C’est dans le topo du fil de l’Associated Press ce soir.
Sa neuvième victoire en ligne. Et il gruge et surprend dans toutes les strates qui sont supposé être sa force à elle.
Je ne suis pas encore prêt a déclarer victoire… les Clinton ont le don de surprendre. Mais il devient de plus en plus difficile de voir comment il vont faire. Le Texas et l’Ohio sont supposé être le coupe-feu qui arretera la vague Obama. Mais au Texas, où Obama a donné son discours ce soir, il en est déjà à une marge d’erreur de la dépasser. Dernier espoir, les débats. Il y en aura deux d’ici là. C’est sa force à elle… sauf qu’il s’en tire beaucoup mieux à deux.
Je reproduis ici un commentaire que j’ai laissé en réponse au toujours cinglant Antagoniste dans mon billet précédent et qui s’est avéré plus long que prévu (comme c’est souvent le cas). Il représente bien mon opinion de cet amusant petit candidat qui surfe sur une vague qu’il a aidé à déclencher, mais qui le dépasse de loin:
J’aime bien Ron Paul… je le trouve sympa, il rappelle aux républicains ce qu’étaient autrefois leurs “valeurs fonadamentales” …ce même esprit qui m’a séduit dans les années 80… avant qu’ils ne deviennent le parti de la bible et la présidence impériale.
Mais quand-même, j’ai toujours dit qu’il n’était pas à prendre au sérieux. (gold standard… pff… why not go back to the stone age?) Et une présidence Ron Paul serait, concrètement, un pur désastre. (Quoi que si on y pense bien… sa vision minimaliste du rôle du président donnerait une présidence tellement faible qu’il ne parviendrait pas à accomplir la moindre portion de son plan pour démanteler le gouvernement fédéral. Nous aurions, à toute fins pratiques, quatre années de rule by congress, tout le pouvoir retomberait entre les mains des deux cahmbres législatives… C’est ce que les pères fondateurs avaient originalement en tête, mais serait-ce une bonne chose?
Je pose sincèrement la question.
Mais tout ça est académique. Dieu merci, il n’a aucune chance (he’s just too weird).
Sauf que le phénomène qu’il représente n’est pas rien. Toute l’énergie de droite libertarienne latente qui subrebtissement s’accumule (et continue à évoluer) sur Internet (et dont tu fais nettement partie, à ta façon) s’est soudainement canalisé autour de ce drôle de petit bonhomme qui crie liberté sur toute les tribunes…
Ron Paul, n’est qu’un phénomène passager… mais ce qui s’est passé autour de sa candidature est, selon moi, le début de quelque chose qui est appelé à évoluer… je trouve cela fascinant.
C’est ironique… à l’époque où je me considérais libertarien, le mot était encore rarement prononcé en dehors des cercles de sciences politiques américains et même là, il évoquait des images de conférences de moonbats amateurs et marginaux (ce qui n’est pas entièrement faux) et n’était pas très pris au sérieux. Moi-même, il m’arrivait rarement de m’y référer pour décrire ma philosophie politique qui pourtant, à l’époque, y correspondait presqu’en tout point.
Je ne suis plus un pur “anarcho-capitaliste”, comme j’aimais le dire à l’époque… et ce, depuis longtemps (on ne peut pas faire abstraction de l’importance du capital social et ça, c’est une toute autre paire de manches) sauf que je suis vraiment émereveillé de voir le chemin qu’ont fait les idées et …la sensibilité libertariennes dans les 30 à 40 dernières années… et à quel point Internet s’est révélé central à cette expansion.
…Même si ce n’est pas encore completement réglé au niveau de l’image (voir Ron Paul et ses partisans).
Je ne sais pas où tout ça s’en va, mais je crois que ça ne fait que commencer.
Et en attendant, cet amusant petit bonhomme qui réussit à amasser des fonds digne d’un frontrunner est vraiment amusant à voir aller et réchauffe le coeur de cet ancien incondionnel de la liberté individuelle et de la magie des marchés.
Looking for something to hang on the wall that says you’re politically savvy, freedom-loving, and have great taste in hot women? Want to pick up a unique gift for the holidays for some one who has everything, except a great pin-up calendar filled with Ron Paul quotes and prominent female Ron Paul activists? This is it!
C’est la nouvelle formule d’Obama dans son discours de victoire ce soir… il l’a répété plusieurs fois à des endroits où l’on se serait attendu à entendre “Bush-Cheney”.
Ce n’est pas si ingénieux, mais le fait qu’il l’ait dit avant Clinton est un bon indicateur de qui est le plus confiant à ce stade-ci.
