À classer - Archives

2010/03/24 01:28

Le Petit Émerillon ferme boutique

closing shop

…comme si ce n’était pas déjà évident depuis un bout. Mais là, c’est officiel.

Merci à tous ceux qui sont venu partager leurs réactions à ce que j’avais à dire ces dernières années. Et encore une fois mille excuses pour mon manque de fidélité à vous répondre et à vous faire part des nombreuses façons dont vous avez influencé ma pensée.

Ce n’est pas la première fois que je m’eclipse d’ici sans nouvelles ou signe de vie, mais cela n’avait encore jamais duré aussi longtemps. Ma participation à la campagne municipale de l’automne dernier a eu deux effets pour moi: 1) ça m’a sérieusement épuisé (je suis en « pre-emptive burnout mode » depuis ce temps) et 2)  elle m’a laissé un très mauvais goût dans la bouche. (Non, je n’ai pas été témoin de malversations quelconques ou autre truc du genre. La magouille, bien qu’elle soit un problème, est loin d’être aussi répandue en politique montréalaise que l’impression que nous en livre nos médias) Seulement, travailler aussi fort pour une cause à laquelle je ne croyais plus qu’à moitié… enfin, disons que j’avais besoin d’une période pour me taire et réévaluer mes convictions politiques en silence.

Pour tout vous dire, je n’étais plus certain de vouloir revenir ici du tout. Je me suis souvent dit que je devrais bien venir y écrire un dernier billet d’adieu (celui-ci)… mais à chaque fois, je n’y ai pas donné cours… au cas où l’envie d’écrire me reprendrait… et alors je me disais que je devrais au moins publier un message annonçant que je serais « de retour bientôt »… mais comme je dis, je n’étais vraiment plus certain de ne jamais vouloir m’y remettre. Alors je suis resté comme ça, le cul entre deux chaises… et je n’ai rien fait.

Sauf que là, ça y’est. Ma décision est prise: Je recommence à bloguer!

Mais pas ici.

J’ai décidé de me donner un espace un peu plus personnel et moins politique où j’entend être plus libre dans ce que je choisirai de publier. (La politique conserve tout de même une place de choix)

Ce nouvel espace est encore en développement et n’est pas encore tout à fait prêt à être « officielement » lancé, mais il est prêt à être dévoilé à la lumière du jour.

Ça s’appelle:

Le cul entre deux chaises
Le cul entre deux chaises

Et dorénavant, c’est là que ça se passe.


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2009/09/25 14:56

Correction: Mulcair n’est pas mort de rire, il est juste mort

…en tout cas, il ne rit plus.

Thomas Mulcair

Quatre jours après lui avoir barré la route “pour de bon”, les libéraux font volte-face et décident de laisser le champ libre à Martin Cauchon dans Outremont. Les chances de Mulcair viennent de s’envoler en fumée. Pouf.

So long Tom… we barely knew ye. (But it was nice while it lasted)


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2009/09/21 16:57

Mulcair doit être mort de rire

Ses chances de conserver son siège dans Outremont (bien que toujours précaires) viennent de monter en flèche.


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2009/09/17 17:03

Pourquoi je choisis Union Montréal et Gérald Tremblay…

Parce que malgré tout, cette administration a eu beaucoup de bon pour ma ville*…

Et je ne vois personne offrir mieux… Pas Louise Harel qui va détruire ce que j’aime de la politique municipale montréalaise en divisant l’électorat le long des murs que nous avons érigés au niveau provincial et fédéral. Et encore moins le crackpot de Michel Bergeron (voir le 4e paragraphe du lien et ensuite ici) même si je suis convaincu que Projet Montréal est le parti de l’avenir et qu’il aura un jour son moment sous le soleil… C’est juste que son moment n’est pas maintenant, en tout cas pas sous Bergeron.

Donc d’ici là, Gérald Tremblay all the way!

*Et aussi parce que je suis un fan inconditionnel de Marvin Rotrand


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2009/08/27 12:59

Il est temps de réformer (ou d’abolir) la chambre haute

Parce que là, ça commence vraiment à manquer de sérieux.

Jacques Demers est un homme admirable… mais (comme tant d’autres que j’ai vu nommés à cette chambre au fil des ans), je ne vois vraiment pas ce qu’il a d’affaires à être payé (grassement) pour jouer un rôle (au delà de celui de citoyen qui nous reviens tous) dans le processus législatif.

