Archives du mois de January 2009

2009/01/31 18:02

Dépression et relance: réactions et mises au point

Il semble que mon billet questionnant la relation entre intervention gouvernementale et sortie de crise économique a eu un certain effet du coté droit de notre sphère. Quel beau cadeau de fête (c’était ma fête hier. 38 ans! …et toujours célibataire. [soupir]) de constater que malgré mon peu de présence ces derniers temps, je sois encore capable d’avoir un impact.

Vincent Geloso, une des sources qui a inspiré mon billet, me fait une réponse claire et bien documentée. Il affirme en termes qui dépassent mon niveau d’expertise, mais qui me semblent raisonnables que lors de la seconde guerre mondiale: “C’est vrai que l’activité a reprise, mais celle-ci doit être distinguée de la croissance.” 

Et que:

suite à la guerre, l’État s’est retiré massivement de l’économie et a libéré des ressources pour le secteur privé. Cela a contribué à faciliter l’accés à plusieurs ressources autrefois dispendieuses pour le secteur privé. L’article cité ici de Robert Higgs dans The Journal of Economic History est probablement le plus intéressant quant à la question. Le plus important, c’est qu’à la fin de la guerre la grande majorité des commissions de gestion des prix ont été soulevées et les baisses dans la consommation réelle, l’investissement privé et l’épargne privée ont été renversés. C’est un peu comme cela que la reprise économique d’aprés-guerre s’est effectuée.

Je n’ai pas vraiment de problème avec cette lecture de l’histoire, mais Vincent commence sa réponse en affirmant que: “Selon Alain, avec la vague d’application des politiques keynésiennes pendant la guerre, il est normal que la reprise ait eu lieu ensuite.”

On semble m’avoir mal compris, je n’affirme rien de la sorte il me semble… je ne fais que poser certaines questions… 

Father Knows BestEt je n’ai pas parlé de politiques keynésiennes pendant la guerre. La période que je dit “complètement dominée par les théories keynésiennes” est justement la période de prospérité sans précédent que représente l’après-guerre (les années 50 et 60) Le “keynésianisme” demeure, grosso modo, l’idéologie dominante des élites autant républicaines que démocrates de cette époque. Du moins jusqu’à Goldwater chez les républicains… mais seulement vraiment purgée depuis Reagan. Cela n’empêche pas cette période (la plus pro-syndicale de l’histoire et marquée d’une politique réglementaire et monétaire visant à éviter la surchauffe, c’est à dire à stabiliser — et par conséquent parfois à ralentir – la croissance) de demeurer la période de prospérité contre laquelle nous continuons de nous mesurer économiquement et culturellement jusqu’à ce jour.

À savoir quelle part de tout cela s’est produit grâce aux politiques keynésiennes …ou malgré elles… demeure, selon moi, une question dont la réponse depend entièrement du prisme idéologique (du modèle) dont on se sert pour interpréter les faits, mais qui demeure ouverte sur le plan strictement empirique. 

Ce qui m’amène à la réaction de Philippe David, Le Minarchiste Québécois, qui en a profité pour livrer une excellente vulgarisation de la théorie des cycles économiques selon “l’école autrichienne” pour m’expliquer pourquoi chaque instance d’intervention étatique dans mon exemple était nécéssairement nocive et que tout ce qui a de bon dans la vie venait obligatoirement de l’initiative privée. 

Ce à quoi je ne peut m’empêcher de répondre que je trouve plutôt ironique de me faire citer la politique monétaire de la Fed américaine de 2002-03 comme exemple de “manipulation étatique du marché” (sous-entendue nocive de par sa nature… pourquoi au juste?) alors que cet instrument était justement entre les mains d’un prophète de “l’école autrichienne” et disciple d’Ayn Rand:

[Je sais que je me répète avec cette vidéo, mais cet evénement représente le moment où commence la remise en question à laquelle je m'adonne en ce moment.]

Mais Philippe non-plus semble ne pas avoir compris où se situe mon questionnement… Chez lui, après nous avoir cité une vidéo pas très convaincante, pour “prouver” que les stimulus du passé n’ont pas fonctionné, il lance un défi aux keynésiens (dont je ne suis pas):

Expliquez-nous donc comment les plans de stimulus de Bush, Obama et maintenant Harper, vont réussir là où toutes les autres tentatives de stimulus similaires ont échoué?

Il met le fardeau de la preuve sur les partisans du “stimulus keynésien” et je les invite à lui répondre.

