Billets tagués ‘Canada’

2008/08/05 15:56

l’OQLF selon AngryFrenchGuy

Délicieux comme toujours, AFG s’ammuse avec le concept de la “Language Police“:

The OQLF agents are no more a police force than food inspectors or workplace safety agents, but Language Police is a powerful image and through endless repetition [...] the idea that Québec has an actual Language Police has taken on a life all it’s own and otherwise informed visitors fully expect to see them patrolling the streets of Montreal in uniform.

The myth of the Language Police has hurt Québec and Montreal’s image, but it’s to late to do anything about it. The image is there and the name stuck.

In such situations the only thing left to do is embrace image. Québec could make the agents of the Office Québécois de la Langue Française actual constables of an actual Language Police, give them uniforms, badges, governement issue tape-measures and taser guns.

This change of terminology, however, will cause changes accross Canada as other pencil-pushing civil servants will also want to be called police officers. You see, cops earn more money and have way more luck with the ladies than white collar bureaucrats.

Employees of the CRTC, the Canadian Radio and Television Commission, will be become the Thought Police, to reflect their power to decide who has the right to broadcast, what they can broadcast, and how much they can charge for it. The bureaucrats in charge of monitoring the 35% of Canadian music radio stations are required to broadcast by law will be known as the Rock n’ Roll Police and those found guilty of not playing enough Bryan Adams will be sent to a jail in Newfoundland known as the Jailhouse Rock.

Workers at Ontario’s Human Rights Tribunal who investigate complaints of discrimination against visible minorities and women in the workplace will be renamed the Race and Sex Police.

City zoning officials in Saskatoon, whose job includes inforcement of a city bylaw that legally requires residents of the Hughes Drive developement to use a minimum of four colors on the facade of their houses and that “the selected colors should match the range of Benjamin Moore “Historical Colors”, will be known as the Royal Canadian Color Police.

Tant qu’à ce que le mythe persiste profitons-en:

As [for] Québec, the world already asumes we have a language police so there will be nothing lost in getting one. In fact, it would be a unique opportunity to turn a negative into a positive.

An actual Québec Language Police could play the role Mounties play in the rest of Canada. Language cops in crisp blue uniforms and funny hats could be posted arround Montreal and Québec, tourists would line up to be photographed with them and a paraphenelia deal could be struck with Disney Corporation.


Billets similaires

2008/05/27 18:49

Coudonc, c’est quoi le problème avec la droite politique québécoise?

Maxime Bernier et son ami, Jos Louis, en Afghanistan

Comment ça se fait qu’elle n’arrive qu’à attirer des deux de pique not ready for prime time

La faiblesse gênante de l’équipe de Dumont… La faiblesse (et là, l’incompétence abjecte) de l’équipe québécoise de Harper…

Où est la droite réfléchie et responsable de ma nation? Existe-t-elle? Est-elle même possible?

Je commence à en douter.


Billets similaires

2008/05/26 06:16

À propos de l’identité québécoise

[Note: Il arrive arrive qu'un billet commence avec une intention (une mise au point idéologique rapide) et se transforme en autre chose (un long délire allégorique). Ceci est un de ces billets.]

J’ai finalement décidé de (commencer à) me taper la lecture du rapport BouchTay. Je n’en suis encore qu’au début, mais la lecture du quatrième point des “orientations générales du rapport”…

Le lecteur devra garder à l’esprit que notre réflexion se trouve délimitée par les choix collectifs fondamentaux que les Québécois ont faits au cours des dernières décennies. Leur faible fécondité et le désir de soutenir la croissance démographique et économique les ont amenés à prendre le parti de l’immigration. Parallèlement, ils ont abandonné la pratique de la religion en très grand nombre, tout en prenant leurs distances par rapport à l’identité canadienne-française au profit de la nouvelle identité québécoise. Ils ont également décidé (jusqu’à nouvel ordre) d’appartenir au Canada et, par conséquent, de relever de ses institutions. Enfin, ils ont accepté de prendre le virage de la mondialisation et – comme le veut l’expression courante – de « l’ouverture sur le monde ».

…m’ammène à vouloir préciser ma pensée à propos de certains commentaires que j’ai fait recemment concernant la “fiction” qu’est pour moi la nation québécoise.

J’avoue que j’y suis allé un peu fort rhétoriquement ces derniers temps pour ce qui est de remettre en question “l’identité québécoise”.

On pourrait même croire, à la lecture de la dernière partie de ce billet où je donne pleine voix au délire ultime de mon héritage nationaliste canadien-français, que je souhaite reléguer l’identité québécoise aux oubliettes de l’Histoire. À un certain niveau (celui du fantasme), ce n’est pas complètement faux, mais comprenez-moi, je suis bien conscient que je délire… un délire sincère, senti et réfléchi, qui cherche à provoquer la réflexion, mais un délire tout de même.

Je comprends très bien qu’aujourd’hui, en 2008, il existe une “nation” ou du moins un pôle identitaire bien réel et proprement “québécois”… je m’en réclâme moi-même… et que ce pôle a (presque) entièrement supplanté celui qu’on nommait autrefois “le peuple canadien”, puis “canadien-francais”, et ce, pour la vaste majorité de ses constituants. Le travail est fait, on ne peut pas (et on ne doit pas) revenir en arrière.

Mais ce que je dit par contre, c’est qu’il ne faut pas se faire d’illusions non-plus. En 1959, le “peuple québécois” n’existait tout simplement pas. [Ceci dit en passant, en 1935, quand mes regrettés grands-parents canadiens-français étaient petits, il n'y avait pas de crucifix à l'assemblée "législative" non plus, alors pour ce qui est de la "valeur patrimoniale" de ce symbole, on repassera.] La “nation québécoise” est donc une très jeune nation (même pas encore 50 ans) et son lien identitaire à celle dont on célèbre le 400e aniversaire cet été demeure… problématique.

Le PQ et l’ADQ nous parlent d’un “malaise identitaire” et se plaignent que le rapport ne s’y adresse pas assez… je ne sais pas (encore) pour le rapport, mais ils ont raison. Il y a bel et bien un malaise. Seulement, il n’a pas grand chose à voir avec les nouveaux adhérants à notre société…

Permettez-moi un autre délire:

Si l’identité québécoise se sent insécurisée par le défi posé par l’immigration, c’est parce qu’elle n’a pas encore réglé sa relation avec l’identité canadienne-française qui a défrichée sa terre et lui a donnée naissance… et surtout, avec cet oncle puissant qu’est l’identité catholique qui, il faut le dire, violentait régulièrement la mère de notre pauvre petite identité québécoise encore innocente et humiliait le père à chaque fois qu’il tentait de se tenir debout face au propriétaire anglais…

Aujourd’hui, la jeune identité québécoise, encore rebelle et trop adolescente pour son age, est animée d’une haine encore bouillonnante et palpable pour l’oncle catholique, maintenent déchu. Elle est hantée par la honte et le mépris qu’elle ressent envers ses parents canadiens-français qui se sont pliés aux véléitées de l’oncle. Et surtout, elle ne leur pardonne pas d’avoir donné naissance à sa soeur, l’identité canadienne, la petite studieuse bilingue qu’ils ont donnée en mariage au propriétaire anglais, avec comme dot, l’héritage et les écussons familiaux dont le bandit se drappe maintenent, tout en refusant d’apprendre sérieusement la langue de celle qui lui a donné sa légitimité.

