Archives du 11 September 2008

2008/09/11 19:32

La crainte des conservateurs fait mal à Mulcair

Hmmm… ça regarde mal pour Mulcair dans Outremont.

Je sais que c’est un échantillon infime, mais voilà la septième personne dans mon comté à qui je parle de l’élection et tous me chante à peu près le même refrain. Tous ont des sympathies souverainistes ou le sont franchement et ouvertement, tous sont de gauche à centre-gauche et tous (comme moi) ont voté pour Mulcair à la partielle de l’an dernier et jusqu’ici, planifiaient de le faire à nouveau.

Mais aujourd’hui, ils sont déchirés… ils hésitent. Ils n’en reviennent pas d’en être rendu là, mais la terreur que leur évoquent l’idée d’une majorité conservatrice leur inspirent tous le même raisonnement: la seule façon de l’empecher est de voter… Libéral.


Billets similaires

2008/09/11 14:21

Over the Top ou Sauve qui peut! Les conservateurs arrivent!

Mes sympathies conservatrices ne sont pas étrangères aux lecteurs réguliers de ce blogue… mais je suis un être complexe et paradoxal, j’ai aussi de fortes sympathies progressistes. Après tout, j’ai voté pour Thomas Mulcair l’an passé. Et bien que j’aie de la dificulté avec plusieurs de leurs propositions, j’aime bien Layton et les néo-démocrates, ils sont sympa… et ils ont le mérite d’avoir le coeur à la bonne place.

Mais là, je n’ai pu m’empêcher de m’exclafer de rire en voyant cette pub:

Le pire c’est que je suis convaincu que ça correspond assez fidèlement à l’hystérie anti-conservatrice qui habite l’imaginaire de mes amis progressistes (qui sont présentement en crise à savoir comment diriger leur vote pour empêcher une droite unie d’accéder au “vrai” pouvoir). Mais c’est la transition quand arrive Jack avec la lumière et la petite musique d’espoir et qui dit: “Un seul geste et tout ça peut s’arrêter”… vraiment c’était trop. J’ai poussé un bon rire bien gras (ça fait du bien). Ce n’est pas tant le fond que la forme qui m’a fait rire.

Quoique même sur le fond, c’est vrai que je suis en “crise existentielle” face à mon vote, mais je ne suis pas de ceux qui craint si fortement un scénario où l’autre, j’ai des préférences, mais je n’ai pas vraiment de dent contre une tendance où l’autre. Je crois sincèrement que notre société est assez flexible et résiliente pour supporter les fantasmes de n’importe quelle formation politique sans trop de dégâts. Quoiqu’il arrive, cette fois-ci, moi je vote pour quelque chose, pas contre quelque chose

Peut-être est-ce pour ça que cette pub m’apparaît si comique. Mais je suis curieux, à ceux qui partagent la vision des conservateurs véhiculée dans ces images (et vous êtes plusieurs, ce me semble) une telle pub est-elle efficace? Vous donne-t-elle envie d’abandonner le Bloc pour voter vos convictions?

En tous cas, moi je suis avec L’équilibriste. Un vote pour le Bloc c’est un vote pour les conservateurs. Pourquoi ne pas faire alliance avec le reste du pays et augmenter la députation d’un parti qui pourrait vraiment leur faire obstacle?


Billets similaires

2008/09/11 09:09

Nostalgie et strip-tease politique: Mon premier «X»

Cela fera la quatorzième fois (et demi) que je place un “x” sur un bulletin de niveau provincial ou fédéral… et je n’ai jamais été aussi angoissé par l’emplacement de ce “x”.

Ça n’intéresse probablement que moi… c’est certainement un exercise narcissique de ma part, mais avant de vous exposer le fond de mon angoisse, j’ai cru bon faire le parcours de mes votes passés.

Deuxième partie: Mon premier “X”

J’ai commencé en vous parlant de mon rendez-vous manqué avec l’élection fédérale (historique dans mon comté d’Outremont) de 1988. Il me faut donc attendre encore presque un an, jusqu’à l’élection provinciale du 25 septembre 1989, avant de pouvoir enfin voter pour la première fois.

Je suis à cette époque un fervant admirateur de Robert Bourrassa et je me considère parfaitement en ligne avec les positions du PLQ autant sur le plan des politiques socio-économiques que sur les questions d’identité nationale. Du coté du PQ, Parizeau et les “purs et durs” ont reprit le contrôle depuis peu et le parti se remet, après avoir mis la question de coté pendant plusieurs années, à parler de souveraineté… mais du bout des lèvres, car pour l’instant, le focus est surtout à dénoncer l’accord du Lac Meech comme étant nettement insuffisant, un attrappe-nigaud pour le Québec. Mais en gros, c’est une élection ennuyante car personne (même pas Parizeau) ne doute du résultat. Le PLQ s’en va vers un deuxième mandat et Parizeau n’a d’autre ambition que de repositionner le PQ pour des victoires futures… car pour l’instant, le vote ”nationaliste mou” dont il a besoin pour accéder au pouvoir est encore lourdement investi dans le concensus général antourant l’accord du Lac Meech et donc presque entierement acquis aux libéraux. En plus, mon comté n’a jamais envoyé autre chose qu’un libéral à Québec… mon député est d’ailleurs un “gros nom”… le ministre de l’industrie et du commerce (et futur maire de Montréal) Gérald Tremblay, alors…

Disons qu’on est loin de l’excitation générée par l’élection fédérale de l’année précédente.

