La poursuite du pouvoir - Archives

2008/05/22 21:52

Citation du jour

…moi, je fais partie de ces Français qui considèrent que le Québec sont des frères et que le Canada sont des amis. Je n’oppose pas les deux. Je vais vous dire : je veux plus pour les deux.
- Nicolas Sarkozy en présentant la Légion d’honneur à Céline Dion.

Ha ha! Way to patine, mon Sarko… eh.


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2008/05/22 18:38

Bon coup de la journée

Je passe outre le fait que la résolution libérale concernant le crucifix à l’assemblée nationale relève du plus pur calcul politique… la tactique est aussi dégoutante  de cynisme qu’elle est redoutable dans son efficacité.

Autrement, un premier ministre, contrairement aux chefs des partis d’opposition, se doit d’être rassembleur et non partisan dans son message en une telle occasion. J’ai suivi le débat dans “l’arêne” aujourd’hui et je dois admettre que Charest passe le test haut la main.

Le moment fort pour moi fut la réplique de Charest en chambre aujourd’hui. Le rituel, semble-t-il, est qu’après sa déclaration initiale suivie d’une déclaration de chacun des partis d’opposition, le premier ministre a un “droit de réplique” qui lui donne le dernier mot. Charest nous montre ici qu’il est un politicien (et homme d’état) en haute forme ces jours-ci:

“Espace de liberté”… ces mots sont comme de la musique à mes oreilles.

J’avoue être très étonné de constater à quel point mes sympathies penchent de plus en plus vers le PLQ depuis un bout de temps… ça ne s’était pas produit depuis 1993!


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2008/05/19 21:09

Les patriotes ne sont pas morts pour la “nation québécoise”

Aujourd’hui, c’est la “fête des patriotes”. Une réponse enfantine de la “nation québécoise” qui boude le fait que le congé d’aujourd’hui provient en fait d’une tradition qui célèbre la naissance de la reine Victoria.

Queen Victoria

En instituant cette fête, la “nation québécoise”, cette construction née dans les années soixante d’un désir de renouveau et d’affranchissement si fort qu’elle exige une révision identitaire, cache mal son insécurité existentielle et démontre plutôt son immaturité. (Si on voulait vraiment donner aux patriotes la place qui leur revient dans notre paysage mythique, on ferait du 15 février une fête de recueillement national au même titre que le 24 juin en est une de célébration et de joie… et on laisserait cette journée-ci aux traditions britanniques)

Mais puisqu’il est question de nos braves patriotes aujourd’hui… et de leur appropriation par les tenants d’une idéologie historique qui se sent obligé de défigurer ses racines pour se donner la permission d’exister, je me permets une petite montée de lait qui me ronge le coeur depuis quelques années.

Chevalier de Lorimier

Le 14 février 1839, à la veille d’être pendu, le patriote François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier écrit son “testament politique”. Un des documents politiques les plus importants et éloquents de notre histoire… qui encore aujourd’hui fait vibrer tous les souverainistes et autres révolutionnaires de salon de notre petite nation.

Le texte intégral de la lettre est ici.

Faute d’être dûment enseigné dans nos écoles, ce texte est tout de même transmis dans la culture populaire à travers les oeuvres de certains poètes incendiaires de la nouvelle nation qui crient toujours si fort son nouveau nom qu’on croirait qu’ils veulent à tout prix nous faire oublier l’ancien… celui dont s’affublait les pères de leurs pères… et leurs pères avant eux qui se sont battus (ou non) aux côtés des compatriotes de Chevalier de Lorimier.

Je pense en particulier à La complainte des hivers rouges de Roland Lepage (1974) et, plus récemment, au film 15 février 1839 de l’inimitable Pierre Falardeau (2001). Ces deux oeuvres reprennent presque mot pour mot plusieurs passages de la fameuse lettre de Chevalier de Lorimier…

Je dis presque parce qu’on peut être certain que le passage suivant, tiré de la lettre, ne s’y retrouve pas et sera toujours gommé par ceux qui s’acharnent à faire de nos patriotes des “héros de la nation québécoise”…

Le sang et les larmes versés sur l’autel de la liberté arrosent aujourd’hui les racines de l’arbre qui fera flotter le drapeau marqué des deux étoiles des Canadas.

Pourtant, il me semble que c’est là un des passages les plus révélateur, sinon de ce qui motivait nos patriotes, du moins de la dichotomie qui semble exister entre ce qu’ils étaient vraiment et le mythe que nous avons créé autour d’eux pour supporter notre idée moderne d’une “nation québécoise” qui n’aurait eu aucun sens à leur yeux.

