Billets tagués ‘Canada’

2007/12/06 21:05

J’insiste

J’ai écrit plusieurs choses que je réservais pour cet espace-ci dans les commentaires d’un billet de Renart sur UHEC.

C’est parfois un peu tout croche… et certains points continueront d’être répétés (de façon plus éloquente, j’espère) ici dans des billets à venir (un jour)…

Mais plusieurs de mes idées sur l’avenir du français et sur le sempiternel débat sur la souveraineté s’y trouvent.

Allez y faire un tour.


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2007/12/05 09:46

Do the Tabarnak

Et vous?… Savez vous sur quel pied danser?

YouTube - UNE NOUVELLE DANSE : LE TABARNAK


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2007/11/25 16:55

L’Église et nous (suite)

Dans mon billet, L’Église et nous, où j’ai eu une discussion avec une baby-boomer La Longueuilloise qui me parlait de son rejet de l’Église, Renart me fait le commentaire suivant:

Alain,je ne comprends pas pourquoi tu fais un lien entre la spiritualité et l’Église. Moi je crois que plus on s’en éloigne et plus la spiritualité est forte, parce qu’elle n’est pas asservie par des obligations.

Pour ma part, je crois la spiritualité plus en phase avec la philosophie. Là est ma position, car justement j’ai vraiment de la difficulté à m’inclure dans la spiritualité par un autre chemin que celui-là.

J’ai commencé à y répondre, mais, comme c’est souvent le cas avec les interventions de Renart, ma réponse s’est éternisée et s’est transformée en billet sur l’importance de la religion…

Ma pensée évolue à ce sujet… Croyez-moi les amis, si vous m’aviez dis, il y a environs cinq ans, que je plaiderais ainsi un jour en faveur de la religion organisée et de l’expression religieuse… j’aurais ri. Enfin, je le prends comme signe que mon esprit n’est pas encore complètement fermé.

Renart,

Lorsque tu dis: «Pour ma part, je crois la spiritualité plus en phase avec la philosophie. Là est ma position, car justement j’ai vraiment de la difficulté à m’inclure dans la spiritualité par un autre chemin que celui-là.»

Je te comprends, j’ai longtemps été (je suis encore fondamentalement, en tant qu’individu) en phase avec toi là-dessus.

Mais je ne te parle pas seulement de spiritualité, je te parle du désir de solidarité, de communauté… ne reproches-tu pas, toi-même, le manque de solidarité et de sens de destin commun de ta société… son individualisme à outrance?

Ta philosophie et ton Humanisme sont un ingrédient essentiel à tout ça… et doivent demeurer au coeur de l’équation, mais sont-ils suffisants? Peuvent-ils faire consensus suffisant? …même à l’intérieur d’un petit groupe? Sont-ils assez fort pour créer un réel sentiment de solidarité et de destin commun qui trenscende les crises?… pour créer un tissu social plus fort que les lois?

Laissons de coté l’Église catholique québécoise pour un instant… qui doit avoir été bien loin dans son hypocrysie et sa cruauté pour avoir rendu le peuple québécois si allergique au concept même de la religion organisée… et qui continue de récolter ce qu’elle doit avoir semé, à mon avis.

Mais vraiment, je ne comprends pas que tu sois incapable de voir dans la religion organisée un lieu de partage et de communauté spirituelle… où l’être humain est appelé de façon concrete à mettre sa spiritualité en relation et au service de la communauté… à refléchir sur ce qui est plus grand que lui, dans une perspective fondée sur l’humilité et l’amour. (Tout en comprenant qu’on ne peut jamais complètement éliminer “l’hommerie” de l’activité humaine - incluant celle-là.)

Selon moi, l’Humanisme, la stricte raison comme seul fondement de la spiritualité… est insuffisante. Toute la rationalité du monde ne peut s’addresser aux pulsions profondes de l’Homme… à un besoin de mysticisme… de mythe… Nous remplissons en partie ces besoins par l’art, la musique, le cinéma, l’alcool, les drogues, etc…

Mais sans quelque chose de solide auquel ratacher cet aspect de notre humanité… sans quelque chose pour l’encadrer (le plus sainement possible, de préférence) l’éparpillement de nos pulsions mène, me semble-t-il, à une dé-solidarisation individuelle (désespoir, dépression, suicide, etc) et collective (fractionnement social, individualisme nocif, etc)

Comprends-moi bien, je ne parle pas du tout contre l’art, la musique, etc… (ni même contre les drogues, ce serait le comble de l’hypocrysie) et encore moins pour que ces choses soient encadrées par ou mises au seul service de la religion. Je dis seulement qu’en enlevant l’expérience spirituelle communautaire (la religion organisée) de nos vies. Nous enlevons un point d’encrage central et essentiel qui permet non seulement d’encadrer notre coté irrationnel, mais de le propulser au service de notre bien-être et celui de la communauté.

Car au fond, c’est ce que je vois dans la religion. Une tentative de diriger les pulsions humaines au plus grand bénéfice en plaçant la plus puissante et bénéfique des pulsions, l’Amour, au coeur de nos préoccupations.

Je ne prétends pas qu’un retour vers l’Église avec un grand «É» soit la solution… je suis résolument tourné vers l’avenir. Mais je constate que nous n’avons encore rien trouvé d’aussi fort que la religion comme ancrage collectif pour nos pulsions, et je lie plusieurs des problêmes sociétaires que nous vivons à ce phénomène.

Rejeter l’Église catholique pour toutes ses tares institutionnelles… parce qu’elle continue à refuser d’intégrer l’Humanisme dans son message central (qui n’est pourtant pas du tout incompatible avec les fondements du christianisme, à mon avis, au contraire)… je veux bien.

Mais je me pose sérieusement la question si nous ne sommes pas allé trop loin en rejetant la religion et l’expression religieuse.

Et je me demande par quoi nous allons la remplacer.

En terminant, je sais que je risque de t’irriter un peu en t’envoyant à nouveau vers une source anglophone… Mais je te recommande fortement ce discours de Barack Obama qu’il a donné il y a plus d’un an devant un public de religieux noirs et/ou progressistes. Il y parle de sa relation avec la foi et du conflit états-unien entre les consevateurs religieux et les laïcs progressistes, mais les echos et paralleles avec le notre sont frappants. Je viens de me le retapper et il reflète plus profondément ce que j’essaie d’exprimer ici.