“He’s proven that white men can jump… to a black canditdate”
- Andrea Mitchel. Journaliste à NBC (et épouse d’Alan Greenspan) commentant les majorités d’Obama chez les hommes blancs dans les votes d’aujourd’hui.
Sullivan nous livre un papier dans lequel il explore à quel point George W. Bush est le principal auteur du succès de McCain, de l’émergence d’Obama et du déraillement graduel du scénario Clinton.
And Bush is also the reason, I would argue, that Hillary Clinton’s meticulously planned coronation as the next Democratic nominee came unstuck.
It came unstuck because the depth of the Democrats’ disgust with Bush required more than just partisan revenge. And in the glare of the campaign, the Clintons began to represent for many Democrats the kind of politics that Bush himself had mastered. They remembered that before Karl Rove there had been Dick Morris: political consultants skilled at dividing and polarising electorates to get their candidate a 51% victory. Would reelecting the Clintons be in some way an endorsement of continuing Bush-style politics?
If Bush had not so enraged and dispirited liberals, Clinton would have been fine as the next career politician running their machine. But Bush had become for this generation of Democrats what Nixon had become for a previous generation. And they wanted a revolution against him and all he represented. They wanted someone who had clearly opposed the Iraq war in the first place and would not foment a new one against Iran. They wanted someone who wouldn’t require translation by Washington professionals – but could instead inspire and rally the broader public.
En autres mots, Bush a réussi à tellement décourager et dégouter les américains que cela a éveillé quelque chose en eux qui a rendu possible (qui demandait) une candidature transformative comme celle d’Obama.
Notre ami le Dissident porte notre attention sur cet exercice du National Journal qui consiste à comparer les votes des différents sénateurs afin de les placer sur une échèle idéologique allant de libérale à conservatrice. Il se régale que le choix du sénateur le plus libéral tombe cette année sur nul autre que la coqueluche de l’heure, Barack Obama.
Et il se targue de noter, comme le font tous les faiseurs d’echo de la droite qui aime à le citer, que le National Journal est une publication “non-partisane”.
Personellement, je ne peux m’empêcher de trouver ça quand-même drôle qu’il y a quatre ans, cette publication “non-partisane” avait comme par hasard remis le même prix à nul autre que… John Kerry.
Avouez que ça adonnait bien, non?
Ah oui, et devinez qui arrive deuxième cette année… Eh oui, Hillary Clinton. Facile, hein? [Erratum: Oups, j'ai lu en diagonale, elle arrive 16e.]
…
Moi, si j’étais Bernie Sanders, le sénateur socialiste (non, je ne vous niaise pas) du Vermont, je les poursuivrais pour vol de réputation.
Les conservateurs américains réunis à la CPAC hier ont tenu un straw poll, une petite élection bidon qui n’est que sensé exprimer la préférence du groupe… (Je me souviens, au Cégep, on faisait la même chose avec des référendums sur la souveraineté, quel exercice futile)
Eh bien, après avoit vu tous les candidats défiler sur leur tribune, Romney qui leur a annoncé qu’il quittait la course, McCain qui a essayé d’acheter la paix avec eux et Huckabee qui… a été fidèle à lui-même, l’aile conservatrice a choisi… Romney.
In the straw poll vote, Romney got 35 percent and McCain 34 percent. Mike Huckabee and Rep. Ron Paul of Texas tied with 12 percent.
Un concours de plus aujourd’hui. Le Maine (24 délégués)
Obama 59%
Clinton 41%
Comme d’habitude, impossible de connaître la division exacte des délégués pour l’instant. l’AP nous estimes ça à 13 pour Obama et 8 pour Clinton, avec 3 encore à décider.
…
Les victoires d’hier étaient attendues par tout le monde et n’ont pas changé le script des médias. (Celui qui dit qu’ils sont nez à nez et que ça va continuer comme ça.) Celle d’aujourd’hui aussi était attendue sauf que la marge surprend, on croyait (et les courses précédentes ont démontré) que Clinton était plus forte que cela dans le Nord-Est. Voilà qui suggère des modifs au script; le buzz va recommencer en faveur d’Obama.
Ce matin, j’ai voulu vous offrir, cher lecteurs, l’information de la meilleure qualité possible, alors j’ai cherché à trouver le décompte de délégués le plus précis et compréhensif qui soit, afin de vous faire part de l’état réel de la course à l’investiture démocrate à la suite des concours d’hier.
Au bout de deux heures de recherches et vérifications assidues, non seulement je n’étais guerre plus avancé, mais j’avais complètement perdu confiance en la validité des chiffres que je vous ai déjà cité.
