Billets tagués ‘catholicisme’

2007/12/12 11:38

C’est pas avec des trucs comme ça que je suis près de me réconcilier à l’Église

B.16 déclare l’avortement et l’homosexualité des obstacles à la paix dans le monde.

[soupir] Non, vraiment, là, c’est trop.

Les détails sont ici: Religion News: Pope Says Abortion, Gay Marriage Are ‘Obstacles’ to World Peace

Votre Sainteté, c’aurait été plus sain pour vous d’aimer un homme en chair et en os plutôt que diriger vos tendences inavouées vers le Christ.


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2007/12/01 22:30

Ma lettre au cardinal Ouellet

…tarde à sortir, je le sais.

…et elle ne sera pas dans ce billet.

En fait, les habitués doivent s’y attendre maintenant… si je vous promets quelque chose et que ça n’arrive pas dans les 24 heures suivantes, les chances sont que ça n’arrivera pas. Et lorsque je vous annonce que je diminue mon rythme de publication, attendez-vous à le voir augmenter. Je crois vous avoir déjà parlé de ma relation tendue avec la discipline personnelle.

J’avais de grands plans avec cette lettre… Fort de mes récents « succès » dans les médias, je planifiais, en plus de l’envoyer au cardinal et de la publier ici, de l’envoyer aussi aux journaux… qui sait?

Mais pour que tout ça ait une chance de fonctionner, il aurait fallu que je l’aie pondue lundi ou mardi et envoyée sitôt. Là, on commence à passer la limite du cycle de 7 Jours (Bonne Semaine!) décrété par les impératifs corporatifs de notre petit univers pour presser le citron d’un évènement médiatique avant de passer au prochain sujet chaud. (Encore mieux si ça peut démarrer le dimanche soir à TLMEP, avec trois jours de pré-avis… Ça, on aime ça!)

Enfin… Voilà déjà deux jours que la petite bannière en-haut qui annonce la venue de cette lettre n’est plus qu’une charade pour m’éviter à avoir à répondre à vos commentaires pendant que je lis et écris ce qui me chante. (Surtout que là, je suis complètement freaked-out depuis que le Mistral a soufflé chez moi… [Ok, enough with the puns! It's not that imaginative.])

Ce qui m’a stoppé dans mes tracks, comme disait Shakespeare, c’est cette discussion que j’ai eue (et que j’ai laissée sans réponse, ce qui est assez impoli de ma part) avec Suzanne, une radi-catho à tendance sédévacantiste (que j’aime ce mot depuis que je le connais) qui tient un blogue pro-« culture de la vie » et que j’ai croisée via le blogue de Philippe David. Disons que cette expérience a eu pour effet de refroidir mes ardeurs à l’idée d’explorer les possibilités de rapprochement avec l’Église. Avant de pouvoir continuer, je dois me réconcilier avec le fait que cette dame, malgré ce qu’elle en dit, ne représente pas l’attitude actuelle de l’institution, mais bien un courant qui souhaiterait retourner au moeurs, rites et dogmes d’avant Vatican II. C’est justement une de celles qui l’est trop, comme dit le maire Jean Tremblay, et qui lui tape sur les nerfs.

Mais bon. Ça a ruiné mon élan.

Et bien que j’aimerais explorer avec elle la cohérence de son attachement farouche aux doctrines de l’Église combiné à son rejet, ou du moins sa déception, face à « l’Esprit de Vatican II » qui est reflété dans la doctrine moderne (I think) et qu’elle se doit donc de suivre selon ses propres principes: « Si on croit que l’Église a la parole de la Vie, on la suit, malgré la difficulté de comprendre certaines doctrines, parce qu’on croit qu’elle est protegé de l’Esprit saint par l’erreur doctrinale,[sic] et qu’elle est chargé de prêcher la vérité de Dieu. » J’ai eu ce type de discussion avec des fondamentalistes de toutes les variétés dans ma vie et ce n’est vraiment plus cet aspect des choses qui m’intéresse.

En fait, mon intérêt et mon ouverture actuelle face à l’Église et à la religion en général me viennent de deux sources très distinctes, je crois.

La première étant la réaction extrême que j’ai eue récemment face à toute l’intolérance patente du discours laïcisant à la commission BT. Je le répète, les seules personnes que j’entends exprimer le désir de vouloir dire aux autres comment vivre dans toute cette histoire sont les laïcs. Les religieux ne revendiquent qu’un espace de liberté suffisant pour être heureux sans trop déranger les autres. Cette intolérance face à la croyance religieuse est tellement répandue dans la culture ambiante qu’il est permis, sans que personne ne bronche, de dire des choses sur les croyants qu’il est interdit de dire à propos de tout autre groupe.

Quelle différence entre:

« Je n’ai rien contre la religion, mais ça ne devrait pas sortir de la maison et/ou de l’église/temple/mosquée/etc., on n’en veut pas sur la place publique. »

Et:

« J’ai rien contre les homosexuels, tant que ça reste derrière des portes closes. Le reste, j’veux pas l’savoir. J’veux pas les voir s’embrasser pis s’tenir la main dans la rue. »

Pour moi, il n’y a aucune différence entre ces deux attitudes.

Pourtant, dans la société bien pensante dans laquelle j’évolue, il est permis d’exprimer cette première opinion et de passer pour un être éclairé, tandis que la deuxième nous condamne à être perçu (à juste titre) comme un cro-magnon homophobe et intolérant.

J’ai toujours accusé les homophobes d’avoir peur de leur propres désirs homosexuels. Maintenant, j’accuse les laïcisants de la place publique d’avoir peur de leur propre soif de Dieu.

…Mais je m’éloigne de mon propos.

Ce que j’essaie de dire est que dans de telles circonstances, j’ai tendance à beaucoup (trop) m’identifier avec celui que je perçois comme injustement persécuté. J’aimerais pouvoir le dire en français, mais ça sort pas, I’m a classic bleeding-heart liberal in that sense. Sauf que ce sentiment est éphémère et s’évapore rapidement au contact de quelqu’un comme Suzanne.

La deuxième (et plus profonde) source de mon ouverture est plus difficile à expliquer.

Elle vient en grande partie du fait que mon cheminement spirituel, incluant toutes les recherches que j’ai faites ces dernières annéees sur les origines historiques et l’évolution des différentes religions (surtout le christianisme et l’Islam), m’a récemment mené à un endroit à l’intérieur de moi où le paradoxe apparent de la phrase suivante: « Il n’est pas nécéssaire de croire en Dieu pour croire en Dieu » semble s’évaporer.

Je sais que ça semble ésotérique… ça m’apparaît si clair et si simple, mais en même temps, je n’ai pas l’impression que je pourrais l’expliquer comme il faut en moins de 20 pages. Alors je n’insiste pas.

