Ce que j’aime des libertariens c’est que malgré que leurs solutions soient naïves et irréalistes, leur analyse de la nature du problème est toujours exactement la bonne.
Idéologie - Archives
2008/02/27 19:26
La droite perd son plus grand intellectuel
Il y a des choses plus importantes que les invectives blogosphérique, j’y reviendrai.
…
William F. Buckley Jr. est mort aujourd’hui. C’est peut-être pour certains lecteurs une raison de le maudire et célébrer son passage vers l’au-delà, mais il n’y aurait pas de mouvement conservateur américain qui se tienne aujourd’hui sans cet homme. Il est l’intellectuel qui a allumé la mèche qui a éventuellement permi au mouvement conservateur de se débarrasser de ces aspects les plus inquiétant (racisme, xénophobie, isolement) et d’atteindre ses lettres de noblesse dans l’académie. Il a rigoureusement tissé la toile idéologique qui a permi au morceaux disparates de ce mouvement (conservateurs sociaux, anticommunistes, libertariens, etc) de devenir la force redoutable que nous avons connu ces quarantes dernières années.
En 1955 il fonda le magazine conservateur National Review, qui demeure encore aujourd’hui, dans sa forme électronique National Review Online, la tête de proue du mouvement. Cette revue devint le laboratoire où il a réuni les différents morceaux du mouvement pour lentement les unir entre eux. Reagan a souvent dit que sans Buckley il n’y aurait pas eu de Reagan.
M. Buckley, par contre, ne s’est jamais figé comme le mouvement qu’il a créé. Il n’a jamais cessé de pousser la réflexion. Ces dernier temps, il était plutôt “off the reservation” du point de vue de ces collègues et émules. Il a déclaré que la guerre d’Irak était perdue dès 2004, il écrivait des papiers où il tentait d’élaborer les arguments conservateurs en faveur de la légalisation de la marijuana et du marriage gay… et toutes sortes d’autres sujets qui sont aujourd’hui tabou pour l’orthodoxie conservatrice à laquelle il a donné naissance.
Ces dernières années, il continuait d’écrire tout ce qui lui chantait pour la revue qu’il a fondé, mais à titre d’editor “at large” et n’avait plus aucune influence sur la ligne éditoriale… vers la fin, cela faisait souvent de lui la seule voix discordante dans un concert d’unanimité qui faisait peur. Il faisait aussi souvent la remarque que la droite était devenue intellectuellement paresseuse, abrutie et trop confortable au pouvoir et qu’elle était dûe pour une bonne traversée du désert afin de se renouveller
Je vous laisse sur un extrait de débat entre lui et Noam Chomskey (en 1969) que Sullivan m’a fait découvrir il y a quelques année. Observez à quel point ces deux hommes se détestent… la tension est vive… mais le débat demeure d’une civilité exemplaire… (Buckley est un maître dans l’art) Une façon de débattre qui appartient à une autre époque et qui, hélas, semble avoir été oubliée de nos jours.
La seconde moitié du débat est ici.
Ce serait bien que les débats blogosphérique puisse avoir cette teneur, non?
…
Ajouts:
Une de ses dernières prestations à l’émission de Charlie Rose
Entrevue avec Chris Matthews
L’éloge de Sullivan
Concert d’éloges
Re-ajouts:
La mention de l’Antagoniste.
L’éloge de Chris Mathews (avec Peggy Noonan) :
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2008/02/27 01:42
L’idéologie d’Obama?
Plutôt pragmatiste que gauchiste, selon The New Republic: The Audacity of Data
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2008/02/27 01:14
Citation du jour
“I fear conservatives have gotten intellectually lazy. It may be we need an Obama presidency to force the right to get serious again.”
- Andrew Sullivan
Traduction: “J’ai bien peur que le mouvement conservateur soit devenu paresseux de l’esprit. Il est fort probable que nous ayons besoin d’une présidence Obama pour forcer à la droite de reprendre du sérieux”
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2008/02/26 21:30
À la recherche du conservatisme de demain
J.H. poursuit sa réflexion: Le conservatisme de village.