Drapeau patriote (le tricolore canadien)Pensez-y… cet homme qui, à la veille de son exécution, sait qu’il écrit ce qui sera considéré comme le testament final de son mouvement… qui prend la peine de l’écrire par volonté qu’un tel testament soit remis à la postérité… Drapeau patrioteCet homme, lorsque vient le temps de mentionner la bannière sous laquelle il meurt, ne nous parle pas du tricolore canadien… ou d’une drôle de bannière avec un poisson et des feuilles d’érable… ou d’un castor… ou tout autre symbole appartenant alors à sa “race” française.

Non.

Drapeau patriote (les deux étoiles)Cet homme, qui tient à ce qu’on comprenne au nom de quel idéal il meurt nous dit qu’il meurt au nom d’un “drapeau marqué des deux étoiles des Canadas“. Symbole, oublié depuis, représentant deux états libres, mais unis, Betsy Ross Sews the First Amarican Flagl’un anglais (le haut-canada), l’autre français (le bas-canada), ayant déclarés leur indépendance de l’empire et frayant, main dans la main, le chemin du destin emprunté par les peuples libres. Le tout dans une logique symbolique les destinant éventuellement à s’unir à la grande expérience d’union démocratique naissante déjà entamée par 13 colonies voisines…

Pauvre Chevalier… il a pris tant de peine à faire comprendre qu’il mourrait pour avoir voulu libérer les siens du joug de Londres dans un contexte d’union “des deux étoiles des Canadas”…

Mon pauvre Chevalier… le destin rit de toi, mon pote. Si tu savais à quel point tes “héritiers” s’en foutent. Aujourd’hui, ils ont appris à avoir honte du nom de canadien que tu portais fièrement comme étant celui de ton peuple… ils ont appris à cracher sur les symboles qui ralliaient tes frères; le castor; la feuille d’érable; tout en croyant reprendre ton flambeau… les uns ignorants… les autres hypocrites… si tu savais à quel point ils s’en foutent de savoir ce qui t’animait vraiment…

Ils sont trop occupés à se redéfinir dans une identité fragile qui veut tant fuir la honte de ses origines qu’elle s’est déconnectée de ses racines et ne sait plus se nommer

Ils sont trop occupés à s’oublier pour pouvoir célébrer l’idéal pour lequel est mort un vrai patriote.

À la tienne, mon Chevalier.


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2008/05/19 02:09

Quand Dieu se mêle de politique étrangère

Suite à la forte impression m’a fait cet entretien bloggingheads ce matin, j’ai décidé de me retaper le film Charlie Wilson’s War en soirée (j’étais aussi allé le voir au cinéma lors de sa sortie en décembre dernier).

Pour les adeptes du BitTorrent, c’est par ici.

Charlie Wilson's WarComme oeuvre cinématographique, j’avoue que c’est plus ou moins raté… le film arrive mal à faire l’harmonie entre le sérieux de son sujet, la gravité des idées qu’il avance et le carcan stylistique de la comédie noire (maladroitement feydeau-esque par moments) qu’il tente de se donner… Disons qu’on est loin de Doctor Strangelove.

Mais bien que (outre la performance de Philip Seymore-Hoffman) nous ne soyons pas en présence d’une grande oeuvre cinématographique, il faut souligner que comme voyage à l’intérieur des méchanismes byzantins de la machine gouvernementale américaine… et comme chronique des événements improbables qui ont menés à la fin de la guerre froide tout en formant la genèse du “choc des civilisations” dans lequel Washington est présentement embourbé, nous sommes en présence d’un bijou.

Surtout qu’il ne s’agit pas vraiment d’une fiction.

Charlie Wilson's WarLe film raconte la vraie histoire (documentée et non niée par les intéressés) d’un congressman démocrate (et libertin) du Texas qui, grâce au fait qu’il se retrouve à siéger sur certains commités clés, dont un qui gère un budget militaire secret, réussit à mettre en place la plus grande opération clandestine de l’histoire; le financement et le support logistique aux rebelles de la guerre d’Afghanistan qui brisa le dos de l’Union soviétique… et créa les conditions qui donnèrent naissance à la gang à Ben Laden…

La chose fascinante est de voir comment un simple congressman, aidé d’une riche héritière ont pu accomplir tout ça… et à quel point la motivation religieuse de l’héritière (tout à fait en ligne avec la “cold war religion” dont il est question dans l’entretien qui m’a fait fait tant d’effet) démontre le rôle que le dangereux mélange de religion et d’idéologie qui s’est développé pour servir la guerre froide est venu joué dans la genèse des ”guerres religieuses” que nous vivons aujourd’hui. Ce qui frappe surtout c’est la naïveté des sincères bonnes intentions qui motivent les acteurs de cette tragédie… qui se poursuit aujourd’hui.

