Archives du 3 June 2008

2008/06/03 19:43

Enfin la fin

Ça y’est. Aujoud’hui, le parti démocrate vit ses deux derniers concours des primaires. C’est la première fois depuis les années 70 qu’une telle course se rend jusqu’à la fin comme ça sans qu’un candidat ait atteint la majorité absolue des voies. Après ce soir, Obama les aura.

Je sais, ça fait déjà quelques semaines qu’on sait que Clinton n’avait plus aucune chance… et les préliminaires de la campagne Obama-McCain sont déjà bien entamés. Mais Clinton était toujours là… à foutre la pagaille… à dire qu’elle est mieux placée qu’Obama pour battre McCain en novembre et à jouer avec les règles et les perceptions pour redéfinir les conditions de la victoire. Après ce soir, tout cela sera fini. Obama aura officiellement atteint les 2118 délégués nécessaire à la majorité absolue.

Je ne pensais pas que ce serait le cas, mais je me surprend à être très excité.

Le ballet médiatique de la journée est fascinant. De nouveaux superdélégués se se déclarent sans cesse pour Obama depuis ce matin. (Dernier gros nom: Jimmy Carter.) Ce matin il manquait une trentaine de délégués à Obama, à l’heure ou je vous écrit il lui en manque 12. Il a déjà plus de superdélégués que ça dans sa poche et pourrait les sortir tout de suite et déclarer la victoire, mais l’idée est de laisser l’électorat d’aujourd’hui fournir le moment de victoire… ça évite l’arrière-goût des smoke filled rooms d’entan.

Du coté Clinton, l’AP annoncait ce matin qu’elle planifiait de concéder lors de son discours de ce soir. Ce qui fut sitôt explicitement nié par Clinton. La question de la jounée: Concedera? Concedera pas? Ce soir? Demain? Quand?

Quoi qu’il en soit, tout le monde s’entend pour dire qu’ils savent “de source sure” qu’elle concedera sous peu.

L’autre question: Comment et à quel moment saurons nous qu’il a franchi la barre? C’est la job des médias… mais il n’y a pas de précédent, de règle ou d’entente sur la façon de procéder. Pour ma part, je serai branché sur MSNBC comme toujours, mais c’est surement CNN qui aura le dernier mot. J’ai hâte de voir comment ça va se passer.

Le plan de match et la teneur des discours de ce soir dépend encore de tellement d’éléments qui peuvent se produire dans les quelques heures qui reste… c’est tout à fait passionnant.

Je pourrait vous en parler encore et encore… mais je crois que je vais simplement absorber le moment.

Je vous laisse sur cette idée que Chris Matthews lance à qui mieux mieux ce soir.

Imaginez, les États-Unis d’Amérique s’apprètent à nommer un candidat sérieux à la présidence qui est issu d’une minorité visible, un noir par dessus le marché, la minorité visible la plus marquée par les préjugés négatifs de tout l’occident… et dont le père vient d’un autre pays, une autre culture.

C’est une première dans tout l’occident. (Le seul autre exemple auquel on peut se référer est Alberto Fujimori au Pérou, mais les Japonais de l’époque ne souffraient pas des mêmes préjugés que les noirs, bien au contraire)

C’est historique.


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2008/06/03 16:51

L’état “pathétique” de la pensée conservatrice ces jours-ci (re-pub avec ajouts)

David Brooks, le “conservateur de service” du New York Times dans sa cronique d’aujourd’hui:

I’ve spent the past few years trying to find conservative experts to provide remedies for middle-class economic anxiety. Let me tell you, the state of free-market thinking on this subject is pathetic. There are a few creative thinkers (most of them under 30), but for the most part, McCain is forced to run in an intellectual void.

Traduction:

Cela fait maintenant quelques années que je fais le tour des experts conservateurs à la recherche de ceux qui ont des solutions à proposer pour remédier l’anxiété économique de la classe moyenne. Laissez-moi vous dire, l’état actuel de la pensée fondée sur le libre-marché à ce sujet est pathétique. On trouve quelques penseurs créatifs (la plupart on moins de trente ans), mais de façon générale, McCain doit faire campagne dans un vide intellectuel.

