Billets tagués ‘conservatisme’

2008/08/13 19:57

Rage

Rage

Les lecteurs réguliers de ce blogue le savent, son auteur, malgré quelques excentricités, a un point de vue plutôt conservateur… Il tend, plus souvent qu’autrement, à plaider en faveur des institutions (tout en admettant que plusieurs méritent réforme) et en dépit d’un désir sincère d’ouverture à toutes les tendances, a souvent bien de la peine à cacher son mépris pour certaines tendances idéologiques plus radicales… disons à gauche du spectre.

Mais depuis les évènements de dimanche soir, je n’arrête pas de tomber sur des trucs d’une telle ignominie… d’une telle aberrance réactionnaire, qu’ils ne peuvent faire autrement que d’agiter le rebel libertaire radical qui sommeille quelque part (très loin) au fond de moi.

Des trucs comme l’opinion d’un banlieusard xénophobe qui bande sur des rumeurs qui confirmerait sa conviction qu’on ne peut faire confiance à…

la racaille de Montréal-Noire, ce repère majoritairement bougon qui se complaît dans la violence quotidienne, dans la pauvreté, dans l’ignorance, dans la facilité…

…et qui jouit à l’idée de voir l’armée rentrer dans le tas.

(!)

[Grand respire]

Ostie d’câlisse de saint-ciboire de tabar-fucking-nak!!!!!

Il me donne envie d’armer la populace.

Rebel, rebel and yell
‘Cause our people still dwell in hell
Locked in a cell
Yes, the structure’s a cell
Mad is the story I tell
How long can we wait?
Come on, seein’ what’s at stake
Action for reaction
If your mind’s in a somewhat complacent state
Get a check up
This is a stick up
Our freedom or your life
Lord, I wish I could be peacful
But there can be no sequel


Township Rebellion - Rage Against The Machine

De retour quand j’aurai retrouvé mes esprits.


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2008/07/22 10:44

Qui a dit qu’Obama était le candidat de gauche? (suite)

En tout cas, selon Fareed Zakaria, en affaires étrangères, Obama est le conservateur réaliste et McCain-Bush sont les idéalistes radicaux.

Obama never uses the soaring language of Bush’s freedom agenda, preferring instead to talk about enhancing people’s economic prospects, civil society and—his key word—”dignity.” He rejects Bush’s obsession with elections and political rights, and argues that people’s aspirations are broader and more basic—including food, shelter, jobs. “Once these aspirations are met,” he told The New York Times’s James Traub, “it opens up space for the kind of democratic regimes we want.” This is a view of democratic development that is slow, organic and incremental, usually held by conservatives.

Obama talks admiringly of men like Dean Acheson, George Kennan and Reinhold Niebuhr, all of whom were imbued with a sense of the limits of idealism and American power to transform the world. “In his view of history, in his respect for tradition, in his skepticism that the world can be changed any way but very, very slowly, Obama is deeply conservative,” wrote Larissa MacFarquhar in her profile of him for The New Yorker. “There are moments when he sounds almost Burkean. He distrusts abstractions, generalizations, extrapolations, projections. It’s not just that he thinks revolutions are unlikely: he values continuity and stability for their own sake, sometimes even more than he values change for the good.”


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2008/07/18 07:11

Dans les bas-fonds de l’Amérique rouge

Le pamphlet d’un politicien de comté. Non, ce n’est pas une blague; il l’a écrit lui-même.


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2008/05/27 18:49

Coudonc, c’est quoi le problème avec la droite politique québécoise?

Maxime Bernier et son ami, Jos Louis, en Afghanistan

Comment ça se fait qu’elle n’arrive qu’à attirer des deux de pique not ready for prime time

La faiblesse gênante de l’équipe de Dumont… La faiblesse (et là, l’incompétence abjecte) de l’équipe québécoise de Harper…

Où est la droite réfléchie et responsable de ma nation? Existe-t-elle? Est-elle même possible?

Je commence à en douter.


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2008/05/11 21:45

Une autre réflexion sur la religion

J’aime beaucoup la blogueuse Zed Blog, la lire est toujours un exercice stimulant, Son style davantage évocateur que didactique qui porte à plus profonde réflexion est un vent d’air frais (d’air fou?) dans notre petit coin de la sphère politique. J’admire aussi beacoup la fougue de son idéalisme… même si je ne le partage pas en tout point.