These things happened. They were glorious and they changed the world…
…and then we fucked up the end game.

- Charlie Wilson


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2008/05/18 18:47

Le culte du pouvoir

Je ne m’aiderai pas ici, tout grand défenseur de la religion-en-tant-que-véhicule-légitime-de-cheminement-spirituel-collectif que je suis, mais je suis tombé sur quelque chose aujourd’hui qui m’a pas mal sidéré.

Les coulisses et la scène du théâtre du pouvoir washingtonien seraient infiltrés par un réseau plus ou moins secret, fondé dans les années 30,  de fondamentalistes pseudo-chrétien dédié à l’exercice du pouvoir…

Un groupe qui se tient dans l’ombre mais qui ne nie pas son existence et qui réunit plusieurs power-brokers incluant des sénateurs et élus des deux partis, des généraux et des industriels… Un groupe qu’on appelle… tenez-vous bien…

The Family (La famille)

Jeff Sharlet - The Family Book Cover

Non, je ne vous niaise pas. 

Il s’agit d’une réelle et sincère pseudo-religion du pouvoir par et pour les puissants… qui a un impact sur les décisions émanant de la capitale… c’est complètement hallucinant.

Voici un extrait d’un entretien entre Will Wilkinson du Cato Institute et Jeff Sharlet, collaborateur au NYU Center for Religion and Media et auteur du livre The Family: The Secret Fundamentalism at the Heart of American Power qui décrit le fonctionnement et les fondements du groupe.

L’entretien au complet est ici.


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2008/05/16 12:57

Les apôtres de la peur

…ne savent plus sur quel pied danser.

Hier, j’ai eu un moment de pur schadenfreude en regardant Hardball avec Chris Matthews à MSNBC. Il est question du discours que Bush a donné hier matin en Israël, lors du 60e annivairsaire, où il compara l’idée [qui est aussi la politique du candidat démocrate] de “parler” à l’Iran à de l’appeasement, terme chargé qu’on applique généralement à tous ceux qui voulaient “pacifier” Hitler avant la seconde guerre mondiale et plus spécifiquement à ce qu’a fait Neville Chamberlain, le premier ministre de Grande Bretagne de l’époque.

Nous en somme à la partie “chearleaders” partisans de l’émission… les invités sont un bonze de marché régional dans l’univers de la “Talk-Radio” de droite et le président de Air-America Radio une radio de gauche qui a été créée en réponse à ce phénomène.

Pour quelqu’un qui désespère de voir à quel point l’hystérie du genre de celle que le gars de droite vomit ici semble avoir fonctionné et aidé à conserver Bush au pouvoir depuis depuis le 11 septembre… ça fait tellement du bien de voir leur ignorance exposée de cette façon.

“When you’re in a hole, stop digging”

Smells like desperation…

Le règne des apôtres de la peur tire à sa fin.


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2008/05/11 21:45

Une autre réflexion sur la religion

J’aime beaucoup la blogueuse Zed Blog, la lire est toujours un exercice stimulant, Son style davantage évocateur que didactique qui porte à plus profonde réflexion est un vent d’air frais (d’air fou?) dans notre petit coin de la sphère politique. J’admire aussi beacoup la fougue de son idéalisme… même si je ne le partage pas en tout point.

Depuis mon retour en ligne, je dois avouer que ses textes et ses commentaires, ainsi que son initiative ont fourni l’étincelle derrière la plupart de mes réflexions bloguesques ces derniers temps… dont quelques billets qui n’ont pas été publiés, faute d’être à la hauteur des ambitions qu’elle m’inspire.

La plus récente étincelle viens d’un commentaire qu’elle a fait au sujet de ma dénonciation des “pasteurs” de John McCain. Plus précisément, de la phrase suivante:

Je ne connais aucune religion qui mette de l’avant les droits de la personne, aucune qui n’y contrvienne pas ou n’encourage pas d’y contrevenir.

Je reproduis ici ma réponse qui s’est avérée si longue que j’ai décidé qu’elle méritait son propre billet.

Ça résume assez bien ce qui me sépare de la plupart de mes contemporains au sujet de la religion… et donne un autre apperçu de ce que j’appelle mon conservatisme à moi.

J’ai une lecture très différente des religions que la tienne et celle de la plupart de mes compatriotes.

