Archives du mois de August 2008

2008/08/29 10:10

45 ans…

…pour se rendre de là:

…à ici:

Chaque génération avance en grimpant sur les épaules de la précédente.


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2008/08/27 21:39

Kabuki History

Et voilà, c’est officiel. Plus tôt aujourd’hui, le parti démocrate a officiellement nommé “par acclamation” Barack Obama son candidat à la présidence. Ça s’est produit avec un vieux rituel qui autrefois servait réellement à élire un candidat, mais qui aujourd’hui en est réduit à une espèce de théâtre kabuki scripté pour l’occasion… et pour les livres d’Histoire.

Ça ressemble de plus en plus au théâtre politique de la “république” de l’ancienne Rome.

Mais c’est tout de même l’Histoire, la vraie.

Et ça s’est produit aujourd’hui:

Et c’est ainsi que le pays le plus critiqué d’occident fait ce qu’aucun autre,  malgré le sentiment universel de supériorité morale vis à vis la culture américaine, n’a encore fait: Nommer un candidat sérieux, de racines visiblement africaines, à la direction du pays.



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2008/08/27 15:16

Distraction de la semaine: Camouflage

Le photographe chinois Liu Bolin peint ses sujets afin de les faire fondre dans le paysage:

Voyez plusieurs autres clichés tirés de l’exposition “Camouflage”, ici et ici. (Ça vaut le détour)

(Via le Dish)


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2008/08/27 10:05

Il était une fois, Montréal et la politique identitaire

Arrêt

Stop


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2008/08/26 21:59

[Mauvais jeu de mot sur le nom de fournisseur X]


[Ajout 1er septembre]: Désolé pour la censure… mais les exigences de ma vie professionnelle viennent d’entrer en conflit avec mes activités blogosphériques.

Jeudi dernier, je vous faisait part d’une expérience qui m’était apparu tellement extraordinaire que j’ai cru que nous approchions possiblement de l’apocalypse. Je venais de raccrocher avec le service à la clientèle de [Fournisseur X] après avoir appelé pour me plaindre / obtenir une explication au sujet d’un détail sur ma facture… et j’était content du service obtenu! C’était tellement inédit que j’en ai fait un billet.

Eh bien les amis, ne vous inquiétez pas… fausse alerte. Le lion mange toujours la brebis et le service à la clientèle de [Mauvais jeu de mot sur le nom de fournisseur X] est aussi pourri qu’il a toujours été. Tout est à sa place dans le plus constant des mondes.

Et moi, j’ai été sans service Internet depuis samedi jusqu’à aujourd’hui.

Le mec m’avait pourtant dit que tout irait bien, que j’allais recevoir mon nouveau modem lundi, et qu’il faudrait que j’appelle pour activer le nouveau service avant de le brancher. Mais samedi matin, plus de service… J’appelle, on me dit que le nouveau service vient d’être activé et que mon vieux modem n’est plus compatible… il faut que j’attende le nouveau modem… qui n’arrivera que lundi.

-Ben là, dis-je, pouvez vous réactiver le vieux service en attendant?

-Non.

S’en suit une longue discussion ou je perd de plus en plus patience pendant que j’extrait une explication quant à leur système de facturation qui expliquerait pourquoi il est strictement impossible de me redonner le service que j’avais le jour d’avant en attendant mon nouveau modem et que j’exige d’obtenir un crédit pour les jours où je serai sans service. Un gros quatre piastres, yay.

Evidemment, le modem n’est venu qu’aujourd’hui (pas lundi) et j’ai finalement pu l’installer ce soir.

Ce qui confirme une des grandes loi de l’univers: Les choses ne se dérouleront jamais comme le préposé au service à la clientèle de [Fournisseur X] vous dit qu’elles se dérouleront. (Une autre de ces loi dit: Il est impossible de communiquer avec les service à la clientèle de [Fournisseur Y, le compétiteur de fournisseur X] sans qu’on assaie de vous vendre un service que vous n’avez pas encore.)

Désolé pour mon silence, (surtout que j’avais l’intention, en fin de semaine, de finalement me joindre à la discussion fascinante qui a émergé suite à ce billet) mais voilà, j’étais sans accès à l’agora virtuel… à cause d’une “erreur administrative”.

Mais au moins, c’est pas l’apocalyspe.

Fiou.


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2008/08/23 08:17

C’est Biden

Et voilà. Ma première bonne prédiction.

Pour en connaître davantage sur ce nouveau candidat démocrate à la vice-présidence. Je vous conseille la chronique d’hier de Brooks.


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2008/08/22 14:37

Porno pour obamaniaques

Obama Porn

Vous savez les amis, je fais de sérieux efforts pour délaisser la politique américaine au profit des préoccupations dont mon blogue se targue. Mais j’avoue que ce sera difficile dans les jours à venir… avec le congrès à la nomination démocrate qui va dominer les images dans ma télé et la section (maintenant réduite) de ma page Google dédiée à la grosse nation d’à-côté… [Ces dernières semaines, j'ai multiplié par un facteur d'au moins cinq le volume de mes abonnements RSS à du contenu francophone.]

