.

Citation: [Est-ce prétentieux de se citer soi-même?]

Bien qu’élevé par des hippies granos [et] pionniers du genre, moi, à la fin des années 80, j’étais partisan et admirateur (je suis toujours admirateur) de Reagan, Bush (père), Thatcher, Mulroney et Bourassa… et j’étais branché sur un certain courant idéologique américain libertarien[, capitaliste] et vaguement anticlérical dont le meilleur représentant auquel je peux penser est l’économiste Milton Friedman. J’ai beaucoup cheminé depuis, je suis aujourd’hui plus partisan d’une certaine approche conservatrice que j’entends définir plus en détail au fil du temps, mais ces idéologies de droite demeurent mon point de départ.

Je parle souvent d’un cheminement conservateur… où d’une approche conservatrice… mais je n’explique pas souvent ce que je veux dire par là.

Avant de commencer à en parler plus en détail… chose que je ferai très, très sporadiquement au fil du temps, je vous livre deux des références principales qui sous-tendent ma pensée à ce niveau. (Ce sont loin d’êtres les seules)

Tout d’abord, si je me réclame d’une tendance conservatrice, c’est celle du conservatisme burkeien. Edmund Burke (entrée beaucoup plus détaillée en Anglais) est un homme politique et philosophe irlandais du 18e siècle, à l’époque des révolutions américaines et française et est souvent considéré comme le père du conservatisme anglo-américain.

Voici une citation de lui que j’ai trouvée sur wikipé français:

Les bonnes manières sont plus importantes que les lois et c’est d’elles que les lois dépendent en grande partie

…Je ne peux m’empêcher de penser à une petite conversation que j’ai eue récemment sur UHEC.

Voici aussi deux billets d’Andrew Sullivan (encore une fois en Anglais, désolé) qui donnent une idée de la saveur de sa pensée, ici et ici.

Parlant de M. Sullivan, il est justement la deuxième (mais surtout la plus importante) source de ma pensée conservatrice.

Voici comment il est décrit (au moment où j’écris) dans wikipé anglais:

Sullivan is known for his unusual personal-political identity (HIV-positive, gay, self-described conservative often at odds with other conservatives, practising Roman Catholic, and a non-U.S. citizen who focuses on American political life).

Son livre The Conservative Soul: How We Lost It and How to Get It Back est autant une élaboration de sa philosophie conservatrice qu’une attaque dévastatrice contre l’administration Bush qu’il accuse d’avoir trahi les principes même du conservatisme et d’en avoir sali le nom. Je le recommande fortement pour quiconque veut comprendre autant la critique de droite de l’administration présente que la sagesse qui sous-tend certains aspects de la pensée conservatrice nord-américaine incluant celle sur laquelle est fondée le parti de Stephen Harper.

Il est justement sorti en format poche hier dans les librairies anglophones, (pure coïncidence, je viens de m’en apercevoir en visitant son site pour les fins de ce billet) c’est pas cher les livre anglais en format poche.

Je vous recommande aussi son blogue.

En plus d’être un (parmi plusieurs) de mes maîtres-à-penser, M. Sullivan est, comme je l’ai déjà dit, mon principal maître-à-bloguer.


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2007/10/15 23:37

On gage-tu sur la planète?

Je sais, je suis en retard. Mais ma philosophie personelle dit que la journée courante est en cours jusqu’a six heures du matin et ce n’est qu’à ce moment que la nouvelle journée commence. …Vieille règle d’oiseau de nuit. Donc en ce qui me concerne, le Blog Action Day dont nous parlait Renart il y a peu de temps (son billet à lui est ici) et auquel, [mea culpa. mea culpa. mea maxima culpa.] je le confesse, je n’ai pas vraiment porté attention, [Tant de billets... ça va vite, vite, vite!] est toujours en cours.

Alors en l’honneur de cette journée dont je m’en voudrais veux d’avoir manquée (c’est quand même une cause qui me tient à coeur) et pour me faire pardonner de ne pas avoir le temps de vous livrer quelque chose de mon crû, je vous livre un texte (en Anglais, désolé) qui, depuis que je suis tombé dessus il y a 5 ou 6 ans, a été fondamental dans l’évolution de ma pensée concernant l’écologie, l’environnement, la technologie, la planète …et l’avenir de l’humanité.

Il s’agit d’un texte écrit en 1990 pour le New York Times Magazine par le journaliste scientifique du NYT, John Tierney, intitulé: Betting on the Planet.

On aurait aussi pu appeler ce texte Malthus contre Pangloss. (ce dernier a une entrée à lui dans Wiki Anglais) on y trouve les deux visions… les deux façons d’aborder la question de l’environnement, des ressources etc. Disons celle du colérique Louis qui sonne l’alarme, et celle de David l’antagoniste qui veut nous convaincre que tout va bien. Et ici, elles y sont confrontées d’une manière… inusitée. Moi, je continue à croire que chacun ne possède qu’une moitié de la vérité, (mais une moitié essentielle) qui, sans l’autre, ne mène nulle part. Et que ce n’est qu’en trouvant moyen d’absorber ces deux visions à la fois dans notre approche que nous réussirons à nous en tirer.