Ce qui me scie le plus dans tout ça:

Cette nomination survient au moment même où les conservateurs de Stephen Harper multiplient les efforts pour reprendre le terrain perdu au Québec depuis les dernières élections.

Je ne sais pas pour vous, mais moi qui a pourtant un haut degré de tolérance pour le cynisme en politique, cette poudre de perlinpinpin est loin de me rendre le leadership de Stephen Harper plus sympathique… plutôt le contraire.

Je me demande si je suis minoritaire là dessus. [soupir] Vu la totale indifférence envers le hockey qui me distingue de la majorité de mes concitoyens, je soupçonne que oui.

Ajout: Mistral se demande qui d’autre fut considéré. Moi, je trouve que Maman Dion aurait fait le meilleur choix.


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2009/08/26 09:00

R.I.P. Ted Kennedy

Il y a dans la vie de ces gens qui sont tout simplement des forces de la nature… rien ne reste indifférent à leur passage. Ted Kennedy était un de ceux là.


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2009/07/24 19:11

Crimes d’honneur et… multiculturalisme?

Cette histoire est tout à fait toublante et horrible… je n’ai pas le talent nécessaire pour évoquer en mots ce que je ressens (et encore moins le désir d’essayer), c’est trop horrible.

Mais je suis aussi passablement troublé par la teneur des commentaires et analyses que cette histoire provoque aujourd’hui dans les sphère médiatiques et citoyennes. Quoi qu’à ce stade-ci, ça ne devrait plus me surpendre… car là, vraiment, tous les ingrédients y sont. Je suis bien forcé d’admettre qu’en combinant les mots « famille montréalaise d’origine afghane » et « crime d’honneur », on touche au nerf le plus sensible de la relation incertaine qu’entretient une bonne part me ma société avec certains de ses nouveaux arrivants. En plus que chaque détail de l’histoire révélé jusqu’ici vient parfaitement alimenter toutes les pires craintes et préjugés entretenus envers ce groupe (la très vaste majorité du temps sans réel fondement).

Mais voilà, il s’agit d’une histoire, une seule. Et nous ne nous aidons pas (je dirais même que nous nous faisons un grand tort) en croyant qu’elle est représentative de toute une communauté… ou encore symptomatique d’un quelconque « problème de société » ou « d’intégration culturelle » qu’on pourrait contrôler où éviter si seulement on arrivait à mettre en place les bonnes politiques.

Ce matin j’entendais Christain Dufour à la radio en réaction à cette histoire dénoncer le réflèxe de notre culture de vouloir tant se montrer « ouvert à l’autre » que l’on n’ose pas insister sur certaines balises propres à notre culture. Puis, ce fut le tour de Djemila Benhabib, auteure de Ma vie à contre Coran, de pointer du doigt « le multiculuralisme » et d’insister sur le fait qu’il faut envoyer un message clair « à l’opresseur » que certains de ses gestes à l’egard des femmes « ne sont pas convenables dans la société dans laquelle nous vivons » (citation complète à la 2e minute de l’entretien). …Et je passe outre la surenchère de routine des suspects habituels qui commencent à devenir tristement prévisibles.

Pour ma part, j’ai peine à faire le lien. Faisant partie des partisans farouche de « l’ouverture à l’autre » comme moyen d’enrichir et de faire fleurir ma culture (autant sur le plan collectif que personnel), je puis vous assurer que mon attitude « d’ouverture » ne s’étend pas à la tolérence de gestes ou d’attitudes où l’on considère les femmes comme subordonnées aux hommes. Et je ne connais personne qui pousse son « réflexe d’ouverture » à ce point. Je ne vois pas non plus en quoi nos politiques de multiculturalisme, ni le principe qui les sous-tend, envoient le message que notre société tolère qu’une femme soit traitée comme une esclave, une citoyenne de seconde classe ou même autrement qu’avec le respect et la dignité dûs à tout être humain.

À ce que je sache, tout est en place dans notre société pour qu’une femme qui veut revendiquer ses droits puisse le faire. Nous avons aussi tout en place pour qu’une femme qui se sent menacée dans son intégrité physique (et psychologique) puisse trouver refuge et commencer à prendre en main l’autonomie et la liberté qui lui revient de droit. Et si on me montre des lacunes dans ce système, je serai le premier à revendiquer son amélioration.