Une note. J.H. prends l’exemple de Pat Buchanan pour illustrer un aspect du conservatisme qui lui déplait. En ce qui a trait à plusieurs des idées pronées par M. Buchanan, je suis bien d’accord avec lui. Mais tel Jacques Brassard avec Bush (quel néo-con tout de même ce Brassard) je me sens obligé de rectifier l’image sommaire qu’ont souvent mes compatriotes de cet homme. M. Buchanan a souvent, pour ceux qui ne le connaissent pas, une image et une réputation de belliqueux désagréable et fermé, découlant surtout de sa campagne pour déloger George Bush père en 96, qui n’est pas vraiment méritée. Je lis et je suis la carrière de M. Buchanan depuis longtemps et je dois mentionner qu’en plus d’être un des meilleurs analystes politique que je connaissent, cet homme est un pur gentleman qui respecte profondément ses advairsaires et leur droit de s’opposer à lui… Sauf pour certains de ses ennemis de son propre coté du spectre qui n’ont rien de bon à dire de lui, les gens de gauche qui le connaissent sont unanimes, il sait jouer la joute rhétorique, mais en privé il est tout-à-fait attachant.
D’où me viennent ces impressions? M. Buchannan fait partie, à titre d’analyste, de l’équipe à ma chaîne d’infos politiques préférée, MSNBC.
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2008/02/25 19:48
Cultiver son Voltaire

Décidément, Voltaire me poursuit, ces jours-ci.
Il y a peu de temps, je tombais pour un double blogue français-anglais qui utilise dans ses taglines des citations de Voltaire qui évoquent assez bien le noyeau de ma philosophie politique… toute chancelante et pradoxale soit-elle.
Puis, en réflechissant à l’extremisme de Louis d’UHEC hier soir… je suggérais que le monde se porterait peut-être mieux si plutôt que de s’y en prendre il allait cultiver son jardin.
Ceci est une référence au dernier chapitre de l’oeuvre de Voltaire, Candide ou l’optimisme.
J’ai voulu, pour illustrer ma référence, trouver un lien vers lequel pointer… au pire, il y a toujours Wikipédia. J’ai donc tapé “candide” et “voltaire” dans mon engin de recherche et à ma très grande surprise, le texte intégral est sur Internet!
…avec l’avis suivant:
Dans la limite des ressources disponibles en termes de mégaoctets,
ce texte de Voltaire, comme d’autres, libres de tout droit,
est mis à la disposition du public, modeste contribution
au développement de la culture et de la raison
à l’ère des media électroniques.
Bonne lecture à tous.
Pierre Cohen-Bacrie
Je n’ai pas besoin de m’en faire dire plus.
J’aurais simplement pointé vers le site, mais je trouve le format très désagréable à lire. J’ai donc décidé de le republier ici.
…
J’ai lu ce livre à l’age de 20 ans… il a beaucoup, comme il se doit, influencé ma pensée… quant à moi, il devrait faire partie du programme scolaire. C’est le genre d’oeuvre qui mérite certainement relecture avec mon oeil de 37 ans. J’ai hâte de trouver le temps de m’y mettre.
Je ne veux pas vous froisser, chers lecteurs, mais il me semble que quiconque prétend vouloir discuter de philosophie politique sans avoir aussi ce livre dans son éventail d’influences… dans le cheminement de son raisonnement (quel qu’il soit)… le fait avec un net handicap.
Je vous le recommande fortement.
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2008/02/24 16:45
Mea Culpa: (Antagoniste != Cato) && (Kwebek != Heritage)
Il y a quelques mois, alors que je me familiarisait encore avec la sphère d’ici, j’ai écrit un billet intitullé Y a-t-il vraiment une droite « québécoise? » dans lequel j’ai plutôt gratuitement affirmé ceci:
Car entre Antagoniste.net qui me sert du CATO Institute réchauffé et Kuebek qui me sert du Heritage Foundation de mauvais aloi (…) Je n’ai vraiment pas l’impression d’avoir quitté la blogosphère américaine.
Aujourd’hui, je me sens dans l’obligation de réviser ce jugement plutôt sommaire qui n’était pas sans sa propre dose de mauvais aloi de ma part.