Sauf pour dire que depuis ce temps, c’est comme s’il m’était permi de « croire en Dieu » sans abdiquer la moindre parcelle de mon adhésion à la pensée critique et rationelle, non plus qu’à la méthode scientifique et la cosmologie qui s’en dégage.

Délire? Vue de l’esprit? Je ne sais pas.

Mais savoir si c’est « vraiment vrai » n’est pas la question.

C’est utile.


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2007/11/30 23:53

Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Mes impressions sont ici.

YouTube - Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Finalement il n’a rien dit que je n’ai pas trouvé raisonnable… Et en plus, je dois avouer que je le trouve assez sympathique. Je me sens obligé de le rayer de ma liste de radi-cathos.


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2007/11/30 19:51

Mes excuses au capitaine

Capitaine Virgil,

Je t’estime énormément, je lis et j’apprécie ton blogue… tu es parmi mes préférés.

Mais je suis en train de faire ma première rencontre avec ton nemesis, le maire de Saguenay, Jean Tremblay… il est l’invité à Il va y avoir du sport ce soir.

Je suis désolé, mais…

Je le trouve hyper sympa!

…et pas déraisonnable.

Ajout: Zut!!! J’allais mettre l’extrait dont je parle sur YouTube, mais je viens de faire une bourde et j’ai scrappé le fichier source. Ça ira à la rediffusion de dimanche, si j’ai le temps.

Re-ajout: Hmmm… si seulement je pouvais dire que j’en ai fumé du bon. Je viens de me rendre compte que je n’aivais pas, comme je le croyais, supprimé le fichier source… Enfin. L’entrevue sera en ligne sous peu.


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2007/11/27 15:38

La religion dans laquelle j’ai grandi

J’ai souvent répété, dans mes récentes interventions sur l’Église et la religion, que je n’ai pas été élevé dans quelque forme de religion que ce soit.

En fait, si je veux être honnête (et je le veux), je dois admettre que ce n’est pas entièrement vrai. Mes parents (et leurs contemporains) ont certes quitté l’Église… dégoutés, entre autre, comme le reste de leur génération, par la flagrante hypocrisie de l’institution qui est soulignée par cette malheureuse doctrine: « Faites ce que je dis et non ce que je fais », mais dans leur cas, ce n’était pas pour se lancer dans un athéisme matérialiste, bien au contraire.

J’ai passé ma petite enfance entouré de jeunes adultes qui croyaient sincèrement (un peu comme les premiers chrétiens) incarner la première vague d’un monde nouveau… qui est très fidèlement résumé dans les paroles citées ci-bas. Comprenez-moi, on est loin de parler de culte ou de secte… mais je me souviens d’avoir été entouré (et élevé selon) une volonté d’expérimenter pour appliquer concrètement ces valeurs et ce mode vie au quotidien… dans l’idée que c’était la voie de l’avenir et qu’on allait « changer le monde ».

C’était terriblement naïf… mais pas plus que les fondements du christianisme. Et avouez que c’est un bel idéal auquel aspirer.

Je parle de ceci:

When the moon is in the Seventh House
And Jupiter aligns with Mars
Then peace will guide the planets
And love will steer the stars

This is the dawning of the age of Aquarius
The age of Aquarius
Aquarius!
Aquarius!

Harmony and understanding
Sympathy and trust abounding
No more falsehoods or derisions
Golden living dreams of visions
Mystic crystal revalation
And the mind’s true liberation
Aquarius!
Aquarius!

When the moon is in the Seventh House
And Jupiter aligns with Mars
Then peace will guide the planets
And love will steer the stars

This is the dawning of the age of Aquarius
The age of Aquarius
Aquarius!
Aquarius!

Let the sunshine in!

…Et en plus, je suis verseau!


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2007/11/25 16:55

L’Église et nous (suite)

Dans mon billet, L’Église et nous, où j’ai eu une discussion avec une baby-boomer La Longueuilloise qui me parlait de son rejet de l’Église, Renart me fait le commentaire suivant:

Alain,je ne comprends pas pourquoi tu fais un lien entre la spiritualité et l’Église. Moi je crois que plus on s’en éloigne et plus la spiritualité est forte, parce qu’elle n’est pas asservie par des obligations.

Pour ma part, je crois la spiritualité plus en phase avec la philosophie. Là est ma position, car justement j’ai vraiment de la difficulté à m’inclure dans la spiritualité par un autre chemin que celui-là.

J’ai commencé à y répondre, mais, comme c’est souvent le cas avec les interventions de Renart, ma réponse s’est éternisée et s’est transformée en billet sur l’importance de la religion…

Ma pensée évolue à ce sujet… Croyez-moi les amis, si vous m’aviez dis, il y a environs cinq ans, que je plaiderais ainsi un jour en faveur de la religion organisée et de l’expression religieuse… j’aurais ri. Enfin, je le prends comme signe que mon esprit n’est pas encore complètement fermé.

Renart,

Lorsque tu dis: «Pour ma part, je crois la spiritualité plus en phase avec la philosophie. Là est ma position, car justement j’ai vraiment de la difficulté à m’inclure dans la spiritualité par un autre chemin que celui-là.»

Je te comprends, j’ai longtemps été (je suis encore fondamentalement, en tant qu’individu) en phase avec toi là-dessus.

Mais je ne te parle pas seulement de spiritualité, je te parle du désir de solidarité, de communauté… ne reproches-tu pas, toi-même, le manque de solidarité et de sens de destin commun de ta société… son individualisme à outrance?

Ta philosophie et ton Humanisme sont un ingrédient essentiel à tout ça… et doivent demeurer au coeur de l’équation, mais sont-ils suffisants? Peuvent-ils faire consensus suffisant? …même à l’intérieur d’un petit groupe? Sont-ils assez fort pour créer un réel sentiment de solidarité et de destin commun qui trenscende les crises?… pour créer un tissu social plus fort que les lois?

Laissons de coté l’Église catholique québécoise pour un instant… qui doit avoir été bien loin dans son hypocrysie et sa cruauté pour avoir rendu le peuple québécois si allergique au concept même de la religion organisée… et qui continue de récolter ce qu’elle doit avoir semé, à mon avis.

Mais vraiment, je ne comprends pas que tu sois incapable de voir dans la religion organisée un lieu de partage et de communauté spirituelle… où l’être humain est appelé de façon concrete à mettre sa spiritualité en relation et au service de la communauté… à refléchir sur ce qui est plus grand que lui, dans une perspective fondée sur l’humilité et l’amour. (Tout en comprenant qu’on ne peut jamais complètement éliminer “l’hommerie” de l’activité humaine - incluant celle-là.)