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2007/11/23 19:52

Mgr Ouellet et ma mauvaise langue

Je vais faire une courte interruption à toute la bonne volonté que je suis en train de démontrer envers la démarche actuelle de Mgr Ouellet pour laisser parler ma mauvaise langue qui vient de me présenter un aspect politique possible à sa démarche auquel personne, à ce que je sache, n’a encore fait référence. Je fabule probablement, mais à quoi sert un blogue sinon à ça.

Vous savez, la perte des brebis canadiennes n’est pas passée inapperçue à Rome. Aucune autre société catholique au monde n’est allée aussi loin que nous dans son abandon total de l’Église. Je m’imagine bienContinuer la lecture… que nous leur faisons un peu peur… Est-ce un phénomène isolé ou annonciateur de l’avenir? J’imagine que la question a été traitée plus d’une fois dans les plus hautes instances à Rome… même si ce n’est qu’en privé.Mgr Ouellet prends un grand risque en ce moment, mais si sa démarche peut mener à une détente (même partielle) entre l’Église et la société québécoise, ou encore mieux, un rapprochement, ça ne passera pas inapperçu chez ses homologues… Et puis, le vieux B.XVI… il ne peut pas en avoir pour si longtemps que ça.

En fait, les mots exacts qui me sont passés par la tête plus tôt sont:

This guy’s angling to be pope one day.

Oups, c’est sorti par l’autre coté de mon cerveau.

Ce gars là, il a un oeil sur la papauté!

Moi je dis, retournons à l’Église… Ça serait quand-même trippant d’avoir un pape québécois.

Non?

Hi hi hi!

La photo est d’ici


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2007/11/23 14:36

L’Église et nous

Je vous invite à faire un tour du coté de chez l’ami Renart qui à publié un court billet sur la plus récente sortie du cardinal Ouellet. Billet qui à mené à une discussion fort intéressante dans les commentaires qui montre bien la variété des réactions face à ce “mea culpa” inattendu du cardinal. On voit d’ailleurs que malgré l’indifférence feinte par certains laïcs endurcis, la question touche à quelque chose de sensible chez “nous” qui est loin d’être réglé ou établi.

Je me suis heurté à une drôle de notion lors de la discussion, que l’Église catholique n’avait pas vraiment progressé depuis 1960. J’ai trouvé ça un peu gros.

Puis ce matin, je suis tombé sur l’excellente chronique de Christian Rioux du Devoir à ce sujet. Comme il le fait souvent, M. Rioux exprime mieux que moi un aspect important de ma pensée et comme je ne peux mettre un lien vers le texte puisqu’il se trouve du coté payant du site du Devoir, je me permet de le reproduire ici car je tiens à la partager. (Il faudra bien un jour ou l’autre que Le Devoir, à l’instar du New York Times, se mette à l’heure de la blogosphère)

Des catholiques qui s’ignorent
Christian Rioux
Édition du vendredi 23 novembre 2007Vue de l’étranger, la polémique qui entoure ce qu’il faut bien appeler la confession de Mgr Ouellet apparaît étonnante. Difficile d’imaginer en France ou en Allemagne un tel émoi autour de la repentance, somme toute assez normale, d’un responsable religieux. L’affaire semble d’autant plus étrange que cela fait déjà un certain nombre d’années que l’Église catholique a entrepris de s’appliquer à elle-même la médecine qu’elle avait réservée autrefois à ses seuls fidèles.

Au lieu de regarder la déclaration de l’archevêque de Québec à la lumière des événements récents, peut-être faudrait-il…

Continuer la lecture…

l’inscrire dans l’histoire de l’Église. Certes, l’agitation permanente qui caractérise les médias rend difficile à comprendre des évolutions aussi lentes. L’Église ne vit pas tout à fait dans le même temps que nous, et c’est tant mieux. Lorsqu’un chef catholique parle, il porte deux millénaires d’histoire sur ses épaules, alors que nous avons parfois de la difficulté à nous rappeler le nom de notre grand-mère.***

C’est peut-être en 1994 que le pas majeur a été franchi. Dans sa lettre apostolique, Jean-Paul II avait alors souligné qu’il était juste que, «le deuxième millénaire du christianisme arrivant à son terme, l’Église prenne en charge avec une conscience plus vive le péché de ses enfants». Plus tard, il précisait que, «lorsque les fautes sont confirmées par une investigation historique sérieuse, l’Église ressent le devoir de reconnaître celles de ses membres et d’en demander pardon à Dieu». Il s’agit, disait-il, «de répondre à une impérative exigence de Vérité».

Depuis, on ne compte plus les repentances. Jean-Paul II a d’abord scellé la réconciliation avec les juifs en se recueillant à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Puis il s’est excusé pour les erreurs passées: croisades, inquisitions, colonisation. Pour une institution qui se prétendait infaillible depuis 1870, il s’agissait d’une vraie révolution.

Depuis, les déclarations n’ont pas cessé. En 1995, c’est encore Jean-Paul II qui présente ses excuses pour l’oppression dont les femmes ont été victimes dans le passé. Le pape estime que le mouvement féministe a été «substantiellement positif» même s’il a sa part d’erreurs. Trop peu pour certains, mais pas à l’échelle d’une institution millénaire.

Dans chaque pays, cette nouvelle attitude a pris des formes particulières. En France, au moment de commémorer la déportation de centaines de juifs vers Auschwitz, l’évêque de Saint-Denis lit la déclaration de repentance de l’Église de France à l’égard des victimes du régime de Vichy. En 1992, l’évêque Charles G. Palmer-Buckle du Ghana s’excuse du rôle joué par les Africains dans le commerce des esclaves en direction des Amériques.

En 2002, le cardinal du plus grand diocèse américain, Roger Mahony, de Los Angeles, ne tarde pas à présenter ses excuses aux fidèles pour le scandale des prêtres pédophiles. Il est suivi par quelque 300 évêques et cardinaux réunis à Dallas, qui demandent pardon. Trois ans plus tard, le cardinal Daly fait la même chose en Irlande, un pays où 90 % de la population est catholique, le plus souvent pratiquante. La chose aurait été inimaginable dix ans plus tôt.

Et dire que certains trouvent que ce n’est pas assez!