Et aujourd’hui, avec la veille au co-listier qui tient tout le monde en haleine, j’avoue que mon attention est plutôt portée de ce coté. (Et oui, je me suis moi-aussi inscrit à la liste de distribution du message texte qui est sensé l’annoncer au monde entier en même temps… [soupir] J’ai honte.)

Obama Porn

En attendant, voici une petite dose pour satisfaire ceux qui souffrent de dépendance à l’Obamanie de la part de la journaliste-vedette à l’emploi de Time, Karen Tumulty.

Un diaporama des meilleures photos prises tout au long de la (très) longue campagne qui à menée Obama jusqu’ici… avec narration par la journaliste parsemée d’extraits de discours de Celui Qui Inspire.

Bon trip.

Obama Porn


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2008/08/22 08:58

En attendant Biden

Je sais, je vous avais dit que l’annonce serait faite mercredi, mais c’est pourtant bel et bien ce que la tête parlante dans ma télé avait annoncé quand j’ai écris le billet.

Mais voilà, hier soir Obama annonçait que la décision était prise et s’il ne l’annonce pas aujourd’hui, ce sera demain. Je ne vois pas comment ça peut tenir plus longtemps

Ceci dit, depuis que j’ai fait ma “prédiction”, il est devenu clair que je n’étais ni le seul à prédire Joe Biden ni le seul à l’espérer. La fébrilité médiatique autour de sa personne a été démesurée depuis trois jours. Jusqu’à ce pastiche délirant d’une session de clavardage entre les quatre candidats potentiels qui décrit très bien la situation. (Le pseudo de Biden est simplement “The Man”)

Et voilà que Brooks se lance dans la mélée et avoue lui aussi espérer Biden en nous livrant un profil de l’homme.

J’ai décrit Biden comme “un sénateur du Delaware bien connu pour sa motricité verbale”. La vérité est qu’il est un de mes sénateurs américains préférés. Il est vraiment intéressant à entendre parler… même s’il est clair qu’il pense la même chose.

Brooks nous dit pourquoi:

Biden’s most notorious feature is his mouth. But in his youth, he had a stutter. As a freshman in high school he was exempted from public speaking because of his disability, and was ridiculed by teachers and peers. His nickname was Dash, because of his inability to finish a sentence.

He developed an odd smile as a way to relax his facial muscles (it still shows up while he’s speaking today) and he’s spent his adulthood making up for any comments that may have gone unmade during his youth.

Today, Biden’s conversational style is tiresome to some, but it has one outstanding feature. He is direct. No matter who you are, he tells you exactly what he thinks, before he tells it to you a second, third and fourth time.

Heh.

J’espère vraiment que ce sera lui… sinon beaucoup de monde auront écrit bien des mots pour rien.

Et ça me ferait au moins une bonne prédiction.

Ajout 12h43: La tension monte… il y en a qui n’en peuvent plus d’attendre… d’autres commencent à prédire que tout ce suspens présage une surprise… genre Clinton. What a ride! Weeeeee!!!!!

Re-ajout 20h40: Nous avons maintenant la confirmation que ce ne sera ni Bayh, ni Kaine…. Ce sera donc Biden ou… qui? L’annonce ne viendra pas ce soir. Demain midi, il apparaîtra avec son co-listier à Springfield, en Illinois, là où il a débuté sa campagne. Ils vont attendre à la dernière minute avant de faire l’annonce.

Re-re-ajout: 23 août 8h06: Le messages est rentré à 3h00 du Matin, (et Sullivan croyait faire une blague)… C’est Biden. Ma première bonne prédiction! Youpi!


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2008/08/21 21:01

Un message du député de… Saskatoon-Wanuskewin?

La semaine dernière, jeudi pour être plus précis, quatre jours après les événements désolants qui se sont produits à Montréal-Nord,  je rentre chez moi et je trouve ceci dans ma boîte à malle:

Wow. Ça, c’est de la réaction rapide, mes amis.

Ça, ça veut dire que dès lundi matin, quelqu’un à Ottawa, en voyant les nouvelles du jour, s’est dit: “Hey! We should use this opportunity to blanket Montreal area ridings where we think we have a shot with some of our anti-crime litterature.” Et quatre jours plus tard, le comté d’Outremont (et je ne sais quel autre) était tapissé de cette jolie feuille de papier de huit et demi par onze. (Pôv ti-z’arbs)

Pfff… Ils sont fort ces conservateurs, n’est-ce pas? En anglais on dit ruthless… ou sans scrupules.

Et n’est-ce pas gentil du député de Saskatoon-Wanuskewin de tant se préoccuper de mon comté qui pourtant, n’est vraiment pas à côté du sien?

Ça me rappelle la fois, l’an dernier, où le très honorable député de Calgary-Southwest m’avais personellement souhaité une bonne année …en septembre!