Attention, l’auteur (un libertarien notoire de longue date) a lui-même un penchant en faveur des panglossiens (et moi aussi, à un certain niveau) mais fait un bon effort, je crois, de neutralité dans cet article.

Et n’oubliez pas, nous sommes en 1990!

Je suis un abonné du NYT et il se peut que vous n’ayez pas accès à l’article. Dans ce cas, il est aussi disponnible ici.


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2007/10/14 22:20

Ébauches…

Quelques pensées…

Gauche. Droite. Je commence à penser que la différence n’est pas qu’idéologique mais qu’il y a peut-être quelque chose de nettement psychologique dans la différence d’approche de ceux qui se disent clairement d’une mouvance ou l’autre. L’idée n’est pas encore claire pour moi… Mais on dirait qu’il y a quelque chose de différent dans la façon qu’ont l’un et l’autre d’être en relation au monde… d’aborder les idées… Quelque chose de plus fondamental que la simple idéologie.

Une réaction de Renart… et ce qui suit.
Un billet bien intentionné de la gauche qui me fait peur.
Une réaction excessive mais intéressante de la droite.
Une discussion sur « le statut de l’homme » où on a peine à comprendre que les dynamiques sexuelles sont le point de départ de la question.

Tout cela m’interpelle… j’y vois un lien… un fil…

J’y pense…

Ça mijote.
Ça bouillonne.

Parlant du billet de Radicarl. C’est croire que la « nouvelle Élodie, » c’est lui, tellement il s’acharne à vouloir la garder en vie.

Hé, les amis! Vous avez pas encore compris que la seule raison que ce blogue existe encore est que vous continuez sans cesse d’en parler? Vous voulez faire disparaître les blogues anonymes de mauvaise foi? Ignorez les! Arretez d’en parler! Arretez de pointer vers leurs billets! Et surtoût, arretez de les visiter!

N’avez vous pas compris les mécaniques de la blogosphère?

If only you guys knew how hard I work not to let the english side of my soul seep through too much in this place… It’s been fun, though. Good discipline. But more and more I’m realizing I can’t keep any of my two sides bottled up for too long.

I need balance.

J’ai posé la question il y a quelques jours à savoir où sont les penseurs de droite?

Quelqu’un que je connais « dans la vrai vie, » en lisant cela, m’a répondu:

Ils sont trop occupés à faire du cash.

J’ai bien ri.

Il y a une vérité profonde quelque part là-dedans.

M’a mettre un homme là-dessus.

Parlant de d’ça, ça l’air que que ma petite pinne à l’endroit de de nos blogueurs de la droite pure a eu leur attention.

Kuebek n’a pas trop l’air de s’en défendre… et je sens qu’il me fera bientôt manger mes mots sur le manque de réflexion proprement québécoise de son point de vue idéologique. Enfin, je l’espère.

Deux coups de chapeaux pour deux initiatives intéressantes sur notre blogosphère sympathique:

Le Québec en Blogues. Une très bonne idée de Renart. Un blogue sur l’actualité regroupant des blogueurs de toutes tendances.

AntiPollution qui a décidé de transformer son blogue et de le relancer sous le nom Bon blogue bad blog pour publier des billets choisis de partout la blogosphère pour faire évaluer leur utilité dans l’avancement du Québec.

Intéressant…

J’ai aussi ma p’tite idée d’un site qui pourrait réunir les blogueurs et augmenter l’intérêt de notre petite sphère…

Je vous en parlerai, un jour. ;)

…et c’est une idée qui aurait aussi pour effet de diminuer la valeur de l’anonymat dans l’agora virtuel… libre.

Pas besoin de réglementation! Bordel.

Scuzez, je me répète mais je continue à ne pas en revevenir que certains d’entre nous souhaitent vraiment « une loi formelle pour réglementer la blogosphère politique au Québec »

Vous me faites peur, les amis! Vous avez pas idée.

Mes activités vont diminuer pendant un temps, ici.

Je dois me concentrer davantage à gagner ma vie pendant quelques jours… C’est beau les idées mais la logique marchande m’appelle.

Je ne manquerai pas de vous lire …et surement d’en lacher plusieurs p’tites vites. (On va avoir des élections!)

Mais les longue réflexions doivent mijoter pour l’instant.

D’ici là.
C’est quand-même agréable de disctuter avec vous tous qui avez stimulé mes méninges.

Cheers!


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2007/10/13 19:33

Entre deux chaises

Je dis souvent que je suis ni à gauche ni à droite. Eh bien, voici un test qui le prouve.

Suite à une discussion stimulante avec Renart Léveillé provoqué par ce billet qui s’est poursuivie sur son blogue, puis dans les commentaires de ma réponse, Il exprime la curiosité de voir où je me situe sur le graphique de political compass.

