Immigration - Archives

2007/10/30 20:26

Hier soir à la commission

Juste pour mettre les choses en perspective, voici, en rafale, les témoignages de la première demi-heure à la commission hier.

C’est rendu à la petite madame qui voudrait que tout le monde s’habille pareil que j’ai perdu les pédales.

Je ne veux pas les mettre sur YouTube.

Mais ça vous aidera à comprendre pourquoi ça a tellement fait de bruit.

Et pourquoi ma réaction fut si extrème.

Ne vous en faîtes pas, le Trudeau en moi a été exorcisé.


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2007/10/30 13:58

Éviter l’exemple de la France.

Je commence par un coup de chapeau à Mouafek (alias giguini) qui a repris les extraits de l’entrevue de l’Imam Koné sur DailyMotion, un autre site de partage de vidéos « fréquenté par plusieurs musulmans » les discussions qu’on y trouve sont encore plus intéressantes que celles sur YouTube.

J’en reproduis ici un extrait quiContinuer la lecture… a attiré mon attention.

salamislam

Salam Aleykoum!
Merci de nous avoir mis cette vidéo! Je viens de France, et je suis très surprise de voir un imam dans un plateau télé, c’est pas comme en France,c’est rare.
j’imagine qu’au Canada, les gens sont tolérants vis à vis des musulmans,
en tout cas machAllah l’imam, c’est un bon comportement de musulman!
Salam Aleykoum,
qu’ALLAH vous protège, Amine

giguini

Comme l’Imam dit dans la video,apres le 11 septembre il n ya plus de tolerance vis a vis des musulmans au Canada, tu es un arabe donc tu es musulman donc tu es terroriste, les medias ici,au canada, invite souvent des imams controversés et extremiste dont un,ils en parlent dans cette video,Imam jaziri(http://fr.wikipedia.org/wiki/Sa%C3%AFd_Jaziri) qui a donné une mauvaise impression sur nous les musulmans,et suite a plusieurs mail ils ont decidé,enfin,d’inviter un Imam qui represente mieux les musulmans au Canada et partout dans le monde

salamislam

Après le 11 septembre, de partout il n’y a plus de tolérance vis à vis des musulmans,
mais dans ces vidéo (les 3parties) on sent vraiment que les gens respectent cette imam, ils sont gentils avec lui, il écoutent quand il parle, ils interrompt pas, et surtout l’imam répond bien à toutes les questions,
alors que d’habitude, quand un musulman est invité à la tv française, il n’y a pas du tout ce climat de respect, tu parle, je te coupe tout de suite la parole…
Bref, c’est que je remarque personnellement comme différence entre la France et le Canada,

giguini

tu as raison,les gens ici sont respectueux

Je vous le dis les amis… ceux de mes compatriotes qui voient la France comme un exemple à suivre en matière d’intégration et de laïcité me font peur, vous avez pas idée.


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2007/10/28 21:16

Commentaire dissident

Toujours en lien avec l’intérêt généré par les extraits de l’entrevue de l’Imam Omar Koné que j’ai posté sur YouTube, j’en profite ici pour reproduire un commentaire provenant de France et la conversation qui s’en suit qui est difficile à suivre sur YouTube dû à la limite de 256 caractères qu’impose ce site et l’ordre étrange dans lequel il sont disposés.

GABYE11 (de France):

c’est faux qu’il n’y a pas d’obligations en Islam
totalement faux!

nialanet (moi):

Mais encore… peut-on savoir ce qui fonde une affirmation aussi catégorique?

Continuer la lecture…GABYE11:

…Le fait d’avoir passé 7 ans de ma vie aux côté d’une communauté Musulmane, et au bras d’un Musulman…
Donc désolée, mais je reitère..J’ajouterai, que ce n’était pas au Canada

camilleon33 (d’ici mais “en tournage au moyen-orient”):

Le Coran précise “La ikraha fid diine”, pas d’obligations en religion. A chacun son libre choix de croire ou non, de suivre ou non. Vu de cet angle, il n’y a pas d’obligations, c’est a dire, on ne peut se réserver le droit de forcer ou d’obliger qui que ce soit.
Mais bien sur, une fois que la personne décide de son plein gré de suivre ce chemin, il y a des préceptes à suivre, sinon ce ne serait pas un chemin.Les obligations dont vous parlez sont, sans doutes, ceux que le croyant s’impose afin d’arriver à la Présence Divine. Ces obligations oui, existent bel et bien et servent de balises sur la voie spirituelle. Et elles existent entre le croyant et son Seigneur… mais ça n’a jamais empêché la société de vouloir gérer ce domaine. Mais ceci est social et non doctrinal.

nialanet (moi):

Merci pour ces précisions, Camilleon33. C’est très apprécié.

