Billets tagués ‘cynisme’

2008/05/22 18:38

Bon coup de la journée

Je passe outre le fait que la résolution libérale concernant le crucifix à l’assemblée nationale relève du plus pur calcul politique… la tactique est aussi dégoutante  de cynisme qu’elle est redoutable dans son efficacité.

Autrement, un premier ministre, contrairement aux chefs des partis d’opposition, se doit d’être rassembleur et non partisan dans son message en une telle occasion. J’ai suivi le débat dans “l’arêne” aujourd’hui et je dois admettre que Charest passe le test haut la main.

Le moment fort pour moi fut la réplique de Charest en chambre aujourd’hui. Le rituel, semble-t-il, est qu’après sa déclaration initiale suivie d’une déclaration de chacun des partis d’opposition, le premier ministre a un “droit de réplique” qui lui donne le dernier mot. Charest nous montre ici qu’il est un politicien (et homme d’état) en haute forme ces jours-ci:

“Espace de liberté”… ces mots sont comme de la musique à mes oreilles.

J’avoue être très étonné de constater à quel point mes sympathies penchent de plus en plus vers le PLQ depuis un bout de temps… ça ne s’était pas produit depuis 1993!


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2008/02/23 15:24

La prime virale

La politique ne se joue plus comme avant. Internet change la donne. On en a eu un apperçu en 2004 avec le phénomène Howard Dean… des levées de fonds sans précédent… composées de petites contributions spontanées venant de gens de toutes les strates qui viennent visiter le site du candidat et y faire un contribution de leur propre gré, parce qu’ils y croient… un enthousiasme communicateur que l’on qualifie aujourd’hui de viral. À l’époque de Dean, la pénétration de la culture Internet dans la société était encore telle que le phénomène était réservé à une poignée de “early adopters”… encore à ses premiers pas, il n’avait pas encore la masse critique nécéssaire pour soutenir une longue campagne. Le journaliste Tim Russert à son émission d’aujoud’hui: “En 2004, quand je suis allé en Iowa et que j’ai vu tous ces jeunes deaniacs avec leurs tuques oranges, très peu d’entre eux était de l’Iowa. Ces jeunes avaient été expédiés à partir d’autres états [pour venir travailler sur sa campagne]. Cette année, je suis retourné en Iowa et les jeunes qui faisaient tourner la campagne Obama étaient tous des jeunes du terroir.”

Je postule aujourd’hui qu’Internet cré un nouveau phénomène puissant et incontournable en politique électorale, la prime à l’enthousiasme… ou la prime virale. (Il y a surement un meilleur nom, mais ça ne me viens pas. Je suis ouvert aux suggestions… n’importe quoi qui ne contient pas “2.0″ dedans, c’est trop facile et ça sera dépassé d’ici deux ans.)

Cette prime ne se gagne pas à coups de politiques compréhensives dans son programme ou à la façon de l’ère des grands médias, en parlant la langue de clip et en tapant à répétion sur les même sept où huit mots clés qui définissent l’essentiel de son message tel que distillé par la firme de marketing. Ces éléments demeurent tout de même essentiels à la victoire, nous sommes encore dans un monde de grands médias… et ça va prendre encore un renouvellement de génération avant que la culture webisée pénètre complètement et qu’on commence à en saisir l’ampleur des effets et des possibilités. Mais au matin du 21e siècle, si un candidat veut arriver à profiter de l’énorme avantage que procure cette prime, il doit arriver à conjuguer ces techniques avec l’ingrédient essentiel qui permet d’y acceder: Capturer l’imaginaire de l’électeur… faire appel à la partie de son âme qui le poussera à vouloir participer… à vouloir contribuer… ne serait-ce qu’en cliquant sur un lien de plus.

Cela donne un certain avantage aux campagnes idéalistes (de tout accabit) qu’elles n’avaient pas avant. Autrefois, cet idéalisme, cet appel à l’élan de l’âme finissait toujours par s’écraser contre la redoutable efficacité de l’inévitable machinerie cynique d’un système de diffision d’information de masse hyper concentré. Mais aujourd’hui, grâce à la puissance et la facilité d’accès d’un simple clic, grâce à cette toute nouvelle façon de diffuser l’information qui laisse tout passer et qui permet la coalescence de toutes les sensibilitées, cet élan de l’âme trouve un exutoir, un endroit pour s’organiser… se définir… un endroit pour prendre forme lui donnant une masse critique telle qu’il est ignoré par “la machine” à ses propres risques. Le candidat qui réussit à faire appel à cet élan détient un avantage redoutable sur celui qui ne l’a pas… tout machiné soit-il.

Ceci dit, la prime virale à elle seule ne suffit pas. Le problème des républicains cette année est que de leur coté, elle a été entièrement capturée par Ron Paul qui ne possède ni programme compréhensif (responsable) ni la capacité de jouer le jeu encore nécéssaire des grands médias, mais qui a réussi à toucher la corde sensible de la valeur qui conjugue le plus noble élan de l’âme des sympathisans républicains: La liberté. Tant que le parti républicain d’aujourd’hui ne se réconcilie pas avec cette valeur et ce qu’elle signifie au 21e siecle, sa part possible de la prime demeurera orpheline. 

Mais si l’on réussit, comme l’a fait Barack Obama, à conjuguer programme et habileté à faire la clip avec la capacité de faire vibrer les cordes sensibles de l’âme de ”la frange branchée” de la population, on devient très difficile à battre.

Comment saisir qu’un candidat n’a pas capturé la prime? Je vous laisse sur une réflexion de la journaliste Norah O’Donnell que j’ai entendue à la télé aujourd’hui:

“Ça m’a frappé que dans ses discours, Hillary Clinton répètait encore: “…et visitez mon site web à www.hillaryclinton.com…” et je me suis dit: Ça fait vraiment an 2000, ça. Qui aujourd’hui, s’il veut obtenir plus d’information sur le candidat, a encore besoin de se faire dire comment faire?”

Cette réflexion fut inspirée par ceci:


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