Billets tagués ‘Le Devoir’

2007/09/30 22:59

Les dessous …du Web 2.0 (suite)

Appelez-moi naïf mais moi, je me plaisais à croire qu’Élodie G.-Martin était vraiment une « fille de droite » pro-adéquiste et anti-péquiste engagée… Bon, il est vrai que je n’avais pas encore eu le temps de faire autre chose que de « fureter » son blogue… J’en suis encore à mes premiers pas dans la blogosphère québécoise et donc n’avais aucune idée des soupçons qui couraient autour de la nature réelle de son identité. …Mais j’avais tout de même hâte de m’attaquer plus sérieusement à son blogue. (Ce pourquoi je déplore sa disparition)

En tant qu’(ex)adepte de la blogosphère politique américaine et anglo-saxonne qui essayait de s’immiscer dans celle de mon coin et d’en identifier les joueurs principaux, j’avais tout de suite noté le blogue d’ÉGM comme étant un des « bons. » Comprenez-moi, je suis loin de dire que ce type de blogue représente un idéal à suivre (comme j’espère que le mien le démontre) mais dans le grand espace de la libre-expression qu’est ce phénomène que l’on nomme « blogosphère, » il avait certainement sa place. Il faut tout de même admettre que le type de moyen d’expression qu’est le blogue se porte plutôt bien au discours du type « franc-tireur, » …comme en témoigne le succès des blogues les plus populaires.

Et un(e) auteur(e) qui peut, du même souffle, me faire rire aux éclats et me faire enrager est une denrée rare… que j’apprécie énormément. Même s’il (elle) dépasse parfois des bornes que je considère personnellement infranchissables.

Il faut aussi admettre que la capacité de M. Morin à mobiliser la rage de toute l’hémisphère gauche de l’agora virtuel contre lui n’est pas à négliger… voilà un autre signe d’un blogueur de talent (dans cette niche particulière.)

Bon. Fin des fleurs.

Le pot maintenant:

Comme j’ai dit plus tôt, je n’avais aucune raison, lorsque je jetais un coup d’oeil à son blogue, de croire que la blogueuse en question était autre chose que comme elle se présentait: Une travailleure autonome de Montréal ultra-militante (au point d’en être incohérente) qui adorait talonner et vilipender ses ennemis péquistes et gauchistes avec un verbe acerbe et méchant qui frôlait (et parfois défonçait franchement) les limites de l’acceptable. Et en tant que tel, je l’appréciais.

Je l’avoue, au début, lorsque j’ai eu vent de toute cette histoire, (c’est d’abord le blogue d’ÉGM lui-même qui m’a pointé l’article du Devoir, vendredi matin) je trépignais comme un enfant le matin de noël. J’avais vraiment hâte de voir la blogueuse à la langue qui pique gérer cette controverse…

Mais plus j’ai lu les billets, (qui se succédaient plus vite que ma capacité à les absorber) plus j’ai appris sur le fond de l’histoire et sur la réelle identité de cette « blogueuse » qui me divertissait tant, (en bonne partie parce que j’aimais l’idée qu’une fille se cachait derrière un blog aussi combatif) plus je me suis senti trahi.

(Je dois aussi avouer qu’une bonne part de ce que j’ai lu depuis que la controverse a éclatée, me porte à croire que si j’avais eu la chance de lire ce blogue plus en détail, depuis plus longtemps, je serais peut-être parmi ceux qui célèbrent aujourd’hui son départ)

Mais bon. Le pseudo est de bonne guerre depuis longtemps, en publication. Et j’en était, à la fin de la journée, à commencer à écrire un billet à saveur satirique où je pleurais la perte de mes illusions tout en enjoignant M. Morin à s’assumer en tant que « blogueuse. »

sauf que le retrait total du blogue, en soirée, m’a complètement fait perdre mon sens de l’humour.

J’ai soudainement compris (ce que plusieurs savaient déjà) que j’avais vraiment affaire à quelqu’un qui se cachait derrière une fausse identité pour dire des bêtise que l’auteur réel n’avais pas le courage d’assumer.

Pire, j’en ai tiré la même conclusion que Claude Villeneuve: Ce blogue n’était pas que l’affaire personnelle de M. Morin, mais avait l’approbation de son parti qui a « tiré la plogue » dès que les « vrai » médias ont commencé à fouiner de trop près.

J’ai instantanément perdu tout le respect que j’avais pour ce blogueur.

