Radi-cathos - Archives

2008/05/11 21:45

Une autre réflexion sur la religion

J’aime beaucoup la blogueuse Zed Blog, la lire est toujours un exercice stimulant, Son style davantage évocateur que didactique qui porte à plus profonde réflexion est un vent d’air frais (d’air fou?) dans notre petit coin de la sphère politique. J’admire aussi beacoup la fougue de son idéalisme… même si je ne le partage pas en tout point.

Depuis mon retour en ligne, je dois avouer que ses textes et ses commentaires, ainsi que son initiative ont fourni l’étincelle derrière la plupart de mes réflexions bloguesques ces derniers temps… dont quelques billets qui n’ont pas été publiés, faute d’être à la hauteur des ambitions qu’elle m’inspire.

La plus récente étincelle viens d’un commentaire qu’elle a fait au sujet de ma dénonciation des “pasteurs” de John McCain. Plus précisément, de la phrase suivante:

Je ne connais aucune religion qui mette de l’avant les droits de la personne, aucune qui n’y contrvienne pas ou n’encourage pas d’y contrevenir.

Je reproduis ici ma réponse qui s’est avérée si longue que j’ai décidé qu’elle méritait son propre billet.

Ça résume assez bien ce qui me sépare de la plupart de mes contemporains au sujet de la religion… et donne un autre apperçu de ce que j’appelle mon conservatisme à moi.

J’ai une lecture très différente des religions que la tienne et celle de la plupart de mes compatriotes.

Bien que le concept de “droit de la personne” n’avait aucun sens dans les temps anciens, toutes les religions sont nées d’un élan et d’un désir sincère d’améliorer la condition humaine (semblable à l’esprit qui t’anime, je dirais) dans le sens d’une plus grande justice, dignité et bonheur pour tous. Il faut se remettre dans le contexte de leur naissance pour le comprendre.

Le concept même d’égalité entre les hommes et de la dignité fondamantale de tous les être humains nous vient tout droit des “grandes” religions.

(Le concept des “droits de la personne” est né dans un contexte d’éthique chrétienne… ne l’oublions pas - et je ne dis pas ça pour élever la religion chrétienne au dessus des autres… l’Islam est emptreint des mêmes valeurs et les expose d’une façon qui ressemble encore plus à notre conception moderne)

Le problème, ce n’est pas les religions, mais plutôt les idéologies. Une idéologie est un scheme de pensée fermé qui prétend expliquer la réalité et posséder la formule à suivre pour toute une société… adhérer à une idéologie, c’est s’opposer aux autres idéologies qui ne cadrent pas avec la sienne. En autres mots, prétendre à la vérité absolue.

Tu me diras que c’est la même chose (en pire) pour les religions. Ce à quoi je réponds: Seulement lorsqu’elles sont montées en idéologie par les hommes soucieux d’imposer une formule à suivre pour toute une société. Le danger vient de cet élan tout-à-fait humain (et sain) de vouloir refaire le monde lorsque cet élan n’est pas tempéré par le doute. Le danger, c’est l’utopisme.

Pourtant, malgré ce qu’on en croit, toutes les religions ont comme un de leur messages centraux, l’idée que la vérité absolue est insaisissable pour les humains… Que celui qui prétend la comprendre et pouvoir la livrer est toujours dans l’erreur… Que le mieux qui est donné aux humains est d’en entrevoir l’essence sans jamais la saisir… Que même si nous ressentons qu’elle existe… et qu’elle peut nous guider, nous devons toujours nous demander si nos actions et pensées vont dans le sens perçu de cette vérité à laquelle nous aspirons.

En autres mots, toujours se remettre en question.

Combien d’idéologies peuvent en dire autant?

Ceci dit, la fin de ton commentaire touche au réel bobo.

La cupidité humaine.

Un élément de notre nature que les religions ont justement eté concues pour atténuer (non sans succès, à mon avis). Même si leurs institutions en sont victime.

Un élément de notre nature contre lequel tu t’insurges et c’est tout à ton honneur.

Seulement, je ne vois pas en quoi l’absence de religion améliore cet élément, au contraire.