GABYE11:

…La doctrine est pourtant tjrs sujette à interpretation alors…Je ne peux pas te repondre sur le fond des textes, je ne les ai pas étudiés, je ne lis pas l’Arabe littéraire…par contre, contrairement à ce que semble vouloir affirmer cet Imam
la religion et qui plus est les cultures qui s’organisent autour sont sincerement loin d’être liberales…

Je pense qu’il y a d’avantage ici une volonté de faire entendre aux Quebecois inquiets le fait que les groupes sociaux-culturels qui appartiennent à ce cadre religieux sont tout à fait capable d’adherer aux principes très liberaux qui jalonnent la vie de ce pays…Je peux comprendre et je veux bien que les Mulsulmans aient besoin de vivre tranquiles surtout après le 09/11/01
mais de là à manipuler la reelle vérité… d’autant que vous savez bien que dans les faits ça ne se passe pas comme ça!

J’avoue que c’est tout de même un argument qui mérite audience… j’y suis sensible. Et sans prétendre que ça y réponds entièrement, je pointe la lumière vers un aspect particulier du commentaire: « ce n’était pas au Canada. »

En effet.

C’est loin d’être tout, mais selon moi, c’est significatif.


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2007/10/27 19:11

Imam Omar Koné: A Star is Born

Décidément, je crois que notre société a soif de connaître davantage le visage de l’Islam qui nous a été présente par l’Imam Omar Koné à Tout le monde en parle dimanche dernier. En tous cas, sa prestation n’est pas passée inaperçue.

De tous les vidéos que j’aie mis en ligne sur YouTube, aucun, sauf peut-être mon premier, Barack Obama qui parle de négocier avec le « Président » du Canada, n’a encore généré autant d’intérêt en aussi peu de temps. Plus de 500 visites dans les 18 premières heures. Aujourd’hui, quatre jours après sa mise en ligne, nous en somment à 1 366 visites. (Le premier des trois clips est ici)

Avec Obama, il s’agissait d’un clip de 20 secondes qui fut repris par de grosses machines comme I Am Bored et StumbleUpon. Et à vrai dire, je ne me souviens pas vraiment qu’il soit monté plus vite. Ici, il s’agit d’un phénomène francophone… provenant d’ici… pour des clips de 8 minutes! Ça m’impressionne. Je continue à recevoir des clicks vers mon billet à propos de sa prestation qui proviennent directement de recherches Google sur son nom. (Oui, j’ai accès à ce genre d’information. Je suis informaticien de profession.) Chose qui n’arrive pas souvent autrement. Et Le Petit Émerillon a reçu ses premiers commentaires de non-blogueurs dans ce billet, tous favorable à l’Imam.Et c’est aussi les accolades sur YouTube et les commentaires du genre:

Tout simplement bravo Imam Omar Koné, c’est une intervention représentative de la communauté musulmane au Québec, je me suis reconnu dans votre discours plus que dans celui du charlatan said jaziri. Encore une fois merci pour votre apparition.

Et c’est aussi l’intérêt généré sur d’autres blogues que j’ai découvert grâce au fait qu’ils ont repris les vidéos …comme Québécois.eu un regroupement de blogueurs québécois expatriés… et surtout, Riad Soussi-Gagnon, Le blogue d’un Québécois qui se décrit comme suit:

Je suis un québécois “pure laine” et ancien athé. Après avoir rencontré mon extraordinaire femme, j’ai beaucoup appris sur l’Islam et je me suis converti. Je ne me suis pas converti que pour ma femme, mais bien parce qu’après avoir lu plusieurs livre, rencontré des musulmans et des imams (dont Monsieur Koné), j’ai réalisé que j’étais déjà musulman au plus profond de moi. C’est-à-dire que j’ai découvert que contrairement à la croyance populaire, l’Islam est une religion de paix, d’amour, de générosité et de partage. Déjà, à chaque jour, même en tant qu’athée, je tentais de vivre selon ses principes à chaque jour.

