Billets tagués ‘canadien’

2008/05/22 12:03

En attendant BouchTay

Je me tape le dépôt du rapport à RDI… à date, je n’ai aucun problème. Les commissaires sont à la hauteurs de mes attentes.

J’ai aussi téléchargé le rapport en entier ici. Je vais me taper la version abrégée (je suis pas mazo, quand-même) dans les jours qui viennent… je commenterai comme ça me vient.

Il parait que l’utilisation de l’expression “québécois d’origine canadienne-française” fut la cible de beaucoup de dérision depuis les premières fuites du rapport. Mardi matin, j’entendais quelqu’un à la radio dire que Mme Marois avait lancé qu’on retournait à Elvis Gratton.

Hé hé. Je me suis senti visé.
(C’était très volontaire de ma part de me présenter comme un “Québécois de racine canadienne-française”)

En ce moment, je me dis que si ce rapport réussit seulement à rétablir l’expression ”canadien-français” à sa juste place en la vidant de la saveur péjorative que lui ont donné les gardiens de la nouvelle identité “québécoise”, ce sera un grand pas pour la cohérence identitaire de la nation.


Billets similaires

2008/05/19 21:09

Les patriotes ne sont pas morts pour la “nation québécoise”

Aujourd’hui, c’est la “fête des patriotes”. Une réponse enfantine de la “nation québécoise” qui boude le fait que le congé d’aujourd’hui provient en fait d’une tradition qui célèbre la naissance de la reine Victoria.

Queen Victoria

En instituant cette fête, la “nation québécoise”, cette construction née dans les années soixante d’un désir de renouveau et d’affranchissement si fort qu’elle exige une révision identitaire, cache mal son insécurité existentielle et démontre plutôt son immaturité. (Si on voulait vraiment donner aux patriotes la place qui leur revient dans notre paysage mythique, on ferait du 15 février une fête de recueillement national au même titre que le 24 juin en est une de célébration et de joie… et on laisserait cette journée-ci aux traditions britanniques)

Mais puisqu’il est question de nos braves patriotes aujourd’hui… et de leur appropriation par les tenants d’une idéologie historique qui se sent obligé de défigurer ses racines pour se donner la permission d’exister, je me permets une petite montée de lait qui me ronge le coeur depuis quelques années.

Chevalier de Lorimier

Le 14 février 1839, à la veille d’être pendu, le patriote François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier écrit son “testament politique”. Un des documents politiques les plus importants et éloquents de notre histoire… qui encore aujourd’hui fait vibrer tous les souverainistes et autres révolutionnaires de salon de notre petite nation.

Le texte intégral de la lettre est ici.

Faute d’être dûment enseigné dans nos écoles, ce texte est tout de même transmis dans la culture populaire à travers les oeuvres de certains poètes incendiaires de la nouvelle nation qui crient toujours si fort son nouveau nom qu’on croirait qu’ils veulent à tout prix nous faire oublier l’ancien… celui dont s’affublait les pères de leurs pères… et leurs pères avant eux qui se sont battus (ou non) aux côtés des compatriotes de Chevalier de Lorimier.

Je pense en particulier à La complainte des hivers rouges de Roland Lepage (1974) et, plus récemment, au film 15 février 1839 de l’inimitable Pierre Falardeau (2001). Ces deux oeuvres reprennent presque mot pour mot plusieurs passages de la fameuse lettre de Chevalier de Lorimier…

Je dis presque parce qu’on peut être certain que le passage suivant, tiré de la lettre, ne s’y retrouve pas et sera toujours gommé par ceux qui s’acharnent à faire de nos patriotes des “héros de la nation québécoise”…

Le sang et les larmes versés sur l’autel de la liberté arrosent aujourd’hui les racines de l’arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas.

Pourtant, il me semble que c’est là un des passages les plus révélateur, sinon de ce qui motivait nos patriotes, du moins de la dichotomie qui semble exister entre ce qu’ils étaient vraiment et le mythe que nous avons créé autour d’eux pour supporter notre idée moderne d’une “nation québécoise” qui n’aurait eu aucun sens à leur yeux.

Drapeau patriote (le tricolore canadien)Pensez-y… cet homme qui, à la veille de son exécution, sait qu’il écrit ce qui sera considéré comme le testament final de son mouvement… qui prend la peine de l’écrire par volonté qu’un tel testament soit remis à la postérité… Drapeau patrioteCet homme, lorsque vient le temps de mentionner la bannière sous laquelle il meurt, ne nous parle pas du tricolore canadien… ou d’une drôle de bannière avec un poisson et des feuilles d’érable… ou d’un castor… ou tout autre symbole appartenant alors à sa “race” française.

Non.