Alors voici. Lorsque je réponds au test alors que ma tête est encore dans la dynamique d’expliquer mes positions à Renart (et à Sgt Scott), qui sont, comme presque tous les blogueurs que je respecte, des gens nettement à gauche de moi, j’obtient ceci:

Economic Left/Right: 0.50
Social Libertarian/Authoritarian: -3.49

Mais si je me « calme le pompon » un peu et que je respire… quelques heures plus tard, j’obtiens ceci:

Economic Left/Right: -0.25
Social Libertarian/Authoritarian: -2.87

Chose interessante, mon coté gauche est plus autoritaire que mon coté droit… ce qui cadre assez bien avec ma conception des choses.


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2007/10/11 16:02

Le dûr chemin de la marginalité.

Ce billet est une réponse à un billet de mon ami Renart Léveillé qui fait écho à certaines choses que j’ai dites ici et m’a beaucoup donné à réfléchir. [Merci Renart.]

Je crois pouvoir dégager deux axes de réflexion bien distincts qui m’interpellent dans son billet le premier étant lorsqu’il demande: « quelle est la différence entre un homme-sandwich qui publicise un produit de consommation et quelqu’un qui affiche sa religion par un vêtement symbolique? » Mais je sens qu’au fond, nous ne sommes pas si loin l’un de l’autre là-dessus et qu’il a bien compris l’idée (outre la question ci-dessus) que j’essayais d’exprimer lorsqu’il dit: « Je me demande bien quel serait le résultat d’un sondage sur la question des hommes aux cheveux longs… » [En effet, mon ami, il n'y a pas si longtemps, j'aurai ri à l'idée... mais vraiment, aujourd'hui... si la question avait été posé au même échantillon, lors du même sondage, dans le contexte actuel?... Je ne sais plus... et je crains que nous serions surpris] Mais bien que la question en soi, celle de comparer le signe religieux arboré sur sa personne à l’homme-sandwich qui publicise un produit de consommation m’interpelle, je la mettrai de coté pour m’adresser à ce que je crois être le vif du sujet.

Renart prends à parti un passage particulier de mon billet où je trace un paralèlle équivalent entre « l’Hassidique » et « le Marginal. » et, en effet, moi d’ajouter plutôt gratuitement pour ce second archétype: « gauchistes … qui rejettent le système marchand qui … leur permet d’exister. » et que j’associe tour à tour à la simplicité volontaire, au freeganisme, etc…

Il me reproche alors de:

…mélanger les choses. Je crois surtout qu’il faut éviter de diaboliser la gauche en la vidant de tout son sens pratique. Donc, je ne crois pas que la simplicité volontaire est un chemin direct vers l’assistance sociale et pire, l’itinérance. Aussi, je ne crois pas que le rejet du système marchand s’accompagne obligatoirement d’une volonté de scission avec la société pour ceux qui la rejettent. Et je ne peux pas m’empêcher de dire que ce propos me fait joyeusement penser à ceux qui pensent que de prendre une bouffée de marijuana mène automatiquement au crack…

[Ha ha! Bien dit! ...Euh, mais c'est de moi qu'il parle, là. Ouch! Non, je ne veux pas être associé à ceux-là. :))]

Maître Renart, a du visou. Et il vise juste.

Et il a un peu raison de dire que je mélange les choses. Mais juste un peu.

Avant de continuer, je tiens à dire que je regrette entièrement l’inclusion du concept de simplicité volontaire dans ma caricature du cas type de marginalité idéaliste que je met, en effet, sur un pied d’égalité avec celle du Juif ultra-orthodoxe. Et surtout de l’association qui en résulte avec l’image du marginal qui me demande mon aide lorsque ses idéaux ne suffisent plus à la tâche.

La simplicité volontaire est une approche que je trouve tout-à-fait raisonnable, saine et désirable face à un monde où la logique marchande prends de plus en plus, dans nos vies, une place qui devrait être réservée à la spiritualité et à la métaphysique (et à l’art libre aussi) et je n’aurais pas dû la mettre sur le même pied que les autres idéologies et pratiques plus extrêmes que je citais. Je cherchais un concept plus francophone pour compenser le fait que je ne trouvais pas de termes Français pour le freeganism et le dumpster diving.

Mon billet était quand-même écrit sous l’effet de la colère et de l’amertume et j’avoue que j’y suis allé à (très) gros traits dans mes descriptions et analogies. Et un peu maladroitement peut-être… car mon intention n’était pas du tout d’intimer « que la simplicité volontaire [ou même les autres pratiques que j'ai citées sont] un chemin direct vers l’assistance sociale et pire, l’itinérance. » (Je vois bien, en me relisant, que c’est plutôt ce que j’ai fait. Mais là n’était pas mon intention) Au contraire, je crois absolument qu’il est (et qu’il doit être) possible de vivre pleinement selon ces approches, idéologies et modes de vie si on le choisit.

Je dis seulement que c’est difficile. Et que la société ambiante n’a pas à s’en accommoder tant et aussi longtemps que le principe ne commence à faire consensus au sein d’une pluralité suffisante.