Elle tente de convaincre tout le monde qu’elle est la seule capable de poursuivre l’entreprise familiale, mais malgré la fiction idéalisée qu’elle nous présente de ses parents et la vision renouvelée qu’elle a de leur entreprise, elle trahit constament son mépris envers eux lorsqu’elle parle des crimes de son oncle et de son dégout envers sa soeur qui continue à se fondre dans l’identité de son mari. Le dégout pour sa soeur est si puissant qu’elle s’est convaincue, non seulement qu’elle n’avait pas besoin de l’héritage et des écussons familiaux pour poursuivre l’entreprise, mais, plus étrangement, depuis que l’Anglais s’en est vêtu, que cet héritage était en fait un symbole de son opression que ses parents avaient tort de conserver. Ce qui est une autre façon par laquelle l’identité québécoise trahit son mépris envers ses parents canadiens-français et l’entreprise dont elle se prétend l’unique légitime héritière.

Sa honte et sa haine refoulées pour ceux qui l’ont formée (et donc pour elle-même) font d’elle une errante sympathique, toujours entrain de râler… fuyant et niant cette part d’elle même qu’elle ne peut tolérer… se cherchant constament dans le regard des autres… et se débattant vainement lorsque ce regard lui reflète celui, trop hautain, de sa soeur ou celui, trop accomodant, de ses parents ou encore, et c’est là qu’elle perd les pédales, celui, trop sévère, de son oncle.

Ceci dit, on l’aime bien, elle est sympa et bien intentionnée. Et clairement, c’est elle qui a héritée de toute la fougue et la créativité dans la famille. Mais elle est si triste à voir aller, avec ses grands plans d’épanouissement et d’entraide collective… et le doute qui lui brûle le fond des yeux… que restera-t-il de l’entreprise familiale maintenent que je dois la partager avec d’autres?… suis-je assez forte/généreuse/ouverte/sévère?… vont-ils me suivre?… vont-ils adopter le (nouveau) credo familial?… combien de temps avant qu’ils s’apperçoivent que ma soeur est une putain, mes parent des laches crédules et mon oncle un monstre autoritaire et qu’ils courent se réfugier chez l’Anglais?…

Pauvre petite identité… tu n’es pas prète.

Tu ne peux pas demander aux autres de participer à ton entreprise familiale alors que tu portes encore en toi un si grand malaise envers ta propre famille. Tu te remets en question au moindre accommodement et tu vois l’ombre de ton oncle partout.

Retourne d’abord chez toi. Vas passer du temps auprès de tes parents… ils sont vieux maintenant… et ils sont fiers de toi, tu sais? Et ils ne le dirons pas ouvertement, mais tu sentiras aussi, à demi mots, qu’ils regrettent d’avoir tant fait confiance à l’Anglais avec ta soeur et les écussons… Ils te dirons qu’ils s’inquiètent de son sort… qu’elle perd sa langue… et qu’elle a besoin de toi. Ils te dirons de ne pas la juger si séverement, son amour pour l’Anglais est sincère et elle en est prisonière. Puis, un peu plus sévèrement, ils te dirons de ne pas oublier que nombre de ses compromis les plus abjectes ont été ont été faits en ton nom et que, bien qu’elle désaprouve de ton intention de gérer seule l’entreprise familiale et qu’elle ait parfois intrigué pour t’en empêcher, elle n’a jamais cessé de t’aimer et de plaider ou d’intriguer en ta faveur auprès de l’Anglais… que c’est en bonne partie grâce à elle si tu as pu te développer aussi librement. Peut-être aussi pourras-tu constater que ce que tu voyais autrefois comme faiblesse chez tes parents etait en fait une patience sans bornes, une force tranquille mais herculéenne qui leur a permis de porter l’entreprise jusqu’a toi.

Puis, avant de les quitter, ils te diront, sachant que tu ne veux pas vraiment les entendre, que tu devrais aussi aller voir ton oncle…

Si tu reprends le dialogue avec ta soeur, tu verras qu’elle a ses propres problèmes et que malgré les apparences qu’elle tient à garder, même (surtout) devant toi, il est clair qu’elle n’est plus si heureuse que ça dans son ménage… Dans le même souffle, d’abord d’un ton presque absent, elle t’assurera que tout va bien dans le mariage, que son époux est beaucoup plus sympatique à ta cause qu’avant, puis, d’un ton plus sombre elle lui reprochera de rire d’elle dans son dos, que malgré ses promesses de bilinguisme, il ne fait rien pour apprendre le français et ne fait que faire semblant de l’écouter alors qu’en fait, elle est écartée des vraies décisions, puis, d’un ton accusatoire elle se retournera vers toi pour te dire que tout ça est de ta faute, que si tu l’avais appuyée plutôt que de faire des crises, de renier l’héritage et les écussons, et menacer de partir à tout bout de champ, elle aurait pu en faire davantage auprès de son mari et tu n’aurais alors plus envie de partir et en terminant, comme si rien de tout ça ne s’était passé, elle t’offrira plus de thé et vantera la dernière “résolution” de son mari en ta faveur. Alors, armé de la force tranquille de tes parents, tu comprendras qu’ils ont raison, que sans toi, elle est perdue; que lorsqu’elle s’est opposée à toi, c’était d’abord par loyauté pour l’héritage et les écussons qu’ils lui avaient légués, puis par crainte de te perdre, pas pour servir l’Anglais. Tu comprendras qu’elle souffre car, même si elle ne se l’admet pas, elle a bien compris que son mari s’est emparé du vetement identitaire qu’elle lui avait tissé à-partir de l’héritage et des écussons et qu’en réalité, il en fait bien ce qui lui chante; qu’aujoud’hui il est trop tard pour le lui reprendre et qu’elle est maintenent prisonière de sa loyauté envers cet héritage qui ne lui appartient plus mais sans lequel elle ne sautait exister. Et que si tu veux la sauver (c’est optionel, mais tu seras plus forte avec elle que sans elle), il te faudra trouver moyen de défier l’Anglais et reprendre les écussons de tes parents… sinon, tu auras compris que ces symboles sont un cadeau empoisonné pour l’Anglais, car une fois que tu voleras de tes propre ailes (et ce jour viendra) ta soeur périra (ou sera à tes côtés) et le vetement identitaire qu’il porte n’aura plus aucun sens et le protegera plus de ses péchés d’empire.

