Bouchard-Taylor - Archives

2008/05/26 06:16

À propos de l’identité québécoise

[Note: Il arrive arrive qu'un billet commence avec une intention (une mise au point idéologique rapide) et se transforme en autre chose (un long délire allégorique). Ceci est un de ces billets.]

J’ai finalement décidé de (commencer à) me taper la lecture du rapport BouchTay. Je n’en suis encore qu’au début, mais la lecture du quatrième point des “orientations générales du rapport”…

Le lecteur devra garder à l’esprit que notre réflexion se trouve délimitée par les choix collectifs fondamentaux que les Québécois ont faits au cours des dernières décennies. Leur faible fécondité et le désir de soutenir la croissance démographique et économique les ont amenés à prendre le parti de l’immigration. Parallèlement, ils ont abandonné la pratique de la religion en très grand nombre, tout en prenant leurs distances par rapport à l’identité canadienne-française au profit de la nouvelle identité québécoise. Ils ont également décidé (jusqu’à nouvel ordre) d’appartenir au Canada et, par conséquent, de relever de ses institutions. Enfin, ils ont accepté de prendre le virage de la mondialisation et – comme le veut l’expression courante – de « l’ouverture sur le monde ».

…m’ammène à vouloir préciser ma pensée à propos de certains commentaires que j’ai fait recemment concernant la “fiction” qu’est pour moi la nation québécoise.

J’avoue que j’y suis allé un peu fort rhétoriquement ces derniers temps pour ce qui est de remettre en question “l’identité québécoise”.

On pourrait même croire, à la lecture de la dernière partie de ce billet où je donne pleine voix au délire ultime de mon héritage nationaliste canadien-français, que je souhaite reléguer l’identité québécoise aux oubliettes de l’Histoire. À un certain niveau (celui du fantasme), ce n’est pas complètement faux, mais comprenez-moi, je suis bien conscient que je délire… un délire sincère, senti et réfléchi, qui cherche à provoquer la réflexion, mais un délire tout de même.

Je comprends très bien qu’aujourd’hui, en 2008, il existe une “nation” ou du moins un pôle identitaire bien réel et proprement “québécois”… je m’en réclâme moi-même… et que ce pôle a (presque) entièrement supplanté celui qu’on nommait autrefois “le peuple canadien”, puis “canadien-francais”, et ce, pour la vaste majorité de ses constituants. Le travail est fait, on ne peut pas (et on ne doit pas) revenir en arrière.

Mais ce que je dit par contre, c’est qu’il ne faut pas se faire d’illusions non-plus. En 1959, le “peuple québécois” n’existait tout simplement pas. [Ceci dit en passant, en 1935, quand mes regrettés grands-parents canadiens-français étaient petits, il n'y avait pas de crucifix à l'assemblée "législative" non plus, alors pour ce qui est de la "valeur patrimoniale" de ce symbole, on repassera.] La “nation québécoise” est donc une très jeune nation (même pas encore 50 ans) et son lien identitaire à celle dont on célèbre le 400e aniversaire cet été demeure… problématique.

Le PQ et l’ADQ nous parlent d’un “malaise identitaire” et se plaignent que le rapport ne s’y adresse pas assez… je ne sais pas (encore) pour le rapport, mais ils ont raison. Il y a bel et bien un malaise. Seulement, il n’a pas grand chose à voir avec les nouveaux adhérants à notre société…

Permettez-moi un autre délire:

Si l’identité québécoise se sent insécurisée par le défi posé par l’immigration, c’est parce qu’elle n’a pas encore réglé sa relation avec l’identité canadienne-française qui a défrichée sa terre et lui a donnée naissance… et surtout, avec cet oncle puissant qu’est l’identité catholique qui, il faut le dire, violentait régulièrement la mère de notre pauvre petite identité québécoise encore innocente et humiliait le père à chaque fois qu’il tentait de se tenir debout face au propriétaire anglais…

Aujourd’hui, la jeune identité québécoise, encore rebelle et trop adolescente pour son age, est animée d’une haine encore bouillonnante et palpable pour l’oncle catholique, maintenent déchu. Elle est hantée par la honte et le mépris qu’elle ressent envers ses parents canadiens-français qui se sont pliés aux véléitées de l’oncle. Et surtout, elle ne leur pardonne pas d’avoir donné naissance à sa soeur, l’identité canadienne, la petite studieuse bilingue qu’ils ont donnée en mariage au propriétaire anglais, avec comme dot, l’héritage et les écussons familiaux dont le bandit se drappe maintenent, tout en refusant d’apprendre sérieusement la langue de celle qui lui a donné sa légitimité.

Elle tente de convaincre tout le monde qu’elle est la seule capable de poursuivre l’entreprise familiale, mais malgré la fiction idéalisée qu’elle nous présente de ses parents et la vision renouvelée qu’elle a de leur entreprise, elle trahit constament son mépris envers eux lorsqu’elle parle des crimes de son oncle et de son dégout envers sa soeur qui continue à se fondre dans l’identité de son mari. Le dégout pour sa soeur est si puissant qu’elle s’est convaincue, non seulement qu’elle n’avait pas besoin de l’héritage et des écussons familiaux pour poursuivre l’entreprise, mais, plus étrangement, depuis que l’Anglais s’en est vêtu, que cet héritage était en fait un symbole de son opression que ses parents avaient tort de conserver. Ce qui est une autre façon par laquelle l’identité québécoise trahit son mépris envers ses parents canadiens-français et l’entreprise dont elle se prétend l’unique légitime héritière.