Il continue son explication ici.

Moi, je lève mon chapeau à cet homme. Je ne suis pas particulièrement croyant, mais contrairement à la majorité de mes compatriotes progressistes je ne partage pas leur allergie à la religion. Moi aussi lorsque je regarde au fond de moi je constate que les valeurs qui me définissent et qui me tiennent à coeur et que j’essaie de vivre tous les jours sont des valeurs profondément chrétiennes… Et après avoir étudié le Koran, je constate que ce sont les mêmes valeurs qui définissent l’Islam… Je n’arrive tout simplement pas à voir le mal que mes compatriotes attribuent à la religion.

Mais bon. Je m’éloigne de mon propos… je voulais souligner à quel point l’Imam avait généré d’intérêt positif… avec une seule prestation. On le constate aisément en lisant les commentaires sur le blogue de Riad Soussi-Gagnon.

Il faudrait que quelqu’un donne à l’Imam son propre show de radio ou quelque chose…

Tiens, moi, si j’étais Péladeau, je lui donnerais une chronique hebdomadaire dans le Journal de Montréal… Me semble que ça serait un bon coup. Mais y’a juste le père qui avait une telle audace visionnaire… Le fils, lui, pfff…

Anyway… Je suis certain qu’il y a quelque chose à faire avec ça.

Si Dieu le veut.

;)


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2007/10/23 21:10

Commission Bouchard-Taylor: L’obligation de vivre ensemble

Mon premier vrai coup de coeur parmi tous les témoignages à la commission que j’aie vu.

Citation de choix:

Je me présente, Gaetan Bouchard, je suis Métis d’ascendence Huronne-Ouandatte-Française et euh… je pense que mes ancêtres provenaient du Kenya, il y a quelques millions d’années.

Son témoignage complet (la conclusion en vaut la peine):

YouTube - Commission Bouchard-Taylor: L’obligation de vivre ensemble


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2007/10/23 18:11

L’Imam Omar Koné à Tout le monde en parle

Un coté de l’Islam qu’on ne voit pas assez… [soupir] pourtant c’en est un qui est infiniment plus représentatif.

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (1 de 3)

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (2 de 3)

 

YouTube - Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (3 de 3)

Ajout: (28 février 2008) Suite à une plainte de La Société Radio-Canada, tous les extraits de Tout le monde en parle (édition québécoise) ont été retiré de YouTube. Par contre l’entreuvue est toujours disponnible sur le site DailyMotion.com


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2007/10/10 14:02

Soixante-Cinq pour Cent

C’est pas des farces, les amis, je suis vraiment, vraiment découragé.

Je ne pensais sérieusement pas qu’on en était .

Que « Quelque 90% des personnes sondées rejettent l’idée de leçons de natation particulières pour les filles, ou encore la possibilité de voter le visage voilé, » je comprends, je suis d’accord. Sauf que je n’ai aucun problème avec la première chose dans un contexte privé (Là où une piscine offre la possibilité de louer du temps à l’usage exclusif de groupes ou d’associations privées, est-ce de mes affaires s’il s’agit d’un groupe formé uniquement de femmes et de filles?) et la seconde va de soi… Bien que j’insiste pour répéter: Aucune demande du genre n’a encore jamais été présentée. Aucune.