Et en ce qui concerne le meurtre de jeunes filles, je ne vois pas en quoi l’attitude de notre société pourrait être plus clair; c’est un crime impardonable méritant les peines les plus sévères infligées par notre système. Les considérations culturelles (multi ou autre) n’ont rien à y voir. [Si la cour ordonne que les questions d'ordre culturel soient traitées comme un « facteur atténuant » dans la considération de la sentence, comme ce fut la cas il y a plusieurs années dans ce cas, présidé par la très controversée (aujourd'hui ex) juge Andrée Ruffo Raymonde Verreault, d'un père musulman qui viola sa fille à plusieurs reprises... mais sans la dépuceler (je n'en dis pas plus), croyez moi, je serai le premier à monter au baricades contre ce principe. Mais je doute sérieusement que ça se produise ici.] Je vois difficilement quel message plus clair on peut envoyer dans des cas comme celui-ci qu’une sentence de prison à vie pour ceux qui ont participé à perpétrer (et à dissimuler) cet acte ce crime abominable.

Dans son entretien avec Franco Nuovo, Mme Benhabib mentionne que les sociétés occidentales « ont nettement évolué quant à l’égalité entre les hommes et les femmes ». Et que « aujourd’hui, il est indéniable que l’égalité fait partie de notre culture ». Je suis bien d’accord avec elle sur ce point et je n’hésite pas à le célébrer. Et pourtant, malgré cette évolution, malgré la place de plus en plus établie que prend ce principe dans notre culture nous sommes encore régulièrement confrontés à toutes sortes d’histoires horribles de conflit familiaux et conjugaux menant aux tragédies les plus incompréhensibles. Quel que soit le « degré d’évolution » de notre moralité occidentale, quel que soit le système que nous nous donnons, nous ne réussirons jamais à complètement prévenir les occasionels excès de la folie du côté sombre de la nature humaine.

Je ne dis pas que nous ne pouvons pas élaborer un système… mettre en place des politiques pour prévenir ce genre de crime et protéger les innocents. Je dis que ce système existe déjà… que ces politiques sont déjà en place et que malgré nos meilleurs efforts, elles ne fonctionneront jamais parfaitement. Je dis surtout que nous ne pouvons pas aller plus loin sans devenir « l’opresseur » qu’on cherche à banir.

C’est le temps de prendre un grand respire et de laisser la justice suivre son cours. En espérant qu’elle soit exemplaire ici.


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2009/07/23 17:00

Samedi après-midi

Je serai ici:

Marche de solidarité avec le peuple iranien - samedi 25 juillet 2009

C’est la première fois de ma vie que je participe à un truc du genre.

Un jour, j’espère trouver le temps de vous expliquer (ainsi qu’à moi-même) pourquoi cette cause m’émeut autant.


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2009/07/20 16:45

Citation pour l’occasion

Lunar footprint

“La planète Terre est un panier beaucoup trop petit et fragile pour que l’humanité y place tous ses oeufs.”Robert A. Heinlein


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2009/06/24 11:44

Facebook et la CIA? Bouse de vache!

C’est la Saint-Jean… et cette histoire iranienne qui a tant capturé mon âme depuis deux semaine ne sera finalement pas une pièce en un acte (et reste encore à voir s’il s’agira d’un récit héroïque ou d’une tragédie)… J’avais donc l’intention aujourd’hui de retourner ce blogue à ses couleurs originales, mais après un tour d’horizon rapide de ce qui se dit au sujet de l’Iran dans la sphère d’ici, j’ai décidé que le vert en appui au manifestants au peuple iranien restera encore un temps.

J’avoue que j’ai été plutôt déçu de constater le peu de réactions à la situation iranienne dans les billets qui défilent le long de la section de mon aggrégateur RSS dédié à la “sphère d’ici” depuis que toute cette histoire a commencé. Et encore plus déçu que les réactions que j’y vois expriment principalement du scepticisme face à la nature du mouvement de réforme et à l’intégrité des infos qui se rendent jusqu’à nous.