Selon moi, l’Humanisme, la stricte raison comme seul fondement de la spiritualité… est insuffisante. Toute la rationalité du monde ne peut s’addresser aux pulsions profondes de l’Homme… à un besoin de mysticisme… de mythe… Nous remplissons en partie ces besoins par l’art, la musique, le cinéma, l’alcool, les drogues, etc…

Mais sans quelque chose de solide auquel ratacher cet aspect de notre humanité… sans quelque chose pour l’encadrer (le plus sainement possible, de préférence) l’éparpillement de nos pulsions mène, me semble-t-il, à une dé-solidarisation individuelle (désespoir, dépression, suicide, etc) et collective (fractionnement social, individualisme nocif, etc)

Comprends-moi bien, je ne parle pas du tout contre l’art, la musique, etc… (ni même contre les drogues, ce serait le comble de l’hypocrysie) et encore moins pour que ces choses soient encadrées par ou mises au seul service de la religion. Je dis seulement qu’en enlevant l’expérience spirituelle communautaire (la religion organisée) de nos vies. Nous enlevons un point d’encrage central et essentiel qui permet non seulement d’encadrer notre coté irrationnel, mais de le propulser au service de notre bien-être et celui de la communauté.

Car au fond, c’est ce que je vois dans la religion. Une tentative de diriger les pulsions humaines au plus grand bénéfice en plaçant la plus puissante et bénéfique des pulsions, l’Amour, au coeur de nos préoccupations.

Je ne prétends pas qu’un retour vers l’Église avec un grand «É» soit la solution… je suis résolument tourné vers l’avenir. Mais je constate que nous n’avons encore rien trouvé d’aussi fort que la religion comme ancrage collectif pour nos pulsions, et je lie plusieurs des problêmes sociétaires que nous vivons à ce phénomène.

Rejeter l’Église catholique pour toutes ses tares institutionnelles… parce qu’elle continue à refuser d’intégrer l’Humanisme dans son message central (qui n’est pourtant pas du tout incompatible avec les fondements du christianisme, à mon avis, au contraire)… je veux bien.

Mais je me pose sérieusement la question si nous ne sommes pas allé trop loin en rejetant la religion et l’expression religieuse.

Et je me demande par quoi nous allons la remplacer.

En terminant, je sais que je risque de t’irriter un peu en t’envoyant à nouveau vers une source anglophone… Mais je te recommande fortement ce discours de Barack Obama qu’il a donné il y a plus d’un an devant un public de religieux noirs et/ou progressistes. Il y parle de sa relation avec la foi et du conflit états-unien entre les consevateurs religieux et les laïcs progressistes, mais les echos et paralleles avec le notre sont frappants. Je viens de me le retapper et il reflète plus profondément ce que j’essaie d’exprimer ici.


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2007/11/25 15:30

L’Église et moi

Ce billet ne fait que rassembler plusieurs commentaires que j’ai écrit ici, sur le blogue de Renart L’éveillé, lors d’une conversation suite à son billet sur le fameux mea culpa surprise du cardinal Ouellet cete semaine. Je tenais à les rassembler car ma réflexion sur l’Église et la religion en est une qui est en plein mouvement et n’est nullement arrêtée. J’essaie d’en garder la trace.

Suite à la sortie du cardinal Ouellet, où il demande pardon aux québécois pour les abus de pouvoirs de l’Église d’avant 1960 tout en plaidant pour un retour de l’enseignement religieux à base confessionnelle dans les écoles (aspect de sa démarche sur laquelle je me prononcerai dans un lettre ouverte que je suis en train d’écrire au cardinal), Renart publie ce billet qui m’inspire à lui poser la question suivante:

Tu dis: « Reste à savoir si cela impressionnera le public. Pour ma part, pas du tout puisque dans ce cas précis, ma capacité à pardonner est handicapée par ma raison. Et elle est impitoyable! “Ma question, alors:

Qu’est-ce que ça prendrait pour que cette institution dont le message est fondé sur l’amour, le pardon, l’ouverture, le partage, l’humilité, une préoccupation pour le bien de la communauté et la paix entre les hommes (des valeurs que tu partage, je crois) puisse se racheter à tes yeux?Tu dis que ta raison est “impitoyable”… c’est justement ce qui me fait le plus peur des gens qui disent fonder leur pensée strictement sur la raison… et qui sont convaincus que cela donne une plus grande valeur à leur opinion. C’est dangereux, ça… Ça manque de …pitié.

Renart était alors occupé à donner une conférence en Abitibi (qu’il raconte ici et ici) donc la conversation s’est déroulée avec ses autres lecteurs.

Dans son intervention, iamwormbuffet me lance en passant:

Alain, quand une institution doit être prise en pitié…

Ce qui m’inspire la réponse suivante: (je réponds à toute son intervention, pas seulement cette phrase)

Je ne dis pas que l’institution doit être prise en pitié… je dis seulement que ceux qui la condamne en manque.Outre les “institutions”, moi, les seules personnes qui me donnent l’impression d’être convaincu de détenir la vérité… sont les partisans le la laïcité qui méprisent la religion. De mes rencontres avec des gens qui ont “la foi”, se dégage une impression de gens infiniment plus humble devant “la vérité”… et avec une volonté beaucoup moins grande d’imposer leurs valeurs et coutumes aux autres… Ce qui est pourtant ce qui leur est reproché par ces “laïcs” qui veulent que tout le mopnde entre dans un même moule non-religieux.

J’ai de la peine à m’expliquer cette contradiction.

D’après moi, le fusil de l’intolérance et de l’intégrisme a changé d’épaule… on s’en est juste pas encore apperçu parcequ’on est trop convaincu de détenir la “vraie” vérité.

Et ça, c’est quelque chose qui devient de plus en plus flagrant à mes yeux.

Je passe par-dessus mon altercation avec un dénomé Roblechon car elle n’apporte rien de neuf. Lui: Regarde l’histoire et toutes les atrocités commises par la religion. Moi: Le fanatisme existe autant et est tout aussi dangereux en dehors de la religion, c’est une erreur de lier les deux. Bla bla bla…

J’en profite, par contre, pour souligner l’analyse réfléchie et perspicace de Capitaine Virgil.

Vient ensuite, Philippe David qui décide de «relever le défi» de ma question initiale et de s’y attaquer:

Ma réponse est “qu’elle commence à pratiquer ce qu’elle prêche”. C’est beau que Mgr Ouellet nous demande pardon pour les torts de son Église, et encore il le fait seulement pour avant 1960, mais l’Église n’a absolument pas progressé depuis. Ma mère est une pratiquante dévote qui a divorcé et s’est remariée. Elle s’est butée maintes fois à l’attitude archaïque de l’Église envers le divorce et envers les femmes à chaque fois qu’elle participait aux activités paroissiales. Et vous croyez vraiment que l’Église fait preuve de charité lorsqu’elle proscrit l’usage du condom? 30 millions de croyants africains et sud-américains infectés du VIH en payent le prix.Je ne peux pas parler pour Renart, mais pour ma part, c’est justement parce que je partage les valeurs que tu mentionnes ci-haut que j’ai bien de la difficulté à pardonner l’Église. Je le ferai peut-être un jour si elle change, mais avec Benoit XVI, ça ne risque pas d’arriver.

