2008/11/01

Mon angoisse bilingue et la vérité derrière ce blogue

Sorry folks… but the other side of my brain is leaking more and more in this space and I don’t think it’s going to stop if I’m to go on blogging.

Voyez-vous, lorsque j’ai démarré ce blogue, j’étais dans une situation où cela faisait un bon nombre d’années que je travaillais dans un environnement 95% anglophone. À peu près les seules personnes avec qui je parlais français dans ma vie professionnelle étaient deux jeunes chinois qui, amusante coïncidence, étaient allés à la même école secondaire que moi (mais bien après mon temps) dans l’ouest de Montréal. (I’m telling you guys, the system works!). Ceci dit, tout comme ils se parlaient sytématiquement en français entre eux lorsque personne d’autre n’etait impliqué dans leur conversation, dès que quelqu’un d’autre que moi y était impliqué tout se passait 100% en anglais. Ce qui fait que la vaste majorité de mon temps était passé à travailler, à penser et à vivre en anglais (ce qui ne me pause aucune difficulté… technique). [Comprenez-moi bien, je ne dénonce aucunement cette situation, j'étais dans une petite boîte privée unilingue anglophone à la fine pointe de la science informatique peuplée de gens provenant de partout sur la planète et je n'ai aucun problème avec l'existence de telles boîtes dans ma société. L'anglais est et demeurera bien après notre mort à tous, la langue de la planète et c'est bien qu'il y en ait une.] Mais ajoutez à celà un régime de médias d’information et de divertissement composé à plus du deux tiers de contenu anglophone (qui à son tour est composé à environs 90% de contenu américain) et une vie sociale composée presque entièrement de gens aussi bilingues que moi, en plus d’une vie “virtuelle” émergente qui s’annonçait à l’époque 100% anglophone et le lancement de ce blogue se révèle comme ce qu’il est: un géant cri de l’âme identitaire. Un besoin de trouver un endroit pour exprimer mon identité francophone profonde et d’affirmer que malgré le fait que je sois aujourd’hui à tous les niveaux 100% bilingue, ma langue maternelle est le français et que l’anglais ne l’est pas.

Mais voilà, aujourd’hui c’est tout le contraire. Je me retrouve maintenant dans un environnement professionnel (une autre petite boîte privée) peuplée presque entièrement de québécois “d’origine canadienne-française” où tout se passe essentiellement en français et tout à coup, c’est mon côté anglophone qui commence à se sentir de plus en plus étouffé. Du moins c’est ce que je constate depuis peu en me relisant …et aussi en constatant mon manque grandissant de patience à me forcer pour vous exprimer dans la langue de Molière (exigée par les prétentions de l’espace que j’ai créé ici.) les idées et concepts qui me viennent spontanément à l’esprit dans la langue de Shakespeare.

Je sais que je m’aprète à répendre un cliché grossier mais cela reflète mon expérience identitaire que j’ai beaucoup plus de difficulté à monter un argument qui fait appel à la passion en anglais alors que j’ai davantage de difficulté à monter une argumentation profondément claire et …logique (à la M. Spock) dans ma soi-disante langue maternelle.

J’angoisse et je me penche profondément sur les causes et les implications de la crise financière/économique que nous vivons depuis peu. Mes propres convictions ont été ébranlées récement… Je suis loin d’être un expert en économie (il existe des profs dans le système public qui ne devraient tout simplement pas y être, mon prof d’économie de secondaire V en est un, vivement un système qui ne tolère plus cela… [soupir]) mais je suis, de par ma profession, un expert en sytèmes complexes… c’est un sujet dont j’ai envie de parler mais le fait que mon approche est en grande partie celle d’un informaticien (partie profondément anglophone de mon esprit) combiné au fait que toute l’expertise sur le sujet se retrouve au centre de la tempête et s’exprime dans la langue de l’Empire fait en sorte que j’ai beaucoup de dificulté à en parler clairement entièrement dans celle du village gaulois.

Je ne sais plus quoi faire… le coté anglophone de mon esprit commence à se déchaîner et cela se combine de plus en plus à certaines choses dont j’ai envie de parler. 

Ce blogue perdrait-il sa crédibilté (pour le peu qu’il en ait) si je me mettais à publier une certaine quantité (disons 20%) de billets entièrement dans la langue de nos voisins? Et si je me mettais plutôt à user de plus en plus librement des deux langues à l’intérieur de certains billets? Devrais-je démarrer un autre blogue pour ce coté de mon esprit? Le liriez-vous?

L’opinion du peu de lecteurs fidèles que j’ai attiré ici m’est chère.

J’ai tellement peur de faire un Justin Trudeau de moi-même.

[Longue pause et réflexion sur le cas de Justin.]

Ah et puis merde, j’ai juste à me forcer.

Mais il va probalblemrent continuer a y avoir du coulage… I don’t think it can be helped anymore… but I’ll try to be careful and judicious about when to let it happen.


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2 commentaires sur “Mon angoisse bilingue et la vérité derrière ce blogue”


  1. Renart L'éveillé dit:

    Moi, personnellement, il faut que ça me tente (ou que je sois obligé) de lire de l’anglais. Et ça ne me tente pas souvent…

    Ma vie intellectuelle est bien remplie juste avec ce qui est disponible en français.

    Mais bon, il faudrait que j’en lise plus pour m’améliorer, c’est sûr!


  2. Alain B. dit:

    Ne t’en fais pas… après réflexion, je vais continuer à laisser couler les phrases et expressions occasionnelles dans la langue de Shakepeare, mais je ne publierai pas de long textes en anglais. En fait, peut-être… mais le jour où je le ferai, ce sera pour traiter de / m’adresser à la “nation” anglo-canadienne. (Ça me travaille depuis la fondation de ce blogue)

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