Je pense principalement à AntiPollution qui n’a pas compris que ce mouvement dépasse largement la personne et les ambitions de celui qui en est (symboliquement) à sa tête. C’est peut-être vrai que Mir Hossein Moussavi est tout autant investit dans la survie du régime islamique, de l’état iranien et de ses institutions que ses soi-disants adversaires au pouvoir… et c’est vrai qu’une partie de l’histoire ici est celle d’une élite dirigeante sérieusement divisée se batant pour le contrôle absolu du même “état pourri”. Mais je crois que ce que l’intensité du mouvement spontané avant l’élection ainsi que la férocité et l’étendu de la contestation après l’annonce de résultats si clairement bidons démontrent, c’est que si c’est vrai que Moussavi ne faisait qu’initialement “exploiter” le désir de libéralisation de la population simplement pour “être caliphe à la place du caliphe”, les forces qu’il a libérées le dépassent maintenant autant qu’elles dépassent le régime. Et pour le moment, Moussavi est davantage le pion des désirs du peuple que le contraire. Maintenant, si tout ceci finit par se solder en sa faveur, il n’a plus le choix, s’il veut régner, que de réformer le système qu’il tient à présever dans le sens des désir de la population (ça s’apelle la démocratie). De toutes façons, quoi qu’on pense de Moussavi, Rafsanjani et les autres et de leurs motivations, les motivations de millions d’Iraniens de tout acabit qui veulent une démocratie digne du nom et qui protestent depuis 10 jours, elles, sont sincères et méritent notre appui et notre solidarité, pas notre cynisme.

Mais me voilà déjà à 400 mots et je n’ai pas encore touché au vif du sujet dont je voulais traiter en vous écrivant aujourd’hui:

Ma plus grande déception fut de tomber ce matin sur ce billet de Renart L’éveillé où il met en doute (du moins en partie) l’image donnée par le spectacle de Twitter-Réalité par lequel la majorité de l’information nous est parvenu, Twitter étant un des seuls trous que le régime n’a pas réussi à bloquer, pour ensuite mettre sur la table (sans complètement l’endosser) la théorie du complot de CIA qui participerait activement à fomenter la révolte et à en manipuler l’image pour la consommation occidentale via toutes ces mêmes nouvelles technologies de communication et de résautage social qui font justement la force de la résistance iranienne actuelle.

[12h30: Zut! J'écris trop lentement! Je dois interrompre l'écriture de ce billet, c'est la Saint-Jean et je dois me rendre à un BBQ... Mais ceci n'est qu'une intro... j'y reviendrai (avec corrections et plus de liens) ce soir ou demain; j'entend aussi contester sur une base factuelle certains trucs dans le billet de Renart. D'ici là, réserver vos commentaires... Et bonne Saint-Jean!!!]


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2009/06/21 16:06

Citation de la semaine

“all foreign satellite tv news has been stopped in Iran - they think a blinded man cannot see in the darkness”persiankiwi, twiteur(euse) en provenance d’Iran. [trouvé ici]

Et non, Aigo, je ne m’y suis pas inscrit et je n’ai toujours pas l’intention de le faire… ;)


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2009/06/20 15:20

Un samedi à Téhéran

Depuis ce matin, je suis collé à mon écran à suivre, minute par minute, les blogues qui couvrent les événements en Iran. (J’ai même un onglet fixé sur Google Maps pour m’aider à repérer les lieux mentionnés.)

Quelques pensées et extraits:

Les autorités semblent avoir reçu l’ordre de réprimer brutalement toute forme de manifestation. Toutes les tactiques, en dehors de la violence mortelle du massacre généralisé, sont permises.

Des canons à eau…

…aux coups de feu [Lien alternatif]…

…en passant par le bâton (contre des femmes sans défense).

Mais du côté des manifestants aussi… on entend quelque chose qu’on entendait pas avant aujourd’hui:

« Marg bar Khamenei »…

Mort à Khamenei.

Des deux côtés, il semble que l’on ait franchi un certain rubicon.

À un certain moment, on commence à voir apparaître sur Twitter des trucs comme ceci:

10.59 am. [HAE] From Enghelab Square up to Azadi Square tow helicopters are pouring down boiling water over poeples head

De l’eau bouillante???!!!

Je commence alors à me dire que le problème avec Twitter est qu’on peut y mettre vraiment n’importe quoi…

Mais ça continue:

Two reports coming from Tehran about helicopters pouring boiling water on protesters.

Puis:

Helicopters did not spray boiling water. It was a type of ACID, similar to what Mojahedeen used in ‘78-’82.

Et:

Helicopters spraying water with agent in it onto crowds. Skin irritant, will make it feel as though water is scalding.

