Billets tagués ‘Fédéral’

2008/05/23 03:28

“Québécois d’origine canadienne-française”

Je n’ai pas encore lu le rapport. Mais je me suis tapé la couverture (le cirque?) médiatique pas mal toute la journée et ma première impression est qu’en tout point les commissaires semblent avoir tranché à peu près exactement là où je l’aurais fait… chapeau!

Il y a beaucoup à dire sur plusieurs points et j’y viendrai éventuellement, mais la chose principale que je retiens aujourd’hui, et je crois que c’est un changement assez majeur dans les paramètres qui définissent la discussion identitaire québécoise (du moins, c’en est un qui me plait), c’est la soudaine légitimité de l’expression “d’origine canadienne-française“. Il semble que le rapport propose cette formulation pour remplacer l’expression “de souche“…

M. Bouchard explique:

Personnellement, je n’avais pas vraiment de problème avec l’expression “de souche”… il faut bien que les choses aient des noms, sinon on ne s’en sort plus. Mais j’achète. Et même, je dois confesser que l’idée de rendre légitime l’expression “d’origine canadienne-française” pour remplacer de l’expression “de souche” lorsqu’il s’agit de nommer qui nous sommes, vient justement libérer/nourrir une des charges émotives identitaires principales derrière Le Petit Émerillon.

Vous aurez compris que votre humble serviteur souffre de la dichotomie entre la fierté (et le sens du devoir) qu’il ressent envers des ancêtres qui se sont littéralement battus pour qu’une “nation canadienne” de langue française fière et debout puisse exister en Amérique et un projet d’actualisation, la “nation québécoise”, fondé sur le dénigrement de leurs valeurs et le rejet même du nom et des symboles qu’ils se sont donnés depuis l’aube de leur existence collective.

En tant que descendant d’un clan franco-ontarien “tissé serré” de la paroisse Saint-Charles d’Ottawa qui m’a transmit de fortes valeurs de survivance et de fierté francophone canadienne, je me sentais moi-même souvent exclus de cette “nation québécoise” qui ne m’acceptait que si je taisais le nom de mes ancêtres et acceptais cette fiction qu’ils étaient “québécois” et que l’Histoire de leur combat et leurs sacrifices était celle de la “nation québécoise”.

Il m’était permis de discuter de ces choses, mais seulement en faisant très, très attention au contexte dans lequel je me permettais d’attacher les mots “canadien” et “canadien-français” à ma propre personne, sous peine de remise en question de ma légitimité en tant que bon “québécois” ou pire de me faire taxer de colonisé arriéré. (j’en connais dans ma famille que ce tabou a irrité au point d’en faire des fédéralistes enragés)

Aujourd’hui, je me sens comme un homosexuel qui s’apperçoit que, tout à coup, le monde a enfin assez évolué pour qu’il se permette de faire son coming out.

Donc… ahem…

Je suis canadien-français (et j’en suis fier)!

Je ne suis pas moins québécois

Je suis un Québécois d’origine canadienne-française.

Dans mon cas particulier, d’origine très canadienne-française.

Fiou… je me sens déjà plus libre.

Mais voilà, je comprends très bien la menace que les tenants du projet souverainiste voient à ce “retour en arrière”… Étant donné que leur projet d’épanouissement national implique une “séparation” du “Canada”, le succès de ce projet dépend, croient-ils, de la création d’une “identité” proprement “québécoise” qui rejette catégoriquement toute parcelle de canadienneté dans ses constructions symboliques.

Parce que sitôt que l’on admet que “nous étions canadiens”…

Comme dit Durivage: On s’en sortira jamais.

Vous savez les amis, moi, la souveraineté, je ne suis pas contre. Comme je l’ai souvent dit, j’appuie toute initiative qui donne plus d’autonomie au seul état pleinement sous le contrôle de la nation francophone d’Amérique canadienne-française, incluant la souveraineté nationale de cet état. C’est juste que je vois plein de trucs qu’on pourrait faire pour aider à la consolidation et à l’épanouissement de cette nation qu’on ne s’entend déjà pas pour faire et je ne vois pas en quoi on va s’entendre davantage entre nous le lendemain d’une souveraineté du Québec.

Et puis pour moi, le Québec, c’est un état, ce n’est pas ma nation.

