2008/09/18 22:04

Crise financière américaine: la position des candidats

Un résumé légèrement cynique, mais tout-à-fait juste, des réactions respectives des candidats à la présidence américaine à la crise financière qui se trame depuis un bout et qui semble avoir atteint un certain paroxysme depuis quelques jours:

Obama: We’re in this mess because the fundamentals are bad, and the fundamentals are bad because the Republicans have been ignoring ordinary working people and their needs. Most of what I think we should do is not particularly germane, and what is germane I don’t want to explain in too much detail because I’m worried I might get it wrong. I’m sticking to my platform.

McCain: We’re in this mess because a bunch of Wall Street hot shots got us into it, but they won’t dare to pull that stuff when I’m in the White House, because I survived five years in a POW camp. Do I look like the kind of guy who hangs around with a bunch of Wall Street sissies who buy their shirts at Thomas Pink? Not on your tintype girlie-girl. 

J’ai tellement aimé que je me permet de tenter une traduction:

Obama: Nous sommes dans ce pétrin parce que les fondements [de l'économie] vont mal et les fondements vont mal parce que les républicains ont ignoré les gens ordinaires et leurs besoins. La plus grande part de mes idées sur ce qu’on devrait faire n’est pas pertinente à la situation. Et je ne veux pas trop entrer dans le détail de la partie qui l’est car je crains que je pourrais me tromper. Je m’en tiens à mon programme.

McCain: Nous sommes dans ce pétrin parce qu’un paquet de hot shots de Wall Street nous y ont plongé. Mais ils n’oseront jamais jouer de tels jeux quand je serai dans la maison blanche parce que j’ai passé cinq ans dans un camp de prisonniers de guerre vietnamien. J’ai-tu l’air du genre de gars qui se tient avec un paquet de femelettes de Wall Street qui achètent leurs chemises chez Thomas Pink? Not on your tintype girlie-girl. 

(J’abdique pour la dernière phrase de McCain. Le prix de mon admiration infinie à celui qui me suggère une tradution adéquate.)

Il y a matière à désespérer de chacune des positions. Et je sais que ça se veut équitablement méchant d’un coté comme de l’autre. Mais même dans cette caricature, je préfère Obama. Son hésitation est signe, selon moi, d’une des deux qualités essentielles à cette approche conservatrice à l’exercice du pouvoir que je préconise (et que ceux qu’on appelle aujourd’hui “conservateurs”, surtout américains, ont abandonné en faveur d’un fondamentalisme dogmatique sur le plan domestique et d’un zèle missionnaire en relations internationales).

La qualité dont je parle?

La prudence

c/c à Megan McArdle

Arrière-pensée: Pis depuis quand que c’est les républicains qui blâment les méchants financiers de Wall Street? Pfff… It’s a brave new world out there.


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9 commentaires sur “Crise financière américaine: la position des candidats”


  1. Félix dit:

    Que penses-tu de fi-fille anorexique?

    Pour ma part, je préfère la phrase d’Obama, il ne connais pas le sujet et ne veut pas s’avancer sur celui-ci et dire n’importe quoi. L’humilité d’accepté ses limites est une qualité rare que je respecte énormément. Nos politiciens ne savent pas tout et il serais temps qu’ils l’assume (surtout mme Verner).

    En ce qui concerne la réponse de McCain, je la trouve aussi pertinente que la venu d’un illuminé clamant que tout les problèmes au Québec viens de la “Clique du Plateau”. Non mais en quoi est-ce pertinant qu’il a été dans un camp de prisonnier de guerre pendant 5 ans? Il a étudié l’économie là-bas?


  2. Alain B. dit:

    Félix,

    C’est pas très gentil de lancer des épithetes de cette façon.

    Il y a quand-même une différence entre vegan et anorexique… ses obsessions alimentaires sont davantage un trait culturel féminin hérité de la bourgoisie citadine new-yorkaise où elle à grandie qu’une pathologie personnelle, je crois. Et la jeune dame me semble bien lucide et consciente de ses névroses.

    Voir ici: http://bloggingheads.tv/diavlogs/12755?in=10:02&out=15:40

    J’aime beaucoup Megan. Elle et Will Wilkinson sont deux jeunes penseurs qui insuffle un vent de fraicheur et de modération au courant de pensée libertarien (mon premier amour idéologique) qui m’avait perdu depuis longtemps par son trop grand utopisme.

    Si tu fais une recherche sur mon blogue avec son nom, tu verras que je m’y réfere souvent.

    Ceci dit, je suis davantage un fan de ses apparitions sur bloggingheads.tv que de son blogue… qui réussit souvent à me faire déprimer par rapport à mon illettrisme économique (et celui de la plupart de mes concitoyens).


  3. Félix dit:

    @Alain B,
    Je n’essayais pas d’insulté Mme McArdle, j’essayais de traduire la partie manquante à votre traduction de McCain. Je ne possède rien contre mme McArdle, ni rien pour. À vrai dire, ce dont je connais d’elle viens de vous. Désolé pour la confusion.


  4. Alain B. dit:

    Ha ha… oups…


  5. Alain B. dit:

    je crois que c’est le mot “anorexique” qui m’a confondu. Ce n’est pas vraiment sous-entendu dans l’expression “girlie-girl”.

    Ce n’est pas tant cette expression qui me pose problème (je suis cabable de trouver toutes sortes d’équivalents français) mais plutôt la phrase en entier.

    C’est surtout le “Not on your tintype” (équivalent de “not on your life”) que je n’arrive pas à traduire a ma satisfaction. Quoiqu’ici, le mot “tintype” est une blague sur son âge. (Voir ici: http://en.wikipedia.org/wiki/Tintype)

    Mais merci pour la suggestion!

    Et tu me vois embarrassé par la confusion.


  6. Félix dit:

    Ne sois pas embarassé, l’important est, qu’à la fin, nous nous soyons compris.


  7. M. Bergeron dit:

    Bonjour, Alain et à tous vos lecteurs!

    Ça me semble que j’ai déjà suggéré que Bushie était vraiment un cryptogauchiste. Evidemment, j’avais raison. Nous sommes devenus des socialistes! Ha ha!


  8. Alain B. dit:

    En tous cas, sans vouloir être cynique, au niveau de la campagne, ça ne peut qu’aider Obama. Il devient difficile maintenent de l’attaquer comme un “dangereux socialiste” qui veut se servir de vos tax dollars pour intervenir dans le libre marché, n’est-ce pas?

    It’s a sea change… après des décénies passées à ridiculiser le système de gouvernance européen, l’Amérique viens de s’y joindre.

    Comme vous dites: Ha ha!


  9. M. Bergeron dit:

    Oui, l’ironie mord, n’est-ce pas? Hélas, je crains qu’après huit ans de politiques éconimiques démocrates (God, I hope Obama wins!), mes concitoyens vont de nouveau élire un républicain pour détruire tout ce progrès-là. Political memory of goldfish, ’stie!

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