2007/12/21 13:58

Chômage

Le bout du rouleau…

Fini.

La compagnie pour laquelle je travaille agonise…

Elle ne peut plus me payer… elle ne peut même plus me garantir ce qu’elle me doit déjà. C’est fini. Mise-à-pied “temporaire”. Heh, et l’ironie du fait que tout ça se passe à ce moment-ci de l’année n’échappe à personne. [Christmas is going to be a Bob Cratchit affair for me this year...]

C’est la fin d’une époque pour moi. Onze années consécutives sans assistance gouvernementale quelconque. Et que de chemin parcouru!…

Il y a 12 ans, je vivais de l’assistance sociale. Un jeune homme sans perspectives, ayant abandonné toute prétention de la carrière d’acteur dont il avait rêvé et dans laquelle il s’était brievement investi. Le mieux que je trouvais, pour gagner ma vie, était de faire des appels pour les maisons de sondage. Boulot précaire et crève-faim s’il en est un.

Puis est arrivé l’économie du savoir.

Grâce à toutes sortes de concours de circonstances, certains dûrement arrachés, d’autres relevant de la chance la plus improbable (je crois que c’est ce qu’on appelle la vie)… la venue de l’économie du savoir a permi à un p’tit smatte sans diplôme comme moi de s’enseigner à maitriser cette nouvelle technologie et à se hisser, au fil des opportunités, du rang des 20% les plus pauvres de notre société à celui des 20% les plus riches. [Sautez pas au plafond. Le bas de la tranche du premier 20%, c'est pas rien, j'avoue, mais c'est pas la fin du monde non-plus... Dubuc a raison de dire que le Québec pourrait et devrait faire mieux.]

Et que d’aventures à naviguer ce nouveau monde!… je me souviens, à l’époque de la bulle “DotCom”… il y avait tant d’argent! …tant d’argent!… tant d’opportunités… J’ai pu voir et vivre le capitalisme sous tous ses angles, du “start-up” aux hautes sphères corporatives …mon chemin m’a même brièvemment ammené à travailler pour Michèle Courchesne, alors qu’elle était VP Marketing chez Cognicase, une “grosse” boîte informatique de l’époque, depuis avalée par CGI.

Tout ça pour aboutir, il y a environs 5 ans, dans une situation de rêve. Un boulot dans une petite boîte de recherche ayant une idée révolutionnaire repoussant les frontières de la science informatique… le genre d’idée qui (si elle fonctionne) va changer le monde mais qui demande toujours davantage de recherche et développement (donc de financement) pour mener à terme… C’est là où, pour la première fois, on me paye entièrement non seulement pour mon expertise en bases de données, mais surtout (et c’est important pour moi, n’ayant aucun diplome) pour mes connaissances en tant que programmeur. Pour eux, le fait que j’ai appris par moi-même est un plus! C’est depuis ce temps là que je me dis informaticien.

Mais voilà, c’est fini.

Le dollar américain qui fait tourner mon industrie ne vaut plus grand chose. [Truth is, a good part of my personal revenue for the last 5 years was (indirectly) coming from U.S. taxpayers] Et l’économie qu’il représente, après 7 ans de la folie Bush, tourne maintenant à sec. Pouf! Crack! Il n’y a plus d’argent!

Les cours d’eau vitaux à l’écosystème capitaliste dans lequel les petites entitées comme nous survivent sont maintenant à sec… et les plus vulnérables commencent à tomber. Ce n’est pas fini…

Je ne me plaint pas. Bien que je sois en deuil de ma “situation de rêve” (qui de toute façon, n’en était plus vraiment une depuis déjà 6 mois), je regarde en arrière et je ne peut qu’être émerveillé et me dire: “Woo-wee! What a ride!!!”.

Vive le capitalisme!

On me dit que le marché place encore beaucoup de valeur sur mes connaissances, mon expertise et mon expérience… j’ai bien hâte de voir.