Je connais des gens qui font des choix semblables …et réussissent. Ils ont mon respect et surtout mon admiration, d’abord parce que je me sais moi-même incapable de vivre de tels choix, au quotidien, avec une telle rigueur et une telle discipline, mais surtout parce que leur démarche n’implique pas d’exiger ou de revendiquer que « la Société » at large adopte leurs pratiques (mêmes s’ils le souhaitent) ou même qu’elle s’en accommode. Eux, sont tellement convaincus d’avoir pris le bon chemin, qu’ils le vivent simplement, quotidiennement, difficilement, en subsistant tant bien que mal presqu’exclusivement de leur petite économie communautaire parallèle… se disant que de toute façon, bientôt, tout le monde vivra comme eux. Ce qui ne les empêche pas de vanter leur mode de vie à quiconque veut l’entendre… faisant petit à petit de nouveaux adeptes. Et provoquant chez moi, (et ceux comme moi) même si je trouve qu’ils y vont quand-même un peu fort, de sérieuses remises en questions de mes propres pratiques dans mon propre quotidien d’homme qui a fait le choix de jouer le jeu de l’insidieuse société de consommation.

Le cas du Juif orthodoxe est pour moi, identique au précédant de la façon suivante: Bien que ce qu’il tient à vivre au quotidien ne m’emballe pas du tout. Lui aussi, ainsi que son épouse, j’insiste, [certaines diront qu'en tant qu'homme je n'a pas le droit d'insister là-dessus, ont-elles raison?] sont convaincus d’être dans le droit chemin. Eux aussi font des choix difficiles pour pouvoir vivre simplement, quotidiennement, une quête spirituelle centenaire qui est centrale à leur identité. [Je sais que ce n'est pas évident pour nous de le concevoir ainsi, je partage cette difficulté, mais c'est bien de quoi il s'agit.] Et eux non-plus n’exige pas de la société at large qu’elle adopte leurs pratiques. Même si eux aussi souhaiterait qu’on se calme un peu avec notre poursuite effrenné cette société de consommation qui nous mène à notre perte (morale et spirituelle de leur point de vue.) Et je me dois de respecter cela puisque, même si je trouve qu’ils y vont un peu fort, je revendique moi-même le droit de poursuivre ma propre quête spirituelle, dans mon quotidien sans que qui que se soit s’en mêle si je n’en ai pas envie.

Un et l’autre ont choisis, parce qu’ils rejettent des pans entiers de l’ensemble des « valeurs et institutions qui inspirent l’adhésion du plus grand nombre, » de vivre en marge de la société. L’un inspire mon respect car j’admire les valeurs au nom duquel il agit, l’autre obtient ma tolérance, vu les sérieux problèmes que j’ai avec la misogynie et l’insularité de sa spiritualité. Mais que j’aime ou j’aime pas, je me dois de défendre sauvagement l’espace de sécurité et de liberté qui leur permet de vivre ainsi car je le revendique pour moi-même. Je revendique le droit de vivre pleinement, selon mes convictions à moi, même si elles ne cadrent pas entièrement avec celles de la majorité. (Dans l’harmonie et le respect d’autrui, évidemment) Il me semble que là-dessus, mes amis « gauchistes » et moi pouvons nous entendre, non? Ne revendiquent-ils tous pas à leur façon en tant qu’individus, tout comme moi, le droit de ne pas marcher dans le même sens que la masse?

Mais l’autre chose que j’essayais d’exprimer dans ce paragraphe c’est ce qui ce passe lorsque les groupes et les individus qui font le choix de la marginalité commencent à exiger que la société s’accommodent de leurs modes de vie plutôt que le contraire. Ainsi que la nature du sentiment individuel (que je ressens comme tout le monde) qui sous-tend ce « refus global » de les accommoder. Je voulais démontrer que moi aussi, je comprends que « le sens des accommodements est un gouffre sans fond. » Mais ma cible, avec mon exemple caricatural du « militant de gauche freeganistique » ne visait pas tant le militant politique réfléchie d’une gauche responsable que je crois indispensable à l’évolution d’une société équilibrée que ceux, et il y en a plusieurs, tout militant de gauche le moindrement peu honnête vous le dira (en privé du moins, après quelques verres dans l’nez) qui scandent tous les slogans par besoin de sentiment d’appartenance sans vraiment avoir réfléchi aux implications réelles de ce qu’ils prônent et encore moins, à l’instar du premier groupe que j’ai mentionné, d’en vivre les conséquences.

Je ne me fais toutefois pas d’illusions, la droite militante possède son lot de ces individus. Je ne suis pas de ceux qui croient que c’est un phénomène uniquement de gauche. J’ai choisi, ici, l’exemple de la gauche parce que, n’en déplaise à Renart, la vaste majorité des individus de notre société sont (encore) incapables de se départir (en partie avec bonne raison) de la croyance que l’abandon de notre système de croissance actuel serait un désastre terrible et planétaire qui mènerait à la plus grande misère pour le plus grand nombre. Et pour eux, comme pour une partie de moi, ce que certains militants de gauche prônent nous semblent aussi farfelu que l’idée que Dieu a ordonné aux hommes de ne pas se raser et aux femmes de marcher derrière.