Mes amis, si vous cherchez à comprendre pourquoi il n’y a pas deux organismes médiatiques qui vous présentent les mêmes chiffres quand au décompte de délégués accumulés après toutes ces élections, de grâce… oubliez ça! Vous vous y penchez à vos risques et périls… croyez-moi, j’en reviens… quiconque s’aventure à essayer de comprendre dans le détail le système d’attribution des délégués du parti Démocrate met en péril sa santé mentale… Vous connaissez la maison qui rend fou dans Les 12 travaux d’Astérix? Même effet:
Non, sérieusement les amis, si vous tenez vraiment à vous exercer l’esprit, prenez un crayon et un papier et essayer de calculer la 32 512e décimale du chiffre pi. C’est plus facile… et plus éclairant.
Et surtout qu’intrépide blogueur que je suis, j’ai fait le travail pour vous. Les parts de santé mentale que j’y ai laissé sont non négligeables, mais j’ai l’habitude.
…
La raison principale pour laquelle personne ne peut donner de chiffres précis est que cinq jours plus tard, il est encore impossible de savoir à qui une bonne portion des délégués en jeu dans les 24 concours de mardi dernier ont été attribués!!! Par exemple, au Colorado (55 délégués) nous savons qu’Obama en a 19 contre 9 pour Clinton, mais il en reste encore 27 qui ne sont pas encore attribué. C’est comme ça dans une demi-douzaine d’états. Les explications sont aussi diverses et uniques que les états en question… Chaque état a ses propres règles à l’intérieur de paramètres nationaux aussi flexibles qu’il sont compliqués. Le tout étant le résultat d’un système dans lequel on a tellement pris l’habitude d’identifier le gagnant dans les premières étapes et qui à été tellement modifié en fonction du fait qu’il ne se rend jamais au bout depuis 40 ans qu’il n’est tout simplement pas équipé pour une lutte sérrée et dynamique comme celle-ci. Soudainement, les organisations de différents états se retrouvent à dépoussierer et appliquer des règles qui, au fil du temps, était devenues complètement académiques à ce stade-ci de la course. Le résultat n’est pas toujours clair, même pour ceux qui l’applique.
L’autre confusion viens du fait que presque tous les médias n’isolent pas les délégués commis acquis à chaque candidat et incluent dans leurs totaux une estrimation de l’appui du candidat parmi les superdélégués… Selon moi, c’est tout à fait irresponsable… j’élaborerai davantage la-dessus dans ma série de billets intitulés: Le cauchemar de Howard Dean qui commence ici. La chose à reteneir pour l’instant est que, quoiqu’on vous dise, la seule donnée qui compte dans la dymamique actuelle est le nombre de délégués commis (pledged delegates) acquis par chaque candidat. Ce que le médias nous présente sont des informations qui seraient utiles si nous étions, comme c’est le cas depuis 40 ans, devant une course déterminé par le momentum… Mais cette fois, ça semble ne pas être le cas et là, plus personne se sait comment lire une vrai chasse aux délégués.
…
Pour ce qui est de savoir qui est en tête, voici les chiffres bruts au moment où je vous écrit: Parmi les 34 courses qui ont déjà eu lieu, Obama a récolté 936 délégués et Clinton en a obtenu 896. Il reste encore 128 délégués qui n’ont pas été attribués. Tout le monde s’entend pour dire qu’une fois qu’il le seront, Obama aura une avance se situant entre 50 et 60 délégués sur sa rivale. Ensuite, il reste encore 1 257 délégués à aller chercher répartis sur 22 courses d’ici le début juin.
Ça en prend 2 025 pour décrocher la victoire.
Avantage: Obama (mais on est vraiment pas sorti du bois)
Il y avait trois états en jeu aujourd’hui. Le Washington (78 délégués), le Nebraska (24 délégués) et cet echo d’un ancien pôle de la nation fracophone d’Amérique, la Louisiane (56 délégués).
Obama a tout raflé, un tour du du chapeau! En fait, si on veut être précis, on doit ajouter les U.S. Virgin Islands (3 délégués) qui a aussi été gagné par Obama.
Il y avait donc 161 délégués en jeu aujourd’hui. Comme d’habitude, nous ne connaitrons pas de décompte final des délégués avant demain, mais voici les résultats généraux:
Je n’ai pas de chiffres pour les Virgin Islands mais les médias l’ont déclaré pour Obama, la question est de savoir s’il obtiendra les trois délégués ou seulement deux. [Ajout: Il les a eu les trois! Est-ce que ça fait deux tours du chapeau?]