Drapeau patriote (les deux étoiles)Cet homme, qui tient à ce qu’on comprenne au nom de quel idéal il meurt nous dit qu’il meurt au nom d’un “drapeau marqué des deux étoiles des Canadas“. Symbole, oublié depuis, représentant deux états libres, mais unis, Betsy Ross Sews the First Amarican Flagl’un anglais (le haut-canada), l’autre français (le bas-canada), ayant déclarés leur indépendance de l’empire et frayant, main dans la main, le chemin du destin emprunté par les peuples libres. Le tout dans une logique symbolique les destinant éventuellement à s’unir à la grande expérience d’union démocratique naissante déjà entamée par 13 colonies voisines…

Pauvre Chevalier… il a pris tant de peine à faire comprendre qu’il mourrait pour avoir voulu libérer les siens du joug de Londres dans un contexte d’union “des deux étoiles des Canadas”…

Mon pauvre Chevalier… le destin rit de toi, mon pote. Si tu savais à quel point tes “héritiers” s’en foutent. Aujourd’hui, ils ont appris à avoir honte du nom de canadien que tu portais fièrement comme étant celui de ton peuple… ils ont appris à cracher sur les symboles qui ralliaient tes frères; le castor; la feuille d’érable; tout en croyant reprendre ton flambeau… les uns ignorants… les autres hypocrites… si tu savais à quel point ils s’en foutent de savoir ce qui t’animait vraiment…

Ils sont trop occupés à se redéfinir dans une identité fragile qui veut tant fuir la honte de ses origines qu’elle s’est déconnectée de ses racines et ne sait plus se nommer

Ils sont trop occupés à s’oublier pour pouvoir célébrer l’idéal pour lequel est mort un vrai patriote.

À la tienne, mon Chevalier.


Billets similaires

2007/12/21 13:58

Chômage

Le bout du rouleau…

Fini.

La compagnie pour laquelle je travaille agonise…

Elle ne peut plus me payer… elle ne peut même plus me garantir ce qu’elle me doit déjà. C’est fini. Mise-à-pied “temporaire”. Heh, et l’ironie du fait que tout ça se passe à ce moment-ci de l’année n’échappe à personne. [Christmas is going to be a Bob Cratchit affair for me this year...]

C’est la fin d’une époque pour moi. Onze années consécutives sans assistance gouvernementale quelconque. Et que de chemin parcouru!…

Il y a 12 ans, je vivais de l’assistance sociale. Un jeune homme sans perspectives, ayant abandonné toute prétention de la carrière d’acteur dont il avait rêvé et dans laquelle il s’était brievement investi. Le mieux que je trouvais, pour gagner ma vie, était de faire des appels pour les maisons de sondage. Boulot précaire et crève-faim s’il en est un.

Puis est arrivé l’économie du savoir.

Grâce à toutes sortes de concours de circonstances, certains dûrement arrachés, d’autres relevant de la chance la plus improbable (je crois que c’est ce qu’on appelle la vie)… la venue de l’économie du savoir a permi à un p’tit smatte sans diplôme comme moi de s’enseigner à maitriser cette nouvelle technologie et à se hisser, au fil des opportunités, du rang des 20% les plus pauvres de notre société à celui des 20% les plus riches. [Sautez pas au plafond. Le bas de la tranche du premier 20%, c'est pas rien, j'avoue, mais c'est pas la fin du monde non-plus... Dubuc a raison de dire que le Québec pourrait et devrait faire mieux.]

Et que d’aventures à naviguer ce nouveau monde!… je me souviens, à l’époque de la bulle “DotCom”… il y avait tant d’argent! …tant d’argent!… tant d’opportunités… J’ai pu voir et vivre le capitalisme sous tous ses angles, du “start-up” aux hautes sphères corporatives …mon chemin m’a même brièvemment ammené à travailler pour Michèle Courchesne, alors qu’elle était VP Marketing chez Cognicase, une “grosse” boîte informatique de l’époque, depuis avalée par CGI.

Tout ça pour aboutir, il y a environs 5 ans, dans une situation de rêve. Un boulot dans une petite boîte de recherche ayant une idée révolutionnaire repoussant les frontières de la science informatique… le genre d’idée qui (si elle fonctionne) va changer le monde mais qui demande toujours davantage de recherche et développement (donc de financement) pour mener à terme… C’est là où, pour la première fois, on me paye entièrement non seulement pour mon expertise en bases de données, mais surtout (et c’est important pour moi, n’ayant aucun diplome) pour mes connaissances en tant que programmeur. Pour eux, le fait que j’ai appris par moi-même est un plus! C’est depuis ce temps là que je me dis informaticien.

Mais voilà, c’est fini.

Le dollar américain qui fait tourner mon industrie ne vaut plus grand chose. [Truth is, a good part of my personal revenue for the last 5 years was (indirectly) coming from U.S. taxpayers] Et l’économie qu’il représente, après 7 ans de la folie Bush, tourne maintenant à sec. Pouf! Crack! Il n’y a plus d’argent!

Les cours d’eau vitaux à l’écosystème capitaliste dans lequel les petites entitées comme nous survivent sont maintenant à sec… et les plus vulnérables commencent à tomber. Ce n’est pas fini…

Je ne me plaint pas. Bien que je sois en deuil de ma “situation de rêve” (qui de toute façon, n’en était plus vraiment une depuis déjà 6 mois), je regarde en arrière et je ne peut qu’être émerveillé et me dire: “Woo-wee! What a ride!!!”.

Vive le capitalisme!

On me dit que le marché place encore beaucoup de valeur sur mes connaissances, mon expertise et mon expérience… j’ai bien hâte de voir.

De toute façon, ce n’est pas ça qui est important:






Billets similaires