C’est une chose de se donner un pseudo ou une identité (ou même une personnalité) Web qui facilite ou complémente ce que l’on a à dire, surtout si c’est piquant. C’en est une toute autre que de se cacher derrière un écran d’ordi pour insulter les gens avec la certitude qu’on ne peut pas nous retracer et avec l’intention de fuir avant que ça nous rattrape. La première est un signe d’esprit, la seconde… les seuls mots qui me viennent à l’esprit sont: lâcheté abjecte et ver de terre.

Cela m’a lancé dans une longue réflexion sur tout ce phénomène du Web 2.0, dont l’expression ultime est la tenue d’un blogue personnel mais qui inclut aussi tout le phénomène du réseautage et du communautaire virtuel du genre Lavalife, MySpace, YouTube, etc… Et surtout sur le rôle qu’y joue l’anonymat.

Réflexion que j’avais l’intention de vous livrer ici… maintenant. Mais ceci est un blogue, pas un bouquin. Et j’ai l’impression de m’être déjà assez éternisé comme ça.

Je devrai donc vous tenir en haleine un peu plus longtemps au sujet de mes « grandes » réflexions blogologiques.

Avant de terminer, je vous laisse sur ceci:

Je me suis amusé, cet après-midi, à faire le tour des 30 ou 40 blogues politiques québécois les plus lus, pour voir combien était tenu par des gens qui affichaient clairement leur identité. Voici les résultats:

55% des blogueurs politiques s’identifient clairement ou démontre une volonté claire de faire ce qu’il font au grand jour, même s’ils n’affichent pas leur nom complet.

L’autre 45% se cachent derrière des identités opaques ou démontre un réel désir à cacher qui ils sont.

Ces « anonymes » se retrouvent partout le long de la courbe idéologique… droite, gauche, souverainistes et autres en possèdent chacun leur lot.

Non, la principale distinction entre les « publiques » et les « anonymes » est que les premiers font le plus souvent dans la réflexion sérieuse, et les seconds dans l’insulte, la menace et/ou la puérilité.

C’est à ces seconds que je m’adresse:

Le fait que votre réelle identité se sache vous empêcherait-il de continuer à bloguer comme vous le faites? Si la réponse est non, vous avez mon respect et je défendrai toujours votre droit d’expression même si ce que vous dîtes me pue au nez.
Mais si la réponse est oui, vous n’avez pas d’affaires dans le débat, vous êtes de simples « trolls » qui se font passer pour des blogueurs.

Et ici je pense particulièrement à Anti-Souverainiste. Plusieurs croient que tu es aussi Pierre Morin, si c’est le cas, tu as déjà perdu mon respect et je perds mon temps… Mais sinon je te défie de continuer tes activités au grand jour. Je continue à dire que la blogosphère a de la place pour des gens comme toi qui font ce que tu fais sans se cacher… Mais derrière ton masque, tu n’est qu’un vulgaire graffiteur de gros mots.

Mais je ne peut faire la leçon au pire anonyme de la droite sans aussi faire des remontrances aux pires « agents masqués » de la gauche: La gang de Reactionism Watch.

Hey, les boys! Je sais que le discours radical fait parti du « trip » révolutionnaire pis tout l’bataclan… Mais, en tant que personne modérée que les gens de gauche ont tendance à considérer comme de centre-droite (même si les gens de droite me considèrent plutôt à gauche) je me sens très concerné lorsque je lis un slogan comme celui-ci:

Centre-droite jusqu’à l’extrême-droite, nous vous surveillerons jusqu’à votre pulvérisation totale de la province de Québec

J’aurais moins de misère avec la violence sous-jacente de cette phrase si j’avais l’impression, même virtuelle, de voir le visage de ceux qui la scandent.

Oui, oui, je sais, vous êtes paranos et avez peur d’être fichés par la police et/ou les services secrets… Mais ce que je dis pour la blogosphère s’applique pour la vraie vie aussi. Quand on a le courage de ses convictions, on agit à visage découvert… et si ça veut dire être harcelé ou arrêté injustement par les autorités, ben c’est comme ça qu’on dénonce l’injustice de l’oppresseur, en faisant éclater son oppression au grand jour. En le faisant dans l’ombre, derrière un masque, avec la fuite dans l’âme, on se réduit à être perçus comme de simples casseurs criminels qui font peur à ceux qu’ils prétendent vouloir libérer.