…
Bien que son raisonnement semble plutôt ancré dans une variante d’objectivisme randien primaire, David l’Antagoniste est un ultra-partisan dont la cohérence idéologique est constament sacrifiée sur l’autel du combat rhétorique. Je l’admire quand-même beaucoup, dans son genre, il est le meilleur des environs. Pour chaque trahison opportuniste à la pureté idéologique de son coté du spectre, David sera prêt, statistiques et références au bout des doigts, à nous démontrer l’imminente sagesse de la chose. Eussé-je cette initiative… [soupir]
Mais cela n’a pas grand-chose à voir avec le courant idéologique représenté par le très non-partisan et plutôt pacifiste Cato Institute. Il y a huit ans, il était encore souvent associé aux parti républicain mais les politiques néo-conservatrices de l’administration Bush et l’affaissement de la direction du parti en chambre aux impératifs de la droite chrétienne en ont fait le premier des grands courants idéologiques de la droite américaine à dire bastà à la coalition. Déjà en 2004, la fissure était claire.
En fait, c’est surtout là que la comparaison perd sa validité. La démarche du Cato Institute s’inscrit en complète opposition aux politiques néo-conservatrices qui prône la légitimité de la coercition et de la force au nom de la liberté et du pluralisme (la vérité et son contraire) et au “conservatisme de la grandeur nationale” (National Greatness conservatism) représenté par John McCain. (Je dois d’ailleurs dire que je commence à être plutôt séduit par une nouvelle génération d’intellectuels au sein de ce mouvement qui semble enfin pousser la réfexion plus loin… dans une direction plus responsable et mature que l’utopie libertarienne simpliste qu’on me présentait il y a 15 ans… et ça me plait).
…
Et maintenant (et surtout) Kuebek. J’ignore qui est derrière ce blogue… je ne sais pas si c’est le type au cigare qui se présentait dans sa première incarnation ou s’il s’agit d’un jeune boutonneux à la plume agile… mais là aussi, on est, en fait, loin du Heritage Foundation (quoi que pas aussi loin que l’exemple précédent). Le Heritage Foundation est un think-tank paléo-conservateur à la Pat Buchanan, honorable, travaillant, attaché à un schème de valeurs traditionnelles cohérent et sage… mais ne brillant pas particulièrement lorsqu’il s’agit de défendre ses thèse dans les sphères platoniciennes de l’académie.
L’auteur derrière Kuebek, par contre, est à mon avis, un authentique intellectuel conservateur. Un intellectuel se doit de toujours questionner et remmettre en question la “sagesse conventionnelle” qui semble tous nous guider… et de le faire à l’aide d’arguments rhétoriques cohérents et bien ficelés en ramenant les concepts à leur essence. C’est sombre… c’est parfois hautain… mais c’est fondé sur un regard lucide… et il y a là une façon d’éclairer les choses… autrement… qu’il est toujours bon de considérer lorsqu’on tente de contempler la vérité (activité autant louable qu’impossible).
Je le lis et j’ai une autre comparaison qui me reviens constament à l’esprit quand je pense aux écrits anglo-saxons que j’apprécie, une qui, cette fois-ci, fait acte de sincère compliment.
J’ai trouvé mon WFB.
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2008/02/23 22:04
Jacques Brassard est un néo-con!?
Ah ben… je l’avais pas vu évoluer, celle là… Ça l’air que l’ancien ministre péquiste Jacques Brassard qui n’a jamais eu la langue dans sa poche s’est donné comme mission ces dernières années de combattre le réflexe anti-Bush primaire des québécois.
Son plus récent effort est en étalage chez l’Antagoniste.