Bien que le concept de “droit de la personne” n’avait aucun sens dans les temps anciens, toutes les religions sont nées d’un élan et d’un désir sincère d’améliorer la condition humaine (semblable à l’esprit qui t’anime, je dirais) dans le sens d’une plus grande justice, dignité et bonheur pour tous. Il faut se remettre dans le contexte de leur naissance pour le comprendre.

Le concept même d’égalité entre les hommes et de la dignité fondamantale de tous les être humains nous vient tout droit des “grandes” religions.

(Le concept des “droits de la personne” est né dans un contexte d’éthique chrétienne… ne l’oublions pas - et je ne dis pas ça pour élever la religion chrétienne au dessus des autres… l’Islam est emptreint des mêmes valeurs et les expose d’une façon qui ressemble encore plus à notre conception moderne)

Le problème, ce n’est pas les religions, mais plutôt les idéologies. Une idéologie est un scheme de pensée fermé qui prétend expliquer la réalité et posséder la formule à suivre pour toute une société… adhérer à une idéologie, c’est s’opposer aux autres idéologies qui ne cadrent pas avec la sienne. En autres mots, prétendre à la vérité absolue.

Tu me diras que c’est la même chose (en pire) pour les religions. Ce à quoi je réponds: Seulement lorsqu’elles sont montées en idéologie par les hommes soucieux d’imposer une formule à suivre pour toute une société. Le danger vient de cet élan tout-à-fait humain (et sain) de vouloir refaire le monde lorsque cet élan n’est pas tempéré par le doute. Le danger, c’est l’utopisme.

Pourtant, malgré ce qu’on en croit, toutes les religions ont comme un de leur messages centraux, l’idée que la vérité absolue est insaisissable pour les humains… Que celui qui prétend la comprendre et pouvoir la livrer est toujours dans l’erreur… Que le mieux qui est donné aux humains est d’en entrevoir l’essence sans jamais la saisir… Que même si nous ressentons qu’elle existe… et qu’elle peut nous guider, nous devons toujours nous demander si nos actions et pensées vont dans le sens perçu de cette vérité à laquelle nous aspirons.

En autres mots, toujours se remettre en question.

Combien d’idéologies peuvent en dire autant?

Ceci dit, la fin de ton commentaire touche au réel bobo.

La cupidité humaine.

Un élément de notre nature que les religions ont justement eté concues pour atténuer (non sans succès, à mon avis). Même si leurs institutions en sont victime.

Un élément de notre nature contre lequel tu t’insurges et c’est tout à ton honneur.

Seulement, je ne vois pas en quoi l’absence de religion améliore cet élément, au contraire.

(Je souligne ici le fait que les pires atrocités de notre histoire ont été commises non pas au nom d’une religion, mais au nom d’idéologies laïques qui se voulaient “libérées” des contraintes morales de la pensée religieuse)

Et, comme c’est toujours le cas dans les cycles de l’Histoire, même tous les idéaux progressistes que tu prône et qui sont, je le consent, nécessaire à l’amélioration du monde de demain, finiront éventuellement par être érigés en dogmes que manipuleront des hommes cupides pour servir leurs propres intérêts… et qu’il faudra combattre avec de nouvelles idées

“The creatures outside looked from pig to man, and from man to pig, and from pig to man again; but already it was impossible to say which was which.”
- George Orwell, Animal Farm

On ne peut pas changer notre nature… on ne peut (et on le doit) qu’y aspirer.

Ça aussi, c’est un des messages centraux des religions qu’il nous ferait bien de ne pas oublier dans notre zèle à vouloir changer le monde à tout prix.

Et je rapelle à mes lecteurs que je ne suis pas particulièrement religieux (quoique beaucoup plus spirituel que je l’ai été) et n’ai pas été élevé dans quelque forme de religion que ce soit. À mois que ceci ne compte.


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2008/03/04 20:50

“Arrêtons de nous flageller”

Je fouillais dans mes fonds de tirroirs, et j’ai trouvé cette ébauche de billet (daté du 24 septembre 2007) que j’avais l’intention de publier à mes tout débuts. Sérieusement, je crois qu’il s’agit de mon troisième ou quatrième billet, et le premier qui ne fut jamais terminé pour ensuite se perdre dans les méandres de mon esprit.

