I should know better.
Je suis allé me mouiller chez Geloso-Breguet hier pour questionner leurs critiques à l’égard du budget fédéral… question de mieux comprendre leur (op)position. Je suis carrément fasciné par les réactions des prophètes du libre-marché et de la “droite libérale” (avec qui j’ai toujours eu le plus de sympathies) face à la crise actuelle qui, selon moi, remet en question certains principes qu’ils tiennent (que je tenais aussi) comme des vérités fondamentales.
Mais je devrais savoir que je ne suis pas vraiment de calibre pour argumenter avec eux… ces gars là sont des universitaires férus d’économie et de sciences politiques. (C’est une des raisons qui fait que je prend leurs arguments au sérieux) Et moi, je ne suis qu’un comédien raté qui n’a pas fini le cégep… dont le seul domaine d’expertise sur ces questions est celui d’un historien amateur et dont l’expertise en systèmes informatiques complexes acquérie plus tard lui permet de saisir facilement la nature (souvent incomplète) des théories économiques. Mais voilà, Vincent et Brian sont de jeunes aspirants professionnels… et je ne suis qu’un vieil amateur… je suis conscient que ma pensée sur le sujet est beaucoup plus brouillon que la leur.
Mais je ne m’empecherai pas pour autant de continuer à les questionner… car je veux comprendre.
…
Si je comprends bien, leur objection principale au budget d’hier (et, j’imagine, à ce qui se trame à Washignton) est qu’il n’y a aucune preuve empirique que le genre de “stimuli” qu’on met au point en ce moment n’a fonctionné par le passé.
Et force m’est d’admettre qu’ils ont raison.
Nous n’avons que deux exemples historiques auquels se référer où le genre d’action qu’on s’apprète à prendre fut tentée pour relancer l’économie: La Grande Dépression et la crise financière/économique japonaise des années 90 qui a mené à ce qu’on appelle leur “décénie perdue”. (Vincent vient d’ailleurs de pondre un excellent billet sur le sujet)
Dans les deux cas, il est démontrable que le type d’intervention gouvernementale qu’on s’apprète à prendre a eu peu ou pas d’effet positif et on peut même aisément postuler qu’à certains niveaux, cela a nuit. (Personnellement, je crois que sans le “New Deal”, le crise aurait été bien pire… mais je suis bien d’accord que ça n’a rien fait pour réellement “relancer” l’économie d’après 1929)
La question devient donc pour moi: Comment somme nous donc sorti de la Grande Dépression pour en venir à la prospérité sans précedent des années 50 et 60? (une époque, je tiens à le souligner, complètement dominée par les théories keynésiennes)
Les fait sont les suivants: Avant la Seconde Guerre Mondiale nous étions encore en dépression… et après, plus du tout. Que s’est-il passé? Il peut y avoir plusieurs autres facteurs qui ont contribué à influencer une telle reprise, mais une des différences principales entre le New Deal et la SGM est justement le niveau de dirigisme et d’investissement direct dans l’économie de la part du gouvernement qui atteint un tel sommet pendant la SGM (50% du PIB), qu’il fait paraitre le New Deal comme une période de laissez-faire économique (plus de détails ici). Serait-ce possible qu’il s’agit là de la clé de la relance?
Vincent et Brian ont une foi inébranlable dans la capacité du marché de reprendre la croissance spontanément après une correction majeure… (je crois qu’ils ont raison là aussi, mais je ne partage pas leur optimisme quant à la rapidité à laquelle ça se produit après une telle correction à la baisse) …mais croient-ils qu’il s’agit là du seul phénomène à nous avoir sorti de la Grande Dépression? Sont-il capable d’affirmer que sans le New Deal et la SGM, la croissance aurait quand-même repris d’elle même pour atteindre son niveau des années 50? Peut-être… j’entrevois moi-même les grandes lignes d’un argument qui plaiderait cette hypothèse… mais tout comme il n’y a aucune preuve empirique pour confirmer les bienfaits d’un “stimulus” en temps de crise, il n’y en a pas plus pour le “laissez-faire” qu’ils pronent (du moins, pas en temps de crise et de menace de déflation).
Ma question est donc la suivante: Serait-ce possible que le problème avec notre plan de relance actuel (qui, je l’avoue, me laisse moi aussi plutôt sceptique quant à sa capacité à vraiment “relancer” la croissance) n’est pas qu’il en fait trop pour rien, mais plutôt… qu’il n’en fait pas assez?
Personnellement, je n’en ai aucune idée… mais je soupçonne fortement que quiconque prétend connaître la réponse, d’un coté comme de l’autre, parle à-travers son chapeau.
Et c’est pour ça que cette crise m’effraie comme aucune autre de mon vivant.
Ajout: Il semble que la population entière se pose la même question.