Ça me fait tellement drôle d’enfin habiter dans une circonscription qui ne soit plus considérée une “forteresse” libérale et que tout le monde espère prendre. Je sais que mon coin de Côte-des-Neiges est toujours ignoré du Bloc qui se concentre sur “le haut de la côte” (l’UdM) et “l’ancienne ville” d’Outremont comme telle, là où sont les francophones “d’origine canadienne française”… (ça fait longtemps qu’ils ont laissé tomber les “communautés culturelles”) Mais voilà un an que tout ce que je reçois, c’est l’occasionelle missive des Conservateurs et plusieurs autres de mon député tout frais du NPD (qui ne s’est guerre calmé dans son acharnement à gaspiller des arbres depuis qu’il est élu).

Ma seule question est…

Où sont les Libéraux?

Ajout: Avez vous remarqué? En dessous du nom de Gille Duceppe, il est seulement écrit “Bloc” et non “Bloc Québécois“. Tsk, Tsk… Silly conservatives… Trix are for kids!


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2008/08/21 18:47

C’est l’apocalypse!

Je viens d’avoir une expérience qui me fait remettre en question les fondements même de la réalité. Il y a quelques instants, j’ai racroché avec le service à la clientèle de [FournisseurX]

…ET J’ÉTAIS (TRÈS) SATISFAIT!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Je vous épargne les détails, mais disons seulement que j’étais faché en appelant et maintenant, j’ai un mois d’Internet gratuit!

C’est tout simplement miraculeux… du jamais vu!

Je flotte…


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2008/08/21 16:48

Méfiez-vous des mots d’août

Martin Petit est radioactif aujourd’hui.


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2008/08/20 19:10

S’éclater pour la planète

Une entreprise européenne a mis au point une technologie qui permet de générer de l’énergie à partir de… vos stepettes sur le plancher de dance:

The system, developed by SDC together with scientists at the Technical University of Delft and architects from a Dutch firm called Döll, involves a network of springs and magnets that convert downward movement mechanically into energy.

Club Watt, of course, doesn’t want its floor to be too bouncy — otherwise its dancers might be thrown off balance. But the floor will have a give of one centimeter, enough to generate 5 to 10 watts of electricity per dancer. SDC estimates the eco-club will require about 2,000 people moving at once to keep the place bright.

Le système serait déjà en place à Londres et à Rotterdam et permettrait aux clubs en question de générer 30% de leurs besoins en énergie.

Non, mais quand-même… c’est fort.

Vive la technologie.

(Via le Dish)


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2008/08/20 11:42

La société distincte n’est plus

Ça y est, nous sommes maintenant complètement assimilés.



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2008/08/20 08:28

Curiosité de la semaine: « I’m not Micheal Phelps »

Pauvre gars…


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2008/08/19 16:48

Crimes et perceptions

Suite à mon dernier billet, je suis retourné faire un tour du coté de chez Martineau qui a (pour une rare fois) ce matin, lancé une question pertinente ayant inspiré la discussion d’aujourd’hui

Après avoir cité le directeur du SPVM qui nous dit que la criminalité est en baisse depuis plusieurs années à Montréal et que “la ville n’a jamais été aussi sécuritaire qu’aujourd’hui”, Martineau pose la question suivante:

Selon vous, pourquoi autant de Montréalais ont l’impression que leur ville est dangereuse, alors que dans les faits, c’est le contraire?

La première lectrice à lui laisser un commentaire lui a fait une réponse que j’aime tellement, que je me permet de la reprendre ici (à ma façon).

La réponse à la question de M. Martineau?

Trois mots:

Journal. De. Montréal.


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2008/08/19 16:03

Courage en baisse chez les honnêtes montréalais?

Du moins, c’est comme ça que certains interprètent le fait que les statistiques affichent une baisse de la criminalité à Montréal… Rejoignant cette étrange pathologie nord-américaine qui veut qu’on se sente moins en sécurité alors qu’on mesure partout une nette baisse d’incidents criminels violents depuis 30 ans, ces gens se sont convaincus que les statistiques (qui pourtant reflètent sensiblement le même phénomène dans toute les grandes villes d’Amérique du Nord) doivent être dans l’erreur. Pour eux, cette baisse dans les statistiques s’expliquerait plutôt par le fait que les citoyens d’aujourd’hui, plus craintifs qu’autrefois, rapportent moins ces incidents par peur de représailles et par une police laxiste qui serait moins zélé qu’autrefois à les enregistrer lorsqu’ils se produisent.

J’ai peine à en croire mes oreilles.

Donc, selon cette hypothèse, il faudrait croire que partout en Amérique du Nord, malgré la venue d’Internet, malgré la prolifération de l’info continue, malgré les caméras dans le métro, malgré la venue de cette société de l’information totale où plus personne, aussi bas ou haut placé qu’il soit, n’arrive à magouiller en secret, malgré les préoccupations constantes de la population (surtout aux États-Unis) sur ces questions, il n’y aurait eu aucune amélioration et que cette même population qui criait haut et fort son ras-le-bol d’une criminalité hors de contrôle à la fin des années 70, serait aujourd’hui tellement paralysée par la peur qu’elle n’ose plus faire appel à la police?

Il me semble que ça pousse le fantasme à l’extrême.