Depuis mon retour en ligne, je dois avouer que ses textes et ses commentaires, ainsi que son initiative ont fourni l’étincelle derrière la plupart de mes réflexions bloguesques ces derniers temps… dont quelques billets qui n’ont pas été publiés, faute d’être à la hauteur des ambitions qu’elle m’inspire.

La plus récente étincelle viens d’un commentaire qu’elle a fait au sujet de ma dénonciation des “pasteurs” de John McCain. Plus précisément, de la phrase suivante:

Je ne connais aucune religion qui mette de l’avant les droits de la personne, aucune qui n’y contrvienne pas ou n’encourage pas d’y contrevenir.

Je reproduis ici ma réponse qui s’est avérée si longue que j’ai décidé qu’elle méritait son propre billet.

Ça résume assez bien ce qui me sépare de la plupart de mes contemporains au sujet de la religion… et donne un autre apperçu de ce que j’appelle mon conservatisme à moi.

J’ai une lecture très différente des religions que la tienne et celle de la plupart de mes compatriotes.

Bien que le concept de “droit de la personne” n’avait aucun sens dans les temps anciens, toutes les religions sont nées d’un élan et d’un désir sincère d’améliorer la condition humaine (semblable à l’esprit qui t’anime, je dirais) dans le sens d’une plus grande justice, dignité et bonheur pour tous. Il faut se remettre dans le contexte de leur naissance pour le comprendre.

Le concept même d’égalité entre les hommes et de la dignité fondamantale de tous les être humains nous vient tout droit des “grandes” religions.

(Le concept des “droits de la personne” est né dans un contexte d’éthique chrétienne… ne l’oublions pas - et je ne dis pas ça pour élever la religion chrétienne au dessus des autres… l’Islam est emptreint des mêmes valeurs et les expose d’une façon qui ressemble encore plus à notre conception moderne)

Le problème, ce n’est pas les religions, mais plutôt les idéologies. Une idéologie est un scheme de pensée fermé qui prétend expliquer la réalité et posséder la formule à suivre pour toute une société… adhérer à une idéologie, c’est s’opposer aux autres idéologies qui ne cadrent pas avec la sienne. En autres mots, prétendre à la vérité absolue.

Tu me diras que c’est la même chose (en pire) pour les religions. Ce à quoi je réponds: Seulement lorsqu’elles sont montées en idéologie par les hommes soucieux d’imposer une formule à suivre pour toute une société. Le danger vient de cet élan tout-à-fait humain (et sain) de vouloir refaire le monde lorsque cet élan n’est pas tempéré par le doute. Le danger, c’est l’utopisme.

Pourtant, malgré ce qu’on en croit, toutes les religions ont comme un de leur messages centraux, l’idée que la vérité absolue est insaisissable pour les humains… Que celui qui prétend la comprendre et pouvoir la livrer est toujours dans l’erreur… Que le mieux qui est donné aux humains est d’en entrevoir l’essence sans jamais la saisir… Que même si nous ressentons qu’elle existe… et qu’elle peut nous guider, nous devons toujours nous demander si nos actions et pensées vont dans le sens perçu de cette vérité à laquelle nous aspirons.

En autres mots, toujours se remettre en question.

Combien d’idéologies peuvent en dire autant?

Ceci dit, la fin de ton commentaire touche au réel bobo.

La cupidité humaine.

Un élément de notre nature que les religions ont justement eté concues pour atténuer (non sans succès, à mon avis). Même si leurs institutions en sont victime.

Un élément de notre nature contre lequel tu t’insurges et c’est tout à ton honneur.

Seulement, je ne vois pas en quoi l’absence de religion améliore cet élément, au contraire.

(Je souligne ici le fait que les pires atrocités de notre histoire ont été commises non pas au nom d’une religion, mais au nom d’idéologies laïques qui se voulaient “libérées” des contraintes morales de la pensée religieuse)

Et, comme c’est toujours le cas dans les cycles de l’Histoire, même tous les idéaux progressistes que tu prône et qui sont, je le consent, nécessaire à l’amélioration du monde de demain, finiront éventuellement par être érigés en dogmes que manipuleront des hommes cupides pour servir leurs propres intérêts… et qu’il faudra combattre avec de nouvelles idées

“The creatures outside looked from pig to man, and from man to pig, and from pig to man again; but already it was impossible to say which was which.”
- George Orwell, Animal Farm

On ne peut pas changer notre nature… on ne peut (et on le doit) qu’y aspirer.