J’ai cru interessant de le terminer. La partie en jaune fut écrite ce soir. Le billet original finissait sûrement autrement dans ma tête, mais enfin, le voici:

Je regardais Il va y avoir du sport vendredi dernier et j’ai été frappé à quel point le discours d’un des participants résonnait avec celui que j’ai envi de tenir aux souverainistes. [Je n'ai jamais eu, ni n'ai, l'ambition d'être un écrivain, alors je prends mon inspiration où je peux]

Il s’agit ici d’un débat sur la question: Montréal est-elle une ville d’envergure? La participante en question, du coté des «oui», est Isabelle Hudon, présidente de la chambre de commerce du Montréal Métropolitain. Les autres détails sont ici. Vous pouvez voir le débat en entier ici. Le sujet me tient à coeur (et j’en aurais long à dire) mais n’est que périphérique à celui de ce billet.

Remplacez les termes “Montréal” et “Montréalais” par “Québec” et “Québécois”; “régions” par “Canada Anglais”; et l’idée de trous et de malpropreté par tout ce vous n’aimez pas est qui est de la faute du fédéral (et je dis ça sans sarcasme) … et vous avez l’essentiel de mon approche sur l’avenir de la nation.

Qu’on arrête de blamer les autres pis occupons nous de nos affaire… prenons nous en main. Fédéraliste? Non. Je me fous pas mal de la nation anglo-canadienne (et je le dis sans hostilité). Culturellement, je la trouve plus faible et fragile que la notre. Sans nous, ils n’ont pas beaucoup de bases solides pour se définir… mais ils ont commencé et je leur souhaite bonne chance… un jour, par contre, il faudra bien qu’ils se défassent de certains mythes sur lesquels elle est fondée, comme le bilinguisme, mais ça, c’est leur problème.

Pour ma part, c’est simplement que ça fait longtemps que j’ai compris que ce ne sont pas eux qui nous empêche d’avancer. Et que culturellement, sur le plan de l’identité, c’est nous qui avons le gros bout du baton.

Notre ennemi n’est pas externe à nous.

Il est à l’intérieur de nous.

Il s’apelle la peur.


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2008/03/04 16:18

Péage sur les routes ou taxe d’essence?

C’est la question qui préoccupe les libertariens d’ici:

Vincent Geloso: 100% libéralisé: Sur le péage

La taxe sur l’essence semble être le moyen privilégié.

Quand les libertariens préferent une taxe à une solution de marché comme le péage… On ne parle plus des libertariens de mon enfance.

Ça m’encourage.


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2008/03/03 20:53

Idéalisme et réalité

Pas pour prolonger la saga… mais cela m’amuse d’être tombé sur cette histoire telle que vue et interprétée par les libertariens anglo-saxons:

Reason Magazine - Hippie Can’t Speak French, Abandons Quest for Moneyless Society

Citation de choix:

Freeloading hippie Mark Boyles, 28, decided to demonstrate his contempt for the modern world, materialism, and a bunch of other really terrific things by walking to Gandhi’s birthplace in Porbander, India. Boyles is an acolyte of the “Freeconomy” movement, a method of living that, according to the group, “allows people to make the transition from a money based communityless (sic) society to more of a community based moneyless society.” In other words, he’s a middle class beggar.

Traduction:

Mark Boyles, un hippie de 28 ans, a décidé de démontrer son mépris du monde moderne, du matérialisme et d’un paquet d’autres choses merveilleuses en marchant jusqu’au lieu de naissance de Ghandi, la ville de Porbander, en Inde. Boyles est un acolyte du mouvement de la “freeconomy”, un mode de vie qui, selon le groupe, permet de faire la transition d’une société basée sur un système monétaire non-communautaire vers une société basée sur un système communautaire non-monétaire. Autrement dit, un quêteux de classe-moyenne.

Heh.

Je comprend l’idée sur laquelle Louis essayait de pousser avec sa “bombe”… Mais l’exemple de ce mec n’était pas très bon. La France est pleine d’Anglais qui y vivent sans jamais apprendre le français. Le gars a pas frappé un mur parce que les Français se sont tenu debout pour leur langue, mais simplement parce que le gars avait pas d’allure.

Parlant de pensée économique libertarienne et de considérations communautaires… Je me suis tapé ce diavlogue ce matin, alors que j’attendais le retour en ligne de mes sites. Une discussion en profondeur entre Will Wilkinson, un de ces jeunes libertariens qui m’impressionne et Stephen Marglin, un “économiste dissident” à Harvard et auteur du livre The Dismal Science qui prone une réforme de la pensée économique en fonction de permettre un ralentissement de la logique de marché (dans les sociétés “riches”) au nom d’un renforcissement de la communauté… ça peut sonner comme du délire de gauche, mais le bonhomme a produit un ouvrage sérieux qui pose des questions pertinentes.

Blogginheads.tv: Des stéroïdes pour les neuronnes.