Dernière note avant de complètement passer pour un droitiste enragé:

C’est vrai que je suis de ceux qui croient (pour moi il s’agit d’une réalité) que la sécurité, la liberté, l’extraordinaire privilège (par rapport à mes ancêtres) que j’ai à m’exprimer ainsi (et d’être lu) dépendent tous intimement du « succès » de notre système de croissance actuel. Et que son abandon imprudent serait désastreux.

Mais je suis loin d’être insensible à l’autre coté de l’argument évoqué dans la note pessimiste sur laquelle Renart termine son billet: « je ne crois pas que notre bonne Terre va s’accommoder très longtemps de nous… » Je reconnais entièrement que ce que je nomme le « succès » de ce système est aussi en train de nous mener droit vers un terrible désastre planétaire. Voyant de terribles désastres de chaque coté qui doivent être navigués avec finesse et sobriété si nous espérons nous en sortir, je n’ai aucune patience avec ceux de ma mouvance qui nient le désastre écologique à venir et que sa cause est justement le système (et son rythme) que nous prônons tous. Mais j’ai aussi beaucoup de difficulté avec ceux qui, au nom de l’urgence du désastre écologique qu’ils voient clairement poindre, refusent de comprendre qu’une transition hors de notre système de croissance se fait vraiment à grand risque et péril et ne peut être implanté que très, très, très, et j’insiste, très prudemment, sans quoi nous risquons aussi un grand désastre à l’échelle planétaire qui en plus de plonger l’humanité dans la misère, risque de nous enlever les moyens d’agir pour contrer le premier désastre dont la mécanique infernale est déjà enclenchée! Ceux là de chaque coté, pour moi, n’ont pas de solution réelle à apporter.

Mais à ceux qui comme moi, reconnaissent le double tranchant de l’épée de Damoclès qui frôle nos cheveux, à ceux là, quelle que soit leur mouvance d’origine, je dis: Mes amis, mettons nous au travail, l’heure est grave et il faut nous pencher sur les solutions.


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2007/10/10 14:02

Soixante-Cinq pour Cent

C’est pas des farces, les amis, je suis vraiment, vraiment découragé.

Je ne pensais sérieusement pas qu’on en était .

Que « Quelque 90% des personnes sondées rejettent l’idée de leçons de natation particulières pour les filles, ou encore la possibilité de voter le visage voilé, » je comprends, je suis d’accord. Sauf que je n’ai aucun problème avec la première chose dans un contexte privé (Là où une piscine offre la possibilité de louer du temps à l’usage exclusif de groupes ou d’associations privées, est-ce de mes affaires s’il s’agit d’un groupe formé uniquement de femmes et de filles?) et la seconde va de soi… Bien que j’insiste pour répéter: Aucune demande du genre n’a encore jamais été présentée. Aucune.

Que « La même proportion de répondants s’oppose à la demande des hassidim d’obtenir un évaluateur masculin pour un examen de conduite à la Société d’assurance automobile du Québec, » là aussi, je suis complètement dans la mouvance. Je vous confesse même le léger plaisir mesquin que je ressens à l’idée de l’Hassidim borné dont la « performance » est soudainement soumise au jugement d’une femme qui a l’autorité de lui dire qu’il « n’a pas les talents nécessaires » si c’est le cas. Le « raisonnement » qui me passe par la tête dans ce cas-ci est, j’imagine, semblable à celui de la moyenne de mes compatriotes: Tu as choisi de vivre selon des règles strictes et anciennes qui te viennent de Dieu, M. Hassidim? Très bien. C’est ton droit (et celui de ton épouse.) Mais n’oublies pas que tu vis dans une société qui a fait des choix différents. Et lorsque tu as affaire à l’appareil d’État de cette société, c’est à toi de t’accommoder. Sauf que j’ai la même attitude envers les jeunes gauchistes marginaux et idéalistes qui rejettent le système marchand qui, selon moi, leur permet d’exister: Vas-y avec ta simplicité volontaire et ton dumpster diving freeganistique, tu as mon respect, car tu vis tes convictions (tout comme l’Hassidim,) mais ne viens pas ensuite me dire que tu as faim et que je dois contribuer davantage de mon pécule pour ton bien-être. La société a fait des choix différents et si tu veux y vivre en marge, très bien, mais accommode-toi.

Mais je ne fais ici que défendre un « droit » que je me réserve moi-même; celui de vivre ma vie comme je l’entends, de ne pas adhérer entièrement à ce que « la Société » m’impose comme mode de vie. Ceci dit, je reconnais entièrement la nécessité pour « la Société » de se donner des valeurs et des institutions qui inspirent l’adhésion du plus grand nombre. C’est là un des ingrédients essentiels à ce qu’elle puisse créer un espace de sécurité et de liberté suffisant pour que j’aie (tout comme l’Hassidim, tout comme le Marginal) le luxe de choisir les valeurs personnelles selon lesquelles j’entends mener ma vie. C’est pourquoi je ne demande aucunement à ce qu’elle m’accommode sur les points où je choisis de ne pas suivre la masse. C’est mon choix et je suis prêt à en assumer les conséquences.

