Archives du 22 April 2009

2009/04/22 23:59

Quand la science et la politique essaient de se parler

…ce n’est pas toujours beau.


Billets similaires

2009/04/22 20:08

Citation de la semaine

I love the Internet. Can you imagine what those thugs would have gotten away with without it?

C’est Andrew Sullivan qui commente le clip qui suit où un internaute met en musique un extrait du mémo (à Radio-Can aujourd’hui on disait “note de service”) de l’avocat Jay Bybee (aujourd’hui juge) détaillant les “justifications légales” des techniques permises pour l’interrogation de suspect terroristes sous l’administration Bush:

God bless the Internet.

Ajout 21h50: Je viens de faire un tour sur le site du gars qui a produit le clip (son nom est Jonathan Mann) et c’est vrai, il écrit et publie une chanson par jour, tous les jours. Bon. Elle ne sont pas toutes géniales… mais quand même, une toune par jour, faut le faire! Et on y trouve quand-même certains bijoux. Comme cette ode à l’économiste Paul Krugman pour laquelle il s’est fait remarqué dernierment, celle-ci sur les “zombie banks” (on voit bien l’influence Krugman) est vraiment pas pire non-plus… ou encore celle-ci sur la criminalisation du cannabis.

Un blogue politico-social… en chanson!

Je me répète: God bless the Internet!


Billets similaires

2009/04/22 00:58

Blogues: dictateurs et parasites

Ceci est une réaction à ce billet de Louis Préfontaine, dit L’Électron Libre, qui se plaint d’un blogueur en particulier et d’un style de blogue en général qui lui “tape royalement sur les nerfs” et qu’il nomme le “blogue parasite”

Avant tout je tiens à souligner que Louis critique le blogueur sans le nommer. (”pour ne pas le stigmatiser” dit-il)… En tant que lecteur, je trouve cela infiniment frustrant et prétentieux de sa part. Il présente à ses lecteurs le travail d’un autre blogueur comme “parasitique” sans nous donner accès à la source. Désolé, mais selon moi, dans l’univers de sérieuse réflexion et discussion auquel il semble aspirer, cela est tout à fait inacceptable, ça ne se fait pas. “Oser se mouiller et assumer ses opinions”, comme il enjoint l’objet de sa critique à le faire, c’est aussi se soumettre au désaccord potentiel de ses lecteurs en leur donnant accès à des exemples de ce que l’on critique afin qu’ils puissent former leur propre opinion. Autrement, ça suggère un certain manque de courage intellectuel.

Mais bon. Comme je ne sais pas de qui il parle je ne peux que commenter l’idée que je me fait du style de blogue qu’il décrit.

Mon problème est que plusieurs des traits qu’il décrit comme indigne d’un blogue qui se respecte sont soit des traits que je recherche chez certains en tant qu’amateur de blogues, soit des traits auxquels j’aspire moi-même en tant que blogueur.

Si j’avais vraiment le temps de m’y consacrer comme je voudrais (c’est-à-dire du matin au soir, ce qui est très, très loin d’être le cas… soupir), la majorité du contenu de ce blogue serait du genre qu’il déplore: concis, rapide, fréquent, collé sur l’actualité, commentant et liant vers tout ce que je croise d’intéressant dans la sphère… tout en étant traversé d’une ligne directrice qui exposerait à la longue les fondements de ma pensée (toute confuse et contradictoire soit-elle). Ce qui n’empecherait pas pour autant l’occasionnel billet plus étoffé lorsque l’inspiration ou le besoin se fait sentir.

C’est justement un des aspects que j’apprécie le plus de ce pionnier de la blogosphère qu’est Andrew Sullivan. En plus d’exposer une pensée politique qui résonne souvent profondément avec la mienne, avec son style hyperactif sans pareil (souvent plus de trente billets par jour), il agit aussi comme agrégateur de tout ce qui se dit et de tout ce qui vaux la peine d’être lu dans la sphère idéo-politique américaine. C’est un service d’une grande valeur pour moi qui est intéressé, ouvert et curieux de tout ce qui se dit d’un bout à l’autre du spectre idéologique.

