2008/11/17 02:41

Ni une révérence ni un adieu… une transition, c’est tout. (1)

Il y un principe, souvent cité dans les milieux dits “conservateurs” ou “libertariens”, qui dit quelque chose du genre que la meilleure façon d’améliorer le sort de la société est de se concentrer à améliorer son propre sort.

Plusieurs, aux idées dites “progressistes” ou “collectivistes”, diront que voilà un raisonnement des plus pervers, que la source de presque tous nos problèmes collectifs vient justement de ce que tout le monde dans notre société ne fait que se préoccuper de son propre nombril sans égard à autrui. 

…Et il n’ont pas entièrement tort.

Mais cela ne change en rien la vérité profonde contenue dans l’affirmation.

Quelqu’un, par exemple, qui veut augmenter le coefficient de bonheur de sa société peut-il y arriver s’il ne connaît pas les moyens d’atteindre le bonheur pour lui-même? Et si, en travaillant sur son propre bonheur, il réussit à devenir plus heureux, n’a-t-il pas, par le fait même, participé concrètement à augmenter le coefficient de bonheur collectif?

Remplacez “bonheur” par “création de richesse”, “fierté nationale”, “solidarité sociale”… ou tout autre concept socio-politique qui vous intéresse et ça continue à s’appliquer, mais pour les fin de ce billet, je continuerai à utiliser l’analogie du bonheur.

Attention, je ne dis pas ici qu’il ne faille pas se préoccuper du bonheur de la collectivité. Seulement, je constate depuis les 14 mois que je fraye dans la “blogosphère politique québécoise” et ses multiples lectures passionnantes, qu’il y a deux types d’approche au bonheur collectif. Il y a celui qui est heureux et qui souhaite en partager les moyens d’y parvenir avec sa collectivité… et il y a le malheureux. Le malheureux, lui, voit la carence de bonheur collectif comme étant la cause de son malheur personnel. Celui-là, cherche à améliorer le bonheur de la société pour combler la carence de bonheur qu’il ressent en lui-même. Essentiellement, il exige des autres qu’ils se préoccupent de son malheur et viennent le combler à sa place.

Je ne pense à personne en particulier, cette seconde tendance existe à différents niveaux chez plusieurs, moi le premier (même si j’essaie de la reconnaître, et de l’atténuer chez moi)… et elle est largement répandue à tous les niveaux de la militance politique.

Mais où est-ce que je veux en venir avec tout ça?

Voilà, c’est que l’heure est venue pour moi de me préoccuper davantage de mon propre sort… de mon propre bonheur.

Au départ, lorsque j’ai décidé de me donner une “présence Web”, je n’avais absolument pas l’intention de me mettre à “bloguer”. L’idée que je chérissais depuis un bout était celle d’un genre de “portail” mis à jour régulièrement vers tout ce qui m’intéresse dans l’univers du Web… Ça allait s’appeler “Welcome to My Brain” et serait présenté sous forme d’une sorte d’excursion virtuelle à travers les différentes sections de mon “cerveau”. Le problème est que malgré mes recherches je n’ai trouvé aucun outil qui me permette de bâtir et modifier facilement un site Web qui ressemblerait à ce que j’avais en tête… et construire quelque chose moi-même en ASP ou en PHP (langages que je ne connaissais à peu près pas, à l’époque) m’aurait exigé tant de temps et d’effort au niveau de la forme qu’il ne me serait rien resté pour le contenu.

Je me suis donc éventuellement résigné au compromis et j’ai choisi de bâtir mon “site/portail” à l’aide de Blogger. Mais l’idée n’était toujours pas de me mettre à “bloguer”, je n’ai jamais vraiment aimé écrire et loin de moi l’idée de me mettre à tenir un “journal” écrit de mes pensées et obsessions… seulement de me servir de l’outil pour créer les différentes sections de mon “cerveau” et pointer dans chacune d’elle vers des trucs qui m’intérresse et que j’ai envie de partager.