(Je souligne ici le fait que les pires atrocités de notre histoire ont été commises non pas au nom d’une religion, mais au nom d’idéologies laïques qui se voulaient “libérées” des contraintes morales de la pensée religieuse)

Et, comme c’est toujours le cas dans les cycles de l’Histoire, même tous les idéaux progressistes que tu prône et qui sont, je le consent, nécessaire à l’amélioration du monde de demain, finiront éventuellement par être érigés en dogmes que manipuleront des hommes cupides pour servir leurs propres intérêts… et qu’il faudra combattre avec de nouvelles idées

“The creatures outside looked from pig to man, and from man to pig, and from pig to man again; but already it was impossible to say which was which.”
- George Orwell, Animal Farm

On ne peut pas changer notre nature… on ne peut (et on le doit) qu’y aspirer.

Ça aussi, c’est un des messages centraux des religions qu’il nous ferait bien de ne pas oublier dans notre zèle à vouloir changer le monde à tout prix.

Et je rapelle à mes lecteurs que je ne suis pas particulièrement religieux (quoique beaucoup plus spirituel que je l’ai été) et n’ai pas été élevé dans quelque forme de religion que ce soit. À mois que ceci ne compte.


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2007/12/12 11:38

C’est pas avec des trucs comme ça que je suis près de me réconcilier à l’Église

B.16 déclare l’avortement et l’homosexualité des obstacles à la paix dans le monde.

[soupir] Non, vraiment, là, c’est trop.

Les détails sont ici: Religion News: Pope Says Abortion, Gay Marriage Are ‘Obstacles’ to World Peace

Votre Sainteté, c’aurait été plus sain pour vous d’aimer un homme en chair et en os plutôt que diriger vos tendences inavouées vers le Christ.


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2007/12/01 22:30

Ma lettre au cardinal Ouellet

…tarde à sortir, je le sais.

…et elle ne sera pas dans ce billet.

En fait, les habitués doivent s’y attendre maintenant… si je vous promets quelque chose et que ça n’arrive pas dans les 24 heures suivantes, les chances sont que ça n’arrivera pas. Et lorsque je vous annonce que je diminue mon rythme de publication, attendez-vous à le voir augmenter. Je crois vous avoir déjà parlé de ma relation tendue avec la discipline personnelle.

J’avais de grands plans avec cette lettre… Fort de mes récents « succès » dans les médias, je planifiais, en plus de l’envoyer au cardinal et de la publier ici, de l’envoyer aussi aux journaux… qui sait?

Mais pour que tout ça ait une chance de fonctionner, il aurait fallu que je l’aie pondue lundi ou mardi et envoyée sitôt. Là, on commence à passer la limite du cycle de 7 Jours (Bonne Semaine!) décrété par les impératifs corporatifs de notre petit univers pour presser le citron d’un évènement médiatique avant de passer au prochain sujet chaud. (Encore mieux si ça peut démarrer le dimanche soir à TLMEP, avec trois jours de pré-avis… Ça, on aime ça!)

Enfin… Voilà déjà deux jours que la petite bannière en-haut qui annonce la venue de cette lettre n’est plus qu’une charade pour m’éviter à avoir à répondre à vos commentaires pendant que je lis et écris ce qui me chante. (Surtout que là, je suis complètement freaked-out depuis que le Mistral a soufflé chez moi… [Ok, enough with the puns! It's not that imaginative.])

Ce qui m’a stoppé dans mes tracks, comme disait Shakespeare, c’est cette discussion que j’ai eue (et que j’ai laissée sans réponse, ce qui est assez impoli de ma part) avec Suzanne, une radi-catho à tendance sédévacantiste (que j’aime ce mot depuis que je le connais) qui tient un blogue pro-« culture de la vie » et que j’ai croisée via le blogue de Philippe David. Disons que cette expérience a eu pour effet de refroidir mes ardeurs à l’idée d’explorer les possibilités de rapprochement avec l’Église. Avant de pouvoir continuer, je dois me réconcilier avec le fait que cette dame, malgré ce qu’elle en dit, ne représente pas l’attitude actuelle de l’institution, mais bien un courant qui souhaiterait retourner au moeurs, rites et dogmes d’avant Vatican II. C’est justement une de celles qui l’est trop, comme dit le maire Jean Tremblay, et qui lui tape sur les nerfs.

Mais bon. Ça a ruiné mon élan.