Que « La même proportion de répondants s’oppose à la demande des hassidim d’obtenir un évaluateur masculin pour un examen de conduite à la Société d’assurance automobile du Québec, » là aussi, je suis complètement dans la mouvance. Je vous confesse même le léger plaisir mesquin que je ressens à l’idée de l’Hassidim borné dont la « performance » est soudainement soumise au jugement d’une femme qui a l’autorité de lui dire qu’il « n’a pas les talents nécessaires » si c’est le cas. Le « raisonnement » qui me passe par la tête dans ce cas-ci est, j’imagine, semblable à celui de la moyenne de mes compatriotes: Tu as choisi de vivre selon des règles strictes et anciennes qui te viennent de Dieu, M. Hassidim? Très bien. C’est ton droit (et celui de ton épouse.) Mais n’oublies pas que tu vis dans une société qui a fait des choix différents. Et lorsque tu as affaire à l’appareil d’État de cette société, c’est à toi de t’accommoder. Sauf que j’ai la même attitude envers les jeunes gauchistes marginaux et idéalistes qui rejettent le système marchand qui, selon moi, leur permet d’exister: Vas-y avec ta simplicité volontaire et ton dumpster diving freeganistique, tu as mon respect, car tu vis tes convictions (tout comme l’Hassidim,) mais ne viens pas ensuite me dire que tu as faim et que je dois contribuer davantage de mon pécule pour ton bien-être. La société a fait des choix différents et si tu veux y vivre en marge, très bien, mais accommode-toi.

Mais je ne fais ici que défendre un « droit » que je me réserve moi-même; celui de vivre ma vie comme je l’entends, de ne pas adhérer entièrement à ce que « la Société » m’impose comme mode de vie. Ceci dit, je reconnais entièrement la nécessité pour « la Société » de se donner des valeurs et des institutions qui inspirent l’adhésion du plus grand nombre. C’est là un des ingrédients essentiels à ce qu’elle puisse créer un espace de sécurité et de liberté suffisant pour que j’aie (tout comme l’Hassidim, tout comme le Marginal) le luxe de choisir les valeurs personnelles selon lesquelles j’entends mener ma vie. C’est pourquoi je ne demande aucunement à ce qu’elle m’accommode sur les points où je choisis de ne pas suivre la masse. C’est mon choix et je suis prêt à en assumer les conséquences.

Pour moi, cet espace de sécurité et de liberté est l’élément le plus précieux de la société dans laquelle je vis (ça et le fait de vivre en français) et toute pensée politique que je puisse avoir, aussi ambivalente et paradoxale puisse-t-elle paraître parfois, est fondé sur la recherche de l’équilibre entre le maintien de cet espace de sécurité et de liberté qui m’est si précieux et la solidité des assises sociétaires que je crois nécessaire à son existence (et le fait de pouvoir faire tout ça en Français.) Je suppose que cela fait de moi une sorte de conservateur.

Ah, et puis, putain!

Oups. J’veux dire:

Criss!

C’est pas une valeur québécoise, ça? Le fait de pouvoir vivre comme on l’entend? Le droit de choisir comment je vais vivre ma vie, de faire à ma tête, selon ma conscience?

D’un peuple descendant d’individus courageux qui, non content de leur sort, ont tout risqué pour venir coloniser une terre froide et cruelle… parce qu’ils voulaient une terre bien à eux… où ils pourraient élever leurs enfants et « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui a produit ces coureurs-des-bois qui ont eu la sagesse de ne pas se borner à leur mode de vie d’origine, mais de choisir une palette de valeurs métissé et adapté à leur nouveau milieu afin de mieux « vivre comme ils l’entendent… »

D’un peuple qui s’est servi de l’Église lorsqu’il avait besoin d’une institution qui lui permettait de « vivre comme il l’entend » alors qu’un Empire tentait par tous les moyens de l’assimiler… mais qui, lors de ses soirées de fêtes, chantait « swingue la bacaisse dans l’fond …d’la boîte à bois » dès que le curé avait le dos tourné…

D’un peuple qui s’est servi de l’État lorsqu’il avait besoin d’institutions lui permettant de « vivre comme il l’entend » alors qu’une Église devenue trop misogyne et xénophobe tentait par tous les moyens de le figer dans l’Histoire… Mais qui demeure un champion du travail et de l’économie « au noir… »

D’un peuple qui lorsque tenté par un post-nationalisme bilingue, multiculturel et pan-canadien illusoire dans lequel il se serait fondu, a su dire: Non. Nous entendons vivre notre liberté en français.

N’est-ce pas de ce peuple que je descends?

