2008/10/21

Le déficit zéro pour les nuls

Le conseil de la fédération se termine avec l’annonce que nous retournons possiblement à une ère de déficit gouvernementaux afin de soulager les creux économiques à venir. Mais notre SuperPM Jean Charest nous annonce que ce ne sera pas un problème pour nous. Le Québec n’est pas près de retourner aux déficits d’entan.

Soit. J’espère qu’il a raison. Il est plus au courant des détails que moi (du moins, je prie).

Mais hier l’excellent Vincent Geloso répondait à cela par la question suivante:

Pardon, on a un déficit zéro? Logiquement, un déficit zéro implique que la dette ne croît plus vrai? Alors expliquez ceci…

Quel déficit?


Bonne question, n’est-ce pas? Comment se fait-il que notre dette croit à chaque année alors qu’on prétend pourtant produire un surplus année aprés année?

Je ne suis pas un expert (je m’inclus parmi les “nuls”), mais si je comprends bien, c’est grâce à une conception comptable qui permet “d’ammortir ses immobilisations”.

Je ne parle pas cette langue mais je crois comprendre ce que ça veut dire…

Cela veut dire (et n’hésitez pas à me corriger si j’ai tort) que si je suis une entreprise et que je dépense 100 000$ pour m’acheter des chaises, des bureaux et des ordinateurs, je ne suis pas obligé d’inscrire cette dépense en entier dans mes états comptables. Il m’est permit d’estimer que cet équipement me durera cinq ans et de n’inscrire qu’un cinqième de la dépense (20 000$) pour chacune des cinq prochaines années. Ce qui n’empèche pas qu’en réalité, j’ai tout dépensé la première année (et que je l’ai probablement emprunté).

De la même façon, lorsque le gouvernement dépense 100 million pour construire une route, il lui est permit d’estimer que la route durera 10 ans et de n’inscrire qu’une dépense de 10 million à ses livres de la première année. Donc même s’il n’a recueuilli que 20 million en taxes cette année là (et qu’il en a réellement dépensé 100), il peut quand-même dire qu’il a produit un surplus de 10 million au lieu du déficit réel de 80 million qu’il a produit.

Pour ma part je n’ai pas d’opinion sur la moralité de la pratique. ça me semble plutôt utile. Après tout, ce n’est pas une dépense qui reviendra l’année suivante et j’aurai toujours ma chaise, mon bureau, mon ordi, ou ma route. Dans l’optique où je veux présenter un budget de roulement annuel stable qui ne soit pas induement influencé par les fluctuations inévitables de ce genre de “grosse” dépense ponctuelle, pourquoi ne pas les “répartir” sur plusieurs années?

Mais les partisans d’un gouvernement modeste dénoncent la pratique et nous parlent d’un “déficit caché”.

Je me demande… Dénoncent-ils la même pratique dans le secteur privé?

Car si on exige que le gouvernement inscrive ce genre de dépense en entier l’année même, ne doit-on pas exiger la même chose du privé?

Et qu’est-ce que ça ferait à la confiance des marchés si soudainement tout le monde devait commencer à inscrire la réalité dans leurs états financiers?

[Soupir.] Si seulement c’était encore une question hypothétique.


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