Archives du 22 September 2008

2008/09/22 23:47

Harper vient de me perdre

J’ai souvent dis que j’avais des sympathies conservatrices… je m’affuble moi même de cette étiquette… bien que je la définisse différemment de ce qu’on entend souvent en pensant à ceux qui s’en revendiquent (erronément, à mon avis) ces temps-ci.

Il y a des politiques qui me tiennent à coeur que seul ce parti porte en son sein… la mission en Afghanistan… la réhabilitation des dépenses militaires (après que des années de coupures du gouvernement Chrétien ait fait de notre appareil militaire une risée internationale)… la défense de notre souveraineté arctique (on traite souvent Harper de valet des américains, mais sur ce dossier, il est le seul à promettre de leur tenir tête et à poser des gestes concrets en ce sens)… le positionnement international du Canada comme puissance énergétique… une vision de l’histoire du pays qui commence avec Québec et le peuple français (croyez-moi, ce n’est pas banal du point de vue anglophone, je reproche aux canadiens anglais depuis toujours de ne pas avoir cette vision de l’histoire de leur pays d’où ils tirent pourtant tous les symboles nationaux autour desquels ils se rassemblent)… la valorisation de la responsabilité individuelle et familiale… pour en nommer quelques unes. La façon précise dont ces dossiers sont menés ne me plaît pas toujours, mais au moins, ils s’engagent à les mener.

Il y en a d’autres qui me posent de sérieux problèmes: Refus de reconnaître la gravité du défi des changements climatiques… Mépris pour le financement des arts (que je souhaiterais quand-même très différend de ce qu’il est)… désir d’imposer une hiérarchie de valeurs sociales et comportementales à l’ensemble de la société, incapacité à comprendre les sensibilités urbaines, allergie à l’homosexualité et surtout, surtout…

Cette obsession pour la répression criminelle envers les jeunes.

Comprenez moi bien, je ne suis pas contre la répression du crime (surtout violent) par les autorités, loin de là. C’est un élément essentiel à notre sécurité physique, notre liberté et notre bien-être collectif. Mais invariablement, à mon avis, mettre l’accent sur répression seule et à outrance, sans la jumeler à une approche compréhensive basé sur la prévention et la réhabilitation, comme on le fait au Québec, finit toujours par produire une insécurité plus grande que celle qu’elle cherche à atténuer. Et ce n’est pas comme s’il y avait matière idéologique à débattre ici. Les statistiques québécoises en contraste au reste du Canada depuis deux décennies démontrent de façon empirique que l’approche québécoise produit plus de sécurité.

Cet aspect de ce qui réunit les militants de ce parti a toujours été celui qui m’a fait le plus grincer des dents. Et à chaque fois qu’Ottawa parle de nous imposer un régime plus répressif (le droit criminel étant de leur juridiction), surtout lorsqu’il est question des jeunes, c’est là que mon sentiment souverainiste atteint son plus haut degré. Oui, je ferais la souveraineté pour cette raison bien plus que pour toute autre raison dite “identitaire”.

Et ce n’est nullement un sentiment de compassion pour les jeunes qui m’anime ici. (Bien que je dois admettre qu’une part de la charge émotive vient du fait que j’ai été moi-même un jeune “délinquant” urbain qui a fait plusieurs conneries (certaines graves) et que je me demande sincèrement si le membre productif de la société que je suis à l’âge adulte aurait même pu exister dans ce monde que les militants conservateurs imaginent)

Non. Ironiquement, mon raisonnement sur cette question est justement fondé sur mes principes conservateurs. En ce sens que je tiens par dessus tout à ma sécurité et à celle de ma société. Je la considère la condition préalable de ma liberté et celle de mes concitoyens. Et je suis convaincu, par des décennies de résultats concrets et mesurables, que l’imposition de mesures comme le premier ministre vient de proposer aujourd’hui pour animer sa base militante va en dégrader la qualité de façon substantielle.

Et voilà un prix que je ne suis tout simplement pas prêt à payer.

Je vous disait récemment que la perspective d’un gouvernement conservateur ne me dérangeait pas tant que ça.

Fini. Ils ont franchi la frontière de non-retour pour moi.

Je refuse de vivre dans un pays où un jeune de 14 ans peut être condamné à la prison a vie.



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2008/09/22 06:30

Changement de rythme

métronome

Ne soyez pas surpris si ça me prend plus de temps à répondre à vos commentaire que je ne le faisait depuis quelques jours. (Je retiens surtout celui d’Emmanuel qui a répondu avec force et conviction à mon dernier billet et avec de bons arguments qui méritent de s’y pencher davantage… j’y viendrai.)

Mais comme je l’ai déjà expliqué à quelques reprises (voir le lien à la fin du billet)… je vis depuis plus d’un an (et encore plus depuis janvier dernier) une situation qui m’a permis d’investir beaucoup de temps à remplir ce petit espace virtuel de mes pensées et mes obsessions.

Mais tout ça change aujourd’hui: Je commence un nouvel emploi à temps plein (je ne peux vous exprimer à quel point j’en suis heureux) et j’entend m’y dédier pleinement et faire mes preuves… Un rythme de bureau de type 9 à 5 est quelque chose que je n’ai pas vécu depuis plusieurs années (mon emploi précédent ne m’imposait pas cette rigidité) et je vous avoue que je n’ai aucune idée comment cela affectera le rythme et la teneur des publications de ce blogue, sauf pour vous dire que ces élément seront certainement affectés. Une chose est sûre, à-partir d’aujourd’hui, Le Petit Émerillon change de dimensions dans les priorités de son auteur.

Mais n’ayez crainte, je ne vous abandonne pas. J’entend bien continuer à publier et à échanger avec vous. Et j’ai espoir qu’avec une baisse de fréquence des interventions viendra une hausse dans la qualité… mais ce n’est qu’une vague intention, un espoir. Comme je n’ai jamais réussi jusqu’ici à atteindre le niveau de qualité auquel j’aspire… je ne sais pas.

Merci à tous ceux qui m’ont accompagné dans cette aventure. En particulier à Renart L’éveillé qui m’a si bien accueilli à mes bébuts (avant qu’on s’apperçoivent qu’on étaient des vieux copains de cégep) et soutenu à certains (rares) moments où l’activité bloguale a minée mon moral.

Et comme je vous dis, ceci est loin d’être un adieu… 

C’est juste un nouveau chapitre.


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