Pour ma part, je me permet de lui relancer le défi contraire: Peut-il citer un seul exemple où des mesures du type “école autrichienne” ont été appliquées (où plutôt un cas s’absence de mesures interventionistes) à bon escient en période d’écroulement des marchés financiers et de menace déflationnaire (Eh les amis! C’est plus qu’une simple “récession” qu’on vit là!). Il n’y en a pas plus car aucun gouvernement démocratique ne peut se permettre de ne pas agir en temps de crise.

Tout le reste n’est que conjecture.

Ce que je veux dire est que Philippe se sert d’un modèle hautement sophistiqué (celui de l’école autrichienne) pour interpréter les faits. Mais qu’il le veuille ou non son modèle demeure surtout et principalement théorique, les exemples concrets de son application absolue sont brefs, rares, et peu conclusifs. 

Mon problème principal avec son modèle est qu’il dépend d’une fausse idée que les “acteurs” qui le composent sont des êtres rationnels agissant toujours dans leur meilleur intérêt. Mais comme dit Matthew Yglesias dans un billet où il discute la permanent income hypothesis de Milton Friedman:

You could imagine an alien species whose psychology functioned this way. But that species wouldn’t have heavy smokers dying of cancer, problems with overreating and sedentary lifestyles. Voters belonging to that species would condemn governors who take advantage of boom times to cut taxes and hike spending—there would be massive popular pressure to sock it all away in a rainy day fund.

La raison pour laquelle je suis un grand fan de Megan McArdle est que bien que ses idées penchent du même côté que Philippe, lorsqu’elle parle du plan de ralance américain, elle sait faire la différence entre ce qu’on croit savoir avec nos modèles théoriques, si sophistiqués soient-ils, et ce qu’on sait vraiment:

Myself, I’m agnostic.  I am skeptical that the stimulus will result in a permanent increase in output or decrease in unemployment.  However, I have also recognized that we are going to have a massive stimulus whether I like it or not, so I might as well view this as an interesting natural experiment, rather than get into a lather.  Especially since it’s quite possible that, as an empirical matter, I’m wrong.

La vrai de vrai vérité les amis est que nous ne savons pas. Et c’est ça qui me fait si peur.

Ma réponse au commentaire de Jean-Luc Proulx, qui m’accuse de dire, comme Paul Krugman, que “la guerre est bonne pour l’économie” viendra dans un autre billet. Pour l’instant je note que je suis très amusé de ce qu’un argument que je fonde en grande partie sur les écrits de Megan McArdle me place soudainement dans le même camp que Paul Krugman. Blogging is so much fun!


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2009/01/30 17:58

Pas encore tout à fait au point, mais…

…comme dit Matthew Yglesias, chez qui j’ai croisé cette vidéo:

And we get one step closer to the T-1000

PS: Il faut voir jusqu’à la fin pour comprendre le titre.


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2009/01/29 15:03

Dépression et relance: quelle est la bonne formule?

I should know better.

Je suis allé me mouiller chez Geloso-Breguet hier pour questionner leurs critiques à l’égard du budget fédéral… question de mieux comprendre leur (op)position. Je suis carrément fasciné par les réactions des prophètes du libre-marché et de la “droite libérale” (avec qui j’ai toujours eu le plus de sympathies) face à la crise actuelle qui, selon moi, remet en question certains principes qu’ils tiennent (que je tenais aussi) comme des vérités fondamentales.

Mais je devrais savoir que je ne suis pas vraiment de calibre pour argumenter avec eux… ces gars là sont des universitaires férus d’économie et de sciences politiques. (C’est une des raisons qui fait que je prend leurs arguments au sérieux) Et moi, je ne suis qu’un comédien raté qui n’a pas fini le cégep… dont le seul domaine d’expertise sur ces questions est celui d’un historien amateur et dont l’expertise en systèmes informatiques complexes acquérie plus tard lui permet de saisir facilement la nature (souvent incomplète) des théories économiques. Mais voilà, Vincent et Brian sont de jeunes aspirants professionnels… et je ne suis qu’un vieil amateur… je suis conscient que ma pensée sur le sujet est beaucoup plus brouillon que la leur.

Mais je ne m’empecherai pas pour autant de continuer à les questionner… car je veux comprendre.

Si je comprends bien, leur objection principale au budget d’hier (et, j’imagine, à ce qui se trame à Washignton) est qu’il n’y a aucune preuve empirique que le genre de “stimuli” qu’on met au point en ce moment n’a fonctionné par le passé.

