Archives du 18 September 2008

2008/09/18 23:46

Josée Verner: les bras m’en tombent.

Avez vous vu la “performance” de Josée Verner à l’émission électorale de Patrice Roy ce soir? C’était la première fois que j’ai eu l’occasion de vraiment la voir en action. J’avais entendu des trucs pas très flatteur à son sujet, mais j’avais classé cela dans le dossier de notre mauvaise foi naturelle envers les politiciens. (Pour ma part, j’ai généralement plus de sympathie pour leur position… que je considère invariablement tragique.) Mais là, je comprend.

C’était ahurissant. Le sujet était évidemment les coupures conservatrices aux programmes de soutien aux artistes. Mais presque chacune de ses interventions ne faisait que démontrer sa totale absence de maîtrise des sujets qu’elle traitait… À un certain moment, pour éviter de répondre à une question pointue elle a simplement détourné l’attention en lançant que du temps des libéraux, le financement de la culture nous a donné le scandale des commandites. C’était complètement hors-sujet et ç’aurait été presque triste si ce n’était pas si… révoltant.

Malheureusement, un bogue informatique a fait en sorte que j’ai bâclé la vidéo et le fichier d’origine n’existe plus. Je n’ai donc pas réussi à l’ajouter à ma collection YouTube. (Grrr, pourquoi RDI rediffuse tant d’émissions la nuit, mais pas celle là? Et pourquoi n’est elle pas disponible sur le web? Je répète: Grrr.) J’aurais voulu l’exposer ici comme un autre exemple de notre droite politique québécoise qui n’est tout simplement pas ready for prime time (ou du moins pour un sympathisant potentiel comme moi).

Mais le comble, l’endroit où j’ai pété ma coche et me suis mis à engueuler ma télé, fait la clip au bulletin de nouvelles ce soir: Mme Verner nous fait une annonce inattendu que le programme de soutien et de promotion des artistes à l’étranger dont l’élimination par son ministère fait tant controverse ici (avec raison, la culture est un des endroits importants où je brise avec les idées conservatrices, le changement climatique en est une autre) sera remplacé par un tout nouveau programme “plus efficace” qui sera annoncé “le plus tôt possible”.

Mais lorsqu’on lui demande d’élaborer, de faire l’annonce tout de suite ou d’en donner des détails, elle refuse: “Pas en campagne électorale”, nous dit-elle.

Quoi?

Mais à quoi ça sert une campagne électorale si ce n’est pour dépecer les visées des programmes et initiatives proposés?

Et si l’intention derrière la coupure du programme était simplement de le remplacer par un autre dit “plus efficace” (et je suis bien prêt à croire qu’un tel programme méritait réforme) on nous l’aurait annoncé de cette façon dès le départ. Il se serait agi d’une “réforme”, pas d’une “coupure”.

Non, mais… c’est pas sérieux comme truc.

Ça sent pue l’improvisation.


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2008/09/18 22:04

Crise financière américaine: la position des candidats

Un résumé légèrement cynique, mais tout-à-fait juste, des réactions respectives des candidats à la présidence américaine à la crise financière qui se trame depuis un bout et qui semble avoir atteint un certain paroxysme depuis quelques jours:

Obama: We’re in this mess because the fundamentals are bad, and the fundamentals are bad because the Republicans have been ignoring ordinary working people and their needs. Most of what I think we should do is not particularly germane, and what is germane I don’t want to explain in too much detail because I’m worried I might get it wrong. I’m sticking to my platform.

McCain: We’re in this mess because a bunch of Wall Street hot shots got us into it, but they won’t dare to pull that stuff when I’m in the White House, because I survived five years in a POW camp. Do I look like the kind of guy who hangs around with a bunch of Wall Street sissies who buy their shirts at Thomas Pink? Not on your tintype girlie-girl. 

J’ai tellement aimé que je me permet de tenter une traduction:

Obama: Nous sommes dans ce pétrin parce que les fondements [de l'économie] vont mal et les fondements vont mal parce que les républicains ont ignoré les gens ordinaires et leurs besoins. La plus grande part de mes idées sur ce qu’on devrait faire n’est pas pertinente à la situation. Et je ne veux pas trop entrer dans le détail de la partie qui l’est car je crains que je pourrais me tromper. Je m’en tiens à mon programme.

McCain: Nous sommes dans ce pétrin parce qu’un paquet de hot shots de Wall Street nous y ont plongé. Mais ils n’oseront jamais jouer de tels jeux quand je serai dans la maison blanche parce que j’ai passé cinq ans dans un camp de prisonniers de guerre vietnamien. J’ai-tu l’air du genre de gars qui se tient avec un paquet de femelettes de Wall Street qui achètent leurs chemises chez Thomas Pink? Not on your tintype girlie-girl. 

(J’abdique pour la dernière phrase de McCain. Le prix de mon admiration infinie à celui qui me suggère une tradution adéquate.)

Il y a matière à désespérer de chacune des positions. Et je sais que ça se veut équitablement méchant d’un coté comme de l’autre. Mais même dans cette caricature, je préfère Obama. Son hésitation est signe, selon moi, d’une des deux qualités essentielles à cette approche conservatrice à l’exercice du pouvoir que je préconise (et que ceux qu’on appelle aujourd’hui “conservateurs”, surtout américains, ont abandonné en faveur d’un fondamentalisme dogmatique sur le plan domestique et d’un zèle missionnaire en relations internationales).

La qualité dont je parle?

La prudence

c/c à Megan McArdle

Arrière-pensée: Pis depuis quand que c’est les républicains qui blâment les méchants financiers de Wall Street? Pfff… It’s a brave new world out there.


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