
Allo? Coucou! Y’a quelqu’un?
Pfff… Ça fait un bout que je n’ai pas mis les pieds ici… et je vois que la poussière commence sérieusement à s’accumuler.
En fait, cela reflète bien l’état de ma pensée ces jours-ci au sujet de cette “nation francophone d’Amérique à laquelle j’appartiens”… Elle est figée là, les yeux fixée sur son nombril et elle accumule la poussière.
J’ai peine à exprimer à quel point je suis découragé de la gouvernance québécoise dans presque tous ces aspects depuis quelques mois… une administration montréalaise sans vision… une caisse de dépôt sans direction… un gouvernement à Québec qui suinte le cynisme et qui pue la fin de règne alors que son mandat est à peine entammé… Un autre à Ottawa qui est clairement le contraire de ce que la nature des temps présent exige et qui oeuvre maintenant objectivement contre les francophones québécois et canadiens. Un gouvernement nocif dont nous avons pavé la route vers un autre mandat en se réfugiant dans notre nombrilisme insécure au lieu de prendre sérieusement l’avenir en main.
(Oui, je blâme principalement le Québec et son refus de se ranger derrière un parti “national” pour le fiasco gênant qu’est le règne conservateur actuel… et je m’inclus là-dedans)
Qu’est-il arrivé à ma nation? Celle qui qui a menée la parade de presque tous les progrès sociaux à l’échelle canadienne depuis les années 60? Je regarde la vacuité du “plan de relance” québécois et je me désole. Alors que le géant du sud s’apprète à investir massivement dans les infrastructures nécéssaire à l’économie du 21e siècle, nous n’avons rien de mieux à proposer que de mettre à niveau nos vieilles infrastructures négligées du 20e. (Et qu’on ne vienne pas me dire que c’est parce que nous les avons laissé dépérir plus que les autres, c’est faux. Les ricains ont fait bien pire que nous avec les leurs et cela ne les empêchent pas de prendre de front leur réfection tout en batissant celles qui les guideront vers le monde de demain… Et nous? Sommes nous incapables de marcher et mâcher de la gomme en même temps?)
J’ai l’impression que nous sommes devenu un peuple réactionnaire… nous n’avons plus de vision… au lieu de proposer et discuter de pistes concrètes et novatrices aux défis qui se dessinent devant nous, nous nous réfugions dans les vieux patterns… nous recyclons les plans que nous avons élaborés il y a trente quarante ans pour faire face au défis de cette époque… Les souverainistes s’accroche à une stratégie morte 100 fois et à un rêve dont le sens est de moins en moins clair dans le paysage qui s’étale devant nous… et leurs adversaires agissent comme si la faiblesse de ce vieil idéal les dispensait de proposer une alternative… ils se contentent de gérer la petite popote au jour le jour… une formule qui fait inévitablement de la gouvernance un exercice en gestion de crises en série.
Il n’y a pas longtemps, j’entendais André Forcier dire, à Tout le monde en parle, quelque chose du genre qu’il avait l’impression que nous vivons actuellement une période de stagnation politique et culturelle semblable à celle de la “grande noirceur” duplessiste…
Force m’est d’admettre que je ne trouve pas de meilleure analogie.
En espérant que cela ne fait que présager une seconde révolution tranquille (dont j’avoue être incapable d’entrevoir la forme)… et surtoût que nous n’aurons pas à attendre un autre trente ans avant qu’elle se produise.
…
Allez les “millénaires”… je compte sur vous (pour me surpendre). Moi et les autres “X” avons manqué le bateau, je crois.
Signé Alain B.