Je respecte, je comprends et j’accepte cette réponse… mais elle m’inspire tout de même la lancée suivante: (qui est le morceau principal que je voulais conserver)

Merci de ta réponse. Qui selon moi est juste, sensé et très valide. Je suis forcé de te donner raison en ce qui a trait à tes raisons de ne pas (encore) pouvoir pardonner l’Église. Sauf lorsque tu dis qu’elle n’a pas du tout progressé depuis 1960… Quand-même, je te consent qu’elle a encore beaucoup, mais alors là, beaucoup de chemin à faire, que le gouffre qui la sépare encore de la population est énorme… mais de là à dire qu’elle n’a pas du tout progressé…Pour ma part, je n’ai été élevé dans absolument aucune forme de religion… je ne suis même pas baptisé. J’ai plutôt eu une éducation à saveur « Age of Aquarius », ma spiritualité personnelle est très riche, puisée à plusieurs sources, fortement anchrée dans le rationalisme scientifique et teintée de nuances… et j’en suis fier. Mais je me retrouve aujourd’hui avec une belle spiritualité personelle et… solitaire. Et je constate que c’est le cas pour la plupart de mes contemporains.

J’ai soif, et je suis convaincu de ne pas être seul, d’une spiritualité qui soit davantage communautaire, collective, solidaire… J’entend le cri des gauchistes qui désespèrent de cette société de consommation basée sur le « culte du moi » et qui déplorent surtout son manque de solidarité… et je me demande si en abandonnant la religion organisée, nous n’avons pas mis de coté justement cet ingrédient qui est supposé la créer… en tout cas, nous n’avons encore rien trouvé pour la remplacer… L’État à certainement un rôle à jouer pour encourager la solidarité, mais il se doit d’être neutre et pluraliste et est (doit être) sérieusement limité dans la sphère des valeurs personnelles et communautaires.

Est-ce que je prône un retour vers l’Église? Je ne le sais pas… en tout cas, je suis loin de prôner un retour en arrière. Et malgré ma grande ouverture à la religion et aux valeurs qui la sous-tendent, (dans lesquelles je me reconnais entièrement malgré mon absence totale d’indoctrination) j’ai exactement les mêmes problêmes que toi et les autres avec les politiques institutionnelles de l’Église catholique dans sa forme actuelle et ses abus de pouvoir du passé.

Mais pour une raison qui m’échappe, je semble avoir l’instinct de pardon et de compassion plus développé que mes compatriotes… Je replace les choses dans leurs contexte historique… j’essaie de comprendre les conjonctures… et je me dis que les hommes du passé ont fait du mieux qu’ils ont pu compte-tenu de leur contexte.

Mais je trouve aussi que “nous” avons un rapport complètement névrosé avec cette institution et son rôle historique dans la survie et la formation de la collectivité francophone d’Amérique… et de son caractère.

Cette Église qui nous dominait tant “avant la révolution tranquille”, n’arrivait pas de “l’extérieur”… elle était formé de nos “intellectuels”… nos oncles, nos tantes, nos ancêtres… en la comdamnant nous nous condamnons nous-même… Une certaine réconciliation avec cette aspect de notre caractère historique est nécéssaire si nous voulons envisager l’avenir de manière saine.

Et malgré ma grande antipathie initiale pour l’homme, je me dois d’admettre qu’au moins, sa démarche cherche sincèrement à s’approcher de la mienne… la distance à parcourir est encore grande, mais c’est un début.

Pour l’instant, je n’approche pas la question avec des réponses, mais avec un questionnement.

Et une des questions que je me pose est: Abandonne-t-on la société démocratique de droit parce que nous avons des gouvernents corrompus qui en trahissent les idéaux? Pourquoi le faire avec l’Église alors? En 1960, on aurrait pu me répondre parcequ’elle est tellement pourrie de l’intérieur qu’elle est irrécupérable et j’aurais surement acquiéssé. Mais aujourd’hui?

Voilà, ma réflexion continue…


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2007/11/23 19:52

Mgr Ouellet et ma mauvaise langue

Je vais faire une courte interruption à toute la bonne volonté que je suis en train de démontrer envers la démarche actuelle de Mgr Ouellet pour laisser parler ma mauvaise langue qui vient de me présenter un aspect politique possible à sa démarche auquel personne, à ce que je sache, n’a encore fait référence. Je fabule probablement, mais à quoi sert un blogue sinon à ça.

Vous savez, la perte des brebis canadiennes n’est pas passée inapperçue à Rome. Aucune autre société catholique au monde n’est allée aussi loin que nous dans son abandon total de l’Église. Je m’imagine bienContinuer la lecture… que nous leur faisons un peu peur… Est-ce un phénomène isolé ou annonciateur de l’avenir? J’imagine que la question a été traitée plus d’une fois dans les plus hautes instances à Rome… même si ce n’est qu’en privé.Mgr Ouellet prends un grand risque en ce moment, mais si sa démarche peut mener à une détente (même partielle) entre l’Église et la société québécoise, ou encore mieux, un rapprochement, ça ne passera pas inapperçu chez ses homologues… Et puis, le vieux B.XVI… il ne peut pas en avoir pour si longtemps que ça.

En fait, les mots exacts qui me sont passés par la tête plus tôt sont:

This guy’s angling to be pope one day.

Oups, c’est sorti par l’autre coté de mon cerveau.

Ce gars là, il a un oeil sur la papauté!

Moi je dis, retournons à l’Église… Ça serait quand-même trippant d’avoir un pape québécois.

Non?

Hi hi hi!

La photo est d’ici


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2007/11/23 14:36

L’Église et nous

Je vous invite à faire un tour du coté de chez l’ami Renart qui à publié un court billet sur la plus récente sortie du cardinal Ouellet. Billet qui à mené à une discussion fort intéressante dans les commentaires qui montre bien la variété des réactions face à ce “mea culpa” inattendu du cardinal. On voit d’ailleurs que malgré l’indifférence feinte par certains laïcs endurcis, la question touche à quelque chose de sensible chez “nous” qui est loin d’être réglé ou établi.

Je me suis heurté à une drôle de notion lors de la discussion, que l’Église catholique n’avait pas vraiment progressé depuis 1960. J’ai trouvé ça un peu gros.