Sa honte et sa haine refoulées pour ceux qui l’ont formée (et donc pour elle-même) font d’elle une errante sympathique, toujours entrain de râler… fuyant et niant cette part d’elle même qu’elle ne peut tolérer… se cherchant constament dans le regard des autres… et se débattant vainement lorsque ce regard lui reflète celui, trop hautain, de sa soeur ou celui, trop accomodant, de ses parents ou encore, et c’est là qu’elle perd les pédales, celui, trop sévère, de son oncle.

Ceci dit, on l’aime bien, elle est sympa et bien intentionnée. Et clairement, c’est elle qui a héritée de toute la fougue et la créativité dans la famille. Mais elle est si triste à voir aller, avec ses grands plans d’épanouissement et d’entraide collective… et le doute qui lui brûle le fond des yeux… que restera-t-il de l’entreprise familiale maintenent que je dois la partager avec d’autres?… suis-je assez forte/généreuse/ouverte/sévère?… vont-ils me suivre?… vont-ils adopter le (nouveau) credo familial?… combien de temps avant qu’ils s’apperçoivent que ma soeur est une putain, mes parent des laches crédules et mon oncle un monstre autoritaire et qu’ils courent se réfugier chez l’Anglais?…

Pauvre petite identité… tu n’es pas prète.

Tu ne peux pas demander aux autres de participer à ton entreprise familiale alors que tu portes encore en toi un si grand malaise envers ta propre famille. Tu te remets en question au moindre accommodement et tu vois l’ombre de ton oncle partout.

Retourne d’abord chez toi. Vas passer du temps auprès de tes parents… ils sont vieux maintenant… et ils sont fiers de toi, tu sais? Et ils ne le dirons pas ouvertement, mais tu sentiras aussi, à demi mots, qu’ils regrettent d’avoir tant fait confiance à l’Anglais avec ta soeur et les écussons… Ils te dirons qu’ils s’inquiètent de son sort… qu’elle perd sa langue… et qu’elle a besoin de toi. Ils te dirons de ne pas la juger si séverement, son amour pour l’Anglais est sincère et elle en est prisonière. Puis, un peu plus sévèrement, ils te dirons de ne pas oublier que nombre de ses compromis les plus abjectes ont été ont été faits en ton nom et que, bien qu’elle désaprouve de ton intention de gérer seule l’entreprise familiale et qu’elle ait parfois intrigué pour t’en empêcher, elle n’a jamais cessé de t’aimer et de plaider ou d’intriguer en ta faveur auprès de l’Anglais… que c’est en bonne partie grâce à elle si tu as pu te développer aussi librement. Peut-être aussi pourras-tu constater que ce que tu voyais autrefois comme faiblesse chez tes parents etait en fait une patience sans bornes, une force tranquille mais herculéenne qui leur a permis de porter l’entreprise jusqu’a toi.

Puis, avant de les quitter, ils te diront, sachant que tu ne veux pas vraiment les entendre, que tu devrais aussi aller voir ton oncle…

Si tu reprends le dialogue avec ta soeur, tu verras qu’elle a ses propres problèmes et que malgré les apparences qu’elle tient à garder, même (surtout) devant toi, il est clair qu’elle n’est plus si heureuse que ça dans son ménage… Dans le même souffle, d’abord d’un ton presque absent, elle t’assurera que tout va bien dans le mariage, que son époux est beaucoup plus sympatique à ta cause qu’avant, puis, d’un ton plus sombre elle lui reprochera de rire d’elle dans son dos, que malgré ses promesses de bilinguisme, il ne fait rien pour apprendre le français et ne fait que faire semblant de l’écouter alors qu’en fait, elle est écartée des vraies décisions, puis, d’un ton accusatoire elle se retournera vers toi pour te dire que tout ça est de ta faute, que si tu l’avais appuyée plutôt que de faire des crises, de renier l’héritage et les écussons, et menacer de partir à tout bout de champ, elle aurait pu en faire davantage auprès de son mari et tu n’aurais alors plus envie de partir et en terminant, comme si rien de tout ça ne s’était passé, elle t’offrira plus de thé et vantera la dernière “résolution” de son mari en ta faveur. Alors, armé de la force tranquille de tes parents, tu comprendras qu’ils ont raison, que sans toi, elle est perdue; que lorsqu’elle s’est opposée à toi, c’était d’abord par loyauté pour l’héritage et les écussons qu’ils lui avaient légués, puis par crainte de te perdre, pas pour servir l’Anglais. Tu comprendras qu’elle souffre car, même si elle ne se l’admet pas, elle a bien compris que son mari s’est emparé du vetement identitaire qu’elle lui avait tissé à-partir de l’héritage et des écussons et qu’en réalité, il en fait bien ce qui lui chante; qu’aujoud’hui il est trop tard pour le lui reprendre et qu’elle est maintenent prisonière de sa loyauté envers cet héritage qui ne lui appartient plus mais sans lequel elle ne sautait exister. Et que si tu veux la sauver (c’est optionel, mais tu seras plus forte avec elle que sans elle), il te faudra trouver moyen de défier l’Anglais et reprendre les écussons de tes parents… sinon, tu auras compris que ces symboles sont un cadeau empoisonné pour l’Anglais, car une fois que tu voleras de tes propre ailes (et ce jour viendra) ta soeur périra (ou sera à tes côtés) et le vetement identitaire qu’il porte n’aura plus aucun sens et le protegera plus de ses péchés d’empire.

