2008/09/07

À vos marques, prêts… Canada!

Élections fédérales à Montréal
Légende: Ahuntsic = 2, Jeanne-Le Ber = 24, Outremont = 47, Papineau = 48

Ça y est. On est en élection.

Quelques prédictions

Quoiqu’il arrive aux libéraux de Stéphane Dion, à qui plusieurs prédisent une autre raclée, on peut être assez assuré que sur l’île de Montréal, ils feront un gain de deux à quatre sièges.

La colère des commandites s’étant estompée, le Bloc n’arrivera pas à conserver Ahuntsic et Papineau, (Oh oui, les amis, le petit Justin s’en va nous “représenter” à Ottawa) …et je ne donne pas cher de leur emprise sur Jeanne-Le Ber non plus. Quoique dans ce dernier cas, un certain potentiel conservateur vient brouiller les cartes.

Mais le comté le plus intérressant de l’île, le plus difficile à prédire… sera le mien: Outremont.

La grande question: Mulcair et le NPD réussiront-ils à conserver le comté?

Je soupçonne que l’état plutôt moribond de la “question nationale” sur la scène fédérale fera en sorte qu’il n’aura pas trop de difficulté à retenir le vote bloquiste qui l’a élu à la partielle de l’an dernier. Mais la question plus cruciale est celle-ci: Où ira ce vote traditionellement fidèle aux libéraux qui, faché de certains écrits pro-palestiniens du dernier candidat de ce parti, l’a boudé en restant à la maison cette journée-là? Retourneront-ils au bercail? …Ou auront-ils été séduits par l’opération de charme ciblée des conservateurs qui sévit depuis un an …et ainsi donner le premier élu montréalais au parti de Stephen Harper?

Quoiqu’il arrive, trois partis, le NPD, le PLC et le PC ont une chance raisonnable de remporter mon comté ce tour-ci… et un quatrième, le Bloc, ne rêve pas entièrement en couleur en croyant possiblement pouvoir se faufiler dans la mélée.

Et moi, je vis une crise existentielle sans précédent par rapport à mon vote. (Et à la position que prendra ce blogue en période électorale)

Je vous en reparlerai… car c’est grave pour moi.

Comme avant-goût du fond de mon dilemme, je cède la parole à ma blogueuse (blogueure?) à saveur éconocentrophile* préférée, Megan McArdle, qui explique à Ta-Nehisi Coates (un autre de mes tops de la sphère ricaine) la différence entre les deux grandes solutions au changement climatique qui se font concurence dans les sphères idéo-politiques, soit la solution prisée par les progressistes: un marché d’échanges de crédits d’émissions (cap and trade) et celle prisée par les éconocentrophiles de la droite libérale et certains conservateurs économiques: une taxe sur le carbonne (carbon tax).

*Le terme “éconocentrophile” a été piqué à Renart L’éveillé.


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10 commentaires sur “À vos marques, prêts… Canada!”


  1. lutopium dit:

    Salut. Bien hâte de voir comment ta crise existentielle se terminera. Je viens de terminer la lecture de ton billet “Le dernier républicain” et j’imagine que tu donneras ton appui à Harper? À l’autre bout du spectre, j’ai également une hésitation à répondre sur mon choix. Je suivrai donc le même cheminement: je devrais annoncer mes couleurs en début de semaine. A+


  2. Alain B. dit:

    Hé hé! Tu ne te trompes pas en décelant mes sympathies naturelles avec Harper… Mais juste pour brouiller les cartes davantage, Voici où j’étais aux dernières provinciales… et j’ai voté pour Mulcair à la partielle fédérale d’Outremont.


  3. Tym Machine dit:

    Est-il juste de dire que Montréal n’a jamais vraiment compris les conservateurs et vice-versa (tout comme les autres grosses villes cosmopolites Vancouver et Toronto par exemple).


  4. Alain B. dit:

    Selon moi, c’est plutôt vice-versa.