De toute façon, ce n’est pas ça qui est important:


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12 commentaires sur “Chômage”


  1. la Longueuilloise dit:

    Bonne chance. Au pire, tu pourrais faire du soutien technique à ton compte en attendant. Je connaisa quelqu’un qui fait ça (avec Netmeeting et PCAnywhere ou qq chose du genre). Pas besoin de diplôme pour ça.

    Quand j’ai commencé dans ma profession actuelle, je n’avais pas de diplôme moi non plus.

    Puis-je faire une suggestion : les cégeps et universités reconnaissent les acquis des personnes qui ont une expérience de travail. On te créditerait des cours. Et dans certains ministères au fédéral, 40% à 50% du personnel va prendre sa retraite d’ici 5 ans et ils cherchent des informaticiens désespérément, entre autres. Si tu veux des tuyaux plus précis écris-moi à aline.binettre@gmail.com.


  2. Renart L'éveillé dit:

    Je suis bien désolé pour toi, même si tu me sembles plus optimiste que pessimiste. Alors, je suis certain que ça va bien se passer!

    Si ce n’était pas si personnel comme texte, et comme situation — et avec le temps des fêtes qui arrive —, je ne ferais pas que te souhaiter bien du plaisir, il nous restera bien toute l’année pour discutailler…

    Fais bien attention à toi!


  3. Gilles Laplante dit:

    Si tu as de l’expertise en bases de données ça devrait t’aider. Les bons sont plutôt rare dans le domaine. Tu devrais bien t’en tirer. Ne te décourage surtout pas.


  4. Arnold S. dit:

    Salut Alain,

    Ce n’est pas jojo d’apprendre une telle nouvelle juste avant Noël. L’important, c’est de garder le moral et de ne pas se laisser démonter par les diffcultés.

    Je sais que ça ne règlera pas tes problèmes et que ça va faire cliché, mais faut voir tout ça comme une réelle opportunité, une chance unique, un tremplin vers d’autres mondes possibles.

    Dis-moi, entre moi et toi, je ne sais pas jusqu’à quel point tu as encore confiance en cette province, mais comme t’es encore jeune et en bonne santé, actif dans un domaine de pointe, bilingue, dynamique et plein d’idées, t’as pas considéré plier bagages et aller là où l’on croit encore en l’avenir?

    Et Joyeux Noël à toi Alain ainsi qu’à tous les blogueurs du Québec! ;)


  5. gaétan dit:

    Tu sembles garder un bon moral. Tu vas passer au travers.
    bonne chance.


  6. Alain B. dit:

    La Longueilloise,

    Merci pour les suggestions, elles ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd, j’apprécie. Je me donne encore quelques jours pour profiter des fêtes et “vivre mon deuil” (étrangement, ce que je ressens face à la perte de cet emploi s’apparente davantage à une peine d’amour qu’à une crainte de l’avenir), mais j’entend profiter de toutes les opportunités… Merci encore.

    Renart,

    Merci pour les bon voeux, mon pote, ça fait du bien.

    Je ne sais pas si je suis vraiment optimiste… La vérité est que lorsque je regarde en avant, je suis absolument paniqué! Ce n’est que lorsque je regarde derrière que je ne peux faire autrement que d’être surpris et émerveillé par tout le chemin parcouru… et cela nourrit un certain optimisme… Sauf que je voit davantage de raisons de paniquer que d’espérer lorsque je regarde la forme du terrain sur lequel je suis contraint de m’aventurer.

    Dommage que tu n’aie pas mordu pour la discutaillerie ;) … Le texte est très personnel, soit, mais je profite aussi de ma situation difficile pour illustrer une partie de ma pensée politique(je commence à penser que c’est là mon style), soit mon admiration du système économique de libre-marché sur lequel j’ai surfé ces onze dernières années et qui m’a si bien servi. En tant que tel, le texte se veut ouvert à la discussion… il la souhaite, même.

    Gilles,

    Je sous-estime probablement la valeur de mon expertise en bases de données “classiques”, enfin, c’est ce qu’on me dit… Le problême est que j’ai passé les cinq dernières années à devenir une somité dans une technologie de bases de données qui, à toute fins pratiques, n’existe pas!