Et bien que j’aimerais explorer avec elle la cohérence de son attachement farouche aux doctrines de l’Église combiné à son rejet, ou du moins sa déception, face à « l’Esprit de Vatican II » qui est reflété dans la doctrine moderne (I think) et qu’elle se doit donc de suivre selon ses propres principes: « Si on croit que l’Église a la parole de la Vie, on la suit, malgré la difficulté de comprendre certaines doctrines, parce qu’on croit qu’elle est protegé de l’Esprit saint par l’erreur doctrinale,[sic] et qu’elle est chargé de prêcher la vérité de Dieu. » J’ai eu ce type de discussion avec des fondamentalistes de toutes les variétés dans ma vie et ce n’est vraiment plus cet aspect des choses qui m’intéresse.

En fait, mon intérêt et mon ouverture actuelle face à l’Église et à la religion en général me viennent de deux sources très distinctes, je crois.

La première étant la réaction extrême que j’ai eue récemment face à toute l’intolérance patente du discours laïcisant à la commission BT. Je le répète, les seules personnes que j’entends exprimer le désir de vouloir dire aux autres comment vivre dans toute cette histoire sont les laïcs. Les religieux ne revendiquent qu’un espace de liberté suffisant pour être heureux sans trop déranger les autres. Cette intolérance face à la croyance religieuse est tellement répandue dans la culture ambiante qu’il est permis, sans que personne ne bronche, de dire des choses sur les croyants qu’il est interdit de dire à propos de tout autre groupe.

Quelle différence entre:

« Je n’ai rien contre la religion, mais ça ne devrait pas sortir de la maison et/ou de l’église/temple/mosquée/etc., on n’en veut pas sur la place publique. »

Et:

« J’ai rien contre les homosexuels, tant que ça reste derrière des portes closes. Le reste, j’veux pas l’savoir. J’veux pas les voir s’embrasser pis s’tenir la main dans la rue. »

Pour moi, il n’y a aucune différence entre ces deux attitudes.

Pourtant, dans la société bien pensante dans laquelle j’évolue, il est permis d’exprimer cette première opinion et de passer pour un être éclairé, tandis que la deuxième nous condamne à être perçu (à juste titre) comme un cro-magnon homophobe et intolérant.

J’ai toujours accusé les homophobes d’avoir peur de leur propres désirs homosexuels. Maintenant, j’accuse les laïcisants de la place publique d’avoir peur de leur propre soif de Dieu.

…Mais je m’éloigne de mon propos.

Ce que j’essaie de dire est que dans de telles circonstances, j’ai tendance à beaucoup (trop) m’identifier avec celui que je perçois comme injustement persécuté. J’aimerais pouvoir le dire en français, mais ça sort pas, I’m a classic bleeding-heart liberal in that sense. Sauf que ce sentiment est éphémère et s’évapore rapidement au contact de quelqu’un comme Suzanne.

La deuxième (et plus profonde) source de mon ouverture est plus difficile à expliquer.

Elle vient en grande partie du fait que mon cheminement spirituel, incluant toutes les recherches que j’ai faites ces dernières annéees sur les origines historiques et l’évolution des différentes religions (surtout le christianisme et l’Islam), m’a récemment mené à un endroit à l’intérieur de moi où le paradoxe apparent de la phrase suivante: « Il n’est pas nécéssaire de croire en Dieu pour croire en Dieu » semble s’évaporer.

Je sais que ça semble ésotérique… ça m’apparaît si clair et si simple, mais en même temps, je n’ai pas l’impression que je pourrais l’expliquer comme il faut en moins de 20 pages. Alors je n’insiste pas.

Sauf pour dire que depuis ce temps, c’est comme s’il m’était permi de « croire en Dieu » sans abdiquer la moindre parcelle de mon adhésion à la pensée critique et rationelle, non plus qu’à la méthode scientifique et la cosmologie qui s’en dégage.

Délire? Vue de l’esprit? Je ne sais pas.

Mais savoir si c’est « vraiment vrai » n’est pas la question.

C’est utile.


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2007/11/30 23:53

Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Mes impressions sont ici.

YouTube - Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Finalement il n’a rien dit que je n’ai pas trouvé raisonnable… Et en plus, je dois avouer que je le trouve assez sympathique. Je me sens obligé de le rayer de ma liste de radi-cathos.


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2007/11/30 19:51

Mes excuses au capitaine

Capitaine Virgil,

Je t’estime énormément, je lis et j’apprécie ton blogue… tu es parmi mes préférés.

Mais je suis en train de faire ma première rencontre avec ton nemesis, le maire de Saguenay, Jean Tremblay… il est l’invité à Il va y avoir du sport ce soir.