    C’est à dire que ce sont les “conservateurs” qui ne comprennent pas les “urbains”. Le jour où ils réussiront à trouver la formule qui leur permettra d’inclure la droite urbaine et cosmopolite dans leur coalition sera le jour où l’on verra de véritables majorités “de droite”. Le problème, le paradoxe même, est que les éléments du conservatisme contemporain qui posent le plus problème à ce segment potentiel sont justement les éléments les plus chers à la base rurale… c’est à dire les questions de conservatisme social, avortement, mariage gai, etc…

    La quadrature du cercle n’est pas pour demain


  5. lutopium dit:

    Compartivement aux européens, notre passé politique est tellement “jeune”… Y’a pas si longtemps, les citoyens votaient pour le bleu ou le rouge. Selon les influences locales et le réseutage auquel tous aspiraient. On votait pour un bout d’asphalte, une tête forte, une influence, un homme qui paraît bien… Les choses commencent à changer. Les gens sont un peu plus au courant. Plusieurs d’entre nous votent maintenant pour les idées, les programmes…

    T’inquiètes pas, le cercle est loin d’être fermé du côté de la “gauche politique”… Pas évident pour moi de voter selon mes principes et mes idéaux. Jamais je n’aurais pensé voter par opposition à un parti politique. Ça viendra, faut être patient…


  6. Yvan St-Pierre dit:

    Salut Alain,

    Oui je respire encore, et bravo pour le boulot. Je voulais juste faire deux petits commentaires ici.

    D’abord, je pense que tu devrais modérer ton angoisse (de quoi je me mêle évidemment). C’est qu’un vote, en termes de contribution réelle à l’élection d’un gouvernement, est la chose la plus inutile qui soit, à la seule exception de ce que ton vote soit en position de briser une égalité parfaite, ce dont la probabilité est infinitésimale. Ça vaut pas la peine de prendre même le risque de traverser une rue de plus. (L’idée étant que ce que tu fais n’a aucune conséquence sur ce que des milliers d’autres personnes font, de toutes façons). La seule raison qui justifie d’aller voter est de contribuer au portrait des préférences de la population, pour orienter les choix des gouvernements qui seront élus indépendamment du vote de qui que ce soit en particulier. En fait, il serait bien de pouvoir avoir des cases pour les gens qui hésitent, ou encore de diviser notre vote, mettons deux-tiers pour un parti et un tiers pour un autre. Mais bon, ça prendrait des plus gros bulletins de vote, ça tuerait des arbres, etc.

    Deuxième point. C’est étrange, non, qu’un taxe sur le carbone plaise plus à droite, et le cap-and-trade à gauche? Après tout, la mise en marché des droits de polluer, c’est une idée des Chicago boys, et les taxes, c’est le pain et le beurre du public health de gauche. Enfin, c’est bien mélangeant tout ça.

    Ciao.

    Au fait, toujours partant pour un pichet après le 4 novembre? Je pensais bien que McCain avait fait une erreur avec Palin, mais ça semble pas si évident, finalement.


  7. Jacques Brassard est un néo-con (bis) - Le Petit Émerillon dit:

    [...] prend une petite pause de mes angoisses électorales pour ajouter mon grain de sel à toutes les réactions au texte de l’ex-ministre [...]


  8. Alain B. dit:

    Lutopium,

    Moi, j’ai pas vraiment de problème à ce qu’on vote “pour un bout d’asphalte”… en politique municipale, je me dis parfois que si on votait davantage pour “un bout d’asphalte” les choses iraient mieux à Montréal.

    Hé Yvan!

    Heureux d’avoir de tes nouvelles!

    Je commençais à me demander…

    La seule raison qui justifie d’aller voter est de contribuer au portrait des préférences de la population, pour orienter les choix des gouvernements qui seront élus indépendamment du vote de qui que ce soit en particulier.