Pour moi, cet espace de sécurité et de liberté est l’élément le plus précieux de la société dans laquelle je vis (ça et le fait de vivre en français) et toute pensée politique que je puisse avoir, aussi ambivalente et paradoxale puisse-t-elle paraître parfois, est fondé sur la recherche de l’équilibre entre le maintien de cet espace de sécurité et de liberté qui m’est si précieux et la solidité des assises sociétaires que je crois nécessaire à son existence (et le fait de pouvoir faire tout ça en Français.) Je suppose que cela fait de moi une sorte de conservateur.

Ah, et puis, putain!

Oups. J’veux dire:

Criss!

C’est pas une valeur québécoise, ça? Le fait de pouvoir vivre comme on l’entend? Le droit de choisir comment je vais vivre ma vie, de faire à ma tête, selon ma conscience?

D’un peuple descendant d’individus courageux qui, non content de leur sort, ont tout risqué pour venir coloniser une terre froide et cruelle… parce qu’ils voulaient une terre bien à eux… où ils pourraient élever leurs enfants et « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui a produit ces coureurs-des-bois qui ont eu la sagesse de ne pas se borner à leur mode de vie d’origine, mais de choisir une palette de valeurs métissé et adapté à leur nouveau milieu afin de mieux « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui s’est servi de l’Église lorsqu’il avait besoin d’une institution qui lui permettait de « vivre comme il l’entend » alors qu’un Empire tentait par tous les moyens de l’assimiler… mais qui, lors de ses soirées de fêtes, chantait « swingue la bacaisse dans l’fond …d’la boîte à bois » dès que le curé avait le dos tourné…

D’un peuple qui s’est servi de l’État lorsqu’il avait besoin d’institutions lui permettant de « vivre comme il l’entend » alors qu’une Église devenue trop misogyne et xénophobe tentait par tous les moyens de le figer dans l’Histoire… Mais qui demeure un champion du travail et de l’économie « au noir… »

D’un peuple qui lorsque tenté par un post-nationalisme bilingue, multiculturel et pan-canadien illusoire dans lequel il se serait fondu, a su dire: Non. Nous entendons vivre notre liberté en français.

N’est-ce pas de ce peuple que je descends?

N’est-ce pas de ce peuple, de ces traditions, de cette lutte que je tiens ma soif de liberté et cet air frondeur sitôt qu’on se mêle de comment j’ai choisi de vivre ma vie… que ça vienne de l’Évêque, du Ministre ou du Grand Marchand?

Ou est-ce que je nous confonds avec les amerloches?

Est-ce ce peuple qui, maintenant qu’il profite de ses grandes victoires et des immenses progrès qu’il a fait sur tous ces fronts, [Mise à-part la Sainte-Souveraineté, quelqu'un peut-il honnêtement plaider qu'aujourd'hui, le Québec n'est pas « aux Québécois? » Et je vous mets au défi de trouver une autre petite (dans le sens numérique) nation conquise par un empire dans toute l'histoire récente qui s'en soit tirée aussi bien que nous et dont les individus jouisse autant de la liberté de vivre selon sa conscience que la nôtre. Il faut qu'on s'en rende compte, les amis, nous sommes la seule nation du genre à être aussi pleinement intégrée dans la société occidentale qui domine la planète tout en ayant autant gardé notre caractère propre... Nous sommes, à toutes fins pratiques, maîtres chez nous. Nous ne sommes plus les Victimes, nous sommes les Dominants!] maintenant qu’il se retrouve dans la position dominante… qu’il possède pleinement (ok, presque pleinement) tous les moyens de son épanouissement sauf celui, et c’est critique, de conserver son rapport démographique à ses voisins… maintenant que ce peuple, à défaut de se donner les moyens de faire un maudit gros paquet de bébés, a amèrement besoin de tous ces immigrants francophones de bonne volonté pour poursuivre le rêve d’une Grande Nation francophone en Amérique… maintenant que pour la première fois, c’est lui qui est en position de décider pour les autres, il se retourne de bord et adopte les comportements contre lesquels il s’est toujours défendu au nom du droit de vivre comme il l’entend.

Parce qu’en disant ceci:

65% des gens pensent que les petites musulmanes ne devraient pas pouvoir porter leur foulard à l’école

…c’est ce qu’a fait mon peuple.

Pardonnez la référence très anglo-saxonne mais… j’ai l’impression d’être dans Animal Farm!

