2008/08/03

Calme américain, anxiété québécoise et le retour du goût d’écrire

Je sais, je ne publie pas beaucoup ces temps-ci. Que voulez-vous… c’est l’été.

En fait, c’est aussi surtout que je n’ai pas grand chose à dire…

La campagne présidentielle américaine commence enfin à se dérouler telle que mon esprit me dicte qu’elle se doit depuis le début (mis à part quelques moments de panique où j’ai failli perdre la foi…)

Malgré l’illusion d’une course dramatique et serrée que l’intérêt des médias (qui vivent un moment sans précédent du côté des cotes d’écoute de la couverture politique) dicte qu’ils continuent de nous présenter, la vague démocrate provoquée par le grand besoin de répudier le cauchemar de l’ère Bush est maintenant bien en place et (sauf cataclysme) absolument inévitable. La réhabilitation des États-Unis d’Amérique comme force positive et symbole d’espoir sur la scène internationale que plusieurs (dont Sullivan) prévoyaient sous Obama s’est entamée plus rapidement que je n’osais l’espérer.

L’inquiétude féroce qui m’habitait à ce moment-ci de l’année il y a quatre ans (alors qu’il m’aparaissait de plus en plus clair que Kerry se dirigeait vers une défaite qui n’était selon moi pas du tout inévitable et que je criais “God damn war heroes who turn into foolish old men!” dans mon salon) est complètement absente cette fois-ci. Le dernier vestige en fut cette ridicule hystérie dont j’ai été victime lors de l’interminable lutte à deux qu’est devenue la course à la candidature démocrate. Je dis ridicule car je soupçonne fortement que les mêmes forces que je décrit plus haut se seraient tout autant alignées sous Clinton et qu’à part un vague sentiment de déception à l’évanouissement du “rêve Obama”, mon sentiment présent au sujet de la dynamique américaine ne serait pas très différent.

Et pendant ce temps, juste pour me rassurer davantage, la campagne McCain (alias McThusalem) semble faire de son mieux pour nous livrer la reprise de Dole 96 que j’avais moi-même pressentie (et prédite lors d’un tac au tac avec l’Antagoniste en février dernier)

God bless war heroes who turn into foolish old men!

Du coté du sujet dont ce blogue a la prétention de se préoccuper, (”l’état de cette nation francophone d’Amérique à laquelle j’appartiens“) je dois vous avouer que, contrairement au paysage idéo-politique américain, mon silence sur ce front reflète plutôt un profond cafard.

Je suis complètement déprimé par l’état actuel du “nationalisme québécois”… reflété (entre autre) dans la petitesse et les mièvreries qui ont entourés les célébrations du 400e de Québec. Je suis presque autant déprimé par les réactions de vierges offensées (I’m shocked, shocked!) enfantines et totalement déplacées autour du choix d’un ex-Beatle comme clou de l’évènement que par le fait qu’il ne semble pas être venu à l’esprit du comité organisateur que le choix d’un chevalier britannique de sa très britannique Majesté que nos politiciens n’ont pas eu le courage d’inviter (ce qui me déprime encore plus, j’y viendrai) contrastait étrangement avec l’idée d’un évènement sensé célébrer 400 ans de présence francophone en Amérique… Céline n’était-elle pas disponible?

[Pour quelqu'un qui a commencé en disant n'avoir pas grand chose à dire, je m'aperçoit soudainement qu'en fait, j'en ai gros sur le coeur... mon silence à ce sujet reflète davantage un trop plein qu'un manque...]

Je pourrais encore continuer longtemps, mais je vais plutôt me retenir et éviter la montée le lait typique… J’essaierai plutôt d’encapsuler mes pensées de façon plus concise dans les jours qui viennent.

Je dois aussi me remettre à une lecture plus approfondie des évenements locaux (que je n’ai suivi que de très loin cet été) …maintenant que je peux dormir tranquille au sujet des présidentielles.

En plus que ça commence à sentir les élections à Ottawa…


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2 commentaires sur “Calme américain, anxiété québécoise et le retour du goût d’écrire”


  1. lutopium dit:

    Salut. Faut bien profiter de l’été… Je suis un peu dans le même “mood”. J’ai toujours envie d’écrire un peu, garder contact avec la blogosphère et le réseau qui se créé autour, mais les longues analyses… ça sera pour l’automne! Je te rejoins entièrement dans ton inconfort vis-à-vis certains nationalistes québécois qui semblent faire des crises d’urticaire avec un tout et un rien. Il faut choisir ses batailles, autrement, la pertinence de la cause perdra de ses couleurs aux yeux de ceux qui cherchent encore des réponses et des arguments… Tout nationalisme doit être traité avec intelligence, tact et souplesse. Autrement, ça ne fait que jeter de l’huile sur le feu. Parfois de paille. Parfois, j’ai l’impression que cette discorde est tout à l’avantage de l’aristocratie. Pendant que les pauvres gens se disputent, les bourgeois jouent au golf et préparent la réélection de John Charest.


  2. Alain B. dit:

    Merci pour la pensée…

    Je suis certain qu’on se rejoint dans notre inconfort face aux attitudes de certains nationalistes… il sera plus interéssant de voir à quel point on se rejoint dans notre vision d’un nationalisme sain… mais c’est là l’intérêt de la discussion, n’est-ce pas?

    Selon moi, cette discorde profite surtout à ceux qui la sèment pour atteindre le pouvoir ou s’y maintenir… ils y ont tous le doigt, qu’il s’agisse de JohnnyC, Madame La Marquise ou Ti-Jo Mario… (ce dernier étant particulièrement maître dans l’art)

    Pour tout dire, force m’est d’avouer qu’à voir la progression des deux autres à ce stade-ci… je me retrouve, à ma très grande surprise, presque …sympathique… à l’idée que les rouges conservent le pouvoir.

    Et pourtant, j’avais tant d’espoir pour le PQ dernièrement.

    [Soupir]

    Au plaisir.

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