Bon. Moi, je n’ai pas de problème à l’idée de combattre l’anti-américanisme primaire de mes concitoyens, il m’horripile aussi. Je n’ai pas de problème non-plus à mettre toutes les bémoles du monde en parlant des républicains (et même, parfois, de l’administration Bush) et à combattre leur démonisation systématique et grossière qui coule si facilement chez nous et qui, si elle était dirigée envers un groupe ethnique, releverait du plus pur racisme. J’ai moi-même déjà eu des sympathie républicaines… j’aurais voté systématiquement pour le parti de Reagan… j’appuyais Bush père en 88, j’aurais probablement voté Perrot en 92… mais j’appuie sytématiquement les démocrates depuis 96*. Bill Clinton m’a convaincu que les démocrates étaient réconciliés avec le libre-marché, mais surtout, j’ai été trop effrayé par la montée de la droite religieuse chez les républicains. Comme plusieurs ex-républicains je pourrais dire que ce n’est pas moi qui a quitté les républicains, ce sont les républicains qui m’ont quitté.
J’aime profondément les États-Unis d’Amérique. Je ne suis pas gêné de le dire, l’amour que je porte pour cette culture n’a d’égal que celui que je porte pour la mienne qui lui ressemble plus qu’elle ne l’admet. Et j’affirme sans ambages que la déclaration d’índépendance et le préambule à la constitution forment le plus important document politique de l’histoire de l’humanité à ce jour.
C’est de cet amour et cette conviction qu’est puisé ma profonde colère envers l’administration Bush… et l’intense anxiété que je ressens pour chaque minute de pouvoir qui lui reste. L’administration Bush est un concentré des pires éléments et factions des administartions Nixon, Ford, Reagan et Bush père… (a kind of perfect storm) et ils ont transfiguré la constitution et l’esprit qui animait ceux qui l’ont écrite en créant une présidence impériale ayant l’autorité de suspendre les droits d’habeas corpus pour quiconque elle soupçonne “d’intentions terroristes”… Ils ont, en somme, créé un “crime de la pensée” sans recours judiciaire!
“Freedom is the freedom to say that two plus two make four. If that is granted, all else follows”
- George Orwell, 1984
Ajoutez à ça l’autorisation explicite d’actes de torture et une guerre étrangère non-existentielle et on s’approche dangereusement de tout ce contre quoi cette nation fut fondée.
“The means of defense against foreign danger historically have become the instruments of tyranny at home.”
-James Madison
…
C’est vrai qu’on a l’anti-américanisme et le réflexe go-gauchisant facile, ici au Québec. Pas mal trop à mon goût à moi aussi. Mais en reprenant aveuglément chez-nous, les thèses d’une idéologie dont les huit dernières années racontent l’histoire de son tragique chant du cygne et de son discrédit le plus abjecte, M. Brassard continue le tort irréparable qu’elle a fait, toute bien intentionnées et nobles soit ses intentions, à la réputation (et surtout à l’âme) de ce pays…
Je continue à ne pas comprendre que notre droite naissante semble incapable d’assimiler les leçons des échecs de ses modèles américains.
…
Au début, quand j’ai démarré ce blogue et que je me familiarisait avec le coté droit de notre sphère, j’ai assez gratuitement comparé Antagoniste.net à du Cato Insttute réchauffé et Kwebek au très conservateur Heritage Foundation. C’était avant de mieux les connaître… j’avais aussi ajouté à la blague que je m’attendais à tout moment de voir un néo-con apparaître pour me servir du AEI.
Je ne pensais juste pas que ce serait Jacques Brassard!
-
*J’ai flirté avec l’idée de reconsidérer les républicains de George W. Bush au début de la campagne de 2000… pendant 0,023 secondes.
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2008/02/23 01:36
“Save the Planet: Kill Yourself”
Kwebek sur “Le quotidien le plus branché sur le monde”
Moi, je n’ai aucun problème qu’on tape sur l’esprit gauchisant de notre temps… quand c’est bien dit comme ça.
…
Je suis si content qu’il ait décidé de s’y remettre.
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2008/02/22 21:15
Paranocracy watch
Sur le site officiel du parti républicain des États-Unis d’Amérique:
And in the end… “He loved Big Brother”
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2008/02/22 19:38
Gauche floue
J’en suis encore à me replonger dans la sphère d’ici après mon séjour américain et je viens d’avoir un petit coup de coeur pour ce blogue. (Désolé Yvan, je n’y suis pas allé avant. My loss.)
Me qualifiant moi-même d’une certaine “droite floue”, c’est difficile de ne pas être séduit.