Mais putain! Où étaient ces gens en 1981? Ne se souviennent-ils pas du carré Saint-Louis infesté de seringues… que personne sauf les plus téméraires n’osaient traverser de peur d’être “taxé”? Ne se se souviennent-ils pas de quoi avait l’air le coin de Sainte-Catherine et Saint-Laurent, à cette époque? (Pour ceux qui en sont encore découragés, croyez-moi, c’était 100 fois pire!) N’ont-ils pas constaté l’extraordinaire transformation du Plateau d’un repère de misère noire infesté de drogue et de crime en cet endroit (toujours infesté de drogue) où il fait si bon vivre aujourd’hui (si on peut se le payer)? Où étaient-ils en 1988, quand le sud d’N.D.G. (aujourd’hui un petit oasis paisible) était la scène de fusillades hebdomadaires? Comment expliquent-ils la transformation de Cote-des-Neiges, qu’on avait peur de visiter en 1991 et qui fait maintenant partie du second arrondissement le plus sécuritaire de la ville? Et demandez à quelqu’un qui a grandi à Hochelaga pour voir s’il vous dira que c’est “aussi pire” qu’avant…

Car non seulement les statistiques démontrent-elles une baisse dans les incidents per capita, mais dans la plupart des cas, on constate une baisse nette dans le nombre brut d’incidents et ce, malgré l’augmentation de la population… et malgré la nette augmentation dans l’identification des incidents de violence domestique depuis 40 ans.

Et vous? Qu’en pensez-vous? Avez-vous l’impression qu’il est plus dangereux de vivre à Montréal aujourd’hui qu’il y 25 ans? Votre humble serviteur est-il dans les patates de croire les statistiques lorsqu’elles cadrent avec son vécu?

c/c à la grand yeule de Martineau pour avoir lancé la question ce matin


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2008/08/18 22:06

Prédictions…

Boule de crystal

Bon. Je n’ai pas un très bon dossier en ce qui a trait à faire des prédictions politiques et électorales depuis que j’ai commencé à bloguer, il y a environs 2 ans. Je vais donc m’en permettre une ce soir qui devrait au moins améliorer mon score, qui demeure nul à ce jour.

Alors tenez vous bien… Le Petit Émerillon prédit officiellement ce soir que le vainqueur de l’élection partielle dans le compté fédéral de Westmount-Ville-Marie sera:

Marc Garneau (Lib).

Voilà. Ça devrait au moins m’en faire une de bonne.

Avec cela, maintenant que je me sens en confiance… je m’en permet quelques plus risquées.

Mercredi prochain, Barack Obama annoncera son co-listier (ça c’est pas une prédiction, ils l’ont dit aujourd’hui) on s’entend pour dire qu’il s’agira d’une des trois personnes suivantes: Tim Kaine, gouverneur de la Virginie; Evan Bayh, un sénateur de l’Indiana et supporteur majeur d’Hillary Clinton; et Joe Biden un sénateur du Delaware bien connu pour sa motricité verbale qui s’était aussi présenté pour la nomionation démocrate.

Le Petit Émerillon prédit que le candidat démocrate à la vice-présidence sera:

Joe Biden (Du moins je l’espère… il est si divertissant)

Maintenant, ma plus risqué:

Les présidentielles américaines seront remporté par:

Barack Obama …mais seulement par 2 à 4 points.
Par contre, la victoire démocrate au congrès sera écrasante. Ils obtiendront une “supermajorité” leur permettant de passer outre l’opposition pour faire passer leur programme. (Une rareté dans le système américain)

Et une petite dernière:

Il y aura des élections fédérales avant noël!

Ajout: Je ne suis pas le seul à espérer Biden, ç’a l’air…


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2008/08/17 19:27

C’est pas moi, c’est l’autre

Saint Jean Baptiste assis, de Léonard de Vinci
Saint Jean Baptiste assis, Léonard de Vinci.

C’est toujours comme ça, on dirait. Lorsque confrontés à une telle calamité de gestes humains, le premier réflexe semble d’abord être de faire un examen de conscience… ou plutôt, de s’assurer que l’on a bien la conscience tranquille. On se dit d’abord (ou on cherche désespérément à se convaincre) que nous et les nôtres n’avons rien à nous reprocher dans toute cette histoire. Nous n’y sommes pas impliqués, nous n’y étions pas, après tout…

Une fois ce fait rassurant établi dans notre esprit, on procède à essayer de comprendre. On se dit alors que pour qu’une situation dégénère aussi tragiquement, il doit y avoir un sérieux problème en quelque part… et puisque nous venons d’établir que “nous” n’avons rien à y voir, le problème est nécessairement ailleurs, chez un “autre”…

Et voilà que tout le monde y va de sa meilleure analyse de ce qui ne va pas avec l’autre et de ce qui devrait être fait pour régler le problème de l’autre et/ou de s’assurer que l’autre ne puisse plus recommencer. Ou plutôt, chacun, dans un élan d’auto-défense, pose la mire sur son bouc émissaire préféré… et tire.