Ma nation à moi, celle que mes ancêtres ont bâtie, contre vents et marée… et glace… et bayonette anglaise… celle qui crie son droit d’exister depuis quatre siècles… celle dont il est question dans les chansons que l’on chante encore dans les soirées du jour de l’an par chez nous, c’est la nation canadienne (française). C’est à cette nation là que je souhaite donner un état souverain.

La feuille d'érable - La bonne chanson

J’vous l’jure les amis. Si les souverainistes/nationalistes réussissait à re-fonder leur projet dans l’autre sens… en disant que la “province of Quebec” est un nom qui nous a été imposé pour nous priver de notre sentiment d’identité nationale et nous marginaliser, voire nous ghettoiser, autour de notre ville fondatrice, que l’on rejette donc l’appellation de québécois, que la nation canadienne-française est LA nation canadienne originale et qu’un Canada qui ne fait pas une juste place à sa nation fondatrice… et je ne parle pas ici de “bilinguisme officiel”, mais d’un statut spécial et privilégié accordé à la langue française partout au Canada et d’une reconnaissance (lire statut spécial et privilégié) du rôle que joue l’état québécois en tant que patrie principale de la langue et de la culture de cette nation fondatrice et essentielle au caractère français de l’Amérique… sans cette reconnaissance donc, la nation canadienne-française considérera que le Canada est un échec et sortira la province of Quebec de la fédération pour créer la République libre du Canada-français (Le vrai Canada; les autres c’est la fédération du Canada anglophone, dira le borné) et s’occuper elle-même de son destin. Vous faites ce que vous voulez, ROC, mais nous on fonde notre propre état libre et on rapatrie tous nos symboles… NOTRE langue… NOTRE feuille d’érable… NOTRE castor… NOS rocheuses… Euh… oups!… Ok, j’pense que j’me trompe de disque là, là…

Je sais, je rêve en couleur… j’en fume du bon… mais je maintiens que pour qu’un projet qui vise à consolider l’avenir de cette nation francophone nord-américaine soit vraiment porteur, rassembleur et capable de se projeter sainement vers de meilleurs lendemains, il ne peut pas être fondé sur l’opposition et le dénigrement de la canadienneté francophone mais qu’il doit plutôt l’embrasser; que l’une des raisons principales de l’échec du projet souverainiste est inscrite dans cette tentative par la “nation québécoise” de s’affranchir de sa propre canadienneté identitaire. Et qu’un projet souverainiste/nationaliste qui se fait sur les lignes identitaires que j’ai décrites est la meilleure voie pour obtenir l’appui de 85+% des francophones de tout le pays. Au mieux, du point de vue souverainiste, ça donne une souveraineté claire, sereine et inexorable, au pire, la reconnaissance demandée à l’intérieur du pays qu’on a fondé. Mais ça aussi, mes ancêtres en seraient fiers.

Encore une fois, je sais… j’en fume du bon.

Mais tant qu’à me faire comparer à Elvis Gratton

Think big, ’sti!


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2008/02/11 20:26

La droite de chez nous

Un très estimé lecteur a fait un commentaire aujourd’hui qui a finalement mis en mots une réflexion qui me ronrone dans le fond du crâne depuis que j’observe (non sans espoir) la montée de cette nouvelle droite conservatrice de chez nous que d’aucuns ne soupçonnaient l’existence il n’y a de ça que cinq ans dans le paradis social-démocrate que l’on croyait (à tord) faire notre distinction.

Il s’agit de M. Bergeron, un américain résident de la Californie qui répond au Dissident, ce (nouveau?) blogueur de chez nous qui tire nettement à droite.

Ronald Reagan est mort, [le] conservatisme a échoué, le parti républicain est divisé. Les gens les boudent, parce qu’ils n’ont pas d’idées nouvelles à répondre à nos besoins et nos problèmes c’est toujours la même chanson: moins de gouvernement (sauf dans le bodoir), moins de taxes pour les riches (alors que le fardeau remue aux travailleurs de la classe moyenne), plus de dépenses militaires pour les guerres glorieuses, plus de moralisation à faire Jésus vouloir vomir, pour le reste vous êtes seuls, “you’re on your own!”

Puis en terminant, il fait référence au fait que notre ami Dissident semble s’être approprié certains des symboles de Batman:

Mathieu, je crois pas que vous ne trouverez pas un plus grand libéral (au sens américain) que Bruce Wayne, c’est l’exemplar sans pareil du “Limousine Liberal.” I’m sure the irony is not lost on you, since you call yourself the “Dissident”, even though your side is currently in power, both in Canada and here in the US. Bush isn’t gone yet.