Selon un lecteur de Sullivan, il s’agit d’une façon plus « efficace » de répandre du gaz lacrymogène:

11.47 am. A reader infers the chemical weapon:

Probably CS tear gas crystals mixed in water which is why washing it off only makes it worse. Mixing it in water like the reports would be the most efficient usage of the CS agent

Et les gens fuient:

Selon un analyste américain (et je crois qu’il a tout à fait raison) le régime ici n’a qu’un seul but: empêcher qu’assez de gens se rassemblent à un seul endroit et surtout qu’une image d’un tel rassemblement de masse soit diffusée au monde (mais encore plus, selon moi, à l’interne) après l’interdiction émise hier par le Guide Suprême. Ce serait un symbole trop puissant d’une perte de contrôle de la part du régime:

What seems to be the government strategy is to have set a wide perimeter of various blocks in each direction around Enghalab Square where demonstrators were to begin their march to Freedom Square. There are also multiple Twitter reports of university students being intercepted and beaten if they leave the campus toward the demonstration route.

If this is what is happening, it is intended to prevent a critical mass of demonstrators from forming all in one place. Together with the house arrest of reporters and ban on images, the police strategy is a media strategy: to avoid the photograph or video that shows the magnitude of the protest: footage of scattershot crowds trying to get through - or running from the shots of - the police blockades simply do not have the emotional weight of images of a unified march.

Often in these situations (see: Oaxaca, Mexico, June 14, 2006) scattered demonstrators eventually find a place to regroup and begin marching en masse. We’ll see…

D’après tout ce que je peux glaner, les manifestants… j’ose dire… le peuple… ne semble pas près d’abandonner. Mais je dois aussi admettre que les tactiques brutales du régime semblent avoir un certain succès (pendant ce temps à Shiraz), toutes les images et vidéos que l’on a vu jusqu’ici sont de relativement petits groupes que le régime peut aisément taxer de racaille et marginaux à la solde du Grand Satan.

Au début de la semaine, j’ai dit que ceci serait un test pour mesurer l’efficacité des vieilles méthodes des régimes répréssifs (comme ceci) contre la volonté d’une (jeune) population immersé dans les nouvelles technologies de diffusion et de réseautage social.

Aujourd’hui nous avons vu un gouvernement déployer tous les moyens à sa disposition pour réprimer une révolte populaire et surtout pour empêcher la diffusion de cette révolte à un public étranger (et domestique)… incluant en interdisant aux journalistes sur place de faire leur travail… pourtant, un simple montréalais comme moi collé à son écran d’ordi de l’autre côté de la planète peut quand-même vous livrer ses impressions des faits saillants de la journée comme je le fait…

…et même vous offrir le « tweet du jour »:

Sodium metabisulfite Na2S2O5 mixed with water (5% solution) cures CS tear gas. Wash eyes with solution

Tant d’efforts déployés par un état répressif dans le seul but d’empêcher la formation et la diffusion d’une image… et ce, en vain:

Tout ceci n’est pas terminé… et ça peut encore très mal tourner; le camp de la répression a encore la force des armes de son côté.

Mais il a irremédiablement perdu la main mise sur le contrôle de l’information.

Le bras de fer se poursuit.


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2009/06/19 21:38

Ce soir à Téhéran

C’est la veille… on est pas certain de quoi, mais tout le monde sent que demain sera fatidique.

Aujourd’hui à la prière, le Guide Suprême de la République a énoncé un ultimatum: Fini les démonstrations, sinon… disons seulement que les “agitateurs” seront responsable des “terribles conséquences” qui suivront.

Et pour un sixième soir à Téhéran…

Des milliers de voix s’élèvent, criant pour qui entend… dans les airs comme dans les sphères.

Parmi ces voix:

Une jeune poète nous livre un second témoignage anonyme du bord de sa fenêtre:

Et un blogueur (traduit ici, traduction auto ici) nous fait part de ses intentions pour demain dans un texte qui fait gronder des échos de Chevalier de Lorimier au fond de mon esprit et qui dans ce cas-ci je l’espère ne sera pas son testament:

“I will participate in the demonstrations tomorrow. Maybe they will turn violent. Maybe I will be one of the people who is going to get killed. I’m listening to all my favorite music. I even want to dance to a few songs. I always wanted to have very narrow eyebrows. Yes, maybe I will go to the salon before I go tomorrow! There are a few great movie scenes that I also have to see. I should drop by the library, too. It’s worth to read the poems of Forough and Shamloo again. All family pictures have to be reviewed, too. I have to call my friends as well to say goodbye. All I have are two bookshelves which I told my family who should receive them. I’m two units away from getting my bachelors degree but who cares about that. My mind is very chaotic. I wrote these random sentences for the next generation so they know we were not just emotional and under peer pressure. So they know that we did everything we could to create a better future for them. So they know that our ancestors surrendered to Arabs and Mongols but did not surrender to despotism. This note is dedicated to tomorrow’s children…”

Que dire de plus?