Puis ce matin, je suis tombé sur l’excellente chronique de Christian Rioux du Devoir à ce sujet. Comme il le fait souvent, M. Rioux exprime mieux que moi un aspect important de ma pensée et comme je ne peux mettre un lien vers le texte puisqu’il se trouve du coté payant du site du Devoir, je me permet de le reproduire ici car je tiens à la partager. (Il faudra bien un jour ou l’autre que Le Devoir, à l’instar du New York Times, se mette à l’heure de la blogosphère)

Des catholiques qui s’ignorent
Christian Rioux
Édition du vendredi 23 novembre 2007Vue de l’étranger, la polémique qui entoure ce qu’il faut bien appeler la confession de Mgr Ouellet apparaît étonnante. Difficile d’imaginer en France ou en Allemagne un tel émoi autour de la repentance, somme toute assez normale, d’un responsable religieux. L’affaire semble d’autant plus étrange que cela fait déjà un certain nombre d’années que l’Église catholique a entrepris de s’appliquer à elle-même la médecine qu’elle avait réservée autrefois à ses seuls fidèles.

Au lieu de regarder la déclaration de l’archevêque de Québec à la lumière des événements récents, peut-être faudrait-il…

Continuer la lecture…

l’inscrire dans l’histoire de l’Église. Certes, l’agitation permanente qui caractérise les médias rend difficile à comprendre des évolutions aussi lentes. L’Église ne vit pas tout à fait dans le même temps que nous, et c’est tant mieux. Lorsqu’un chef catholique parle, il porte deux millénaires d’histoire sur ses épaules, alors que nous avons parfois de la difficulté à nous rappeler le nom de notre grand-mère.***

C’est peut-être en 1994 que le pas majeur a été franchi. Dans sa lettre apostolique, Jean-Paul II avait alors souligné qu’il était juste que, «le deuxième millénaire du christianisme arrivant à son terme, l’Église prenne en charge avec une conscience plus vive le péché de ses enfants». Plus tard, il précisait que, «lorsque les fautes sont confirmées par une investigation historique sérieuse, l’Église ressent le devoir de reconnaître celles de ses membres et d’en demander pardon à Dieu». Il s’agit, disait-il, «de répondre à une impérative exigence de Vérité».

Depuis, on ne compte plus les repentances. Jean-Paul II a d’abord scellé la réconciliation avec les juifs en se recueillant à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Puis il s’est excusé pour les erreurs passées: croisades, inquisitions, colonisation. Pour une institution qui se prétendait infaillible depuis 1870, il s’agissait d’une vraie révolution.

Depuis, les déclarations n’ont pas cessé. En 1995, c’est encore Jean-Paul II qui présente ses excuses pour l’oppression dont les femmes ont été victimes dans le passé. Le pape estime que le mouvement féministe a été «substantiellement positif» même s’il a sa part d’erreurs. Trop peu pour certains, mais pas à l’échelle d’une institution millénaire.

Dans chaque pays, cette nouvelle attitude a pris des formes particulières. En France, au moment de commémorer la déportation de centaines de juifs vers Auschwitz, l’évêque de Saint-Denis lit la déclaration de repentance de l’Église de France à l’égard des victimes du régime de Vichy. En 1992, l’évêque Charles G. Palmer-Buckle du Ghana s’excuse du rôle joué par les Africains dans le commerce des esclaves en direction des Amériques.

En 2002, le cardinal du plus grand diocèse américain, Roger Mahony, de Los Angeles, ne tarde pas à présenter ses excuses aux fidèles pour le scandale des prêtres pédophiles. Il est suivi par quelque 300 évêques et cardinaux réunis à Dallas, qui demandent pardon. Trois ans plus tard, le cardinal Daly fait la même chose en Irlande, un pays où 90 % de la population est catholique, le plus souvent pratiquante. La chose aurait été inimaginable dix ans plus tôt.

Et dire que certains trouvent que ce n’est pas assez!

***

Une fois ce contexte défini, avouons qu’il y a de quoi s’étonner du caractère épidermique de certaines réactions aux propos de Mgr Ouellet. Les souffrances endurées par les Québécois dans les années 50 n’arrivent quand même pas à la cheville de celles des juifs, des Africains ou des Espagnols de l’époque franquiste. Et si l’Église québécoise a des excuses à faire, on peut aussi juger que, sans elle, nous ne serions pas là pour en parler.

Ces réactions spontanées sont évidemment dues à l’importance qu’a occupée l’Église au Québec. Un peu comme en Pologne et en Irlande. Mais elles manifestent aussi une relation avec la foi qui n’est pas véritablement apaisée. Comment qualifier autrement des propos qui osent traiter l’Église de «cadavre qui grouille encore»?

Si les réactions sont si vives, c’est peut-être que nous tentons éperdument de nous définir hors de la religion alors qu’elle fait encore partie de nous. Parmi les pays que je connais, le Québec est en effet un de ceux qui débordent le plus de ferveur religieuse. Mais nos églises sont vides, direz-vous.

Et pourtant, je connais peu de sociétés où le sentiment religieux pénètre autant les débats de société. Le Québec n’a plus l’armée de missionnaires qu’il a longtemps déployée sur tous les continents, mais celle-ci a été remplacée par des bataillons d’ONG chargées de répandre la bonne parole à travers le monde. Nous ne faisons plus de pèlerinages, mais l’incantation écologiste adopte parfois les mêmes intonations. Nous ne pratiquons plus la confession, mais le discours expiatoire sur ce que nous avons été atteint des proportions abyssales.

Les cours de religion sont sur le point de disparaître. Belle affaire, puisqu’ils reviennent par une autre porte sous le déguisement d’un enseignement éthique qui s’annonce d’un moralisme à faire pâlir les vieux frères des écoles chrétiennes. Certains Québécois ont beau feindre l’indifférence à l’égard de l’Église, ils sont les premiers à revendiquer comme un droit syndical l’ordination des femmes. Même la ministre de la Condition féminine se mêle d’un débat considéré dans les États laïques comme une affaire strictement religieuse. Nous dira-t-elle demain comment choisir les imams et les moines bouddhistes? On n’imagine pas un ministre français s’ingérant de la sorte dans des affaires qui ne le concernent pas. D’ailleurs, qui a remarqué que la lettre de Mgr Ouellet s’adressait aux croyants?

Les Québécois ont beau fuir la religion, celle-ci semble les poursuivre dans tous les recoins de leur être. Il n’y a pas de pire catholique que celui qui s’ignore.

***

crioux@ledevoir.com
Source: Des catholiques qui s’ignorent

Un jour, il faudra bien que les Québécois apprennent à s’apprivoiser eux-même, si nous voulons que les “autres” nous apprivoisent à leur tour.


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2007/11/09 15:00

Le zèle du converti

Mon cheminement personnel en est un d’ouverture grandissante à la religion. Mais j’avoue que des trucs comme ça me font réfléchir.

Ce blogue a beaucoup fait état, il y a peu de temps, de la prestation de l’Imam Omar Koné à Tout le monde en parle.

Hier, un des extraits que j’ai mis sur YouTube ainsi que ce billet où je parle de l’Imam ont été “frappés” par les commentaires de cet utilisateur français.