    Tout-à-fait d’accord. Mais dans ce sens, mon angoisse est vécu (pour des raisons légerement différentes des miennes) par plusieurs électeurs de mon comté et elle est donc représentative du “portrait des préférences” de cet électorat. Mon vote n’a pas grand influence sur le “big picture” mais les discussion que j’ai avec les autres électeurs de mon comté avant l’élection en ont.

    J’en dirais davantage, mais je ne veux pas me scooper. Mes couleurs seront affichées en fin de semaine.

    Concernant le deuxième point, c’est vrai qu’il peut être étrange de voir que la gauche n’en est plus à promouvoir un projet hyper-régulatoire fonctionnant par fiat et par mandats… de type command and control… mais c’est plutôt un signe de l’évolution de la gauche. Quant aux “chicago boys”, ils se méfient des “fancy schemes” comme le “cap and trade” qu’ils considèrent plutôt “philantropes”… alors que ça fait longtemps qu’ils cherchent un moyen de cesser de taxer “la productivité” (le travail)… et qu’ils proposent plutôt de taxer “la consommation”. (les objections de gauche à de telles idées est que c’est extremement régressif pour les pauvres) Le concept d’une “carbon tax” représente leur meilleure chance pour faire avancer l’idée d’éliminer l’impôt sur le revenu.

    Es-tu bien mélangé là?

    Autrement, ce qui me semble le plus ironique, c’est qu’ici, le parti qui se veut l’alerenative progressiste responsable aux conservateurs propose la solution idéologiquement conservatrice au réchauffement climatique.

    Le pichet tiens toujours… Palin était un bon coup pour McCain, elle a rallié une base démoralisée… mais si nos voisins se lancent dans une guerres des bases comme la dernière fois, Les démocrates ont le nombre cette fois-ci.

    Quoiqu’il arrive, je maintiens ma prédiction: Obama par moins de quatre points.

    Et j’ai hâte de me faire payer le pichet.

    ;)


  9. Yvan St-Pierre dit:

    Alain,

    J’ai aussi hâte que toi de voir les couleurs que prendront les angoisses nord-américaines (et aussi de me faire payer un pichet - I say it’s a Bush-Gore 2 scenario). Je suis également d’accord avec toi eu égard à l’évolution d’une certaine gauche plus pragmatique (il était temps, vindieu, mais pas toute la gauche on s’entend), eu égard au cap-and-trade, mais c’est des raisons historiques qui justifient mon “puzzlement”. Ces idées nous viennent directement des travaux de Ronald Coase, un des multiples “Nobels” de l’U of Chicago, et pour qui il devrait exister en principe une solution de marché à la plupart des problèmes de biens publics ou d’effets externes.

    Par contre, je ne suis d’accord ni avec toi ni avec une gauche qui n’a pas tant évolué que ça, au fond, quant au fait que la taxation de la consommation soit a priori plus régressive que l’impôt sur le revenu. Direct ou indirect, tout impôt peut être peut être modulé de manière à être plus ou moins progressif. Quant au plan Dion, tu dois inclure dans ton analyse de son caractère idéologique, la tonne de mesures visant à alléger le fardeau incident de sa taxe sur les faibles revenus.

    Le vrai conservateur reste bel et bien Stephen Harper, avec son cadeau aux pétrolières déguisé en une prétendue baisse éventuelle de coût de transport qui ne se matérialisera même pas. Mais il lui faut certainement lui donner l’avantage politique de mieux savoir composer avec une conjoncture qui ne favorise précisément pas la réceptivité des électeurs pour les “fancy schemes”. Les New Deals, on fait ça quand ça va bien, pas quand ça va mal. Alors je vais voter rouge, mais je ne me fais aucune illusion. Je n’ai même aucune angoisse, à vrai dire.

    Ciao yet again.


  10. Outremont: Une lutte à deux - Le Petit Émerillon dit:

    [...] début de l’élection, je vous livrais ma petite analyse de mon comté d’Outremont et j’ai dit ceci: Quoiqu’il arrive, trois partis, le NPD, [...]

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