Finalement, et je sais que c’est le plus difficile pour toi, mais tu dois faire la paix avec ton oncle. Car ta rage, même celle que tu crois vouer à l’Anglais, te vient de ce qu’il t’a fait à toi et à tes parents. Et lui, souhaiterait tellement obtenir ton pardon. Tu pourra constater le désespoir dans ses yeux alors qu’il plaide et t’explique qu’il ne faisait qu’obéir à un pacte de survivance entre lui et tes parents, un pacte qui ne visait qu’a poursuivre et faire fleurir l’entreprise familiale alors que l’Anglais aurait préféré l’éteindre; qu’il reconnait que vers la fin, alors que le monde changeait et que de nouvelles indentités se préparaient à émerger, il a eu tort de vouloir y résister en “serrant la vis” et en tentant de figer l’identité de tes parents pour l’éternité alors qu’il aurait du avoir comme mission de parainer ta naissance et ta croissance; qu’il réalise aujourd’hui que dans son zèle à vouloir assurer la perpétuité identitaire, il a abusé de tes parents et a tenté de te museler; et enfin, qu’il te demande pardon et qu’il veut ouvrir “un dialogue” avec toi. Le vieux criminel, encore à la solde de Rome, n’est toujours pas prêt à admettre la cupidité et la mauvaise foi qui l’ont aussi animé et il ne mérite pas entièrement ton pardon, mais tu dois quand-même trouver moyen de lui pardonner ses excès, de le comprendre et de te réconcilier aussi le rôle important qu’il a joué dans ton héritage… car c’est de lui que te vient ta farouche volonté de “faire ce qu’il faut” pour assurer ta perpétuité et il en a autant à t’apprendre sur les moyens d’y parvenir que sur les conséquences désastreuses, inhérentes à ce coté excessif de ta nature, qui peuvent se produire lorsqu’on s’acharne trop à figer une identité en perpétuité. Et puis crois moi, ma petite identité québécoise, tu as beau te redéfinir et te distancer de ton oncle, l’identité catholique, tant que tu veux, ça ne change rien. Tu finis toujours par lui ressembler.

C’est seulement à ce moment, ayant renoué avec la force tranquille de tes parents, la loyauté ancestrale de ta soeur, le sens du devoir (et du calcul) de ton oncle et ce qu’il y avait de bon dans la tradition spirituelle qui les réunissait tous, que tu pourras dire que tu as réglé ton “malaise” et que tu pourras enfin prendre les rennes de l’entreprise familiale en toute confiance et en te moquant du pauvre Anglais et de l’illusion identitaire que ta soeur lui a laissée. Saisissant alors pleinement la force de ton identité quadricentenaire nouvellement réintégrée tu ne craindra plus d’en partager les rennes avec ces nouveaux partenaires qui veulent y adhérer en y intégrant à leur façon leurs propres traditions culturelles et spirituelles.

Mais d’ici là, j’ai pas l’impression qu’on en est à notre dernière session chez le psy…

BouchTay n’est qu’un début.

[Pfff... et avec tout ça je n'en suis qu'à la page 12. On est pas sorti du bois.]


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2008/05/25 13:17

BouchTay: Les radi-laïcs ne sont pas content

Je n’ai toujours pas trouvé le temps de lire le rapport, mais après un tour d’horizon des réactions, en constatant qui est content et qui est faché (et pourquoi), je crois qu’on va pouvoir me mettre du coté des très satisfaits.

L’exemple le plus marqué se trouve dans cet épisode de Dominique Poirier en direct de vendredi dernier. Particulièrement dans le contraste entre le discours de Daniel Baril, du Mouvement laïque québécois, et celui de Najat Boughaba, du Congrès islamique canadien. Najat Boughaba est cette même dame musulmane qui s’était rendue à Hérouxville lors de cette controverse là. Elle est une présence remarquée dans les médias depuis lorsqu’il s’agit de la question des accommodements et elle m’impressionne à chaque fois, celle-ci ne fais pas exception.


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2008/05/23 03:28

“Québécois d’origine canadienne-française”

Je n’ai pas encore lu le rapport. Mais je me suis tapé la couverture (le cirque?) médiatique pas mal toute la journée et ma première impression est qu’en tout point les commissaires semblent avoir tranché à peu près exactement là où je l’aurais fait… chapeau!

Il y a beaucoup à dire sur plusieurs points et j’y viendrai éventuellement, mais la chose principale que je retiens aujourd’hui, et je crois que c’est un changement assez majeur dans les paramètres qui définissent la discussion identitaire québécoise (du moins, c’en est un qui me plait), c’est la soudaine légitimité de l’expression “d’origine canadienne-française“. Il semble que le rapport propose cette formulation pour remplacer l’expression “de souche“…

M. Bouchard explique:

Personnellement, je n’avais pas vraiment de problème avec l’expression “de souche”… il faut bien que les choses aient des noms, sinon on ne s’en sort plus. Mais j’achète. Et même, je dois confesser que l’idée de rendre légitime l’expression “d’origine canadienne-française” pour remplacer de l’expression “de souche” lorsqu’il s’agit de nommer qui nous sommes, vient justement libérer/nourrir une des charges émotives identitaires principales derrière Le Petit Émerillon.

Vous aurez compris que votre humble serviteur souffre de la dichotomie entre la fierté (et le sens du devoir) qu’il ressent envers des ancêtres qui se sont littéralement battus pour qu’une “nation canadienne” de langue française fière et debout puisse exister en Amérique et un projet d’actualisation, la “nation québécoise”, fondé sur le dénigrement de leurs valeurs et le rejet même du nom et des symboles qu’ils se sont donnés depuis l’aube de leur existence collective.

En tant que descendant d’un clan franco-ontarien “tissé serré” de la paroisse Saint-Charles d’Ottawa qui m’a transmit de fortes valeurs de survivance et de fierté francophone canadienne, je me sentais moi-même souvent exclus de cette “nation québécoise” qui ne m’acceptait que si je taisais le nom de mes ancêtres et acceptais cette fiction qu’ils étaient “québécois” et que l’Histoire de leur combat et leurs sacrifices était celle de la “nation québécoise”.