Parce qu’ici, contrairement aux cas cités plus haut, il ne s’agit pas du tout, mais alors là, pas du tout que « la Société » (et ses institutions) n’aie à accommoder qui que se soit. Il s’agit, à toutes fins pratiques, d’une minorité de gens de bonne volonté, dans la grande majorité déjà francophone, (!) qui sont entièrement prêts à participer à bâtir une nation francophone en Amérique ou les gens peuvent vivre librement, harmonieusement, selon leur conscience (en Français!) qui sont (dans la très, très grande majorité) prêts à s’accommoder soi-même et qui, pour s’accommoder à vivre aussi pleinement selon nos normes tout en conservant, un tant soit peu, un petit morceau de leur identité propre, ont des filles et des femmes qui choisissent de porter un bout de tissu sur la tête, c’est un choix personnel, qui n’exige absolument rien de notre part en tant que culture dominante, et elles sont prêtes à assumer la signification sociale de leur geste. Tout autant que la petite punk qui se fout des boucles d’oreilles où elle n’en a pas et se teint les cheveux de couleurs impossibles.

Pis nous, après avoir bûché pendant quatre siècles… contre l’hiver… contre le courtisan français qui s’foutait d’notre gueule… contre le soldat anglais… contre l’Empire Brittanique qui voulait nous assimiler par force d’armes ou de lois… contre l’Église quand elle a voulu nous imposer une identité dans laquelle on ne se reconnaissait plus… et toujours contre l’hiver… et aujourd’hui contre l’Hégémon américain et globalisant qui est, en partie, animé d’une quête de liberté semblable à la nôtre mais à qui nous disons: Non. Nous voulons vivre notre liberté comme nous l’entendons. Et en Français!… Nous, on se retourne de bord et on dit à ceux qui nous suivent, à ceux dont nous avons besoin pour la poursuite de ce rêve, et en particulier à un petit nombre qui, croyez-moi, plus que les autres, sont prêts à mettre la grande expertise de survie identitaire de leur culture au service de la nôtre et de notre rêve d’un espace francophone en Amérique… mais nous en échange, on leur dit: Non. On aime pas comment vous vivez. …non, pire: On aime pas comment vous vous accommodez à vivre chez-nous. Si vous voulez vivre parmi nous, non seulement notre société ne s’en accommodera pas, (ce qui est normal, dans les limites du raisonnable) mais on va vous dire comment vivre! La liberté de vivre ensemble, mais chacun selon sa conscience, comme il l’entend (et en français) que nous exigeons pour nous n’est pas pour vous, à moins de vous assimiler!

Ceci n’est pas mon peuple. Pas celui pour lequel j’étais prêt à me battre. C’est pas des farces, je ne m’y reconnais plus. Si le pourcentage avait été 30% ou 40%, j’aurais trouvé ça assez normal, société pluraliste oblige, et suffisant pour au moins ouvrir un débat. À 48%-50%, je me serais inquiété, j’aurais sonné l’alarme. Mais vraiment, 65%… je suis complètement sidéré.

J’ai honte.

J’ai honte d’un peuple qui est incapable de se rendre compte de la place privilégiée qu’il occupe dans le monde et qui semble incapable de s’assumer en tant que culture dominante. Un peuple si peureux, si frileux qu’il est prêt, parce qu’encore obsédé par une survie qu’il a largement conquise, à nier à ses meilleurs alliés, plus petits que lui, ce même espace de liberté pour lequel il s’est toujours battu.

Mon peuple est-il fondamentalement totalitaire?… intégriste? N’a-t-il plus de dignité.

Au fond, c’est de ma faute. Je me faisais des illusions dans mon petit oasis de Côte-Des-Neiges parmi tous ces nouveaux arrivants pleins de bonne volonté. Je croyais que j’étais d’un peuple fier et confiant. Mais c’était eux que je voyais.

Saviez-vous que malgré le fait que mon arrondissement soit parmi un de ceux qui sont le plus en proie à la pauvreté, (matérielle) il est deuxième parmi ceux qui sont le moins en proie à la criminalité. Oui, oui, j’ai bien dit: Côte-Des-Neiges/Notre-Dame-De-Grâce, l’arrondissement à la plus grande concentration d’immigrants et de pauvreté à Montréal (donc au Québec) est le deuxième plus « sécuritaire » de la ville. (Ma source est orale, mais elle est sûre) Autre fait à noter, les endroits où pauvreté rime avec criminalité à Montréal aujourd’hui, sont surtout ceux où la pauvreté est celle des gens de mon peuple… je devrais ajouter: et des Anglos (de souche) et des Amérindiens.

Pourtant, pas chez les immigrants (parmi lesquels j’ai la chance de vivre.)

Cette fierté, cette dignité, cette soif de liberté et de paix (et d’entraide), cette volonté de s’accommoder soi-même des travers de la vie… qui appartenait à mes ancêtres, je ne la reconnais plus chez mon peuple aujourd’hui.

Mais je la vois tous les jours autour de moi. Chez ces Philippins qui, malgré la grande pauvreté de beaucoup d’entre eux, mettent chacun leurs meilleurs atours et marchent fièrement lorsqu’ils vont vers l’église le dimanche. Chez la jeune Africaine mono-parentale qui travaille si fort pour si peu et qui malgré le fait que parfois elle ne peut servir qu’un bol de riz à son fils pour souper, continue sans relâche à l’entraîner à être poli, studieux et bien élevé. Chez l’Arabe qui mange un festin bien mérité au soleil, dans le parc, entouré de sa famille. Chez le Péruvien qui travaille deux jobs pour que ses enfants aient une meilleure vie.