Finalement, et je sais que c’est le plus difficile pour toi, mais tu dois faire la paix avec ton oncle. Car ta rage, même celle que tu crois vouer à l’Anglais, te vient de ce qu’il t’a fait à toi et à tes parents. Et lui, souhaiterait tellement obtenir ton pardon. Tu pourra constater le désespoir dans ses yeux alors qu’il plaide et t’explique qu’il ne faisait qu’obéir à un pacte de survivance entre lui et tes parents, un pacte qui ne visait qu’a poursuivre et faire fleurir l’entreprise familiale alors que l’Anglais aurait préféré l’éteindre; qu’il reconnait que vers la fin, alors que le monde changeait et que de nouvelles indentités se préparaient à émerger, il a eu tort de vouloir y résister en “serrant la vis” et en tentant de figer l’identité de tes parents pour l’éternité alors qu’il aurait du avoir comme mission de parainer ta naissance et ta croissance; qu’il réalise aujourd’hui que dans son zèle à vouloir assurer la perpétuité identitaire, il a abusé de tes parents et a tenté de te museler; et enfin, qu’il te demande pardon et qu’il veut ouvrir “un dialogue” avec toi. Le vieux criminel, encore à la solde de Rome, n’est toujours pas prêt à admettre la cupidité et la mauvaise foi qui l’ont aussi animé et il ne mérite pas entièrement ton pardon, mais tu dois quand-même trouver moyen de lui pardonner ses excès, de le comprendre et de te réconcilier aussi le rôle important qu’il a joué dans ton héritage… car c’est de lui que te vient ta farouche volonté de “faire ce qu’il faut” pour assurer ta perpétuité et il en a autant à t’apprendre sur les moyens d’y parvenir que sur les conséquences désastreuses, inhérentes à ce coté excessif de ta nature, qui peuvent se produire lorsqu’on s’acharne trop à figer une identité en perpétuité. Et puis crois moi, ma petite identité québécoise, tu as beau te redéfinir et te distancer de ton oncle, l’identité catholique, tant que tu veux, ça ne change rien. Tu finis toujours par lui ressembler.

C’est seulement à ce moment, ayant renoué avec la force tranquille de tes parents, la loyauté ancestrale de ta soeur, le sens du devoir (et du calcul) de ton oncle et ce qu’il y avait de bon dans la tradition spirituelle qui les réunissait tous, que tu pourras dire que tu as réglé ton “malaise” et que tu pourras enfin prendre les rennes de l’entreprise familiale en toute confiance et en te moquant du pauvre Anglais et de l’illusion identitaire que ta soeur lui a laissée. Saisissant alors pleinement la force de ton identité quadricentenaire nouvellement réintégrée tu ne craindra plus d’en partager les rennes avec ces nouveaux partenaires qui veulent y adhérer en y intégrant à leur façon leurs propres traditions culturelles et spirituelles.

Mais d’ici là, j’ai pas l’impression qu’on en est à notre dernière session chez le psy…

BouchTay n’est qu’un début.

[Pfff... et avec tout ça je n'en suis qu'à la page 12. On est pas sorti du bois.]


Billets similaires

2008/05/23 03:28

“Québécois d’origine canadienne-française”

Je n’ai pas encore lu le rapport. Mais je me suis tapé la couverture (le cirque?) médiatique pas mal toute la journée et ma première impression est qu’en tout point les commissaires semblent avoir tranché à peu près exactement là où je l’aurais fait… chapeau!

Il y a beaucoup à dire sur plusieurs points et j’y viendrai éventuellement, mais la chose principale que je retiens aujourd’hui, et je crois que c’est un changement assez majeur dans les paramètres qui définissent la discussion identitaire québécoise (du moins, c’en est un qui me plait), c’est la soudaine légitimité de l’expression “d’origine canadienne-française“. Il semble que le rapport propose cette formulation pour remplacer l’expression “de souche“…

M. Bouchard explique:

Personnellement, je n’avais pas vraiment de problème avec l’expression “de souche”… il faut bien que les choses aient des noms, sinon on ne s’en sort plus. Mais j’achète. Et même, je dois confesser que l’idée de rendre légitime l’expression “d’origine canadienne-française” pour remplacer de l’expression “de souche” lorsqu’il s’agit de nommer qui nous sommes, vient justement libérer/nourrir une des charges émotives identitaires principales derrière Le Petit Émerillon.

Vous aurez compris que votre humble serviteur souffre de la dichotomie entre la fierté (et le sens du devoir) qu’il ressent envers des ancêtres qui se sont littéralement battus pour qu’une “nation canadienne” de langue française fière et debout puisse exister en Amérique et un projet d’actualisation, la “nation québécoise”, fondé sur le dénigrement de leurs valeurs et le rejet même du nom et des symboles qu’ils se sont donnés depuis l’aube de leur existence collective.

En tant que descendant d’un clan franco-ontarien “tissé serré” de la paroisse Saint-Charles d’Ottawa qui m’a transmit de fortes valeurs de survivance et de fierté francophone canadienne, je me sentais moi-même souvent exclus de cette “nation québécoise” qui ne m’acceptait que si je taisais le nom de mes ancêtres et acceptais cette fiction qu’ils étaient “québécois” et que l’Histoire de leur combat et leurs sacrifices était celle de la “nation québécoise”.

Il m’était permis de discuter de ces choses, mais seulement en faisant très, très attention au contexte dans lequel je me permettais d’attacher les mots “canadien” et “canadien-français” à ma propre personne, sous peine de remise en question de ma légitimité en tant que bon “québécois” ou pire de me faire taxer de colonisé arriéré. (j’en connais dans ma famille que ce tabou a irrité au point d’en faire des fédéralistes enragés)

Aujourd’hui, je me sens comme un homosexuel qui s’apperçoit que, tout à coup, le monde a enfin assez évolué pour qu’il se permette de faire son coming out.

Donc… ahem…

Je suis canadien-français (et j’en suis fier)!

Je ne suis pas moins québécois

Je suis un Québécois d’origine canadienne-française.

Dans mon cas particulier, d’origine très canadienne-française.

Fiou… je me sens déjà plus libre.

Mais voilà, je comprends très bien la menace que les tenants du projet souverainiste voient à ce “retour en arrière”… Étant donné que leur projet d’épanouissement national implique une “séparation” du “Canada”, le succès de ce projet dépend, croient-ils, de la création d’une “identité” proprement “québécoise” qui rejette catégoriquement toute parcelle de canadienneté dans ses constructions symboliques.

Parce que sitôt que l’on admet que “nous étions canadiens”…

Comme dit Durivage: On s’en sortira jamais.

Vous savez les amis, moi, la souveraineté, je ne suis pas contre. Comme je l’ai souvent dit, j’appuie toute initiative qui donne plus d’autonomie au seul état pleinement sous le contrôle de la nation francophone d’Amérique canadienne-française, incluant la souveraineté nationale de cet état. C’est juste que je vois plein de trucs qu’on pourrait faire pour aider à la consolidation et à l’épanouissement de cette nation qu’on ne s’entend déjà pas pour faire et je ne vois pas en quoi on va s’entendre davantage entre nous le lendemain d’une souveraineté du Québec.

Et puis pour moi, le Québec, c’est un état, ce n’est pas ma nation.

Ma nation à moi, celle que mes ancêtres ont bâtie, contre vents et marée… et glace… et bayonette anglaise… celle qui crie son droit d’exister depuis quatre siècles… celle dont il est question dans les chansons que l’on chante encore dans les soirées du jour de l’an par chez nous, c’est la nation canadienne (française). C’est à cette nation là que je souhaite donner un état souverain.