Nous sommes à l’époque où MySpace fait fureur (avant que Facebook prenne son envol) et j’ai la brillante idée de voir si je pourrais m’en servir pour “publiciser” mon site encore naissant. Mais j’ai à peine terminé de me créer un profil et d’y exposer mon site que je commence à recevoir des “demandes d’amis” de toutes sortes de personnes du sexe opposée (ce qui n’était pas pour me déplaire à une époque où j’étais aussi en pleine “recherche active” sur ce plan)… Un coup d’oeil à ma page révèle d’ailleurs que malgré mes intérêts variés et éclectiques, il y a deux grands sujets qui me passionnent plus que les autres dans la vie: La politique et la sexualité. Les circonstances de l’expérience MySpace on fait en sorte que l’emphase fut surtout mise sur la seconde. Puis, très rapidement, je me suis mis à lire les blogues de mes “amies” et à commenter… Ceci combiné à un questionnement intérieur que je vivais à l’époque au sujet de ma relation au sexe opposée ont fait en sorte qu’à ma grande surprise, je me suis mis à “bloguer” pour de vrai sur le sujet. Puis on m’a lu. On a commenté. On s’est intéressé à ce que j’avais à dire… et je suis devenu accro… malgré ma relation tortueuse à l’écriture.

Ma première incarnation en tant que “blogueur” était donc celle du type qu’on qualifie de “personnel”. Mais cela n’a pas pris de temps (surtout en discutant avec des filles du Canada-anglais qui ne cessait de m’exprimer leur “honte” de ne pas comprendre le français) que le goût de parler de politique (et d’identité) s’est mis à me ronger l’intérieur. Mon problème était qu’on ne lisait que ce que je publiais sur MySpace (en parallèle à mon site) et que ce “lectorat” était composé presque uniquement de femmes du Canada et des États-Unis (et d’ailleurs sur la planète, c’est bien pour ça l’anglais tout de même) qui voulait m’entendre parler d’amour et de sexualité et n’avait rien à foutre de mon questionnement identitaire francophone nord-américain.

C’est ainsi que suite à la dernière élection provinciale qui annonçait un vent de changement sur les dynamiques politiques et identitaires qui priment chez nous depuis 40 ans et avec le débat sur les “accommodements” qui commençait à faire rage que j’ai décidé que le moment était venu de me mêler à cette conversation et j’ai donc démarré Le Petit Émerillon.

Un peu plus d’un an plus tard, mon impression est que la “conversation” à laquelle j’ai voulu me mêler ne s’en va nulle-part… pour l’instant, elle tourne dans le vide. Je ne parle pas de vous cher lecteurs et commentateurs, mais de la conversation politique qui a cours at large. L’élection provinciale à laquelle nous assistons présentement (pour la plupart malgré nous) en est un sacré bel exemple. Mais je ne perd pas espoir… nous sommes encore, je crois, entrain de vivre une évolution et un réalignement politique au sein de notre petite nation francophone… Mais je découvre que les réalignements sont beaucoup plus long et difficile à discerner lorsqu’on les vit en direct qu’il n’en parait lorsqu’on résume ceux de l’Histoire.

Parlant d’élections provinciales, le sujet de l’heure dans la sphère politique ces jours-ci semble être la fatigue et l’épuisement des blogueurs politiques. Pour ma part, je partage l’avis de Carl Boileau qui parle d’un épuisement davantage politique que blogosphérique… ce n’est pas tant que je ressente un “syndrome de la page blanche”… Je n’ai pas du tout perdu l’envie de bloguer… Et je ne partage pas le constat que fait Jimmy St-Gelais sur l’état de la blogosphere politique d’ici, moi je suis heureux de mon expérience dans cette sphère, je ne m’adonne pas à cette activité pour être cité dans les grands médias… Mon but est seulement d’être lu par une poignée d’individus (c’est sûr que j’aimerais toujours en avoir plus) qui sont intéressés par ce que j’ai à dire et qui participent, par leur apport et leurs réactions, à nourrir ma réflexion (et moi la leur, j’espère). Dans cette perspective, c’est mission accomplie pour mon aventure blogosphérique… Non, c’est juste que suite à l’élection américaine dans laquelle j’étais lourdement investi depuis 2003 (et aux dernières fédérales) j’ai envie de mettre la politique de coté pour un bout et parler d’autres choses.

En fait, ce n’est pas tant une envie qu’un besoin en ce moment.

[À suivre]


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