Archives du 20 April 2009

2009/04/20 16:20

4/20

Une tradition récente veux qu’aujourd’hui soit la journée internationale du cannabis. Je vais peut-être en surprendre parmi ceux qui me connaissent, mais mes sentiments sont très ambigus à l’idée d’une légalization/libéralisation tous azimuts de cette substance. L’idée de voir naître une industrie dédiée au marketing de la mari (inévitablement dirigée de façon subtile envers les jeunes) me rend très inconfortable.

Officiellement, j’appuie la décriminalisation. C’est à dire de continuer à faire du cannabis un produit interdit de commerce, seulement que ce soit une infraction qui ne relève pas du code criminel.

Mais même là… des fois je me demande si la prohibition n’est pas quand-même une meilleure solution… quitte à ce qu’elle soit appliquée différement.

Je n’avance rien de conclusif, mais regardons la chose de la façon suivante: On cite souvent la prohibition de l’alcool au début du siècle dernier comme un exemple d’échec qui n’a servi qu’à créer un système de distribution illicite et criminel. Conclusion: prohibition = augmentation de la criminalité.

Ce n’est pas faux, evidemment. Mais une chose est sûre, la denrée prohibée étant moins accessible dû à l’effort demandé pour s’en procurer, beaucoup moins d’alcool fut consommé pendant cette période. Dans cette perspective, je fais la spéculation suivante: Aujourd’hui nous savons que la consommation d’alcool est souvent un facteur important dans les incidents de violence conjugale et domestique. Malheureusement, on ne tenait pas de statistiques sur ce genre de crime à cette époque. C’était quelque chose qu’on tolérait où qu’on préférait ignorer. Mais je serais très curieux de savoir à quel point ce genre de violence a dinimué pendant la prohibition… et je me dis que dans l’hypothèse d’une baisse substantielle, j’aurais peine à déterminer quel est le plus grand des maux: Une augmentation de la violence entre éléments criminalisés dûe à la prohibition ou une tolérance de la violence domestique liée à une trop grande disponibilité de l’alcool?

Tout ça pour dire que mon idée est loin d’être aussi tranchée qu’elle l’a déjà été.

Mais toutes ces considérations volent en éclat lorsque je croise des témoignages personnels comme celui-ci.

(Je ne sais pas pour vous, mais moi, je suis fondu en larmes)

Et quant à appliquer tout ce que je viens de dire au sujet de l’alcool à la mari, je vous laisse sur cette citation d’un ex-policier qui a écrit sur le sujet récemment:

Over the past four years I’ve asked police officers throughout the U.S. (and in Canada) two questions. When’s the last time you had to fight someone under the influence of marijuana? (I’m talking marijuana only, not pot plus a six-pack or a fifth of tequila.) My colleagues pause, they reflect. Their eyes widen as they realize that in their five or fifteen or thirty years on the job they have never had to fight a marijuana user. I then ask: When’s the last time you had to fight a drunk? They look at their watches.

Mais, sérieusement les amis, toute cette diatribe n’est qu’une excuse pour vous diriger vers ce texte qui m’a tant ému.


Billets similaires

2009/04/20 16:00

The rule of law, torture and learning to love Big Brother

Il semble faire tout ce qu’il peut pour éviter cette bataille, mais je crois (je crains) qu’après ceci, elle est sur le point d’eclater malgré tout et d’éclipser les autres enjeux politiques qui trainent dans l’assiette présidentielle. On verra cette semaine… car si ça explose, ce sera cette semaine.

La publication des détails du programme de torture systématique instauré par l’administration Bush et la réticence de l’administration Obama à poursuivre le chemin du droit légal là où il doit mener me ramène constament en tête depuis jeudi dernier deux citations provenant de l’univers littéraire anglo-saxon:

Extrait de la pièce de théâtre A Man For All Seasons, de Robert Bolt, 1961:

Wife
Arrest him!

More
For what?

Wife
He’s dangerous!

Roper
For all we know he’s a spy!

Daughter
Father, that man’s bad!

More
There’s no law against that!

Roper
There is, God’s law! 

More
Then let God arrest him!

Wife
While you talk he’s gone!

More
And go he should, if he were the Devil himself, until he broke the law!

Roper
So, now you give the Devil the benefit of law!

More
Yes! What would you do? Cut a great road through the law to get after the Devil?

Roper
Yes, I’d cut down every law in England to do that!

More
Oh? And when the last law was down, and the Devil turned ’round on you, where would you hide, Roper, the laws all being flat?

This country is planted thick with laws, from coast to coast, Man’s laws, not God’s! And if you cut them down (and you’re just the man to do it!), do you really think you could stand upright in the winds that would blow then?

Yes, I’d give the Devil benefit of law, for my own safety’s sake!

Mais l’extrait qui résonne le plus dans ma tête, après avoir constaté à quel point le programme de torture américain était inspiré de techniques soviétiques visant davantage à “briser” un individu de façon à le “reprogrammer” qu’à lui faire avouer “la vérité” qu’il cache à l’intérieur, est le dernier paragraphe du roman 1984 de George Orwell:

He gazed up at the enormous face. Forty years it had taken him to learn what kind of smile was hidden beneath the dark moustache. O cruel, needless misunderstanding! O stubborn, self-willed exile from the loving breast! Two gin-scented tears trickled down the sides of his nose. But it was all right, everything was all right, the struggle was finished. He had won the victory over himself. He loved Big Brother.

D’autres exemples du parallèle orwellien ici et ici… à donner froid dans le dos.


Billets similaires