La feuille d'érable - La bonne chanson

J’vous l’jure les amis. Si les souverainistes/nationalistes réussissait à re-fonder leur projet dans l’autre sens… en disant que la “province of Quebec” est un nom qui nous a été imposé pour nous priver de notre sentiment d’identité nationale et nous marginaliser, voire nous ghettoiser, autour de notre ville fondatrice, que l’on rejette donc l’appellation de québécois, que la nation canadienne-française est LA nation canadienne originale et qu’un Canada qui ne fait pas une juste place à sa nation fondatrice… et je ne parle pas ici de “bilinguisme officiel”, mais d’un statut spécial et privilégié accordé à la langue française partout au Canada et d’une reconnaissance (lire statut spécial et privilégié) du rôle que joue l’état québécois en tant que patrie principale de la langue et de la culture de cette nation fondatrice et essentielle au caractère français de l’Amérique… sans cette reconnaissance donc, la nation canadienne-française considérera que le Canada est un échec et sortira la province of Quebec de la fédération pour créer la République libre du Canada-français (Le vrai Canada; les autres c’est la fédération du Canada anglophone, dira le borné) et s’occuper elle-même de son destin. Vous faites ce que vous voulez, ROC, mais nous on fonde notre propre état libre et on rapatrie tous nos symboles… NOTRE langue… NOTRE feuille d’érable… NOTRE castor… NOS rocheuses… Euh… oups!… Ok, j’pense que j’me trompe de disque là, là…

Je sais, je rêve en couleur… j’en fume du bon… mais je maintiens que pour qu’un projet qui vise à consolider l’avenir de cette nation francophone nord-américaine soit vraiment porteur, rassembleur et capable de se projeter sainement vers de meilleurs lendemains, il ne peut pas être fondé sur l’opposition et le dénigrement de la canadienneté francophone mais qu’il doit plutôt l’embrasser; que l’une des raisons principales de l’échec du projet souverainiste est inscrite dans cette tentative par la “nation québécoise” de s’affranchir de sa propre canadienneté identitaire. Et qu’un projet souverainiste/nationaliste qui se fait sur les lignes identitaires que j’ai décrites est la meilleure voie pour obtenir l’appui de 85+% des francophones de tout le pays. Au mieux, du point de vue souverainiste, ça donne une souveraineté claire, sereine et inexorable, au pire, la reconnaissance demandée à l’intérieur du pays qu’on a fondé. Mais ça aussi, mes ancêtres en seraient fiers.

Encore une fois, je sais… j’en fume du bon.

Mais tant qu’à me faire comparer à Elvis Gratton

Think big, ’sti!


Billets similaires

2008/05/22 21:52

Citation du jour

…moi, je fais partie de ces Français qui considèrent que le Québec sont des frères et que le Canada sont des amis. Je n’oppose pas les deux. Je vais vous dire : je veux plus pour les deux.
- Nicolas Sarkozy en présentant la Légion d’honneur à Céline Dion.

Ha ha! Way to patine, mon Sarko… eh.


Billets similaires

2008/05/22 18:38

Bon coup de la journée

Je passe outre le fait que la résolution libérale concernant le crucifix à l’assemblée nationale relève du plus pur calcul politique… la tactique est aussi dégoutante  de cynisme qu’elle est redoutable dans son efficacité.

Autrement, un premier ministre, contrairement aux chefs des partis d’opposition, se doit d’être rassembleur et non partisan dans son message en une telle occasion. J’ai suivi le débat dans “l’arêne” aujourd’hui et je dois admettre que Charest passe le test haut la main.

Le moment fort pour moi fut la réplique de Charest en chambre aujourd’hui. Le rituel, semble-t-il, est qu’après sa déclaration initiale suivie d’une déclaration de chacun des partis d’opposition, le premier ministre a un “droit de réplique” qui lui donne le dernier mot. Charest nous montre ici qu’il est un politicien (et homme d’état) en haute forme ces jours-ci:

“Espace de liberté”… ces mots sont comme de la musique à mes oreilles.

J’avoue être très étonné de constater à quel point mes sympathies penchent de plus en plus vers le PLQ depuis un bout de temps… ça ne s’était pas produit depuis 1993!


Billets similaires

2008/05/22 12:03

En attendant BouchTay

Je me tape le dépôt du rapport à RDI… à date, je n’ai aucun problème. Les commissaires sont à la hauteurs de mes attentes.

J’ai aussi téléchargé le rapport en entier ici. Je vais me taper la version abrégée (je suis pas mazo, quand-même) dans les jours qui viennent… je commenterai comme ça me vient.

Il parait que l’utilisation de l’expression “québécois d’origine canadienne-française” fut la cible de beaucoup de dérision depuis les premières fuites du rapport. Mardi matin, j’entendais quelqu’un à la radio dire que Mme Marois avait lancé qu’on retournait à Elvis Gratton.

Hé hé. Je me suis senti visé.
(C’était très volontaire de ma part de me présenter comme un “Québécois de racine canadienne-française”)

En ce moment, je me dis que si ce rapport réussit seulement à rétablir l’expression ”canadien-français” à sa juste place en la vidant de la saveur péjorative que lui ont donné les gardiens de la nouvelle identité “québécoise”, ce sera un grand pas pour la cohérence identitaire de la nation.


Billets similaires

2008/05/19 21:09

Les patriotes ne sont pas morts pour la “nation québécoise”

Aujourd’hui, c’est la “fête des patriotes”. Une réponse enfantine de la “nation québécoise” qui boude le fait que le congé d’aujourd’hui provient en fait d’une tradition qui célèbre la naissance de la reine Victoria.

Queen Victoria

En instituant cette fête, la “nation québécoise”, cette construction née dans les années soixante d’un désir de renouveau et d’affranchissement si fort qu’elle exige une révision identitaire, cache mal son insécurité existentielle et démontre plutôt son immaturité. (Si on voulait vraiment donner aux patriotes la place qui leur revient dans notre paysage mythique, on ferait du 15 février une fête de recueillement national au même titre que le 24 juin en est une de célébration et de joie… et on laisserait cette journée-ci aux traditions britanniques)

Mais puisqu’il est question de nos braves patriotes aujourd’hui… et de leur appropriation par les tenants d’une idéologie historique qui se sent obligé de défigurer ses racines pour se donner la permission d’exister, je me permets une petite montée de lait qui me ronge le coeur depuis quelques années.

Chevalier de Lorimier

Le 14 février 1839, à la veille d’être pendu, le patriote François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier écrit son “testament politique”. Un des documents politiques les plus importants et éloquents de notre histoire… qui encore aujourd’hui fait vibrer tous les souverainistes et autres révolutionnaires de salon de notre petite nation.

Le texte intégral de la lettre est ici.

Faute d’être dûment enseigné dans nos écoles, ce texte est tout de même transmis dans la culture populaire à travers les oeuvres de certains poètes incendiaires de la nouvelle nation qui crient toujours si fort son nouveau nom qu’on croirait qu’ils veulent à tout prix nous faire oublier l’ancien… celui dont s’affublait les pères de leurs pères… et leurs pères avant eux qui se sont battus (ou non) aux côtés des compatriotes de Chevalier de Lorimier.