Et force m’est d’admettre qu’ils ont raison.

Nous n’avons que deux exemples historiques auquels se référer où le genre d’action qu’on s’apprète à prendre fut tentée pour relancer l’économie: La Grande Dépression et la crise financière/économique japonaise des années 90 qui a mené à ce qu’on appelle leur “décénie perdue”. (Vincent vient d’ailleurs de pondre un excellent billet sur le sujet)

Dans les deux cas, il est démontrable que le type d’intervention gouvernementale qu’on s’apprète à prendre a eu peu ou pas d’effet positif et on peut même aisément postuler qu’à certains niveaux, cela a nuit. (Personnellement, je crois que sans le “New Deal”, le crise aurait été bien pire… mais je suis bien d’accord que ça n’a rien fait pour réellement “relancer” l’économie d’après 1929)

La question devient donc pour moi: Comment somme nous donc sorti de la Grande Dépression pour en venir à la prospérité sans précedent des années 50 et 60? (une époque, je tiens à le souligner, complètement dominée par les théories keynésiennes)

Les fait sont les suivants: Avant la Seconde Guerre Mondiale nous étions encore en dépression… et après, plus du tout. Que s’est-il passé? Il peut y avoir plusieurs autres facteurs qui ont contribué à influencer une telle reprise, mais une des différences principales entre le New Deal et la SGM est justement le niveau de dirigisme et d’investissement direct dans l’économie de la part du gouvernement qui atteint un tel sommet pendant la SGM (50% du PIB), qu’il fait paraitre le New Deal comme une période de laissez-faire économique (plus de détails ici). Serait-ce possible qu’il s’agit là de la clé de la relance?

Vincent et Brian ont une foi inébranlable dans la capacité du marché de reprendre la croissance spontanément après une correction majeure… (je crois qu’ils ont raison là aussi, mais je ne partage pas leur optimisme quant à la rapidité à laquelle ça se produit après une telle correction à la baisse) …mais croient-ils qu’il s’agit là du seul phénomène à nous avoir sorti de la Grande Dépression? Sont-il capable d’affirmer que sans le New Deal et la SGM, la croissance aurait quand-même repris d’elle même pour atteindre son niveau des années 50? Peut-être… j’entrevois moi-même les grandes lignes d’un argument qui plaiderait cette hypothèse… mais tout comme il n’y a aucune preuve empirique pour confirmer les bienfaits d’un “stimulus” en temps de crise, il n’y en a pas plus pour le “laissez-faire” qu’ils pronent (du moins, pas en temps de crise et de menace de déflation).

Ma question est donc la suivante: Serait-ce possible que le problème avec notre plan de relance actuel (qui, je l’avoue, me laisse moi aussi plutôt sceptique quant à sa capacité à vraiment “relancer” la croissance) n’est pas qu’il en fait trop pour rien, mais plutôt… qu’il n’en fait pas assez?

Personnellement, je n’en ai aucune idée… mais je soupçonne fortement que quiconque prétend connaître la réponse, d’un coté comme de l’autre, parle à-travers son chapeau.

Et c’est pour ça que cette crise m’effraie comme aucune autre de mon vivant.


Ajout: Il semble que la population entière se pose la même question.


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2009/01/29 14:33

Le meilleur blogue pour suivre et comprendre la crise…

…est celui de Megan McArdle. Blogueuse économique de longue date, elle avoue volontiers ses sympathies libertariennes… mais contrairement à la plupart d’entre eux, son argumentation est rigoureusement fondé sur une démarche qui cherche à faire la distinction entre les données empiriques et les modèles et théories complexes non démontrés auquels se fient les économistes (incluant ceux auquels elle adhère). Son travail de vulgarisation pour un sujet aussi complexe est tout-à-fait hors-pair.

J’en profite pour reproduire un extrait d’un billet qu’elle a écrit au début de la semaine qui a beaucoup été cité dans la grosse sphère d’à-côté et qui forme la base de mon questionnement actuel sur la crise… (qui sera étalé dans un billet que je m’apprète à publier)

Why does speed matter so much?  Because the primary argument for fiscal stimulus right now is not that we need to alleviate the pain of a temporary economic contraction–that’s what things like beefier unemployment insurance, food stamps, and housing assistance are for (the first and the last are very good ideas, by the way.)  The argument is that we’re in danger of a liquidity trap–that we could end up at a permanently lower level of output, as described by Keynes and popularized by Paul Krugman in the story of the Capitol Hill Baby Sitting Collective.  (Though it’s worth noting that the ultimate solution was to double the money supply . . . )  

The basic idea is that if everyone is afraid to spend money because they might be laid off, and sits at home in the dark, all the people who made money selling the things they used to buy will get laid off–and so will they, because they’re part of “everyone”.  The government basically shocks us into a higher level of output by spending the money we’re afraid to.