Il ne publie pas souvent, mais c’est de la qualité.
Et surtout, c’est très difficile pour moi de ne pas tomber pour des slogans comme:
Bien des erreurs sont nées d’une vérité dont on abuse. (Voltaire)
Et sur le site jumeau anglophone:
Doubt is not a pleasant condition, but certainty is an absurd one. (Voltaire)
C’est l’essence de ce que j’appelerais mon conservatisme du doute.
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2008/02/19 00:40
Le phénomène Ron Paul
Je reproduis ici un commentaire que j’ai laissé en réponse au toujours cinglant Antagoniste dans mon billet précédent et qui s’est avéré plus long que prévu (comme c’est souvent le cas). Il représente bien mon opinion de cet amusant petit candidat qui surfe sur une vague qu’il a aidé à déclencher, mais qui le dépasse de loin:
J’aime bien Ron Paul… je le trouve sympa, il rappelle aux républicains ce qu’étaient autrefois leurs “valeurs fonadamentales” …ce même esprit qui m’a séduit dans les années 80… avant qu’ils ne deviennent le parti de la bible et la présidence impériale.
Mais quand-même, j’ai toujours dit qu’il n’était pas à prendre au sérieux. (gold standard… pff… why not go back to the stone age?) Et une présidence Ron Paul serait, concrètement, un pur désastre. (Quoi que si on y pense bien… sa vision minimaliste du rôle du président donnerait une présidence tellement faible qu’il ne parviendrait pas à accomplir la moindre portion de son plan pour démanteler le gouvernement fédéral. Nous aurions, à toute fins pratiques, quatre années de rule by congress, tout le pouvoir retomberait entre les mains des deux cahmbres législatives… C’est ce que les pères fondateurs avaient originalement en tête, mais serait-ce une bonne chose?
Je pose sincèrement la question.
Mais tout ça est académique. Dieu merci, il n’a aucune chance (he’s just too weird).
Sauf que le phénomène qu’il représente n’est pas rien. Toute l’énergie de droite libertarienne latente qui subrebtissement s’accumule (et continue à évoluer) sur Internet (et dont tu fais nettement partie, à ta façon) s’est soudainement canalisé autour de ce drôle de petit bonhomme qui crie liberté sur toute les tribunes…
Ron Paul, n’est qu’un phénomène passager… mais ce qui s’est passé autour de sa candidature est, selon moi, le début de quelque chose qui est appelé à évoluer… je trouve cela fascinant.
C’est ironique… à l’époque où je me considérais libertarien, le mot était encore rarement prononcé en dehors des cercles de sciences politiques américains et même là, il évoquait des images de conférences de moonbats amateurs et marginaux (ce qui n’est pas entièrement faux) et n’était pas très pris au sérieux. Moi-même, il m’arrivait rarement de m’y référer pour décrire ma philosophie politique qui pourtant, à l’époque, y correspondait presqu’en tout point.
Je ne suis plus un pur “anarcho-capitaliste”, comme j’aimais le dire à l’époque… et ce, depuis longtemps (on ne peut pas faire abstraction de l’importance du capital social et ça, c’est une toute autre paire de manches) sauf que je suis vraiment émereveillé de voir le chemin qu’ont fait les idées et …la sensibilité libertariennes dans les 30 à 40 dernières années… et à quel point Internet s’est révélé central à cette expansion.
…Même si ce n’est pas encore completement réglé au niveau de l’image (voir Ron Paul et ses partisans).
Je ne sais pas où tout ça s’en va, mais je crois que ça ne fait que commencer.
Et en attendant, cet amusant petit bonhomme qui réussit à amasser des fonds digne d’un frontrunner est vraiment amusant à voir aller et réchauffe le coeur de cet ancien incondionnel de la liberté individuelle et de la magie des marchés.
Alors je dis:
Go Ron Paul!
…et vive la liberté!
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2008/02/17 14:56
Le standard objectiviste
Antagoniste.net: Toute valeur assujetie à l’intérêt personnel.
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2008/02/12 01:39
À la recherche du conservatisme de demain
C’est un mouvement qui cherche à se redéfinir. La forme et la direction qu’il prendra demeurent difficiles à entrevoir.