Je suis désolé, mais…

Je le trouve hyper sympa!

…et pas déraisonnable.

Ajout: Zut!!! J’allais mettre l’extrait dont je parle sur YouTube, mais je viens de faire une bourde et j’ai scrappé le fichier source. Ça ira à la rediffusion de dimanche, si j’ai le temps.

Re-ajout: Hmmm… si seulement je pouvais dire que j’en ai fumé du bon. Je viens de me rendre compte que je n’aivais pas, comme je le croyais, supprimé le fichier source… Enfin. L’entrevue sera en ligne sous peu.


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2007/11/23 14:36

L’Église et nous

Je vous invite à faire un tour du coté de chez l’ami Renart qui à publié un court billet sur la plus récente sortie du cardinal Ouellet. Billet qui à mené à une discussion fort intéressante dans les commentaires qui montre bien la variété des réactions face à ce “mea culpa” inattendu du cardinal. On voit d’ailleurs que malgré l’indifférence feinte par certains laïcs endurcis, la question touche à quelque chose de sensible chez “nous” qui est loin d’être réglé ou établi.

Je me suis heurté à une drôle de notion lors de la discussion, que l’Église catholique n’avait pas vraiment progressé depuis 1960. J’ai trouvé ça un peu gros.

Puis ce matin, je suis tombé sur l’excellente chronique de Christian Rioux du Devoir à ce sujet. Comme il le fait souvent, M. Rioux exprime mieux que moi un aspect important de ma pensée et comme je ne peux mettre un lien vers le texte puisqu’il se trouve du coté payant du site du Devoir, je me permet de le reproduire ici car je tiens à la partager. (Il faudra bien un jour ou l’autre que Le Devoir, à l’instar du New York Times, se mette à l’heure de la blogosphère)

Des catholiques qui s’ignorent
Christian Rioux
Édition du vendredi 23 novembre 2007Vue de l’étranger, la polémique qui entoure ce qu’il faut bien appeler la confession de Mgr Ouellet apparaît étonnante. Difficile d’imaginer en France ou en Allemagne un tel émoi autour de la repentance, somme toute assez normale, d’un responsable religieux. L’affaire semble d’autant plus étrange que cela fait déjà un certain nombre d’années que l’Église catholique a entrepris de s’appliquer à elle-même la médecine qu’elle avait réservée autrefois à ses seuls fidèles.

Au lieu de regarder la déclaration de l’archevêque de Québec à la lumière des événements récents, peut-être faudrait-il…

Continuer la lecture…

l’inscrire dans l’histoire de l’Église. Certes, l’agitation permanente qui caractérise les médias rend difficile à comprendre des évolutions aussi lentes. L’Église ne vit pas tout à fait dans le même temps que nous, et c’est tant mieux. Lorsqu’un chef catholique parle, il porte deux millénaires d’histoire sur ses épaules, alors que nous avons parfois de la difficulté à nous rappeler le nom de notre grand-mère.***

C’est peut-être en 1994 que le pas majeur a été franchi. Dans sa lettre apostolique, Jean-Paul II avait alors souligné qu’il était juste que, «le deuxième millénaire du christianisme arrivant à son terme, l’Église prenne en charge avec une conscience plus vive le péché de ses enfants». Plus tard, il précisait que, «lorsque les fautes sont confirmées par une investigation historique sérieuse, l’Église ressent le devoir de reconnaître celles de ses membres et d’en demander pardon à Dieu». Il s’agit, disait-il, «de répondre à une impérative exigence de Vérité».

Depuis, on ne compte plus les repentances. Jean-Paul II a d’abord scellé la réconciliation avec les juifs en se recueillant à Yad Vashem, le mémorial de la Shoah à Jérusalem. Puis il s’est excusé pour les erreurs passées: croisades, inquisitions, colonisation. Pour une institution qui se prétendait infaillible depuis 1870, il s’agissait d’une vraie révolution.

Depuis, les déclarations n’ont pas cessé. En 1995, c’est encore Jean-Paul II qui présente ses excuses pour l’oppression dont les femmes ont été victimes dans le passé. Le pape estime que le mouvement féministe a été «substantiellement positif» même s’il a sa part d’erreurs. Trop peu pour certains, mais pas à l’échelle d’une institution millénaire.