***

Une fois ce contexte défini, avouons qu’il y a de quoi s’étonner du caractère épidermique de certaines réactions aux propos de Mgr Ouellet. Les souffrances endurées par les Québécois dans les années 50 n’arrivent quand même pas à la cheville de celles des juifs, des Africains ou des Espagnols de l’époque franquiste. Et si l’Église québécoise a des excuses à faire, on peut aussi juger que, sans elle, nous ne serions pas là pour en parler.

Ces réactions spontanées sont évidemment dues à l’importance qu’a occupée l’Église au Québec. Un peu comme en Pologne et en Irlande. Mais elles manifestent aussi une relation avec la foi qui n’est pas véritablement apaisée. Comment qualifier autrement des propos qui osent traiter l’Église de «cadavre qui grouille encore»?

Si les réactions sont si vives, c’est peut-être que nous tentons éperdument de nous définir hors de la religion alors qu’elle fait encore partie de nous. Parmi les pays que je connais, le Québec est en effet un de ceux qui débordent le plus de ferveur religieuse. Mais nos églises sont vides, direz-vous.

Et pourtant, je connais peu de sociétés où le sentiment religieux pénètre autant les débats de société. Le Québec n’a plus l’armée de missionnaires qu’il a longtemps déployée sur tous les continents, mais celle-ci a été remplacée par des bataillons d’ONG chargées de répandre la bonne parole à travers le monde. Nous ne faisons plus de pèlerinages, mais l’incantation écologiste adopte parfois les mêmes intonations. Nous ne pratiquons plus la confession, mais le discours expiatoire sur ce que nous avons été atteint des proportions abyssales.

Les cours de religion sont sur le point de disparaître. Belle affaire, puisqu’ils reviennent par une autre porte sous le déguisement d’un enseignement éthique qui s’annonce d’un moralisme à faire pâlir les vieux frères des écoles chrétiennes. Certains Québécois ont beau feindre l’indifférence à l’égard de l’Église, ils sont les premiers à revendiquer comme un droit syndical l’ordination des femmes. Même la ministre de la Condition féminine se mêle d’un débat considéré dans les États laïques comme une affaire strictement religieuse. Nous dira-t-elle demain comment choisir les imams et les moines bouddhistes? On n’imagine pas un ministre français s’ingérant de la sorte dans des affaires qui ne le concernent pas. D’ailleurs, qui a remarqué que la lettre de Mgr Ouellet s’adressait aux croyants?

Les Québécois ont beau fuir la religion, celle-ci semble les poursuivre dans tous les recoins de leur être. Il n’y a pas de pire catholique que celui qui s’ignore.

***

crioux@ledevoir.com
Source: Des catholiques qui s’ignorent

Un jour, il faudra bien que les Québécois apprennent à s’apprivoiser eux-même, si nous voulons que les “autres” nous apprivoisent à leur tour.


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2007/11/05 20:12

Bouchard-Taylor à Drummondville

20:11 : Je commence à me dire qu’à mesure que cette commission s’approche de Montréal, le ton commence à changer.

À date, ce soir, outre quelques fausses notes, it’s a lovefest, comme disait Shakespeare.


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2007/11/04 23:14

Petite pétition va loin

La pétition « Québécois dits “de souche” contre l’intolérance » dont le troisième point pause problème à l’ami Renart et dont la polémique qui s’en est suivi m’inspire tant de billets sur le thème de la langue ces derniers temps, vient de recevoir un des meilleurs coups de pub qu’on peut avoir au Québec.

Je partage les réserves de Renart concernant le troisième point de la pétition. Mais c’est le message principal qui s’en dégage qui compte. Personne ne se souviendra du point trois… seulement de ce que Dany décrit dans ce clip.


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2007/11/04 15:47

Les accommodements linguistiques selon François

Je vais vous raconter une histoire.

Il s’agit d’une histoire vraie, seuls les noms ont été changés.

C’est l’histoire de François, une jeune informaticien de grand génie qui n’en peut plus de pâtir dans sa France natale. Après ses études, il s’est déniché un boulot stable dans les télécoms. Il développe des algorithmes de gestion de switches qui, à leur tour, contrôlent le flot des informations de communications de toutes sortes. Ce qui, croyez moi les amis, n’est pas un boulot pour les idiots.

Mais François étouffe. La perspective d’évoluer dans ce monde sclérosé, fermé, sans perspective d’avancement, où l’excellence ne sert à rien car tout est réglé par l’ancienneté et où tout le monde est plus intéressé à protéger ses privilèges qu’à accomplir quoi que ce soit, le déprime. François est cent fois meilleur que ses collègues… et il le sait. Il a des idées, au niveau de ce qu’il fait, qui améliorerait grandement le flot des coms. Mais lorsqu’il les présente à ses patrons, il se fait dire de ne pas insister, il a peut-être raison, mais « il ne faut pas trop bousculer les choses… ça dérange. » François n’en peut plus. Il se dit que le seul endroit ou ses talents seront reconnus à leur juste valeur est en Amérique. Mais seulement, voilà, François ne parle ni ne comprend un seul mot d’anglais.

Un seul espoir s’offre à lui, le Québec.

Continuer la lecture…

On dit qu’au Québec, c’est comme en Amérique, que les gens y sont plus libres qu’en France, que l’excellence y est récompensée et qu’une fois qu’on s’habitue à leur drôle d’accent, on s’aperçoit qu’ils parlent français. Et il ne faut pas s’imaginer qu’ils sont toujours dans leurs petits villages, à vivre avec les indiens. Il s’agit d’une société nord-américaine moderne, où tout se passe en français… Génial!
N’écoutant que son courage, François prend la grande décision. Il quitte son boulot, plie bagages et s’envole pour Montréal.Une fois à Montréal, François n’en revient pas, nous sommes encore à l’époque de la bulle DotCom et les offres d’emploi pour un informaticien avec ses qualifications pleuvent de partout. C’était vraiment pas comme ça en France, qu’il se dit. Mais entrevue après entrevue, (ou entretien, comme il dit) c’est la même histoire.

Son CV et son expertise sont impressionnants, (comme je vous l’ai dit, le boulot qu’il faisait en France impressionne ceux qui connaissent ça) sauf qu’à chaque fois, la personne (le plus souvent une dame du département des ressources humaines de l’entreprise) entièrement francophone “pure laine” qui mène l’entretien, achoppe invariablement sur la même question. François ne parle pas anglais et ça, c’est un problème. Un problème au point qu’on ne peut lui accorder l’emploi malgré ses qualifications.