…
Quoi qu’on vous dise, il n’y a qu’un chiffre qui compte en ce moment dans toute cette histoire: Le décompte des délégués commis. Le reste n’est que spectacle. (Et quel spectacle!)
Ce matin le décompte en était à 861 pour Obama et 855 pour Clinton.
Chuck Todd, qui est pas pire dans ce genre de truc, nous dis que le décompte final ce soir fera passer l’avance d’obama de 6 à environs 60.
Avantage: Obama
…
Je reviendrai sur les républicains. Huck a planté McCain au Kansas, et à presque minuit, le Washington et la Louisiane sont encore trop serrés… pauvre McCain.
Il y a quelques concours dans de petits états aujourd’hui. Entre autres, le Kansas qui tenait des caucus rébublicains. (Les démocrates l’on fait mardi dernier)
Nous connaissons maintenant le résultat, et Huckabee a gagné par une bonne marge.
Mon réseau d’infos politiques préféré s’est mis dans la m… jeudi soir dernier, peu après 18h00, lorsque David Shuster (pauvre David) commenta une histoire sur le rôle de Chelsea Clinton dans la campagne de sa mère en posant la question de la façon suivante:
“…but doesn’t it seem like Chelsea’s sort of being pimped out in some weird sort of way?”
Ai-je besoin de traduire?
…
J’avoue que j’écoutais (d’une oreille distraite) MSNBC en direct au moment où c’est arrivé et qu’en ce qui me concerne, je n’ai pas bronché. Ça ne m’est pas passé par l’esprit une seule seconde que je venais d’entendre quelque chose d’inacceptable ou controversé. Rien de plus qu’une façon imagée de poser une question tout-à-fait légitime. (Vidéo ici)
Ce n’est que le lendemain soir à minuit, après avoir passé la journée à ne pas porter attention aux nouvelles, que je décide de me taper la reprise de Countdown, question de savoir ce que j’ai manqué, et que je tombe sur ceci:
Glp! J’espère que ça va se résorber… je ne veux pas être obligé de me tourner vers CNN (beurk!) pour entendre le spin des têtes parlantes clintoniennes!
…
Mais surtout, pauvre David… il est vraiment le bouc émissaire dans cette histoire. Malgré son explication du lendemain matin et ses excuses officielles 24 heures après l’incident, la campagne Clinton n’a pas laché prise et il fut “suspendu de ses fonction” peu après avoir livré ses excuses en ondes.
Le problème est que David Shuster est sensé faire parti du coté “journalistes sérieux” de l’équipe de MSNBC. C’est ce qui permet aux Clinton (aux Clintons?) de s’en prendre au réseau en entier. Sauf qu’au moment de poser la question, il remplaçait l’animateur Tucker Carslon à l’émission qui porte son nom. Tucker est un chroniqueur coloré, reconnu pour son style irrévérencieux et ses opinions faisant nettement dans la droite libertarienne. Si Tucker avait été présent, il est fort probable qu’il aurait posé la question de la même façon (je parie d’ailleurs que la question était scripté par son équipe), sauf que venant de lui ça aurait tout simplement passé dans le beurre.
À tout le moins, la controverse aurait été les Clinton contre Tucker Carlson et non les Clinton contre MSNBC… et Tucker sait se défendre. Sauf que là, il reste silencieux et laisse son collègue Shuster avec le balon.
Pauvre David… il s’est jeté sur son épée au nom de l’équipe… en espérant que tout ça soit vite oublié.
Après vous avoir livré Romney et McCain devant la CPAC, Je me suis dis que tant qu’à faire, aussi bien vous livrer la présentation de Huckabee qui prononçait son discours, dans lequel il jure de continuer la course, devant la conférence conservatrice ce matin.
Le contraste avec McCain, au niveau de l’accueil de la foule, est palpable.
C’est un discours de 30 minutes, mais il donne une excellente idée de l’état actuel du conservatisme américain; un mouvement épuisé qui a fait son temps… et qui n’a plus rien à voir avec le conservatisme de mon maître à bloguer, Andrew Sullivan, dont je me réclame en partie.
Ceux qui croient encore que ce qui est exprimé dans ce discours représente le mainstream de l’Amérique ont acheté la propagande de ce mouvement dont l’influence n’est vraiment plus ce qu’elle était.
Au cours des prochaines semaines, la chose à observer sera de voir si un mouvement anti-McCain cohérent s’organise afin de lui faire subir une cuisante défaite dans au moins un état. (Ça se discute déjà) Et surtout, il sera interessant de voir comment Huckabee surfe sur cette vague sans complètement ruiner ses chance de se faire nommer candidat à la vice-présidence.