Hier soir, en Iowa, un état rural (et blanc) du midwest, les premiers citoyens américains ont pu se prononcer sur le choix d’un candidat présidentiel pour l’élection de novembre prochain. Les membres des deux partis politiques américains ont clairement rejeté le cynisme et le calcul politique des 30 dernières années et ont plutôt choisi l’espoir.
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LE RÉPUBLICAIN:
Il se passe quelque chose avec ce que je crois qu’on aura de plus en plus de difficulté à appeller la “droite” religieuse aux États-Unis… une nouvelle génération se lève et veut parler davantage de pauvreté et de solitarité que de ce qui se passe dans les chambres à coucher des américains. Mike Huckabee, je crois, est en phase avec ce nouveau courant.
J’y vois une cause d’inquiétude pour l’aspect éminament religieux de la chose, mais aussi (et surtout) une cause d’espoir de par le fait que c’est au moins l’aspect positif de la religion qui est mis de l’avant.
Mais par dessus tout, j’y vois un pied de nez de la base envers une élite qui les manipulent cyniquement depuis des années et ça, ça me donne de l’espoir.
Go Mike!
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LE DÉMOCRATE:
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Wow! Je n’hésite pas à le dire, c’est le Kennedy de ma génération. Cet homme au parcours improbable a affronté la machine électorale la plus redoutable de l’histoire récente, celle des Clinton, et a gagné en défiant les instincts des meilleurs analystes (et les miens) qui l’empressaient de “passer à l’attaque” alors qu’il trainait loin derrière Hillary dans les sondages. M. Obama a préféré continuer à se concentrer sur son message d’espoir et d’unité et a laissé les Clintons se pendre avec leur propre corde. Il y a quelque chose chez Obama, au delà de la stratégie, qui semble le rendre invincible aux coups-bas de ses adversaires. Barack Obama nous prommettait une nouvelle façon de faire de la politique… contre les attentes des “vieux pros” qui se sont déjà brulés à ce genre d’exercice idéaliste et des cyniques qui les ont battu par le passé, il a livré la livré la marchandise.
Ce genre de mouvement, idéaliste, appelant au changement et s’appuyant sur les jeunes tend à s’écraser parce que le moment du vote venu, les jeunes ne sortent pas.
Cette fois, pour Obama, ils sont sorti comme jamais.
Pourquoi? Car il représente réellement la meilleure chance qu’a l’Amérique de tourner la page sur les “guerres culturelles” qui polarisent et empoisonnent l’arène politique depuis les années soixante et de finalement passer à autre chose.
La “Republican attack machine” est prète et tournera à plein gaz (provenant probablement de pétrole alaskais) contre Hillary Clinton… Il est beaucoup moins clair qu’elle sache quoi faire contre Obama. Il semble que dans son cas, l’enthousiasme n’y est tout simplement pas. (Voir la chronique de David Brooks dans le New York Times d’aujourd’hui)
Le cynique en moi continue de douter et de craindre, mais mon idéaliste intérieur est en amour.
Go Barack!