[Note de l'auteur: Je suis moi-même informaticien et je dois dire que je comprends très bien la situation... C'est presque inévitable ici qu'un informaticien du calibre de François soit appelé à collaborer de très près avec divers partenaires et clients unilingues anglophones partout en Amérique du Nord. Une connaissance fonctionnelle de l'anglais est un atout essentiel et ça, c'est une réalité qu'aucune loi québécoise ne peut changer.]

François est complètement découragé. On lui a menti. C’est faux de dire que tout se passe en français ici, puisqu’on ne peut pas se trouver de boulot si on ne parle pas anglais. François veut bien apprendre l’anglais, mais s’il ne se déniche pas un job bientôt, il devra retourner en France… où il devra faire face à tous ceux qui ont ri de lui, ou qui lui ont dit qu’il était taré de tout abandonner pour se lancer dans une telle aventure. Il ne veut vraiment pas retourner, mais il n’aura bientôt plus le choix, car il n’est pas venu jusqu’ici pour laver de la vaisselle…

François est au bout du rouleau. La source est tarie. Un dernier entretien et après… il ne veut pas y penser. La dame qui lui a parlé au téléphone ne semblait pas avoir pas d’accent. C’est bon signe, espère-t-il. Quelqu’un du pays, peut-être? La boîte où il doit se présenter est à un autre endroit que ceux auxquels il s’était accoutumé dans sa chasse aux entretiens. L’adresse complète dans le courriel n’indique pas Montréal, mais Westmount. Il se demande bien ce que ça signifie.

Arrivé dans la boîte, le dame qui l’accueille est bien celle à qui il a parlé, mais elle n’est pas française. C’est une Québécoise d’origine iranienne dont la famille a quitté l’Iran lors de la révolution islamique lorsqu’elle était jeune pour vivre quelques années en Algérie avant de venir s’installer ici pour de bon. Aujourd’hui, elle parle quatre langues, le perse, l’arabe, le français et l’anglais… et c’est sans compter les dialectes!

Elle le met à son aise. Mais sitôt, elle lui explique que l’entretien sera mené par deux des propriétaires de l’entreprise et que…

Début de l’entretien. François a devant lui Bill, un anglophone de Westmount qui a passé la majeure partie de sa vie adulte aux États-Unis et qui ne comprend pas le français, et Gabriel, un Chinois de Hong Kong qui est venu ici étudier à McGill il y a plusieurs années et qui est resté. Gabriel est plus accoutumé au français que Bill, il le comprend mieux qu’il ne le laisse entendre, mais il a peine à placer un mot devant l’autre lorsqu’il s’agit de le parler. Encore plus décourageant pour François, il vient de comprendre qu’il est tombé sur une petite boîte où tout se passe presque uniquement en anglais… malgré la présence de quelques francophones. Je suis cuit, se dit-il.

Mais rapidement, grâce à la bonne volonté de tous, une communication s’établit à l’aide de signes, de quelques mots clés et d’un tableau blanc. Gabriel parle en anglais, lentement, en qualifiant ce qu’il peut par les mots français qu’il connaît, alors que François fait de même, mais à l’inverse. Heureusement, il découvre qu’il a devant lui pas seulement des entrepreneurs, mais des informaticiens de haut calibre qui réussissent à lui présenter des problèmes qui le font vraiment réfléchir. Mais lui, réussit, à l’aide du tableau, à leur démontrer comment il résoudrait chaque problème et malgré la barrière de langue, tous se comprennent, car tous connaissent le langage des algorithmes. Bill et Gabriel saisissent vite qu’ils ont devant eux un petit génie, un penseur informatique hors-pair, et l’embauchent sur-le-champ.

Depuis ce temps, François travaille de très près avec Gabriel, les deux continuent à s’améliorer dans la langue de l’autre. Et lorsqu’il s’agit de collaborer avec des anglos, Gabriel est présent pour aider François qui lui, s’est avéré fort utile lorsqu’il fut question de convaincre de nouveaux partenaires francophones.

Aujourd’hui, François est heureux. Ses talents sont reconnus à leur juste valeur et son nom circule dans plusieurs milieux unilingues anglophones qui, j’en suis certain, seraient prêts à l’embaucher malgré la barrière de langue.

Fin de l’histoire.

——————————————–

C’est ironique, n’est-ce pas, qu’un cousin français vienne ici se chercher du boulot et que le seul endroit qui accepte de l’embaucher soit une petite boîte unilingue anglophone de Westmount?

Ça donne à réfléchir. Non?



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2007/11/02 14:45

Présence du Français: Agir d’une position de force

Ce billet est inspiré et fait suite à la discussion qui a lieu sur le blogue de Renart L’éveillé, dans un billet où il nous explique pourquoi il ne peut pas signer la lettre ouverte « Québécois dits “de souche” contre l’intolérance »

La polémique tourne autour du point trois de la lettre qui s’oppose à l’idée d’un test de Français pour l’obtention d’une citoyenneté québécoise.

Je tiens à dire que je supporte cette idée et que mes problèmes avec le projet de loi 196 se situent ailleurs. J’ai expliqué ma position ici et dans les commentaires du billet de Renart.

Je ne cherche plus à convaincre Renart de signer la lettre. (Je relis le point trois et je suis assez inconfortable avec le fait que j’y ai associé mon nom. Mais je l’ai fait pour l’ensemble du propos)

Sauf que la discussion m’a poussé à vouloir clarifier mes positions sur la question de la langue. Surtout après ces deux commentaires de Renart:

Dans le fond, tout ce que je dis, c’est qu’il ne faut pas baisser les bras et j’ai l’impression que vous essayez de m’en convaincre…

Et:

encore, à vous lire, ça me donne une autre bonne raison d’être borné, juste pour faire contrepoids. Si la majorité des francophones se disent qu’il n’y a pas de problème, quand il y en aura un sérieux, il sera trop tard… J’ai même l’impression qu’il est déjà trop tard : pour la majorité, vouloir protéger le français est considéré comme raciste, xénophobe et intolérant. C’est comme ça que je me sens jugé de votre part.

Je livre ma réponse dans ce billet qui est écrit sous forme de lettre à Renart, mais qui se veut aussi une lettre ouverte à tous ceux qui ont la “défense” du Français à coeur.

———————————————

Renart,

Je suis loin de vouloir te convaincre de baisser les bras. Bien au contraire.