Ça aussi, c’est un des messages centraux des religions qu’il nous ferait bien de ne pas oublier dans notre zèle à vouloir changer le monde à tout prix.

Et je rapelle à mes lecteurs que je ne suis pas particulièrement religieux (quoique beaucoup plus spirituel que je l’ai été) et n’ai pas été élevé dans quelque forme de religion que ce soit. À mois que ceci ne compte.


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2008/02/28 15:40

Le conservatisme de Buckley

Selon Sullivan.

Ma traduction:

Il aura vécu assez longtemps pour voir son précieux héritage dilapidé de façon grotesque par l’estabishment conservateur qu’il avait aidé à mettre en place. Comme plusieurs d’entre nous (conservateurs) il en est venu à voir l’administration de George W. Bush comme représantant peut-être la plus profonde et sombre trahison des valeurs conservatrices. Et l’horrible mouvement haineux qui la soutenait aveuglément comme faisant partie du problème et non de la solution. Mais il n’était certainement pas surpris. Un conservateur sceptique qui sait réfléchir sait qu’au fil du temps les grandes idées motrices s’ossifient en idéologies, que les idéologies peuvent devenir propagande et que la propagande peut dégénérer vers un factionalisme des plus toxiques. Cela relève de la nature humaine et de son histoire. Il n’y a aucune raison pour laquelle le conservatisme, en tant que mouvement politique, échaperait à la critique centrale que fait le conservatisme envers tous les mouvements. Buckley était poli à ce sujet, bien plus poli que plusieurs d’entre-nous. Mais il avait assez d’intégrité intellectuelle pour ne pas le cacher non plus.

Que savait-il? Qu’il n’y aura jamais paradis sur terre; qu’il n’y aura jamais de fin à la pauvreté ou à la bigoterie ou au mécontentement. Qu’il y a plus de sagesse dans la tradition qu’il nous en paraît au premier coup d’oeil et que la liberté est indispensable pour permettre à la tradition de se déplacer; de s’adapter et de répondre aux besoins et désirs changeants des êtres humains. Que l’idéologie est toujours et partout un mensonge. Qu’un gouvernement fonctionne mieux lorsqu’il est petit, agile et conscient des limites de sa capacité. Qu’une société qui cherche à s’affranchir absolument des vérités religieuses est aussi condamné que celle qui s’organise autour de la volonté divine.

Il fut un temps où ces vérités étaient des hérésie interdites de parole. Qu’elles aient survécues à la démocratie de masse est, en soi, un petit miracle. Mais Buckley savait que tout ce dont le conservatisme a besoin pour survivre est la liberté de penser, la volonté de remettre en question et un goût du débat. Ce sont les valeurs qu’il incarnait. Puissions nous les retrouver à notre tour dans le grand vide qu’il laisse derrière.

J’étais, récemment, de plus en plus prêt à me départir de l’étiquette de conservateur que j’essaie de rendre confortable à mes sensibilités depuis quelques années. Mon constat étant que le mouvement qui porte ce nom était rendu ailleurs et rejetait la vision dite conservatrice qui m’animait. Je me disais que c’est le conservatisme à la CPAC qui domine aujourd’hui; qu’il s’était maintenant approprié l’étiquette et que j’étais prêt à la lui laisser. Si c’est eux les conservateurs, alors je suis une sorte de libertarien plus attaché aux institutions et traditions.

Mais je lis ce texte et il me réconcilie. Si on définie le conservatisme comme ça…

I’m a Buckley conservative.

Plus de détail sur Buckley ici.


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2008/02/27 19:26

La droite perd son plus grand intellectuel

Il y a des choses plus importantes que les invectives blogosphérique, j’y reviendrai.

William F. Buckley Jr.William F. Buckley Jr. est mort aujourd’hui. C’est peut-être pour certains lecteurs une raison de le maudire et célébrer son passage vers l’au-delà, mais il n’y aurait pas de mouvement conservateur américain qui se tienne aujourd’hui sans cet homme. Il est l’intellectuel qui a allumé la mèche qui a éventuellement permi au mouvement conservateur de se débarrasser de ces aspects les plus inquiétant (racisme, xénophobie, isolement) et d’atteindre ses lettres de noblesse dans l’académie. Il a rigoureusement tissé la toile idéologique qui a permi au morceaux disparates de ce mouvement (conservateurs sociaux, anticommunistes, libertariens, etc) de devenir la force redoutable que nous avons connu ces quarantes dernières années.