N’est-ce pas de ce peuple, de ces traditions, de cette lutte que je tiens ma soif de liberté et cet air frondeur sitôt qu’on se mêle de comment j’ai choisi de vivre ma vie… que ça vienne de l’Évêque, du Ministre ou du Grand Marchand?

Ou est-ce que je nous confonds avec les amerloches?

Est-ce ce peuple qui, maintenant qu’il profite de ses grandes victoires et des immenses progrès qu’il a fait sur tous ces fronts, [Mise à-part la Sainte-Souveraineté, quelqu'un peut-il honnêtement plaider qu'aujourd'hui, le Québec n'est pas « aux Québécois? » Et je vous mets au défi de trouver une autre petite (dans le sens numérique) nation conquise par un empire dans toute l'histoire récente qui s'en soit tirée aussi bien que nous et dont les individus jouisse autant de la liberté de vivre selon sa conscience que la nôtre. Il faut qu'on s'en rende compte, les amis, nous sommes la seule nation du genre à être aussi pleinement intégrée dans la société occidentale qui domine la planète tout en ayant autant gardé notre caractère propre... Nous sommes, à toutes fins pratiques, maîtres chez nous. Nous ne sommes plus les Victimes, nous sommes les Dominants!] maintenant qu’il se retrouve dans la position dominante… qu’il possède pleinement (ok, presque pleinement) tous les moyens de son épanouissement sauf celui, et c’est critique, de conserver son rapport démographique à ses voisins… maintenant que ce peuple, à défaut de se donner les moyens de faire un maudit gros paquet de bébés, a amèrement besoin de tous ces immigrants francophones de bonne volonté pour poursuivre le rêve d’une Grande Nation francophone en Amérique… maintenant que pour la première fois, c’est lui qui est en position de décider pour les autres, il se retourne de bord et adopte les comportements contre lesquels il s’est toujours défendu au nom du droit de vivre comme il l’entend.

Parce qu’en disant ceci:

65% des gens pensent que les petites musulmanes ne devraient pas pouvoir porter leur foulard à l’école

…c’est ce qu’a fait mon peuple.

Pardonnez la référence très anglo-saxonne mais… j’ai l’impression d’être dans Animal Farm!

Parce qu’ici, contrairement aux cas cités plus haut, il ne s’agit pas du tout, mais alors là, pas du tout que « la Société » (et ses institutions) n’aie à accommoder qui que se soit. Il s’agit, à toutes fins pratiques, d’une minorité de gens de bonne volonté, dans la grande majorité déjà francophone, (!) qui sont entièrement prêts à participer à bâtir une nation francophone en Amérique ou les gens peuvent vivre librement, harmonieusement, selon leur conscience (en Français!) qui sont (dans la très, très grande majorité) prêts à s’accommoder soi-même et qui, pour s’accommoder à vivre aussi pleinement selon nos normes tout en conservant, un tant soit peu, un petit morceau de leur identité propre, ont des filles et des femmes qui choisissent de porter un bout de tissu sur la tête, c’est un choix personnel, qui n’exige absolument rien de notre part en tant que culture dominante, et elles sont prêtes à assumer la signification sociale de leur geste. Tout autant que la petite punk qui se fout des boucles d’oreilles où elle n’en a pas et se teint les cheveux de couleurs impossibles.

Pis nous, après avoir bûché pendant quatre siècles… contre l’hiver… contre le courtisan français qui s’foutait d’notre gueule… contre le soldat anglais… contre l’Empire Brittanique qui voulait nous assimiler par force d’armes ou de lois… contre l’Église quand elle a voulu nous imposer une identité dans laquelle on ne se reconnaissait plus… et toujours contre l’hiver… et aujourd’hui contre l’Hégémon américain et globalisant qui est, en partie, animé d’une quête de liberté semblable à la nôtre mais à qui nous disons: Non. Nous voulons vivre notre liberté comme nous l’entendons. Et en Français!… Nous, on se retourne de bord et on dit à ceux qui nous suivent, à ceux dont nous avons besoin pour la poursuite de ce rêve, et en particulier à un petit nombre qui, croyez-moi, plus que les autres, sont prêts à mettre la grande expertise de survie identitaire de leur culture au service de la nôtre et de notre rêve d’un espace francophone en Amérique… mais nous en échange, on leur dit: Non. On aime pas comment vous vivez. …non, pire: On aime pas comment vous vous accommodez à vivre chez-nous. Si vous voulez vivre parmi nous, non seulement notre société ne s’en accommodera pas, (ce qui est normal, dans les limites du raisonnable) mais on va vous dire comment vivre! La liberté de vivre ensemble, mais chacun selon sa conscience, comme il l’entend (et en français) que nous exigeons pour nous n’est pas pour vous, à moins de vous assimiler!