Contrairement à toi et à Eric, le concept de citoyenneté québécoise en est un auquel je réfléchis déjà depuis un bout de temps et qui me tenait à coeur bien avant qu’il soit question de ce projet de loi particulier. Ce concept fait partie de mes nombreuses idées de progression hyper-gradualiste pour l’épanouissement de notre nation vers une souveraineté de facto dont la reconnaissance formelle ne deviendra alors qu’une formalité. Ma démarche en critiquant certaines dispositions de la loi dans sa forme actuelle et en dénonçant le mauvais timing de sa présentation en est une qui vise à sauver ce concept de la surenchère politique actuelle qui risque de le stigmatiser pour de bon. C’est parce que je veux son succès que je souhaite qu’il soit retiré et repensé.

De plus, je tiens à dire que le rayonnement du Français en Amérique est la cause qui me tient le plus à coeur. C’est la motivation numéro un derrière mon blogue. Le conflit linguistique est le combat de toute une vie pour moi.

Je te dirais même qu’ayant grandi (depuis l’âge de 9 ans) dans Côte-Des-Neiges et N.D.G. (aux frontières du West Island) j’ai passé presque toute ma vie à vivre et à évoluer sur les lignes de front de ce conflit.

J’irais encore plus loin en te disant que mes racines franco-ontariennes font de la lutte pour le français quelque chose qui est inscrit dans mon sang. (Les Québécois se “sentent” minoritaires et menacés dans leur identité, mais vous ne savez pas vraiment ce que c’est que d’être vraiment minoritaires et de ressentir une volonté explicite et agressive d’assimilation de la part d’une culture dominante qui détient absolument TOUS les leviers du pouvoir)

Ma conscience de la dimension générationelle du conflit commence dès ma tendre enfance, alors que mon arrière grand-mère nous racontait comment, en 1918, elle et ses comparses ont renvoyé, poêle de fonte et rouleau-à-pâte à la main, l’inspecteur du gouvernement ontarien qui voulait s’assurer que l’enseignement ne soit pas dispensé “illégalement” en Français dans l’école de la paroisse.

À mon école secondaire (Saint-Luc) à quelques blocs de Montréal-West, là où commence le West-Island, où seulement 15% de la population étudiante était née au Canada (ce qui, dans ce coin de l’île, n’en fait pas tous des “de souche”) la question de l’avenir du Français en était une de tous les jours… de chaque instant.

Mon bilinguisme profond (je pense et rêve dans les deux langues) fait aussi de la lutte pour la prédominance du Français, un conflit qui se joue tous les jours au plus profond de mon âme.

Alors crois moi lorsque je te dis que j’ai le feu sacré lorsqu’il s’agit de me battre pour l’épanouissement du Français.

Et que je tiens autant (sinon plus) que toi à faire en sorte d’augmenter le poids du Français à Montréal comme partout ailleurs en Amérique où c’est possible. (Et il y a beaucoup à faire de ce côté.)

Mais, en effet, j’ai la prétention de croire que tout ce que j’ai énuméré plus tôt, mes origines, mon parcours, mes circonstances particulières… (combiné à un sens aiguisé de l’Histoire motivé d’abord par la question qui nous préoccupe)…me donnent une perspective et une profondeur d’analyse quand aux moyens qui sont propices à produire les meilleurs résultats ainsi qu’aux pièges à éviter dans cette entreprise.

Je ne prétends pas du tout posséder toutes les bonnes réponses, mais je suis convaincu d’avoir mis le doigt sur la bonne façon de se poser la question… que je formulerais comme suit: « Quels sont les moyens d’imposer le Français de façon à ce que ceux qui se le font imposer n’ai pas du tout l’impression de se le faire imposer et si possible qu’ils aient même l’impression de l’avoir demandé eux mêmes? » … Hmmm… je n’y avais jamais pensé comme ça avant, mais une autre façon de le dire serait que les meilleurs moyens à utiliser pour augmenter la présence du Français dans le “marché” linguistique sont ceux du néo-libéralisme tel que conçu par la gauche!

Bon. Je crois que je viens peut-être de me tirer dans le pied avec une partie de mon auditoire… Revenez! Je ne fais que de l’esprit.

Je reviens à mon propos.

Tu comprendras que mon approche consiste à trouver les moyens de maximiser les résultats tout en minimisant le plus possible (et c’est très important) le ressentiment de toute part. Car c’est là justement que se trouve le principal piège à éviter.

Aussi légitime que soit notre cause… Aussi sincère que soit notre approche… aussitôt que nous voyons poindre du ressentiment, du braquage de positions, etc… de l’autre côté, il faut à tout prix éviter de se laisser aller à notre propre ressentiment, tout justifié soit-il. Sinon on se retrouvent dans la situation que j’ai décrite plus tôt dans un autre commentaire où tout le monde a raison, plus personne ne bouge, la gangrène s’installe et plutôt que de s’approcher de notre objectif nous nous en éloignons, car il faudra nettoyer la gangrène avant de pouvoir à nouveau progresser.

Ah, mais pourquoi diable est-ce tout le temps nous et pas les autres qui devont rester sensible? et flexible? et gentil? et compréhensif? etc… etc…

Plusieurs raisons. D’abord, parce qu’en situation de braquage mutuel, la flexibilité nous donne l’avantage de pouvoir toujours redéfinir le terrain à notre avantage.

Mais surtout, parce que nous sommes les plus forts.

Le braquage de position est une stratégie utile (parfois nécessaire) seulement lorsqu’on est en position de faiblesse. Elle est très dangereuse et le plus souvent contre-productive lorsqu’utilisée d’une position de force, c’est-à-dire là où nous sommes en mesure d’imposer nos volontés à l’autre. Dès que nous nous trouvons dans cette situation, il faut être extrêmement habile et prudent. Celui qui, d’une position de force se braque et impose à l’autre partie ses volontés, se donne une victoire immédiate, mais illusoire et empoisonnée. Car il aura créé du ressentiment chez l’autre qui, s’il n’y est pas extrêmement sensible, reviendra lui exploser dans la figure et détruire les gains acquis. Le degré de noblesse et de justification légitime derrière l’initiative de la partie forte ne changera en rien le montant de ressentiment créé par son imposition. Pire, plus le sentiment de légitimité est fort, plus il court le risque de nous aveugler au ressentiment qu’il génère. (voir États-Unis d’Amérique)

Mais je sens déjà ta frustration… Nous ne sommes justement pas dans une position de force! Nous baignons dans une mer anglo-saxonne, collé à la capitale mondiale de l’hégémon marchand, globalisant et anglicisant qui domine notre ère, nous n’avons pas le choix que de nous braquer à un moment donné ou l’autre, te dis-tu.