Bon ça l’air que je me suis un peu laissé aller… et que je vous ai livré (sous-forme de montée de lait) une bonne part de l’analyse que je vous promettais pour plus tard…

Je sais, je viens de faire justement ce que je reproche aux autres… je me suis laissé aller à lancer des noms et des insultes…

Sauf que moi, je n’ai rien dit à qui que ce soit que je ne leur répéterais pas en personne.

Et je m’appelle Alain Berger.


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2007/09/29 22:46

L’affaire Élodie G.-Martin: Enfin, la vrai réflexion commence.

Coup de chapeau à Tetoine dans son Palace


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2007/09/29 21:05

Pub de la semaine

Contrairement à mes amis de gauche, je n’ai pas vraiment de problème avec cet univers marchand dans lequel nous sommes « contraints » d’évoluer. Enfin… je ressens comme eux ce certain malaise déshumanisant qui découle de ce système, mais je n’arrive pas à les rejoindre dans leurs conclusions en ce qui a trait aux causes… et encore moins aux solutions.

Ce blogue ne se gênera donc pas pour souligner toute pub que l’auteur a envi de mettre en valeur …pour quelque raison que ce soit.

Pour commencer, ça tombe bien, c’est un produit que j’endosse volontiers:

Le Devoir: Votre curiosité mérite mieux.

En fait, je trouve que ce journal a plusieurs tares: un certain snobbisme et des pratiques marchandes passéistes qui le déservent… entres autres choses. Mais il demeure un des rares quotidiens encore réellement indépendants en Amérique du Nord et je trouve que ça vaut la peine d’être encouragé. Abonnez-vous!


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2007/09/29 12:03

Les dessous… du Web 2.0

Toute cette histoire me fascine… (Je suis encore un p’tit nouveau, je ne connaissais rien de la saga MisterP.)

Mais contrairement à plusieurs compatriotes blogueurs à mon flanc gauche, je ne m’en réjouis pas… Cette histoire m’attriste même un peu.

J’ai commencé à écrire mes réactions à tout ça hier, dès le début de l’histoire, mais à mesure que ça progressait, je me suis arrêté. Je crois que toute cette histoire impose une réflexion plus profonde que celle qui a court en ce moment.

…mais c’est un billet qui mûrit…

Je vous le livrerai sous peu, d’ici quelques jours, du moins.

En attendant, je vous laisse sur ces questions:

Combien d’entre nous dépendons de l’anonymat pour pouvoir livrer une opinion plus franche et plus libre que nous le ferions autrement?

Et combien d’entre nous serions prêt à s’en départir?

Cela changerait-il ce que nous disons?… ou encore notre façon de le dire?

Je ne fais que poser la question.

[Sur une note un peu à coté: Le retrait total du blogue d'Élodie G. Martin (qui que tu sois) hier soir m'a plutôt mis en colère. Est-ce qu'on peut, s'il vous plait, juste « fermer » un blogue en disant « Adieu, je ne publie plus, » mais en laissant le site intact sur Internet? Pourquoi toujours retirer les archives et faire comme si tout ça n'avait jamais existé?]


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2007/09/17 22:57

Et il n’en resta qu’un…

Jusqu’à maintenant, il n’y avait que deux médias pour lesquels j’étais prêt à défrayer des sous afin d’avoir le privilège d’accéder à la section payante de leur site Internet pour lire leurs meilleurs chroniqueurs.

Le New York Times et Le Devoir.

Maintenant il n’en reste qu’un… car le NYT (re)deviendra bientôt gratuit.

Je sais que Le Devoir n’est pas le NYT, mais combien te temps encore avant qu’il comprenne que, sur Internet, le modèle de l’abonnement payant pour accéder aux meilleures chroniques n’est vraiment pas la meilleure façon, à l’ère de la blogosphère, d’augmenter son lectorat?


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2007/08/31 13:17

C’est pas parceque c’est légitime d’en parler qu’il faut nécéssairement aller de l’avant et l’implanter

Je note la chronique de Christian Rioux dans Le Devoir d’aujourd’hui (version Web disponnible qu’aux abonnés… abonnez-vous.) portant sur l’obsession actuelle qu’ont les Québécois, celle de l’ouverture.

Il pose d’abbord une très bonne question: «Mais d’où vient donc cette peur maladive qui tenaille les Québécois de passer pour de pauvres épais pas assez ouverts?» En effet.