Dans chaque pays, cette nouvelle attitude a pris des formes particulières. En France, au moment de commémorer la déportation de centaines de juifs vers Auschwitz, l’évêque de Saint-Denis lit la déclaration de repentance de l’Église de France à l’égard des victimes du régime de Vichy. En 1992, l’évêque Charles G. Palmer-Buckle du Ghana s’excuse du rôle joué par les Africains dans le commerce des esclaves en direction des Amériques.

En 2002, le cardinal du plus grand diocèse américain, Roger Mahony, de Los Angeles, ne tarde pas à présenter ses excuses aux fidèles pour le scandale des prêtres pédophiles. Il est suivi par quelque 300 évêques et cardinaux réunis à Dallas, qui demandent pardon. Trois ans plus tard, le cardinal Daly fait la même chose en Irlande, un pays où 90 % de la population est catholique, le plus souvent pratiquante. La chose aurait été inimaginable dix ans plus tôt.

Et dire que certains trouvent que ce n’est pas assez!

***

Une fois ce contexte défini, avouons qu’il y a de quoi s’étonner du caractère épidermique de certaines réactions aux propos de Mgr Ouellet. Les souffrances endurées par les Québécois dans les années 50 n’arrivent quand même pas à la cheville de celles des juifs, des Africains ou des Espagnols de l’époque franquiste. Et si l’Église québécoise a des excuses à faire, on peut aussi juger que, sans elle, nous ne serions pas là pour en parler.

Ces réactions spontanées sont évidemment dues à l’importance qu’a occupée l’Église au Québec. Un peu comme en Pologne et en Irlande. Mais elles manifestent aussi une relation avec la foi qui n’est pas véritablement apaisée. Comment qualifier autrement des propos qui osent traiter l’Église de «cadavre qui grouille encore»?

Si les réactions sont si vives, c’est peut-être que nous tentons éperdument de nous définir hors de la religion alors qu’elle fait encore partie de nous. Parmi les pays que je connais, le Québec est en effet un de ceux qui débordent le plus de ferveur religieuse. Mais nos églises sont vides, direz-vous.

Et pourtant, je connais peu de sociétés où le sentiment religieux pénètre autant les débats de société. Le Québec n’a plus l’armée de missionnaires qu’il a longtemps déployée sur tous les continents, mais celle-ci a été remplacée par des bataillons d’ONG chargées de répandre la bonne parole à travers le monde. Nous ne faisons plus de pèlerinages, mais l’incantation écologiste adopte parfois les mêmes intonations. Nous ne pratiquons plus la confession, mais le discours expiatoire sur ce que nous avons été atteint des proportions abyssales.

Les cours de religion sont sur le point de disparaître. Belle affaire, puisqu’ils reviennent par une autre porte sous le déguisement d’un enseignement éthique qui s’annonce d’un moralisme à faire pâlir les vieux frères des écoles chrétiennes. Certains Québécois ont beau feindre l’indifférence à l’égard de l’Église, ils sont les premiers à revendiquer comme un droit syndical l’ordination des femmes. Même la ministre de la Condition féminine se mêle d’un débat considéré dans les États laïques comme une affaire strictement religieuse. Nous dira-t-elle demain comment choisir les imams et les moines bouddhistes? On n’imagine pas un ministre français s’ingérant de la sorte dans des affaires qui ne le concernent pas. D’ailleurs, qui a remarqué que la lettre de Mgr Ouellet s’adressait aux croyants?

Les Québécois ont beau fuir la religion, celle-ci semble les poursuivre dans tous les recoins de leur être. Il n’y a pas de pire catholique que celui qui s’ignore.

***

crioux@ledevoir.com
Source: Des catholiques qui s’ignorent

Un jour, il faudra bien que les Québécois apprennent à s’apprivoiser eux-même, si nous voulons que les “autres” nous apprivoisent à leur tour.


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2007/11/09 15:00

Le zèle du converti

Mon cheminement personnel en est un d’ouverture grandissante à la religion. Mais j’avoue que des trucs comme ça me font réfléchir.

Ce blogue a beaucoup fait état, il y a peu de temps, de la prestation de l’Imam Omar Koné à Tout le monde en parle.

Hier, un des extraits que j’ai mis sur YouTube ainsi que ce billet où je parle de l’Imam ont été “frappés” par les commentaires de cet utilisateur français.