Ceci n’est pas mon peuple. Pas celui pour lequel j’étais prêt à me battre. C’est pas des farces, je ne m’y reconnais plus. Si le pourcentage avait été 30% ou 40%, j’aurais trouvé ça assez normal, société pluraliste oblige, et suffisant pour au moins ouvrir un débat. À 48%-50%, je me serais inquiété, j’aurais sonné l’alarme. Mais vraiment, 65%… je suis complètement sidéré.

J’ai honte.

J’ai honte d’un peuple qui est incapable de se rendre compte de la place privilégiée qu’il occupe dans le monde et qui semble incapable de s’assumer en tant que culture dominante. Un peuple si peureux, si frileux qu’il est prêt, parce qu’encore obsédé par une survie qu’il a largement conquise, à nier à ses meilleurs alliés, plus petits que lui, ce même espace de liberté pour lequel il s’est toujours battu.

Mon peuple est-il fondamentalement totalitaire?… intégriste? N’a-t-il plus de dignité.

Au fond, c’est de ma faute. Je me faisais des illusions dans mon petit oasis de Côte-Des-Neiges parmi tous ces nouveaux arrivants pleins de bonne volonté. Je croyais que j’étais d’un peuple fier et confiant. Mais c’était eux que je voyais.

Saviez-vous que malgré le fait que mon arrondissement soit parmi un de ceux qui sont le plus en proie à la pauvreté, (matérielle) il est deuxième parmi ceux qui sont le moins en proie à la criminalité. Oui, oui, j’ai bien dit: Côte-Des-Neiges/Notre-Dame-De-Grâce, l’arrondissement à la plus grande concentration d’immigrants et de pauvreté à Montréal (donc au Québec) est le deuxième plus « sécuritaire » de la ville. (Ma source est orale, mais elle est sûre) Autre fait à noter, les endroits où pauvreté rime avec criminalité à Montréal aujourd’hui, sont surtout ceux où la pauvreté est celle des gens de mon peuple… je devrais ajouter: et des Anglos (de souche) et des Amérindiens.

Pourtant, pas chez les immigrants (parmi lesquels j’ai la chance de vivre.)

Cette fierté, cette dignité, cette soif de liberté et de paix (et d’entraide), cette volonté de s’accommoder soi-même des travers de la vie… qui appartenait à mes ancêtres, je ne la reconnais plus chez mon peuple aujourd’hui.

Mais je la vois tous les jours autour de moi. Chez ces Philippins qui, malgré la grande pauvreté de beaucoup d’entre eux, mettent chacun leurs meilleurs atours et marchent fièrement lorsqu’ils vont vers l’église le dimanche. Chez la jeune Africaine mono-parentale qui travaille si fort pour si peu et qui malgré le fait que parfois elle ne peut servir qu’un bol de riz à son fils pour souper, continue sans relâche à l’entraîner à être poli, studieux et bien élevé. Chez l’Arabe qui mange un festin bien mérité au soleil, dans le parc, entouré de sa famille. Chez le Péruvien qui travaille deux jobs pour que ses enfants aient une meilleure vie.

Aujourd’hui, mon peuple, c’est eux.


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2007/10/07 20:40

Pourquoi on vient chez-nous

Extrait d’un livre à l’intention des nouveaux arrivants publié « par ordre du Gouvernement de la Province de Québec »

…en 1870!

La conquête de l’aisance, qui en Europe représente les travaux réunis d’une famille pendant plusieurs générations, est la plupart du temps ici l’oeuvre d’un seul individu. Demandez à ce négociant, dont la fortune vous éblouit, à quelle époque remontent les opérations commerciales de la maison qu’il dirige, il vous répondra qu’il y a 15 ans, 20 ans, 30 ans peut-être il est arrivé au Canada sans protection aucune, ne comptant pour sa subsistance que sur le travail du lendemain. Il s’est livré au travail et il est il est parvenu où vous le voyez aujourd’hui.