Il m’était permis de discuter de ces choses, mais seulement en faisant très, très attention au contexte dans lequel je me permettais d’attacher les mots “canadien” et “canadien-français” à ma propre personne, sous peine de remise en question de ma légitimité en tant que bon “québécois” ou pire de me faire taxer de colonisé arriéré. (j’en connais dans ma famille que ce tabou a irrité au point d’en faire des fédéralistes enragés)

Aujourd’hui, je me sens comme un homosexuel qui s’apperçoit que, tout à coup, le monde a enfin assez évolué pour qu’il se permette de faire son coming out.

Donc… ahem…

Je suis canadien-français (et j’en suis fier)!

Je ne suis pas moins québécois

Je suis un Québécois d’origine canadienne-française.

Dans mon cas particulier, d’origine très canadienne-française.

Fiou… je me sens déjà plus libre.

Mais voilà, je comprends très bien la menace que les tenants du projet souverainiste voient à ce “retour en arrière”… Étant donné que leur projet d’épanouissement national implique une “séparation” du “Canada”, le succès de ce projet dépend, croient-ils, de la création d’une “identité” proprement “québécoise” qui rejette catégoriquement toute parcelle de canadienneté dans ses constructions symboliques.

Parce que sitôt que l’on admet que “nous étions canadiens”…

Comme dit Durivage: On s’en sortira jamais.

Vous savez les amis, moi, la souveraineté, je ne suis pas contre. Comme je l’ai souvent dit, j’appuie toute initiative qui donne plus d’autonomie au seul état pleinement sous le contrôle de la nation francophone d’Amérique canadienne-française, incluant la souveraineté nationale de cet état. C’est juste que je vois plein de trucs qu’on pourrait faire pour aider à la consolidation et à l’épanouissement de cette nation qu’on ne s’entend déjà pas pour faire et je ne vois pas en quoi on va s’entendre davantage entre nous le lendemain d’une souveraineté du Québec.

Et puis pour moi, le Québec, c’est un état, ce n’est pas ma nation.

Ma nation à moi, celle que mes ancêtres ont bâtie, contre vents et marée… et glace… et bayonette anglaise… celle qui crie son droit d’exister depuis quatre siècles… celle dont il est question dans les chansons que l’on chante encore dans les soirées du jour de l’an par chez nous, c’est la nation canadienne (française). C’est à cette nation là que je souhaite donner un état souverain.

La feuille d'érable - La bonne chanson

J’vous l’jure les amis. Si les souverainistes/nationalistes réussissait à re-fonder leur projet dans l’autre sens… en disant que la “province of Quebec” est un nom qui nous a été imposé pour nous priver de notre sentiment d’identité nationale et nous marginaliser, voire nous ghettoiser, autour de notre ville fondatrice, que l’on rejette donc l’appellation de québécois, que la nation canadienne-française est LA nation canadienne originale et qu’un Canada qui ne fait pas une juste place à sa nation fondatrice… et je ne parle pas ici de “bilinguisme officiel”, mais d’un statut spécial et privilégié accordé à la langue française partout au Canada et d’une reconnaissance (lire statut spécial et privilégié) du rôle que joue l’état québécois en tant que patrie principale de la langue et de la culture de cette nation fondatrice et essentielle au caractère français de l’Amérique… sans cette reconnaissance donc, la nation canadienne-française considérera que le Canada est un échec et sortira la province of Quebec de la fédération pour créer la République libre du Canada-français (Le vrai Canada; les autres c’est la fédération du Canada anglophone, dira le borné) et s’occuper elle-même de son destin. Vous faites ce que vous voulez, ROC, mais nous on fonde notre propre état libre et on rapatrie tous nos symboles… NOTRE langue… NOTRE feuille d’érable… NOTRE castor… NOS rocheuses… Euh… oups!… Ok, j’pense que j’me trompe de disque là, là…

Je sais, je rêve en couleur… j’en fume du bon… mais je maintiens que pour qu’un projet qui vise à consolider l’avenir de cette nation francophone nord-américaine soit vraiment porteur, rassembleur et capable de se projeter sainement vers de meilleurs lendemains, il ne peut pas être fondé sur l’opposition et le dénigrement de la canadienneté francophone mais qu’il doit plutôt l’embrasser; que l’une des raisons principales de l’échec du projet souverainiste est inscrite dans cette tentative par la “nation québécoise” de s’affranchir de sa propre canadienneté identitaire. Et qu’un projet souverainiste/nationaliste qui se fait sur les lignes identitaires que j’ai décrites est la meilleure voie pour obtenir l’appui de 85+% des francophones de tout le pays. Au mieux, du point de vue souverainiste, ça donne une souveraineté claire, sereine et inexorable, au pire, la reconnaissance demandée à l’intérieur du pays qu’on a fondé. Mais ça aussi, mes ancêtres en seraient fiers.

Encore une fois, je sais… j’en fume du bon.

Mais tant qu’à me faire comparer à Elvis Gratton

Think big, ’sti!


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2008/05/22 18:38

Bon coup de la journée

Je passe outre le fait que la résolution libérale concernant le crucifix à l’assemblée nationale relève du plus pur calcul politique… la tactique est aussi dégoutante  de cynisme qu’elle est redoutable dans son efficacité.

Autrement, un premier ministre, contrairement aux chefs des partis d’opposition, se doit d’être rassembleur et non partisan dans son message en une telle occasion. J’ai suivi le débat dans “l’arêne” aujourd’hui et je dois admettre que Charest passe le test haut la main.