Je pense en particulier à La complainte des hivers rouges de Roland Lepage (1974) et, plus récemment, au film 15 février 1839 de l’inimitable Pierre Falardeau (2001). Ces deux oeuvres reprennent presque mot pour mot plusieurs passages de la fameuse lettre de Chevalier de Lorimier…

Je dis presque parce qu’on peut être certain que le passage suivant, tiré de la lettre, ne s’y retrouve pas et sera toujours gommé par ceux qui s’acharnent à faire de nos patriotes des “héros de la nation québécoise”…

Le sang et les larmes versés sur l’autel de la liberté arrosent aujourd’hui les racines de l’arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas.

Pourtant, il me semble que c’est là un des passages les plus révélateur, sinon de ce qui motivait nos patriotes, du moins de la dichotomie qui semble exister entre ce qu’ils étaient vraiment et le mythe que nous avons créé autour d’eux pour supporter notre idée moderne d’une “nation québécoise” qui n’aurait eu aucun sens à leur yeux.

Drapeau patriote (le tricolore canadien)Pensez-y… cet homme qui, à la veille de son exécution, sait qu’il écrit ce qui sera considéré comme le testament final de son mouvement… qui prend la peine de l’écrire par volonté qu’un tel testament soit remis à la postérité… Drapeau patrioteCet homme, lorsque vient le temps de mentionner la bannière sous laquelle il meurt, ne nous parle pas du tricolore canadien… ou d’une drôle de bannière avec un poisson et des feuilles d’érable… ou d’un castor… ou tout autre symbole appartenant alors à sa “race” française.

Non.

Drapeau patriote (les deux étoiles)Cet homme, qui tient à ce qu’on comprenne au nom de quel idéal il meurt nous dit qu’il meurt au nom d’un “drapeau marqué des deux étoiles des Canadas“. Symbole, oublié depuis, représentant deux états libres, mais unis, Betsy Ross Sews the First Amarican Flagl’un anglais (le haut-canada), l’autre français (le bas-canada), ayant déclarés leur indépendance de l’empire et frayant, main dans la main, le chemin du destin emprunté par les peuples libres. Le tout dans une logique symbolique les destinant éventuellement à s’unir à la grande expérience d’union démocratique naissante déjà entamée par 13 colonies voisines…

Pauvre Chevalier… il a pris tant de peine à faire comprendre qu’il mourrait pour avoir voulu libérer les siens du joug de Londres dans un contexte d’union “des deux étoiles des Canadas”…

Mon pauvre Chevalier… le destin rit de toi, mon pote. Si tu savais à quel point tes “héritiers” s’en foutent. Aujourd’hui, ils ont appris à avoir honte du nom de canadien que tu portais fièrement comme étant celui de ton peuple… ils ont appris à cracher sur les symboles qui ralliaient tes frères; le castor; la feuille d’érable; tout en croyant reprendre ton flambeau… les uns ignorants… les autres hypocrites… si tu savais à quel point ils s’en foutent de savoir ce qui t’animait vraiment…

Ils sont trop occupés à se redéfinir dans une identité fragile qui veut tant fuir la honte de ses origines qu’elle s’est déconnectée de ses racines et ne sait plus se nommer

Ils sont trop occupés à s’oublier pour pouvoir célébrer l’idéal pour lequel est mort un vrai patriote.

À la tienne, mon Chevalier.


Billets similaires

2008/05/15 19:07

Une pensée comme ça…

bataille des plaines d'abraham

Je me tape un doc à PBS sur les “French-Indian Wars” que nous on appelle généralent “La conquête”… mais qui pour eux, est seulement le prologue de la révolution qui donne naissance à leur nation.

Une pensée me vient à l’esprit.

Mettons que nous avions gagné… disons que les Anglais nous avaient pas envahis…

Aujourd’hui, ne serions nous pas encore une colonie de la France administré de Paris. Serions nous plus “indépendants”.

Quelle sorte de “nation” cela ferait-il de nous?

Comme je dis, une pensée comme ça.


Billets similaires

2008/03/04 20:50

“Arrêtons de nous flageller”

Je fouillais dans mes fonds de tirroirs, et j’ai trouvé cette ébauche de billet (daté du 24 septembre 2007) que j’avais l’intention de publier à mes tout débuts. Sérieusement, je crois qu’il s’agit de mon troisième ou quatrième billet, et le premier qui ne fut jamais terminé pour ensuite se perdre dans les méandres de mon esprit.

J’ai cru interessant de le terminer. La partie en jaune fut écrite ce soir. Le billet original finissait sûrement autrement dans ma tête, mais enfin, le voici:

Je regardais Il va y avoir du sport vendredi dernier et j’ai été frappé à quel point le discours d’un des participants résonnait avec celui que j’ai envi de tenir aux souverainistes. [Je n'ai jamais eu, ni n'ai, l'ambition d'être un écrivain, alors je prends mon inspiration où je peux]

Il s’agit ici d’un débat sur la question: Montréal est-elle une ville d’envergure? La participante en question, du coté des «oui», est Isabelle Hudon, présidente de la chambre de commerce du Montréal Métropolitain. Les autres détails sont ici. Vous pouvez voir le débat en entier ici. Le sujet me tient à coeur (et j’en aurais long à dire) mais n’est que périphérique à celui de ce billet.

Remplacez les termes “Montréal” et “Montréalais” par “Québec” et “Québécois”; “régions” par “Canada Anglais”; et l’idée de trous et de malpropreté par tout ce vous n’aimez pas est qui est de la faute du fédéral (et je dis ça sans sarcasme) … et vous avez l’essentiel de mon approche sur l’avenir de la nation.

Qu’on arrête de blamer les autres pis occupons nous de nos affaire… prenons nous en main. Fédéraliste? Non. Je me fous pas mal de la nation anglo-canadienne (et je le dis sans hostilité). Culturellement, je la trouve plus faible et fragile que la notre. Sans nous, ils n’ont pas beaucoup de bases solides pour se définir… mais ils ont commencé et je leur souhaite bonne chance… un jour, par contre, il faudra bien qu’ils se défassent de certains mythes sur lesquels elle est fondée, comme le bilinguisme, mais ça, c’est leur problème.

Pour ma part, c’est simplement que ça fait longtemps que j’ai compris que ce ne sont pas eux qui nous empêche d’avancer. Et que culturellement, sur le plan de l’identité, c’est nous qui avons le gros bout du baton.

Notre ennemi n’est pas externe à nous.

Il est à l’intérieur de nous.

Il s’apelle la peur.


Billets similaires

2008/02/29 18:59

Colère + Terreur = Censure

J’aimerais bien passer à autres choses… je suis désolé pour tous ceux que cette histoire ennuie (et il y en a, vous me l’avez fait savoir et c’est noté) Mais puisque la tempète persiste et que votre humble serviteur s’y retrouve mouillé par l’acharnement d’un autre, je me dois de naviguer les vagues qui se présentent à moi au meilleur de mon jugement. (Hang on!)