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2008/03/03 16:51

Stéphane Dion attend “l’effet Obama”

Et dire qu’à ses débuts (comme chef des libéraux), je le croyais sincèrement capable de grandes choses… où du moins qu’il ferait un adversaire de taille à Harper… Deux cérébraux… Policy wonk v. policy wonk… et tout ça. (Quoi qu’on pense de ses positions, je soutiens que Stéphane Dion a été l’adversaire le plus efficace de la souveraineté que ce mouvement ait connu… surtout sur le plan idéologique)

Mais là… c’est pathétique.

Lorsqu’on est dans le délire…

On évoque le ridicule…

Mais au niveau humain, le fond de la tragédie…

Le trou est rendu tellement creux… qu’on ne voit plus l’homme.

Mais si on tend l’oreille… on l’entend encore creuser.

Et répéter:

“Je vais y arriver!”

Pauvre Stéphane.

L’extrait entier de l’entrevue Facal Marissal est ici.


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2008/02/28 15:40

Le conservatisme de Buckley

Selon Sullivan.

Ma traduction:

Il aura vécu assez longtemps pour voir son précieux héritage dilapidé de façon grotesque par l’estabishment conservateur qu’il avait aidé à mettre en place. Comme plusieurs d’entre nous (conservateurs) il en est venu à voir l’administration de George W. Bush comme représantant peut-être la plus profonde et sombre trahison des valeurs conservatrices. Et l’horrible mouvement haineux qui la soutenait aveuglément comme faisant partie du problème et non de la solution. Mais il n’était certainement pas surpris. Un conservateur sceptique qui sait réfléchir sait qu’au fil du temps les grandes idées motrices s’ossifient en idéologies, que les idéologies peuvent devenir propagande et que la propagande peut dégénérer vers un factionalisme des plus toxiques. Cela relève de la nature humaine et de son histoire. Il n’y a aucune raison pour laquelle le conservatisme, en tant que mouvement politique, échaperait à la critique centrale que fait le conservatisme envers tous les mouvements. Buckley était poli à ce sujet, bien plus poli que plusieurs d’entre-nous. Mais il avait assez d’intégrité intellectuelle pour ne pas le cacher non plus.

Que savait-il? Qu’il n’y aura jamais paradis sur terre; qu’il n’y aura jamais de fin à la pauvreté ou à la bigoterie ou au mécontentement. Qu’il y a plus de sagesse dans la tradition qu’il nous en paraît au premier coup d’oeil et que la liberté est indispensable pour permettre à la tradition de se déplacer; de s’adapter et de répondre aux besoins et désirs changeants des êtres humains. Que l’idéologie est toujours et partout un mensonge. Qu’un gouvernement fonctionne mieux lorsqu’il est petit, agile et conscient des limites de sa capacité. Qu’une société qui cherche à s’affranchir absolument des vérités religieuses est aussi condamné que celle qui s’organise autour de la volonté divine.

Il fut un temps où ces vérités étaient des hérésie interdites de parole. Qu’elles aient survécues à la démocratie de masse est, en soi, un petit miracle. Mais Buckley savait que tout ce dont le conservatisme a besoin pour survivre est la liberté de penser, la volonté de remettre en question et un goût du débat. Ce sont les valeurs qu’il incarnait. Puissions nous les retrouver à notre tour dans le grand vide qu’il laisse derrière.

J’étais, récemment, de plus en plus prêt à me départir de l’étiquette de conservateur que j’essaie de rendre confortable à mes sensibilités depuis quelques années. Mon constat étant que le mouvement qui porte ce nom était rendu ailleurs et rejetait la vision dite conservatrice qui m’animait. Je me disais que c’est le conservatisme à la CPAC qui domine aujourd’hui; qu’il s’était maintenant approprié l’étiquette et que j’étais prêt à la lui laisser. Si c’est eux les conservateurs, alors je suis une sorte de libertarien plus attaché aux institutions et traditions.

Mais je lis ce texte et il me réconcilie. Si on définie le conservatisme comme ça…

I’m a Buckley conservative.

Plus de détail sur Buckley ici.


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2008/02/28 12:56

“Don’t mind us”

Les libéraux célebrent leur maintien à l’opposition.


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2008/02/27 21:49

L’organisation du travail en santé

Ce que j’aime des libertariens c’est que malgré que leurs solutions soient naïves et irréalistes, leur analyse de la nature du problème est toujours exactement la bonne.

le magazine nagg™: Il est où le problème!


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2008/02/27 19:26

La droite perd son plus grand intellectuel

Il y a des choses plus importantes que les invectives blogosphérique, j’y reviendrai.