Allahou Akbar.


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2009/06/13 19:29

The revolution will not be televised

It will be twittered.

Hmmm… je commence à me dire que j’avais tort au sujet de cette technologie.

Ce qui se passe en ce moment en Iran est un test qui aidera en bonne partie à déterminer si l’autoritarisme de vieille garde (contexte ici) peut encore subsister dans une des sociétés les plus branchée (et les plus jeune) de la planète.

Allahou akbar.


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2009/06/12 12:49

Ne serait-ce que pour un instant, voir la vie en… vert

[Photo: Newsha Tavakolian/Polaris, for The New York Times]

Je saute par dessus mes longues excuses habituelles pour mon silence récent et mon incapacité à maintenir ce blogue de façon adéquate afin de reproduire ici un témoignage émouvant (et troublant) que j’ai croisé chez Sullivan ce matin. Il s’agit de la perspective de Kavi-e Semnan, une jeune femme pauvre de la classe ouvrière qui explique pourquoi elle participe aux manifestations nocturnes en faveur des forces réformistes iraniennes. Le texte, écrit en vers dans sa version perse originale, fut d’abord publié ici, puis traduit en anglais ici (Sullivan l’a trouvé ici).

My Eye Shadow Is Also Green

A Musavi supporter (not the author) in Tehran on June 8.

June 10, 2009
Kavi-e Semnan, writing in verse, explains her personal motivation for her campaign activities on Akhbar-rooz:

These nights, I wrap a green band around my wrist, and my eye shadow is also green. Fourteen or fifteen of my friends and I have bought green nail polish, and we paint our nails green.

These nights, we leave the downtown for the posh northern part of the city to arrive with the first crowd of happy people and start dancing with them.

These days and nights, I constantly take off my armband, and I ask a rich boy to wrap a new green band on my arm, and the scent of his cologne stays on my wrist for two days.

These nights are the only nights that we are not made fun of because of our poverty. These nights are the only nights that nobody asks us where “our neighborhood” is.

Nobody is concerned with the price of our shoes. It’s only important for them to promote the color green.

Why should I give up these nights?

Why shouldn’t I wrap a green band around my arm and take part in the green chain, when the rich boy is next to me and he doesn’t remember to ask me what my father’s job is?

He doesn’t look at my hard worker hands and smile at me patronizingly. I swear he does not even allow himself even to pass by my door.

These nights are the last nights to the golden chance to be the same color; but on Saturday morning [after the elections], there will be no trace of this unity. It does not matter who the president is; I will become in their eyes that poor girl whose father is a laborer and whose mother is a maidservant.

They will sit again in their expensive cars and feed their dogs the kind of food I have probably never eaten.

Which one of these candidates is going to demolish these class distinctions?

My goals are not the same is theirs, to vote for their favorite candidate, but I don’t want to lose the opportunity to spend pleasant time with them.

I am lost among them, but I will not vote for Musavi; in fact, I will vote for nobody because none of them understands me. But if I want to choose somebody, Ahmati [Ahmadinejad] will be my choice.

These nights are the only nights that I can fulfill the long desires and dreams that have been in my mind for years. When somebody smiles at me without wanting to abuse me, without despising me deep in his eyes, without passing me by, without expecting me to accept 20,000 tumans for a one-night stand to serve him and his friends because I am from a poor family.

These nights, the Ghaytariyeh boys [from wealthy northern Tehran] smile without prejudice, but from Saturday the story of grief will be repeated.

These nights, I shout “Musavi” as loud as I can, because if I shout louder, they will smile at me more and more.

I use the last few days left, and alongside the green tide, I shout, I dance, I touch, I am touched with the slogan of “I will not vote.”

[Photo: Aria Mehr.]

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2009/05/14 16:47

50% du budget pour 12% de la population? Vraiment?

Louis Préfontaine de L’Électron Libre accroche sur le passage suivant d’un papier d’Yves Beauchmein du Devoir portant sur une controverse linguistique au Collège Édouard-Montpetit:

Que les locuteurs français ne forment que 2 % de l’Amérique du Nord est sans importance. Notre fragilité ne doit pas nous empêcher d’être charitables. Voilà pourquoi, par exemple, dans le dossier des deux méga-hôpitaux de Montréal, le gouvernement offre 50 % des budgets aux 12 % de la population que constitue la minorité anglophone (langue maternelle) dans la région métropolitaine. [...] La bonasserie est plus près de la bêtise que de la bonté.