Mathieu Gauthier-Pilote, l’auteur du site ressources La République libre du Québec, qui s’était melé à la controverse en offrant des répliques polies, compréhensives et détaillées pour répondre aux arguments de Louis (such as they are) vient de me livrer un commentaire que notre Gardien De la Parole Sainte refuse de publier sur son site (il ne publie plus les miens non plus, malgré leur manque de méchanceté) et me demande, puisque c’est ici qu’on vient voir de quoi nous parle l’Empereur du Web ces jours-ci, de le publier en mentionnant que notre Grand Vizir le censure.

Je suis d’ailleurs assez surpris du nombre de gens qui m’ont laissé savoir que Louis n’a pas publié leurs commentaires à l’atentat d’assassinat litéraire qu’il m’a livré. Sous quelqu’un qui se veut l’apôtre du débat franc et musclé on découvre un censeur craintif qui tente de manipuler les perceptions en sa faveur.

Voici donc le commentaire de Mathieu qui fait si peur au Gardien de Notre Avenir à Tous qu’il n’a pas osé le publier. Le ton est celui de quelqu’un qui a perdu patience… mais pas sa capacité à raisonner. Il est plus fort que moi. Je le salue.

Cela fait trois jours que Louis, alias Un homme en colère (uhec.net) CENSURE mon commentaire qui au départ était destiné à répondre à son texte « L’idiot du village… ou le culte de l’à-plat-ventrisme! » publié le 26 février. Voici le commentaire censuré. J’aimerais, SVP, que tu le publies en faisant bien comprendre que j’ai été censuré par Louis :

Et il la ramène. Pas content d’avoir exposé au Québec entier son incapacité à rationaliser, à émettre une opinion après et non avant l’analyse des faits, à faire l’étalage de son incompréhension de la problématique de l’intégration des immigrants à la vie sociale québécoise dans un contexte de forte compétition de la langue anglaise sur notre territoire nationale, il en rajoute pour se caler plus profondément.

Nous attendons toujours des excuses pour les injures et les insultes.

Nous attendons toujours que tu admettes que le blogue de AngryFrenchGuy n’est pas destiné aux Québécois, mais au public anglophone mondial. (Bien sûr qu’il a attiré des francophones du Québec, comme toi d’ailleurs : y’a un lien vers le site dans Vigile.net et ça parle du Québec et de son indépendance! réveille!)

Et j’attends toujours des réponses à mes arguments qui illustrent le manque de réflexion de ta vulgaire diatribe, qui déshonore ton blogue, tes amis et tes lecteurs. Personne n’a manqué de voir que tu esquives la confrontation sur le terrain de l’honnêteté intellectuelle, de la science des faits et de l’analyse politique.

1. - Quel lien de cause à effet y a-t-il entre l’action individuelle d’un groupuscule de blogueurs sur le front des médias anglophones et le problème de l’intégration en français au Québec, lequel phénomène précède le premier d’au moins 30 ans?

2. - En quoi, et dans quelle mesure, relayer de l’information exacte et un point de vue indépendantiste sur les questions politiques et sociales québécoises contribue-t-il à « l’anglicisation de la culture québécoise »?

Louis écrit: 1) « Nous devons parler de l’indépendance du Québec à l’international sinon n’importe qui va dire n’importe quoi sur nous! »

C’est une déformation d’un argument beaucoup plus porteur. Mais bien sûr, il fallait mettre tes mots dans nos bouches. Voici ce que tu aurais dû savoir avant de t’humilier en public :

Dans son rapport final de 298 pages, déposé le 17 août 2001, les commissaires des États généraux sur la situation et l’avenir de la langue française au Québec écrivent :

« Il importe donc que le Québec sache faire connaître, à ses citoyens d’abord et au reste du monde ensuite, les éléments essentiels de sa politique linguistique. Il importe également que l’État québécois intervienne dans certains cas d’ignorance grave ou de mauvaise foi évidente où sont rapportés des mensonges ou des demi-vérités sur le projet linguistique de la nation québécoise. »

« La mondialisation, qui accroît l’attrait de la langue anglaise au Québec, l’immigration, facteur démographique vital pour la pérennité de la nation québécoise, font que le Québec évoluera de plus en plus dans un contexte de concurrence linguistique permanente. La langue française et la politique qui la sous-tend, comme la sécurité routière, comme la culture, comme l’esprit civique, doit, elle aussi, emprunter la voie promotionnelle pour se rendre présente dans l’esprit des gens. »

« Au Canada et à l’étranger, la politique linguistique québécoise est trop souvent perçue négativement. Le milieu des affaires et des médias en particulier la connaissent peu. Pour leur part, les Américains demeurent opposés à une législation qui leur semble réduire les libertés individuelles et limiter l’usage de l’anglais. Pour eux, langue et culture sont deux éléments séparés, ils ne voient pas bien comment la protection de la culture québécoise comprend également la protection de la langue française, bien que 25 états américains aient adopté des déclarations proclamant l’anglais langue officielle. Il faut donc développer la perception que la culture québécoise fait partie de l’héritage nord-américain et qu’il est nécessaire de la préserver. Il importe également de corriger les perceptions erronées de la loi linguistique québécoise et de
son application. »

ET POUR CONTRER CE GRAVE PROBLÈME, le rapport recommande :

Recommandation. 147 - Que soit instaurée une vaste campagne institutionnelle permanente à deux volets pour la promotion du français et de la politique linguistique québécoise,
le premier volet s’adressant aux citoyens du Québec et le second, AU RESTE DU CANADA ET À L’ÉTRANGER.

Recommandation. 148 - Que soit mis sur pied un service de veille médiatique pour tout ce qui touche la politique linguistique québécoise À L’EXTÉRIEUR DU QUÉBEC.

Tiens tiens… bien que ce ne soit pas l’objectif premier de AngryFrenchGuy et que je doute fort qu’il se soit tapé la lecture de ce rapport, il semble que son action soit parfaitement conforme À L’INTÉRÊT SUPÉRIEUR DE LA NATION QUÉBÉCOISE DE FAIRE LA PROMOTION DE LA CHARTE DE LA LANGUE FRANÇAISE À L’ÉTRANGER.

Louis écrit: « Malheureusement, tant et aussi longtemps qu’il y aura des à-plat-ventristes et des traîtres comme angryfrenchguy pour leur permettre de participer à une vie culturelle québécoise en anglais, ils ne ressentiront pas le besoin d’apprendre le français. »

Pour la troisième fois, si je compte bien, tu prêtes des intentions aux autres, tu leurs mets des paroles choisies dans la bouche pour mieux les ridiculiser. Sache que cette pratique sophistique se nomme « l’homme de paille » est au moins aussi vieille que le métier de logographe pratiqué jadis dans l’Athènes antique.

Tu confonds « une vie culturelle québécoise en anglais » avec « représentation de la culture québécois francophone dans la langue des autres peuples ». Grave erreur.

Voilà.

Ce blogue retourne maintenant à ses préoccupations habituelles (j’espère).


Billets similaires

2008/02/28 12:56

“Don’t mind us”

Les libéraux célebrent leur maintien à l’opposition.


Billets similaires

2008/02/25 01:37

Touchy, touchy…

Hm.

