2008/12/02

Coalition: réactions dans la sphère

Quelques réactions à la journée pour le moins inusitée d’hier en politique fédérale de la part des blogues dans mon agrégateur RSS:

Sovereignty en anglais, après s’être désolé de la cacophonie de la période de question, se réjouit de la tournure des évenements:

I hope this is a historic moment, rather than something that comes to nothing because of the underhanded tactics of the Conservatives. Stephen Harper now has a moral obligation to resign as Prime Minister and hand the reigns over to the Liberal-NDP coalition.

Le suburbain lucide continue à croire que tout ceci n’est qu’une question de financement des partis:

Car autant j’étais en faveur de l’initiative de cette coalition de centre-gauche afin que le gouvernement conservateur puisse se mettre le museau dans sa propre m… sur son attitude méprisante sur la démocratie, autant je considère le fait que Stephen Harper ait reculé comme une preuve qu’il a compris la leçon : plus de niaiseries jusqu’à la majorité.
Car la question du refus de supporter l’énoncé économique de Flaherty n’est qu’une excuse pour poursuivre le renversement. En effet, l’opposition n’en a toujours eu que pour le financement des partis! En toute logique, le retrait de cette mesure justifierait un arrêt du processus de coalition, mais il semblerait que l’opposition ne fasse que se chercher des excuses!

Bryan Breguet, n’a plus de sympathie pour le parti qu’il a déjà (je présume) appuyé:

Alors Harper va pouvoir jouer les martyrs… Je ne suis pas triste, je suis de droite mais bien sincèrement, que m’a apporté le gouvernement dit conservateur entre 2006 et 2008? Entre les réductions de taxes mal faites (TPS) et une hausse des dépenses militaires, la gouvernance dans le secret et sans collaboration ou encore les nombreux programmes libéraux abolis puis recréés., je n’ai pas beaucoup de raisons d’être satisfaits d’avoir un gouvernement de “droite”. Pour le changement promi, on repassera…

Les deux solitudes reste loyal aux conservateurs, crie à l’injustice et affirme que la motivation des partis d’opposition est purement idéologique:

Pensez-vous que ce n’est pas idéologique de la part de l’opposition de vouloir un “package” pour stimuler l’économie?  Bien sûr que ce l’est.  Ces partis politiques croient en une intervention de l’État pour faire face aux turbulences économiques que nous sommes en train de vivre.  C’est une position idéologique (de gauche dans ce cas-ci). 

David Chrétien prédit que Duceppe vient d’affaiblir le Québec:

Donc 19 mois à fermer sa boîte contre toutes manoeuvres de la nouvelle coalition (si elle voit le jour). Par cette signature ou ce contrat, Duceppe ne pourras critiquer le fédéral si jamais il contraint aux intérêts du Québec. Les fédéralistes anti-Québec vont probablement bien en profiter!

Martin Beaudin-Lecours se demande si les meubles conservateurs ne pourraient pas encore être sauvés:

qu’arriverait-il si Stephen Harper démissionnait et que le Parti Conservateur proposait un nouveau chef de gouvernement issu de ses rangs (en plus, bien sûr, de faire un certain nombre de concessions aux partis d’opposition sur les points controversés de la Mise à jour économique de Flaherty)? N’y aurait-il pas, parmi les Conservateurs, une bonne bouille respectée de tous les parlementaires qui pourrait calmer le jeu? Après tout, presque tout le monde, y compris les supporters conservateurs, condamnent Harper pour son arrogance et les partis d’opposition ne lui font plus confiance. Si le responsable désigné de cette crise politique ne faisait plus partie du portrait, le Parlement canadien ne pourrait-il pas continuer de fonctionner sous une gouverne conservatrice montrant du même coup qu’elle est plus encline à tenir compte, comme se doit un gouvernement minoritaire, des avis des partis de l’opposition?

Le prof solitaire aime l’idée de la coalition, mais se scandalise (contrairement à moi qui le célebre) de ce que tant de pouvoir soit entre les mains d’un représentant de la monarchie:

Premièrement, et c’est la seule chose qui me répugne dans tout cela, on ne peut pas passer à côté d’une constatation élémentaire: l’avenir du pays est entre les mains de la gouverneure générale, une femme non-élue, représentante de la couronne britannique et qui n’a jamais rien fait d’important à part participer à des p’tits cocktails élitistes et des cérémonies officielles pompeuses. Pour toutes les fois que j’ai entendu des fédéralistes me dire: “Ben voyons, c’est juste un rôle symbolique, le vrai pouvoir est dans les mains des élus.” On a enfin la démonstration claire que c’est de la foutaise. On est en 2008 et c’est une représentante de la famille royale d’Angleterre qui va décider quelle personne gouvernera le pays. C’est dégueulasse. Un pays vraiment démocratique devrait être capable de régler ce problème sans faire appel à une sous-monarque, bordel!

Pat Lagacé relève l’aspect insolite de la situation:

Un néo-démocrate dont le parti n’a jamais gouverné le pays va devenir, genre, vice-premier ministre, avec six ministres. Un ancien prof d’université qui s’est illustré à Ottawa en chiquant du Québécois, devenu chef du PLC en se faufilant au premier rang par la grâce d’un caprice du mode de scrutin, mais qui s’est fait planter comme un malpropre dans la dernière élection générale, va devenir premier ministre. Un ancien maoïste (communiste ?) ayant fait ses débuts à la CSN, devenu chef d’un parti souverainiste, qui a décrié le NPD comme un parti centralisateur et le PLC comme un parti de corrompus, qui croit que le Canada est un cadre néfaste pour la Nation, va appuyer ce gouvernement de coalition au nom des intérêts du Québec… et de la stabilité du Canada en temps de crise ?

Et c’est une ancienne lectrice de RDI qui va donner, ou pas, sa bénédiction à tout ça ?

Wow.

Et le mot de la fin à Fagstein:

Even our coups d’état are lame.

Et moi je m’amuse comme un petit fou.


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Un commentaire sur “Coalition: réactions dans la sphère”


  1. M. Bergeron dit:

    Alain, tu es méchant ;-)

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