Découvrez un de ces jeunes “penseurs créatifs” dont parle Brooks ici.

Il s’agit de Reihan Salam, co-auteur avec son ami Ross Douthat d’un ouvrage, Grand New Party: How Republicans Can Win the Working Class and Save the American Dream, à paraître sous peu, qui fait beaucoup jaser ces temps-ci dans les milieux branchés de la droite américaine (soupir, à quand le jour où je pourrai parler d’une droite “branchée” québécoise?) et qui porte sur les façons de réformer le parti républicain et l’idéologie conservatrice qui le sous-tend pour le rendre pertinent aux défis du 21e siècle plutôt qu’à ceux des années 70, comme c’est le cas actuellement.

Tout comme moi, Reihan est convaincu que le parti républican doit absolument perdre les prochaines élections de la façon la plus abjecte possible afin qu’il acquiert la volonté de se réformer. Sinon, c’est la décrépitude actuelle qui se poursuivra.

L’heure est au renouvellement… la vieille garde devra s’y faire si elle souhaite un jour retrouver les rennes du pouvoir.


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2008/06/03 07:44

L’état “pathétique” de la pensée conservatrice ces jours-ci

Ce billet a été modifié et republié ici


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2008/06/03 01:31

Si pas “canadien-français”, alors quoi?

Le sociologue et ancien sous-ministre de Camille Laurin, Guy Rocher, dénonce les conclusions du rapport BouchTay comme étant un “un malheureux retour en arrière“. Il s’en prend plus particulièrement au retour à l’expression “canadien-français”.

Sa critique semble plutôt axée sur le concept de l’interculturalisme qu’il considère comme étant, à toutes fins pratiques, une version maquillée du multiculturalisme de Trudeau… On dirait, d’ailleurs que c’est surtout dans ce contexte que l’expression “canadien-français” pose problème.

Devant un pays qui niait les visées nationales de sa culture et de son Histoire en la fondant parmi les autres cultures qui forment ce grand bassin multiculturel post-nationaliste que se veut le Canada d’après l’empire, le peuple canadien-français du Québec à répondu répondu NON! Nous refusons d’être une sous-culture dans notre propre pays. Cela représente pour nous, la voie de l’assimilation. Nous sommes une culture nationale, une culture fondatrice. Puisque le Canada voit les canadiens-français comme une culture non-nationale nous rejetons la conception de cette culure. Dorénavant nous sommes québécois. Car seul le Québec peut et veut donner cet aspect national à notre culture.

Cela donne aujourd’hui “la nation québécoise”

Très bien. Je comprend. J’aurais préféré qu’on continue à se battre pour l’aspect national de la culture canadienne-française plutôt que d’abandonner aux Anglais la signification de ce terme, mais je comprend que c’était probablement nécessaire pour sortir des vices logiques et arguments circulaires sans fin découlant du fait que ce pays qui ne nous reconnais plus porte notre nom. Et probablement inévitable étant donné le grand sentiment de renouveau et d’affranchissent qui dominait la planète pendant les années soixante.

Mais aujourd’hui, ça pose un problème… un problème que je considère plus grave sur le plan identitaire… mais que je qualifierai ici de simple problème sémantique.

J’aimerais poser une question sérieuse à ceux qui n’aime pas le terme “canadien-français” et aussi à ceux qui ont répondu “je suis québécois, un point c’est tout” à mon petit sondage.

Disons que j’ai un Franco-ontarien et un Québécois…

Pour rendre l’exemple plus clair, disons qu’ils portent tous deux un nom typiquement “québécois”… genre Desmarais.

C’est quoi le terme qui me permet de les identifier comme faisant partie de la même culture… la même Histoire… la même nation?

Les “Québécois, un point c’est tout” considèrent-ils que le Desmarais qui vit en Ontario (depuis plusieurs générations) fait maintenant partie d’une autre culture/nation?

S’il n’est pas québécois… et que vous n’êtes pas canadien-français…

Y a-t-il un lien qui vous unit?

Et comment le nomme-t-on?


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