Le moment fort pour moi fut la réplique de Charest en chambre aujourd’hui. Le rituel, semble-t-il, est qu’après sa déclaration initiale suivie d’une déclaration de chacun des partis d’opposition, le premier ministre a un “droit de réplique” qui lui donne le dernier mot. Charest nous montre ici qu’il est un politicien (et homme d’état) en haute forme ces jours-ci:

“Espace de liberté”… ces mots sont comme de la musique à mes oreilles.

J’avoue être très étonné de constater à quel point mes sympathies penchent de plus en plus vers le PLQ depuis un bout de temps… ça ne s’était pas produit depuis 1993!


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2008/05/22 12:03

En attendant BouchTay

Je me tape le dépôt du rapport à RDI… à date, je n’ai aucun problème. Les commissaires sont à la hauteurs de mes attentes.

J’ai aussi téléchargé le rapport en entier ici. Je vais me taper la version abrégée (je suis pas mazo, quand-même) dans les jours qui viennent… je commenterai comme ça me vient.

Il parait que l’utilisation de l’expression “québécois d’origine canadienne-française” fut la cible de beaucoup de dérision depuis les premières fuites du rapport. Mardi matin, j’entendais quelqu’un à la radio dire que Mme Marois avait lancé qu’on retournait à Elvis Gratton.

Hé hé. Je me suis senti visé.
(C’était très volontaire de ma part de me présenter comme un “Québécois de racine canadienne-française”)

En ce moment, je me dis que si ce rapport réussit seulement à rétablir l’expression ”canadien-français” à sa juste place en la vidant de la saveur péjorative que lui ont donné les gardiens de la nouvelle identité “québécoise”, ce sera un grand pas pour la cohérence identitaire de la nation.


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2008/02/04 18:25

Tout le monde en parle et YouTube

Comme mes lecteurs (s’il m’en reste) ainsi que mes amis Facebook s’en sont apperçus, j’avais plus ou moins disparu du cyberespace ces dernières semaines… Ça m’arrive à l’occasion. Et ce ne sera pas la dernière fois. Quoi qu’il soit rare que je m’absente aussi longtemps.

Mais voilà. Je reviens de mes “vacances” pour reprendre mes activités et lorsque j’essaie d’accéder à ma page YouTube je rencontre ceci.

Argh! (Comme disait Shakespeare) Tous mes vidéos… tous mes extraits de la commission Bouchard-Taylor!… les heures et les heures que j’ai mis à éditer, réencoder et mettre en ligne tous ces extraits… les “relations” que j’avais développé avec d’autres utilisateurs qui appréciais mon contenu…

Tout ça… Pfuit! Envolé.

Je me répète: Argh!

Je fouille dans mes courriels et je m’apperçois que la dernière chose que j’aie reçu de YouTube sont trois messages quasi-identiques… je vous donne le premier:

YouTube | Broadcast Yourself™

Dear Member:

This is to notify you that we have removed or disabled access to the following material as a result of a third-party notification by Société Radio-Canada claiming that this material is infringing:

Tout le monde en parle: Imam Omar Koné (1 de 3): http://www.youtube.com/watch?v=4WcL393hIAA

Please Note: Repeat incidents of copyright infringement will result in the deletion of your account and all videos uploaded to that account. In order to prevent this from happening, please delete any videos to which you do not own the rights, and refrain from uploading additional videos that infringe on the copyrights of others. For more information about YouTube’s copyright policy, please read the Copyright Tips guide.

If you elect to send us a counter notice, please go to our Help Center to access the instructions.

Be aware that there may be adverse legal consequences in your country if you make a false or bad faith allegation of copyright infringement by using this process.

Sincerely,
YouTube, Inc.

Copyright © 2007 YouTube, Inc.

Les autres messages sont identiques mais concerne les deux autres extraits de l’entrevue.

Je note que je n’ai rien reçu m’avisant de la “suspension” de mon compte

Une recherche sur le site avec les mots “tout le monde en parle” donne ceci.

Tout plein d’extraits de l’émission originale française, mais plus aucun extrait de notre version “grand messe” bien à nous, animé par notre sainte bitche nationale.

Merde!

Bon. Moi, je n’ai rien contre le concept de droits d’auteur. Mais dans ce cas çi, je ne comprends tout simplement pas le problème.

En quoi est-ce que la publication de ces extraits sur Internet peut elle faire un tort quelconque au propriétaite des droits d’auteurs? Il ne s’agit pas ici d’une oeuvre écrite, mais plutôt de contenu d’actualité et d’intérêt publique qui devrait tomber sous le l’égide de la politique du fair use. Mais même sans ça, je ne vois pas en quoi le propriétaire des droits d’auteurs est lésé. S’il a l’intention de vendre des DVD de son émission, je prétends que l’enthousiasme des internautes à en publier des extraits intéressants ne fera que générer de l’intrêt et mousser ses recettes. (N’ont-ils pas encore compris?)

Je comprendrais si, comme le font maintenant les américains (Viacom, qui avait intenté la fameuse poursuite d’un milliard contre YouTube, a beau être agressive en ce qui concerne la défense des ses droits d’auteurs, elle a le mérite d’avoir rendu son contenu populaire, comme le Daily Show et South Park, disponnible via ses propres sites web) Je disais donc que je comprendrais si l’émission était disponnible sur le web, je serais alors entrain de lui piquer du traffic qui, dans son cas, lui rapporte des bidous. Et ça, je respecte! Moi, je veux que les créateurs tirent le maximum de leur travail.

Mais ce n’est pas le cas. L’émission n’est pas disponnible sur le web (à ce que je sache) et personne n’en tire de revenu une fois sa diffusion. Alors je pose sincèrement la question: En quoi est-ce que la publication d’extraits d’émission comme Tout le monde en parle sur YouTube pose t-il préjudice au propriétaire des droits d’auteurs?