William F. Buckley Jr.William F. Buckley Jr. est mort aujourd’hui. C’est peut-être pour certains lecteurs une raison de le maudire et célébrer son passage vers l’au-delà, mais il n’y aurait pas de mouvement conservateur américain qui se tienne aujourd’hui sans cet homme. Il est l’intellectuel qui a allumé la mèche qui a éventuellement permi au mouvement conservateur de se débarrasser de ces aspects les plus inquiétant (racisme, xénophobie, isolement) et d’atteindre ses lettres de noblesse dans l’académie. Il a rigoureusement tissé la toile idéologique qui a permi au morceaux disparates de ce mouvement (conservateurs sociaux, anticommunistes, libertariens, etc) de devenir la force redoutable que nous avons connu ces quarantes dernières années.

En 1955 il fonda le magazine conservateur National Review, qui demeure encore aujourd’hui, dans sa forme électronique National Review Online, la tête de proue du mouvement. Cette revue devint le laboratoire où il a réuni les différents morceaux du mouvement pour lentement les unir entre eux. Reagan a souvent dit que sans Buckley il n’y aurait pas eu de Reagan.

M. Buckley, par contre, ne s’est jamais figé comme le mouvement qu’il a créé. Il n’a jamais cessé de pousser la réflexion. Ces dernier temps, il était plutôt “off the reservation” du point de vue de ces collègues et émules. Il a déclaré que la guerre d’Irak était perdue dès 2004, il écrivait des papiers où il tentait d’élaborer les arguments conservateurs en faveur de la légalisation de la marijuana et du marriage gay… et toutes sortes d’autres sujets qui sont aujourd’hui tabou pour l’orthodoxie conservatrice à laquelle il a donné naissance.

Ces dernières années, il continuait d’écrire tout ce qui lui chantait pour la revue qu’il a fondé, mais à titre d’editor “at large” et n’avait plus aucune influence sur la ligne éditoriale… vers la fin, cela faisait souvent de lui la seule voix discordante dans un concert d’unanimité qui faisait peur. Il faisait aussi souvent la remarque que la droite était devenue intellectuellement paresseuse, abrutie et trop confortable au pouvoir et qu’elle était dûe pour une bonne traversée du désert afin de se renouveller

Je vous laisse sur un extrait de débat entre lui et Noam Chomskey (en 1969) que Sullivan m’a fait découvrir il y a quelques année. Observez à quel point ces deux hommes se détestent… la tension est vive… mais le débat demeure d’une civilité exemplaire… (Buckley est un maître dans l’art) Une façon de débattre qui appartient à une autre époque et qui, hélas, semble avoir été oubliée de nos jours.

La seconde moitié du débat est ici.

Ce serait bien que les débats blogosphérique puisse avoir cette teneur, non?

Ajouts:
Une de ses dernières prestations à l’émission de Charlie Rose
Entrevue avec Chris Matthews
L’éloge de Sullivan
Concert d’éloges

Re-ajouts:
La mention de l’Antagoniste.
L’éloge de Chris Mathews (avec Peggy Noonan) :


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2008/02/27 01:42

L’idéologie d’Obama?

Plutôt pragmatiste que gauchiste, selon The New Republic: The Audacity of Data


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2008/02/27 01:14

Citation du jour

“I fear conservatives have gotten intellectually lazy. It may be we need an Obama presidency to force the right to get serious again.”
- Andrew Sullivan

Traduction: “J’ai bien peur que le mouvement conservateur soit devenu paresseux de l’esprit. Il est fort probable que nous ayons besoin d’une présidence Obama pour forcer à la droite de reprendre du sérieux”


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2008/02/26 21:30

À la recherche du conservatisme de demain

J.H. poursuit sa réflexion: Le conservatisme de village.

Pat BuchananUne note. J.H. prends l’exemple de Pat Buchanan pour illustrer un aspect du conservatisme qui lui déplait. En ce qui a trait à plusieurs des idées pronées par M. Buchanan, je suis bien d’accord avec lui. Mais tel Jacques Brassard avec Bush (quel néo-con tout de même ce Brassard) je me sens obligé de rectifier l’image sommaire qu’ont souvent mes compatriotes de cet homme. M. Buchanan a souvent, pour ceux qui ne le connaissent pas, une image et une réputation de belliqueux désagréable et fermé, découlant surtout de sa campagne pour déloger George Bush père en 96, qui n’est pas vraiment méritée. Je lis et je suis la carrière de M. Buchanan depuis longtemps et je dois mentionner qu’en plus d’être un des meilleurs analystes politique que je connaissent, cet homme est un pur gentleman qui respecte profondément ses advairsaires et leur droit de s’opposer à lui… Sauf pour certains de ses ennemis de son propre coté du spectre qui n’ont rien de bon à dire de lui, les gens de gauche qui le connaissent sont unanimes, il sait jouer la joute rhétorique, mais en privé il est tout-à-fait attachant.