Et que de vulgaires énormités entendons-nous alors…

Alors pour certains, “l’autre” devient “Les bums des rues et des parcs” ou plus précisément:

des petits bums qui parce qu’ils sont issus des minorités visibles se croient à l’abri des lois.

Et on s’assure d’exposer notre conscience tranquille et d’en faire entièrement l’affaire des “autres”… de ces “communautés ethniques” dont ces jeunes sont issus en suggérant qu’on se sent potentiellement “devenir raciste” envers ces communautés entières [même si "ça ne dure pas longtemps, quelques jours au plus"] lorsque confronté à de tels événements.

On suggère que tout ceci n’est que surenchère qui ne se serait pas produite si un certain agencement de couleur était différent.

Alors que pourtant, l’histoire révèle assez clairement que:

Les casseurs n’étaient pas les seuls à en vouloir au SPVM. Des centaines de voisins, femmes, vieillards, enfants, ont voulu manifester leur colère.

Mais qu’importe, on a identifié l’autre: ces bums criminels qui infestent les rues et les parcs, on peut dormir en paix en se disant qu’à part “eux”, tout va plutôt bien dans la nation dont on veut faire un pays. Il s’agit simplement de laisser les forces de l’ordre faire leur boulot.

Il y en a d’autres qui ont identifié l’autre depuis longtemps: Ces communautés venues d’ailleurs que l’on laisse rentrer trop vite et trop facilement et que l’on intègre pas efficacement dans le “corps social”.

Pour ceux-là, cette histoire n’est qu’un symptôme d’un “problème” qu’ils ont déjà identifiés dans leur propre société et n’oblige donc aucun examen de conscience au-delà de celui qu’ils ont déjà fait. Pour eux, le problème viendrait du fait même qu’il existe un “autre” parmi “nous”. On dit alors que nous sommes trop accommodants avec l’autre… au point de nous effacer nous même dans la place que l’on donne à l’autre, que l’on ne se tient pas debout, que nos dirigeants n’ont pas de couilles… etc. Que la solution tient simplement à mieux “intégrer” l’autre de façon à ce qu’il soit plus comme nous. Pour eux, en somme, il faudrait qu’il n’y ait plus “d’autre” du tout.

On suggère alors que tout ceci pourrait se régler en expulsant le pire de l’autre, sa “racaille”, pour ne garder que le meilleur, tout en s’assurant de mieux l’intégrer parmi nous… à coups d’informations sur nos “us et coutumes” et sur les “attentes” de notre société à droite ou encore à coups de “mesures sociales permettant de mieux intégrer les immigrants” [Brrr! De cette source, je ne veux même pas m'imaginer ce que cela signifie pour lui.] à gauche. Sous-entendu dans cette suggestion est l’idée qu’une fois qu’il n’y aura plus d’autre, notre société sera alors à l’abri de tels phénomènes… car ce genre de choses ne se produit pas chez “nous”.

Alors que pourtant…

Mais qu’importe, on peut dormir tranquille en se disant que tout va bien dans ce “nous” idéalisé que l’on veut indépendant dans de frontières plus étanches afin qu’il puisse enfin se manifester. Il s’agit simplement “qu’on se tienne bebout”.

Et à l’autre extrème du paysage, ce que l’on entend est guerre mieux.

De ce coté on veut nous faire croire que “nous” sommes les victimes dans cet incident car ce sont “eux”, “cette bande d’imbéciles dangereux” de policiers pourris qui ont gratuitement abattu “(une fois de plus) un des nôtres en toute impunité“. Et que la colère et la violence qui a explosé la semaine dernière serait la nôtre et donc complètement justifiée.

Ici aussi on présume entièrement que les problèmes de misère et de criminalité qui forment la toile de fond toute cette histoire sont l’affaire d’un autre… d’une supposé force policière brutale qui abuse de son autorité pour maintenir en place un supposé régime corrompu dont il serait supposément dans l’intérêt de maintenir toute cette misère en place. Dans cette optique, les jeunes qui font le choix d’opter pour un mode de vie de crime, de violence et de cruauté, le font alors en toute justification.

On peut alors dormir tranquille en se disant à quel point tout ceci démontre qu’on a raison et en espérant que ce n’est que le début d’un mouvement qui “nous” permettra enfin de se libérer du joug de “ceux-là” qui nous oppriment.

Eh bien, pas moi. Je refuse de jouer à ce jeu.

Je refuse de présumer, comme le font plusieurs, des faits, circonstances et justifications entourant la mort du jeune Freddy Alberto Villanueva, qu’il s’agisse d’un policier à la gâchette trop facile… ou trop nerveux… ou saisi de panique… ou d’un jeune qui se croyait plus fort que la police parce que trop con… ou trop nerveux… ou saisi de panique… je doute que même une enquête qui nous révélera plusieurs faits ne nous révèle quoi que ce soit du fond de l’histoire.

Je refuse de faire de la situation pourrie qui perdure à Montréal-Nord l’affaire d’une seule communauté. Je refuse de dissocier ma propre société des dynamiques qui alimentent de telles situations. Je refuse aussi de croire que nos policiers sont autres choses que de jeunes professionnels faisant de leur mieux pour atténuer une situation qui leur échappe de plus en plus avec les outils (très insuffisants et inadéquats) qui leurs sont fourni par ma société.