En 1955 il fonda le magazine conservateur National Review, qui demeure encore aujourd’hui, dans sa forme électronique National Review Online, la tête de proue du mouvement. Cette revue devint le laboratoire où il a réuni les différents morceaux du mouvement pour lentement les unir entre eux. Reagan a souvent dit que sans Buckley il n’y aurait pas eu de Reagan.

M. Buckley, par contre, ne s’est jamais figé comme le mouvement qu’il a créé. Il n’a jamais cessé de pousser la réflexion. Ces dernier temps, il était plutôt “off the reservation” du point de vue de ces collègues et émules. Il a déclaré que la guerre d’Irak était perdue dès 2004, il écrivait des papiers où il tentait d’élaborer les arguments conservateurs en faveur de la légalisation de la marijuana et du marriage gay… et toutes sortes d’autres sujets qui sont aujourd’hui tabou pour l’orthodoxie conservatrice à laquelle il a donné naissance.

Ces dernières années, il continuait d’écrire tout ce qui lui chantait pour la revue qu’il a fondé, mais à titre d’editor “at large” et n’avait plus aucune influence sur la ligne éditoriale… vers la fin, cela faisait souvent de lui la seule voix discordante dans un concert d’unanimité qui faisait peur. Il faisait aussi souvent la remarque que la droite était devenue intellectuellement paresseuse, abrutie et trop confortable au pouvoir et qu’elle était dûe pour une bonne traversée du désert afin de se renouveller

Je vous laisse sur un extrait de débat entre lui et Noam Chomskey (en 1969) que Sullivan m’a fait découvrir il y a quelques année. Observez à quel point ces deux hommes se détestent… la tension est vive… mais le débat demeure d’une civilité exemplaire… (Buckley est un maître dans l’art) Une façon de débattre qui appartient à une autre époque et qui, hélas, semble avoir été oubliée de nos jours.

La seconde moitié du débat est ici.

Ce serait bien que les débats blogosphérique puisse avoir cette teneur, non?

Ajouts:
Une de ses dernières prestations à l’émission de Charlie Rose
Entrevue avec Chris Matthews
L’éloge de Sullivan
Concert d’éloges

Re-ajouts:
La mention de l’Antagoniste.
L’éloge de Chris Mathews (avec Peggy Noonan) :


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2008/02/27 01:14

Citation du jour

“I fear conservatives have gotten intellectually lazy. It may be we need an Obama presidency to force the right to get serious again.”
- Andrew Sullivan

Traduction: “J’ai bien peur que le mouvement conservateur soit devenu paresseux de l’esprit. Il est fort probable que nous ayons besoin d’une présidence Obama pour forcer à la droite de reprendre du sérieux”


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2008/02/24 16:45

Mea Culpa: (Antagoniste != Cato) && (Kwebek != Heritage)

Il y a quelques mois, alors que je me familiarisait encore avec la sphère d’ici, j’ai écrit un billet intitullé Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? » dans lequel j’ai plutôt gratuitement affirmé ceci:

Car entre Antagoniste.net qui me sert du CATO Institute réchauffé et Kuebek qui me sert du Heritage Foundation de mauvais aloi (…) Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir quitté la blogosphère américaine.

Aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de réviser ce jugement plutôt sommaire qui n’était pas sans sa propre dose de mauvais aloi de ma part.

Bien que son raisonnement semble plutôt ancré dans une variante d’objectivisme randien primaire, David l’Antagoniste est un ultra-partisan dont la cohérence idéologique est constament sacrifiée sur l’autel du combat rhétorique. Je l’admire quand-même beaucoup, dans son genre, il est le meilleur des environs. Pour chaque trahison opportuniste à la pureté idéologique de son coté du spectre, David sera prêt, statistiques et références au bout des doigts, à nous démontrer l’imminente sagesse de la chose. Eussé-je cette initiative… [soupir]

Mais cela n’a pas grand-chose à voir avec le courant idéologique représenté par le très non-partisan et plutôt pacifiste Cato Institute. Il y a huit ans, il était encore souvent associé aux parti républicain mais les politiques néo-conservatrices de l’administration Bush et l’affaissement de la direction du parti en chambre aux impératifs de la droite chrétienne en ont fait le premier des grands courants idéologiques de la droite américaine à dire bastà à la coalition. Déjà en 2004, la fissure était claire.