Et bien que le ton de la chronique heurte quelque peu mes sensibilités bien-pensantes de gauche, je suis, en gros, d’accord avec l’ensemble de son propos.

Surtout ici:

Ce qui agace le plus, c’est que nos prêcheurs dissimulent mal leur intention de se dédouaner en ce qui a trait aux prétendues fautes de leurs ancêtres. Dans leur bouche, le mot «ouverture» — qui, en latin, signifie «trou, espace béant» — résonne le plus souvent comme un acte d’accusation contre tout ce qui a précédé Expo 67. Comme si, avant cette date, tout n’était qu’ignorance et préjugés au pays du Québec.Mais qui furent donc ces êtres «fermés» qui nous ont enfantés? Veut-on parler de ces anciens Canadiens qui accueillirent les Irlandais fuyant la famine? Veut-on désigner ces Canadiens français qui ont vu passer à Montréal plus d’immigrants que n’en verront jamais ceux qu’on désigne comme les «enfants de la loi 101»? S’agit-il de ceux qui ont fondé une nation métisse au Manitoba ou qui ont accueilli les réfugiés juifs après la guerre? Ou de ce million de Québécois partis vivre et fonder des familles aux États-Unis? À moins qu’on ne désigne ces coureurs des bois dont les jésuites se méfiaient comme la peste tant ils s’ensauvageaient auprès des autochtones? Comme si les Québécois avaient des leçons de multiethnisme à recevoir de quelqu’un!

Bien dit. Il est plus que temps qu’on éclaire le mythe de notre prétendu «ferméture» et «ignorance» d’avant la révolution tranquille, mythe souvent entretenu autant par les tenants du nationalisme souverainiste québécois que par ceux du nationalisme canadien trudeauiste, et qu’on se réapproprie cette part de notre identité que ces deux mouvements opposés mais jumeaux et enfants renégats d’une même mère, le nationalisme canadien-français, contribuent à dénigrer.

J’ai aussi bien aimé ceci:
(les italiques sont de moi)

On peut aussi, sans être un arriéré, ne pas vouloir vivre dans une société où chaque communauté culturelle cultive sa propre identité. D’ailleurs, ce multiethnisme est le plus souvent un miroir aux alouettes, pour ne pas dire une idéologie qui s’est développée dans le monde anglo-saxon, là où la pression de l’intégration est un rouleau compresseur si puissant que la sacralisation des identités n’y change rien.

Voilà aussi une vérité qui mériterait d’être répétée plus souvent.

M. Rioux, dans sa chronique, défend le droit des sociétés à déterminer ou freiner leur niveaux d’immigration sans pour autant que cela en fasse des «repères de racistes et de xénophobes.» Il parle des «réactions de vierges offensées aux récents propos de Mario Dumont au sujet de l’immigration.»

Soit. Je suis bien d’accord que toute société doit être en mesure de déterminer le nombre d’immigrants qu’elle veut recevoir «sans devoir subir l’opprobre des donneurs de leçons multiethniques.» Et c’est bien vrai que tout ce que M. Dumont a dit (et il a bien raison de le dire) est que l’impératif économique ne peut pas être le seul élément qui détermine cette question.

Mais quand-même, l’impératif économique ne peut pas non-plus être évacué de l’équation. Il me semble qu’il soit tout aussi essentiel à l’essor d’une nation francophone en Amérique que l’impératif de la langue. Et il me semble évident qu’une diminution de l’immigration qui ne serait pas accompagnée d’une augmentation correspondante dans la natalité (chez les francophones) ne ferait que semer les germes sinon d’un désastre, du moins d’un grand risque d’affaiblissement économique pour l’état québécois.

C’est pourquoi je continue de croire que l’accent devrait plutôt être mis sur les critères d’admissibilité et que le débat devrait surtout porter sur les effort que nous mettons à intégrer les nouveaux adhérants à notre société…

Je veux bien qu’il ne soit pas illégitime de discuter de «diminuer» ou «geler» les niveaux d’immigration, mais tant que je n’entend personne me parler de la nécéssité d’augmenter la natalité francophone (en proposant des pistes de solutions), je ne marche pas.

J’ai beau chercher, mais je n’entends pas (encore) assez ce discours au sein de la collectivité francophone pour me sentir confortable à même discuter d’une baisse dans les niveaux d’immigration au Québec.


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