Apparament, il s’agit d’un musulman qui s’est converti à une secte obscure, ultra-conservatrice et radicale, issue du catholicisme, qui ne reconnait plus la légitimité des Papes après Pie XII, les sédévacantistes. Je ne savais pas qu’ils existaient avant cela et je remercie donc ce visiteur d’avoir élargi mon éventail de connaissances.

Anonyme a dit…Grace à Dieu j’ai quitté l’islam,cette secte satanique qui ordonne le massacre des non-mahometans(9;29).

Continuer la lecture…

belle taqqiya d’omar.Dieu,Yasou3 al Masi7,nous dit dans La Bible Sa Parole qu’Il protege que satan se déguise en ange de lumière pour tromper les hommes.
et effectivement c’est un ange qui “donna” son coran(contraire à L’Injil) à mahomet le damné.

Dieu ,Yasou3 al Masi7,nous dit également que si quelqu’un vient à vous pour vous enseigner un autre evangile(coran soit disante confirmation de L’Injil) que Celui que nous avons reçu du Seigneur Jésus Christ,qu’il soit anathème!

Dieu ,Yasou3 al Masi7,nous dit aussi que le dernier prophete est Saint Jean Baptiste et non mahomet.

les Clés du Salut par L’Injil:

La Foi en Notre Seigneur Jésus Christ et le Bapteme au Nom du pere,du Fils et du Saint-Esprit.

ou tu te converties à La Vraie Foi,La Foi Catholique ou tu périras.

Amin Ya Rab!

Sedevacantisme,seul moyen d’etre Catholique.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sedevacantisme

moussa abd al Nour

Wow!

Y’en a vraiment à toutes les saveurs, n’est-ce pas?

Je sais que plusieurs d’entre vous voudrons me dire que ceci illustre bien le danger et la folie des religions… Mais je persiste à n’y voir qu’une dimension de la folie humaine qui n’a pas nécessairement besoin de la religion pour se manifester… seulement de certitudes simples et rassurantes face à l’infinie complexité du monde. Ce qui, toute personne vraiment religieuse vous le dira, est le contraire de la foi véritable qui consiste plutôt à reconnaître notre incapacité à comprendre le mystère de la vie… la véritable foi est de s’incliner devant l’incertitude, pas de se réfugier dans des certitudes inviolables.

Mon implication en politique active, m’a permis de rencontrer ce genre de zèle idéologique, aveugle et certain de ses prémisses (au point d’en nier la réalité) tellement souvent qu’il est clair pour moi que, contrairement à ce qu’avance la majorité des “progressistes”, la religion est loin d’être la cause de ce phénomène. J’irais même plus loin en disant qu’étant donné que l’univers laïque ne propose rien de comparable en terme d’humilité face à l’inconnaissable, il est plus propice à engendrer le fanatisme que l’univers religieux.

——————————–

Ajout avant de publier: Je viens de m’apercevoir en préparant ce billet que la discussion continue de rager depuis hier avec ce radical sur la page YouTube… Je le laisse aller pour l’instant… j’aimerais avoir le temps de m’en mêler, mais je me prépare pour un congrès politique …mais si ça dérape trop, je devrai sévir.


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2007/10/11 02:26

Non aux « Radi-Cathos »

Oui, ma déprime et ma colère contre mon peuple continue… ça va passer. Mais je suis toujours en colère.

Ceci dit. Bien que je soit plus ambivalant que la moyenne à cette remontée de nos traditions catholiques… Moi, j’écoute le témoignage de cet homme, la semaine dernière à la commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d’accommodements, et j’y suis sensible… je n’y vois pas vraiment de problème.

Mais comme lui, je ne veux pas de religion ou d’Église dans mes institutions. Je suis contre tous les intégrismes, qu’ils soient catholiques, islamiques …ou laïques.

Et je suis totalement opposé au mouvement dont Jean Tremblay et ses semblables font partie qui voudrait que l’Église reprennent sa place d’autrefois.

Alors voici:



Cliquez sur l’image pour plus d’infos

La banière est de Renart. L’idée est de ce grand chasseur de radi-cathos qu’est l’intrépide Capitaine Virgil.


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2007/10/10 14:02

Soixante-Cinq pour Cent

C’est pas des farces, les amis, je suis vraiment, vraiment découragé.

Je ne pensais sérieusement pas qu’on en était .

Que « Quelque 90% des personnes sondées rejettent l’idée de leçons de natation particulières pour les filles, ou encore la possibilité de voter le visage voilé, » je comprends, je suis d’accord. Sauf que je n’ai aucun problème avec la première chose dans un contexte privé (Là où une piscine offre la possibilité de louer du temps à l’usage exclusif de groupes ou d’associations privées, est-ce de mes affaires s’il s’agit d’un groupe formé uniquement de femmes et de filles?) et la seconde va de soi… Bien que j’insiste pour répéter: Aucune demande du genre n’a encore jamais été présentée. Aucune.

Que « La même proportion de répondants s’oppose à la demande des hassidim d’obtenir un évaluateur masculin pour un examen de conduite à la Société d’assurance automobile du Québec, » là aussi, je suis complètement dans la mouvance. Je vous confesse même le léger plaisir mesquin que je ressens à l’idée de l’Hassidim borné dont la « performance » est soudainement soumise au jugement d’une femme qui a l’autorité de lui dire qu’il « n’a pas les talents nécessaires » si c’est le cas. Le « raisonnement » qui me passe par la tête dans ce cas-ci est, j’imagine, semblable à celui de la moyenne de mes compatriotes: Tu as choisi de vivre selon des règles strictes et anciennes qui te viennent de Dieu, M. Hassidim? Très bien. C’est ton droit (et celui de ton épouse.) Mais n’oublies pas que tu vis dans une société qui a fait des choix différents. Et lorsque tu as affaire à l’appareil d’État de cette société, c’est à toi de t’accommoder. Sauf que j’ai la même attitude envers les jeunes gauchistes marginaux et idéalistes qui rejettent le système marchand qui, selon moi, leur permet d’exister: Vas-y avec ta simplicité volontaire et ton dumpster diving freeganistique, tu as mon respect, car tu vis tes convictions (tout comme l’Hassidim,) mais ne viens pas ensuite me dire que tu as faim et que je dois contribuer davantage de mon pécule pour ton bien-être. La société a fait des choix différents et si tu veux y vivre en marge, très bien, mais accommode-toi.

Mais je ne fais ici que défendre un « droit » que je me réserve moi-même; celui de vivre ma vie comme je l’entends, de ne pas adhérer entièrement à ce que « la Société » m’impose comme mode de vie. Ceci dit, je reconnais entièrement la nécessité pour « la Société » de se donner des valeurs et des institutions qui inspirent l’adhésion du plus grand nombre. C’est là un des ingrédients essentiels à ce qu’elle puisse créer un espace de sécurité et de liberté suffisant pour que j’aie (tout comme l’Hassidim, tout comme le Marginal) le luxe de choisir les valeurs personnelles selon lesquelles j’entends mener ma vie. C’est pourquoi je ne demande aucunement à ce qu’elle m’accommode sur les points où je choisis de ne pas suivre la masse. C’est mon choix et je suis prêt à en assumer les conséquences.