En fait, c’est surtout là que la comparaison perd sa validité. La démarche du Cato Institute s’inscrit en complète opposition aux politiques néo-conservatrices qui prône la légitimité de la coercition et de la force au nom de la liberté et du pluralisme (la vérité et son contraire) et au “conservatisme de la grandeur nationale” (National Greatness conservatism) représenté par John McCain. (Je dois d’ailleurs dire que je commence à être plutôt séduit par une nouvelle génération d’intellectuels au sein de ce mouvement qui semble enfin pousser la réfexion plus loin… dans une direction plus responsable et mature que l’utopie libertarienne simpliste qu’on me présentait il y a 15 ans… et ça me plait).

Et maintenant (et surtout) Kuebek. J’ignore qui est derrière ce blogue… je ne sais pas si c’est le type au cigare qui se présentait dans sa première incarnation ou s’il s’agit d’un jeune boutonneux à la plume agile… mais là aussi, on est, en fait, loin du Heritage Foundation (quoi que pas aussi loin que l’exemple précédent). Le Heritage Foundation est un think-tank paléo-conservateur à la Pat Buchanan, honorable, travaillant, attaché à un schème de valeurs traditionnelles cohérent et sage… mais ne brillant pas particulièrement lorsqu’il s’agit de défendre ses thèse dans les sphères platoniciennes de l’académie.

L’auteur derrière Kuebek, par contre, est à mon avis, un authentique intellectuel conservateur. Un intellectuel se doit de toujours questionner et remmettre en question la “sagesse conventionnelle” qui semble tous nous guider… et de le faire à l’aide d’arguments rhétoriques cohérents et bien ficelés en ramenant les concepts à leur essence. C’est sombre… c’est parfois hautain… mais c’est fondé sur un regard lucide… et il y a là une façon d’éclairer les choses… autrement… qu’il est toujours bon de considérer lorsqu’on tente de contempler la vérité (activité autant louable qu’impossible).

Je le lis et j’ai une autre comparaison qui me reviens constament à l’esprit quand je pense aux écrits anglo-saxons que j’apprécie, une qui, cette fois-ci, fait acte de sincère compliment.

J’ai trouvé mon WFB.


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2008/02/22 19:38

Gauche floue

J’en suis encore à me replonger dans la sphère d’ici après mon séjour américain et je viens d’avoir un petit coup de coeur pour ce blogue. (Désolé Yvan, je n’y suis pas allé avant. My loss.)

Me qualifiant moi-même d’une certaine “droite floue”, c’est difficile de ne pas être séduit.

Il ne publie pas souvent, mais c’est de la qualité.

Et surtout, c’est très difficile pour moi de ne pas tomber pour des slogans comme:

Bien des erreurs sont nées d’une vérité dont on abuse. (Voltaire)

Et sur le site jumeau anglophone:

Doubt is not a pleasant condition, but certainty is an absurd one. (Voltaire)

C’est l’essence de ce que j’appelerais mon conservatisme du doute.


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2008/02/12 01:39

À la recherche du conservatisme de demain

C’est un mouvement qui cherche à se redéfinir. La forme et la direction qu’il prendra demeurent difficiles à entrevoir.

Mais J.H. nous défriche un chemin.

Et d’autres réflexions interessantes ici.


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2008/02/11 20:26

La droite de chez nous

Un très estimé lecteur a fait un commentaire aujourd’hui qui a finalement mis en mots une réflexion qui me ronrone dans le fond du crâne depuis que j’observe (non sans espoir) la montée de cette nouvelle droite conservatrice de chez nous que d’aucuns ne soupçonnaient l’existence il n’y a de ça que cinq ans dans le paradis social-démocrate que l’on croyait (à tord) faire notre distinction.

Il s’agit de M. Bergeron, un américain résident de la Californie qui répond au Dissident, ce (nouveau?) blogueur de chez nous qui tire nettement à droite.

Ronald Reagan est mort, [le] conservatisme a échoué, le parti républicain est divisé. Les gens les boudent, parce qu’ils n’ont pas d’idées nouvelles à répondre à nos besoins et nos problèmes c’est toujours la même chanson: moins de gouvernement (sauf dans le bodoir), moins de taxes pour les riches (alors que le fardeau remue aux travailleurs de la classe moyenne), plus de dépenses militaires pour les guerres glorieuses, plus de moralisation à faire Jésus vouloir vomir, pour le reste vous êtes seuls, “you’re on your own!”