…et en profite pour porter la réflexion plus loin:

Le problème est la suivant: les anglophones au Québec (langue maternelle) ne représentent que 7,9% de la population. Comme le demande Beauchemin avec justesse, pourquoi financerait-t-on « leur » méga-hôpital à la même hauteur que celui des francophones? Ce faisant, ne lance-t-on pas le message que les anglophones ont davantage droits à la santé que les francophones? [...] Au regard de la construction de centres de santé hyper-spécialisés dans l’optique du Québec de demain, les anglophones reçoivent près de sept fois plus de financement que les francophones, per capita. Prépare-t-on un Québec de demain où les francophones seront moins nombreux, voire minoritaires?

Selon moi, il s’agit là d’un raisonnement tout-à-fait pervers.

Le problème, je crois, viens du fait que MM. Beauchemin et Préfontaine semblent se faire une idée bien …archaïque de ce que constitue un hôpital « anglophone » dans le Québec d’aujourd’hui. Clairement, ni un ni l’autre n’y a mis les pieds ces 20 dernières années. Peut-être parce qu’ils croient (comme plusieurs de mes concitoyens et j’hésite à défaire le mythe de peur de voir s’engorger l’urgence du Jewish qui m’a si bien servi depuis tant d’années) qu’on ne peut y être servi qu’en anglais.

En tant que montréalais francophone qui a presque toujours vécu en proximité de ces institutions et s’est prévalu de leurs services à maintes reprises, je puis vous affirmer en toute certitude que rien n’est plus loin de la vérité.

En fait, les hopitaux dits « anglophones » ne sont pas là pour servir exclusivement les anglophones, ils sont là pour servir la population dans son ensemble et ce, en français. C’est seulement qu’ils offrent aussi un service en anglais (en conformité avec les « droits ancestraux » de la communauté anglophone du Québec d’avoir ses propres institutions de santé et d’éducation. Droits qui, à ce que je sache et corrigez moi si j’ai tort, sont reconnus jusque dans la sacrosainte charte québécoise!)

Sérieusement, je met quiconque au défi de visiter le Jewish, le Montreal General ou le Royal Vic et de réussir à avoir de la difficulté à se faire servir en français. C’est à peu près impossible (contrairement au centreville de Montréal qui, je l’avoue, commence à faire vraiment pitié sur ce plan). …à moins que l’occasionel accent anglais (parfois assez prononcé) vous pose problème, mais dans ce cas, dites vous que l’anglophone visitant la même institution rencontre deux fois plus souvent le même problème, mais à l’inverse. Les employés de ces hôpitaux sont à grande majorité des francophones qui parle anglais avec un accent. En fait il serait plus précis, dans le cas de ces institutions, de parler d’hôpitaux bilingues.

Il est donc faux (ou du moins extrêmement trompeur) dans le dossier des « super-hôpitaux » d’affirmer que le gouvernement « réserve 50% du financement pour servir 12% de la population » ou, comme Louis le fait, que « les anglophones reçoivent près de sept fois plus de financement que les francophones, per capita. »

Une façon plus juste de présenter la chose serait comme suit:

Le gouvernement finance et met sur pied deux « super-hôpitaux » (ce qui, pour toutes sortes de raisons, entre autres une saine rivalité dans la quête d’excellence, est mieux qu’un seul) offrant un service en français à 100% de la population et dont un seul sera configuré pour répondre aux droits linguistiques d’une communauté minoritaire que notre société a choisie de reconnaitre officiellement.

Dit comme ça, est-ce que ça vous pose encore un problème?

On peut certainement débattre de la validité et de la sagesse de cette reconnaissance (et je prendrai sa défense), mais de grâce, faisons le franchement, pas en fabriquant des hommes de paille et en citant de fausses « injustices ».


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2009/05/13 19:36

Pwn du jour

Ta-Nehisi Coates:

Some awesome entries from the Inbox today:

Can you write an article…any article. Without mentioning race?  No one really gives a crap about your race. Just write something that’s informative.  We or at least I get it. You are not white. No one cares. Every single thing that happens in this world is not about race. You are doing a disservice to yourself and this web site.  I stopped reading your articles. Once in a while I check back and yep…it’s about you… not being white… 

Well, no. It’s about you…not being black… 


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2009/05/13 14:47

Y a-t-il un docteur dans la salle?