C’est dans ce contexte que je me retrouve derrière l’isoloir pour la première fois de ma vie, prêt à accomplir mon devoir de citoyen le plus solennelle, celui d’exprimer mon choix quant à celui ou celle qui ira me représenter à l’assemblée nationale… Je m’en souviens comme si c’était arrivé aujourd’hui, je suis là derrière l’isoloir, je place mon bulletin de vote sur la table, je prends le petit crayon à mine qui s’y trouve et je fige… soudainement frappé par la futilité absolue du geste de donner un vote de plus à un candidat dont je sais très bien qu’il en aura plus que nécessaire et dont le parti est assuré d’un autre tour au pouvoir. Ça ne dure evidemment que quelques secondes, mais pour moi, sur le coup, ça semble une éternité… une éternité pendant laquelle au lieu de simplement mettre mon “x” à-côté du nom de “mon” candidat, je me trouve plutôt aux prises avec une réflexion qui ressemble à ce qui suit:

L’opposition à l’accord du Lac Meech commence à s’organiser au Canada-anglais depuis la sortie de Trudeau et elle se fait sur une base fédéraliste idéologique. Le parti que j’appuie est une coalition entre nationalistes fédéraliste qui tiennent à ce que le Québec puisse se développer librement à l’intérieur du Canada et des fédéralistes idéologiques qui sont satisfaits du document de ‘82.  Il ne faudrait pas que mon parti ait tellement confiance dans ses chances électorales qu’il se mettent à plier devant les fédéralistes endurcis et les mécontents du R.O.C… Mieux vaut une victoire serrée, avec les souverainistes aux trousses, de façon à garder la pression sur la défense de l’accord et des intérêts du Québec. Et puisqu’il n’y a aucune chance que le péquiste gagne…

Et sur ce, je place mon “x” à coté du nom du candidat du PQ.

Mon premier vote fut donc un “vote stratégique”.

Et j’avais raison, ce n’est pas comme si M. Tremblay avait besoin de moi pour conserver son siège. (Mais imaginez si 3 000 personnes de plus avaient pensé comme moi)

Outremont

Candidats et
appartenance politique
Nombre de
bulletins valides
Pourcentage de
bulletins valides (%)
Majorité
Tremblay, Gerald (P.L.Q.) 11 774 49,90 2 964
Langevin, Marc (P.Q.) 8 810 37,34  
Bélanger, Mario (P.V.Q.) 1 893 8,02  
Loranger, Jean-Guy (N.P.D.Q.) 649 2,75  
Simard, Christian (P.I.) 168 0,71  
Chalifoux, Benoit (P.R.C.Q.) 136 0,58  
Dasylva, Claire (P.C.Q.) 64 0,27  
Filion, Yves (P.T.Q.) 52 0,22  
Rosner, Abe (P.M.L.Q.) 48 0,20  
Nombre total de bulletins valides : 23 594  (97,78 %)
Nombre total de bulletins rejetés : 536   (2,22 %)
Vote exercé : 24 130
Nombre total d’électeurs inscrits : 31 626
Taux de participation : 76,30 %

C’est ainsi que commence une longue tradition pour moi de traiter mon vote de façon plutôt cavalière lorsque je suis dans une “forteresse”.

Quant au résultats, Parizeau ne prend pas le pouvoir, mais il gagne son pari: Le PQ amélore considérablement son score par rapport à la raclée historique de ‘84 et dorénavant, il n’y a plus de doute, les souverainistes sont de retour en force. À noter aussi, l’apparition des “angryphones” en réaction à la loi 178, quatre candidats du Equality Party sont élus dans les comtés les plus anglophones de Montréal. Mais l’ironie de l’élection (et c’en est toute une) est que les deux chefs des grands partis sont battus dans leurs circonscriptions respectives… de pauvres backbenchers devront démissionner afin que les chefs puissent siéger à l’assemblée.

Et bien que rien de tout cela ne s’annonçait dans la campagne (ou si peu), sur le plan des batailles politiques, les prochaines années feront fortement contraste au calme relatif et aux accomplissements des quatre ou cinq années précédentes: La crise d’Oka. La défiance trudeauiste de Clyde Wells. L’affront de Sault-Ste-Marie. La mort de Meech. La naissance du Bloc Québécois. Les appuis à la souveraineté qui frôlent les 70%. Le rapport Allaire. La commission Bélanger-Campeau. Le départ fracassant de Mario Dumont et des jeunes libéraux. L’échec de la politique de la “chaise vide”. Le referendum de Charlottetown. La naissance de l’ADQ. La lutte à l’inflation menant à la crise des taux d’intérêts élevés menant à la crise des déficits et à la récession économique. L’effondrement des conservateurs… puis du PLQ. 

C’est dans un contexte bien différent que je placerai mon prochain “x”

À suivre.


Billets similaires

2008/09/11 00:14

Pourquoi j’aime bien mon député fédéral

Parce qu’il va à la télé et dit des trucs comme ça:

(Le sujet de départ est la sortie de l’ex-ministre péquiste Jacques Brassard contre le Bloc Québécois)

Il est fort mon député, non?

Sauf que ce n’est pas le vote “de gauche” qui a élu Mulcair à Outremont, c’est le vote nationaliste… Et ce n’est pas “Thomas Mulcair, candidat du NPD” qu’on a élu, mais plutôt “Thomas Mulcair, ex-ministre de l’environnement sous Charest ayant fait ses preuves d’intégrité en démissionnant pour une affaire de principe”.

Et il le sait très bien.


Billets similaires