Mais J.H. nous défriche un chemin.
…
Et d’autres réflexions interessantes ici.
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2008/02/11 20:26
La droite de chez nous
Un très estimé lecteur a fait un commentaire aujourd’hui qui a finalement mis en mots une réflexion qui me ronrone dans le fond du crâne depuis que j’observe (non sans espoir) la montée de cette nouvelle droite conservatrice de chez nous que d’aucuns ne soupçonnaient l’existence il n’y a de ça que cinq ans dans le paradis social-démocrate que l’on croyait (à tord) faire notre distinction.
Il s’agit de M. Bergeron, un américain résident de la Californie qui répond au Dissident, ce (nouveau?) blogueur de chez nous qui tire nettement à droite.
Ronald Reagan est mort, [le] conservatisme a échoué, le parti républicain est divisé. Les gens les boudent, parce qu’ils n’ont pas d’idées nouvelles à répondre à nos besoins et nos problèmes c’est toujours la même chanson: moins de gouvernement (sauf dans le bodoir), moins de taxes pour les riches (alors que le fardeau remue aux travailleurs de la classe moyenne), plus de dépenses militaires pour les guerres glorieuses, plus de moralisation à faire Jésus vouloir vomir, pour le reste vous êtes seuls, “you’re on your own!”
Puis en terminant, il fait référence au fait que notre ami Dissident semble s’être approprié certains des symboles de Batman:
Mathieu, je crois pas que vous ne trouverez pas un plus grand libéral (au sens américain) que Bruce Wayne, c’est l’exemplar sans pareil du “Limousine Liberal.” I’m sure the irony is not lost on you, since you call yourself the “Dissident”, even though your side is currently in power, both in Canada and here in the US. Bush isn’t gone yet.
…
Ce n’est pas sans un certain plaisir et soulagement que j’ai constaté que nous avions une droite (plus ou moins) cohérente dans ma nation. Qu’une certaine alliance était possible de ce coté du paysage entre le pôle de Calgary et celui de Québec (qui se découvre à peine) afin de contrer l’hégemonie étatiste et centralisatrice du parti qui prétend définir l’âme même du pays depuis 1967. C’est vrai qu’aujourd’hui, la droite vit une certaine heure de gloire ici… et on a nettement l’impression qu’on en est encore qu’au début.
It’s Morning in the Great White North.
Pour ma part, je suis loin de m’en désoler. J’ai passé ma vie dans une société qui penchait universellement à gauche, pendant qu’on se divisait entre souverainistes et fédéralistes… Ce n’est pas sain. Les éléments bénéfiques des courants de droite (il y en a) n’ont pas encore assez eu la chance de faire effet à mon goût sur ma société. Pour quelqu’un qui se targuait d’anarcho-capitaliste en 1987 (j’étais jeune, j’ai beaucoup évolué depuis, mais quand-même), je regarde la montée de la droite politique et je dis: Y était temps!
Sauf qu’en tant qu’amateur de la politique américaine, je partage entièrement l’analyse de mon lecteur. La droite conservatrice américaine est épuisée… dogmatique… finie.
Elle est dûe pour une bonne traversée du désert.
Je regarde notre droite à nous se péter les bretelles… ces gens semblent encore tout à fait inconscients des nombreux endroits où le projet américain sur lequel ils fondent leur démarche a complètement échoué. Je les voit partout répéter les mêmes erreurs et semer le même poison corrosif qui a fini, à force de contact, par s’introduire jusque dans l’âme du mouvement américain qui s’en servait. Jusqu’a ce qu’il devienne la caricature grossière et tristement réelle que nous décrit M. Bergeron.
Les conservateurs (petit c) d’ici se sentirons bien seuls dans le monde ante Bush… et ils ne dureront pas longtemps s’ils persistent à émuler un mouvement moribond plutôt que d’adapter leur idéologie (et surtout leur approche) au 21e siécle et à un monde qui s’apprête à s’axer nettement sur le progressisme.
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2008/02/11 15:45
McCain et les conservateurs
Tu sais que la joute est loin d’être gagné quand les purs et durs de ton parti se promènent avec des trucs comme ça.