Arrive un moment dans la vie où même si l’on se sait privilégié d’avoir habité presque toute sa vie tout près de l’hôpital bénificiant du plus important appui complémentaire venant de contributions privées de toute la province et qu’on est très heureux des services reçus à ce jour, on réalise que si on a envie de continuer à garder une santé adéquate, on ne peut plus simplement ignorer les petits malaises passagers et compter sur les services hors-pair de l’urgence du Jewish pour régler les plus gros… (comme je l’ai encore fait la semaine dernière, suite à un trouble gastro-intestinal qui refusait de s’atténuer) …on réalise que, passé un certain âge, la « santé » n’est plus une norme acquise de laquelle on déroge à l’occasion, mais plutôt un objectif de plus en plus difficile à atteindre qui exige un effort grandissant et un certain… suivi.

Ce qui me mène à la question (semi-)existentielle suivante:

Dans notre beau, grand, merveilleux et ô combien universel système public de santé, mettons qu’un célibataire approchant la quarantaine se cherche un « médecin de famille »… tsé, quelqu’un qui peut le « suivre » au fil des bobos et des malaises de plus en plus nombreux qui l’attendent desormais sur la pente, hélas, descendante que sera le reste de sa vie sur ce plan… par où il commence? 

Y’a-tu des médecins dans les Pages Jaunes?

Euh… en fait, ça existe-tu encore les Pages Jaunes?

Pfff… Il commence à se sentir vieux le bonhomme.


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2009/05/12 16:18

Le voile dans la fonction publique: médias en manque de controverse?

Voilà, ce matin en écoutant la radio, j’entend une nouvelle voulant que la Fédération des femmes du Québec se prononce officiellement contre l’adoption d’une loi interdisant le port de symboles religieux (lire: le voile islamique) dans la fonction publique.

Soit. Bravo. J’en suis bien content. Ceux qui suivaient ce blogue lors de ses premiers balbutiements savent bien l’allergie violente que j’ai à l’égard du courant d’intégrisme laïc qui a (hélas trop) tendance à dominer le discours dans ma société. Ma réaction à l’entente de cette “nouvelle” ce matin fut donc quelque chose comme ce qui suit:

Ah non! Pas encore, cal*sse! Veux-tu bien me dire quelle gang de twiterons se sont mis dans leurs petites têtes bornées que la société a besoin d’une telle loi? C’est quoi l’affaire? Pourquoi redémarrer la controverse maintenant? On a pas eu assez de Bouchard-Taylor? Une loi? À l’assemblée nationale? Je gage que c’est encore les know-nothing de l’ADQ… ou alors c’est l’initiative d’un backbencher insignifiant quelconque… en tous cas, j’espère que ça vient pas du gouvernement! Jouer la carte du psychodrame identitaire en pleine crise économique… have they lost their f***ing minds?!

Ce midi, je décide d’enquêter plus en détail… je veux lire le texte du projet de loi, savoir ce qu’il implique réellement …et savoir qui est derrière. Question de monter aux bonnes barricades… et de pisser sur les bons souliers.

Tout ça pour apprendre que ce projet de loi n’existe pas.

Il n’y a tout simplement pas de tel projet de loi à l’agenda. Et personne, aucun parti, aucun député d’arrière banc, pas même le solidaire solitaire de Khadir ne parle d’en mettre un de l’avant.

C’est juste qu’après avoir été divisée et incapable de prendre position sur cette question lors des travaux de la commission Bouchard-Taylor, la FFQ est (enfin) arrivée au bout de sa looooooongue reflexion pour nous annoncer (2 ans plus tard!!!) que finalement, ils sont pour le port du voile dans la fonction publique.

Bon. Ok. Maintenant que je sais de quoi il retourne, deux commentaires:

1. Y’était temps, ’stie.

2. Ça compte comme une nouvelle, ça?


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2009/05/04 16:46

Montréalophobie

J’te dis qu’y en a qui ont la peau sensible…

Nathalie Collard:

Plusieurs commentateurs de ce blogue ont été piqués par mon titre de la semaine dernière, “Le maire de Québec est en ville”. Il n’y a pas de sens caché dans ce titre, et ce n’est pas, contrairement à ce que certains lecteurs prétendent, un titre montréalo-centriste. Si j’avais été journaliste à Rimouski, Trois-Rivières ou Amqui, et que le maire venait visiter ma ville, j’aurais également écrit: le maire de Québec est en ville.


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