Ce n’est pas sans un certain plaisir et soulagement que j’ai constaté que nous avions une droite (plus ou moins) cohérente dans ma nation. Qu’une certaine alliance était possible de ce coté du paysage entre le pôle de Calgary et celui de Québec (qui se découvre à peine) afin de contrer l’hégemonie étatiste et centralisatrice du parti qui prétend définir l’âme même du pays depuis 1967. C’est vrai qu’aujourd’hui, la droite vit une certaine heure de gloire ici… et on a nettement l’impression qu’on en est encore qu’au début.

It’s Morning in the Great White North.

Pour ma part, je suis loin de m’en désoler. J’ai passé ma vie dans une société qui penchait universellement à gauche, pendant qu’on se divisait entre souverainistes et fédéralistes… Ce n’est pas sain. Les éléments bénéfiques des courants de droite (il y en a) n’ont pas encore assez eu la chance de faire effet à mon goût sur ma société. Pour quelqu’un qui se targuait d’anarcho-capitaliste en 1987 (j’étais jeune, j’ai beaucoup évolué depuis, mais quand-même), je regarde la montée de la droite politique et je dis: Y était temps!

Sauf qu’en tant qu’amateur de la politique américaine, je partage entièrement l’analyse de mon lecteur. La droite conservatrice américaine est épuisée… dogmatique… finie.

Elle est dûe pour une bonne traversée du désert.

Je regarde notre droite à nous se péter les bretelles… ces gens semblent encore tout à fait inconscients des nombreux endroits où le projet américain sur lequel ils fondent leur démarche a complètement échoué. Je les voit partout répéter les mêmes erreurs et semer le même poison corrosif qui a fini, à force de contact, par s’introduire jusque dans l’âme du mouvement américain qui s’en servait. Jusqu’a ce qu’il devienne la caricature grossière et tristement réelle que nous décrit M. Bergeron.

Les conservateurs (petit c) d’ici se sentirons bien seuls dans le monde ante Bush… et ils ne dureront pas longtemps s’ils persistent à émuler un mouvement moribond plutôt que d’adapter leur idéologie (et surtout leur approche) au 21e siécle et à un monde qui s’apprête à s’axer nettement sur le progressisme.


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2007/11/30 23:53

Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Mes impressions sont ici.

YouTube - Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Finalement il n’a rien dit que je n’ai pas trouvé raisonnable… Et en plus, je dois avouer que je le trouve assez sympathique. Je me sens obligé de le rayer de ma liste de radi-cathos.


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2007/11/07 21:55

Appel à tous

Bon.

Tout d’abord une confession: Je suis un militant politique.

Maintenant une précision: Je n’ai jamais été membre d’un parti fédéral ou provincial, mais je suis, depuis 1998, impliqué en politique municipale montréalaise. À l’origine en tant que membre du RCM, puis de l’UCIM, le “parti du maire Tremblay,” qui se nomme maintenant Union Montréal. Mon implication en est une surtout de “conseiller informatique” et n’existerait pas sans qu’on continue à solliciter mon expertise en cette matière… Et moi j’aime ça, parce que ça me donne un oeil sur comment les choses se passent en coulisse, mais je vous avoue qu’il y a plus partisan que moi.

Ceci dit, je serai parmi les délégués de l’arrondissement Côte-Des-Neiges / Notre-Dame-De-Grâce au congrès général du parti de cette fin de semaine. J’irai défendre une proposition venant de mon arrondissement à l’effet qu’il soit inscrit au programme du parti, un projet visant à établir un réseau Internet haute-vitesse sans-fil gratuit à la grandeur du territoire de la ville.

Fidèle à ma manie de toujours être à la dernière minute, je suis à me pencher plus en profondeur sur le dossier.

Si vous avez des idées… des liens… des exemples de ce qui se fait dans d’autres villes… etc.. à partager, j’apprécierais.

Imaginez… être toujours connectés (incluant dans le metro!) et ce, gratuitement!!!


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2007/10/05 11:04

Coincés!

Youpi! On va avoir des élections!

J’aime ça moi, des élections…

(Auncun lien avec mon billet d’hier)


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2007/09/26 23:14

M. Harper me souhaite personnellement une bonne année… en septembre

Oui, oui. C’est vrai, je vous l’assure.