Pour moi, (surtout en tant que montréalais) ce qui me trouble le plus dans tout ça ne s’exprime pas en terme de “nous” et de “eux autres”, ça ne s’exprime qu’en terme de “nous” et se résume dans l’information suivante, rapporté par des journalistes qui y étaient: “Les casseurs n’étaient pas les seuls à en vouloir au SPVM. Des centaines de voisins, femmes, vieillards, enfants, ont voulu manifester leur colère.”

Ce que cela révèle pour moi est que le lien de confiance entre nos forces de l’ordre et une part de nos concitoyens est brisé. Les honnêtes citoyens de Montréal-Nord n’ont pas confiance que la police travaille dans leur intérêt.

Et ça, c’est grave. Le principe fondamental pour qu’une société démocratique de droit puisse exister est que le monopole de la violence légitime soit tenu par les représentants du peuple. Lorsque le peuple ne se sent plus représenté, ce monopole de la violence cesse d’être légitime… et on tombe dans le chaos et la loi du plus fort.  Que cela se soit produit avec une portion significative de nos concitoyens dans un cartier donné devrait tous nous interpeller et en appeler à un examen général de toutes parts.

Autant de la part d’un service de police qui est incapable de “s’intégrer” à la communauté qu’il doit servir et protéger que de la part d’une communauté qui a perdu le contrôle de ses jeunes et les a laissé dériver vers la déliquence et le crime que de la part d’une société qui, souvent inconsciemment, mais pas toujours, ferme les portes de l’opportunité à ses jeunes pour cause d’aliénation ethnique que de la part d’un système d’éducation qui se dit public et égalitaire mais dont les fonds sont dirigés vers les cartiers peuplés d’avocats et autres “gens éduqués” qui savent l’utiliser pour obtenir ce qu’ils veulent en laissant les cartiers pauvres (et immigrants) qui en ont le plus besoin sans ressources. [Un jour ce blogue ce penchera plus en détail là-dessus, c'est scandaleux.]

Je n’ai pas de formule facile pour expliquer ce qui s’est passé à Montréal-Nord la semaine dernière. Ni même le début d’une prescription quant à ce qui doit être fait, à court et à long terme, pour remédier à cette situation.

Sauf pour dire que je crois que si on veut trouver des situations analogues auxquelles se comparer il y a bien davantage de situations qui ressemblent à la nôtre dans d’autres métropoles d’Amérique du Nord que ce qui se passe en Europe. Il y a aussi beaucoup à y étudier en termes de solutions. Mais surtout, je crois que tout le monde devrait s’arrêter, prendre acte de la gravité de la situation, cesser de pointer l’autre du doigt et comprendre que nous sommes tous concernés.

Pour ma part, je suis loin d’y en jeter entièrement le blâme, mais je suis conscient du rôle que joue ma société à entretenir la situation qui persiste à Montréal-Nord… et de mon confort dans cette société… et, dans ce confort, de mon apathie personnelle à la misère des autres…

Et je ne dors pas tranquille.

Et vous?
Oui, vous!



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2008/08/15 20:42

Réponse à un elfe caché dans sa forêt

Il y a quelques jours, j’ai perdu les pédales en lisant ce billet et je ne me suis pas gêné pour l’exprimer. (pas très original, je le sais… mais j’étais vraiment en colère et c’est excessivement rare que j’emploie un tel langage) Hier, l’auteur du billet en question a pris la peine de me répondre dans un commentaire que je reproduis ici:

Salut Alain
Bon on va commencer par:
1. As-tu déjà vécu dans Montréal-Nord ? Ou as-tu déjà visiter ce coin ? J’y ai vécu pendant 4 ans, 4 ans ou j’ai vu des choses assez spéciales. J’habitais sur Maurice-Duplessis, entre Jubinville et Lapierre(milieu du quadilatère des émeutes - juste au nord de la rue Pascal, considérer comme étant le ghetto).
J’ai entendu le coup de feu qui a démoli la vitre arrière de la voiture de police ce printemps(C’est d’ailleurs pour cette raison que j’ai décider de quitter cet été).
J’ai vu du monde se mettre en gang autour d’un pauvre type et le taxer en plein jour, au yeux de tous.
J’ai entendu du monde du monde se dire “fier d’ete su l’bs”. Et tu viens me traiter de xénophobe ? En passant, quand je parle de racaille, ça implique toute les races: québecois, haitien, arabe et latino. Comme dans chaque race, il y a du bon et du mauvais monde. La racaille ne concerne que les mauvaises personnes.

2. Oui c’est vrai que je rêve de voir l’armée rentrer dans le tas, mais pas n’importe qui, grosse nuance ici. Je parle de ceux qui sont reconnu comme étant membre de gang de rues. À ce que je sache, le monde applaudissait l’escouade Carcajou du temps de la guerre des motards; peut-être que le monde applaudirait l’armée dans ce cas-ci.