Pfff! J’aimerais mieux être Stéphane Dion.
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2008/02/11 02:16
La gogauche d’Obama
…et la mauvaise foi de la droite.
Notre ami le Dissident porte notre attention sur cet exercice du National Journal qui consiste à comparer les votes des différents sénateurs afin de les placer sur une échèle idéologique allant de libérale à conservatrice. Il se régale que le choix du sénateur le plus libéral tombe cette année sur nul autre que la coqueluche de l’heure, Barack Obama.
Et il se targue de noter, comme le font tous les faiseurs d’echo de la droite qui aime à le citer, que le National Journal est une publication “non-partisane”.
Personellement, je ne peux m’empêcher de trouver ça quand-même drôle qu’il y a quatre ans, cette publication “non-partisane” avait comme par hasard remis le même prix à nul autre que… John Kerry.
Avouez que ça adonnait bien, non?
Ah oui, et devinez qui arrive deuxième cette année… Eh oui, Hillary Clinton. Facile, hein? [Erratum: Oups, j'ai lu en diagonale, elle arrive 16e.]
…
Moi, si j’étais Bernie Sanders, le sénateur socialiste (non, je ne vous niaise pas) du Vermont, je les poursuivrais pour vol de réputation.
Quand-même, c’est pas sérieux leur truc.
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2008/02/10 23:15
Aucune de ces réponses
Les conservateurs américains réunis à la CPAC hier ont tenu un straw poll, une petite élection bidon qui n’est que sensé exprimer la préférence du groupe… (Je me souviens, au Cégep, on faisait la même chose avec des référendums sur la souveraineté, quel exercice futile)
Eh bien, après avoit vu tous les candidats défiler sur leur tribune, Romney qui leur a annoncé qu’il quittait la course, McCain qui a essayé d’acheter la paix avec eux et Huckabee qui… a été fidèle à lui-même, l’aile conservatrice a choisi… Romney.
In the straw poll vote, Romney got 35 percent and McCain 34 percent. Mike Huckabee and Rep. Ron Paul of Texas tied with 12 percent.
Pauvre McCain.
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2008/02/09 12:33
Huckabee à la CPAC
Après vous avoir livré Romney et McCain devant la CPAC, Je me suis dis que tant qu’à faire, aussi bien vous livrer la présentation de Huckabee qui prononçait son discours, dans lequel il jure de continuer la course, devant la conférence conservatrice ce matin.
Le contraste avec McCain, au niveau de l’accueil de la foule, est palpable.
C’est un discours de 30 minutes, mais il donne une excellente idée de l’état actuel du conservatisme américain; un mouvement épuisé qui a fait son temps… et qui n’a plus rien à voir avec le conservatisme de mon maître à bloguer, Andrew Sullivan, dont je me réclame en partie.
Ceux qui croient encore que ce qui est exprimé dans ce discours représente le mainstream de l’Amérique ont acheté la propagande de ce mouvement dont l’influence n’est vraiment plus ce qu’elle était.
Huckabee speaks at CPAC (1 of 2)
La seconde moitié du discours est ici.
…
Au cours des prochaines semaines, la chose à observer sera de voir si un mouvement anti-McCain cohérent s’organise afin de lui faire subir une cuisante défaite dans au moins un état. (Ça se discute déjà) Et surtout, il sera interessant de voir comment Huckabee surfe sur cette vague sans complètement ruiner ses chance de se faire nommer candidat à la vice-présidence.
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2008/02/08 00:29
McCain à la CPAC (prise 2)
Apparement, on avait spécifiquement demandé à plusieurs reprises aux gens dans la salle de ne pas huer McCain. Le mot d’ordre étant “On ne veut pas donner ce spectacle aux démocrates”)
La greffe ne prendra peut-être pas après tout.
J’aime bien Ron Paul… je le trouve sympa, il rappelle aux républicains ce qu’étaient autrefois leurs “valeurs fonadamentales” …ce même esprit qui m’a séduit dans les années 80… avant qu’ils ne deviennent le parti de la bible et la présidence impériale.



