Hier soir je vous livrais cette horrible pièce de paranopagande évocatrice de 24 qu’ont produit les républicains pour protester contre l’expiration du “Protect America Act”.
Encore une fois, pour bien comprendre le fond des choses, il faut demander aux libertariens.
Ah ben… je l’avais pas vu évoluer, celle là… Ça l’air que l’ancien ministre péquiste Jacques Brassard qui n’a jamais eu la langue dans sa poche s’est donné comme mission ces dernières années de combattre le réflexe anti-Bush primaire des québécois.
Bon. Moi, je n’ai pas de problème à l’idée de combattre l’anti-américanisme primaire de mes concitoyens, il m’horripile aussi. Je n’ai pas de problème non-plus à mettre toutes les bémoles du monde en parlant des républicains (et même, parfois, de l’administration Bush) et à combattre leur démonisation systématique et grossière qui coule si facilement chez nous et qui, si elle était dirigée envers un groupe ethnique, releverait du plus pur racisme. J’ai moi-même déjà eu des sympathie républicaines… j’aurais voté systématiquement pour le parti de Reagan… j’appuyais Bush père en 88, j’aurais probablement voté Perrot en 92… mais j’appuie sytématiquement les démocrates depuis 96*. Bill Clinton m’a convaincu que les démocrates étaient réconciliés avec le libre-marché, mais surtout, j’ai été trop effrayé par la montée de la droite religieuse chez les républicains. Comme plusieurs ex-républicains je pourrais dire que ce n’est pas moi qui a quitté les républicains, ce sont les républicains qui m’ont quitté.
J’aime profondément les États-Unis d’Amérique. Je ne suis pas gêné de le dire, l’amour que je porte pour cette culture n’a d’égal que celui que je porte pour la mienne qui lui ressemble plus qu’elle ne l’admet. Et j’affirme sans ambages que la déclaration d’índépendance et le préambule à la constitution forment le plus important document politique de l’histoire de l’humanité à ce jour.
C’est de cet amour et cette conviction qu’est puisé ma profonde colère envers l’administration Bush… et l’intense anxiété que je ressens pour chaque minute de pouvoir qui lui reste. L’administration Bush est un concentré des pires éléments et factions des administartions Nixon, Ford, Reagan et Bush père… (a kind of perfect storm) et ils ont transfiguré la constitution et l’esprit qui animait ceux qui l’ont écrite en créant une présidence impériale ayant l’autorité de suspendre les droits d’habeas corpus pour quiconque elle soupçonne “d’intentions terroristes”… Ils ont, en somme, créé un “crime de la pensée” sans recours judiciaire!
“Freedom is the freedom to say that two plus two make four. If that is granted, all else follows”
- George Orwell, 1984
Ajoutez à ça l’autorisation explicite d’actes de torture et une guerre étrangère non-existentielle et on s’approche dangereusement de tout ce contre quoi cette nation fut fondée.
“The means of defense against foreign danger historically have become the instruments of tyranny at home.”
-James Madison
…
C’est vrai qu’on a l’anti-américanisme et le réflexe go-gauchisant facile, ici au Québec. Pas mal trop à mon goût à moi aussi. Mais en reprenant aveuglément chez-nous, les thèses d’une idéologie dont les huit dernières années racontent l’histoire de son tragique chant du cygne et de son discrédit le plus abjecte, M. Brassard continue le tort irréparable qu’elle a fait, toute bien intentionnées et nobles soit ses intentions, à la réputation (et surtout à l’âme) de ce pays…
Je continue à ne pas comprendre que notre droite naissante semble incapable d’assimiler les leçons des échecs de ses modèles américains.
…
Au début, quand j’ai démarré ce blogue et que je me familiarisait avec le coté droit de notre sphère, j’ai assez gratuitement comparé Antagoniste.net à du Cato Insttute réchauffé et Kwebek au très conservateur Heritage Foundation. C’était avant de mieux les connaître… j’avais aussi ajouté à la blague que je m’attendais à tout moment de voir un néo-con apparaître pour me servir du AEI.
Je ne pensais juste pas que ce serait Jacques Brassard!
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*J’ai flirté avec l’idée de reconsidérer les républicains de George W. Bush au début de la campagne de 2000… pendant 0,023 secondes.
La politique ne se joue plus comme avant. Internet change la donne. On en a eu un apperçu en 2004 avec le phénomène Howard Dean… des levées de fonds sans précédent… composées de petites contributions spontanées venant de gens de toutes les strates qui viennent visiter le site du candidat et y faire un contribution de leur propre gré, parce qu’ils y croient… un enthousiasme communicateur que l’on qualifie aujourd’hui de viral. À l’époque de Dean, la pénétration de la culture Internet dans la société était encore telle que le phénomène était réservé à une poignée de “early adopters”… encore à ses premiers pas, il n’avait pas encore la masse critique nécéssaire pour soutenir une longue campagne. Le journaliste Tim Russert à son émission d’aujoud’hui: “En 2004, quand je suis allé en Iowa et que j’ai vu tous ces jeunes deaniacs avec leurs tuques oranges, très peu d’entre eux était de l’Iowa. Ces jeunes avaient été expédiés à partir d’autres états [pour venir travailler sur sa campagne]. Cette année, je suis retourné en Iowa et les jeunes qui faisaient tourner la campagne Obama étaient tous des jeunes du terroir.”
Je postule aujourd’hui qu’Internet cré un nouveau phénomène puissant et incontournable en politique électorale, la prime à l’enthousiasme… ou la prime virale. (Il y a surement un meilleur nom, mais ça ne me viens pas. Je suis ouvert aux suggestions… n’importe quoi qui ne contient pas “2.0″ dedans, c’est trop facile et ça sera dépassé d’ici deux ans.)
Cette prime ne se gagne pas à coups de politiques compréhensives dans son programme ou à la façon de l’ère des grands médias, en parlant la langue de clip et en tapant à répétion sur les même sept où huit mots clés qui définissent l’essentiel de son message tel que distillé par la firme de marketing. Ces éléments demeurent tout de même essentiels à la victoire, nous sommes encore dans un monde de grands médias… et ça va prendre encore un renouvellement de génération avant que la culture webisée pénètre complètement et qu’on commence à en saisir l’ampleur des effets et des possibilités. Mais au matin du 21e siècle, si un candidat veut arriver à profiter de l’énorme avantage que procure cette prime, il doit arriver à conjuguer ces techniques avec l’ingrédient essentiel qui permet d’y acceder: Capturer l’imaginaire de l’électeur… faire appel à la partie de son âme qui le poussera à vouloir participer… à vouloir contribuer… ne serait-ce qu’en cliquant sur un lien de plus.
Cela donne un certain avantage aux campagnes idéalistes (de tout accabit) qu’elles n’avaient pas avant. Autrefois, cet idéalisme, cet appel à l’élan de l’âme finissait toujours par s’écraser contre la redoutable efficacité de l’inévitable machinerie cynique d’un système de diffision d’information de masse hyper concentré. Mais aujourd’hui, grâce à la puissance et la facilité d’accès d’un simple clic, grâce à cette toute nouvelle façon de diffuser l’information qui laisse tout passer et qui permet la coalescence de toutes les sensibilitées, cet élan de l’âme trouve un exutoir, un endroit pour s’organiser… se définir… un endroit pour prendre forme lui donnant une masse critique telle qu’il est ignoré par “la machine” à ses propres risques. Le candidat qui réussit à faire appel à cet élan détient un avantage redoutable sur celui qui ne l’a pas… tout machiné soit-il.
Ceci dit, la prime virale à elle seule ne suffit pas. Le problème des républicains cette année est que de leur coté, elle a été entièrement capturée par Ron Paul qui ne possède ni programme compréhensif (responsable) ni la capacité de jouer le jeu encore nécéssaire des grands médias, mais qui a réussi à toucher la corde sensible de la valeur qui conjugue le plus noble élan de l’âme des sympathisans républicains: La liberté. Tant que le parti républicain d’aujourd’hui ne se réconcilie pas avec cette valeur et ce qu’elle signifie au 21e siecle, sa part possible de la prime demeurera orpheline.
Mais si l’on réussit, comme l’a fait Barack Obama, à conjuguer programme et habileté à faire la clip avec la capacité de faire vibrer les cordes sensibles de l’âme de ”la frange branchée” de la population, on devient très difficile à battre.
Comment saisir qu’un candidat n’a pas capturé la prime? Je vous laisse sur une réflexion de la journaliste Norah O’Donnell que j’ai entendue à la télé aujourd’hui:
“Ça m’a frappé que dans ses discours, Hillary Clinton répètait encore: “…et visitez mon site web à www.hillaryclinton.com…” et je me suis dit: Ça fait vraiment an 2000, ça. Qui aujourd’hui, s’il veut obtenir plus d’information sur le candidat, a encore besoin de se faire dire comment faire?”
“You don’t count out a Clinton until the last of the final credits rolls up the screen.”
- Eugene Robinson du Washinton Post, à l’émission Tim Russert, expliquant pourquoi les médias n’ont pas encore déclarés que Clinton était finie.
David Brooks n’en est pas certain… mais il peut vous dire pourquoi.
Ça l’air que son cercle intime de conseillers est composé depuis très longtemps de deux camps qui se haïssent à mourrir. C’est à dire… jusqu’à l’expulsion d’un des deux camps l’été dernier, alors que la campagne était mourante et que les analystes disaient tous que c’en était terminé pour John McCain.
Mais la fissure est si vieille… si pourrie… qu’elle continue de sous-tendre toutes les intrigues d’arrière scène.
Dixit Brooks:
But the rift is like some primal sore. It affected every conversation I had Thursday, as it has infected McCain efforts again and again over the past many years.
Pendant ce temps, Obama gère une des campagnes les mieux organisées qu’on ait vu de notre vivant. (Whatever you say about his experience, the man’s been running a tight ship… and steering it to port)
Quand la cheerleader principale de la droite en est rendue là…
Inasmuch as the current presidential election has come down to a choice among hemlock, self-immolation or the traditional gun in the mouth, now is the time for patriotic Americans to review what went wrong and to start planning for 2012.
C’est la phrase qui a soutiré les houlements de la foule.
Du changement qu’on peut photocopier. Une allusion autant à la rhétorique vide qu’aux allusions récentes de plagiat dans ses discours. (Obama venait pourtant de parier la question en indiquant que la personne à qui il est accusé d’avoir piqué des passages est un de ses présidents nationaux de campagne (national campaign chair) qui lui avait suggéré de les utiliser. En quoi y a-t-il plagiat?)
Obama n’a pas brillé plus que ça, mais Clinton avait besoin d’une bien meilleure performance si elle veut renverser la vapeur…
Comme je vous disais dans mon dernier billet, Clinton a cité l’évenement du politicien texan qui ne pouvait énumérer les accomplissements législatifs d’Obama… j’écoutais d’une oreille distraite, mais pour les 10 ou 20 minutes suivantes, Obama a soutiré des applaudissements qui ont mulitplié par au moins cinq le niveau de décibels auquel on était jusque là habitués…
Puis, Clinton s’est fait hué quand elle a à nouveau voulu attaquer Obama…
Elle s’est fait hué.
Je ne crois pas que ce soit encore arrivé en 19 (!) débats.
J’avoue que comme tous les partisans d’Obama j’ai pas mal grincé des dents quand j’ai été témoin de ceci quelques minutes avant la fin de la soirée d’élection mardi soir dernier à MSNBC. Le pauvre gars a été complètement happé par Chris Matthews. C’était pathétique… et ça n’a rien fait pour le meme (unité d’information culturelle sans égard à la vérité) qui dit qu’Obama n’est qu’enthousiasme et jolie prose… et qu’il n’a rien accompli qui puisse démontrer sa capacité à diriger le pays. Que nous sommes face à une “bulle” comme dit l’Antagoniste.
Mais Bon. C’est pas parce qu’un politicien local (il s’agit d’un sénateur d’état qui siège à la chambre du Texas, pas d’un sénateur national comme David le sous-entend par omission dans son billet) frappe un blanc à minuit moins cinq sur une chaîne cablée nationale que ça règle la question.
Je ne vous en aurais pas parlé… (comme tout partisan d’Obama, c’est un moment que je préfèrerais oublier) mais puisque l’Antagoniste le relève pour soutenir sa thèse, je me sens obligé de corriger le tir.
Tout d’abbord, voici ce que le sénateur texan en question a écrit sur son blogue le lendemain matin:
So . . . That really happened.
On Tuesday night, after an important and historic victory in the Wisconsin Presidential Primary by Senator Barack Obama, I appeared on the MSNBC post-election program. “Hardball” host Chris Matthews (who is, it turns out, as ferocious as they say), began grilling me on Senator Obama’s legislative record.
And my mind went blank. I expected to be asked about the primary that night, or the big one coming up in Texas on March 4, or just about anything else in the news. When the subject changed so emphatically, I reached for information that millions of my fellow Obama supporters could recite by heart, and I couldn’t summon it.
My most unfortunate gaffe is not, in any way, a comment on Senator Obama, his substantial record, or the great opportunity we all share to elect him President of the United States.
Ensuite, voici ce qui s’est passé le lendemain, à l’émission de Chris Matthews où il a donné l’opportunité à une sénatrice nationale, Claire McCaskill du Missouri, partisane d’Obama, de venir défendre ses accomplissments au sénat américain. (La distinction est importante car cela en fait une collègue d’Obama. C’eut été grave si c’était le cas du texan, mais ce n’était pas le cas.)
On ne parle ici que de ce qu’il a accompli dans le peu de temps qu’il a été au sénat américain, sans mentionner ce qu’il a fait en Illinois.
…
Note: Au moment où je vous écrit, Mme Clinton vient de citer l’évenement pour attaquer Obama au débat de ce soir.
…
Mais sans même parler de ses accomplissements, je vous invite à visionner ceci où un interviewer sceptique de droite déterminé à pieger de la même façon un jeune partisan d’Obama se fait avoir…. puis à lire le commentraire de Sullivan sur l’évenement. (J’ai publié avant lui, nia nia nia!)
En terminant, je vous invite à lire ce papier de Sullivan publié avant les fêtes qui explique très bien le potentiel réel représenté par sa candidature.
C’est dans le topo du fil de l’Associated Press ce soir.
Sa neuvième victoire en ligne. Et il gruge et surprend dans toutes les strates qui sont supposé être sa force à elle.
Je ne suis pas encore prêt a déclarer victoire… les Clinton ont le don de surprendre. Mais il devient de plus en plus difficile de voir comment il vont faire. Le Texas et l’Ohio sont supposé être le coupe-feu qui arretera la vague Obama. Mais au Texas, où Obama a donné son discours ce soir, il en est déjà à une marge d’erreur de la dépasser. Dernier espoir, les débats. Il y en aura deux d’ici là. C’est sa force à elle… sauf qu’il s’en tire beaucoup mieux à deux.
Je reproduis ici un commentaire que j’ai laissé en réponse au toujours cinglant Antagoniste dans mon billet précédent et qui s’est avéré plus long que prévu (comme c’est souvent le cas). Il représente bien mon opinion de cet amusant petit candidat qui surfe sur une vague qu’il a aidé à déclencher, mais qui le dépasse de loin:
J’aime bien Ron Paul… je le trouve sympa, il rappelle aux républicains ce qu’étaient autrefois leurs “valeurs fonadamentales” …ce même esprit qui m’a séduit dans les années 80… avant qu’ils ne deviennent le parti de la bible et la présidence impériale.
Mais quand-même, j’ai toujours dit qu’il n’était pas à prendre au sérieux. (gold standard… pff… why not go back to the stone age?) Et une présidence Ron Paul serait, concrètement, un pur désastre. (Quoi que si on y pense bien… sa vision minimaliste du rôle du président donnerait une présidence tellement faible qu’il ne parviendrait pas à accomplir la moindre portion de son plan pour démanteler le gouvernement fédéral. Nous aurions, à toute fins pratiques, quatre années de rule by congress, tout le pouvoir retomberait entre les mains des deux cahmbres législatives… C’est ce que les pères fondateurs avaient originalement en tête, mais serait-ce une bonne chose?
Je pose sincèrement la question.
Mais tout ça est académique. Dieu merci, il n’a aucune chance (he’s just too weird).
Sauf que le phénomène qu’il représente n’est pas rien. Toute l’énergie de droite libertarienne latente qui subrebtissement s’accumule (et continue à évoluer) sur Internet (et dont tu fais nettement partie, à ta façon) s’est soudainement canalisé autour de ce drôle de petit bonhomme qui crie liberté sur toute les tribunes…
Ron Paul, n’est qu’un phénomène passager… mais ce qui s’est passé autour de sa candidature est, selon moi, le début de quelque chose qui est appelé à évoluer… je trouve cela fascinant.
C’est ironique… à l’époque où je me considérais libertarien, le mot était encore rarement prononcé en dehors des cercles de sciences politiques américains et même là, il évoquait des images de conférences de moonbats amateurs et marginaux (ce qui n’est pas entièrement faux) et n’était pas très pris au sérieux. Moi-même, il m’arrivait rarement de m’y référer pour décrire ma philosophie politique qui pourtant, à l’époque, y correspondait presqu’en tout point.
Je ne suis plus un pur “anarcho-capitaliste”, comme j’aimais le dire à l’époque… et ce, depuis longtemps (on ne peut pas faire abstraction de l’importance du capital social et ça, c’est une toute autre paire de manches) sauf que je suis vraiment émereveillé de voir le chemin qu’ont fait les idées et …la sensibilité libertariennes dans les 30 à 40 dernières années… et à quel point Internet s’est révélé central à cette expansion.
…Même si ce n’est pas encore completement réglé au niveau de l’image (voir Ron Paul et ses partisans).
Je ne sais pas où tout ça s’en va, mais je crois que ça ne fait que commencer.
Et en attendant, cet amusant petit bonhomme qui réussit à amasser des fonds digne d’un frontrunner est vraiment amusant à voir aller et réchauffe le coeur de cet ancien incondionnel de la liberté individuelle et de la magie des marchés.
Looking for something to hang on the wall that says you’re politically savvy, freedom-loving, and have great taste in hot women? Want to pick up a unique gift for the holidays for some one who has everything, except a great pin-up calendar filled with Ron Paul quotes and prominent female Ron Paul activists? This is it!
C’est la nouvelle formule d’Obama dans son discours de victoire ce soir… il l’a répété plusieurs fois à des endroits où l’on se serait attendu à entendre “Bush-Cheney”.
Ce n’est pas si ingénieux, mais le fait qu’il l’ait dit avant Clinton est un bon indicateur de qui est le plus confiant à ce stade-ci.
“He’s proven that white men can jump… to a black canditdate”
- Andrea Mitchel. Journaliste à NBC (et épouse d’Alan Greenspan) commentant les majorités d’Obama chez les hommes blancs dans les votes d’aujourd’hui.
Un très estimé lecteur a fait un commentaire aujourd’hui qui a finalement mis en mots une réflexion qui me ronrone dans le fond du crâne depuis que j’observe (non sans espoir) la montée de cette nouvelle droite conservatrice de chez nous que d’aucuns ne soupçonnaient l’existence il n’y a de ça que cinq ans dans le paradis social-démocrate que l’on croyait (à tord) faire notre distinction.
Il s’agit de M. Bergeron, un américain résident de la Californie qui répond au Dissident, ce (nouveau?) blogueur de chez nous qui tire nettement à droite.
Ronald Reagan est mort, [le] conservatisme a échoué, le parti républicain est divisé. Les gens les boudent, parce qu’ils n’ont pas d’idées nouvelles à répondre à nos besoins et nos problèmes c’est toujours la même chanson: moins de gouvernement (sauf dans le bodoir), moins de taxes pour les riches (alors que le fardeau remue aux travailleurs de la classe moyenne), plus de dépenses militaires pour les guerres glorieuses, plus de moralisation à faire Jésus vouloir vomir, pour le reste vous êtes seuls, “you’re on your own!”
Puis en terminant, il fait référence au fait que notre ami Dissident semble s’être approprié certains des symboles de Batman:
Mathieu, je crois pas que vous ne trouverez pas un plus grand libéral (au sens américain) que Bruce Wayne, c’est l’exemplar sans pareil du “Limousine Liberal.” I’m sure the irony is not lost on you, since you call yourself the “Dissident”, even though your side is currently in power, both in Canada and here in the US. Bush isn’t gone yet.
…
Ce n’est pas sans un certain plaisir et soulagement que j’ai constaté que nous avions une droite (plus ou moins) cohérente dans ma nation. Qu’une certaine alliance était possible de ce coté du paysage entre le pôle de Calgary et celui de Québec (qui se découvre à peine) afin de contrer l’hégemonie étatiste et centralisatrice du parti qui prétend définir l’âme même du pays depuis 1967. C’est vrai qu’aujourd’hui, la droite vit une certaine heure de gloire ici… et on a nettement l’impression qu’on en est encore qu’au début.
Pour ma part, je suis loin de m’en désoler. J’ai passé ma vie dans une société qui penchait universellement à gauche, pendant qu’on se divisait entre souverainistes et fédéralistes… Ce n’est pas sain. Les éléments bénéfiques des courants de droite (il y en a) n’ont pas encore assez eu la chance de faire effet à mon goût sur ma société. Pour quelqu’un qui se targuait d’anarcho-capitaliste en 1987 (j’étais jeune, j’ai beaucoup évolué depuis, mais quand-même), je regarde la montée de la droite politique et je dis: Y était temps!
Sauf qu’en tant qu’amateur de la politique américaine, je partage entièrement l’analyse de mon lecteur. La droite conservatrice américaine est épuisée… dogmatique… finie.
Elle est dûe pour une bonne traversée du désert.
Je regarde notre droite à nous se péter les bretelles… ces gens semblent encore tout à fait inconscients des nombreux endroits où le projet américain sur lequel ils fondent leur démarche a complètement échoué. Je les voit partout répéter les mêmes erreurs et semer le même poison corrosif qui a fini, à force de contact, par s’introduire jusque dans l’âme du mouvement américain qui s’en servait. Jusqu’a ce qu’il devienne la caricature grossière et tristement réelle que nous décrit M. Bergeron.
Les conservateurs (petit c) d’ici se sentirons bien seuls dans le monde ante Bush… et ils ne dureront pas longtemps s’ils persistent à émuler un mouvement moribond plutôt que d’adapter leur idéologie (et surtout leur approche) au 21e siécle et à un monde qui s’apprête à s’axer nettement sur le progressisme.
Étant donné l'inutilité de cette élection, l'absence abjecte de contenu de la campagne et l'épuisement évident des grands partis, Le Petit Émerillon appuie les candidats suivants dans leurs circonscriptions respectives...