Pour moi, cet espace de sécurité et de liberté est l’élément le plus précieux de la société dans laquelle je vis (ça et le fait de vivre en français) et toute pensée politique que je puisse avoir, aussi ambivalente et paradoxale puisse-t-elle paraître parfois, est fondé sur la recherche de l’équilibre entre le maintien de cet espace de sécurité et de liberté qui m’est si précieux et la solidité des assises sociétaires que je crois nécessaire à son existence (et le fait de pouvoir faire tout ça en Français.) Je suppose que cela fait de moi une sorte de conservateur.

Ah, et puis, putain!

Oups. J’veux dire:

Criss!

C’est pas une valeur québécoise, ça? Le fait de pouvoir vivre comme on l’entend? Le droit de choisir comment je vais vivre ma vie, de faire à ma tête, selon ma conscience?

D’un peuple descendant d’individus courageux qui, non content de leur sort, ont tout risqué pour venir coloniser une terre froide et cruelle… parce qu’ils voulaient une terre bien à eux… où ils pourraient élever leurs enfants et « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui a produit ces coureurs-des-bois qui ont eu la sagesse de ne pas se borner à leur mode de vie d’origine, mais de choisir une palette de valeurs métissé et adapté à leur nouveau milieu afin de mieux « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui s’est servi de l’Église lorsqu’il avait besoin d’une institution qui lui permettait de « vivre comme il l’entend » alors qu’un Empire tentait par tous les moyens de l’assimiler… mais qui, lors de ses soirées de fêtes, chantait « swingue la bacaisse dans l’fond …d’la boîte à bois » dès que le curé avait le dos tourné…

D’un peuple qui s’est servi de l’État lorsqu’il avait besoin d’institutions lui permettant de « vivre comme il l’entend » alors qu’une Église devenue trop misogyne et xénophobe tentait par tous les moyens de le figer dans l’Histoire… Mais qui demeure un champion du travail et de l’économie « au noir… »

D’un peuple qui lorsque tenté par un post-nationalisme bilingue, multiculturel et pan-canadien illusoire dans lequel il se serait fondu, a su dire: Non. Nous entendons vivre notre liberté en français.

N’est-ce pas de ce peuple que je descends?

N’est-ce pas de ce peuple, de ces traditions, de cette lutte que je tiens ma soif de liberté et cet air frondeur sitôt qu’on se mêle de comment j’ai choisi de vivre ma vie… que ça vienne de l’Évêque, du Ministre ou du Grand Marchand?

Ou est-ce que je nous confonds avec les amerloches?

Est-ce ce peuple qui, maintenant qu’il profite de ses grandes victoires et des immenses progrès qu’il a fait sur tous ces fronts, [Mise à-part la Sainte-Souveraineté, quelqu'un peut-il honnêtement plaider qu'aujourd'hui, le Québec n'est pas « aux Québécois? » Et je vous mets au défi de trouver une autre petite (dans le sens numérique) nation conquise par un empire dans toute l'histoire récente qui s'en soit tirée aussi bien que nous et dont les individus jouisse autant de la liberté de vivre selon sa conscience que la nôtre. Il faut qu'on s'en rende compte, les amis, nous sommes la seule nation du genre à être aussi pleinement intégrée dans la société occidentale qui domine la planète tout en ayant autant gardé notre caractère propre... Nous sommes, à toutes fins pratiques, maîtres chez nous. Nous ne sommes plus les Victimes, nous sommes les Dominants!] maintenant qu’il se retrouve dans la position dominante… qu’il possède pleinement (ok, presque pleinement) tous les moyens de son épanouissement sauf celui, et c’est critique, de conserver son rapport démographique à ses voisins… maintenant que ce peuple, à défaut de se donner les moyens de faire un maudit gros paquet de bébés, a amèrement besoin de tous ces immigrants francophones de bonne volonté pour poursuivre le rêve d’une Grande Nation francophone en Amérique… maintenant que pour la première fois, c’est lui qui est en position de décider pour les autres, il se retourne de bord et adopte les comportements contre lesquels il s’est toujours défendu au nom du droit de vivre comme il l’entend.

Parce qu’en disant ceci:

65% des gens pensent que les petites musulmanes ne devraient pas pouvoir porter leur foulard à l’école

…c’est ce qu’a fait mon peuple.

Pardonnez la référence très anglo-saxonne mais… j’ai l’impression d’être dans Animal Farm!

Parce qu’ici, contrairement aux cas cités plus haut, il ne s’agit pas du tout, mais alors là, pas du tout que « la Société » (et ses institutions) n’aie à accommoder qui que se soit. Il s’agit, à toutes fins pratiques, d’une minorité de gens de bonne volonté, dans la grande majorité déjà francophone, (!) qui sont entièrement prêts à participer à bâtir une nation francophone en Amérique ou les gens peuvent vivre librement, harmonieusement, selon leur conscience (en Français!) qui sont (dans la très, très grande majorité) prêts à s’accommoder soi-même et qui, pour s’accommoder à vivre aussi pleinement selon nos normes tout en conservant, un tant soit peu, un petit morceau de leur identité propre, ont des filles et des femmes qui choisissent de porter un bout de tissu sur la tête, c’est un choix personnel, qui n’exige absolument rien de notre part en tant que culture dominante, et elles sont prêtes à assumer la signification sociale de leur geste. Tout autant que la petite punk qui se fout des boucles d’oreilles où elle n’en a pas et se teint les cheveux de couleurs impossibles.

Pis nous, après avoir bûché pendant quatre siècles… contre l’hiver… contre le courtisan français qui s’foutait d’notre gueule… contre le soldat anglais… contre l’Empire Brittanique qui voulait nous assimiler par force d’armes ou de lois… contre l’Église quand elle a voulu nous imposer une identité dans laquelle on ne se reconnaissait plus… et toujours contre l’hiver… et aujourd’hui contre l’Hégémon américain et globalisant qui est, en partie, animé d’une quête de liberté semblable à la nôtre mais à qui nous disons: Non. Nous voulons vivre notre liberté comme nous l’entendons. Et en Français!… Nous, on se retourne de bord et on dit à ceux qui nous suivent, à ceux dont nous avons besoin pour la poursuite de ce rêve, et en particulier à un petit nombre qui, croyez-moi, plus que les autres, sont prêts à mettre la grande expertise de survie identitaire de leur culture au service de la nôtre et de notre rêve d’un espace francophone en Amérique… mais nous en échange, on leur dit: Non. On aime pas comment vous vivez. …non, pire: On aime pas comment vous vous accommodez à vivre chez-nous. Si vous voulez vivre parmi nous, non seulement notre société ne s’en accommodera pas, (ce qui est normal, dans les limites du raisonnable) mais on va vous dire comment vivre! La liberté de vivre ensemble, mais chacun selon sa conscience, comme il l’entend (et en français) que nous exigeons pour nous n’est pas pour vous, à moins de vous assimiler!

