Archives du 21 April 2009

2009/04/21 15:23

L’énormité la plus sidérante qu’il m’a été donnée de lire de toute ma vie

…est la dernière phrase plus qu’orwellienne du paragraphe suivant extrait du texte d’un apologiste des politiques de torture de l’administration Bush qui écrit dans le Washington Post aujourd’hui:

Critics claim that enhanced techniques do not produce good intelligence because people will say anything to get the techniques to stop. But the memos note that, “as Abu Zubaydah himself explained with respect to enhanced techniques, ‘brothers who are captured and interrogated are permitted by Allah to provide information when they believe they have reached the limit of their ability to withhold it in the face of psychological and physical hardship.” In other words, the terrorists are called by their faith to resist as far as they can — and once they have done so, they are free to tell everything they know. This is because of their belief that “Islam will ultimately dominate the world and that this victory is inevitable.” The job of the interrogator is to safely help the terrorist do his duty to Allah, so he then feels liberated to speak freely.

(L’emphase est de moi) 

Je répète, c’est trop gros:

“The job of the interrogator is to safely help the terrorist do his duty to Allah, so he then feels liberated to speak freely.”

En français: 

“Le travail de l’interrogateur consiste a aider le terroriste, de façon sécuritaire, à remplir son devoir [de résistance à l'interrrogation] envers Allah, afin qu’il puisse enfin se sentir libre de parler.”

C’est beau, hein? Presque… poétique. Il ne s’agissait donc pas d’interrogations et de torture, mais plutôt de “libérations” spirituelles…

Il ne reste plus qu’a rebaptiser la CIA du nom de Ministère de l’Amour.

Entre les dystopies proposées par George Orwell et Aldous Huxley à l’aube de l’ère post-moderne, j’ai toujours trouvé Le meilleur des mondes (Brave New World) de Huxley plus plausible (et probable) que la vision d’Orwell.

Mais je vous avoue que jamais Orwell ne m’a semblé aussi concret et pertinent que depuis jeudi dernier.

Je sais, je me répète, mais je ne peux m’enlever ce passage de la tête:

He gazed up at the enormous face. Forty years it had taken him to learn what kind of smile was hidden beneath the dark moustache. O cruel, needless misunderstanding! O stubborn, self-willed exile from the loving breast! Two gin-scented tears trickled down the sides of his nose. But it was all right, everything was all right, the struggle was finished. He had won the victory over himself. He loved Big Brother.


Billets similaires

2009/04/21 11:39

Rire et torture

Pour ceux qui en ont marre de voir ce clip de John Stewart (inaccessible à partir du Canada) cité un peu partout dans la sphère américaine aujourd’hui et qui voudraient bien y jeter un coup d’oeil, c’est ici.

(Vraiment, je trouve Hétu pas fort d’avoir publié un clip auquel 95% de ses lecteurs n’ont pas accès)


Billets similaires

2009/04/21 00:43

Le pardon et l’ironie

“People need freedom; but they also need the goal for which they can renounce it.” -Roger Scruton.

Il s’agit là d’une citation dont j’ai l’intention de me souvenir.

Ça vient de ce texte qui, je l’avoue, viens de donner des forces à mon conservateur intérieur dans la discussion passionnée qui n’a cesse entre lui et le progressiste post-moderne qui partage, parfois houleusement, le même espace mental.

Il s’agit d’une réflexion sur la civilisation occidentale et l’Islam. Je n’achète pas tout, j’ai de sérieux problèmes avec certains jugements portés sur la “pensée islamique” dans son ensemble. Mais je crois que ce texte touche à des questions fondamentales auxquelles l’occident aurait avantage à réfléchir plus sérieusement (quitte à en tirer d’autres conclusions que celles de l’auteur)

Forgiveness and irony lie at the heart of our civilization. They are what we have to be most proud of, and our principal means to disarm our enemies. They underlie our conception of citizenship as founded in consent. And they are expressed in our conception of law as a means to resolve conflicts by discovering the just solution to them. It is not often realized that this conception of law has little in common with Muslim sharia, which is regarded as a system of commands issued by God and not capable of, or in need of, further justification.

Que vous soyez d’accord ou non avec ce qui y est avancé, je vous promet (enfin j’espère) que vous y trouverez matière à approfondir votre réflexion.


Billets similaires