Apparament, il s’agit d’un musulman qui s’est converti à une secte obscure, ultra-conservatrice et radicale, issue du catholicisme, qui ne reconnait plus la légitimité des Papes après Pie XII, les sédévacantistes. Je ne savais pas qu’ils existaient avant cela et je remercie donc ce visiteur d’avoir élargi mon éventail de connaissances.

Anonyme a dit…Grace à Dieu j’ai quitté l’islam,cette secte satanique qui ordonne le massacre des non-mahometans(9;29).

Continuer la lecture…

belle taqqiya d’omar.Dieu,Yasou3 al Masi7,nous dit dans La Bible Sa Parole qu’Il protege que satan se déguise en ange de lumière pour tromper les hommes.
et effectivement c’est un ange qui “donna” son coran(contraire à L’Injil) à mahomet le damné.

Dieu ,Yasou3 al Masi7,nous dit également que si quelqu’un vient à vous pour vous enseigner un autre evangile(coran soit disante confirmation de L’Injil) que Celui que nous avons reçu du Seigneur Jésus Christ,qu’il soit anathème!

Dieu ,Yasou3 al Masi7,nous dit aussi que le dernier prophete est Saint Jean Baptiste et non mahomet.

les Clés du Salut par L’Injil:

La Foi en Notre Seigneur Jésus Christ et le Bapteme au Nom du pere,du Fils et du Saint-Esprit.

ou tu te converties à La Vraie Foi,La Foi Catholique ou tu périras.

Amin Ya Rab!

Sedevacantisme,seul moyen d’etre Catholique.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Sedevacantisme

moussa abd al Nour

Wow!

Y’en a vraiment à toutes les saveurs, n’est-ce pas?

Je sais que plusieurs d’entre vous voudrons me dire que ceci illustre bien le danger et la folie des religions… Mais je persiste à n’y voir qu’une dimension de la folie humaine qui n’a pas nécessairement besoin de la religion pour se manifester… seulement de certitudes simples et rassurantes face à l’infinie complexité du monde. Ce qui, toute personne vraiment religieuse vous le dira, est le contraire de la foi véritable qui consiste plutôt à reconnaître notre incapacité à comprendre le mystère de la vie… la véritable foi est de s’incliner devant l’incertitude, pas de se réfugier dans des certitudes inviolables.

Mon implication en politique active, m’a permis de rencontrer ce genre de zèle idéologique, aveugle et certain de ses prémisses (au point d’en nier la réalité) tellement souvent qu’il est clair pour moi que, contrairement à ce qu’avance la majorité des “progressistes”, la religion est loin d’être la cause de ce phénomène. J’irais même plus loin en disant qu’étant donné que l’univers laïque ne propose rien de comparable en terme d’humilité face à l’inconnaissable, il est plus propice à engendrer le fanatisme que l’univers religieux.

——————————–

Ajout avant de publier: Je viens de m’apercevoir en préparant ce billet que la discussion continue de rager depuis hier avec ce radical sur la page YouTube… Je le laisse aller pour l’instant… j’aimerais avoir le temps de m’en mêler, mais je me prépare pour un congrès politique …mais si ça dérape trop, je devrai sévir.


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2007/10/30 20:26

Hier soir à la commission

Juste pour mettre les choses en perspective, voici, en rafale, les témoignages de la première demi-heure à la commission hier.

C’est rendu à la petite madame qui voudrait que tout le monde s’habille pareil que j’ai perdu les pédales.

Je ne veux pas les mettre sur YouTube.

Mais ça vous aidera à comprendre pourquoi ça a tellement fait de bruit.

Et pourquoi ma réaction fut si extrème.

Ne vous en faîtes pas, le Trudeau en moi a été exorcisé.


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2007/10/29 19:57

Intégrisme

20:58 : Je me dois de souligner, en vue de mon dernier billet, que j’ai aussi entendu pas mal (trop) de discours intégriste catho ce soir à la commission BT.

Moi, le seul discours intégriste que j’entends ces temps-ci (qu’il soit laïque ou religieux) viens de « nous. »

Ma conclusion : Je viens d’un peuple fondamentalement intégriste.

Je m’apprète à dire quelque chose de très, très grave pour moi, (presque hérétique) car une part énorme de ma démarche se construit en opposition à ses idées et à son projet, mais…

Continuer la lecture…

…je commence à comprendre Trudeau.
C’est grave à ce point là.