Though you wouldn’t think it from the really quite shocking incivility emanating from the pro-stimulus side, the empirical evidence that this works in a large industrial economy like ours is basically nonexistant.  The problem is, we have very, very few examples to test on:  America during the Great Depression, and Japan in the 1990s.  And neither America nor Japan managed to stimulate their way out of their troubles.  You can argue–and many do–that this is because we, and they, didn’t stimulate enough.  That may be true.  But unless you can forward test your theory, it’s a just so story . . . as we just painfully found out about the “It was all the Fed’s fault” narrative of the 1930s banking collapse.  There is no excuse for calling people who question your highly theoretical model fools and charlatans.

What we’ve got, since Japan really never did emerge from its lost decade, is basically one fact: America entered World War II in a depression, and emerged from World War II without one.  Hopefully, the relevant variable was the massive, massive amount of spending, rather than any of the other explanations one can plausibly build about the effect of Total War on depressions–like the slaughter of some of your excess labor force, or the substitution of more immediate fears of being killed for panic about the financial future.

But the amount of government borrowing during World War II was truly gargantuan–roughly half of GDP by 1943.  All the relief dribbled out over the course of the Great Depression at best kept the Depression from being worse–unemployment was still in the double digits in the late 1930s.  Moreover, much of the spending FDR did do was paid for by tax hikes, which cancel out the stimulative effect of the spending.  It’s hard to tell how much to credit even the improvement we did see to government borrowing, because of course the acute portion of a financial crisis does come to an end eventually even without government action, and by the time FDR entered office the thing had already been running for a good three years.  

So if we’re going to do stimulus, judging from our not-very-good best example, what we want to do is pack a massive wallop as quickly as possible, to shock those “animal spirits” back into a more normal economic rhythm.  I am skeptical that this will work even if tried, for reasons I have outlined elsewhere.  But if we are going to try it, we should be focusing less on the Democratic wish list and more on figuring out where money can be most quickly and effectively spent.

Aussi, The Atlantic, la publication pour laquelle elle travaille, vient de mettre en ligne un “channel”/”blogue collectif” sur le sujet sous la supervision de Megan.


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2009/01/28 20:50

Shoah et …marijuana?

J’ai beau m’efforcer à décortiquer cette pub électorale israélienne (trouvée chez Jeffrey Goldberg), je ne vois tout simplement pas le lien. Apparemment, il y a 70 000 survivants de la shoah en Israël qui vivent sous le seuil de la pauvreté et c’est une raison pour… légaliser le cannabis?  

Euh… je crois qu’il me manque quelque chose… Quelqu’un qui comprend l’hébreu peut-il m’expliquer le lien?


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2009/01/28 12:52

Vive la nouvelle coalition!

Chantal Hébert:

À peu près personne ne s’attendait à ce que le PLC fasse tomber le gouvernement sur le budget d’hier et à peu près personne ne croit que le gouvernement Harper va refuser l’amendement libéral.

Elle n’est peut-être pas formelle… mais si j’ai bien compris, nous sommes maintenant, à toutes fins pratiques, gouvernés par une “coalition” libérale-conservatrice… avec le Bloc et le NPD dans l’opposition.

J’ai peine à croire que je m’apprète à dire cela, mais tant qu’à forcer les conservateurs à écrire un budget sans ligne directrice rempli de bonbons aléatoires pour plaire aux libéraux, retournons en élection et élisons les libéraux. Ça donnerait au moins un budget cohérent avec des objectifs plus sérieux que celui-ci, dont le seul objectif concret est de garder les conservateurs au pouvoir quelques mois de plus pendant qu’ils mettent en oeuvre des mesures auquelles ils ne croient pas.

L’expérience républicaine des dernières années chez nos voisins nous montre à quel point il est périlleux de remettre les clés de l’intervention gouvernementale entre les mains de gens qui ne croient pas à l’utilité de ce principe.

Vivement des élections!