Ajout: Après avoir longuement navigué les méandres de la section d’aide de YouTube, (Il veulent vraiment s’assurer que le problème n’est pas couvert par une de leur pages avant de nous laisser communiquer avec eux), j’ai finalement trouvé un endroit ou on peut plaider notre cause lors d’une “suspension” de compte… le hic, c’est qu’on a que 350 caractères pour le faire.

Voici le message que je leur ai envoyé:

I am back from a 6 week vacation of online activity to find my account has been suspended. I am an honest user concerned only with newsworthy public domain content. Any copyright violation on my part was unintentional. I always try to play by the rules. Having put lots of work into this account, I am hoping it can be reactivated. Thank you.

On verra bien.


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2007/12/11 23:59

Bouchard-Taylor: Témoignage personnel de Jean Dorion

Je lui ai déjà levé mon chapeau hier, après avoir vu le reportage de RDI sur son témoignage.

Je me suis ensuite tapé la rediffusion intégrale de la journée à Vox (télé-communautaire) pendant la nuit pour attraper sa présentation.

Le témoignage personnel qu’il a livré après la présentation du mémoire de la SSJB est mon troisième et plus grand coup de coeur de tout ce que j’ai vu à cette commission.

Merci M. Dorion. Pour faire echo à M. Bouchard, ce type de témoignage vaut bien des expertises. Et le débat en cours a besoin de beaucoup plus de témoignages de ce genre.

La présentation du mémoire est ici.


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2007/12/11 09:21

Dany Laferrière: nationalisme et identité

Selon Dany Laferrière, de retour de Haïti, les Haïtiens suivent attentivement notre débat sur les accommodements et sont plus sympathiques à la “majorité québécoise” qu’à leurs propres ressortissants…

Toujours fascinant ce Dany.

Je me réclame davantage de l’oiseau que de l’hippopotame.


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2007/12/10 22:11

Coup de chapeau: La SSJB à Bouchard-Taylor

Titre du fil de presse: La SSJB déplore le sensationnalisme, propre à alimenter l’islamophobie.

J’avoue être très agréablement surpris par ce que je viens d’entendre au Téléjournal de RDI sur la présentation du mémoire de la Société Saint-Jean-Baptiste par son président Jean Dorion qui a aussi livré un témoignage très personnel et émotif (larme à l’oeil) où il avoue avoir eu de grands sentiments de méfiance envers les musulmans qu’il regrette aujourd’hui… Il a ensuite défendu le droit des femmes musulmanes à porter le hidjab.

Je lui lève mon chapeau.

Mais le résumé du mémoire ici m’impressionne aussi, je ne m’attendais vraiment pas à entendre tant d’échos de mes positons dans celles de la SSJB.

Sans pour autant — loin de là — endosser chacune des causes qu’a défendues le juriste Julius Grey, nous partageons sa conviction que, sur dix personnes qui demandent aujourd’hui un accommodement, neuf auront des enfants qui diront un jour : Je n’ai plus besoin d’accommodements pour vivre au Québec. Faisons confiance au temps et aux échanges que la tolérance facilitera. Tout comme les Québécois ont beaucoup changé et changeront encore, les descendants d’immigrants changeront eux aussi.


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2007/12/01 22:30

Ma lettre au cardinal Ouellet

…tarde à sortir, je le sais.

…et elle ne sera pas dans ce billet.

En fait, les habitués doivent s’y attendre maintenant… si je vous promets quelque chose et que ça n’arrive pas dans les 24 heures suivantes, les chances sont que ça n’arrivera pas. Et lorsque je vous annonce que je diminue mon rythme de publication, attendez-vous à le voir augmenter. Je crois vous avoir déjà parlé de ma relation tendue avec la discipline personnelle.

J’avais de grands plans avec cette lettre… Fort de mes récents « succès » dans les médias, je planifiais, en plus de l’envoyer au cardinal et de la publier ici, de l’envoyer aussi aux journaux… qui sait?

Mais pour que tout ça ait une chance de fonctionner, il aurait fallu que je l’aie pondue lundi ou mardi et envoyée sitôt. Là, on commence à passer la limite du cycle de 7 Jours (Bonne Semaine!) décrété par les impératifs corporatifs de notre petit univers pour presser le citron d’un évènement médiatique avant de passer au prochain sujet chaud. (Encore mieux si ça peut démarrer le dimanche soir à TLMEP, avec trois jours de pré-avis… Ça, on aime ça!)

Enfin… Voilà déjà deux jours que la petite bannière en-haut qui annonce la venue de cette lettre n’est plus qu’une charade pour m’éviter à avoir à répondre à vos commentaires pendant que je lis et écris ce qui me chante. (Surtout que là, je suis complètement freaked-out depuis que le Mistral a soufflé chez moi… [Ok, enough with the puns! It's not that imaginative.])

Ce qui m’a stoppé dans mes tracks, comme disait Shakespeare, c’est cette discussion que j’ai eue (et que j’ai laissée sans réponse, ce qui est assez impoli de ma part) avec Suzanne, une radi-catho à tendance sédévacantiste (que j’aime ce mot depuis que je le connais) qui tient un blogue pro-« culture de la vie » et que j’ai croisée via le blogue de Philippe David. Disons que cette expérience a eu pour effet de refroidir mes ardeurs à l’idée d’explorer les possibilités de rapprochement avec l’Église. Avant de pouvoir continuer, je dois me réconcilier avec le fait que cette dame, malgré ce qu’elle en dit, ne représente pas l’attitude actuelle de l’institution, mais bien un courant qui souhaiterait retourner au moeurs, rites et dogmes d’avant Vatican II. C’est justement une de celles qui l’est trop, comme dit le maire Jean Tremblay, et qui lui tape sur les nerfs.

