2008/06/03 01:31

Si pas “canadien-français”, alors quoi?

Le sociologue et ancien sous-ministre de Camille Laurin, Guy Rocher, dénonce les conclusions du rapport BouchTay comme étant un “un malheureux retour en arrière“. Il s’en prend plus particulièrement au retour à l’expression “canadien-français”.

Sa critique semble plutôt axée sur le concept de l’interculturalisme qu’il considère comme étant, à toutes fins pratiques, une version maquillée du multiculturalisme de Trudeau… On dirait, d’ailleurs que c’est surtout dans ce contexte que l’expression “canadien-français” pose problème.

Devant un pays qui niait les visées nationales de sa culture et de son Histoire en la fondant parmi les autres cultures qui forment ce grand bassin multiculturel post-nationaliste que se veut le Canada d’après l’empire, le peuple canadien-français du Québec à répondu répondu NON! Nous refusons d’être une sous-culture dans notre propre pays. Cela représente pour nous, la voie de l’assimilation. Nous sommes une culture nationale, une culture fondatrice. Puisque le Canada voit les canadiens-français comme une culture non-nationale nous rejetons la conception de cette culure. Dorénavant nous sommes québécois. Car seul le Québec peut et veut donner cet aspect national à notre culture.

Cela donne aujourd’hui “la nation québécoise”

Très bien. Je comprend. J’aurais préféré qu’on continue à se battre pour l’aspect national de la culture canadienne-française plutôt que d’abandonner aux Anglais la signification de ce terme, mais je comprend que c’était probablement nécessaire pour sortir des vices logiques et arguments circulaires sans fin découlant du fait que ce pays qui ne nous reconnais plus porte notre nom. Et probablement inévitable étant donné le grand sentiment de renouveau et d’affranchissent qui dominait la planète pendant les années soixante.

Mais aujourd’hui, ça pose un problème… un problème que je considère plus grave sur le plan identitaire… mais que je qualifierai ici de simple problème sémantique.

J’aimerais poser une question sérieuse à ceux qui n’aime pas le terme “canadien-français” et aussi à ceux qui ont répondu “je suis québécois, un point c’est tout” à mon petit sondage.

Disons que j’ai un Franco-ontarien et un Québécois…

Pour rendre l’exemple plus clair, disons qu’ils portent tous deux un nom typiquement “québécois”… genre Desmarais.

C’est quoi le terme qui me permet de les identifier comme faisant partie de la même culture… la même Histoire… la même nation?

Les “Québécois, un point c’est tout” considèrent-ils que le Desmarais qui vit en Ontario (depuis plusieurs générations) fait maintenant partie d’une autre culture/nation?

S’il n’est pas québécois… et que vous n’êtes pas canadien-français…

Y a-t-il un lien qui vous unit?

Et comment le nomme-t-on?


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5 commentaires sur “Si pas “canadien-français”, alors quoi?”


  1. M. Bergeron dit:

    Bonjour, Alain!

    Pour moi, c’est le lien du sang qui compte. N’importe le mot qu’on emploie pour se nommer, n’importe qu’on est francophone ou non, ne sommes-nous pas tous les enfants de la Nouvelle-France? Québécois, Canadiens-Français, Franco-Ontariens, Acadiens, Franco-Américains, Cajuns, etc. etc.


  2. Arnolds S. dit:

    Salut Alain et Michael,

    J’ai écouté cet entrevue avec Guy Rocher. Ce type est un vieux sociologue socialiste de l’Université de Montréal et fut l’un des “”théoriciens progressistes”" principaux derrière l’état-providence, la mouvance péquiste et tout le délire nationaliste québécois des années 60 et 70.

    Il est tenu dans la plus haute estime par les intellectuels indépendantistes québécois. C’est le genre de bonhomme qui sera déifié à sa mort, le “héros de la nation”, un peu comme Ti-Poil

    Il doit être vu comme un des grands responsables intellectuels de l’état de déliquescence financier, culturel et, surtout, moral dans lequel se trouve la société québécoise.

    S’il a décidé de sortir de sa retraite, cela signifie que le rapport Bouchard-Taylor a visé en plein dans le mille. Les péquistes ont jugé bon de sortir les poids lourds intellectuels pour faire front commun contre Taylor et Bouchard. Une guerre des “titans” en pêrspective…

    Pour le reste, je suis tout à fait d’accord avec Michael: c’est l’histoire commune d’un peuple, les liens du sang et de la culture qui créent la nation (…pas une manipulation de la pseudo-volonté du peuple)

    La seule acception que j’aime bien est celle de Canadien ou même “canayen”.