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2009/01/28 12:13

Pauvre droite II

Martin Masse constate à son tour que son idéologie est maintenant orpheline à Ottawa. (We are all keynesians now)

Quelques extraits:

Bon, c’est maintenant officiel: il n’y a plus que des partis socialistes, corporatistes, dirigistes (utilisez votre terme favori) au Canada, c’est-à-dire des partis qui considèrent que l’État doit planifier le développement économique et contrôler les décisions économiques des individus et des entreprises.

[...]

Ce gouvernement n’a plus aucune crédibilité. Stephen Harper, qui a déjà cru dans la liberté individuelle et le libre marché, vient de démontrer qu’il est prêt à faire n’importe quoi, y compris abandonner les quelques principes qui lui restent, pour s’accrocher au pouvoir.

[...]

Ce que cela démontre encore une fois, c’est qu’on ne fait rien avancer en optant toujours pour «la moins pire» des solutions, en taisant ses principes, en faisant constamment des compromis, en s’entourant d’opportunistes qui ne partagent pas nos convictions mais sont utiles pour atteindre et garder le pouvoir.

Holding on to power’s a real bitch, ain’t it? Better to just stand outside and complain. It gives one so much freedom… but without the annoying burdens of responsibility that come from having to deal with reality.


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2009/01/27 22:24

Tintin au grand écran

On aura tout vu. Hollywood se prépare à nous livrer sa version du jeune et intrépide reporter à la sexualité suspecte.

Steven Spielberg portera à l’écran Le Secret de La Licorne. Suivi de Peter Jackson (ce hobbit géant qui nous a livré Le seigneur des anneaux) qui réalisera la suite, Le Trésor de Rakham le Rouge

Quand j’étais petit, j’étais plus Astérix que Tintin…  mais j’avoue que Tintin par Spielberg et Jackson, ma curiosité est plus que piquée.


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2009/01/27 17:06

Pour en finir avec cette idée stupide

Avant de commencer, je tiens à préciser que je suis depuis plusieurs années en totale opposition aux politiques israéliennes concernant le territoire et le peuple palestinien. Et je soutiens que quiconque se prétend amant de la justice et de la liberté ne peut rester insensible en constatant les conditions absolument intolérables dans lesquelles ce peuple est contraint de survivre et d’évoluer depuis beaucoup trop longtemps. (Conditions qui sont impardonnablement sous-rapportées par nos médias occidentaux — surtout anglo-saxons)

Ceci dit, j’écris aujourd’hui pour dénoncer une idée de plus en plus à la mode chez ceux qui prennent position du même côté que moi dans ce conflit: cette idée qu’il est légitime, voir pertinent, de comparer Israël aux Nazis.

Non, mais franchement…

Quelle foutaise!

Je n’en reviens pas. J’ai peine à croire que je m’apprête moi-même à sérieusement traiter d’une idée aussi stupide… Normalement, je laisserais tomber, c’est juste pas sérieux, mais je m’inquiète de la fréquence à laquelle je la vois faire surface depuis quelques temps (le plus récemment dans la question de sondage sur le blogue d’AntiPollution) et je ne peux plus me retenir.

Bon. Commençons par la seule comparaison valide. En effet, l’état d’Israël est d’abord un projet ethno-religieux… un état juif pour les Juifs. En ce sens, on peut l’apparenter au projet ethnique de l’Allemagne nazi: un état allemand pour les Allemands. Au delà de ça, je ne vois pas vraiment pas d’autre comparaison honnête possible. Et ici, je m’arrête pour souligner à gros traits l’ironie chez nous d’entendre quelqu’un qui est parfaitement à l’aise à scander “Le Québec aux québécois” (tout en niant que son projet est “ethnique” mais qu’il est plutôt fondé sur des valeurs civiques, démocratiques et universelles) affirmer que la volonté du peuple juif d’avoir un état pour eux s’apparente davantage aux ambitions nazis qu’à ses propres “nobles” ambitions pour un état québécois. Si tous les peuples qui souaitent un état sont des Nazis, vivement l’abolition des frontières et le gouvernement mondial… et encore… serions nous moins nazis en affirmant: “La terre aux Terriens”? C’est pas sérieux 

Mais voyons voir quelles autres comparaison sont possibles:

Démocratie et volonté populaire:

Allemagne nazi: Lors de sa prise du pouvoir, suite à une élection marquée par des fraudes massives, le parti Nazi abolit les élections pour prendre le pouvoir “à perpétuité”.

Israël: …est encore une démocratie parlementaire qui retourne se soumettre régulièrement à la volonté populaire.