La Province de Québec et l’Émigration Européenne, page 3

J’ai vécu presque toute ma vie parmi les nouveaux adhérents à notre société et je peux vous dire que c’est ce même rêve qui les anime encore aujourd’hui. Et bien que ce qui est dit dans la citation est moins vrai aujourd’hui que ce l’était à la fin du XIXe siècle, c’est encore vrai pour plusieurs d’entre eux… et toujours beaucoup plus vrai ici qu’ailleurs dans le monde.

Et ça, c’est un aspect de notre société qui est précieux.


Coup de chapeau à Abdul-Rahim pour la découverte.


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2007/10/05 14:24

Le voile de la peur

Hé les amis!

J’ai une petite question pour vous.

Combien de fois, dans votre vie, avez-vous vu, en personne… pas à la télé ou en photo mais dans la vraie de vraie vie, une femme au visage voilé?

Vous savez ce que je veux dire.

Je parle de ceci:

Parce que moi, pendant toutes les quinze années de ma vie que j’ai habité le cartier Côte-Des-Neiges (le coeur de l’immigration au Québec, s’il y en a un) je peux vous dire honnêtement ça ne m’est arrivé que trois fois.

Trois fois en quinze ans!

Je l’avoue, à chaque occasion, cela m’a rendu profondément mal-à-l’aise… j’irais même jusqu’à dire que ça m’a un peu choqué. Et c’est à ces moments que j’ai pu voir si j’étais vraiment tolérant. Parce que, mes amis, c’est ça la tolérance, c’est quand on n’aime pas quelque chose… quand quelque chose nous choque… et qu’on décide, au nom du respect des différences, de le tolérer.

Moi, de façon générale, les gens qui ne sont pas comme moi, qui ne pensent pas comme moi, je ne les tolère pas, je les accepte… sans ambages… je n’ai pas grand mérite, je suis tout simplement fait comme ça, je ne sais pas comment faire autrement.

Ce n’est qu’à ces trois occasions que j’ai vraiment eu à me poser la question si j’étais capable de faire preuve de tolérance.

Mais quand même… trois fois en quinze ans!

Je constate l’hystérie collective autour de moi ces jours-ci entourant toutes ces questions dites « d’accommodements raisonnables, » (un pauvre petit concept de droit qui est présentement en train de subir tout le poids d’une crise identitaire qui dépasse largement son application)

…et je ne peux que me poser la question suivante:

Avons nous si peu confiance en notre société, en l’attrait de notre culture, que nous nous sentions menacés pas une infime minorité de gens qui revendique le droit à la différence?

[Ajout: Je devrais préciser. Il s'agit d'une période de beaucoup plus que quinze ans. Je suis arrivé à CDN à l'age de 11 ans. J'y habite toujours. Cela fait donc 25 ans. Je n'ai pas compté les 10 ans (dont seulent trois hors de l'île) où j'habitait ailleurs à Montréal. Il aurait donc été tout aussi vrai de dire: Trois fois en 25 ans!]

[Re-ajout: Je n'avais aucune idée, en nommant ce billet ainsi, qu'il y avait un livre du même nom qui était sorti un an plus tôt... je ne l'ai découvert que quelques semaines plus tard en voyant ce reportage.]


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2007/08/31 13:17

C’est pas parceque c’est légitime d’en parler qu’il faut nécéssairement aller de l’avant et l’implanter

Je note la chronique de Christian Rioux dans Le Devoir d’aujourd’hui (version Web disponnible qu’aux abonnés… abonnez-vous.) portant sur l’obsession actuelle qu’ont les Québécois, celle de l’ouverture.

Il pose d’abbord une très bonne question: «Mais d’où vient donc cette peur maladive qui tenaille les Québécois de passer pour de pauvres épais pas assez ouverts?» En effet.

Et bien que le ton de la chronique heurte quelque peu mes sensibilités bien-pensantes de gauche, je suis, en gros, d’accord avec l’ensemble de son propos.

