J’ai souvent dis que j’avais des sympathies conservatrices… je m’affuble moi même de cette étiquette… bien que je la définisse différemment de ce qu’on entend souvent en pensant à ceux qui s’en revendiquent (erronément, à mon avis) ces temps-ci.
Il y a des politiques qui me tiennent à coeur que seul ce parti porte en son sein… la mission en Afghanistan… la réhabilitation des dépenses militaires (après que des années de coupures du gouvernement Chrétien ait fait de notre appareil militaire une risée internationale)… la défense de notre souveraineté arctique (on traite souvent Harper de valet des américains, mais sur ce dossier, il est le seul à promettre de leur tenir tête et à poser des gestes concrets en ce sens)… le positionnement international du Canada comme puissance énergétique… une vision de l’histoire du pays qui commence avec Québec et le peuple français (croyez-moi, ce n’est pas banal du point de vue anglophone, je reproche aux canadiens anglais depuis toujours de ne pas avoir cette vision de l’histoire de leur pays d’où ils tirent pourtant tous les symboles nationaux autour desquels ils se rassemblent)… la valorisation de la responsabilité individuelle et familiale… pour en nommer quelques unes. La façon précise dont ces dossiers sont menés ne me plaît pas toujours, mais au moins, ils s’engagent à les mener.
Il y en a d’autres qui me posent de sérieux problèmes: Refus de reconnaître la gravité du défi des changements climatiques… Mépris pour le financement des arts (que je souhaiterais quand-même très différend de ce qu’il est)… désir d’imposer une hiérarchie de valeurs sociales et comportementales à l’ensemble de la société, incapacité à comprendre les sensibilités urbaines, allergie à l’homosexualité et surtout, surtout…
Cette obsession pour la répression criminelle envers les jeunes.
Comprenez moi bien, je ne suis pas contre la répression du crime (surtout violent) par les autorités, loin de là. C’est un élément essentiel à notre sécurité physique, notre liberté et notre bien-être collectif. Mais invariablement, à mon avis, mettre l’accent sur répression seule et à outrance, sans la jumeler à une approche compréhensive basé sur la prévention et la réhabilitation, comme on le fait au Québec, finit toujours par produire une insécurité plus grande que celle qu’elle cherche à atténuer. Et ce n’est pas comme s’il y avait matière idéologique à débattre ici. Les statistiques québécoises en contraste au reste du Canada depuis deux décennies démontrent de façon empirique que l’approche québécoise produit plus de sécurité.
Cet aspect de ce qui réunit les militants de ce parti a toujours été celui qui m’a fait le plus grincer des dents. Et à chaque fois qu’Ottawa parle de nous imposer un régime plus répressif (le droit criminel étant de leur juridiction), surtout lorsqu’il est question des jeunes, c’est là que mon sentiment souverainiste atteint son plus haut degré. Oui, je ferais la souveraineté pour cette raison bien plus que pour toute autre raison dite “identitaire”.
Et ce n’est nullement un sentiment de compassion pour les jeunes qui m’anime ici. (Bien que je dois admettre qu’une part de la charge émotive vient du fait que j’ai été moi-même un jeune “délinquant” urbain qui a fait plusieurs conneries (certaines graves) et que je me demande sincèrement si le membre productif de la société que je suis à l’âge adulte aurait même pu exister dans ce monde que les militants conservateurs imaginent)
Non. Ironiquement, mon raisonnement sur cette question est justement fondé sur mes principes conservateurs. En ce sens que je tiens par dessus tout à ma sécurité et à celle de ma société. Je la considère la condition préalable de ma liberté et celle de mes concitoyens. Et je suis convaincu, par des décennies de résultats concrets et mesurables, que l’imposition de mesures comme le premier ministre vient de proposer aujourd’hui pour animer sa base militante va en dégrader la qualité de façon substantielle.
Et voilà un prix que je ne suis tout simplement pas prêt à payer.
Je vous disait récemment que la perspective d’un gouvernement conservateur ne me dérangeait pas tant que ça.
Fini. Ils ont franchi la frontière de non-retour pour moi.
Je refuse de vivre dans un pays où un jeune de 14 ans peut être condamné à la prison a vie.