Ethnocentrisme et destin national:

Allemagne nazi: Déclare que le peuple allemand est le plus pur et le plus parfait et qu’en tant que tel, il est destiné à subjuguer les autres peuples du monde et à règner sur eux.

Israël: Le peuple juif se considère depuis toujours comme “le peuple élu de Dieu”. Certes, c’est un peu offensant pour les autres (What are we? Chopped liver?), mais quelqu’un peut il me citer un seul moment dans les 2500 dernières années où ils en sont venus à la conclusion que cela leur donnait un mandat divin pour subjuguer les autres peuples de la terre et règner sur eux?

Camps de concentration:

C’est vrai que la bande de Gaza s’apparente à une prison à ciel ouvert pour toute une polulation… mais de la à faire le parallèle avec les camps nazis. Aussi bien se comdamner nous mêmes qui reléguons les habitants originaux de notre territoire à des “réserves” où ils sont soumis à une pauvreté abjecte. Les Canadiens sont donc aussi comme les Nazis si je comprend bien.

Certes, le comportement d’Israël est condamnable sur plusieurs plans… mais des nazis? Vraiment? Où sont les trains… les chambres à gaz?

N’exagérons pas, tout de même.

Non. Si on veut comparer l’état israélien à un régime immoral et honni du 20e siècle, la comparaison valide est celle faite par l’ancien président des États-Unis, Jimmy Carter, dans un livre pour lequel il a été rondement condamné chez lui: Le régime d’Apartheid de l’Afrique du Sud.

Vraiment, il me semble que quelqu’un qui prétend voir dans les visées israélienne un projet s’apparentant à celui de l’Allemagne nazi (un projet qui visait la dominance mondiale par la force et qui s’est engagé dans l’extermination volontaire et systématique d’une ethnie et ce, sur une échelle industrielle) fait soit preuve d’une grande paresse intellectuelle… ou alors (et c’est plus grave) d’une sérieuse déficience morale.


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2009/01/27 14:44

Pauvre droite…

Orpheline à Québec depuis un bout… Elle se sent maintenant abandonnée d’Ottawa.

C’est drôle… quand j’ai commencé à m’intéresser à la politique, au début des années 80, c’était la gauche qui préférait la pureté de ses idéaux à l’inévitable marasme qu’est l’exercice du pouvoir. C’est pourquoi, malgré mes prétentions non-partisanes, j’ai dévelopé plus de sympathies à droite qu’à gauche à cette époque formatrice de mon compas politique. Au moins, la droite de cette époque donnait l’impression de vouloir gouverner, alors que la gauche semblait plus intéressée à polir le snow globe de son monde idéal et à happer tout chef qui refusait de s’y enfermer à son tour.

C’est fou comme le billet de David me rapelle le discours de la gauche de cette époque.

Schtroumpf vert et vert schtroumpf…


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2009/01/26 17:01

Le retour de la clarté

Symbolique du changement d’époque que nous vivons, l’ancienne baraque du prince des ténebres est de retour sur Google Maps.


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2009/01/20 12:07

Citation (historique) du jour… que dis-je?… de la nouvelle ère.

11:45: I am proud that future presidential historians will be reading this liveblog. What’s up presidential historians? Odd career choice you made, isn’t it?

Will Wilkinson


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2009/01/12 16:26

La fin d’un long cauchemar

L’intégrale de la dernière conférerence de presse du pire président de toute l’histoire des États-Unis…

Dernière occasion pour entretenir votre dégout et mépris pour cet homme… Car il ne nous reste plus qu’une semaine de haine facile envers un pouvoir qui nous déplait… après le 20 janvier, tout cela devient plus …compliqué.


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2009/01/04 23:35

Manif pro-palestinienne au centreville de Montréal

Je n’ai pas grand chose à dire là dessus, mais jétais au centreville cet après-midi et par hasard j’ai croisé la manif protestant les événements terribles à Gaza. Je vous livre quelques photos prises avec mon cellulaire (Non, mais tant qu’à avoir un blogue)

En fait, si j’ai quelque chose à dire c’est que j’ai choisi mon camp depuis longtemps dans cette histoire. J’y vois un oppresseur et un opprimé. Et je veux plaider la cause de l’opprimé. 

Mais mon problème avec les manifs de ce genre est qu’à entendre les slogans qu’on scandait cet après-midi, il m’était impossible de déterminer si on protestait contre les actions et politiques israeliennes, ou simplement et bêtement contre Israel tout court.


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