Puis en terminant, il fait référence au fait que notre ami Dissident semble s’être approprié certains des symboles de Batman:

Mathieu, je crois pas que vous ne trouverez pas un plus grand libéral (au sens américain) que Bruce Wayne, c’est l’exemplar sans pareil du “Limousine Liberal.” I’m sure the irony is not lost on you, since you call yourself the “Dissident”, even though your side is currently in power, both in Canada and here in the US. Bush isn’t gone yet.

Ce n’est pas sans un certain plaisir et soulagement que j’ai constaté que nous avions une droite (plus ou moins) cohérente dans ma nation. Qu’une certaine alliance était possible de ce coté du paysage entre le pôle de Calgary et celui de Québec (qui se découvre à peine) afin de contrer l’hégemonie étatiste et centralisatrice du parti qui prétend définir l’âme même du pays depuis 1967. C’est vrai qu’aujourd’hui, la droite vit une certaine heure de gloire ici… et on a nettement l’impression qu’on en est encore qu’au début.

It’s Morning in the Great White North.

Pour ma part, je suis loin de m’en désoler. J’ai passé ma vie dans une société qui penchait universellement à gauche, pendant qu’on se divisait entre souverainistes et fédéralistes… Ce n’est pas sain. Les éléments bénéfiques des courants de droite (il y en a) n’ont pas encore assez eu la chance de faire effet à mon goût sur ma société. Pour quelqu’un qui se targuait d’anarcho-capitaliste en 1987 (j’étais jeune, j’ai beaucoup évolué depuis, mais quand-même), je regarde la montée de la droite politique et je dis: Y était temps!

Sauf qu’en tant qu’amateur de la politique américaine, je partage entièrement l’analyse de mon lecteur. La droite conservatrice américaine est épuisée… dogmatique… finie.

Elle est dûe pour une bonne traversée du désert.

Je regarde notre droite à nous se péter les bretelles… ces gens semblent encore tout à fait inconscients des nombreux endroits où le projet américain sur lequel ils fondent leur démarche a complètement échoué. Je les voit partout répéter les mêmes erreurs et semer le même poison corrosif qui a fini, à force de contact, par s’introduire jusque dans l’âme du mouvement américain qui s’en servait. Jusqu’a ce qu’il devienne la caricature grossière et tristement réelle que nous décrit M. Bergeron.

Les conservateurs (petit c) d’ici se sentirons bien seuls dans le monde ante Bush… et ils ne dureront pas longtemps s’ils persistent à émuler un mouvement moribond plutôt que d’adapter leur idéologie (et surtout leur approche) au 21e siécle et à un monde qui s’apprête à s’axer nettement sur le progressisme.


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2008/02/11 02:16

La gogauche d’Obama

…et la mauvaise foi de la droite.

Notre ami le Dissident porte notre attention sur cet exercice du National Journal qui consiste à comparer les votes des différents sénateurs afin de les placer sur une échèle idéologique allant de libérale à conservatrice. Il se régale que le choix du sénateur le plus libéral tombe cette année sur nul autre que la coqueluche de l’heure, Barack Obama.

Et il se targue de noter, comme le font tous les faiseurs d’echo de la droite qui aime à le citer, que le National Journal est une publication “non-partisane”.

Personellement, je ne peux m’empêcher de trouver ça quand-même drôle qu’il y a quatre ans, cette publication “non-partisane” avait comme par hasard remis le même prix à nul autre que… John Kerry.

Avouez que ça adonnait bien, non?

Ah oui, et devinez qui arrive deuxième cette année… Eh oui, Hillary Clinton. Facile, hein? [Erratum: Oups, j'ai lu en diagonale, elle arrive 16e.]

Moi, si j’étais Bernie Sanders, le sénateur socialiste (non, je ne vous niaise pas) du Vermont, je les poursuivrais pour vol de réputation.

Quand-même, c’est pas sérieux leur truc.


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2008/02/10 23:15

Aucune de ces réponses

Les conservateurs américains réunis à la CPAC hier ont tenu un straw poll, une petite élection bidon qui n’est que sensé exprimer la préférence du groupe… (Je me souviens, au Cégep, on faisait la même chose avec des référendums sur la souveraineté, quel exercice futile)

Eh bien, après avoit vu tous les candidats défiler sur leur tribune, Romney qui leur a annoncé qu’il quittait la course, McCain qui a essayé d’acheter la paix avec eux et Huckabee qui… a été fidèle à lui-même, l’aile conservatrice a choisi… Romney.