Aujourd’hui, mon peuple, c’est eux.


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2007/10/09 00:35

Bonne question…

Le mystérieux David d’Antagoniste.net souligne (comme il aime à le faire) un fait intéressant et …embarrassant pour la gauche:

-Nombre de manifestants contre la guerre en Irak en 2003: plus de 150 000 dont des politiciens.

-Nombre de manifestants contre Israël en 2006: Plus de 15 000 dont des politiciens.

-Nombre de manifestants pour la “Journée de la Terre” en 2007: Plusieurs milliers dont des politiciens.

-Nombre de manifestant pour la Birmanie ce dimanche: Pas assez pour les compter et pas l’ombre d’un politicien…

Pourquoi ?

Il répond ensuite à sa question en y allant d’une de ses attaques en règle contre « l’hypocrisie » de la gauche dans laquelle il utilise les mêmes formules creuses que j’ai tellement entendues chez les Américains qu’elles m’endorment.

Sauf que c’est quand même une bonne question.

Non?


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2007/09/30 22:59

On peut pas être au courant de tout…

…sauf quand tout le monde en parle.

Je m’en veux de de ne pas avoir été au courant de cette histoire.

Désolé, les amis… je suis victime de mon montréalocentrisme. Je voyais la bannière sur les blogues de gauche et je n’y ai pas fait attention, pensant: « une autre cause naïve de la gauche » sans même avoir pris la peine de découvrir de quoi il s’agissait.

Je viens de voir la prestation de Denis Bolduc à Tout le monde en parle ce soir et j’ai compris.

Ce blogue appuie la démarche de ces journalistes… pour la principale raison que l’auteur croit sincèrement que ce que revendique les journalistes à l’emploi de Québécor à Québec est aussi désiré par la grande majoritée des résidents de la région.

MediaMatin Québec : Ce blogue appuie!


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2007/08/25 15:45

L’illusion tranquille

Bien que lui-même victime de ses propres dogmes et ornières idéologiques et truffé de sophismes, ce docu-propagande a eu le mérite de faire une critique complète, concentrée et très juste de la sclérose qui paralyse aujourd’hui l’état québécois.

Visionnez le film en entier

Première partie
Deuxième partie

Mon cœur est résolument progressiste, mais j’ai entendu dans ce film plusieurs éléments d’un discours que je tiens moi-même depuis plusieurs années dans l’espoir de voir la “gauche” dominante se réveiller et tenter de se réformer de l’intérieur de peur que la paralysie du système ne fasse passer le flambeau du progrès à une “droite” qui n’a que du mépris pour les objectifs de justice sociale.

Maintenant, c’est fait. La droite s’est réveillée et c’est elle aujourd’hui qui tient un discours dynamique, optimiste et tourné vers l’avenir… C’est avec elle qu’on a maintenant l’impression que les choses peuvent bouger.

Tandis qu’un tour rapide de la blogosphère québécoise dite “gauchiste” (à l’exception de quelques écolos) nous révèle un discours sombre, pessimiste et renfermé sur lui-même… convaincu que leurs concitoyens sont entrain de se faire endoctriner par les bonzes hypocrites d’une idéologie trompeuse ayant pour dessein d’assouvir les bas instincts de la population pendant qu’elle enrichit et protège les intérêts que d’une petite clique.

Il fut un temps où c’était la droite qui tenait un discours semblable, face aux dangereux comunnisses qui allait mener le peuple vers le malheur et la misère… Mais à cette époque, c’était la gauche qui était occupé à planifier et à bâtir le Québec de demain (celui qui aujourd’hui croule sous son propre poids par son incapacité à s’adapter à l’époque actuelle) et qui tenait un discours tourné vers l’avenir et empli d’espoir … Et la population n’a pas plus acheté la crainte des méchants communistes de cette époque qu’elle ne tremble devant l’épouventail des forces obscures du néo-libéralisme brandit par les gardiens d’un ordre autrefois révolutionnaire mais maintenant trop bien établi.

La droite au Québec a passé plus de 30 40 ans dans le désert… forcée de se débarrasser de son héritage clérical (anciennement nécéssaire mais devenu alors toxique) avant de pouvoir renaître dans sa forme actuelle: moderne, laïque et branchée sur le pouls de la classe moyenne.

J’espère que la gauche se grouillera un peu plus le c** à se débarrasser de son héritage syndicalo-marxiste (autrefois nécéssaire mais maintenent devenu toxique) si elle espère de nouveau un jour remettre la social-démocratie à l’ordre du jour.

Parce qu’un régime social-démocrate qui a trop duré et qui est à cours d’idées, ça s’endure toujours… (pour un certain temps du moins) mais quand ça arrive à droite, les résultats sont souvent bien plus inquiétants.

Regardez nos voisins du sud.


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