  3. Zed Blog dit:

    Alain, J’ai aussi des amis qui habitent à New-York et d’autres à Paris, Amsterdam, Chine… Et des amis québécois qui s’appellent Jung et autres noms jadis exotiques.

    Une des particularités fondamentales d’une nation est un territoire commun.

    Être une nation ou un pays indépendant, c’est simplement avoir une identité propre, fondées sur un cetain nombre de choses, à partir d’un territoire et d’une langue communs, de certaines valeurs, et autres piments culturels qui doivent évoluer et ne pas être choisi « parce que c’est notre (qui ça nous?) culture. Bref. Une idetité qui permette de se présenter quand on rencontre les autres.

    J’ai encore de bons souvenirs d’une dame canadienne ne parlant aucnement le français (normal), rencontrée dans un petit village près de Halifax, d’une manitobaine très chaleureuse (qui croyait au bilinguisme d’une côte à l’autre et apprenait le français mais ne pourra jamais le pratiquer), d’une vancouvérienne (idem), je crois, brillante et allumée et d’amis torontois sensationnels, dont plusieurs francophones, d’ici.

    Je n’aime pas moins ceux et celles que j’aime parce que je suis moi. Au contraire!!! Quand on dit je t’aime, il y a deux entités. Distinctes. Pas une qui écrase l’autre, pas une qui ne reconnait pas l’autre.

    Aussi simple que ça. C’est sain, c’est la saté, c’est grandir, devenir adulte.

    Avant de te perdre encore pour une ou deux semaines, je voudrais assi te dire que je ne saisis pas où tu veux aller avec ta recherche d’une droite branchée. la droite n,est-elle pas toujours branchée? Sur ses propres intérêts? Je préfère de beaucoup, beaucoup, le Alain qui écoute et saisit les pensées progrssistes d’où qu’elles proviennent, les analysant et voyant comment elles peuvent servir à améliorer notre société. Et les limites, aussi. Car de bonnes idées sont rattachéesà des intérêts politiques, économiques et idéologiques, ne l,oublions pas. Il faut voir ce qu’elles sevrent, qi elles sevrnet. sans négliger d’attraper au passage ce qu’elles traduisent de la société, afin de tranformer celle-ci dans le sens non pas d,une conservation de la structure d’inégalité et de coercition qui existe, mais d’une plus grande égalité.

    Ainsi, on n’écoutera pas, en tout cas pas moi, les idées de Ben Laden, mais celles des partis non facistes d’ici, traduisent à tout le moins des états d’esprit, certaines situations, certains sentiments, qui peuvent nous en apprendre. Si on y songe, Ben Laden aurait opeur de la Chine que ça signifierait aussi quelque chose à considérer.

    De là à se plaindre de ce que la droite n’est pas assez branchée, oups! Là, je débarque complètement.

    Alain, je t’attrape enfin avant de quitter Internet, ce soir, bientôt 1 h. Trois fois en trois semaines, environ.

    Je repasserai… Zed


  4. Tym Machine dit:

    Le lien du sang, ce n’est pas un peu dangereux de s’avancer là-dedans compte tenu que 40% d’entre nous avons des gènes de souche irlandaises.

    Et les immigrants venant de colonies françaises, les haitiens, les algériens, on fait quoi avec?

    La mixité avec les autres cultures, les autres races, les autres nationalités est inévitable et sera de plus en plus fréquent.

    Je crois que ce qui nous unit, c’est la langue et ce peu importe l’option politique choisie. Personnellement, j’ai fait le choix de demeurer canadien mais libre à d’autres de penser autrement.


  5. Alain B. dit:

    Tym Machine,

    Ton commentaire m’interpelle… je tenterai d’y répondre plus en détail dans un billet cette semaine.

    Pour l’instant, je dirais seulement: Liens de sang? Mais qui parle le lien de sang? Je parle de liens culturels… d’une collectivité partageant une expérience historique commune… (cela inclus tous ceux qui s’y sont joint, les irlandais d’antan comme les maghrébins, antillais, etc… d’aujourd’hui)… Une nation fondée sur la langue uniquement, en faisant abstraction de sa profondeur historique, ne peut pas tenir bien longtemps.

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