Mais bon. Ça a ruiné mon élan.

Et bien que j’aimerais explorer avec elle la cohérence de son attachement farouche aux doctrines de l’Église combiné à son rejet, ou du moins sa déception, face à « l’Esprit de Vatican II » qui est reflété dans la doctrine moderne (I think) et qu’elle se doit donc de suivre selon ses propres principes: « Si on croit que l’Église a la parole de la Vie, on la suit, malgré la difficulté de comprendre certaines doctrines, parce qu’on croit qu’elle est protegé de l’Esprit saint par l’erreur doctrinale,[sic] et qu’elle est chargé de prêcher la vérité de Dieu. » J’ai eu ce type de discussion avec des fondamentalistes de toutes les variétés dans ma vie et ce n’est vraiment plus cet aspect des choses qui m’intéresse.

En fait, mon intérêt et mon ouverture actuelle face à l’Église et à la religion en général me viennent de deux sources très distinctes, je crois.

La première étant la réaction extrême que j’ai eue récemment face à toute l’intolérance patente du discours laïcisant à la commission BT. Je le répète, les seules personnes que j’entends exprimer le désir de vouloir dire aux autres comment vivre dans toute cette histoire sont les laïcs. Les religieux ne revendiquent qu’un espace de liberté suffisant pour être heureux sans trop déranger les autres. Cette intolérance face à la croyance religieuse est tellement répandue dans la culture ambiante qu’il est permis, sans que personne ne bronche, de dire des choses sur les croyants qu’il est interdit de dire à propos de tout autre groupe.

Quelle différence entre:

« Je n’ai rien contre la religion, mais ça ne devrait pas sortir de la maison et/ou de l’église/temple/mosquée/etc., on n’en veut pas sur la place publique. »

Et:

« J’ai rien contre les homosexuels, tant que ça reste derrière des portes closes. Le reste, j’veux pas l’savoir. J’veux pas les voir s’embrasser pis s’tenir la main dans la rue. »

Pour moi, il n’y a aucune différence entre ces deux attitudes.

Pourtant, dans la société bien pensante dans laquelle j’évolue, il est permis d’exprimer cette première opinion et de passer pour un être éclairé, tandis que la deuxième nous condamne à être perçu (à juste titre) comme un cro-magnon homophobe et intolérant.

J’ai toujours accusé les homophobes d’avoir peur de leur propres désirs homosexuels. Maintenant, j’accuse les laïcisants de la place publique d’avoir peur de leur propre soif de Dieu.

…Mais je m’éloigne de mon propos.

Ce que j’essaie de dire est que dans de telles circonstances, j’ai tendance à beaucoup (trop) m’identifier avec celui que je perçois comme injustement persécuté. J’aimerais pouvoir le dire en français, mais ça sort pas, I’m a classic bleeding-heart liberal in that sense. Sauf que ce sentiment est éphémère et s’évapore rapidement au contact de quelqu’un comme Suzanne.

La deuxième (et plus profonde) source de mon ouverture est plus difficile à expliquer.

Elle vient en grande partie du fait que mon cheminement spirituel, incluant toutes les recherches que j’ai faites ces dernières annéees sur les origines historiques et l’évolution des différentes religions (surtout le christianisme et l’Islam), m’a récemment mené à un endroit à l’intérieur de moi où le paradoxe apparent de la phrase suivante: « Il n’est pas nécéssaire de croire en Dieu pour croire en Dieu » semble s’évaporer.

Je sais que ça semble ésotérique… ça m’apparaît si clair et si simple, mais en même temps, je n’ai pas l’impression que je pourrais l’expliquer comme il faut en moins de 20 pages. Alors je n’insiste pas.

Sauf pour dire que depuis ce temps, c’est comme s’il m’était permi de « croire en Dieu » sans abdiquer la moindre parcelle de mon adhésion à la pensée critique et rationelle, non plus qu’à la méthode scientifique et la cosmologie qui s’en dégage.

Délire? Vue de l’esprit? Je ne sais pas.

Mais savoir si c’est « vraiment vrai » n’est pas la question.

C’est utile.


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2007/11/30 23:53

Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Mes impressions sont ici.

YouTube - Le Maire Jean Tremblay à Il va y avoir du sport

Finalement il n’a rien dit que je n’ai pas trouvé raisonnable… Et en plus, je dois avouer que je le trouve assez sympathique. Je me sens obligé de le rayer de ma liste de radi-cathos.


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2007/11/30 19:51

Mes excuses au capitaine

Capitaine Virgil,

Je t’estime énormément, je lis et j’apprécie ton blogue… tu es parmi mes préférés.

Mais je suis en train de faire ma première rencontre avec ton nemesis, le maire de Saguenay, Jean Tremblay… il est l’invité à Il va y avoir du sport ce soir.

Je suis désolé, mais…

Je le trouve hyper sympa!

…et pas déraisonnable.

Ajout: Zut!!! J’allais mettre l’extrait dont je parle sur YouTube, mais je viens de faire une bourde et j’ai scrappé le fichier source. Ça ira à la rediffusion de dimanche, si j’ai le temps.

Re-ajout: Hmmm… si seulement je pouvais dire que j’en ai fumé du bon. Je viens de me rendre compte que je n’aivais pas, comme je le croyais, supprimé le fichier source… Enfin. L’entrevue sera en ligne sous peu.


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2007/11/29 21:20

Where are the « angryphones »?

…Pas à la commission Bouchard-Taylor

21:20

J’écoute Le Téléjournal à RDI et selon les premières nouvelles du seul forum régional en anglais (toujours en cours) de toute la commission, tout est amour et tolérance ce soir.