Je l’avoue candidement: je voudrais que mon gouvernement, qu’il soit provincial ou fédéral, aies les couilles assez grosses pour se calisser de l’opinion publique et nettoie un des plus beau quartier de Montréal, malgré ses bougons. Que ce nettoyage montre aux jeunes que le crime ne mène qu’à la prison et que si tu veux avoir de l’argent et être célèbre, tu dois aller à l’école et bucher fort pour y arriver.

Si tu veux encore me rentrer dedans, vas-y fort, mais au moins, vas-y pour les bonnes raisons maintenant…

Ma réponse:

Ivellios,

Non, je n’ai jamais habité dans Montréal-Nord comme tel (oui, je l’ai visité), mais outre quelques années de cégep passées dans le joli coin où tu habites maintenant, j’ai vécu presque toute ma vie dans divers coins de l’île de Montréal. J’y ai passé la majeure partie de mon enfance, toute mon adolescence, et presque toute ma vie adulte. J’ai connu le “repère majoritairement bougon” du Plateau dans les années 80, avant qu’il devienne la mècque de la bourgeoisie branchée qu’il est aujourd’hui, j’ai connu le labyrinthe ethno-culturel de Côte-Des-Neiges / Notre-Dame-De-Grâce, ses codes et ses tabous, et j’y ai découvert l’extraordinaire traitement préférentiel (souvent inconscient) que ma propre société m’offrait du simple fait de mes origines canadiennes-française. J’ai surtout connu ce “repère majoritairement bougon” qu’était (qu’est toujours?) Hochelaga-Maisonneuve dans les années 90 où j’ai été témoin d’à peu près toutes les mêmes horreurs que tu décrit (et pire), à l’exception qu’il s’agissait tous de gens de ma supposé propre culture nationale. (Et laisse moi te dire que la culture québécoise n’a absolument rien à apprendre au haïtiens pour ce qui est de se complaire “dans la violence quotidienne, dans la pauvreté, dans l’ignorance, dans la facilité…”) On me retrouve ensuite à Rosemont, à l’extrémité sud de la 7e Avenue, avec vue… sur le repère des Hells!

J’ai côtoyé les seringues dans les parcs du Plateau de mon enfance, les crack-house (et les fusillades) du sud d’NDG dans mon adolescence, et les ruelles à piquerie de… au nord du cartier gai (le nom exact du cartier où j’habitais m’échappe) à l’age adulte. Je sais ce que c’est que de grandir dans la misère et de côtoyer tant de richesse autour de soi et je sais ce que c’est que d’incarner cette richesse et de côtoyer tant de misère. Je suis un montréalais bord-en-bord et ce ne sont pas tes quatre années passées dans un Montréal-Nord en crise et ta fuite vers la sécurité d’une banlieue homogène qui m’impressionnent.

Tu dis:

En passant, quand je parle de racaille, ça implique toute les races: québecois, haitien, arabe et latino. Comme dans chaque race, il y a du bon et du mauvais monde. La racaille ne concerne que les mauvaises personnes.

Ah? Bon. C’est bien de le préciser. C’est une attitude que je respecte (et que je partage) et je te prend au mot. Mais ç’aurait été mieux de le mentionner un peu plus que “en passant”… comme dans le billet lui-même, peut-être? J’aurais, à tout le moins, explosé “pour les bonnes raisons”, comme tu dis.

Sauf qu’il n’y avait rien dans ton billet qui suggèrait une telle distinction, il y a plutôt cette association à peine voilée au sujet de “la racaille de Montréal-Noire, ce repère majoritairement bougon qui se complaît… [etc]“. Ce que tu insinues assez clairement, c’est qu’il y a peu d’honnête gens parmi les noirs. Tu poursuis ensuite en isolant plus spécifiquement la communauté haïtienne dont tu parle à grands traits comme d’une culture malpropre et violente. Tu associe la communauté haïtienne entière au problème de criminalité du cartier pour ensuite souhaiter donner carte blanche à l’armée pour “régler le problème”…

Phoque! L’armée! L’instrument de répression le plus brutal à la disposition de notre société. Je suis loin d’être contre l’armée, bien au contraire, mais ces gars là sont pas entraînés pour comprendre un environnement criminel et distinguer les “bons” (les honnêtes gens) et les “moins pire” (les honnêtes gens pris dans un engrenage infernal) des “méchants” (les vrais criminels qu’il faut enfermer)… Ils sont fait pour intimider une population entière à la soumission par une démonstration de force maximale… ou pour faire la guerre!

Pour ce qui est de Carcajou, il s’agissait d’une opération concertée, ciblée et chirurgicale sur une couche du crime organisé, l’art policier (et non militaire) à son meilleur. Je serais le premier à applaudir une telle initiative qui vise à enlever les vrais criminels violents de la rue… mais étant donné la prévalence d’attitudes comme la tienne qui sont incapables de faire les mêmes distinctions qu’ils feraient dans un milieu purement “de souche”, on a un sérieux travail à faire pour me convaincre que ça se fera dans un respect des “honnêtes citoyens” de la communauté.

