2008/02/29 14:50

For what it’s worth

Une conversation avec un de mes lecteurs des États-Unis concernant les différences au niveau de la légitimité et de l’éficacité de la coercition linguistique entres les sphères privées et publiques m’a ammené à prendre la défense de l’intention derrière l’hystérie de l’Homme en colère:

En terminant (et vous me voyez le plus surpris du monde de prendre sa défense) mais si on épure le style confus et méchant de Louis, on s’apperçoit que ce qu’il essaie de dire est exactement ce que vous dites, c’est à dire que c’est le peuple… la population plus que l’état… qui doit imposer le français sur son territoire. Et c’est exactement ce qu’il croit faire en dénonçant publiquement notre utilisation de l’anglais comme étant une trahison de ce principe.

Il n’a pas compris que l’expansion du français ne passe pas par l’élimination de l’anglais (une action totalement contre-productive, à mon avis) mais plutôt par une valorisation de la francitude nord-américaine.

Mais bon. Je ne remets pas en question ses bonnes intentions. Je dis seulement que l’attitude qu’il exhibe fait plus de tort que de bien à sa propre cause.

La raison pour laquelle je ne descends pas aussi loin dans l’argumentation qu’il le voudrait est que je suis allergique à sa façon provocatrice de discuter.

Je ne suis pas un militant. Je ne suis pas ici pour scorer des point rhétoriques au nom d’idées définies qui me tiennent à coeur. Ou pour éclairer le monde de mes conclusions absolues. Je suis plus interessé par un processus de dialogue qui puisse mener à des idées différentes que celles avec lesquelles mon interlocuteur et moi commençons.

Les militants ont leur place… une fois que ces idées sont développées. Je leur laisse cet espace qui cherche à convaincre à tout prix. Mais laissez-moi le mien qui cherche à développer les idées de demain quand les leurs auront été (comme c’est toujours le cas) épuisées.

Et maintenant je viens de vous exposer à quel point cette histoire me dérange, malgré l’indifférence que je feint.


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Un commentaire sur “For what it’s worth”


  1. Renart L'éveillé dit:

    Le problème avec l’agression de Louis, c’est qu’il a extrapolé et condensé toute la problématique de l’utilisation de la langue (ou plutôt des langues) dans une cible, le blogue AFG, qui n’en demandait pas tant. Il est trop facile de prendre n’importe quoi et de lui faire dire n’importe quoi d’autre. Cela aurait pu tout aussi bien tomber sur Sovereignty en Anglais, par exemple, ou sur un blogue carrément pas politique, mais en anglais, et basé au Québec (dans ce dernier cas, cela aurait au moins pu paraître un peu mieux, même encore…).

    Mais, si la blogosphère est un peu comme le monde réel, est-ce que quiconque serait bien vu d’aller dire à des gens dans la rue de ne pas parler en anglais? Moi, je me sentirais très mal de le faire, la même chose sur le web, même québécois, puisque les frontières sont assez floues.

Dites ce que vous pensez: