2009/04/29

Comment céder le terrain à ses adversaires

Ta-Nehisi Coates, blogueur progressiste “de gauche”, commente la réaction républicaine au départ d’Arlen Specter:

Michael Steele’s statement on Arlen Specter deserves a hard look:

Some in the Republican Party are happy about this. I am not. Let’s be honest-Senator Specter didn’t leave the GOP based on principles of any kind. He left to further his personal political interests because he knew that he was going to lose a Republican primary due to his left-wing voting record. Republicans look forward to beating Sen. Specter in 2010, assuming the Democrats don’t do it first.

This is an amazing statement when you think about it. Steele is basically arguing that the left-wing stretches from from Dennis Kucinich to Arlen Specter. That’s quite the big tent–and it’s being pitched by the head of the Republican party. It’s based on the notion that you can just say “liberal,” “socialist,” “lefty” 100 times and then say “Vote for me!” I know a lot of us think people are that stupid, but they aren’t. And they especially aren’t in these times.

En d’autres mots, à force de taxer de gauchiste et d’étatiste tout ce qui déroge le moindrement peu de la pureté idéologique étroite à laquelle ils s’accrochent, les républicains/conservateurs élargissent par défaut l’espace disponnible à la coalition adverse.

Après 30 ans d’ascendance (pour le mouvement conservateur américain), c’est un peu normal… C’est le lot de tout mouvement de commencer en ayant quelque chose d’important à dire et de finir dans le sectarisme étroit de l’idéal original… Les idéaux ne se réalisent jamais pleinement dans le réel (c’est là un principe central du conservatisme selon moi), une fois qu’ils ont fait tout le chemin possible, les mouvements qui les portent deviennent superflus et ceux qui préferent la pureté de l’idéal au résultat forcément mitigé et incomplet de son application sont condamné à s’ossifier dans le dogmatisme, la répétition et le rituel (saint marché délivrez nous de l’état).

Ce que je ne comprend pas, c’est que notre mouvement conservateur naissant bien à nous (qui a selon moi, au niveau de la société québécoise, quelque chose d’important à dire) semble déterminé à sauter l’étape de l’ascendance pour tout de suite passer à l’étape stérile du refuge platonicien.

C’est pas très “winner”.

Note: Le dernier lien ne fait pas référence au billet de Brian, mais au commentaire d’un lecteur.


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2 commentaires sur “Comment céder le terrain à ses adversaires”


  1. Abdul-Rahim dit:

    Pour moé, cette épisode avec M. Specter, seul montre que les Démocrates et Républicains sont du même.


  2. Aigo dit:

    Ce que je trouve affligeant dans le paysage idéologique québécois, c’est que notre gauche a la tête en France et notre droit a la tête aux États-Unis. Or, c’est le contraire qu’il faudrait.
    Il en résulte que nous assistons à l’affrontement de deux blocs idéologiques moribonds et que s’il y a place au dynamisme intellectuel au Québec, ce n’est pas en politique.
    Je trouve souvent que le Québec est chanceux de se situer à la frontière socio-culturelle entre le monde français et l’anglo-américain. Mais dans ce cas précis, on a le pire des deux mondes.

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