Ceci n’est pas mon peuple. Pas celui pour lequel j’étais prêt à me battre. C’est pas des farces, je ne m’y reconnais plus. Si le pourcentage avait été 30% ou 40%, j’aurais trouvé ça assez normal, société pluraliste oblige, et suffisant pour au moins ouvrir un débat. À 48%-50%, je me serais inquiété, j’aurais sonné l’alarme. Mais vraiment, 65%… je suis complètement sidéré.

J’ai honte.

J’ai honte d’un peuple qui est incapable de se rendre compte de la place privilégiée qu’il occupe dans le monde et qui semble incapable de s’assumer en tant que culture dominante. Un peuple si peureux, si frileux qu’il est prêt, parce qu’encore obsédé par une survie qu’il a largement conquise, à nier à ses meilleurs alliés, plus petits que lui, ce même espace de liberté pour lequel il s’est toujours battu.

Mon peuple est-il fondamentalement totalitaire?… intégriste? N’a-t-il plus de dignité.

Au fond, c’est de ma faute. Je me faisais des illusions dans mon petit oasis de Côte-Des-Neiges parmi tous ces nouveaux arrivants pleins de bonne volonté. Je croyais que j’étais d’un peuple fier et confiant. Mais c’était eux que je voyais.

Saviez-vous que malgré le fait que mon arrondissement soit parmi un de ceux qui sont le plus en proie à la pauvreté, (matérielle) il est deuxième parmi ceux qui sont le moins en proie à la criminalité. Oui, oui, j’ai bien dit: Côte-Des-Neiges/Notre-Dame-De-Grâce, l’arrondissement à la plus grande concentration d’immigrants et de pauvreté à Montréal (donc au Québec) est le deuxième plus « sécuritaire » de la ville. (Ma source est orale, mais elle est sûre) Autre fait à noter, les endroits où pauvreté rime avec criminalité à Montréal aujourd’hui, sont surtout ceux où la pauvreté est celle des gens de mon peuple… je devrais ajouter: et des Anglos (de souche) et des Amérindiens.

Pourtant, pas chez les immigrants (parmi lesquels j’ai la chance de vivre.)

Cette fierté, cette dignité, cette soif de liberté et de paix (et d’entraide), cette volonté de s’accommoder soi-même des travers de la vie… qui appartenait à mes ancêtres, je ne la reconnais plus chez mon peuple aujourd’hui.

Mais je la vois tous les jours autour de moi. Chez ces Philippins qui, malgré la grande pauvreté de beaucoup d’entre eux, mettent chacun leurs meilleurs atours et marchent fièrement lorsqu’ils vont vers l’église le dimanche. Chez la jeune Africaine mono-parentale qui travaille si fort pour si peu et qui malgré le fait que parfois elle ne peut servir qu’un bol de riz à son fils pour souper, continue sans relâche à l’entraîner à être poli, studieux et bien élevé. Chez l’Arabe qui mange un festin bien mérité au soleil, dans le parc, entouré de sa famille. Chez le Péruvien qui travaille deux jobs pour que ses enfants aient une meilleure vie.

Aujourd’hui, mon peuple, c’est eux.


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2007/09/25 21:04

Le mythe du consensus laïque?

Moi qui me préparais à plaider sur ce blogue, entre autres idées, en faveur d’une espèce de réapropriation de certains aspects de notre passé catholique… du moins en ce qui a trait à la reconnaissance du role positif qu’ont joué l’église et la foi catholique dans la survie et l’épanouissement du peuple Français d’Amérique pendant tant de son histoire. (Ce qui n’empêche pas de reconnaitre que dès le début du XXe siècle l’église commence à être un frein à notre développement et que rendu aux années 50, son emprise est carrément malsaine)

J’avoue que celle là, je ne l’avais pas vu venir.

Résumé: Après le dépôt du mémoire du maire de Saguenay, Jean Tremblay, à la commission Bouchard-Taylor, dans lequel il demande de «redonner sa place à la religion [catholique] dans l’espace public,» voilà que dimanche soir dernier, une messe est célébrée, explicitement en faveur du maintien de la prière à l’hôtel de ville de Saguenay. Un des organisateurs (apparemment un «agent de pastorale») tiens des propos explosif devant les caméras des médias, assemblés pour l’occasion.

La cita-clip:

Ce n’est pas pour rien qu’on fait cette célébration dans l’église du Christ-Roi: c’est que le Christ est roi, et il doit régner dans tous les secteurs de l’activité humaine, et ça comprend le secteur politique, le secteur social, le secteur économique, tous les secteurs doivent être sous la seigneurie du Christ

Moi, j’allais dire quelque chose du genre: Il serait peut-être dans notre intérêt de se repencher sur certaines des valeurs qui nous unissait sous l’Église… que dans notre hâte à se libérer du joug de cette institution, nous étions peut-être aussi allé trop vite et trop loin dans le rejet de certaines des valeurs qu’elle véhiculait. J’aurais même été aussi loin que d’avouer qu’en tant que fils de parents progressifs qui ne fut pas, mais alors là, pas du tout élevé dans la religion, (je ne suis même pas baptisé) je souffrais d’une certaine envie envers ceux qui adhèrent à de telles institutions. Il me semble qu’il y a quelque chose d’éminemment sain à ce qu’une communauté se réunisse solennellement une fois par semaine pour méditer humblement, ensemble, sur le sens de la vie et leur rôle dans la communauté…

Mais quand-même! Je suis loin (et comment!) de souhaiter le retour de l’Église avec un grand «É» dans nos institutions! Moi, je voulais juste ouvrir une réflexion visant à réviser notre réflexe de tout rejeter automatiquement du revers de la main ce qui a déjà porté son étiquette.

Sauf que maintenant, avec ces gens là sur la scène, (et je crois qu’il s’agit ici d’un autre phénomène de fond) ça sera beaucoup plus difficile pour moi de convaincre qui que se soit de mes idées en citant «le glorieux rôle de l’Église» dans notre histoire.

Zut!

Et voilà qu’après le mythe du «consensus social-démocrate» au Québec, celui du «consensus laïque» s’effondre à son tour et me force encore à réévaluer mes idées de qui nous sommes.

Dany Laferrière avance des idées intéressantes et …provocatrices sur le sujet dans son «édito» d’hier à Bazzo.tv:

D’autres réactions:
Le Gros Bon Sens préfère en rire pour ne pas avoir à en pleurer…
pendant que mb’s chaos attend l’inquisition.


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