En fait, c’est ce que je trouve le plus frustrant du fait que Louis ne nomme pas le blogueur en question. C’est que j’aimerais bien trouver quelques blogueurs d’ici qui rempliraient la même fonction et celui dont il parle me semble un bon candidat.

Mais là où je trouve qu’il se goure le plus, c’est lorsqu’il souligne ceci:

Pose beaucoup de questions mais possède rarement même l’ébauche d’une réponse. Il pose beaucoup de question, mais il ne cherche pas à y répondre.  Poser une question, ça permet de laisser les autres tenter d’y répondre.  Bref, encore une fois, on prospère sur l’énergie créatrice d’autrui.  Poser une question et émettre ensuite une hypothèse sérieuse basée sur un discours articulé, voilà qui est hors de question pour le blogueur-parasite.

Mes amis, le jour où j’aurai le sentiment d’avoir plus de réponses à vous offrir que de questions à vous poser, sera le jour où j’arrêterai de bloguer et de lire des blogues. Je n’y verrai plus l’intérêt.

Ma motivation principale dans la blogosphère est justement de poser des questions afin de nourrir ma réflexion. Et rien ne la nourrit mieux que les rares fois où j’arrive à poser une question qui provoque une discussion ou qui fait réagir dans les commentaires. C’est à ces moments (aussi rares soit-ils) je trouve que mon blogue a sa raison d’être au delà de l’outil de masturbation intellectuelle personnel qu’il est la plupart du temps.

Cela fait-il de moi un parasite?

Peut-être.

C’est drôle, mais c’est quelque chose que j’ai l’impression de ne croiser que dans notre petite sphère à nous… Il semble que certains de mes compatriotes blogueurs ont une idée plutôt arretée de ce qui constitue ou non un “vrai” blogue… et se donne l’autorité de dicter la formule aux autres et de condamner ceux qui dérogent.

C’est une attitude face à la sphère qui me semble plutôt… dictatoriale.

Mettons les choses au clair: Un blogue est un site Web auquel on ajoute du contenu à intervalle plus ou moins régulier (sans remplacer le contenu précédent) présenté sous forme chronologique inverse.

C’est tout. Rien d’autre.

Il n’y a strictement aucun critère au niveau du contenu qu’on y met. (Ni même, n’en déplaise à mon ami Renart qui insiste souvent là dessus, au niveau de l’interactivité avec le lecteur) Aucune exigence de “Réfléchir, se questionner, philosopher, faire des enquêtes” comme le voudrait Louis. On y met ce qu’on veut (que ce soit des dissertations savantes ou des photos montrant l’evolution quotidienne de l’ongle de son gros orteil) et on attire vers nous ceux que ça interesse, point. Personne n’est forcé de consulter ce qui ne l’interesse pas.

Mais ce n’est pas vraiment l’approche de ce blogueur qui irrite Louis. Si on lit comme il faut, on peut aisément déceler la vraie cause de sa frustration:

Le blogueur en question est plus polulaire que lui.

Pauvre Louis, qu’un agrégateur hyperactif attire plus de monde qu’un penseur profond est tout à fait dans l’ordre des choses, ce me semble. Ils offrent un service différent, l’un est un point de départ pour se rendre aux autres. Il me semble que c’est évident.

La chose qu’il faut comprendre, c’est que l’un ne peut vivre sans l’autre. Sans le penseur, l’agrégateur n’a plus personne vers qui pointer et sans l’aggrégateur champion du réseautage, personne ne trouve le penseur.

Tu me gratte le dos, je te gratte le tiens.

Quoi? Croyais-tu que la sphère serait différente du “monde réel”? Mon pauvre, les deux sont peuplés d’humains.


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