C’est peut-être l’idée qui sous-tend ton billet lorsque tu parle de “carte-blanche” mais ce n’est vraiment pas l’idée suggérée en mentionnant l’armée.

Alors bravo pour ton regard universel sur la racaille… il est bien noble dans ton esprit, et je veux bien croire qu’il est sincère, mais ton billet est une attaque sans nuances sur toute une communauté et “ses” criminels que tu dissocie clairement de “ta” culture et de “ta” société. Et ça, c’est le cas type d’un réflexe xénophobe primaire. Désolé, ce n’était peut-être pas ton intention, dans ce cas il faudrait peut-être faire certaines nuances comme celle que tu es venu faire ici, mais sur ton propre blogue, car je ne serai pas le seul à l’interpréter ainsi. Mais si, comme ton billet le suggère, c’était ton intention de “blanchir” (jeu de mot non-intentionnel) l’implication de ta propre culture dans le problème persistant de Montréal-Nord en en jetant toute la responsabilité sur la communauté haïtienne (Note bien que je n’ai pas dit ici que cette communauté n’avait aucune responsabilité), alors dis le franchement et assume l’étiquette de xénophobe qui vient avec une telle analyse.

Je me demande si tu dirais les même trucs sujet des québécois en général que tu semble prêt à dire au sujet des haïtiens si tu avais vécu (et vu ce que j’ai vu) à Hochelaga…

Je me permet d’en douter.


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2008/08/14 22:34

La Russie n’est pas l’Union Soviétique

Cold War - xbox

Depuis le début du conflit russo-géorgien, plusieurs, à droite, en appellent à un militantisme au nom de la liberté qui nous replongearait dans une nouvelle guerre froide avec les russes. Le manque d’imagination (et de simple reconnaissance de la réalité) dont ils font preuve en ne faisant que ressortir le script poussiéreux des années 80 est d’ailleurs désolant. Et pour quelqu’un qui a grandi dans la terreur d’un holocauste nucléaire et qui a ultimement pris le parti de Reagan à l’époque, c’est même un peu offensant… Leur retour vulgaire à ce qui était alors une idéologie fondée sur une analyse profondément réaliste et perspicace des enjeux stratégiques existentiels du 20e siecle pour mythifier le conflit présent démontre l’épuisement de cette mouvance politique et surtout une absence de réelle réflexion globale quant aux réalités et enjeux stratégiques auxquels fait face la pax americana occidentale au 21e siècle. Et cette absence trahit plutôt, selon moi, un réflexe guerrier irréfléchi et aveugle ainsi qu’un grand besoin presque mystique de mythes grandiose pour définir son existence.

Dans les années 80, lorsque j’adhérait à l’idéologie cité plus haut, c’était surtout à gauche qu’on entendait un discours idéologique utopiste et complètement déconnecté de la réalité. Les réalistes étaient tous à droite et ce sont eux qui, ultimement, ont menés la guerre froide à terme. Aujourd’hui, c’est surtout à droite que j’ai l’impression d’entendre de vieux discours épuisés et rendus caduc par la réalité.

Où sont passés les réalistes?

Tout ceci n’était qu’un vague sentiment d’inconfort et de dégout que je n’arrivais pas à mettre en mot jusqu’à ce que je lise ce billet charnière d’Andrew Sullivan intitulé After The Cold War, où il répond aux nombreuses critiques à son égard quant à la timidité de sa réaction au conflit géorgien et à son refus d’embarquer dans le défilé “pro-liberté”. Sullivan est un conservateur qui prêchait pour la droite dans les années 80 et 90 et qui a appuyé Bush en 2000. Dans la période qui a mené à l’invasion d’Iraq, Il fut une des voix, sinon la voix la plus féroce de la toute jeune blogosphère à prêcher en faveur de cette guerre. Il fut aussi un des premiers à déchanter après l’invasion, et son mea culpa fut profond et complet. Allant jusqu’à publier, en 2006, un livre dénonçant l’administration Bush et le parti républicain comme ayant trahi les principes d’un conservatisme sérieux, prenant ses racine dans une longue réflexion historique, à la faveur d’un dangereux fondamentalisme manichéen n’ayant de conservateur que le nom alors qu’il est, en fait, l’antithèse du conservatisme.

Le billet qu’il publie aujourd’hui continue à illustrer la dérive idéologique de la droite contemporaine vers un néo-impérialisme ruineux.

Pendant que les vrais conservateurs se retirent, réfléchissent, et font appel à deux principes fondamentaux de la pensée conservatrice (qui est, au fond, davantage une approche à l’exercice du pouvoir qu’une “idéologie” utopiste)…

Le scepticisme et la prudence.

Ajout: Une autre bonne critique conservatrice de McCain et de la droite hystérique chez le “conservateur post-moderne”.

Re-ajout: Le journaliste “vedette” de centre-gauche, Joe Klein, lance un joli coup de chapeau à Sullivan en titrant sa réaction positive au billet d’Andrew: Enter Edmund Burke.

Re-re-ajout: L’analyse de Sullivan trouve echo à gauche.

Question: Le conservatisme responsable commencerait-il à converger avec la gauche modérée?


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