En effet, c’est complexe. Il faut comprendre que notre situation particulière fait que nous avons les deux rôles et que la légitimité de notre cause (et surtout de notre ressentiment) fait qu’on tend à se mélanger de tactique selon la cible.

Du point de vue du citoyen non francophone, nous sommes les plus forts car nous avons entre nos mains l’instrument législatif. Il nous incombe alors, surtout lorsqu’on est sur le terrain sensible des questions identitaires, dont la langue fait partie, d’être ferme et catégorique dans l’élaboration de nos objectifs, mais infiniment sensible, flexible et surtout, agile dans les moyens qu’on utilise pour y arriver.

Alors, j’espère que tu comprends que ma critique n’est pas envers ton élan à vouloir défendre le Français. Bien que je préfère parler de promotion, de rayonnement et d’épanouissement que de “défense”, je suis avec toi à 100% là-dessus. Ma critique est seulement envers certaines tactiques que tu prônes pour y arriver et le fait que tu sembles laisser la légitimité de ton ressentiment guider ta stratégie et t’aveugler aux obstacles que ça produit sur le terrain. Tu tombes dans le piège du fort qui se braque.

Mon acharnement vient du fait que de mon point de vue, se braquer sur nos positions lorsque nous créons trop de ressentiment chez ceux sur qui nous avons la main haute, nous fait reculer au lieu d’avancer et rend les avancées futures encore plus difficile. Je m’acharne parce que je le perçois comme faisant du tord à la cause qui m’est la plus chère: La consolidation et l’épanouissement du fait Français en Amérique du Nord.

Qu’est-ce que je propose, alors, tu demandes?

Il n’y a pas de remède miracle, il faut multiplier les initiatives, mesurer sobrement les résultats, rester vigilants, encourager ce qui fonctionne, modifier ce qui produit du ressentiment de façon à le contourner ou mieux encore, à le détourner à notre avantage… insister sur ce qui rassemble, aplanir ce qui divise, toujours être prêt à modifier notre approche selon les circonstances et surtout, surtout ne jamais se braquer et dire que nous sommes intraitables (même lorsque nous le sommes) Il faut, en somme, agir comme une culture dominante consciente du pouvoir qu’elle détient et sensible au ressentiment inévitable qu’elle génère par le simple fait de sa dominance.

J’ai toujours cru que la culture francophone d’Amérique, grâce à ce double statut réel d’être à la fois culture dominante à un niveau de réalité et dominé à un autre, était l’une des mieux placées au monde pour vraiment bien comprendre ce jeu des cultures et qu’elle pourrait ainsi ainsi se tailler une place de choix dans l’étrange échiquier culturel que nous annonce le processus aplanissant de mondialisation économique et de démocratisation de l’information en cours aujourd’hui.

Mais pour cela, il faut qu’elle apprenne à apprivoiser son pouvoir réel et à l’utiliser habilement. Il faut qu’on arrête de penser et d’agir en dominé quand on joue sur le plan dominant.

J’irais même plus loin, ce n’est qu’en adoptant les stratégies d’une culture qui est en position de force (même lorsque nous ne le sommes pas vraiment) que nous réussirons à nous affranchir de ce qui reste de notre position de faiblesse réelle. Et être en position de force signifie ne pas se laisser aller à la peur (même lorsqu’il y a bonne raison) et comprendre que le dernier mot nous appartiens et que nous pouvons donc nous permettre d’être magnanimes pour arriver à nos fins.

Agir en dominant ne veut pas dire, par-contre, de répéter les erreurs des autres cultures dominantes. Je lève les yeux au ciel à chaque fois que j’entend un nationaliste dire quelque chose du genre: « Pourqoi on prendrait pas exemple sur le Canada Anglais? Eux se sont pas gênés pour nous imposer tel ou tel truc. Pourquoi nous on pourrait pas faire la même chose à l’intérieur de notre espace à nous? » Hé! Ho! Le nationaliste… toi, aujourd’hui, est-ce que tu ressens une loyauté quelconque envers le Canada Anglais? Non? C’est donc que ça pas vraiment marché leur affaire… Pis tu veux qu’on fasse la même chose? Trouvez l’erreur.

C’est vrai qu’au fond nous ne partageons pas exactement la même analyse des dangers et des solutions. Pour ma part, après avoir passé une vie à naviguer le cas de Montréal, je trouve que la situation ici est plus ou moins “sous contrôle.” Il faut rester vigilant et il y a beaucoup à faire pour accélérer la cadence… mais je crois sincèrement que nous sommes sur la bonne voie. Je suis beaucoup plus préoccupé par le sort du Français à l’extérieur de nos frontières et j’aimerais beaucoup convaincre mes concitoyens québécois qu’il nous appartient à nous de nous en occuper. Plus le Français rayonne ailleurs en Amérique, plus il sera en sécurité ici.

En terminant, j’espère que tu auras compris que je ne suis pas de ceux qui prétendent simplement que tout va bien et qu’on a qu’à laisser les choses aller d’elle-même. Que mon but n’est pas de te faire baisser les bras, mais seulement de te faire changer de perspective dans ton analyse et de stratégie pour atteindre les buts que nous partageons.

Quand au fait qu’on te fait sentir comme un xénophobe raciste à chaque fois que tu parles de défendre ta culture…

Welcome to the wonderful world of dominant cultures, my friend. Get used to it, we just can’t win on that one. It’s best to just be gracious about it. After all, we are on top.


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2007/10/30 13:58

Éviter l’exemple de la France.

Je commence par un coup de chapeau à Mouafek (alias giguini) qui a repris les extraits de l’entrevue de l’Imam Koné sur DailyMotion, un autre site de partage de vidéos « fréquenté par plusieurs musulmans » les discussions qu’on y trouve sont encore plus intéressantes que celles sur YouTube.