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2007/10/11 02:26

Non aux « Radi-Cathos »

Oui, ma déprime et ma colère contre mon peuple continue… ça va passer. Mais je suis toujours en colère.

Ceci dit. Bien que je soit plus ambivalant que la moyenne à cette remontée de nos traditions catholiques… Moi, j’écoute le témoignage de cet homme, la semaine dernière à la commission Bouchard-Taylor sur les pratiques d’accommodements, et j’y suis sensible… je n’y vois pas vraiment de problème.

Mais comme lui, je ne veux pas de religion ou d’Église dans mes institutions. Je suis contre tous les intégrismes, qu’ils soient catholiques, islamiques …ou laïques.

Et je suis totalement opposé au mouvement dont Jean Tremblay et ses semblables font partie qui voudrait que l’Église reprennent sa place d’autrefois.

Alors voici:



Cliquez sur l’image pour plus d’infos

La banière est de Renart. L’idée est de ce grand chasseur de radi-cathos qu’est l’intrépide Capitaine Virgil.


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2007/09/25 21:04

Le mythe du consensus laïque?

Moi qui me préparais à plaider sur ce blogue, entre autres idées, en faveur d’une espèce de réapropriation de certains aspects de notre passé catholique… du moins en ce qui a trait à la reconnaissance du role positif qu’ont joué l’église et la foi catholique dans la survie et l’épanouissement du peuple Français d’Amérique pendant tant de son histoire. (Ce qui n’empêche pas de reconnaitre que dès le début du XXe siècle l’église commence à être un frein à notre développement et que rendu aux années 50, son emprise est carrément malsaine)

J’avoue que celle là, je ne l’avais pas vu venir.

Résumé: Après le dépôt du mémoire du maire de Saguenay, Jean Tremblay, à la commission Bouchard-Taylor, dans lequel il demande de «redonner sa place à la religion [catholique] dans l’espace public,» voilà que dimanche soir dernier, une messe est célébrée, explicitement en faveur du maintien de la prière à l’hôtel de ville de Saguenay. Un des organisateurs (apparemment un «agent de pastorale») tiens des propos explosif devant les caméras des médias, assemblés pour l’occasion.

La cita-clip:

Ce n’est pas pour rien qu’on fait cette célébration dans l’église du Christ-Roi: c’est que le Christ est roi, et il doit régner dans tous les secteurs de l’activité humaine, et ça comprend le secteur politique, le secteur social, le secteur économique, tous les secteurs doivent être sous la seigneurie du Christ

Moi, j’allais dire quelque chose du genre: Il serait peut-être dans notre intérêt de se repencher sur certaines des valeurs qui nous unissait sous l’Église… que dans notre hâte à se libérer du joug de cette institution, nous étions peut-être aussi allé trop vite et trop loin dans le rejet de certaines des valeurs qu’elle véhiculait. J’aurais même été aussi loin que d’avouer qu’en tant que fils de parents progressifs qui ne fut pas, mais alors là, pas du tout élevé dans la religion, (je ne suis même pas baptisé) je souffrais d’une certaine envie envers ceux qui adhèrent à de telles institutions. Il me semble qu’il y a quelque chose d’éminemment sain à ce qu’une communauté se réunisse solennellement une fois par semaine pour méditer humblement, ensemble, sur le sens de la vie et leur rôle dans la communauté…

Mais quand-même! Je suis loin (et comment!) de souhaiter le retour de l’Église avec un grand «É» dans nos institutions! Moi, je voulais juste ouvrir une réflexion visant à réviser notre réflexe de tout rejeter automatiquement du revers de la main ce qui a déjà porté son étiquette.

Sauf que maintenant, avec ces gens là sur la scène, (et je crois qu’il s’agit ici d’un autre phénomène de fond) ça sera beaucoup plus difficile pour moi de convaincre qui que se soit de mes idées en citant «le glorieux rôle de l’Église» dans notre histoire.

Zut!

Et voilà qu’après le mythe du «consensus social-démocrate» au Québec, celui du «consensus laïque» s’effondre à son tour et me force encore à réévaluer mes idées de qui nous sommes.

Dany Laferrière avance des idées intéressantes et …provocatrices sur le sujet dans son «édito» d’hier à Bazzo.tv:

D’autres réactions:
Le Gros Bon Sens préfère en rire pour ne pas avoir à en pleurer…
pendant que mb’s chaos attend l’inquisition.


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