    Maintenant, j’ai plutôt l’impression d’avoir 5 ans de retard sur les autres.

    Arnold,

    Merci. C’est peut-être cliché, mais c’est parce que ça touche une vérité importante. Je ne peux pas le voir autrement… c’est excitant, mais c’est aussi très épeurant.

    Entre toi et moi, n’ayant (hélas) aucune obligation familiale me retenant ici, je serais idiot de ne pas considérer une opportunité qui me mèrerait “ailleurs”… et je n’y suis donc pas fermé. Mais ce serait tragique pour “cette province”, car ça y ferait une personne de moins qui “croit en l’avenir”. De plus, de m’éloigner de là où l’on parle encore français serait une tragédie personnelle, car je vis depuis toujours une histoire d’amour avec la culture francophone d’amérique qui n’a de rivale que celle que je vis avec la culture anglo-américaine… cette dernière peut être vécue de partout sur la planète, je crains l’effet de la distance sur cette première qui, au fond, m’est beaucoup plus chère.

    Une autre façon de le dire est que je suis marié à la culture québécoise, alors que la culture américaine est ma maitresse… ma maitresse peut me visiter partout, mais pour bien aimer ma femme, je dois habiter à la maison.

    Gaetan,

    Merci. Mon optimisme et mon moral sont là parce que je peux encore m’imaginer que ce qu’on me dit au sujet de la valeur de mon expertise est vrai… en même temps, l’idée qui ne cesse de me trotter dans l’esprit est qu’en dollar américains, je coûte litéralement deux fois plus cher qu’il y a quatre ans… ça ne peut pas être bon signe.

    Merci à tous pour vos encouragements.

    Joyeux Noël!
    Bonne année!
    Meilleurs voeux des fêtes!


  7. J.H. dit:

    Salut Alain,

    Je compatis vraiment avec ta situation. On a tous eu des moments difficiles dans notre vie, de l’incertitude, des questionnements…

    Avec la détermination que tu as démontrée pour sortir de la précarité et te rendre à un niveau plus enviable grâce à des habiletés autodidactes, je ne doute pas que tu pourras certainement trouver d’autres opportunités dans notre société.

    La facilité d’apprendre soi-même et de s’adpater facilement aux situations sont visiblement tes forces et ceux-ci t’avantagent dans cette société qui évolue à grande vitesse.

    Je te souhaite un Joyeux Noël et garde espoir!


  8. M. Bergeron dit:

    Alain,

    Je suis désolé d’apprendre vos mauvaises nouvelles, et juste avant Noël, c’est comme du sel dans la plaie. Je vous souhaite bonne chance dans l’avenir, vous me semble un très smart cookie, je crois que vous vous en débrouillerez.

    J’aime la vidéo attaché, c’est vrai l’important c’est le voyage, et non pas la déstination, et il y a des choses dans la vie valent plus que l’argent.

    Joyeux Noël! Bonne Année!

    Michael


  9. la Longueuilloise dit:

    Puis-je fortement recommander les clubs de recherche d’emploi? Je l’ai essayé et ça marche!


  10. L’appel de la panse - Le Petit Émerillon dit:

    [...] Il faut dire que j’ai été assez prolifique depuis un mois. Ceux qui suivent ce blogue depuis longtemps savent les circonstances qui me permettent d’être si présent dans la sphère ces jours-ci. Pour les autres, l’explication est ici. [...]


  11. Le retour de l’étincelle - Le Petit Émerillon dit:

    [...] et la dernière année fut particulièrement fragile à ce niveau pour moi. Il est certain que la perte de mon emploi de rêve en décembre dernier y est pour quelque chose, mais cette explication ne suffit pas; il y a [...]


  12. Intermède commandité par monster.ca - Le Petit Émerillon dit:

    [...] qui en plus de “livrer la marchandise” à laquelle ils prétendent, du moins dans un cas comme le mien, ont récemment créés ce que je considère être parmi les meilleures pubs que l’on voit à [...]

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