Surtout ici:

Ce qui agace le plus, c’est que nos prêcheurs dissimulent mal leur intention de se dédouaner en ce qui a trait aux prétendues fautes de leurs ancêtres. Dans leur bouche, le mot «ouverture» — qui, en latin, signifie «trou, espace béant» — résonne le plus souvent comme un acte d’accusation contre tout ce qui a précédé Expo 67. Comme si, avant cette date, tout n’était qu’ignorance et préjugés au pays du Québec.Mais qui furent donc ces êtres «fermés» qui nous ont enfantés? Veut-on parler de ces anciens Canadiens qui accueillirent les Irlandais fuyant la famine? Veut-on désigner ces Canadiens français qui ont vu passer à Montréal plus d’immigrants que n’en verront jamais ceux qu’on désigne comme les «enfants de la loi 101»? S’agit-il de ceux qui ont fondé une nation métisse au Manitoba ou qui ont accueilli les réfugiés juifs après la guerre? Ou de ce million de Québécois partis vivre et fonder des familles aux États-Unis? À moins qu’on ne désigne ces coureurs des bois dont les jésuites se méfiaient comme la peste tant ils s’ensauvageaient auprès des autochtones? Comme si les Québécois avaient des leçons de multiethnisme à recevoir de quelqu’un!

Bien dit. Il est plus que temps qu’on éclaire le mythe de notre prétendu «ferméture» et «ignorance» d’avant la révolution tranquille, mythe souvent entretenu autant par les tenants du nationalisme souverainiste québécois que par ceux du nationalisme canadien trudeauiste, et qu’on se réapproprie cette part de notre identité que ces deux mouvements opposés mais jumeaux et enfants renégats d’une même mère, le nationalisme canadien-français, contribuent à dénigrer.

J’ai aussi bien aimé ceci:
(les italiques sont de moi)

On peut aussi, sans être un arriéré, ne pas vouloir vivre dans une société où chaque communauté culturelle cultive sa propre identité. D’ailleurs, ce multiethnisme est le plus souvent un miroir aux alouettes, pour ne pas dire une idéologie qui s’est développée dans le monde anglo-saxon, là où la pression de l’intégration est un rouleau compresseur si puissant que la sacralisation des identités n’y change rien.

Voilà aussi une vérité qui mériterait d’être répétée plus souvent.

M. Rioux, dans sa chronique, défend le droit des sociétés à déterminer ou freiner leur niveaux d’immigration sans pour autant que cela en fasse des «repères de racistes et de xénophobes.» Il parle des «réactions de vierges offensées aux récents propos de Mario Dumont au sujet de l’immigration.»

Soit. Je suis bien d’accord que toute société doit être en mesure de déterminer le nombre d’immigrants qu’elle veut recevoir «sans devoir subir l’opprobre des donneurs de leçons multiethniques.» Et c’est bien vrai que tout ce que M. Dumont a dit (et il a bien raison de le dire) est que l’impératif économique ne peut pas être le seul élément qui détermine cette question.

Mais quand-même, l’impératif économique ne peut pas non-plus être évacué de l’équation. Il me semble qu’il soit tout aussi essentiel à l’essor d’une nation francophone en Amérique que l’impératif de la langue. Et il me semble évident qu’une diminution de l’immigration qui ne serait pas accompagnée d’une augmentation correspondante dans la natalité (chez les francophones) ne ferait que semer les germes sinon d’un désastre, du moins d’un grand risque d’affaiblissement économique pour l’état québécois.

C’est pourquoi je continue de croire que l’accent devrait plutôt être mis sur les critères d’admissibilité et que le débat devrait surtout porter sur les effort que nous mettons à intégrer les nouveaux adhérants à notre société…

Je veux bien qu’il ne soit pas illégitime de discuter de «diminuer» ou «geler» les niveaux d’immigration, mais tant que je n’entend personne me parler de la nécéssité d’augmenter la natalité francophone (en proposant des pistes de solutions), je ne marche pas.

J’ai beau chercher, mais je n’entends pas (encore) assez ce discours au sein de la collectivité francophone pour me sentir confortable à même discuter d’une baisse dans les niveaux d’immigration au Québec.


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