J’en reproduis ici un extrait quiContinuer la lecture… a attiré mon attention.

salamislam

Salam Aleykoum!
Merci de nous avoir mis cette vidéo! Je viens de France, et je suis très surprise de voir un imam dans un plateau télé, c’est pas comme en France,c’est rare.
j’imagine qu’au Canada, les gens sont tolérants vis à vis des musulmans,
en tout cas machAllah l’imam, c’est un bon comportement de musulman!
Salam Aleykoum,
qu’ALLAH vous protège, Amine

giguini

Comme l’Imam dit dans la video,apres le 11 septembre il n ya plus de tolerance vis a vis des musulmans au Canada, tu es un arabe donc tu es musulman donc tu es terroriste, les medias ici,au canada, invite souvent des imams controversés et extremiste dont un,ils en parlent dans cette video,Imam jaziri(http://fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_Jaziri) qui a donné une mauvaise impression sur nous les musulmans,et suite a plusieurs mail ils ont decidé,enfin,d’inviter un Imam qui represente mieux les musulmans au Canada et partout dans le monde

salamislam

Après le 11 septembre, de partout il n’y a plus de tolérance vis à vis des musulmans,
mais dans ces vidéo (les 3parties) on sent vraiment que les gens respectent cette imam, ils sont gentils avec lui, il écoutent quand il parle, ils interrompt pas, et surtout l’imam répond bien à toutes les questions,
alors que d’habitude, quand un musulman est invité à la tv française, il n’y a pas du tout ce climat de respect, tu parle, je te coupe tout de suite la parole…
Bref, c’est que je remarque personnellement comme différence entre la France et le Canada,

giguini

tu as raison,les gens ici sont respectueux

Je vous le dis les amis… ceux de mes compatriotes qui voient la France comme un exemple à suivre en matière d’intégration et de laïcité me font peur, vous avez pas idée.


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2007/10/29 19:57

Intégrisme

20:58 : Je me dois de souligner, en vue de mon dernier billet, que j’ai aussi entendu pas mal (trop) de discours intégriste catho ce soir à la commission BT.

Moi, le seul discours intégriste que j’entends ces temps-ci (qu’il soit laïque ou religieux) viens de « nous. »

Ma conclusion : Je viens d’un peuple fondamentalement intégriste.

Je m’apprète à dire quelque chose de très, très grave pour moi, (presque hérétique) car une part énorme de ma démarche se construit en opposition à ses idées et à son projet, mais…

Continuer la lecture…

…je commence à comprendre Trudeau.
C’est grave à ce point là.


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2007/10/28 21:16

Commentaire dissident

Toujours en lien avec l’intérêt généré par les extraits de l’entrevue de l’Imam Omar Koné que j’ai posté sur YouTube, j’en profite ici pour reproduire un commentaire provenant de France et la conversation qui s’en suit qui est difficile à suivre sur YouTube dû à la limite de 256 caractères qu’impose ce site et l’ordre étrange dans lequel il sont disposés.

GABYE11 (de France):

c’est faux qu’il n’y a pas d’obligations en Islam
totalement faux!

nialanet (moi):

Mais encore… peut-on savoir ce qui fonde une affirmation aussi catégorique?

Continuer la lecture…GABYE11:

…Le fait d’avoir passé 7 ans de ma vie aux côté d’une communauté Musulmane, et au bras d’un Musulman…
Donc désolée, mais je reitère..J’ajouterai, que ce n’était pas au Canada

camilleon33 (d’ici mais “en tournage au moyen-orient”):

Le Coran précise “La ikraha fid diine”, pas d’obligations en religion. A chacun son libre choix de croire ou non, de suivre ou non. Vu de cet angle, il n’y a pas d’obligations, c’est a dire, on ne peut se réserver le droit de forcer ou d’obliger qui que ce soit.
Mais bien sur, une fois que la personne décide de son plein gré de suivre ce chemin, il y a des préceptes à suivre, sinon ce ne serait pas un chemin.Les obligations dont vous parlez sont, sans doutes, ceux que le croyant s’impose afin d’arriver à la Présence Divine. Ces obligations oui, existent bel et bien et servent de balises sur la voie spirituelle. Et elles existent entre le croyant et son Seigneur… mais ça n’a jamais empêché la société de vouloir gérer ce domaine. Mais ceci est social et non doctrinal.

nialanet (moi):

Merci pour ces précisions, Camilleon33. C’est très apprécié.

GABYE11:

…La doctrine est pourtant tjrs sujette à interpretation alors…Je ne peux pas te repondre sur le fond des textes, je ne les ai pas étudiés, je ne lis pas l’Arabe littéraire…par contre, contrairement à ce que semble vouloir affirmer cet Imam
la religion et qui plus est les cultures qui s’organisent autour sont sincerement loin d’être liberales…

Je pense qu’il y a d’avantage ici une volonté de faire entendre aux Quebecois inquiets le fait que les groupes sociaux-culturels qui appartiennent à ce cadre religieux sont tout à fait capable d’adherer aux principes très liberaux qui jalonnent la vie de ce pays…Je peux comprendre et je veux bien que les Mulsulmans aient besoin de vivre tranquiles surtout après le 09/11/01
mais de là à manipuler la reelle vérité… d’autant que vous savez bien que dans les faits ça ne se passe pas comme ça!

J’avoue que c’est tout de même un argument qui mérite audience… j’y suis sensible. Et sans prétendre que ça y réponds entièrement, je pointe la lumière vers un aspect particulier du commentaire: « ce n’était pas au Canada. »

En effet.

C’est loin d’être tout, mais selon moi, c’est significatif.


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2007/10/27 19:11

Imam Omar Koné: A Star is Born

Décidément, je crois que notre société a soif de connaître davantage le visage de l’Islam qui nous a été présente par l’Imam Omar Koné à Tout le monde en parle dimanche dernier. En tous cas, sa prestation n’est pas passée inaperçue.