D’où me viennent ces impressions? M. Buchannan fait partie, à titre d’analyste, de l’équipe à ma chaîne d’infos politiques préférée, MSNBC.


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2008/02/25 19:48

Cultiver son Voltaire

voltaire

Décidément, Voltaire me poursuit, ces jours-ci.

Il y a peu de temps, je tombais pour un double blogue français-anglais qui utilise dans ses taglines des citations de Voltaire qui évoquent assez bien le noyeau de ma philosophie politique… toute chancelante et pradoxale soit-elle.

Puis, en réflechissant à l’extremisme de Louis d’UHEC hier soir… je suggérais que le monde se porterait peut-être mieux si plutôt que de s’y en prendre il allait cultiver son jardin.

Ceci est une référence au dernier chapitre de l’oeuvre de Voltaire, Candide ou l’optimisme.

J’ai voulu, pour illustrer ma référence, trouver un lien vers lequel pointer… au pire, il y a toujours Wikipédia. J’ai donc tapé “candide” et “voltaire” dans mon engin de recherche et à ma très grande surprise, le texte intégral est sur Internet!

…avec l’avis suivant:


Dans la limite des ressources disponibles en termes de mégaoctets,


ce texte de Voltaire, comme d’autres, libres de tout droit,


est mis à la disposition du public, modeste contribution


au développement de la culture et de la raison


à l’ère des media électroniques.


Bonne lecture à tous.


Pierre Cohen-Bacrie



Je n’ai pas besoin de m’en faire dire plus.

J’aurais simplement pointé vers le site, mais je trouve le format très désagréable à lire. J’ai donc décidé de le republier ici.

J’ai lu ce livre à l’age de 20 ans… il a beaucoup, comme il se doit, influencé ma pensée… quant à moi, il devrait faire partie du programme scolaire. C’est le genre d’oeuvre qui mérite certainement relecture avec mon oeil de 37 ans. J’ai hâte de trouver le temps de m’y mettre.

Je ne veux pas vous froisser, chers lecteurs, mais il me semble que quiconque prétend vouloir discuter de philosophie politique sans avoir aussi ce livre dans son éventail d’influences… dans le cheminement de son raisonnement (quel qu’il soit)… le fait avec un net handicap.

Je vous le recommande fortement.


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2008/02/24 16:45

Mea Culpa: (Antagoniste != Cato) && (Kwebek != Heritage)

Il y a quelques mois, alors que je me familiarisait encore avec la sphère d’ici, j’ai écrit un billet intitullé Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? » dans lequel j’ai plutôt gratuitement affirmé ceci:

Car entre Antagoniste.net qui me sert du CATO Institute réchauffé et Kuebek qui me sert du Heritage Foundation de mauvais aloi (…) Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir quitté la blogosphère américaine.

Aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de réviser ce jugement plutôt sommaire qui n’était pas sans sa propre dose de mauvais aloi de ma part.

Bien que son raisonnement semble plutôt ancré dans une variante d’objectivisme randien primaire, David l’Antagoniste est un ultra-partisan dont la cohérence idéologique est constament sacrifiée sur l’autel du combat rhétorique. Je l’admire quand-même beaucoup, dans son genre, il est le meilleur des environs. Pour chaque trahison opportuniste à la pureté idéologique de son coté du spectre, David sera prêt, statistiques et références au bout des doigts, à nous démontrer l’imminente sagesse de la chose. Eussé-je cette initiative… [soupir]

Mais cela n’a pas grand-chose à voir avec le courant idéologique représenté par le très non-partisan et plutôt pacifiste Cato Institute. Il y a huit ans, il était encore souvent associé aux parti républicain mais les politiques néo-conservatrices de l’administration Bush et l’affaissement de la direction du parti en chambre aux impératifs de la droite chrétienne en ont fait le premier des grands courants idéologiques de la droite américaine à dire bastà à la coalition. Déjà en 2004, la fissure était claire.

En fait, c’est surtout là que la comparaison perd sa validité. La démarche du Cato Institute s’inscrit en complète opposition aux politiques néo-conservatrices qui prône la légitimité de la coercition et de la force au nom de la liberté et du pluralisme (la vérité et son contraire) et au “conservatisme de la grandeur nationale” (National Greatness conservatism) représenté par John McCain. (Je dois d’ailleurs dire que je commence à être plutôt séduit par une