C’est la première fois que ça m’arrive depuis que je visite son site, mais il semble que cette fois-ci, Louis m’a mis dans sa liste de “traîtres à la nation” et mon commentaire est tombé dans la liste de modération ou ne sera pas publié… ou peut-être est-ce parce que j’y ai glissé une phrase anglaise et qu’il a configuré son truc pour ne pas laisser passer d’anglais… Ce que je sais, c’est qu’avant (plus tôt, aujourd’hui) mes commentaires y étaient publiés instantanément.

Enfin.

Je republie ici ma réponse à une conversation que je ne croyais pas voir dégénerer de la sorte. (Les détails sont ici)

Louis,

Tu me blesses.

“Enfantin” est à peu près la seule et la pire attaque personnelle qui puisse sortir de mon clavier. Autrement, je crois que j’ai toujours été poli ici et ne me suis attaqué qu’aux idées.

D’ailleurs, (j’aurais dû être plus précis, mais) je ne traitais pas le contenu de ton billet d’enfantin, mais plutôt le fait que tu bloquais les commentaires des gens que tu y défiais. Je me serais, à la limite, attendu à me faire répondre qu’ils étaient d’une telle vulgarité ou impertinence que tu ne pouvais faire autrement…

Enfin.


Tu dis:

Mon billet est tout ce qu’il y a de plus rationnel et modéré

Voyons voir:

Après une première phrase de mise en situation (biaisée, mais ça, nous le sommes tous) qui dévoile immédiatement à ceux qui ont suivi la progression de ce blogue que tu t’es fait une opinion sans vraiment aller au fond des choses (encore là, qui n’a pas péché? …mais il faut au moins être conscient qu’on est en terrain délicat), après une seule phrase, dis-je, tu lances immédiatement:

Il va sans dire que je n’ai pas plus de respect pour quelqu’un qui prétend défendre le français en anglais que j’en ai pour un pays qui en bombarde un autre au nom de la paix ou pour un violeur qui viole au nom de la virginité.

Je m’arrète immédiatement.

Ce que tu viens de faire ici, c’est mettre des gens (ou plutôt quelqu’un, mais plusieurs, comme moi et mon lecteur, se sentent visés) qui ont au plus profond d’eux assez de passion pour la cause du français, de l’indépendance nationale… ces causes qui te ravagent le fond de l’âme… qu’ils ont mis les énergies nécéssaires pour démarrer un site (tu sais ce que ça implique) et remplir une niche de plus, mettre en place un mégaphone de plus pour la cause… à un endroit où il n’y en avait pas… chose que tu as réussi, que je commence à comprendre que je ne réussirai jamais à mon goût et qu’AngryFrenchGuy a réussi aussi, à sa façon. Tu prend ces gens donc… et tu les mets dans la même catégories que les assoifés de guerres et les violeurs de ce monde.

“Il va sans dire”

Non Louis, on est pas dans la modération. Ni dans la rationalité.

C’est drôle… j’ai pour mon dire que pour que le français rayonne en Amérique… pour que le Québec devienne indépendant, il faut rassembler le plus de monde possible autour de l’idée.

Except that with guys like you by my side, I’m not sure what I’m fighting for anymore.

Moi, Louis, je ne suis pas comme AngryFrenchGuy, je ne suis pas seulement francophone, je suis les deux, la preuve vivante que toute les forces d’assimilation du monde, même un respect pour la force assimilatrice, ne peuvent rien contre la volonté de prolongement d’une identité.

Quelqu’un comme moi a-t-il une place dans ta nation?

I guess not.

… 

Louis peut parfois être un blogueur admirable, il a le don de “mettre le doigt sur le bobo”. Mais plus souvent qu’autrement, à la manière des médecins du XVIIe siècle, ses interventions font davantage saigner qu’elles ne guérissent.

Et parfois, je me demande si le monde ne s’en porterait mieux s’il cultivait son jardin plutôt que de pratiquer la médecine.

Ajout: Le langage que j’ai trouvé blessant semble avoir été nettoyé de son commentaire (entre autre, “torchon” est devenu “n’importe quoi”)… J’ai réagi avant qu’il n’ait terminé d’éditer, c’a l’air.

Mais ma réponse n’y est toujours pas.


Billets similaires

2008/02/22 14:18

Do The Tabarnak (prise 2)

Toujours à l’affût des nouvelles tendences (lire chanceux malgré lui), Le Petit Émerillon vous présentait, au début décembre, un apperçu de ce tout dernier phénomène destiné à enflammer les pistes de danse hip-hop du monde entier: Le Tabarnak.

Eh bien:

Excalibur - Le Tabarnak est très chaud

Et elle a maintenant son site Web: letabarnak.tv.

Et vous, savez-vous sur quel pied danser?


Billets similaires

2008/02/20 13:13

Un Français à Québec

Tranches de vie depuis Québec

Vues d’un étudiant de Strasbourg en stage à l’université Laval sur la vie dans l’Amérique française.

Tout à fait fascinant.

Il parait que le Figaro a décidé de nous taper dessus depuis un bout de temps… (Je suis trop occupé par l’info américaine pour être au courant)…

Je ne sais pas ce qu’a le Figaro comme rapport avec la province de Québec, mais les articles - négatifs - s’accumulent.

Après avoir traité du plateau du Mont-Royal de Montréal comme le dernier lieu de résistance des francophones à l’invasion des méchants et horribles anglophones, voilà que le quotidien nous offre ses commentaires sur le niveau de langue des élèves. L’article est disponible ici …

Mais je note le commentaire perspicace du blogueur:

Le journal continue à taper sur les Québécois et je songe à l’analyse que faisait un de mes amis sur le précédent article du Figaro, à savoir que ces écrits reflètent plus les peurs que nous avons pour nous-mêmes que la véritable situation du Québec. En gros, l’article est destiné à un public bien français qui sera ravi de s’imaginer que MEME au Québec la langue française souffre et le lecteur de penser: “Au moins, la France n’est pas la seule dans cette situation!”

Heh.

Comme quoi, quand on s’compare…

Un blogue à découvrir.


Billets similaires

2008/02/19 22:34

Les deux solitudes, side by side.

  

Opinion Canada

  

J’applaudis tout de même l’initiative.


Billets similaires

2008/02/19 13:30

Le Canada et la D.U.I. du Kosovo

Ça semble être un  des sujets chaud de notre sphère…

J’avoue être pas mal déconnecté de l’actualité canadienne et fédérale ces jours-ci, et je n’ai aucune idée comment les choses se tramment à Ottawa… mais je suis très curieux de voir ce qui va se passer.

Le Canada reconnaîtra-t-il la déclaration unilatérale d’indépendence du Kosovo? Et si oui, qu’advient-il du concept en jurisprudence canadienne? (J’ai hâte de voir les pirouettes et acrobaties de nos politiciens sur le sujet.)

Bien que non réfractaire à la souveraineté du Québec, j’ai depuis longtemps de sérieuses réserves quant à l’idée d’y accéder via une DUI. Comme feu René Lévesque, je préfèrerais continuer à évoluer à l’intéreur du cadre légalisto-constitutionnel de tradition britanique… (je sais que mon sentiment est loin d’être partagé, mais ma préférence serait pour un Québec souverain qui conserve la couronne britanique comme chef d’état et son attachement au commonwealth)

Tout ça est bien beau… sauf qu’il semble que l’Histoire soit entrain de tracer un autre chemin.