On dit qu’on assiste à une série de témoignages dont le message est que les Québécois francophones ne sont pas du tout racistes… qu’ils sont super-tolérants… qu’il n’y a pas de problème ici et que cette commission est inutile ou, au pire, nocive au bon climat qui règne.

Ce qui confirme la thèse que nous assistons en fait à un psychodrame interne à ce fameux «nous» qui, au fond, n’a pas grand chose à voir, avec l’«autre».

We are just too damn self-conscious.


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2007/11/24 13:08

La première étoile de la soirée…

…m’a été accordé par Rima Elkouri de La Presse dans sa chronique de ce matin sur le premier forum public de la commission Bouchard-Taylor à Montréal qui s’est tenu mardi dernier dans «le très multiethnique quartier Côte-des-Neiges».

Voici comment elle termine son papier:

Il y a eu aussi ce jeune homme, Alain Berger, qui s’est décrit comme un Québécois de racine canadienne-française vivant dans Côte-des-Neiges. Il a demandé ce qui était arrivé à la culture d’ouverture dont il croyait être l’héritier avant de suggérer aux commissaires d’accorder plus de poids à la parole des jeunes, bien différente de celle de leurs aînés qui ont mené un combat pour se libérer du joug de l’Église. «L’inquiétude exprimée par rapport aux accommodements, surtout par la génération qui me précède, j’aimerais y répondre en disant : votre combat est fait. Maintenant, nous, on va s’occuper de l’intégration. On a une façon de faire qui est accommodante, justement.»Je pense que ce jeune homme a mis le doigt sur un élément-clé souvent éclipsé dans ce débat. Plus qu’une guerre de mots opposant le «Nous» au «Eux», le conflit est surtout générationnel au sein même du Nous majoritaire. C’est la seule chose qui me rassure dans ce débat qui tourne en rond.

Je lui accorde la première étoile de la soirée, ex aequo, disons, avec le monsieur du Bangladesh qui n’a jamais lapidé sa femme.

Ma prestation est ici.

Je suis plus que flaté.

Sauf que si on ajoute ça à cet article de Stéphane Baillargeon du Devoir… Continuer la lecture…pour quelqu’un comme moi qui souffre déjà de façon naturelle du syndrôme de la tête enflée, ça commence à devenir dangereux…Mais narcissisme à part, je lève mon chapeau à la chroniqueuse qui, à mon avis, transmet très bien l’atmosphère généralement «bon enfant» de la soirée, malgré «quelques discours troublants».Puis ce passage est un bijou:

Comme partout ailleurs, les gens se présentaient en disant leur nom, un nom à traits d’union ou pas, qui remonte parfois jusqu’en 1534. Et, comme partout ailleurs, on notait la même tendance à trembler en tenant sa feuille d’une main et le micro de l’autre. Nous n’avons pas, ici plus qu’ailleurs, peur des étrangers. Mais pour ce qui est de la peur de prendre la parole en public, il semble y avoir consensus.

Elle retiens plusieurs des même moments forts que Valérie Dufour du JdM dont j’ai déjà souligné l’article.

Un de mes préférés:

Un immigré qui vit ici depuis peu a dit qu’il n’y avait que deux choses qui le dérangeaient au Québec: «La semaine dernière, la Ville de Montréal a remorqué ma voiture. Et il n’y a pas assez de matches de foot à la télé.» Sur un ton plus sérieux, il a ensuite réclamé que seuls les accommodements qui ne coûtent rien à la majorité soient accordés.

Et celui-ci:

…on a surtout eu droit à des plaidoyers d’ouverture et à quelques éclats de rire. Un homme originaire du Bangladesh a commencé son discours en déclarant: «Je voudrais dire que je n’ai jamais lapidé ma femme.» Il est ensuite passé à l’anglais pour inviter les immigrés à apprendre comme lui le français.

Je suis vraiment content de voir que l’atmosphère et le sentiment général de la soirée ait été souligné dans les trois principaux journaux. Ça fait contraste à cet article de Lia Lévesque de la Presse Canadienne qui a été repris un peu partout, dont Cyberpresse et Canoë… et qui ne met l’accent presque entièrement que sur les aspects négatifs de la soirée.

Et surtout, ça fait contraste la couverture de The Gazette qui n’ont mis l’accent que sur la xénophobie et le conflit linguistique.

Je ne dis pas que ce conflit est inexistant ou qu’il n’en fut pas question, mais ça n’était vraiment pas le thème de la soirée. Je reprends là-dessus Mme. (Mlle?) Elkouri qui souligne ceci:

Les médias ontariens parlent davantage de nos controverses ethniques que des leurs. C’est sans doute moins compromettant. Mais comme le soulignait le conseiller municipal Marvin Rotrand, qui a pris la parole au forum public de Côte-des-Neiges, il ne faudrait surtout pas croire tout ce qu’on raconte. «Vous lisez des grands titres sur le Québec. Ça ne reflète pas le Québec», a-t-il dit en s’adressant à ses compatriotes anglophones. Il a été applaudi. Mais a-t-il été entendu par ceux à qui il lançait ce message? Je n’ai vu ses propos repris par aucun journal anglophone le lendemain.

Marvin Rotrand est un politicien municipal très connu et aimé dans la communauté anglophone montréalaise. Il fête, cette année, 25 années consécutives comme élu municipal, un exploit. Mais même The Montreal Gazette n’a pas voulu citer son message d’ouverture envers les francophones.

Shame on you, Montreal Gazette.


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2007/11/22 19:10

Cri du coeur

Je ne veux pas vivre dans une société laïque…
Je veux vivre dans une société libre!!!


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