In the straw poll vote, Romney got 35 percent and McCain 34 percent. Mike Huckabee and Rep. Ron Paul of Texas tied with 12 percent.

Pauvre McCain.


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2008/02/09 12:33

Huckabee à la CPAC

Après vous avoir livré Romney et McCain devant la CPAC, Je me suis dis que tant qu’à faire, aussi bien vous livrer la présentation de Huckabee qui prononçait son discours, dans lequel il jure de continuer la course, devant la conférence conservatrice ce matin.

Le contraste avec McCain, au niveau de l’accueil de la foule, est palpable.

C’est un discours de 30 minutes, mais il donne une excellente idée de l’état actuel du conservatisme américain; un mouvement épuisé qui a fait son temps… et qui n’a plus rien à voir avec le conservatisme de mon maître à bloguer, Andrew Sullivan, dont je me réclame en partie.

Ceux qui croient encore que ce qui est exprimé dans ce discours représente le mainstream de l’Amérique ont acheté la propagande de ce mouvement dont l’influence n’est vraiment plus ce qu’elle était.

Huckabee speaks at CPAC (1 of 2)

La seconde moitié du discours est ici.

Au cours des prochaines semaines, la chose à observer sera de voir si un mouvement anti-McCain cohérent s’organise afin de lui faire subir une cuisante défaite dans au moins un état. (Ça se discute déjà) Et surtout, il sera interessant de voir comment Huckabee surfe sur cette vague sans complètement ruiner ses chance de se faire nommer candidat à la vice-présidence.


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2008/02/08 00:29

McCain à la CPAC (prise 2)

Apparement, on avait spécifiquement demandé à plusieurs reprises aux gens dans la salle de ne pas huer McCain. Le mot d’ordre étant “On ne veut pas donner ce spectacle aux démocrates”)

La greffe ne prendra peut-être pas après tout.


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2008/02/08 00:18

McCain et les conservateurs

Selon Pat Buchanan:


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2008/02/07 15:33

CPAC

Non, il ne s’agit pas ici de la “chaîne parlementaire” (la réponse canadienne à C-SPAN)…

S’il existe un coeur à la droite conservatrice américaine, s’il existe un endroit où la “vast right-wing conspiracy” (qui, selon certains de gauche, est derrière tous les maux du monde) se rencontre et coordonne ses activités, c’est à la Conservative Political Action Conference. Le rassemblement des gardiens de l’orthodoxie du conservative movement qui tient le parti Républicain d’une main de fer depuis 1980.

Cet organisme/évenement fondé en 1973 par une petite bande de purs et dûrs (dont l’histoire remonte encore à plus loin) non content de la direction du parti (quelqu’un a t-il dit SPQ Libre?) a, au fil du temps, réussi à s’imposer et à devenir un des pôles les plus importants de l’univers politique américain.

Ce sont les bonzes de ce même groupe qui, aujourd’hui, livre une guerre sans merci à McCain qui a une longue histoire d’apostasie sur plusieurs de leurs dogmes. Certains sont même allé jusqu’à dire que si McCain est leur candidat ils supporterons Clinton!

Une des raisons de leur véhémence est que c’est la première fois depuis Reagan qu’ils ne réussissent pas imposer leur candidat au parti. (à l’époque, Nixon n’était pas leur candidat, trop libéral… même chose pour Ford)

Plusieurs disent que le “mouvement” préférera la protection de l’orthodoxie à une victoire. Si McCain ne s’agenouille pas devant eux en promettant de ne jamais dévier des dogmes, ils le rejetterons. Ils ne voterons jamais pour les Dems (un bluff transparent), mais ce mouvement a une longue tradition d’abstention.

Sauf que si McCain se prosterne trop devant eux, il perdra les modérés qui l’ont élu.

Cet après-midi, McCain s’adresse à la CPAC …sur la même tribune sur laquelle Romney a concédé plus top aujourd’hui. Devant le même public!

15:23

Le discours commence à l’instant.

Nous sauront bientôt si la greffe prendra.

Les parallèles avec le PQ sont ahurissants.


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2007/10/27 16:26

Kuebek… un retour?

Wouhou! Mon blogue archi-conservateur préféré, Kuebek, a remis ses archives en ligne… après les avoir enlevées il y a peu de temps en nous disant qu’il terminait ses activités.

Le blogueur serait-il sur le point d’effectuer un retour?