La semaine dernière, en regardant dans ma boîte à malle j’ai trouvé une jolie carte de la part du «Rt. Hon. Stephen Harper, M.P. Calgary Southwest» qui m’était personnellement adressée. Pas une simple carte distribuée dans chaque boîte, mais imprimée de mon nom à moi! Quel honneur, tout de même! Cela fait très longtemps que j’habite Côte-Des-Neiges (dans le compté d’Outremont) et ça ne m’était jamais arrivé…

M. Layton et son parti emplissent ma boîte de papier (sur lequel mon nom n’est presque jamais écrit) depuis des années… À tel point que je questionne sérieusement leur sincérité face à la défense de l’environnement! Et, évidemment, j’ai toujours hâte, à chaque automne, de recevoir mon joli calendrier noir et blanc de la part de mon député Libéral… M. Lapierre en avait fait un particulièrement joli, il me semble… Mais c’est bien la première fois que je reçois quelque chose des Conservateurs… et du député de Calgary Southwest par dessus le marché! Chef du parti et Premier Ministre du Canada! Je me répète mais: Quel honneur!

Laissez-moi vous décrire la carte:

D’un coté, on y voit M. Harper, tout sourires et décontracté, assis sur un divan (qui a été ‘effacé’ de la photo) entouré de sa femme et de ces deux enfants… très chaleureux… Il a une belle famille heureuse, M. Harper.

De l’autre, M. Harper (qui semble si bien me connaître qu’il sait que je suis parfait bilingue et qu’il n’a donc nullement besoin de communiquer avec moi en Français) m’offre à moi et à la famille que je souhaite tant mais qui, hélas, ne demeure encore que projet, les vœux suivants:

May you and your family
have a New Year filled with
hapiness, health, prosperity
and peace.

[Signature de M. Harper]

L’Shana Tova U’Mekuta

How thoughtful! What a nice man this Mr. Harper is! …to think of me on Yom Kippur.

Quelques explications:

Mon nom de famille est Berger. Dans mon cas, il s’agit d’un nom tirant ses origines dans le Bas du Fleuve… mais à Montréal, c’est aussi un nom juif assez commun.

Cette fin de semaine, c’était le Yom Kippur, le nouvel an juif, célébré par tous qu’ils soient pratiquants ou non. (Un peu comme nous avec Noël.)

Quelqu’un au parti Conservateur est passé au travers d’une copie de la liste électorale pour le compté d’Outremont en essayant d’y identifier tous les noms juifs afin de leurs envoyer la carte que j’ai décrite plus haut …et je me suis retrouvé sur la liste d’envoi.

Pourtant, je n’ai jamais rien reçu de tel par le passé. J’en tire donc la conclusion que c’est aussi la première fois que tous mes compatriotes juifs du compté reçoivent, comme moi, une telle attention de la part du Premier Ministre.

Pourquoi soudainement tant d’intérêt porté à la communauté juive d’Outremont de la part des Conservateurs? C’est simple: Cette communauté formait le dernier rempart de vote stable qui permettait encore aux Libéraux de croire qu’Outremont était une de leurs «forteresses.»

…et elle n’est pas sortie voter le 17 septembre dernier.

Si les Conservateurs réussissent à la séduire, tout devient possible (au fédéral) dans Outremont. …qui malgré sa réputation de forteresse, possède aussi un fond beaucoup plus volatile qu’on ne le croit.

Mais la tâche n’est pas mince: Il est à noter que la communauté juive a préféré rester chez elle plutôt que de montrer son mécontentement avec le candidat Libéral en votant pour le Conservateur.

Mes instincts me disent que dès le prochain scrutin, tout rentrera dans l’ordre et je pourrai à nouveau m’attendre à avoir un beau calendrier de mon député Libéral… Mais d’ici là, je me permets de rêver.

…Et les Conservateurs aussi.


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2007/09/18 13:24

Visages de la semaine

Thomas Mulcair
Thomas Mulcair célebre sa victoire…

Stéphane Dion
…pendant que le chef du PLC, Stéphane Dion fais face à la musique après la raclée historique qu’a subi son parti hier, lors de la partielle d’Outremont.

(Photos - Mulcair: ©François Roy, La Presse. Dion: ©Presse Canadienne)


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