De tous les vidéos que j’aie mis en ligne sur YouTube, aucun, sauf peut-être mon premier, Barack Obama qui parle de négocier avec le « Président » du Canada, n’a encore généré autant d’intérêt en aussi peu de temps. Plus de 500 visites dans les 18 premières heures. Aujourd’hui, quatre jours après sa mise en ligne, nous en somment à 1 366 visites. (Le premier des trois clips est ici)

Avec Obama, il s’agissait d’un clip de 20 secondes qui fut repris par de grosses machines comme I Am Bored et StumbleUpon. Et à vrai dire, je ne me souviens pas vraiment qu’il soit monté plus vite. Ici, il s’agit d’un phénomène francophone… provenant d’ici… pour des clips de 8 minutes! Ça m’impressionne. Je continue à recevoir des clicks vers mon billet à propos de sa prestation qui proviennent directement de recherches Google sur son nom. (Oui, j’ai accès à ce genre d’information. Je suis informaticien de profession.) Chose qui n’arrive pas souvent autrement. Et Le Petit Émerillon a reçu ses premiers commentaires de non-blogueurs dans ce billet, tous favorable à l’Imam.Et c’est aussi les accolades sur YouTube et les commentaires du genre:

Tout simplement bravo Imam Omar Koné, c’est une intervention représentative de la communauté musulmane au Québec, je me suis reconnu dans votre discours plus que dans celui du charlatan said jaziri. Encore une fois merci pour votre apparition.

Et c’est aussi l’intérêt généré sur d’autres blogues que j’ai découvert grâce au fait qu’ils ont repris les vidéos …comme Québécois.eu un regroupement de blogueurs québécois expatriés… et surtout, Riad Soussi-Gagnon, Le blogue d’un Québécois qui se décrit comme suit:

Je suis un québécois “pure laine” et ancien athé. Après avoir rencontré mon extraordinaire femme, j’ai beaucoup appris sur l’Islam et je me suis converti. Je ne me suis pas converti que pour ma femme, mais bien parce qu’après avoir lu plusieurs livre, rencontré des musulmans et des imams (dont Monsieur Koné), j’ai réalisé que j’étais déjà musulman au plus profond de moi. C’est-à-dire que j’ai découvert que contrairement à la croyance populaire, l’Islam est une religion de paix, d’amour, de générosité et de partage. Déjà, à chaque jour, même en tant qu’athée, je tentais de vivre selon ses principes à chaque jour.

Il continue son explication ici.

Moi, je lève mon chapeau à cet homme. Je ne suis pas particulièrement croyant, mais contrairement à la majorité de mes compatriotes progressistes je ne partage pas leur allergie à la religion. Moi aussi lorsque je regarde au fond de moi je constate que les valeurs qui me définissent et qui me tiennent à coeur et que j’essaie de vivre tous les jours sont des valeurs profondément chrétiennes… Et après avoir étudié le Koran, je constate que ce sont les mêmes valeurs qui définissent l’Islam… Je n’arrive tout simplement pas à voir le mal que mes compatriotes attribuent à la religion.

Mais bon. Je m’éloigne de mon propos… je voulais souligner à quel point l’Imam avait généré d’intérêt positif… avec une seule prestation. On le constate aisément en lisant les commentaires sur le blogue de Riad Soussi-Gagnon.

Il faudrait que quelqu’un donne à l’Imam son propre show de radio ou quelque chose…

Tiens, moi, si j’étais Péladeau, je lui donnerais une chronique hebdomadaire dans le Journal de Montréal… Me semble que ça serait un bon coup. Mais y’a juste le père qui avait une telle audace visionnaire… Le fils, lui, pfff…

Anyway… Je suis certain qu’il y a quelque chose à faire avec ça.

Si Dieu le veut.

;)


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2007/10/23 18:11

L’Imam Omar Koné à Tout le monde en parle

Un coté de l’Islam qu’on ne voit pas assez… [soupir] pourtant c’en est un qui est infiniment plus représentatif.

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (1 de 3)

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (2 de 3)

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (3 de 3)

Ajout: (28 février 2008) Suite à une plainte de La Société Radio-Canada, tous les extraits de Tout le monde en parle (édition québécoise) ont été retiré de YouTube. Par contre l’entreuvue est toujours disponnible sur le site DailyMotion.com


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2007/10/05 11:04

Coincés!

Youpi! On va avoir des élections!

J’aime ça moi, des élections…

(Auncun lien avec mon billet d’hier)


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2007/09/26 23:14

M. Harper me souhaite personnellement une bonne année… en septembre

Oui, oui. C’est vrai, je vous l’assure.

La semaine dernière, en regardant dans ma boîte à malle j’ai trouvé une jolie carte de la part du «Rt. Hon. Stephen Harper, M.P. Calgary Southwest» qui m’était personnellement adressée. Pas une simple carte distribuée dans chaque boîte, mais imprimée de mon nom à moi! Quel honneur, tout de même! Cela fait très longtemps que j’habite Côte-Des-Neiges (dans le compté d’Outremont) et ça ne m’était jamais arrivé…

M. Layton et son parti emplissent ma boîte de papier (sur lequel mon nom n’est presque jamais écrit) depuis des années… À tel point que je questionne sérieusement leur sincérité face à la défense de l’environnement! Et, évidemment, j’ai toujours hâte, à chaque automne, de recevoir mon joli calendrier noir et blanc de la part de mon député Libéral… M. Lapierre en avait fait un particulièrement joli, il me semble… Mais c’est bien la première fois que je reçois quelque chose des Conservateurs… et du député de Calgary Southwest par dessus le marché! Chef du parti et Premier Ministre du Canada! Je me répète mais: Quel honneur!

Laissez-moi vous décrire la carte:

D’un coté, on y voit M. Harper, tout sourires et décontracté, assis sur un divan (qui a été ‘effacé’ de la photo) entouré de sa femme et de ces deux enfants… très chaleureux… Il a une belle famille heureuse, M. Harper.

De l’autre, M. Harper (qui semble si bien me connaître qu’il sait que je suis parfait bilingue et qu’il n’a donc nullement besoin de communiquer avec moi en Français) m’offre à moi et à la famille que je souhaite tant mais qui, hélas, ne demeure encore que projet, les vœux suivants:

May you and your family
have a New Year filled with
hapiness, health, prosperity
and peace.

[Signature de M. Harper]

L’Shana Tova U’Mekuta

How thoughtful! What a nice man this Mr. Harper is! …to think of me on Yom Kippur.

Quelques explications:

Mon nom de famille est Berger. Dans mon cas, il s’agit d’un nom tirant ses origines dans le Bas du Fleuve… mais à Montréal, c’est aussi un nom juif assez commun.

Cette fin de semaine, c’était le Yom Kippur, le nouvel an juif, célébré par tous qu’ils soient pratiquants ou non. (Un peu comme nous avec Noël.)

Quelqu’un au parti Conservateur est passé au travers d’une copie de la liste électorale pour le compté d’Outremont en essayant d’y identifier