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2007/10/20 20:31

Le discours poubelle

Décidément ce ne sont pas toujours les billets qu’on pense qui font écho…

Il y a peu de temps, je posais la question de façon un peu cavalière et sans penser qu’elle aurait d’echo : Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? »

Dans ce billet je reprochais à certains blogues de droite de nous livrer du réchauffé d’idéologie états-unienne et aux blogues proprement partisans adéquistes de faire dans le populisme aveugle.

le défunt Kwebek, que j’avais comparé au Heritage Foundation le think tank « paleo-conservateur » états-unien, avait repris mon billet en citant la partie où je parlais de lui sans vraiment s’en défendre dans un billet intitulé : « Kwebek = Heritage Foundation. » Puis, il ferma son site peu de temps après. (Je ne fais pas de lien)

Du côté gauche de la sphère, Capitaine Virgil fut inspiré à livrer sa pensée sur le manque de volonté de réflexion et d’échanges qui semble être plus prévalent du côté droit en posant la question : « Y a-t-il une droite intellectuellement rigoureuse dans la blogosphère québécoise ? »

Mais voilà que du côté droit de la sphère se pointe justement un blogueur sérieux, intéressé au dialogue et qui, déplorant lui aussi la qualité du discours qui existe des deux côtés de notre sphère, mais qui semble prédominer à droite, en appel à un discours d’une plus grande qualité.

Il s’agit de l’excellent blogueur affilié à la droite (mais qui vient de faire son « coming out » radio-canadien) Jonathan Hamel, auteur du blogue La Sphère des Idées J.H. qui nous livre cette réflexion dans un billet intitulé : De la réflexion svp…

Citation de choix:

…plus que jamais, je deviens farouchement hostile à tout ce qui ressemble à du blogue trash, le genre qui se complait dans les insultes, qui reproduit ad vitam eternam des photos de leur adversaire politique et qui livre tout leur blogue à de la critique ponctuelle et continuelle. Ces blogues réactionnaires autant à gauche qu’à droite deviennent des instruments de propagande haineuse qui minent nécessairement les fondements d’une réflexion honnête sur les enjeux politiques et sociaux.

J’en profite pour reproduire une partie de la réponse que je lui ai laissé (moins les horribles fautes)

Je ne crois pas qu’il soit possible de se débarrasser du « discours poubelle » dans la blogosphère (ou même dans la société) … Il a d’ailleurs son utilité en tant que baromètre des bas instincts qui grouillent au fond de chaque tendance. (et donc au fond de nous tous) L’idée, que je crois qui fait défaut dans notre région de la sphère, est de faire une distinction plus marquée entre ceux qui font systématiquement et gratuitement dans ce type de discours et ceux qui sont plus intéressés à un débat évolutif où même à promouvoir une idée ou une idéologie spécifique. Même si ces deux derniers peuvent aussi tomber dans ce premier type de discours à l’occasion. Le blogue n’est pas qu’un espace de réflexion sérieuse (même si c’en est un excellent) C’est aussi un espace de réaction instantanée… de « montées de lait » …où il arrive que des vérités plus profondes soient exprimées côte à côte avec des propos regrettables (et souvent regrettés) … C’est de bonne guerre comme on dit, et c’est en partie ce qui distingue le blogue du discours d’opinion journalistique …et qui en fait son intérêt.Pour ma part, je ne consulte à peu près pas les blogues qui ne rencontrent pas mes critères personnels de niveau de discours (Qui a le temps? Il y en a tant de bons!) donc je n’en parle pas sur mon blogue. Je suis convaincu que l’apparente popularité de certains « blogues poubelles » serait grandement réduite si certains blogues (surtout à gauche) supposés plus raisonnables pouvait arrêter de tomber dans le piège en les dénonçant incessamment. …ainsi moussant leur popularité et encourageants leurs auteurs à escalader leurs pitreries.

C’est bien quand même de voir qu’il y en a à droite qui sont ouverts à la réflexion sérieuse et à défendre leurs idées avec autre chose qu’un jeu enfantin de tac au tac. Ça en prend, si on veut éviter le discours qui ne prêche qu’aux convaincus dont a peur Cap. Virgil.

Jonathan, en plus de me faire des compliments qui courent le risque de m’enfler dangereusement la tête, non mais c’est gentil quand même, semble aussi avoir presque deviné la réelle inspiration derrière le choix du Nom : « Le Petit Émerillon » et ce, de façon intuitive. Ça mérite un coup de chapeau.


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