Billets similaires

2008/02/11 20:26

La droite de chez nous

Un très estimé lecteur a fait un commentaire aujourd’hui qui a finalement mis en mots une réflexion qui me ronrone dans le fond du crâne depuis que j’observe (non sans espoir) la montée de cette nouvelle droite conservatrice de chez nous que d’aucuns ne soupçonnaient l’existence il n’y a de ça que cinq ans dans le paradis social-démocrate que l’on croyait (à tord) faire notre distinction.

Il s’agit de M. Bergeron, un américain résident de la Californie qui répond au Dissident, ce (nouveau?) blogueur de chez nous qui tire nettement à droite.

Ronald Reagan est mort, [le] conservatisme a échoué, le parti républicain est divisé. Les gens les boudent, parce qu’ils n’ont pas d’idées nouvelles à répondre à nos besoins et nos problèmes c’est toujours la même chanson: moins de gouvernement (sauf dans le bodoir), moins de taxes pour les riches (alors que le fardeau remue aux travailleurs de la classe moyenne), plus de dépenses militaires pour les guerres glorieuses, plus de moralisation à faire Jésus vouloir vomir, pour le reste vous êtes seuls, “you’re on your own!”

Puis en terminant, il fait référence au fait que notre ami Dissident semble s’être approprié certains des symboles de Batman:

Mathieu, je crois pas que vous ne trouverez pas un plus grand libéral (au sens américain) que Bruce Wayne, c’est l’exemplar sans pareil du “Limousine Liberal.” I’m sure the irony is not lost on you, since you call yourself the “Dissident”, even though your side is currently in power, both in Canada and here in the US. Bush isn’t gone yet.

Ce n’est pas sans un certain plaisir et soulagement que j’ai constaté que nous avions une droite (plus ou moins) cohérente dans ma nation. Qu’une certaine alliance était possible de ce coté du paysage entre le pôle de Calgary et celui de Québec (qui se découvre à peine) afin de contrer l’hégemonie étatiste et centralisatrice du parti qui prétend définir l’âme même du pays depuis 1967. C’est vrai qu’aujourd’hui, la droite vit une certaine heure de gloire ici… et on a nettement l’impression qu’on en est encore qu’au début.

It’s Morning in the Great White North.

Pour ma part, je suis loin de m’en désoler. J’ai passé ma vie dans une société qui penchait universellement à gauche, pendant qu’on se divisait entre souverainistes et fédéralistes… Ce n’est pas sain. Les éléments bénéfiques des courants de droite (il y en a) n’ont pas encore assez eu la chance de faire effet à mon goût sur ma société. Pour quelqu’un qui se targuait d’anarcho-capitaliste en 1987 (j’étais jeune, j’ai beaucoup évolué depuis, mais quand-même), je regarde la montée de la droite politique et je dis: Y était temps!

Sauf qu’en tant qu’amateur de la politique américaine, je partage entièrement l’analyse de mon lecteur. La droite conservatrice américaine est épuisée… dogmatique… finie.

Elle est dûe pour une bonne traversée du désert.

Je regarde notre droite à nous se péter les bretelles… ces gens semblent encore tout à fait inconscients des nombreux endroits où le projet américain sur lequel ils fondent leur démarche a complètement échoué. Je les voit partout répéter les mêmes erreurs et semer le même poison corrosif qui a fini, à force de contact, par s’introduire jusque dans l’âme du mouvement américain qui s’en servait. Jusqu’a ce qu’il devienne la caricature grossière et tristement réelle que nous décrit M. Bergeron.

Les conservateurs (petit c) d’ici se sentirons bien seuls dans le monde ante Bush… et ils ne dureront pas longtemps s’ils persistent à émuler un mouvement moribond plutôt que d’adapter leur idéologie (et surtout leur approche) au 21e siécle et à un monde qui s’apprête à s’axer nettement sur le progressisme.


Billets similaires

2007/12/25 20:46

God Save the Queen

Le 50e message télévisé de Noël de notre Souveraine:

YouTube - THE QUEEN - 2007 CHRISTMAS MESSAGE


Billets similaires

2007/12/07 14:31

Changement de cap… ou note concernant la présence de l’anglais dans ce blogue

Je m’apperçois que je commence à publier de plus en plus de liens vers des trucs anglophones… Et cela trahit quelque peu la « mission » originale que j’ai voulu donner à ce blogue. Je suis surtout sensible au fait que cela cadre mal aux yeux de certains avec l’image de promotion et de valorisation du français en Amérique que se donne Le Petit Émerillon.

Il faut comprendre que je suis 100% francophone, mais je suis aussi 99,7% anglophone.

J’ai ouvert ce blogue, il y a plus de trois mois, en grande partie parce qu’après m’être amusé à exposer sur Internet la partie anglophone de mon esprit pendant un bon moment, mon coté francophone commencait à s’agiter de plus en plus… Il avait lui aussi plein de choses à dire (surtout avec les récents changements de paradygmes au niveau de la politique canadienne et québécoise) et il n’avait pas envie de les dire en anglais… surtout que la minuscule quantité de lecteurs qui visitait mon site (surtout des filles, rencontrées sur MySpace, du Canada, des U.S.A. et d’ailleurs qui aimaient ce que j’avais à dire sur les femmes… et moi de répondre à la demande) n’avait ni le contexte pour comprendre ce que j’avais à dire là-dessus, ni l’intérêt.

J’ai donc démarré ce blogue au départ avec l’intention de le réserver exclusivement à mes “réflexions sur l’état de cette nation francophone d’Amérique à laquelle j’appartiens” tout en continuant à déverser le reste de mon esprit dans mon blogue anglophone… Mais, vous savez, moi et la discipline personnelle… Pfff.

Trois mois plus tard, je me retrouve à administer un blogue francophone qui est lu et où participent une variété de gens aux idées diverses qui provoquent et stimulent ma réflexion et je suis complètement accro. (Je dois d’ailleurs me questionner sur le montant croissant de temps que cette activité est en train de me bouffer… A guy’s also gotta have a life at some point!)

Pendant ce temps, mon site anglophone amasse la poussière et le coté anglophone de mon esprit cherche des échapatoirs.

J’ai donc décidé d’officialiser un léger changement de cap pour Le Petit Émerillon. Disons qu’en plus de sa mission principale de promouvoir une identité francophone nord-américaine forte et de se pencher sur les débats de la société francophone, il se donne une sous-mission… Celle d’ouvrir aussi une fenêtre donnant dans l’univers anglophone qui nous entoure… un univers qu’il faut aussi apprendre à apprivoiser si nous voulons y tailler notre place habilement.

Je ne me gênerai donc plus pour vous parler de politique américaine et mettre des liens vers du matériel anglophone portant sur les aspects qui m’intéressent de la pensée anglo-saxonne mondiale (lire, surtout américaine) et son évolution.

[Note: Plus de profondeur sur ce "changement de cap" dans le prochain billet: Pourquoi "Le Petit Émerillon". J'ai décidé de morceller... ]


Billets similaires